Un article de Wikipedia.y-project.com.La province est une division administrative de plusieurs pays. Le mot province vient du latin provincia, l'Empire romain était autrefois divisée en provinces. La provincia romaine principale était la Provence. En France, l'expression en province signifie hors de la région parisienne. On lui substitue parfois l'expression en région. Aux Pays-Bas les provinces étaient considérées comme des états presqu' indépendents: voir Dix-sept Provinces, république des Provinces-Unies.
[] "La Province", une sémantique française fortement connotéeContrairement à une croyance répandue, le vocable « Province, provincial » n?est pas neutre mais au contraire fortement connoté en France. Le problème ne se pose pas en ces termes en Belgique ou au Canada, en revanche l?Italie connaît une semblable discrimination ((it)Claudio Sabelli Fioretti, Cera una votta la provincia. Storia, tendenie, immagini e cultura di un ex piccolo monda. Milan, Sperling et Kupfer, 1991). Etymologiquement, la province est le pays vaincu (pro vincere) par les empereurs romains, puis sous l?ancien régime les provinces sont des circonscriptions militaires et fiscales. La réinvention moderne au XIXe siècle de la province est motivée par des motifs politiques, la France est encore morcelée et divisée, il faut fortifier le sentiment patriotique. Dès lors, le pouvoir travaille à affermir un État centralisateur qui réunit l?ensemble du système administratif dans la capitale, qui aplanit les différences culturelles quand il ne les nie pas (interdiction d?enseigner les langues régionales, par exemple) et qui réécrit l?histoire sous l?impulsion de Michelet en s?efforçant de trouver une continuité historique, parfois artificielle, des ancêtres gaulois jusqu?à la naissance de la fragile république (Bernard Poche, Les Mésaventures de « laprovince » à travers l?histoire, CNRS-CERAT, Grenoble). Si le concept de province est né et se justifiait dans ce contexte politique incertain, aujourd?hui il a perdu toute pertinence sémantique sauf à qualifier de manière péjorative celui qui n?est pas parisien. Si on lui ôte ce caractère perlocutoire, le vocable est très pauvre en sens. La province est une négation des différences culturelles et même une aberration géographique. En effet, des expressions couramment employées comme « le charme de la province » ou « la sagesse provinciale » nous renseignent peu et, surtout, insinue que l?art de vivre, l?aspect esthétique ou encore la culture de Bayonne sont en tout point identiques à ceux de Strasbourg. Une information routière qui nous informe de « ralentissements importants dans le sens Paris-Province et Province-Province » est aussi pauvre en renseignements géographiques puisque le sens Paris-Province peut aussi bien signifier l?est, l?ouest, le nord ou le sud de Paris ; quant à l?expression « Province-Province » c?est une invention absurde dont on aurait le plus grand mal à donner une définition. De manière plus générale, l?expression « en province » est inutilement redondante (un chanteur parisien qui part en tournée en province, est un chanteur qui part en tournée) sauf à indiquer « l?état intentionnel » de celui qui l?utilise (Searle, Austin). L?utilisation du vocable province, provincial renseigne dans une certaine mesure sur les intentions du locuteur, mais dans une certaine mesure seulement. En effet, les termes sont d?un emploi si fréquent qu?il y a phénomène de banalisation sémantique. Leur connotation egocentrée et péjorative s?estompe par l?habitude et la fréquence, à l?instar du vocable « nègre, négroïde » qui a traversé le XIXe siècle sans inquiéter. Ceux qui employaient ce vocable pour qualifier certaines populations africaines n?avaient pas nécessairement conscience de sa connotation condescendante, humiliante et discriminatoire. Nous sommes dans un cas de figure semblable aujourd?hui avec la province et le provincial.
[] La Province fantasmée dans la littératureLa palette de phantasme que génère la France rebaptisée en province dans la littérature est variée mais on peut néanmoins tenter une typologie.
« Quelque grande, quelque belle, quelque forte que soit à son début une jeune fille née dans un département quelconque, si, comme Dinah Piédefer, elle se marie en province et si elle y reste, elle devient bientôt femme de province. Malgré ses projets arrêtés, les lieux communs, la médiocrité des idées, l'insouciance de la toilette, l'horticulture des vulgarités envahissent l'être sublime caché dans cette âme neuve, et tout est dit, la belle plante dépérit. Comment en serait-il autrement ? Dès leur bas âge, les jeunes filles de province ne voient que des gens de province autour d'elles, elles n'inventent pas mieux, elles n'ont à choisir qu'entre des médiocrités, les pères de province ne marient leurs filles qu'à des garçons de province ; personne n'a l'idée de croiser les races, l'esprit s'abâtardit nécessairement ; aussi, dans beaucoup de villes, l'intelligence est-elle devenue aussi rare que le sang y est laid. L'homme s'y rabougrit sous les deux espèces, car la sinistre idée des convenances de fortune y domine toutes les conventions matrimoniales. Les gens de talent les artistes, les hommes supérieurs, tout coq à plumes éclatantes s'envole à Paris. Inférieure comme femme, une femme de province est encore inférieure par son mari. » </blockquote>
[] Pays divisés en provinces
[] Anciennes provinces[] Voir aussi
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