En grammaire, une préposition est une catégorie de mot-outil (plus précisément, un mot de liaison) reliant un élément syntaxique donné à un autre élément de niveau supérieur, et précisant le type de lien ainsi créé.
Il a une pipe en bois.
La préposition « en » relie le nom commun « bois » au nom « pipe » donc « bois » est le complément (indication de la matière).
Le nom commun « midi », introduit par la préposition « vers », a pour fonction : complément circonstanciel de temps du verbe « partira ».
L'élément subordonné introduit par une préposition est fréquemment qualifié de syntagme prépositionnel. Cette expression ne doit pas induire en erreur. En effet, un syntagme prépositionnel, n'est pas un syntagme dont le noyau est une préposition (comme le nom est le noyau d'un syntagme nominal, par exemple), mais un « syntagme introduit par une préposition ». C'est ainsi que pour dissiper toute équivoque, il vaudra mieux parler, par exemple, de « syntagme nominal prépositionnel », de « syntagme adjectival prépositionnel », etc.
Lorsque les prépositions constituent des composés détachés, on les appelle des « locutions prépositives ». On notera que chaque locution prépositive contient au moins une des trois principales prépositions simples (« à », « de » ou « en ») :
À cause de, à côté de, à force de, à l'abri de, à l'exception de, à l'insu de, à moins de, à raison de, à travers, afin de, au-dedans de, au-delà de, au-dessous de, au-dessus de, au lieu de, auprès de, autour de, avant de, d'après, de peur de, du côté de, en dehors de, en dépit de, en faveur de, en sus de, face à, faute de, grâce à, hors de, jusqu'à, le long de, loin de, près de, quant à, sauf à, etc.
[] Éléments syntaxiques mis en relation par la préposition
[] Élément syntaxique subordonné
L'élément syntaxique subordonné, ou satellite, peut être constitué d'un mot, ou d'un syntagme. Cet élément est appelé régime de la préposition, ou encore, complément de la préposition (mais il vaut mieux éviter d'employer cette dernière expression, car l'élément introduit par une préposition, est complément, non pas de la préposition elle-même, mais du noyau qui la précède) :
Une maison de paille.
J'ai été chez lui.
Elle repartira dès demain.
Il faut se coucher pour se reposer.
Sont introduits par une préposition, un nom (« paille ») dans le premier exemple, un pronom (« lui ») dans le deuxième, un adverbe (« demain ») dans le troisième, un infinitif (« se reposer ») dans le dernier.
Une préposition peut à l'occasion introduire une proposition :
Sa mère lui prépare un trousseau pour quand elle se mariera.
Constituent le noyau d'un syntagme prépositionnel, un nom commun (« parents ») dans le premier exemple, un adjectif qualificatif (« plein ») dans le deuxième, un infinitif (« S'aimer ») dans le troisième, une proposition principale (« Il travaille durement ») dans le dernier.
Lorsque le noyau semble être absent, c'est généralement que le syntagme prépositionnel dépend de la phrase ou de la proposition toute entière :
En France, on n'a pas de pétrole, mais on a des idées. (slogan des années 70)
Le syntagme nominal prépositionnel « En France » a pour noyau (complète) le reste de la phrase (« on n'a pas de pétrole, mais on a des idées »).
Certaines prépositions ont un emploi spécifique. Par exemple, la préposition « en » dans le gérondif, ou encore, la préposition « de » dans l'infinitif de narration, etc. De telles prépositions incluses dans des composés flexionnels détachés ne doivent pas être analysées.
[] Sémantique de la préposition
La préposition peut marquer de nombreuses nuances :
- le rang (devant, derrière, après...) ;
- le lieu (dans, en, à, chez, sous...) ;
- le temps (avant, après, à, depuis, pendant...) ;
- la cause (pour, vu...) ;
- la manière (avec, sans, selon, de, à...) ;
- le but (pour, à, envers...) ;
- la séparation (sans, sauf...) ;
- etc.
Cependant, à l'instar des autres mots-outils, le rôle sémantique de la préposition n'est pas toujours très net.
La préposition précise parfois la fonction et le sens du satellite qu'elle introduit. Mais plusieurs fonctions différentes peuvent être associées à une même préposition, et à l'inverse, plusieurs prépositions sont parfois associées à une même fonction :
Que signifie par exemple : « Un plat à oreilles », et quel rôle exact joue la préposition « à » dans ce syntagme nominal ? Si nous entendons ce groupe comme dans « un plat à poisson » ou « un plat à asperges » (c'est-à-dire, un plat « pour » servir du poisson, ou « pour » servir des asperges?), il s'agira dans ce cas « d'un plat pour servir des oreilles (des oreilles de porc, par exemple...) ». Si au contraire nous entendons ce syntagme, comme dans « un plat à poignées » ou « un plat à couvercle » (c'est-à-dire, un plat « avec » des poignées, ou « avec » un couvercle?), il s'agira alors « d'un plat avec des poignées plates en forme d'oreilles ». On voit dans un tel exemple que la préposition « à » peut introduire une idée de destination (1re interprétation possible) ou une idée de description (2e interprétation possible).
D'autres fois au contraire, la préposition précise la fonction et le sens du noyau dont dépend le satellite :
Parler l'allemand. / Parler de l'allemand.
Le verbe « parler » signifie « pratiquer une langue donnée » lorsqu'il est transitif direct, et « émettre un énoncé oral sur un sujet donné » lorsqu'il est transitif indirect (associé à la préposition « de »).
Les outils sont sur la table. / Je compte sur toi pour les ranger.
La première occurrence de la préposition « sur » affecte une indication de lieu au satellite (le syntagme nominal « la table »). La deuxième occurrence de cette même préposition affecte un sens spécifique au noyau (le verbe « compter »).
[] Quelques remarques sur l'emploi des prépositions
Employée sans satellite, c'est-à-dire, non suivie de son régime (on dit : employée absolument), la préposition devient adverbe :
Etre pour. / Etre contre. / Il faut bien faire avec.
La présence ou l'absence du régime permet de faire la différence :
Vous le trouverez derrière. / Vous le trouverez derrière la maison.
« Derrière » est un adverbe dans le premier exemple, et une préposition dans le second.
Parfois, la préposition est vide de sens, elle est alors dite explétive, et n'a aucun rôle grammatical :
La ville de Toulouse. / Le mois d'avril. / Et tous de rire.
Les prépositions « voici » et « voilà » constituent un cas particulier. Parfois analysées comme adverbes, ou encore, comme des introducteurs ou des présentatifs, ces prépositions bénéficient d'un emploi spécial parce que chacune d'elles est en fait une contraction du verbe «voir» et de l'adverbe de lieu « ici » ou « là » (« voyez ici » et « voyez là »). Elles sont très employées et permettent de faire l'économie du verbe :
Voici mes parents. Voilà mon village. Nous voici.
Pour : « Voyez ici mes parents. Voyez là mon village. Voyez que nous sommes ici. »
Ce type de préposition se rapprochant du verbe (puisque celles-ci peuvent être noyau de propositions), accepte la soudure des pronoms compléments :