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Un article de Wikipedia.y-project.com.Cet article traite de l'histoire des nombres réels, de leurs raisons d'être et en décrit les propriétés essentielles. La construction des nombres réels est traitée dans un autre article. En mathématiques, les nombres réels peuvent très informellement être conçus comme tous les nombres associés à des longueurs ou des grandeurs physiques. Ce sont les nombres, qu'ils soient positifs, négatifs ou nul, ayant une représentation décimale finie ou infinie. Autrement dit, ce sont les rationnels (qui peuvent s'écrire sous forme de fraction) complétés par les nombres dont la représentation décimale est infinie non périodique<ref>En effet, un nombre (réel) est rationnel si son développement décimal est périodique. Par exemple, 1/3=0.333333... est bien rationnel.</ref>, tels la racine carrée de 2 et ?. Ces derniers sont appelés nombres irrationnels et, parmi eux, on distingue les nombres algébriques et les nombres transcendants. Le terme de nombre réel apparaît pour la première fois chez Cantor en 1883 dans ses publications sur les fondements de la théorie des ensembles. C'est un rétronyme, donné en réponse à la découverte des nombres imaginaires. Les nombres réels sont au centre de la discipline mathématique de l'analyse réelle, à laquelle ils doivent une grande part de leur histoire. Image:Reelle Zahlengerade mit Konstanten.png Représentation de la droite des réels avec des exemples de constantes réelles
[] Les nombres réels dans la vie de tous les joursSi les nombres réels sont appellés « réels », c'est parce qu'ils peuvent représenter n'importe quelles grandeurs « réelles » (physiques) telles qu'une durée, une altitude (positive ou négative), une masse, un prix, la masse d'un atome et la distance de la plus lointaine des galaxies. Une partie des nombres réels est utilisée tous les jours, par exemple en économie, en informatique ou en ingéniérie. La plupart du temps, seuls certains sous-ensembles de réels sont utilisés :
Ces sous-ensembles de nombres réels ont des propriétés beaucoup plus fortes que les autres réels et, bien que ces ensembles soient infinis, ils ne peuvent représenter qu'une petite partie des mesures possibles. Les nombres réels peuvent avoir un développement décimal infini. En théorie, n'importe quelle grandeur physique peut donc être représentée de la sorte. En pratique, ces nombres à développement décimal infini ne sont pas adaptés aux calculs et ne sont pas représentables sur des ordinateurs. Les économistes et les ingénieurs les utilisent sous une forme arrondie, en tronquant ou en arrondissant le développement décimal infini. Typiquement les commerçants font un arrondi à deux chiffres après la virgule. Les informaticiens, bien que disposant des types de données tels que la virgule flottante (float en pseudo-code anglais) et de la virgule fixe n'utilisent également que des approximations adaptées aux calculs informatiques. Pour représenter exactement certains réels sur un ordinateur, il faudrait disposer d'une mémoire infinie ou d'un processeur dédié aux calculs symboliques. En arrondissant ces représentations décimales, on perd la possibilité de représenter n'importe quelle grandeur physique supposée continue. Cependant, la théorie atomique tendrait à prouver que l'espace physique n'est pas infiniment divisible. Dans un tel cas, la nature serait discontinue et n'impliquerait pas l'ensemble continu que sont les nombres réels. En attendant, les nombres réels sont une réalité pour quiconque trace une droite sur une feuille de papier. Par ailleurs, même si en pratique, comme on l'a vu, on peut souvent en faire l'économie, les nombres réels sont indispensables à de nombreuses théories scientifiques ; en particulier, des nombres réels sont présents intrinsèquement en tant que constantes physiques, comme pour la constante magnétique. [] Aspect historique[] Origine des nombres[] Mise en place des fractionsDepuis l'Antiquité la représentation d'une grandeur mesurable ? par exemple une longueur ou une durée ? a répondu à un besoin. La première réponse fut la construction des fractions (quotient de deux entiers positifs). Cette solution, mise en place très tôt chez les Sumériens et les Égyptiens est finalement performante. Elle permet d'approcher une longueur quelconque avec toute la précision souhaitée. [] Correspondance avec des longueursImage:Euklid2.jpg Euclide La première formalisation construite en système que l'on connaisse est le fruit du travail d'Euclide au IIIe siècle av. J.-C. Sa construction rédigée dans 13 livres appelés Éléments d'Euclide, apporte deux grandes idées d'un apport majeur dans l'histoire des mathématiques.
[] Problèmes d'incomplétude[] Irrationnalité de la racine carrée de 2Image:Carré pour nombre réél.svg Le carré bleu est de surface double de celle du carré gris Cette approche met en évidence la première contradiction entre la notion de nombre de l'époque et le rôle qui leur est attribué.
Les Eléments d'Euclide se fondent sur une axiomatique qui semble permettre de prouver à la fois qu'une proposition est vraie et fausse. Plus de deux millénaires seront nécessaires à l'humanité pour résoudre cette apparente contradiction, expliquer pourquoi les rationnels ne représentent qu'imparfaitement la droite réelle et trouver comment bien les représenter. Il est à noter que trois siècles avant Euclide, Pythagore connaissait probablement l'irrationnalité de certaines racines. En revanche, la première formalisation dans un véritable corpus mathématique construit nous vient d'Euclide.
La racine carrée de 2 est irrationnelle
Une démonstration par l'absurde, considérée comme l'une des plus belles par Paul Erdös, montre l'irrationnalité de <math>\sqrt</math>. Supposons donc que <math>\sqrt</math> soit un rationnel. Il existe deux entiers p et q (strictement positifs) tels que
Quitte à simplifier par le P.G.C.D. de p et q, nous pouvons supposer p et q premiers entre eux (la fraction <math>p/q</math> est dite irréductible). Nous élevons au carré, les deux membres pour obtenir
En multipliant par q2 les deux côtés, nous obtenons alors
Nous en déduisons que 2 divise p2=p×p et d'après le lemme d'Euclide puisque 2 est premier, nous en déduisons que 2 divise p, donc il existe k un entier tel que p=2k. Nous obtenons alors en simplifiant par 2 :
Cette égalité montre, d'après le lemme d'Euclide, que 2 divise q. On a donc montré que 2 divise p et q, ce qui est contradictoire avec l'hypothèse de départ, où l'on avait supposé p et q premiers entre eux. [] Développement décimal illimité non périodiqueSi les fractions permettent effectivement d'exprimer toute longueur avec la précision souhaitée, il faut néanmoins comprendre que les opérations et particulièrement la division deviennent complexes si le système de numération n'est pas adapté. Le problème est décrit par l'article fraction égyptienne qui propose quelques exemples concrets. Il faut attendre le Ve siècle pour voir l'école indienne découvrir le concept du zéro et développer un système de numération décimal et positionnel. Un deuxième problème apparaît alors. Toutes les fractions possèdent un développement décimal dans la mesure où ce développement est infini et périodique, c'est-à-dire que la suite des décimales ne s'arrête pas mais boucle sur un nombre fini de valeurs. La question de savoir quel sens donner à un objet caractérisé par une suite de décimales non périodique. Par exemple, le nombre à développement décimal infini qui s'exprime comme
où le nombre de 0 entre les chiffres 1 croît indéfiniment, correspond-il à une longueur ?
[] Suites et sériesDans la deuxième moitié du XVIIe siècle, on assiste à un extraordinaire épanouissement des mathématiques dans le domaine du calcul des séries et des suites. Nicolaus Mercator, les Bernoulli, James Gregory, Godfried Leibniz, et d'autres travaillent sur des séries qui semblent converger mais dont la limite n'est pas rationnelle. C'est le cas par exemple de :
Pire, Liouville en 1844, prouve l'existence de nombres transcendants c'est-à-dire non racine d'un polynôme à coefficients entiers. Il ne suffit donc pas de compléter les rationnels en y ajoutant les nombres algébriques pour obtenir l'ensemble de tous les nombres.
[] Le calcul infinitésimalImage:Gottfried Wilhelm von Leibniz.jpg Gottfried Wilhelm von Leibniz Durant la deuxième partie du XVIIe siècle, Isaac Newton et Gottfried Wilhelm von Leibniz inventent une toute nouvelle branche des mathématiques. On l'appelle maintenant l'analyse, à l'époque elle était connue sous le nom de calcul infinitésimal. Cette branche acquiert presque immédiatement une renommée immense car elle est la base d'une toute nouvelle théorie physique universelle : la théorie de la gravité newtonienne. Une des raisons de cette renommée est la résolution d'une vieille question, à savoir si la Terre tourne autour du Soleil ou l'inverse. Or le calcul infinitésimal ne peut se démontrer rigoureusement dans l'ensemble des nombres rationnels. Si les calculs sont justes, ils sont exprimés dans un langage d'une grande complexité et les preuves procèdent plus de l'intuition géométrique que d'une explicitation rigoureuse au sens de notre époque. L'impossibilité de la construction de l'analyse dans l'ensemble des fractions réside dans le fait que cette branche des mathématiques se fonde sur l'analyse des infiniments petits. Or, on peut comparer les nombres rationnels à une infinité de petits grains de sable (de taille infiniment petite) sur la droite réelle laissant infiniment plus de trous que de matière. L'analyse ne peut se contenter d'un tel support. Elle demande pour support un espace complet. Le mot est ici utilisé dans un double sens, le sens intuitif qui signifie que l'infinité de petits trous doit être bouchés et le sens que les mathématiciens donnent aujourd'hui plus abstrait mais rigoureusement formalisé. Cette notion est tellement importante qu'elle deviendra à l'aube du XXe siècle une large branche des mathématiques appelée topologie.
Pourquoi R est indispensable pour l'analyse
L'analyse suppose qu'une fonction réelle de la variable réelle est essentiellement connue par son comportement infinitésimal. Par exemple, si l'accélération d'une planète est connue à chaque instant et que sa position et sa vitesse initiale sont connues, alors il est possible d'en déduire la trajectoire exacte. Une chaîne de théorèmes, celle du théorème des accroissements finis qui se prouve par le théorème de Rolle qui se prouve par le théorème des bornes devient fausse sur les fractions rationnelles. Si on représente ce théorème en termes imagés, on peut décrire ces théorèmes de la manière suivante?: pour le théorème des accroissements finis, si une voiture parcourt 120 km en 2 heures alors cette voiture se déplace au moins une fois à 60 km/h; pour le théorème de Rolle (respectivement le théorème des bornes, si une voiture part et arrive du même endroit sans jamais changer de route alors elle a fait au moins une fois demi-tour (respectivement il existe un moment ou la voiture est le plus loin de son point de départ). Ce sont ces théorèmes qui intuitivement sont si évidents, que l'on se demande même comment il est possible de les démontrer. Newton a poussé tellement loin les conséquences de ces évidences, que seules quelques rares personnes pouvaient à son époque véritablement comprendre son ouvrage majeur Philosophiae Naturalis Principia Mathematica. Les preuves se fondaient toujours in fine sur une intuition. Explicitons alors pourquoi la démonstration du théorème des bornes impose une compréhension profonde de la nature topologique des nombres réels. Pour cela considérons la fonction f sur les rationnels de l'intervalle <math>\left[1,3 \right]</math> dans <math>\mathbb</math>, où <math>\mathbb</math> désigne l'ensemble des fractions rationnelles, définie par?:
La fonction semble discontinue en un point dont le carré est égal à 2, mais ce point n'existe pas dans les rationnels, la fonction est donc continue partout où elle est définie. On remarque que les petits trous rompent notre notion intuitive de continuité. Un description infinitésimale ne peut donc décrire convenablement une fonction car les petits trous permettent des sauts qui ne sont pas décrits par le comportement infinitésimal. Notre notion intuitive de continuité n'a donc pas le même sens dans <math>\mathbb</math> que dans <math>\mathbb</math>. Plus l'abscisse se rapproche par la droite de ce point qui n'existe pas dans <math>\mathbb</math>, plus elle augmente. Il n'existe donc aucun point qui atteint le maximum. [] La droite réelleSi l'existence des nombres négatifs apparaît très tôt dans l'histoire (mathématiques indiennes), il faut attendre 1770 pour qu'ils obtiennent grâce à Euler un vrai statut de nombre et perdent leur caractère d'artifice de calcul. Mais il faut attendre encore un siècle pour voir l'ensemble des réels associé à l'ensemble des points d'une droite orientée, appelée droite réelle. On considère une droite D contenant un point O que l'on appellera, par convention, origine. Soit un point I distinct de O appartenant à D que l'on identifie au nombre 1. Par convention, on dira que la distance de O à I est égal à 1 et que l'orientation de la droite est celle de O vers I. À tout point M de la droite, on associe la distance entre O et M. Si M et I sont du même côté par rapport à O alors la distance est comptée positivement, sinon elle est négative. Cette relation que la formalisation actuelle appelle bijection permet d'identifier un nombre réel à un point d'une droite. [] Après 2200 ans : la solution[] La constructionImage:Augustin Louis Cauchy.JPG Augustin Louis Cauchy Article détaillé : Construction des nombres réels L'analyse permet une intuition de plus en plus précise sur la topologie des nombres. Un siècle sera alors suffisant pour permettre de construire rigoureusement les nombres réels c'est-à-dire boucher les trous. Image:Richard Dedekind.jpg Richard Dedekind Comme parfois en mathématiques, une fois le problème arrivé à maturité, ce n'est pas un, mais deux penseurs qui résolvent la difficulté. Le premier à avoir défini un concept permettant de résoudre la problématique de la construction des nombres réels est Augustin Louis Cauchy. Son approche est restée la plus fructueuse. Elle s'applique à bien d'autres cas que celui des nombres réels. Son idée est la suivante: une suite de nombres devrait converger (c'est-à-dire avoir une limite), si, au bout d'un certain temps, tous les éléments de la suite sont à une distance les uns des autres aussi petite que l'on veut. Cette idée est formalisée dans l'article suite de Cauchy. Considérons la suite 1 puis 1,4 puis 1,41 et ainsi de suite en alignant une par une toutes les décimales de <math>\sqrt 2</math>, cette suite vérifie le critère de Cauchy. Sa limite est un bon candidat pour représenter la racine carrée de 2 et cette approche permet de construire les nombres réels. Il est à noter que ce n'est que vers la fin du siècle que cette idée permet une construction démontrée de l'ensemble des réels qui est réalisée par deux mathématiciens Cantor en 1872 et Méray en 1869. Le second est Richard Dedekind qui, en 1872, propose dans son ouvrage Was sind und was sollen die Zahlen (ce que sont et ce que doivent être les nombres) une méthode plus simple en étudiant la relation d'ordre sur les fractions. Son idée consiste à considérer les coupures, par exemple tous les nombres négatifs ou dont le carré est plus petit que 2. Cet objet est aussi un bon candidat pour représenter la racine carrée de 2. Il existe une autre méthode à partir des développements décimaux, cependant l'addition puis la multiplication ne sont pas des opérations simples à définir. C'est probablement cette raison qui fait de cette approche, la moins populaire. Ces méthodes construisent toutes le même ensemble, celui des nombres réels. [] La solution est plus riche que prévueImage:Carl Friedrich Gauss.jpg Carl Friedrich Gauss Le XIXe siècle montre que cette nouvelle structure, l'ensemble des nombres réels, ses opérations et sa relation d'ordre, non seulement remplit intégralement ses promesses mais va largement au delà.
[] Définitions axiomatiques de R et premières propriétésSi l'on souhaite être bref, on peut caractériser l'ensemble des nombres réels que l'on note en général <math>\mathbb R</math>, par la phrase de David Hilbert: <math>\mathbb R</math> est le dernier corps commutatif archimédien et il est complet. « Dernier » signifie que tout corps commutatif archimédien est isomorphe à un sous ensemble de <math>\mathbb R</math>. Ici « isomorphe » signifie intuitivement qu'il possède la même forme, ou se comporte exactement de la même manière, on peut donc sans grande difficulté, dire qu'ils sont les mêmes. [] Approche axiomatiqueImage:Hilbert.jpg David Hilbert Une approche axiomatique consiste à caractériser un concept par une ou une série de définitions. Ce point de vue, dont Hilbert est le précurseur dans son formalisme moderne, s'est révélé extrêmement fécond au XXe siècle. Des notions comme la topologie, la théorie de la mesure, ou les probabilités se définissent maintenant par une axiomatique. Une approche axiomatique suppose une compréhension parfaite de la structure en question et permet une démonstration des théorèmes uniquement à partir de ces définitions. C'est la raison pour laquelle de bonnes définitions peuvent en mathématiques s'avérer si puissantes. L'approche axiomatique de <math>\mathbb R</math> ne montre néanmoins pas son existence. Il apparaît alors nécessaire de construire cette structure. Cette question est traitée dans l'article Construction des nombres réels. La définition axiomatique nous est essentiellement donnée en introduction. <math>\mathbb R</math> est l'unique corps commutatif archimédien complet. Mais on trouve aussi une autre définition axiomatique plus simple qui lui est équivalente. <math>\R</math> est l'unique corps commutatif totalement ordonné qui satisfait l'axiome de la borne supérieure. L'unicité ici signifie que tout autre corps vérifiant ces propriétés est isomorphe à <math>\R</math>.
Démonstrations
Il s'agit de démontrer l'équivalence entre les deux définitons axiomatiques.
[] Premières propriétésCette section est essentiellement technique. Elle traite des propriétés essentielles et élémentaires pour un travail analytique sur <math>\mathbb R</math>. La propriété suivante provient du fait que <math>\R</math> est archimédien.
Démonstrations
}} [] Clôture algébriqueIl existe un ensemble de fonctions particulièrement intéressantes, les polynômes. Un polynôme peut parfois être factorisé. C'est-à-dire qu'il s'exprime sous la forme de produit de polynômes de degrés plus petits. L'idéal étant que l'on puisse factoriser tout polynôme en facteurs de degré 1 (c'est-à-dire sous la forme <math>ax+b\;</math>). Cette propriété dépend du corps sur lequel on construit ces polynômes. Par exemple sur le corps des rationnels, quel que soit <math>n</math> entier supérieur ou égal à deux, il existe des polynômes de degré <math>n</math> irréductibles, c'est-à-dire que l'on ne peut pas les exprimer sous forme de produit de polynômes de degrés plus petits. Pour les nombres réels, on démontre que le plus grand degré d'un polynôme irréductible est égal à deux. En d'autres terme, si le polynôme ne se décompose pas, c'est qu'il est de la forme <math>ax^2+bx+c\;</math>. Les corps qui n'ont comme polynômes irréductibles que les polynômes de degré 1 sont dit algébriquement clos. Si <math>\mathbb R</math> n'est pas algébriquement clos, on peut plonger ce corps dans un corps plus vaste. Il s'agit d'un nouveau corps, le corps des nombres complexe. Cependant ce corps n'est pas globalement « meilleur ». Sa clôture algébrique est une propriété fort intéressante, mais elle a un coût : le corps des complexes ne peut pas posséder de relation d'ordre compatible avec ses deux opérations. En quelque sorte, ce qui est gagné d'un côté est perdu d'un autre. [] TopologieLa raison d'être des nombres réels est d'offrir un ensemble de nombres avec les bonnes propriétés permettant la construction de l'analyse. Deux approches utilisant deux concepts différents sont possibles.
L'élégance favorise la base axiomatique la plus faible. Au XXe siècle un travail de reformulation générale des mathématiques est entrepris par l'association Bourbaki et se traduit par la rédaction d'un ouvrage appellé Éléments de mathématique. Cet ouvrage traite, de manière rigoureuse, d'une vaste partie des mathématiques actuelles. Pour cette raison, les Éléments développent et démontrent les propriétés de l'ensemble des réels à partir de la topologie. C'est le choix que nous suivrons ici.
Propriétés
[] CardinalitéImage:Georg Cantor.jpg Georg Cantor Combien y a t-il de nombres réels ? Une infinité, mais laquelle ? Il existe plusieurs cardinaux infinis. Ici cardinal peut se comprendre naïvement comme le nombre d'éléments que contient un ensemble. Dans le cas où les ensembles ne sont pas finis, notre première intuition est trompeuse. Pour comprendre le piège, comparons le cardinal des nombres entiers positifs et des nombres pairs positifs. Notre premier réflexe est de dire que le cardinal des entiers positifs est plus grand car cet ensemble contient, non seulement les nombres pairs mais en plus les nombres impairs, donc deux fois plus de nombres. Puis on peut se dire que l'application qui, à un nombre entier positif, associe le double de ce nombre, montre une correspondance bijective, c'est-à-dire qui associe à chaque nombre de l'ensemble de départ un et un unique élément dans l'ensemble d'arrivée. Notre premier réflexe n'est pas le bon et ne permet pas de construire de théorie des cardinaux. Les deux cardinaux sont en fait égaux. En fait, l'ensemble des entiers positifs et l'ensemble des entiers pairs positifs (ou impairs positifs) correspondent à un même cardinal dit dénombrable. Autrement dit, il y a autant de nombres entiers positifs que de nombres pairs (ou impairs) positifs !.. Qu'en est-il du cardinal des nombres rationnels ? Il semble infiniment plus grand que celui des entiers car entre deux entiers il existe une infinité de fractions. Cependant, il est encore possible d'établir une bijection entre l'ensemble des entiers et celui des fractions. La démonstration en est donnée dans l'article Ensemble dénombrable. Posons nous alors la même question pour l'ensemble <math>\mathbb R</math> ? Son cardinal n'est pas dénombrable, il est supérieur à celui des nombres entiers. le cardinal des nombres rationnels est noté <math>\aleph_0\;</math> et se prononce aleph 0. Celui des nombres réels est noté <math>\aleph_1\;</math> et il est appelé le cardinal du continu. D'où provient ce changement d'échelle de cardinal ? En fait, les rationnels et même les nombres algébriques ont toujours un cardinal dénombrable. L'ensemble des nombres réels possède le cardinal du continu. Ils sont donc infiniment plus nombreux que les nombres algébriques et donc que les nombres entiers. Georg Cantor, génial inventeur de l'argument de la diagonale, établi cette théorie et se posa la question de l'existence d'un cardinal strictement plus grand que celui des nombres rationnels et strictement plus petit que celui des nombres réels. Son hypothèse est qu'un tel cardinal n'existe pas, on l'appelle l'Hypothèse du continu. Cette conjecture est fondamentale dans l'histoire des mathématiques à deux titres :
La rumeur prétend que cette question a fini par rendre Cantor fou. Ce que l'on peut affirmer, c'est que Cantor a travaillé sur ce problème, qu'il ne l'a jamais résolu et qu'il est mort schizophrène.
Démonstration
Montrons que le cardinal de l'intervalle <math>\left[0,1 \right]\;</math> n'est pas dénombrable. Pour cela il nous faut montrer qu'une suite <math>(u_i)\;</math> injective dans <math>\left[0,1 \right]\;</math> n'est jamais surjective. Il nous suffit de trouver un point <math>l\;</math> qui n'est pas dans l'ensemble d'arrivée de la suite. Pour cela construisons deux suites <math>(a_i)\;</math>, <math>(b_i)\;</math> définies par récurrence telles que la proposition suivante soit vraie:
Initialisons nos deux suites par les définitions suivantes:
Il est évident que la propriété (1) est vraie si n est égal à 0. Définissons alors nos suites pour le rang <math>n+1\;</math>.
L'intervalle <math>\left[a_,b_ \right]\;</math> est inclus dans l'intervalle <math>\left[a_n,b_n \right]\;</math>, il ne peut contenir d'élément de la suite <math>(u_i)\;</math> d'ordre strictement inférieur à <math>n\;</math> par hypothèse de récurrence. Par construction des suites <math>(a_i)\;</math> et <math>(b_i)\;</math>, l'intervalle <math>\left[a_,b_ \right]\;</math> ne peut pas non plus contenir <math>u_n\;</math> et la propriété (1) est vérifiée. <math>\left[a_n,b_n \right]\;</math> est une suite d'intervalles fermés emboités. Son intersection est non vide et contient donc au moins un élément <math>l\;</math>. Pour conclure, il suffit de remarquer que <math>l\;</math> n'est jamais une valeur de la suite <math>(u_i)\;</math> pour les <math>n\;</math> premières valeurs. Comme <math>n\;</math> est quelconque, nous avons démontré la proposition. Rem : une autre démonstration est possible et est développée dans l'article :Argument de la diagonale de Cantor
[] Sources[] Liens externes
[] Références
[] Notes<references/>
<span class="AdQ" id="sl" style="display:none;" />bn:?????? ??????lt:Realusis skai?ius La source est wikipedia http://fr.wikipedia.org/wiki/nombre réel |