[edit] HistoireImage:Karte berliner mauer-fr.png Après la capitulation de 1945, l'Allemagne est divisée en quatre zones d'occupation sous administration soviétique, américaine, britannique et française, conformément à l'accord conclu à la conférence de Yalta. Berlin, capitale du Troisième Reich, se retrouve totalement incluse dans la zone d'occupation soviétique, elle est cependant elle aussi divisée en quatre secteurs, anglais, américain, français et soviétique qui représente à lui seul 406 km2, soit 45,6 % de la superficie de la ville<ref>{{Lien web |url=http://www.herodote.net/dossiers/synthese.php?ID=64 |titre=Le mur de Berlin dans l'Histoire |auteur=Gérard-François Dumont (Université de Paris-Sorbonne) |site=Herodote.net |consulté le=21 août 2001 }}</ref>. Le partage entre vainqueurs fait rapidement place à un affrontement global : dès la fin des hostilités, le 8 mai 1945, la guerre froide s'engage sur plusieurs fronts entre l'Est et l'Ouest. Berlin occupe alors une place centrale dans cet affrontement. La coopération entre les quatre puissances occupantes prend fin en 1948, lorsque l?Union soviétique suspend sa participation au sein du Conseil de contrôle allié et du commandement Interalliée. Les tensions s?accentuent<ref>{{Lien web |url=http://www.allemand.ac-versailles.fr/spip.php?article14 |titre=Ouverture et chute du Mur de Berlin |auteur=Delphine Bour |site=Site allemand de l'académie de Versailles |éditeur=Académie de Versailles |consulté le=21 août 2007 }}</ref>. Du 24 juin 1948 au 12 mai 1949, Staline instaure le blocus de Berlin. Il s'agit à couper, « pour des raisons techniques », les communications terrestres entre Berlin-Ouest et l'Allemagne occidentale<ref>{{Lien web |url=http://www.herodote.net/dossiers/synthese.php?ID=64 |titre=Le mur de Berlin dans l'Histoire |auteur=Gérard-François Dumont (Université de Paris-Sorbonne) |site=Herodote.net |consulté le=21 août 2001 }}</ref>. Le blocus de Berlin marque la première crise majeure avec les Alliés. Grâce à un gigantesque pont aérien organisé par les États-Unis, Berlin-Ouest survit au blocus<ref>{{Lien web |url=http://www.allemand.ac-versailles.fr/spip.php?article14 |titre=Ouverture et chute du Mur de Berlin |auteur=Delphine Bour |site=Site allemand de l'académie de Versailles |éditeur=Académie de Versailles |consulté le=21 août 2007 }}</ref>. La première raison à la construction du mur de Berlin réside donc à la volonté des occidentaux de ne pas abandonner Berlin-Ouest aux Soviétiques<ref>{{Lien web |url=http://www.herodote.net/dossiers/synthese.php?ID=64 |titre=Le mur de Berlin dans l'Histoire |auteur=Gérard-François Dumont (Université de Paris-Sorbonne) |site=Herodote.net |consulté le=21 août 2001 }}</ref>. L'année 1949 voit la création de la République fédérale d'Allemagne dans les zones britannique, américaine et française, suivie de près par celle de la République démocratique allemande dans la zone sous influence soviétique<ref>{{Lien web |url=http://www.allemand.ac-versailles.fr/spip.php?article14 |titre=Ouverture et chute du Mur de Berlin |auteur=Delphine Bour |site=Site allemand de l'académie de Versailles |éditeur=Académie de Versailles |consulté le=21 août 2007 }}</ref>. La création de deux États consolide la division politique de Berlin. On commence alors des deux côtés à sécuriser et « étanchéifier » les frontières. Des douaniers et des soldats détachés à la surveillance frontalière patrouillent entre la RDA et la RFA ; de solides clôtures seront plus tard érigées du côté RDA. Légalement, Berlin garde le statut de ville démilitarisée (en soldats allemands), partagée en quatre secteurs et indépendante des deux États allemands ; en réalité, la portée pratique de cette indépendance est très limitée : le statut de Berlin-Ouest s'apparente à celui d'un Land, avec par exemple des représentants sans droit de vote au Bundestag ; Berlin-Est devient, en violation de son statut, capitale de la RDA. Avec le durcissement de la guerre froide (embargo technologique des pays membres du CoCom contre le bloc de l'Est, tensions diplomatiques permanentes, man?uvres militaires), la RDA renforce la protection de ses frontières. La frontière entre les deux Allemagne devient une part de la frontière entre le COMECON et la Communauté économique européenne, entre l'OTAN et le pacte de Varsovie, autrement dit entre deux blocs de conceptions politiques, idéologiques, économiques et culturelles (?) opposées. Le 27 novembre 1958, l'URSS tente un nouveau coup de force lors de « l'Ultimatum de Khrouchtchev » proposant le départ des troupes occidentales dans les six mois pour faire de Berlin une « ville libre » démilitarisée. Les alliés occidentaux refusent<ref>Anne-Marie Le Gloannec, Un mur à Berlin, page 47 et suivantes</ref>. Depuis sa création en 1949, la RDA souffre d'un flot d'émigration croissant vers la RFA, particulièrement à Berlin où la frontière traversant la ville est difficilement contrôlable, contrairement aux zones rurales déjà très surveillées (les Allemands appelaient partir vers le côté libre : « voter avec ses pieds »). Au moins 2,6 millions d'Allemands fuient la RDA par Berlin-Est entre 1949 et 1961 privant le pays de main-d'oeuvre et montrant à la face du monde leur faible adhésion au régime communiste<ref>{{Lien web |url=http://www.herodote.net/dossiers/synthese.php?ID=64 |titre=Le mur de Berlin dans l'Histoire |auteur=Gérard-François Dumont (Université de Paris-Sorbonne) |site=Herodote.net |consulté le=21 août 2001 }}</ref>-<ref>André Fontaine dans Histoire de la guerre froide, tome 2, p. 348 fait état de « près de 3 millions » ; le site Berlin.de écrit lui qu'entre 1945 et 1961, près de 3,6 millions d?Allemands quittèrent la zone d?occupation soviétique et Berlin-Est</ref> ; 47 433 pendant les deux premières semaines d'août 1961 riches en rumeurs. De plus, Berlin-Ouest joue le rôle de porte vers l'Ouest pour de nombreux Tchèques et Polonais. Comme l'émigration concerne particulièrement les jeunes actifs bien instruits, elle pose un problème majeur pour l'économie, et menace l'existence même de la RDA. En outre, environ 50 000 Berlinois sont des travailleurs frontaliers, travaillant à Berlin-Ouest, mais habitant à Berlin-Est ou dans sa banlieue, où le coût de la vie et de l'immobilier est plus favorable. Le 4 août 1961, un décret oblige les travailleurs frontaliers à s'immatriculer comme tels, et à payer leurs loyers en Deutsche Mark (de la RFA). Avant même la construction du mur, la police de la RDA surveille intensivement aux points d'accès à Berlin-Ouest ceux qu'elle désigne comme « contrebandiers » ou « déserteurs de la République ». En effet, de nombreuses personnes habitant ou travaillant en RFA échangent à bon compte leurs marks Ouest contre des marks Est au marché noir et achètent à Berlin-Est les aliments et biens de consommation, contribuant ainsi à affaiblir l'économie planifiée de l'Allemagne de l'Est. La RDA se trouve, en effet, en 1961 au bord de l?effondrement économique et social<ref>{{Lien web |url=http://www.berlin.de/mauer/geschichte/index.fr.html |titre=La construction du mur |site=Berlin.de |consulté le=21 août 2001 }} </ref>. Un Mur doit ainsi servir à stopper définitivement ce que le langage populaire désigne alors comme le vote avec les pieds. [edit] La construction du Mur de BerlinImage:Berlin Wall 1961-11-20.jpg Le programme de construction du Mur est un secret d'État du gouvernement Est-allemand. Il commence les 12 et 13 juin 1961 avec la pose de grillages et de barbelés autour de Berlin-Ouest.<ref>{{Lien web |url=http://www.herodote.net/dossiers/synthese.php?ID=64 |titre=Le mur de Berlin dans l'Histoire |auteur=Gérard-François Dumont (Université de Paris-Sorbonne) |site=Herodote.net |consulté le=21 août 2001 }}</ref>. La construction du Mur se fait en pleine nuit sur ordre de la Direction du Parti communiste par des maçons, sous la protection et la surveillance de policiers et de soldats ? en contradiction avec les assurances du président du Conseil d'État de la RDA, Walter Ulbricht qui déclare le 15 juin 1961 lors d'une conférence de presse internationale à Berlin-Est en réponse à une journaliste ouest-allemande : Ich verstehe Ihre Frage so, dass es Menschen in Westdeutschland gibt, die wünschen, dass wir die Bauarbeiter der Hauptstadt der DDR mobilisieren, um eine Mauer aufzurichten, ja ? Mir ist nicht bekannt, dass eine solche Absicht besteht ; da sich die Bauarbeiter in der Hauptstadt hauptsächlich mit Wohnungsbau beschäftigen und ihre Arbeitskraft voll eingesetzt wird. Niemand hat die Absicht, eine Mauer zu errichten! Image:Winken ueber die Berliner Mauer.jpg Ulbricht est ainsi le premier à employer le mot « mur » dans cette optique, deux mois avant qu'il ne soit érigé. Si les Alliés sont au courant d'un plan de « mesures drastiques » visant au verrouillage de Berlin-Ouest, ils se montrent cependant surpris par son calendrier et son ampleur. Cependant leurs droits d'accès à Berlin-Ouest étant respectés, ils décident de ne pas intervenir militairement. Le BND (service secret de la RFA) avait lui aussi reçu début juillet des informations semblables. Après la rencontre entre Ulbricht et Nikita Khrouchtchev lors du sommet des pays membres du Pacte de Varsovie (3-5 août 1961), le BND note dans son rapport hebdomadaire du 9 août : « Les informations disponibles montrent que le régime de Pankow s'efforce d'obtenir l'accord de Moscou pour l'entrée en vigueur de mesures rigoureuses de blocage ; en particulier le bouclage de la frontière de Berlin, avec interruption du trafic de métros et de trams entre Berlin-Est et Berlin-Ouest. (...) Il reste à voir si Ulbricht est capable de faire accepter de telles exigences par Moscou, et jusqu'où. » La déclaration publique du sommet du Pacte de Varsovie propose de Template:Citation Le 11 août 1961, la Chambre du Peuple de RDA approuve la concertation avec Moscou et donne les pleins pouvoirs au conseil des ministres pour en assurer la réalisation. Le conseil des ministres de la RDA adopte le 12 août un décret dénonçant la politique d'agression et impérialiste des Occidentaux à son encontre. Un contrôle très strict des frontières séparant Berlin-Ouest et Berlin-Est est instauré<ref>Décret de l?Allemagne de l?Est relatif à Berlin (12 août 1961)</ref>. Il décide de l'emploi des forces armées pour occuper la frontière avec Berlin-Ouest et y ériger un barrage. Le samedi 12 août 1961, le BND reçoit l'information qu'« une conférence a eu lieu à Berlin-Est au centre de décision du Parti communiste est-allemand SED en présence de hauts responsables du parti. On a pu y apprendre que (...) la situation d'émigration croissante de fugitifs rend nécessaire le bouclage du secteur d'occupation soviétique, et de Berlin-Ouest dans les jours prochains ? sans plus de précisions ? et non dans deux semaines comme il était prévu initialement. » Dans la nuit du 12 au 13 août 1961, 14 500 membres des forces armées bloquent les rues et les voies ferrées menant à Berlin-Ouest. Des troupes soviétiques se tiennent prêtes au combat et se massent aux postes frontières des Alliés. Tous les moyens de transport entre les deux Berlin sont interrompus. En septembre 1961, des métros et des S-Bahn (RER) de Berlin-Ouest continueront à circuler sous Berlin-Est sans cependant s'arrêter à ce qu'on appelle désormais les stations fantômes. Erich Honecker, en tant que secrétaire du comité central pour les questions de sécurité, assure la responsabilité politique de la planification et de la réalisation de la construction du mur pour le SED. Il présente la construction comme un mur de protection antifasciste<ref>{{Lien web |url=http://www.herodote.net/dossiers/synthese.php?ID=64 |titre=Le mur de Berlin dans l'Histoire |auteur=Gérard-François Dumont (Université de Paris-Sorbonne) |site=Herodote.net |consulté le=21 août 2001 }}</ref>. Les pays membres du pacte de Varsovie publient, le même jour, une déclaration pour soutenir le bouclage de la frontière entre les deux Berlin<ref>Déclaration des pays membres du Pacte de Varsovie (13 août 1961)</ref>. Jusqu'en septembre 1961, la frontière reste « franchissable » et parmi les seules forces de surveillance, 85 hommes passent à l'Ouest ? imités en cela par 400 civils, dont 216 réussissent. Les images du jeune douanier Conrad Schumann enjambant les barbelés ou de fugitifs descendant par une corde en draps de lit des maisons situées à la frontière marquent les esprits. La construction du Mur autour des trois secteurs de l'Ouest consiste tout d'abord en un rideau de fils de fer barbelés. Les pavés des axes de circulation entre les deux moitiés de la ville sont retournés afin d?interrompre immédiatement le trafic<ref>{{Lien web |url=http://www.berlin.de/mauer/geschichte/index.fr.html |titre=La construction du mur |site=Berlin.de |consulté le=21 août 2001 }}</ref>. Dans les semaines suivantes, il est complété par un mur de béton, puis muni de divers dispositifs de sécurité. Ce mur sépare physiquement la cité et entoure complètement la partie ouest de Berlin qui devient une île au milieu des pays de l'Est. [edit] Les réactions à l'OuestLe chancelier fédéral Adenauer appelle le jour même la population de l'Ouest au calme et à la raison et évoque sans plus de précisions les réactions qu'il s'apprête à prendre avec les Alliés. Il attend deux semaines après la construction du Mur avant de se rendre à Berlin-Ouest. Seul le maire de Berlin-Ouest et futur chancelier allemand Willy Brandt émet une protestation énergique - mais impuissante - contre l'emmurement de Berlin et sa coupure définitive en deux. Sa déclaration est sans ambiguité : « Sous le regard de la communauté mondiale des peuples, Berlin accuse les séparateurs de la ville, qui oppressent Berlin-Est et menacent Berlin-Ouest, de crime contre le droit international et contre l?humanité (...) »<ref>{{Lien web |url=http://www.berlin.de/mauer/geschichte/index.fr.html |titre=La construction du mur |site=Berlin.de |consulté le=21 août 2001 }}</ref>. Le 16 août 1961, une manifestation de 300 000 personnes entoure Willy Brandt pour protester devant « l'Hôtel de Ville de Schöneberg », siège du gouvernement de Berlin-Ouest. Les Länder de la RFA fondent la même année à Salzgitter un centre de documentation judiciaire sur les violations des droits de l'homme perpétrés par la RDA, pour marquer symboliquement son opposition à ce régime. La réaction des Alliés traîne : il faut attendre 20 heures avant que les colonnes militaires ne se présentent à la frontière. Le 15 août 1961, les commandants des secteurs occidentaux de Berlin adressent une note de protestation à leur homologue soviétique contre l'édification du mur<ref>Note de protestation des commandants des secteurs occidentaux de Berlin (15 août 1961)</ref>. Des rumeurs incessantes circulent, selon lesquelles Moscou aurait assuré les Alliés de ne pas empiéter sur leurs droits à Berlin-Ouest. L'expérience du blocus de Berlin-Ouest avait effectivement montré aux yeux des Alliés que le statut de Berlin-Ouest était constamment menacé. La construction du Mur représente dès lors une confirmation matérielle du statu quo. L'Union soviétique abandonnait apparemment son exigence d'un Berlin-Ouest « libre » déserté par les troupes alliées, tel qu'il avait encore été formulé en 1956 dans l'Ultimatum de Khrouchtchev. Image:Kennedy in Berlin.jpg Les réactions internationales sont très fortes. Dès le 13 août, Dean Rusk, secrétaire d'État américain, condamne la restriction de la liberté de déplacement des Berlinois<ref>Déclaration de Dean Rusk (13 août 1961)</ref>. Les alliés considèrent que l'URSS est à l'initiative de la construction du mur entre sa zone d'occupation et celle des alliés comme l'indiquent les notices de protestations envoyées par l'intermédiaire des ambassadeurs américains et français au gouvernement soviétique<ref>Note des Etats-Unis à l'Union soviétique et Note du gouvernement français à l'Union soviétique, 17 août 1961, protestant contre la fermeture de la frontière du secteur soviétique de Berlin.</ref>. Le président John Kennedy soutient fermement la ville libre de Berlin. Il envoie un groupe de combat supplémentaire de 1 500 hommes à Berlin-Ouest et fait reprendre du service au général Lucius D. Clay. Le 19 août 1961, Clay et le vice-président américain Lyndon Johnson se rendent à Berlin. Le 27 octobre, on en vient à une confrontation visible et directe entre troupes américaines et soviétiques à Checkpoint Charlie. Des gardes-frontières de RDA exigent de contrôler des membres des forces alliées occidentales voulant se rendre en secteur soviétique. Cette exigence est contraire au droit de libre circulation, dont bénéficient tous les membres des forces d?occupation. Pendant trois jours<ref>{{Lien web |url=http://www.berlin.de/mauer/geschichte/index.fr.html |titre=La construction du mur |site=Berlin.de |consulté le=21 août 2001 }}</ref> 10 chars américains et 10 soviétiques se postent de part et d'autre à proximité immédiate de Checkpoint Charlie. Les chars se retirent finalement, aucune des deux parties ne voulant, au nom de Berlin, enclencher une escalade qui risquerait de se terminer en guerre nucléaire. La libre circulation par le poste-frontière Checkpoint Charlie est rétablie. [edit] Un Pays, deux NationsImage:Berlin satellite image with Berlin wall.jpg Les ressortissants de Berlin-Ouest ne pouvaient déjà plus entrer librement en RDA depuis le Template:1er juin 1952. L'encerclement est rendu plus efficace par la diminution des points de passage. 69 points de passage sur les 81 existants sont fermés dès le 13 août. La porte de Brandebourg est fermée le 14 août et quatre autres le 23 août. Fin 1961 il ne reste plus que 7 points de passages entre l'Est et l'Ouest de Berlin. La Potsdamer Platz est coupée en deux. Le centre historique de la ville devient progressivement un grand vide sur la carte, composé du No Man?s Land entre les murs de séparation à l?Est, et d?un terrain vague à l?Ouest<ref>{{Lien web |url=http://www.berlin.de/mauer/orte/potsdamer_leipziger_platz/index.fr.php |titre=Potsdamer Platz et Leipziger Platz |site=Berlin.de |consulté le=21 août 2001 }} </ref>. Les conséquences économiques et sociales sont immédiates : 63 000 Berlinois de l'Est perdent leur emploi à l'Ouest, et 10 000 de l'Ouest perdent leur emploi à Berlin-Est.<ref>{{Lien web |url=http://www.herodote.net/dossiers/synthese.php?ID=64 |titre=Le mur de Berlin dans l'Histoire |auteur=Gérard-François Dumont (Université de Paris-Sorbonne) |site=Herodote.net |consulté le=21 août 2001 }}</ref>. Le mur de Berlin est devenu dès sa construction le symbole de la guerre froide et de la séparation du monde en deux camps. Le 26 juin 1963, John F. Kennedy prononce à Berlin un discours historique. Il déclare « Ich bin ein Berliner », ce qui signifie que tout habitant du « Monde libre » se sent solidaire avec les Berlinois de l'Ouest<ref>Discours de John F. Kennedy sur la Rudoplh Wilde Platz</ref>. Le 17 décembre 1963, après de longues négociations, le premier accord sur le règlement des visites de Berlinois de l'Ouest chez leurs parents de l'Est de la ville est signé. Il permet à 1,2 million de Berlinois de rendre visite à leurs parents dans la partie orientale de la ville mais seulement du 19 décembre 1963 au 5 janvier 1964. D´autres arrangements suivent en 1964, 1965 et 1966<ref>{{Lien web |url=http://www.berlin.de/mauer/geschichte/index.fr.html |titre=La construction du mur |site=Berlin.de |consulté le=21 août 2001 }}</ref>. Après l'accord quadripartite de 1971, le nombre des points de passage entre l'est et l'ouest est porté à dix. À partir du début des années 1970, la politique suivie par Willy Brandt et Erich Honecker de rapprochement entre la RDA et la RFA (Ostpolitik) rend la frontière entre les deux pays un peu plus perméable. La RDA simplifie les autorisations de voyage hors de la RDA, en particulier pour les « improductifs » comme les retraités, et autorise les visites de courte durée d'Allemands de l'Ouest dans les régions frontalières. Comme prix d'une plus grande liberté de circulation, la RDA exige la reconnaissance de son statut d'État souverain, ainsi que l'extradition de ses citoyens ayant fui vers la RFA. Ces exigences se heurtent à la loi fondamentale de la RFA qui les rejette donc catégoriquement. Les deux parties de la ville connaissent des évolutions différentes. Berlin-Est, capitale de la RDA, se dote de bâtiments prestigieux autour de l'Alexanderplatz et de la Marx-Engels-Platz. Le centre (Mitte) de Berlin qui se trouve du côté Est perd son animation. En effet, l'entretien des bâtiments laisse à désirer surtout les magnifiques bâtiments situés sur l'île des musées, y compris l'important musée de Pergame<ref>{{Lien web |url=http://www.herodote.net/dossiers/synthese.php?ID=64 |titre=Le mur de Berlin dans l'Histoire |auteur=Gérard-François Dumont (Université de Paris-Sorbonne) |site=Herodote.net |consulté le=21 août 2001 }}</ref>. Poursuivant le développement d'une économie socialiste, le régime inaugure en 1967 dans la zone industrielle d'Oberschöneweide, le premier combinat industriel de la RDA, le "Kombinat VEB Kabelwerke Oberspree (KWO)" dans la câblerie. En 1970, débute la construction d'immeubles de 11 à 25 étages dans la Leipzigerstrasse qui défigurent l'espace urbain.<ref>{{Lien web |url=http://www.berlin.de/mauer/geschichte/index.fr.html |titre=La construction du mur |site=Berlin.de |consulté le=21 août 2001 }}</ref>. La propagande de la RDA désigne le Mur ainsi que toutes les défenses frontalières avec la RFA comme un « mur de protection antifasciste » protégeant la RDA contre l'« émigration, le noyautage, l'espionnage, le sabotage, la contrebande, la braderie et l'agression en provenance de l'Ouest ». En réalité, les systèmes de défense de la RDA se dressaient principalement contre ses propres citoyens. Berlin-Ouest devient vite la vitrine de l?Occident. La réforme monétaire met fin à la pénurie et la reconstruction est bien plus rapide qu?à l?Est. Potsdamer Platz reste un lieu de souvenir. Une plate-forme panoramique permet de regarder par-dessus le mur. Elle attire les visiteurs au cours des années 1970 et 1980<ref>{{Lien web |url=http://www.berlin.de/mauer/orte/potsdamer_leipziger_platz/index.fr.php |titre=Potsdamer Platz et Leipziger Platz |site=Berlin.de |consulté le=21 août 2001 }}</ref>. La partie ouest se singularise à partir de 1967 par son mouvement estudiantin, point de mire de l'opinion publique. La partition fragilise cependant l'économie du secteur ouest. En effet, les industriels doivent exporter leur production en dehors de la RDA. De plus, pour éviter l'espionnage industriel, les industries de pointe s'implantent rarement à Berlin-Ouest<ref>Henri Ménudier, article Berlin, Encyclopaedia Universalis, DVD, 2007</ref>. La partie ouest se singularise à partir de 1967 par son mouvement estudiantin, point de mire de l'opinion publique. En effet, la ville est traditionnellement une ville universitaire. La vie culturelle y est très développée. [edit] La chute du MurImage:Berlin-wall-dancing.jpg En 1989, la situation géopolitique change. Les Soviétiques annoncent leur retrait d'Afghanistan sans victoire. Lech Walesa devient Premier ministre de Pologne. La Hongrie ouvre son « rideau de fer ». Certains observateurs pensent qu'une contagion de la liberté va gagner aussi les Allemands<ref>C'est le cas du général Vernon Walters, ambassadeur des États-Unis en République Fédérale d'Allemagne de 1989 à 1991. Il raconte souvenirs sur la période sur le site Diploweb</ref>. Le mur de Berlin tombe dans la nuit du jeudi 9 au vendredi 10 novembre 1989, après plus de 28 années d'existence. Cet événement, appelé dans l'histoire de l'Allemagne die Wende (« le virage »), est directement provoqué par des manifestations massives des habitants de Berlin-Est et une exigence affirmée de liberté de circulation dans toute la RDA, mais aussi par le flot croissant d'évasions, soit par les ambassades de plusieurs capitales de pays de l'Est (Varsovie et Prague notamment), soit par la frontière Hongrie / Autriche à Sopron sur le Lac de Neusiedl, ouverte peu avant. Le déclic est une conférence de presse tenue par de Günter Schabowski<ref>Secrétaire du Comité central en charge des média en RDA</ref>, membre du bureau politique du SED, retransmise en direct par la télévision du centre de presse de Berlin-Est, à une heure de grande écoute. À 18 h 57, vers la fin de la conférence, Schabowski lit de manière plutôt détachée une décision du conseil des ministres sur une nouvelle règlementation des voyages, dont il s'avère plus tard qu'elle n'était pas encore définitivement approuvée, ou, selon d'autres sources, ne devait être communiquée à la presse qu'à partir de 4 heures le lendemain matin, le temps d'informer les organismes concernés : Présents sur le podium à côté de Schabowski : les membres du comité central du SED Helga Labs, Gerhard Beil et Manfred Banaschak. Schabowski lit un projet de décision du conseil des ministres qu'on a placé devant lui. « Les voyages privés vers l'étranger peuvent être autorisés sans présentation de justificatifs ? motif du voyage ou lien de famille. Les autorisations seront délivrées sans retard. Une circulaire en ce sens va être bientôt diffusée. Les départements de la police populaire responsables des visas et de l'enregistrement du domicile sont mandatés pour accorder sans délai des autorisations permanentes de voyage, sans que les conditions actuellement en vigueur n'aient à être remplies. Les voyages y compris à durée permanente peuvent se faire à tout poste frontière avec la RFA. » Grâce aux annonces des radios et télévisions de RFA et de Berlin-Ouest, intitulées : « Le Mur est ouvert ! », plusieurs milliers de Berlinois de l'Est se pressent aux points de passage et exigent de passer<ref>{{Lien web |url=http://www.allemand.ac-versailles.fr/spip.php?article14 |titre=Ouverture et chute du Mur de Berlin |auteur=Delphine Bour |site=Site allemand de l'académie de Versailles |éditeur=Académie de Versailles |consulté le=21 août 2007 }}</ref>. À ce moment, ni les troupes frontalières, ni même les fonctionnaires du Ministère chargé de la Sécurité d'État responsables du contrôle des visas n'avaient été informés. Sans ordre concret ni consigne mais sous la pression de la foule, le point de passage de la Bornholmer Straße est ouvert peu après 23 h, suivi d'autres points de passage tant à Berlin qu'à la frontière avec la RFA. Beaucoup assistent en direct à la télévision dès cette nuit du 9 novembre et se mettent en chemin. Cependant le véritable rush a lieu le lendemain matin, beaucoup s'étant couchés trop tôt cette nuit-là pour assister à l'ouverture de la frontière. Ce jour-là d'immenses colonnes de gens et de voitures se dirigeaient vers Berlin-Ouest. Les citoyens de la RDA sont accueillis à bras ouverts par la population de Berlin-Ouest. Partout dans la ville, les bars font spontanément une opération « bière gratuite »<ref>{{Lien web |url=http://www.allemand.ac-versailles.fr/spip.php?article14 |titre=Ouverture et chute du Mur de Berlin |auteur=Delphine Bour |site=Site allemand de l'académie de Versailles |éditeur=Académie de Versailles |consulté le=21 août 2007 }}</ref>. Un concert de klaxons résonne dans Berlin et des inconnus tombent dans les bras les uns des autres. Dans l'euphorie de cette nuit, de nombreux Ouest-Berlinois escaladent le mur et se massent près de la porte de Brandebourg accessible à tous, alors qu'on ne pouvait l'atteindre auparavant. En apprenant la nouvelle de l'ouverture du mur, le Bundestag interrompt son emploi du temps à Bonn et les députés entonnent spontanément l'hymne national. Le 9 novembre 1989, les Berlinois entament la destruction du Mur par tous les moyens (pioche, marteau, etc.). Présent à Berlin, le violoncelliste virtuose Mstislav Rostropovitch, qui avait dû s'exiler à l'Ouest pour ses prises de position en URSS, vient encourager les démolisseurs (appelés en allemand Mauerspechte = piverts du mur) en jouant du violoncelle au pied du Mur. La photographie de cette événement deviendra célèbre. La chute du Mur de Berlin a abouti, presque un an plus tard, à la réunification des deux Allemagne (RFA et RDA) le 3 octobre 1990. Le 3 octobre est aujourd'hui la fête nationale allemande (Tag der deutschen Einheit, « jour de l'unité allemande »). Le 9 novembre a été évoqué pour devenir la fête nationale de l'Allemagne, d'autant qu'elle célèbre également la proclamation de la république de Weimar en 1918. Toutefois, c'est aussi la date anniversaire du putsch d'Adolf Hitler (9 novembre 1923), ainsi que celle de la Nuit de cristal, le pogrom anti-juif commis par les nazis le 9 novembre 1938. Le 3 octobre lui a donc été préféré. [edit] Anatomie des installations le long de la frontière[edit] Construction des installations frontalièresImage:Berlinermauer.jpg Le mur, long de 43,1 km (longueur intra-berlinoise) venait en complément de la longue frontière RFA-RDA et, dans une moindre mesure, des frontières Ouest des pays du Pacte de Varsovie, le tout donnant un visage palpable au fameux rideau de fer. Il coupe 193 rues principales et adjacentes<ref>{{Lien web |url=http://www.allemand.ac-versailles.fr/spip.php?article14 |titre=Ouverture et chute du Mur de Berlin |auteur=Delphine Bour |site=Site allemand de l'académie de Versailles |éditeur=Académie de Versailles |consulté le=21 août 2007 }}</ref>. Comme le reste de la frontière des deux Allemagne, le Mur de Berlin était pourvu d'un système très complet de fil de fer barbelé, de fossés, de pièges à tank, de chemins de ronde et de miradors. Au début des années 1980, la frontière ne mobilisait pas moins de 1 000 chiens de garde. Le système se perfectionnait d'année en année. En particulier, les maisons proches du mur étaient progressivement vidées de leurs habitants puis murées. Ce processus dura jusqu'au 28 janvier 1985, avec la démolition de l'Église de la Réconciliation dans la Bernauer Straße. Une trouée claire comme le jour divise alors un Berlin autrefois dense et sombre. Dans leur état final, qui ne vit le jour à bien des endroits qu'à la fin des années 1980, les installations frontalières consistaient en :
La largeur totale de ces installations dépendait de la densité des maisons près de la frontière et allait d'environ 30 m à 500 m sur la Postdamer Platz. On ne construisit pas de champs de mines ni d'installations de tir automatique au voisinage du Mur - contrairement à la frontière allemande intérieure (mais ce point ne fut pas connu en général en RDA). Le détail de ces installations - désignées en interne par les troupes frontalières comme zone d'action - était placé sous secret militaire, et donc mal connu des citoyens de la RDA. Les soldats détachés à la frontière devaient garder le silence. Comme nul ne savait exactement quel espion de la Stasi pouvait faire un rapport sur un bavardage inconséquent, tous s'astreignaient fermement au silence. Quiconque s'intéressait de trop près aux installations frontalières risquait pour le moins d'être arrêté et mené au poste de police pour contrôle d'identité. Cela pouvait déboucher sur une condamnation à la prison pour planification de tentative d'évasion. La zone immédiatement près de la frontière à Berlin-Est était interdite sauf sur autorisation spéciale. [edit] Les frontières aquatiquesImage:Memorial Mur Berlin.JPG La frontière extérieure de la ville de Berlin-Ouest croisait à de nombreux endroits des voies navigables. Le tracé de la frontière avait été matérialisé par le Sénat de Berlin-Ouest par des lignes de bouées blanches portant l'inscription Sektorengrenze (limite de secteur). Les bateaux de tourisme ou de sport naviguant dans Berlin-Ouest devaient respecter les limites du secteur ainsi marquées par les bouées. Du côté RDA, des bateaux des troupes frontalières patrouillaient à l'occasion. Les fortifications frontalières de la RDA se trouvaient toujours sur la rive du côté de la RDA, ce qui imposait des détours parfois importants, et qui « emmurait » les rives de plusieurs lacs de la Havel. Le plus grand détour se trouvait sur le lac Jungfern, où le Mur se trouvait jusqu'à 2 km du tracé réel de la frontière. En plusieurs endroits la bande frontalière passait à travers d'anciennes pièces d'eau et les rendait inutilisables pour les habitants, comme sur la rive Ouest du lac de Groß-Glienicke et sur la rive Sud du lac Griebnitz. Sur les cours d'eau de la frontière intérieure, la frontière passait partout de long de la rive Ouest ou Est, de sorte qu'aucun marquage du tracé de la frontière ne s'y trouvait dans l'eau. Le véritable mur y était toujours sur la rive Est. Cependant, les cours d'eau appartenant à Berlin-Est étaient toujours surveillés. Sur les canaux et rivières affluents, la situation en devenait parfois inextricable. Bien des nageurs et des bateaux de Berlin-Ouest se sont trouvés par mégarde ou légèreté en territoire Est-berlinois et ont essuyé des tirs qui ont fait plusieurs morts. En quelques endroits sur la Spree, il y avait des barrières immergées contre les nageurs. Pour les fuyards, il n'était pas évident de savoir quand ils atteignaient Berlin-Ouest et ils couraient encore le risque d'être abattus après avoir dépassé les limites du Mur. [edit] Formation et équipement des gardes-frontièreImage:Wachturm schlesischer busch.jpg Les soldats à la frontière Est-allemande avaient l'ordre de tirer, c'est-à-dire l'obligation d'empêcher les tentatives d'évasion par tous les moyens, même au risque de la mort du fugitif. Ramenés à la longueur de frontière, on peut même dire qu'il y eut beaucoup plus de morts à Berlin qu'en moyenne. Lors des grands jours fériés ou de visites d'État, l'ordre de tirer était parfois suspendu, pour éviter les répercussions négatives dans la presse de l'Ouest. Des découvertes récentes ont mis en lumière la responsabilité de l'Etat est-allemand dans les exécutions de fugitifs. En octobre 1973, un ordre est adressé aux agents de la Stasi infiltrés dans les unités de gardes-frontières. Ceux-ci doivent empêcher que des soldats ne passent à l'Ouest. L'ordre est très clair: "N'hésitez pas à faire usage de votre arme, même si la violation de la frontière concerne des femmes et des enfants, ce qui est une stratégie souvent utilisée par les traîtres"<ref>LeMonde.fr, Découverte d'un document polémique sur le Mur de Berlin, 12.08.07 </ref>-<ref>Vincent Fertey, Les permis de tuer de la Stasi mis au grand jour, dans Le Figaro du 12-08-2007, Template:Lire en ligne</ref>. Selon les indications du Ministère de la Sécurité d'État, les troupes de gardes-frontière de Berlin comprenaient au printemps 1989 11 500 soldats et 500 civils. Outre les unités affectées au commandement du GK-centre, au siège de Berlin-Karlshorst, (environ 1000 agents), la sécurité frontalière est assurée par 7 régiments de gardes-frontières (GR), à Treptow, Pankow, Rummelsburg, Hennigsdorf, Groß-Glienicke, Potsdam-Babelsberg et Kleinmachnow, ainsi que deux régiments frontaliers de formation Wilhelmshagen à Oranienburg. Chaque régiment comprend 5 compagnies commandées directement, avec le support d'un groupe de génie, de transmissions, du train, une batterie de mortiers et une d'artillerie, un groupe de reconnaissance et un de lance-flammes, ainsi qu'une meute de chiens de garde, et en cas de besoin une compagnie de bateaux et des compagnies de sécurité pour les points de passage. Au total, à la frontière centre, il y a 567 véhicules blindés de tir, 48 mortiers, 48 canons antichars, 114 lance-flammes. En outre, il y a 156 chars ou appareils lourds du génie, et 2295 véhicules à moteur (motos, voitures et camions). Dans la dotation figurent également 992 chiens. Dans un jour calendaire normal, environ 2 300 agents sont engagés dans la zone d'action et l'espace voisin. La sécurité renforcée découle de circonstances particulières comme des sommets politiques ou une météo difficile (brouillard, neige). Dans certains cas, l'effectif engagé a encore été augmenté de 200 à 300 agents supplémentaires. [edit] Points de passageImage:Mauer axb01.jpg Il y avait 25 postes de passage à travers le Mur : 13 par la route, 4 par voie ferrée et 8 par voie d'eau, ce qui représentait 60 % du total des passages entre RDA, et RFA ou Berlin-Ouest. Les points de passage étaient fortement équipés du côté RDA. Ceux qui désiraient passer devaient s'attendre à des contrôles très stricts, multiples et successifs de la part des douaniers et des services d'émigration et d'immigration ; cependant les formalités se déroulaient de façon ostensiblement correcte. Les véhicules étaient fouillés de manière particulièrement minutieuse (ouverture du coffre, du capot moteur, examen des sièges, passage au dessus de miroir pour examen du châssis). Les formalités ne permettaient qu'un trafic très réduit. Il s'avèra par la suite qu'il existait cependant des passages secrets sous le mur, utilisés à l'occasion, souterrains creusés aussi bien par les services secrets de RDA que par des passeurs. Du côté Ouest, on franchissait des postes de police et de douane, mais les simples personnes n'étaient en général pas contrôlées. Ce n'est que pour les passages en transit que les voyageurs étaient contrôlés de façon statistique (demande de la destination), et à l'occasion, contrôlés plus étroitement, notamment s'il y avait quelque soupçon d'un motif de poursuites (recherche restreinte). Le trafic de marchandises vers l'étranger était soumis au contrôle douanier, tandis que vers la RFA, on ne faisait que des enquêtes statistiques. Les policiers Ouest-allemands et des patrouilles alliées, qui faisaient des rapports sur les activités suspectes, afin d'éviter au mieux une infiltration d'espions de l'Est. Les forces d'occupation alliées avaient installé pour les officiels des points de contrôle au Checkpoint Bravo (Dreilinden) et au Checkpoint Charlie (Friedrichstrasse), mais ceci n'avait aucune influence sur le trafic des voyageurs et des visiteurs. Lors de l'unification monétaire de l'Allemagne, le Template:1er juillet 1990, tous les postes frontières furent abandonnés : seules quelques installations restèrent érigées en guise de mémorial. [edit] Victimes et tireurs[edit] Un nombre de victimes incertainImage:Berlin Wall victims monument.jpg Le nombre exact des victimes du Mur fait l'objet de controverses : il est en effet difficile à évaluer car les nouvelles victimes étaient passées sous silence en RDA. D'après des recherches de la collectivité berlinoise de travailleurs « Collectif du 13 août », Template:Formatnum:1135 personnes y ont laissé la vie. La Staatsanwaltschaft (bureau du Procureur général) de Berlin en a dénombré 270 où on a pu démontrer un acte de violence de la RDA. Le Zentrale Ermittlungsgruppe für Regierungs- und Vereinigungskriminalität (Groupe de recherches central sur la criminalité du gouvernement et de la réunification) ne recense que 421 morts susceptibles d'être imputés aux forces armées de la RDA. D'autres sources indiquent 125 morts à Berlin<ref>Vincent Fertey, Les permis de tuer de la Stasi mis au grand jour, dans Le Figaro du 12-08-2007, Template:Lire en ligne</ref>. Les premières balles mortelles sont tirées par la police de la route le 24 août 1961 sur Günter Litfin<ref>Céline Figuière, A Berlin, le «permis de tuer» de la Stasi plombe la commémoration du Mur, Le Temps, 14 août 2007 </ref> (24 ans) près de la gare de Friedrichstraße, 11 jours après la fermeture de la frontière, au cours d'une tentative d'évasion. Le 17 août 1962, Peter Fechter (22 ans) perd tout son sang sur la « piste de la mort ». En 1966, deux enfants de 10 et 13 ans sont abattus par au total quarante balles. Chris Gueffroy est la dernière victime du Mur, le 6 février 1989<ref>Céline Figuière, A Berlin, le «permis de tuer» de la Stasi plombe la commémoration du Mur, Le Temps, 14 août 2007 </ref>. Des estimations parlent de 75 000 hommes et femmes condamnés jusqu'à 2 ans de prison en tant que « déserteur de la république ». La peine dépassait en général cinq ans si le fugitif dégradait les installations frontalières, était armé, soldat ou détenteur de secrets. Parmi les victimes du Mur figurent aussi quelques soldats. Le cas le plus connu est sans doute celui du soldat Reinhold Huhn, abattu par un passeur<ref>A u cours de l?été 1962, un tunnel est creusé par un fugitif vivant à Berlin-Ouest et souhaitant y faire venir sa famille. L?évasion réussit mais son passeur abattit le jeune sous-officier garde-frontière de 20 ans, Reinhold Huhn, qui tentait de s?interposer. Source : Berlin.de</ref>. Du pain bénit pour la propagande de la RDA, et une justification a posteriori de la construction du Mur. [edit] Le procès des soldats-tireursImage:Berlin Wall Trabant grafitti.jpg Une série de procès a duré jusqu'au printemps 2004 pour savoir qui avait la responsabilité juridique d'avoir donné l'ordre de tirer sur les fugitifs. Parmi les accusés figuraient entre autres le président du Conseil d'État Erich Honecker, son successeur Egon Krenz, les membres du conseil national de défense Erich Mielke, Willi Stoph, Heinz Keßler, Fritz Streletz et Hans Albrecht, le chef du SED pour le district de Suhl et quelques généraux comme Klaus-Dieter Baumgarten, général de corps d'armée commandant les troupes frontalières de 1979 à 1990. Ce procès a suscité une vive controverse en Allemagne, bon nombre d'accusés faisant valoir que leurs actes, à l'époque, ne constituaient pas des crimes au regard du droit est-allemand. Ils accusent les tribunaux actuels de pratiquer la "justice des vainqueurs"<ref>LeMonde.fr, Découverte d'un document polémique sur le Mur de Berlin, 12.08.07 </ref>. Les tireurs exécutants étaient recrutés en grande partie dans la NVA (Armée nationale populaire) ou dans les troupes frontalières. Parmi les accusés, 35 furent acquittés, 44 condamnés avec sursis et mise à l'épreuve et 11 à une peine ferme : entre autres Albrecht, Streletz, Keßler et Baumgarten (de 4½ à 6½ années de prison). Le dernier dirigeant communiste de la RDA, Egon Krenz, a été condamné en 1997 à une peine de six ans et demi de prison pour la mort de quatre personnes le long du mur de Berlin dans les années 1980<ref>LeMonde.fr, Découverte d'un document polémique sur le Mur de Berlin, 12.08.07 </ref>. En août 2004, le tribunal de Berlin condamne deux ex-membres du Politbüro avec sursis et mise à l'épreuve. Le dernier procès des tireurs du Mur se termine par une condamnation le 9 novembre 2004, 15 ans jour pour jour après la chute du Mur de Berlin. [edit] Le mur aujourd'hui[edit] La mémoire du murEn souvenir des victimes du Mur de Berlin, divers mémoriaux de types très différents ont été construits. Outre les petites croix ou autres signes, avant tout érigées en mémoire de fugitifs abattus, souvent d'initiative privée, et que l'on trouve en divers endroits de l'ex-frontière, un ensemble de lieux de souvenir plus importants a été créé. Il y a toujours eu des controverses sur le style des monuments, comme par exemple à la fin des années 1990 à propos du mémorial de la Bernauerstraße. Pour l'instant, le paroxysme des débats publics a été atteint à propos du « Monument de la Liberté », construit à proximité du Checkpoint Charlie, puis démoli. Le sénat de Berlin, pour contrer le reproche qui lui était fait de ne pas avoir de politique précise, proposa une politique au printemps 2005. Le tracé historique du mur de Berlin est marqué au sol par une double rangée de pavés et des plaques en fonte portant l?inscription « Berliner Mauer 1961-1989 ». Il existe un parcours historique du mur de 29 étapes avec des illustrations et des explications en quatre langues sur les événements qui s?y sont déroulés<ref>{{Lien web |url=http://www.berlin.de/mauer/verlauf/index/index.fr.php |titre=Le tracé du mur dans Berlin |site=Berlin.de |consulté le=21 août 2001 }}</ref>. [edit] Le musée du Mur au Checkpoint CharlieImage:Berlin checkpoint charlie.jpg Le Musée du Mur au Checkpoint Charlie fut ouvert en 1963 juste en face de la frontière par l'historien Rainer Hildebrandt, et est exploité par le Collectif du 13 août. C'est l'un des musées de Berlin les plus visités. Il montre le système de sécurité du Mur, et relate les tentatives de fuite réussies, avec leurs moyens, tels que montgolfières, autos, téléphériques, et même un mini sous-marin. [edit] Ensemble mémorial du Mur de Berlin dans la Bernauer StraßeDepuis la fin des années 1990, il y a dans la Bernauer Straße, à la limite des anciens districts de Wedding et du Centre un Ensemble mémorial du Mur de Berlin. Il comprend le Mémorial du Mur de Berlin, le centre de documentation ainsi que la Chapelle de la Réconciliation Le Mémorial issu d'un concours fédéral d'architecture a été inauguré, après de longues et vigoureuses discussions, le 13 août 1998. Il présente un fragment du Mur reconstruit sur place selon une interprétation d'artiste. Le centre documentaire fut ouvert le 9 novembre 1999. Il a été complété en 2003 par une tour d'observation qui permet de bien voir les installations du Mur du Mémorial. Outre une exposition (ouverte depuis 2001 sous le titre Berlin, 13 août 1961), on peut y trouver diverses possibilités d'information sur l'histoire du Mur. La Chapelle de la Réconciliation de la paroisse évangélique de la Réconciliation a été inaugurée le 9 novembre 2000. C'est un bâtiment circulaire en torchis, construit sur les fondations du ch?ur de l'Église de la Réconciliation, située sur la piste de la mort et démolie en 1985. Enfin, le Mille historique du Mur de Berlin est une exposition permanente en quatre langues, consistant en 21 panneaux d'information. Ceux-ci sont répartis le long du tracé de la frontière intérieure, et présentent des photographies et des textes se référant à des événements, comme des fuites, qui se sont produits à l'endroit même où sont placés les panneaux. Voir Gedenkstatte Berliner Mauer. [edit] Destruction et restes du murImage:Brussels EU Berlin Wall.jpeg Il ne reste plus grand-chose du mur aujourd'hui. Les chasseurs de souvenirs, désignés dans le langage populaire par Mauerspecht (soit pic de mur), se sont arrachés les fragments, donnant naissance à un véritable marché noir. Même la CIA s'est approprié un morceau du mur artistiquement décoré pour son nouveau bâtiment dans son fort de Langley. Entre la fin 1989 et le début de l'année 1990, le mur est démantelé à raison de 100 mètres en moyenne par nuit. La RDA s'efforce ensuite de démonter le plus vite et le plus complètement possible les installations<ref>{{Lien web |url=http://www.herodote.net/dossiers/synthese.php?ID=64 |titre=Le mur de Berlin dans l'Histoire |auteur=Gérard-François Dumont (Université de Paris-Sorbonne) |site=Herodote.net |consulté le=21 août 2001 }}</ref>. À partir du 13 juin 1990, 300 gardes-frontières de l'Est et 600 sapeurs de l'Ouest, 175 camions, 65 grues, 55 pelleteuses et 13 bulldozers y ont été affectés. Le mur a disparu du centre-ville en novembre 1990, le reste en novembre 1991. Au total, il a été physiquement détruit à peu près partout, à l'exception de six sections, conservées en souvenir. Image:Montréal - Centre de Commerce Mondial, Mur de Berlin - 01 - 20050315.jpg
Un autre fragment du mur (réel) se trouve le long de la Niederkirchnerstraße, dans le district centre, à proximité de la chambre des députés de Berlin. Il a aussi été classé monument historique en 1990. Par contre, les installations frontalières du mémorial du Mur de la Bernauer Straße ont été reconstruites. Image:Berliner mauer kennzeichnung.jpg Cinq des 302 miradors subsistent :
[edit] L'organisation de l'espace urbain berlinois après la chute du murLa chute du mur changea considérablement les flux de trafic dans la ville. On circule sans problème d'est en ouest sur des réseaux métropolitain, ferroviaire, et de bus totalement modernisés au cours des années 1990<ref>{{Lien web |url=http://www.herodote.net/dossiers/synthese.php?ID=64 |titre=Le mur de Berlin dans l'Histoire |auteur=Gérard-François Dumont (Université de Paris-Sorbonne) |site=Herodote.net |consulté le=21 août 2001 }}</ref>. La bande frontière se reconnaît encore bien aujourd'hui par les grands espaces vides, comme sur des parties de la Bernauer Straße ou le long de la Vieille Jakobstraße. La large trouée entre les deux ex-murs s'appelle actuellement la piste des murs. Dans ce centre ville précédemment densément construit, cette piste a pour sa plus grande partie été convertie en espaces d'utilité publique. Il comporte également des parcs et des lieux commémoratifs du mur<ref>{{Lien web |url=http://www.berlin.de/mauer/verlauf/index/index.fr.php |titre=Le tracé du mur dans Berlin |site=Berlin.de |consulté le=21 août 2001 }}</ref>. C'est aussi dans l'ancien no man's land que la nouvelle gare centrale, a été inaugurée le vendredi 26 mai 2006<ref>Antoine Jacob, Berlin s'offre une gare grandiose, Le Monde, 28.05.06</ref>. La Potsdamer Platz, c?ur du Berlin chic et bourgeois d'avant guerre et devenue un vaste terrain en friche, au coeur du no man's land, symbolise le désir de retrouver l'unité de la ville. Sa reconstruction est en passe d'être achevée. Les immeubles construits par Renzo Piano, Richard Rogers et Helmut Jahn frappent par leur élégance et offrent un remarquable échantillonnage d'architecture contemporaine. La semaine, les salariés des bureaux et les ouvriers des chantiers côtoient les touristes. Le week-end, la Potsdamer Platz est déjà l'un des lieux les plus fréquentés de Berlin<ref>Valérie Sobotka, Berlin aujourd'hui, Clio.fr</ref>. Pourtant, le Mur, c'est-à-dire le clivage entre Berlin-Ouest et Berlin-Est, est toujours là. À l'ouest, les autorités ont tenu à préserver des marques du passé nazi de la ville comme la ruine de l'église commémorative de l'empereur Guillaume (Kaiser Wilhelm), surnommée « dent creuse » par les Berlinois. Le Reichstag, incendié en 1933 et devenu une ruine en 1945, n'a pas été reconstruit entièrement à l'identique. La coupole en verre conçue par Norman Foster symbolise la démocratie allemande qui se veut résolument transparente. À l'Est, la RDA n'a laissé subsister aucun trait du nazisme. Aujourd'hui, ce passé est rappelé dans le quartier juif où la synagogue a été reconstruite<ref>{{Lien web |url=http://www.herodote.net/dossiers/synthese.php?ID=64 |titre=Le mur de Berlin dans l'Histoire |auteur=Gérard-François Dumont (Université de Paris-Sorbonne) |site=Herodote.net |consulté le=21 août 2001 }}</ref>. Sur le plan architectural, les deux parties de la ville sont également très différentes. Berlin-Ouest comporte de vastes espaces de campagne, car son enclavement passé dans la DRA a été un puissant frein à son expansion démographique et économique. En revanche, la RDA, dont Berlin était la capitale, a voulu faire de la ville une vitrine du socialisme avec l'Alexanderplatz et par la construction de banlieues "grandiosement répétitives". La statuaire socialiste est toujours présente deci, delà à Berlin-Est avec Marx, Lénine, la faucille et le marteau. Le sinistre palais de la république des années 1950, construit à la place de l'ancien palais impérial détruit en 1950 sur l'ordre de Walter Ulbricht rappelle aussi le temps du régime communiste<ref>{{Lien web |url=http://www.herodote.net/dossiers/synthese.php?ID=64 |titre=Le mur de Berlin dans l'Histoire |auteur=Gérard-François Dumont (Université de Paris-Sorbonne) |site=Herodote.net |consulté le=21 août 2001 }}</ref>.. La partition de la ville avait fait perdre à Berlin sa place de grande métropole industrielle. Depuis la chute du mur, le développement économique de Berlin reste modeste et inférieur aux espoirs. L'île des musées, anciennement à Berlin-Est, est devenue un haut lieu touristique, mais les commerces ne se sont pas développés autour. Il n'y a même pas de kiosques à journaux. En revanche, un marché périodique vous propose essentiellement tous les restes de la période socialiste (insignes militaires, sculptures miniatures de Lénine.). Les comportements des employés issus de l'Est conservent souvent une attitude peu ouverte et peu inventive<ref>{{Lien web |url=http://www.herodote.net/dossiers/synthese.php?ID=64 |titre=Le mur de Berlin dans l'Histoire |auteur=Gérard-François Dumont (Université de Paris-Sorbonne) |site=Herodote.net |consulté le=21 août 2001 }}</ref>. Le mur de Berlin laisse donc dans l'histoire architecturale, économique, comportementale, démographique des traces certaines malgré les milliards d'euros dépensés pour relever Berlin depuis 1989, et bien que la ville exerce de nouveau la fonction de capitale de l'Allemagne. [edit] Autour du mur de Berlin[edit] Le Mur au cinéma
|url=http://www.cinefiches.com/film.php?id_film=42090 |titre=Référence du film |site=Cinéfiches |consulté le=21 août 2007 }}</ref>.
|url=http://www.cinefiches.com/film.php?id_film=21296 |titre=Référence du film |site=Cinéfiches |consulté le=21 août 2007 }}</ref>.
|url=http://fgimello.free.fr/enseignements/metz/TD_analyse_de_film/le-tunnel.htm |titre=Le tunnel |auteur=Frédéric Gimello-Mesplomb, maître de conférences à l'Université de Metz et l'Institut d'études politiques de Paris |consulté le=21 août 2007 }}</ref>.
[edit] Le Mur dans la littérature
[edit] Anecdotes
De nos jours, de nombreux musées vendent des morceaux du Mur de Berlin. Cependant, il n'existe plus de traces matérielles qui n'aient pas encore été vendues ou qui ne soient pas conservées dans un musée. Les pièces de Mur vendues actuellement sont tout simplement des faux. [edit] Notes et références[edit] Bibliographie[edit] En français
[edit] En allemand
[edit] En anglais
[edit] Voir aussi[edit] Article connexe
[edit] Liens externes |