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Les bombardements atomiques de Hiroshima et Nagasaki ont eu lieu les 6 et 9 août 1945 à l'initiative des États-Unis après que le Japon eut refusé de capituler sans condition. La Seconde Guerre mondiale se conclut officiellement moins d'un mois plus tard par la signature de l'acte de capitulation du Japon le 2 septembre 1945 (La cessation des hostilités fut effective dès le 15 août 1945). Ce sont les seuls bombardements nucléaires ayant eu lieu en temps de guerre. Le nombre de décès est difficile à définir et seules des estimations sont disponibles. Le Département de l'Énergie des États-Unis (DOE) avance les chiffres de formatnum:70000}} personnes pour Hiroshima et de } pour , tuées instantanément. À ceci, s'ajoutent les décès apparus par la suite en raison de divers types de cancers et de pathologies} [http://www.cfo.doe.gov/me70/manhattan/hiroshima.htm The Atomic Bombing Of Hiroshima]}{{en [http://www.pubmedcentral.nih.gov/articlerender.fcgi?artid=33859 The somatic effects of exposure to atomic radiation: The Japanese experience, 1947?1997]. Les justifications des bombardements ont été le sujet de nombreux débats et controverses. Pour certains ces bombardements qui ont surtout tués des civils sont qualifiable de crimes de guerre alors que pour d'autre ils ont raccourci la guerre de plusieurs mois et ont donc sauvé des centaines de milliers de vies américaines et japonaises. Au Japon, l'opinion publique tend à penser que l'utilisation des bombes était superflue car le processus de capitulation était en cours lors des bombardements. Cependant, comme le démontrent les archives rapportant les délibérations entre Hirohito, le cabinet et l'état-major, il n'en était rien : en réponse à la déclaration de Potsdam du 26 juillet, le gouvernement japonais organisa le 28 une conférence de presse au cours de laquelle le premier ministre Suzuki annonça l'intention du Japon « d'ignorer » (mokusatsu) l'ultimatum. Les archives démontrent d'ailleurs que même après les bombardements atomiques, le cabinet demeura profondément divisé. De ce point de vue, ce n'est pas le bombardement mais la déclaration de guerre de l'Union soviétique contre le Japon le 8 août et son invasion de la Mandchourie qui a déterminé la capitulation de Hirohito ; le bombardement étant un facteur secondaire qui n'aura vraiment d'influence que pendant la guerre froide. Les survivants des explosions, les hibakusha, sont devenus le symbole d'une lutte contre la guerre et les armes atomiques à travers le monde. PréparatifsLes bombes à l'uranium et au plutonium, développées en parallèle et en secret par les États-Unis (avec l'assistance du Royaume-Uni et du Canada, ainsi que de nombreux savants européens) sous le nom de code projet Manhattan étaient les deuxième et troisième engins à devoir être utilisés et sont restés les seuls déployés depuis cette date sur un théâtre d'opérations. Le premier essai d'une bombe atomique, Trinity (surnommée « le gadget » en partie du fait que ce n'était pas une arme opérationnelle), eut lieu dans un désert du Nouveau-Mexique le 16 juillet 1945, sur la base aérienne d'Alamogordo. C'était un modèle au plutonium, car les Américains avaient plus de doutes sur cette technologie que sur celle à l'uranium. La décision de lancer les bombes sur le Japon fut prise par le président américain Harry S. Truman pour plusieurs raisons que les historiens se sont efforcés d'analyser, pondérer ou écarter : satisfaire l'opinion publique en vengeant les soldats tués sur le front du Pacifique, réduire la durée de la guerre et éviter un débarquement sur l'archipel, mettre en place une stratégie pour contrer l'Union Soviétique et avoir une force de frappe dissuasive ou encore justifier un programme dont le coût avait été exorbitant [http://www.johnwcooper.com/papers/atomicbombtruman.htm Truman?s Motivations: Using the Atomic Bomb in the Second World War]. D'autres explications sont également avancées ; elles seront reprises et analysées à la fin de cet article. Peu après la destruction de Hiroshima et avant de lancer une autre bombe sur Nagasaki, Truman lança un dernier avertissement aux autorités japonaises (traduction du texte original) : Début citation}}C'était pour épargner des vies japonaises d'une destruction totale que l'ultimatum du 26 juillet fut formulé à la Conférence de Potsdam. Leurs dirigeants ont immédiatement rejeté cet ultimatum. S'ils n'acceptent pas maintenant nos conditions, ils doivent s'attendre à un déluge de ruines venu des airs comme il n'en a jamais été vu de semblable sur cette Terre. Après cette attaque aérienne suivront des forces marines et terrestres en nombre et en puissance telles qu'ils n'en ont jamais vu et avec les aptitudes au combat dont ils sont déjà bien conscients.{{Fin citation|[http://www.pbs.org/wgbh/amex/truman/psources/ps_pressrelease.html White House Press Release Anouncing the Bombing of Hiroshima, August 6, 1945], publié sur le site Web de PBS Comme il est détaillé dans la discussion à la fin de cet article, le fait que les bombardements atomiques aient été ou non justifiés reste depuis lors un sujet de controverse.Web reference_simple | title=Nagasaki - The Bomb That Ended World War II - Page 2 | URL=http://history1900s.about.com/library/prm/blbombthatended2.htm | date= 6 août | year= 2005Le choix des cibles, le « père » de la bombe avec Leslie Groves, général chargé du projet Manhattan. La réunion du « Comité des objectifs » (Target Committee) à Los Alamos les 10 et 11 mai 1945, choisit les cibles sur le territoire japonais dans cet ordre : Web reference_simple | title=Atomic Bomb: Decision -- Target Committee, May 10-11, 1945 | URL=http://www.dannen.com/decision/targets.html | date= 6 août | year= 2005 Ky?to ;
Hiroshima ;
Yokohama ;
l'arsenal de Kokura ;
Niigata ;
le palais impérial à T?ky? (incertain).
Selon Robert Jungk (traduction libre) :
Début citation}}Sur la courte liste des cibles pour la bombe atomique, en plus de Hiroshima, Kokura et Niigata, il y avait aussi la ville des temples, Ky?to. Quand l'expert sur le Japon, le professeur Edwin O. Reischauer, entendit cette terrible nouvelle, il se rendit précipitamment dans le bureau de son chef, le major Alfred MacCormack, dans un département des services de renseignement de l'armée. Le choc le fit fondre en larmes. MacCormack, un avocat cultivé avec le respect de la vie humaine, arriva à persuader le secrétaire de la guerre Henry L. Stimson d'accorder un sursis à Ky?to et de retirer la ville de la liste.{{Fin citation
Reischauer réfuta cette version dans son livre My Life Between Japan And America, 1986, p. 101 :
Début citation}}J'aurais probablement fait ça si j'en avais eu l'occasion, mais ce récit ne contient pas une once de vérité. Comme il a déjà été amplement prouvé par mon ami Otis Cary de Doshisha à Ky?to, la seule personne qui mérite les honneurs pour avoir sauvé Ky?to de la destruction est Henry L. Stimson, le secrétaire de la Guerre de l'époque, qui avait connu et admiré Ky?to depuis sa lune de miel plus de trois décennies auparavant.{{Fin citation
Cette affirmation est partiellement confirmée par Richard Rhodes qui décrit le refus de Stimson au sujet du bombardement de Ky?to, allant contre la volonté du général Leslie Groves.
Le 31 mai 1945, Stimson réunit les principaux acteurs militaires et scientifiques du projet Manhattan. Ils discutèrent des inconvénients liés à un avertissement donné aux Japonais avant l'attaque. Ils craignaient que les Japonais ne déplaçassent des prisonniers de guerre en direction des zones prévues pour le bombardement ou que les appareils soient abattus. Il se pouvait aussi que la bombe soit un fiasco avec une explosion incomplète. Edward Teller proposa de faire exploser la bombe de nuit, sans avertissements, au-dessus de la baie de T?ky? pour éviter les pertes humaines et choquer l'opinion. Cette idée fut rejetée : les Japonais avaient déjà prouvé leur combativité sans limite avec les kamikazes (avions suicides) et il n'était pas sûr qu'une action sans destruction massive soit suffisante pour les déstabiliser.
Oppenheimer suggéra d'attaquer avec plusieurs bombes le même jour pour définitivement stopper la guerre. Le général Groves s'y opposa car les cibles avaient déjà fait l'objet de bombardements conventionnels et que les effets des bombes ne seraient pas assez significatifs sur ces terrains déjà dévastés. De plus, les estimations à cette date sur la puissance d'une explosion nucléaire (aucun test n'ayant été effectué) ne correspondaient au mieux qu'à la moitié, au pire à un dixième de ce qui allait être réellement le cas. Les effets n'étaient pas encore précisément connus. Ce n'est qu'après le test de Trinity que la nature de la mission put être scellée.
La réaction du Japon à l'ultimatum de PotsdamLes archives japonaises et le journal du garde des sceaux Kôichi Kido démontrent que Hirohito et le cabinet insistèrent pour obtenir une reddition conditionnelle, alors que le gouvernement menait des négociations parallèles avec l'Union soviétique. Parmi ces conditions se trouvaient le désarmement des troupes par les autorités japonaises, le jugement des criminels par les autorités japonaises, l'absence de forces d'occupation en sol japonais et la préservation du régime impérial et de l'Empereur. Entre le 27 juillet et le 6 août, alors que Hirohito faisait l'objet d'intenses pressions de ses frères Yasuhito Chichibu, Nobuhito Takamatsu, Takahito Mikasa et de ses oncles Yasuhiko Asaka, Naruhiko Higashikuni lui demandant d'abdiquer en faveur de son fils, le gouvernement se réfugia dans le mutisme. Dans l'attente d'une issue aux négociations menées avec les Soviétiques, l'empereur ordonna le 31 juillet au garde des sceaux Kôichi Kido de prendre les mesures pour défendre « à tout prix » les insignes impériauxKido Kôchi Nikki, Daigaku Shuppankai, 1966, p.1120-1121..L'ordre d'attaquer, chef du commandement de combat de l'armée de l'air américaine. Seules quelques personnes sont au courant des ordres donnés par le président Truman. Le 21 juillet 1945, le président approuve le largage des bombes sur le Japon. Le 24 juillet, l'ordre est relayé par le secrétaire de la Guerre, Henri Stimson. Le 25 juillet, le général Thomas Handy envoie un ordre secret au général Carl A. Spaatz, ce sera le seul ordre écrit concernant l'utilisation de la bombe atomique (voir la traduction libre de l'ordre de Handy à l'attention de Spaatz). Le 28 juillet, le Japon refuse l'accord de Potsdam et l'utilisation de la bombe paraît alors inéluctable aux militaires américains. HiroshimaHiroshima durant la Seconde Guerre mondialeSituée dans la région de Ch?goku sur le delta du fleuve Ota, la ville était divisée en sept îles. Des camps de l'armée s'étaient installés dans les environs. Parmi les plus importants, on y trouvait ceux de la 5e Division et le centre de commandement du général Hata. Celui-ci gérait l'ensemble de la défense de la partie méridionale de l'archipel. Le quartier général de la seconde armée était situé dans un secteur montagneux de la ville à 10 kilomètres du centre, dans le château de Hiroshima. Hiroshima était un centre d'approvisionnement important et une base logistique pour les militaires nippons. La ville était un centre de communications, un lieu de stockage et de rassemblement pour les troupes. La population de Hiroshima fut mobilisée, comme d'autres cités japonaises, contre l'envahisseur américain : les femmes et les enfants apprenaient à se battre avec des bâtons et à supporter l'effort de guerre que ce soit dans les bureaux ou les usines. Juste en face du port de la ville, sur l'île d'Okunoshima, était établie une usine de fabrication de gaz toxique affiliée au réseau d'unités de recherche de Shiro Ishii.Hal Gold, Unit 731 Testimony'', 2003, p.57 Avec l'expansion de l'empire, au cours de l'ère Showa, différents types d'armes chimiques y furent produites comme le gaz moutarde, l'ypérite, le lewisite et le cyanure.Gold, ''Unit 731 Testimony, 2003, p.58 Ces gaz étaient notamment utilisés contre les soldats et les civils chinois ainsi que dans les expérimentations sur des humains par les unités de Shiro Ishii. La cité fut choisie comme cible, car elle n'avait pas encore subi de raids aériens : elle constituait une zone idéale pour évaluer l'impact de la bombe atomique. Le centre de la ville possédait plusieurs bâtiments en béton armé, de même que des constructions moins solides. En périphérie, les habitations en bois côtoyaient les petits commerces, formant une dense collection de structures légères. Quelques usines s'étaient implantées dans la banlieue. Le risque d'incendie était élevé à Hiroshima : la concentration des bâtiments et les matériaux utilisés étaient propices à une destruction maximale grâce aux effets thermiques de la bombe. Les informations concernant le nombre de personnes présentes dans la ville lors du bombardement sont très variables, allant de formatnum:255000}}[http://www.warbirdforum.com/hirodead.htm How many people died at Hiroshima in August 1945?] à } habitants[http://www.johnstonsarchive.net/nuclear/radevents/1945JAP1.html Hiroshima atomic bombing, 1945]. Les estimations données par les troupes et les travailleurs sont probablement imprécises. Le rapport américain indiquant {{formatnum:255000 habitants s'était appuyé sur les statistiques de rationnement de riz de juin 1945[http://www.warbirdforum.com/hirodead.htm How many people died at Hiroshima in August 1945?].Préparatifs. Deux heures après la réussite de l'essai Trinity'', les bombes ''Fat Man'' et ''Little Boy'' prirent le départ depuis San Francisco en direction de Tinian à bord du croiseur ''Indianapolis''. Les Américains avaient prévu deux attaques supplémentaires si la première ne se révélait pas suffisante. Le 26 juillet 1945, elles arrivèrent sur la base américaine. Le 28 juillet et le jour suivant, quatre avions ''Green Hornet'' s'envolèrent depuis les États-Unis pour apporter les derniers composants nécessaires aux bombes : le c?ur en plutonium pour ''Fat Man'' et les cylindres en uranium pour ''Little Boy. Le capitaine de l'US Navy William Parsons était chargé de la maintenance et l'organisation de l'assemblage des bombes sur place. Il mit en place les différents ateliers nécessaires à cette opération, car on ne savait pas encore combien de bombes seraient employées pour venir à bout du Japon. Pendant ce temps aux États-Unis, la production de matière fissile continuait pour une troisième bombe. Le seul vecteur possible pour la bombe était le Boeing B-29 Superfortress, unique bombardier lourd capable d'atteindre le Japon à l'époque dont une vingtaine d'exemplaires modifiés pour emporter cette nouvelle arme fut construit durant l'été 1945 à l'usine Glenn L. Martin d'Omaha et une unité spécialement créée pour le bombardement nucléaire fut mise sur pied, le 509th Composite Group. Little Boy fut installée dans un B-29, mais ne fut pas armée. On craignait en effet que l'avion ne s'écrase et que la bombe ne se déclenche accidentellement, pulvérisant immédiatement l'île. Les accidents avec ces bombardiers étaient courants et les militaires ne voulaient pas prendre de risques. Il fut décidé que l'armement se ferait après le décollage, une des phases les plus délicates de la mission. L'équipe s'entraîna sans relâche pour peaufiner la mission et plus particulièrement Parsons qui était chargé d'armer la bombe en vol avec toutes les responsabilités que cela impliquait. Le commandant de bord Paul Tibbets décida ensuite de baptiser le B-29 avec un nom unique, celui de sa mère (Enola Gay), pour placer l'avion et son équipage « sous une bonne étoile » comme il le dira lors d'une interview. Peu avant le décollage, des journalistes s'étaient amassés autour du bombardier pour immortaliser l'événement. Le bombardementHiroshima était la cible prioritaire pour le bombardement. Le 6 août 1945, le temps était clair au-dessus de la ville. Plusieurs B-29 (dont Jabbit III'' pour Kokura et ''Full House'' pour Nagasaki) avaient été envoyés sur les autres cibles si la mission sur Hiroshima venait à être détournée, mais les autres villes étaient toutes couvertes par des nuages. Le B-29 piloté par Paul Tibbets était parti à 2h45 de l'île de Tinian. L'avion transportait avec lui la bombe ''Little Boy. Celle-ci fut armée en vol par le capitaine de marine William Parsons après le décollage.Environ une heure avant le bombardement, les Japonais avaient détecté l'approche d'un avion américain sur le sud de l'archipel. L'alerte fut déclenchée avec des annonces à l'attention de la population et un arrêt des programmes de la radio dans plusieurs villes. L'avion survola Hiroshima et disparut. Cet avion était en fait le B-29 de reconnaissance, Straight Flush, qui signala les bonnes conditions de visibilité pour le bombardement. Les radars japonais détectèrent ensuite un nouveau groupe d'avions à haute altitude mais leur nombre peu élevé, seulement trois, fit que l'alerte fut levée après une dizaine de minutes. Les recommandations pour la population étaient de gagner les abris si un B-29 était visible, mais aucun raid n'était attendu mis à part de la reconnaissance. Il s'agissait en fait des trois B-29 du raid sur Hiroshima qui évoluaient à plus de 9 500 mètres d'altitude : Enola Gay (bombardement)
The Great Artiste (mesures et relevé de données)
Necessary Evil (photographies, films).
Le second lieutenant, Morris R. Jeppson, fut le dernier à toucher la bombe lorsqu'il plaça les fusibles d'armement. Peu avant 8h15, Enola Gay'' arriva au-dessus de la ville. L'ordre de bombarder fut donné par Tibbets, le major Thomas Ferebee s'exécuta en visant le pont Aioi en forme de « T », celui-ci constituant un point de repère idéal au centre de la ville. Peu après 8h15, la bombe ''Little Boy sortit de la soute à une altitude de formatnum:9450 m.
À 8h16m2s, après environ 43 secondes de chute libre, activée par les capteurs d'altitude et ses radars, elle explosa à 580 mètres à la verticale de l'hôpital Shima, en plein c?ur de l'agglomération, à 170 m au sud-est du pont visé, libérant une énergie équivalente à environ formatnum:15000 tonnes de TNT.
Une énorme bulle de gaz incandescent de plus de 400 mètres de diamètre http://www.cddc.vt.edu/host/atomic/nukeffct/enw77b3.html calculé selon la formule 2.127.1 se forma en quelques fractions de secondes, émettant un puissant rayonnement thermique. En dessous, près de l'hypocentre, la température des surfaces exposées à ce rayonnement s'est élevée un bref instant, très superficiellement, à peut-être 4000°CThe Effects of Nuclear Weapons, Compiled and edited by Samuel Glasstone and Philip J. Dolan, Third Edition, Prepared and published by the United States Department of Defense and the Energy Research and Development Administration, 1977, page 283, Disponible sur le site http://www.princeton.edu/~globsec/publications/index.shtml . Des incendies se déclenchèrent, même à plusieurs kilomètres. Les personnes exposées à ce flash furent brûlées. Celles protégées à l'intérieur ou par l?ombre des bâtiments furent ensevelies ou blessées par les projections de débris quand quelques secondes plus tard l'onde de choc arriva sur elles. Des vents de 300 à 800 km/h dévastèrent les rues et les habitations. Le long calvaire des survivants ne faisait que commencer alors que le champignon atomique, aspirant la poussière et les débris, débutait son ascension de plusieurs kilomètres.
Un énorme foyer généralisé se déclencha rapidement avec des pics de température en certains endroits. Si certaines zones furent épargnées lors de l'explosion, elles devaient par la suite affronter un déluge de feu causé par les mouvements intenses des masses d'air. Cette « tempête de feu » fut similaire à celles observées lors des bombardements incendiaires sur les villes allemandes. Enola Gay'' avait entre-temps effectué un virage serré à 155° vers le nord-ouest et rebroussait chemin. Les membres de l'équipage, protégés par des lunettes, purent assister à l'explosion. Bob Lewis, le copilote d'''Enola Gay, s'écrie : Citation|Mon Dieu, qu'avons-nous fait ? Même si je vis cent ans, je garderai à jamais ces quelques minutes à l'esprit. Le bombardier rentra à Tinian où l'équipage fut décoré pour sa mission et où une grande fête les attendait. Les deux autres B-29 chargés de récupérer des données restèrent suffisamment longtemps autour du site de l'explosion pour photographier le champignon atomique et les dégâts, filmer les alentours et recueillir des informations sur la mission. Découverte de la destruction par les JaponaisL'opérateur chargé des liaisons radio à T?ky?, un employé de la Nippon H?s? Ky?kai, remarqua que la station de Hiroshima ne répondait plus. Il tenta de rétablir la communication via une autre ligne téléphonique, celle-ci s'était également tue. Environ vingt minutes plus tard, le centre ferroviaire qui gérait les télégraphes à T?ky? réalisa que la ligne principale avait cessé de fonctionner jusqu'au nord de Hiroshima. Tous ces problèmes furent l'objet d'un rapport auprès du poste de commandement japonais.Le commandement principal tenta à plusieurs reprises d'appeler le centre de commandement de l'armée à Hiroshima. Le silence qui s'ensuivit laissa dubitatifs les responsables de T?ky?. Ils savaient qu'aucun raid ennemi avec un grand nombre d'avions n'avait eu lieu, les radars n'avaient signalé que quelques avions ici et là. De plus, aucun stock important d'explosifs ne se trouvait à Hiroshima à ce moment-là. Un jeune officiel du quartier général japonais fut alors envoyé d'urgence à Hiroshima par avion pour constater les dégâts et retourner à T?ky? avec des informations sur des destructions potentielles. On pensait qu'il s'agissait juste de quelques lignes coupées par un bombardement isolé. L'officier se rendit à l'aéroport et prit son envol en direction du sud-ouest. Après trois heures de vol, son pilote et lui distinguèrent un immense nuage de fumée au-dessus de Hiroshima. L'appareil se trouvait pourtant à 160 kilomètres et ne tarda pas à survoler la zone. Ils ne cessèrent de tourner autour de la ville dévastée, les deux membres à bord ne pouvaient croire ce qu'ils voyaient : des incendies à des kilomètres à la ronde, un épais nuage entourant la ville et plus que des ruines. L'avion atterrit au sud de la ville et l'officier prit des mesures après en avoir informé T?ky?. La capitale ne sera informée de la cause exacte du désastre que seize heures plus tard. C'est à ce moment que la Maison blanche fit l'annonce publique à Washington.Web reference_simple | title=White House Press Release on Hiroshima | The Bombing of Hiroshima and Nagasaki | Historical Documents | atomicarchive.com | URL=http://www.atomicarchive.com/Docs/Hiroshima/PRHiroshima.shtml | date= 6 août | year= 2005 Pendant ce temps à Hiroshima, les secours tardaient à venir et nombreux furent ceux qui périrent durant les premières heures. Une intense soif gagna les habitants, les victimes cherchaient désespérément de l'eau, mais les soldats avaient reçu l'ordre de ne pas donner à boire aux grands brûlés. Quelques heures après l'explosion, le nuage atomique ayant atteint des zones plus froides et s'étant chargé d'humidité, la pluie se mit à tomber sur Hiroshima. Elle contenait une très grande quantité de poussières radioactives et les cendres lui donnaient une teinte proche du noir. Les survivants les plus atteints ne purent s'empêcher de boire cette eau contaminée ref nécessaire|qui allait entraîner la mort dans de nombreux cas. Les victimes. Les parties foncées du tissu ont absorbé le rayonnement thermique, se sont échauffées et ont brûlé la peau en contact. Alors que les parties claires ont réfléchi le rayonnement et protégé la peau. Le nombre des victimes ne sera sans doute jamais connu car les circonstances (ville en partie évacuée, présence de réfugiés venant d'autres villes, destruction des archives d'état civil, disparition simultanée de tous les membres d?une même famille, crémations de masse) rendent toute comptabilité exacte impossible, en particulier des morts survenus dans les premières heures. D?après un estimation de 1946 : La population au moment de l?attaque aurait été de formatnum:245000}} habitants, de } à } auraient été tués et autant blessés{{en[http://www.ibiblio.org/hyperwar/AAF/USSBS/AtomicEffects/AtomicEffects-2.html The United States Strategic Bombing Survey, The Effects of Atomic Bombs on Hiroshima and Nagasaki], Chapitre 2, page 15
D?après une estimation de 1956 : sur une population de formatnum:256300}} personnes, } furent tuées et {{formatnum:76000 blesséesThe Effects of Nuclear Weapons, Compiled and edited by Samuel Glasstone and Philip J. Dolan, Third Edition, Prepared and published by the United States Department of Defense and the Energy Research and Development Administration, 1977, page 544, Disponible sur le site http://www.princeton.edu/~globsec/publications/index.shtml .
D?après une autre plus récente : Sur une population de formatnum:310000}}, de } à {{formatnum:140000 personnes furent tués. [http://www.rerf.or.jp/general/qa_e/qa1.html Radiation Effects Reasearch Foundation], FAQ, How many persons perished in or survived the atomic bombings?
D'après le maire d?Hiroshima lors d'un discours politique en 2005, le total des morts s?élèverait à formatnum:237062}} personnes{{Web reference_simple | title=CBS News | Hiroshima Mayor Criticizes U.S. | August 6, 2004 05:35:37 | URL=http://www.cbsnews.com/stories/2004/08/06/world/main634348.shtml | date= 6 août | year= 2005 , mais ce nombre est à prendre avec précautions.
Blessures liées au flash lumineux et aux incendiesCes types de blessures retrouvées chez 65% des survivants blessés de Hiroshima et Nagasaki, furent responsables peut-être de 50% des décèsenThe Effects of Nuclear Weapons, Compiled and edited by Samuel Glasstone and Philip J. Dolan, Third Edition, Prepared and published by the United States Department of Defense and the Energy Research and Development Administration, 1977, page 545-546, Disponible sur le site http://www.princeton.edu/~globsec/publications/index.shtml , causés par plusieurs mécanismes : Brûlures de la peau découverte par le rayonnement thermique émis pendant une fraction de seconde au moment de l'explosion. Le moindre obstacle opaque a pu apporter une certaine protection : le port de vêtements, en particulier clairs, l?ombre des bâtiments, le feuillage des arbres... C'est peut-être la blessure la plus caractéristique d'une explosion nucléaire.
Des brûlures du premier degré (érythème évoquant un coup de soleil) furent observées à plus de 4 km (occasionnellement 5 km) de l'hypocentre.
Des brûlures du troisième degré (mortelles si étendues) sur la peau nue jusqu'à 1,5 km (occasionnellement 2,5 km)en[http://www.ibiblio.org/hyperwar/AAF/USSBS/AtomicEffects/AtomicEffects-3.html The United States Strategic Bombing Survey], The Effects of Atomic Bombs on Hiroshima and Nagasaki, Chapitre 2, page 25.
Les personnes proches de l'hypocentre dont les parties du corps furent exposées au flash ont été instantanément carbonisées jusqu?à l'hypoderme. Elles agonisèrent de quelques minutes à quelques heuresen[http://www.ibiblio.org/hyperwar/AAF/USSBS/AtomicEffects/AtomicEffects-2.html The United States Strategic Bombing Survey], The Effects of Atomic Bombs on Hiroshima and Nagasaki, Chapitre 2, page 17 (le rayonnement thermique était de l'ordre de 100 c/cm² libéré en l'espace de 0,3 seconde, ce qui est quinze fois plus important que ce qui provoquerait normalement une brûlure au troisième degré).
On estime que le rayonnement thermique a été responsable directement d?environ 20 à 30% des morts à Hiroshima et NagasakienThe Effects of Nuclear Weapons, Compiled and edited by Samuel Glasstone and Philip J. Dolan, Third Edition, Prepared and published by the United States Department of Defense and the Energy Research and Development Administration, 1977, page 566, Disponible sur le site. http://www.princeton.edu/~globsec/publications/index.shtml .
Brûlures par les flammes : De nombreux incendies éclatèrent dans la ville après l'explosion : en vingt minutes, les feux se réunirent en un seul foyer généralisé, provoquant l'apparition d'une colonne d'air chaud et de vents violents. Cette tempête de feu dura 16 heures et dévasta 11 km2, ce qui ne laissa que peu de chances aux victimes, souvent déjà blessées, qui y étaient piégéesKevin Lewis, La paix surarmée, Belin, 1987, p.85 à 96.. Contrairement aux raids incendiaires conventionnels, l'attaque d'Hiroshima limita considérablement les possibilités de fuite de la population en détruisant une large zone. Ce n'est que lorsque l'ensemble du combustible fut épuisé que le feu s'arrêta. Le nombre des décès liés aux incendies est sans doute très important mais impossible à estimer, car beaucoup de corps ont été détruits par les flammes.
Un effet secondaire, mais tout aussi mortel, fut l'apparition d'une grande quantité de monoxyde de carbone. Ce gaz entraîna l'asphyxie au milieu du foyer et il y eut certainement peu de rescapés. Cependant, aucun témoignage ne confirme l'assertion d'un dégagement massif de COen[http://www.ibiblio.org/hyperwar/AAF/USSBS/AtomicEffects/AtomicEffects-2.html The United States Strategic Bombing Survey], The Effects of Atomic Bombs on Hiroshima and Nagasaki, Chapitre 2, page 18.
Enfin, ceux qui avaient les yeux pointés vers la boule de feu eurent la rétine brûlée ou endommagée, provoquant des cécités (le plus souvent réversibles). Cette soudaine incapacité à se déplacer empêcha un grand nombre de personnes de trouver un abri et d'échapper à la mort alors que les incendies se développaient.
Blessures liées à l?onde de choc et à l?effet de souffleCes types de blessures furent retrouvés chez 70% des survivants blessés de Hiroshima et Nagasaki, mais elles étaient rarement graves. L?hypothèse la plus probable est qu?immobilisés les blessés graves ont été condamnés quand les incendies se sont développés dans les décombresenThe Effects of Nuclear Weapons, Compiled and edited by Samuel Glasstone and Philip J. Dolan, Third Edition, Prepared and published by the United States Department of Defense and the Energy Research and Development Administration, 1977, page 546, Disponible sur le site http://www.princeton.edu/~globsec/publications/index.shtml . Barotraumatisme (effet direct) : lésions internes par rupture des tympans, des sinus, des poumons ou du tube digestif dues à la variation brutale de la pression au passage de l'onde. De telles lésions ont été peu observées (on n?a retrouvé de lésion des tympans, l?organe le plus fragile, que chez moins de 10% des survivants proche de l?hypocentre)enThe Effects of Nuclear Weapons, Compiled and edited by Samuel Glasstone and Philip J. Dolan, Third Edition, Prepared and published by the United States Department of Defense and the Energy Research and Development Administration, 1977, page 549, Disponible sur le site http://www.princeton.edu/~globsec/publications/index.shtml .
Effet indirect, et sans doute bien plus meurtrier :
Le passage de l'onde de choc provoqua l'effondrement des bâtiments (jusqu'à 2 km dans le cas des habitations en bois). On estime qu?un grand nombre de victimes succombèrent ensevelies sous les décombres, d'autant que des incendies s'y développèrent rapidement.
En se brisant, le bois, le verre et les autres matériaux de construction se transformèrent en des projectiles mortels. Des blessés présentaient des lacérations jusqu'à 2 km de l'hypocentre.
Le souffle déplaça brutalement les victimes et les blessa par chute ou écrasement.
IrradiationIl y a plusieurs causes d?irradiation : La principale cause a été l'irradiation instantanée au moment de l'explosion (irradiation externe par neutrons et rayons ? émis par les réactions nucléaires dans la bombe)enThe Effects of Nuclear Weapons, Compiled and edited by Samuel Glasstone and Philip J. Dolan, Third Edition, Prepared and published by the United States Department of Defense and the Energy Research and Development Administration, 1977, page 575, Disponible sur le site http://www.princeton.edu/~globsec/publications/index.shtml . Elle a représenté une dose létale pour 50% des personnes exposées à l?extérieur (soit 4 Gy) à un peu plus de 1 km de distance de l?hypocentre. Les bâtiments, en particulier ceux en béton, ont apporté une certaine protection.
Beaucoup moins importante (car la bombe a explosé loin du sol) est l'irradiation par la radioactivité induite (activation neutronique) : Au moment de l'explosion, le bombardement par les neutrons a rendu les matériaux près de l'hypocentre radioactifs par formation de radionucléides. Cette radioactivité a diminué rapidement et est restée confinée à une zone où le rayonnement thermique avait normalement déjà presque tout tué. On estime qu'elle représentait le premier jour, au maximum, une dose cumulée de 0,6 Gy. Du deuxième au cinquième jour, elle représentait moins de 0,1 Gy. En quelque jours elle est devenue insignifianteen [http://www.rerf.or.jp/general/qa_e/qa12.html Radiation Effects Reasearch Foundation], FAQ, Are Hiroshima and Nagasaki still radioactive? .
Encore moins importante, l'irradiation suite aux retombées radioactives : c'est-à-dire irradiation par les radionucléides produits lors de l'explosion et retombant du nuage atomique sous forme de poussières ou de pluie noire. À Hiroshima, l?explosion ayant été aérienne, il y eut assez peu de retombées car le nuage s'éleva rapidement à très haute altitude où les radionucléides se dispersèrent (dose cumulée totale maximum au sol de 0,4 Gy).
Les signes d?irradiation ont été retrouvés chez 30% des survivants blessés de Hiroshima et Nagasaki, responsable peut-être de 5 à 15% des décèsenThe Effects of Nuclear Weapons, Compiled and edited by Samuel Glasstone and Philip J. Dolan, Third Edition, Prepared and published by the United States Department of Defense and the Energy Research and Development Administration, 1977, page 545, Disponible sur le site http://www.princeton.edu/~globsec/publications/index.shtml , souvent par syndrome d'irradiation aiguë. Le nombre exact des décès liés au syndrome d'irradiation aiguë est difficile à déterminer car la plupart de ces victimes présentaient également des brûlures thermiques étendues, rapidement fatales avec une symptomatologie générale assez semblable. Aucun effet des radiations n'a été mis en évidence au delà de 2,4 km de l?hypocentre.
La principale manifestation a donc été le syndrome d'irradiation aiguë: De quelques jours à quelques semaines après l?attaque, les victimes irradiées ont présenté une phase de prodromes avec asthénie, céphalées, nausées et vomissements. Après une phase de latence de quelques jours à quelques semaines au cours de laquelle l'état de santé des victimes semblait s?améliorer survenait une aggravation avec asthénie, céphalées, nausées, vomissements, diarrhées, immunodépression, perte des cheveux, hémorragies et éventuellement décès. Au bout de 4 mois et en l'absence de décès, l?évolution s'orientait vers la guérisonenThe Effects of Nuclear Weapons, Compiled and edited by Samuel Glasstone and Philip J. Dolan, Third Edition, Prepared and published by the United States Department of Defense and the Energy Research and Development Administration, 1977, page 585, Disponible sur le site http://www.princeton.edu/~globsec/publications/index.shtml , .
Exposition in utero des f?tus, conséquence de l'irradiation de femmes enceintes. Il a été observé des morts in utero (avortement), des retards de croissance, des retards mentaux ou des malformations (non héréditaires)en [http://www.rerf.or.jp/general/qa_e/qa6.html Radiation Effects Reasearch Foundation], FAQ, What health effects have been found among persons who were exposed before birth?.
Effets médicaux à long terme de l?irradiation Les leucémies : À partir de 1947, une augmentation de l?incidence des leucémies a été observée parmi les survivants irradiés. Un maximum fut atteint en 1951, ensuite cette incidence a déclinéen}}The Effects of Nuclear Weapons, Compiled and edited by Samuel Glasstone and Philip J. Dolan, Third Edition, Prepared and published by the United States Department of Defense and the Energy Research and Development Administration, 1977, page 592, Disponible sur le site. http://www.princeton.edu/~globsec/publications/index.shtml pour disparaitre en 1985. Sur } survivants irradiés suivis de 1950 à 1990, il a été observé 89 cas de leucémies mortelles attribuables aux radiations (soit moins de 0,2% des survivants irradiés suivis) {{en [http://www.rerf.or.jp/general/qa_e/qa2.html Radiation Effects Reasearch Foundation], FAQ, How many cancer deaths have occurred among atomic-bomb survivors and how many of these can be attributed to radiation? .
Les cancers « solides » : Le suivi des survivants irradiés a montré, à partir de la fin des années 1950, une augmentation progressive de l?incidence des cancers, en particulier ceux du poumon, du tube digestif et du sein. Sur formatnum:50000 survivants irradiés suivis de 1950 à 1990, il a été observé 339 cas de cancers mortels attribuables aux radiations (soit environ 0,6%).
Effets médicaux autres que les cancers chez les survivants irradiés : survenue de cataractes, de stérilité (souvent réversible chez l'homme), d?une augmentation de la fréquence des maladies (non cancéreuses) pulmonaires, cardiaques ou digestives avec une possible diminution de la durée de vie. Le nombre de ces décès semble égal au nombre ou à la moitié du nombre de ceux dus aux cancers et leucémies (soit environ de 0,5% à 1%)en[http://www.rerf.or.jp/general/qa_e/qa5.html Radiation Effects Reasearch Foundation], FAQ, What health effects other than cancer have been seen among the atomic-bomb survivors?.
On notera que le nombre des morts dues aux effets à long terme des bombardements nucléaires est d'après ces chiffres dérisoires par rapport à celui des victimes des premiers mois. En mars 2007 au Japon, près de formatnum:252000}} personnes encore vivantes sont considérées « hibakusha » (survivants de la bombe). Mais, de ce nombre, moins de 1% (2242 exactement) sont reconnues comme souffrant d'une maladie causée par les radiations{{enhttp://search.japantimes.co.jp/cgi-bin/ed20070815a2.html.
Effets sur la descendance de la population irradiéeLes résultats du suivi des descendants des victimes d'Hiroshima et Nagasaki (NaU|30000|enfants}} de parents irradiés, ce qui représente une population statistiquement significative) n'a pas permis d'observer une augmentation des malformations ou des troubles génétiques} [http://www.sciencemag.org/cgi/content/abstract/213/4513/1220?ck=nck Genetic effects of the atomic bombs : a reappraisal''], de William J. Schull, Masanori Otake et James V. Neel dans le volume 213, numéro 4513, pages 1220 à 1227 de '' du }}{{en [http://www.rerf.or.jp/general/qa_e/qa7.html Radiation Effects Reasearch Foundation], FAQ, What health effects have been seen among the children born to atomic-bomb survivors?.Résistance des constructions. Les bâtiments en béton armé au centre de Hiroshima étaient conçus selon des normes antisismiques. Leur structure résista en général aux incroyables contraintes provoquées par la proximité de l'explosion. Du fait de l'explosion aérienne, le souffle avait une direction plus ou moins perpendiculaire par rapport au sol, ce qui limita peut-être les dégâts. La résistance et la protection qu'offrirent ces structures sont mises en évidence par les chiffres suivants : les chances d'être encore vivantes 20 jours plus tard étaient de 50% pour les personnes qui se trouvaient au moment de l'explosion à: 200 m de l'hypocentre dans un bâtiment en béton (mais chance de survie finale: 12%)The Effects of Nuclear Weapons, Compiled and edited by Samuel Glasstone and Philip J. Dolan, Third Edition, Prepared and published by the United States Department of Defense and the Energy Research and Development Administration, 1977, page 546, Disponible sur le site http://www.princeton.edu/~globsec/publications/index.shtml .
675 m dans un bâtiment (non précisé, bâtiments scolaires).
2 Km à l'extérieur d'un bâtiment.
Le « Dôme », centre de promotion de l'industrie de Hiroshima dessiné par l'architecte tchèque Jan Letzel, était très proche de l'hypocentre. Ce bâtiment résista au souffle et fut renommé Mémorial de la paix de Hiroshima. Il fait partie des monuments de l'Unesco depuis 1996 malgré les protestations des États-Unis et de la Chinehttp://whc.unesco.org/archive/repco96x.htm#annex5|STATEMENTS BY CHINA AND THE UNITED STATES OF AMERICA DURING THE INSCRIPTION OF THE HIROSHIMA PEACE MEMORIAL (GENBAKU DOME).
Les résidences traditionnellement en bois furent complètement rasées par le souffle jusqu'à une distance de 2 Km de l'hypocentre. Au delà et jusqu'à 3 Km les dommages étaient importants mais réparablesThe Effects of Nuclear Weapons, Compiled and edited by Samuel Glasstone and Philip J. Dolan, Third Edition, Prepared and published by the United States Department of Defense and the Energy Research and Development Administration, 1977, page 177-178, Disponible sur le site http://www.princeton.edu/~globsec/publications/index.shtml , à la condition qu'elles aient survécu aux incendies qui suivirent.
La réaction du gouvernement japonaisLe bombardement de Hiroshima ne modifia en rien l'attitude de Hirohito et du gouvernement qui continuèrent d'ignorer l'ultimatum et ne prirent aucune mesure pour amorcer le processus de reddition, espérant toujours une issue favorable aux négociations avec l'Union soviétique. Interrogé sur la question de la responsabilité par rapport à la guerre et au bombardement de Hiroshima par un journaliste de T?ky? le 31 octobre 1975, l'empereur se fit évasif et tenta de justifier son attitude : « Nous n'avons pas étudié beaucoup cette question littéraire et en conséquence, nous ne la comprenons pas bien et ne pouvons répondre. Pour Hiroshima, c'est très regrettable que les bombes nucléaires aient été larguées et nous sommes désolés pour les citoyens de cette ville. Cela ne pouvait toutefois être empêché car c'est arrivé en temps de guerre. » John Dower, Embracing defeat, 1999, p.606NagasakiNagasaki durant la Seconde Guerre mondialeLa ville de Nagasaki était l'un des plus grands ports du sud du Japon et représentait un pion essentiel du complexe militaro-industriel japonais. Diverses industries y étaient implantées : fabriques d'équipements militaires, entreprises chargées de la munition et des bombes, usines pour la construction de navires et d'avions, etc. Cet important effort de guerre nécessitait des moyens modernes qui contrastaient avec le reste de Nagasaki : les résidences étaient traditionnelles, avec des structures en bois. Les murs étaient en bois avec parfois du plâtre et les toits étaient couverts de tuiles. Les usines de tailles limitées et les bâtiments commerciaux étaient également construits en bois. Les structures ne pouvaient ainsi résister à de fortes explosions. Nagasaki s'élargit pendant plusieurs années sans vraiment suivre un plan précis. Les habitations furent placées près des usines dans la vallée et la densité des constructions était élevée. Avant l'attaque atomique, Nagasaki n'avait jamais fait l'objet de bombardements à grande échelle. Le 1er août 1945, quelques bombes de forte puissance furent toutefois larguées sur la ville. Quelques-unes de ces bombes frappèrent le port et les constructions navales dans la partie sud-ouest de la ville. D'autres bombes visèrent les usines Mitsubishi et trois bombes sur six touchèrent l'hôpital de Nagasaki. Malgré des dégâts limités, l'impact sur la population fut important : une partie des enfants fut évacuée vers des zones rurales, accompagnée d'autres personnes.Le bombardementLe matin du 9 août 1945 à 3h49, le B-29 Bockscar'' partit de Tinian en direction du Japon. À son bord, la bombe ''Fat Man'' qui devait être larguée sur Kokura. Deux autres B-29 décollèrent peu après : ''The Great Artiste'' piloté par Frederick Bock et ''The Big Stink piloté par le lieutenant-colonel Hopkins. Après 10 minutes de vol, le commandant Ashworth activa la bombe en chargeant les fusibles et ordonna de ne pas descendre en dessous de 1500 mètres pour éviter une détonation accidentelle. Les trois avions devaient se donner rendez-vous au-dessus de l'île de Yakushima mais « Bockscar » ne rencontra que The Great Artiste. Pendant plus de 40 minutes, les deux bombardiers patientèrent en tournant autour de l'île. Pendant ce temps, les informations météorologiques données par les avions de reconnaissance arrivèrent : des nuages couvraient partiellement Nagasaki et Kokura mais le bombardement était normalement possible. L'autre avion n'apparaissant pas, ils se dirigèrent vers Kokura. Arrivé au-dessus de la ville vers 10h20, l'équipage de Bockscar affronta un nouveau problème : la couverture nuageuse à 70% empêchait le bombardement. Après trois survols de Kokura, l'escadre se dirigea vers Nagasaki, la seconde cible, pour procéder à un bombardement visuel des principales usines de la ville. « Bockscar » dut cependant faire face à un nouvel imprévu avec l'impossibilité de disposer du carburant de réserve. À 7 h 50, une alerte aérienne fut donnée à Nagasaki mais elle fut rapidement levée aux alentours de 8 h 30. Quand les avions apparurent au-dessus de la ville vers 10 h 56, les Japonais pensèrent qu'il s'agissait d'avions de reconnaissance, alors courants, et aucune alarme ne fut donnée. Quelques minutes avant l'explosion de la bombe, The Great Artiste largua des instruments attachés à trois parachutes. Des messages à destination du professeur Ryukochi Sagane, un physicien spécialisé dans le nucléaire qui avait travaillé avec trois des membres du projet Manhattan, accompagnaient l'équipement parachuté. Les textes lui demandaient d'avertir le public japonais au sujet des dangers de la bombe atomique, mais ces lettres ne furent trouvées qu'à la fin de la guerre. À 11 h 02, une percée dans les nuages sur Nagasaki permit au bombardier de Bockscar'', le capitaine « Kermit » Beahan, de viser la zone prévue, une vallée avec des industries. ''Fat Man fut alors larguée et explosa à 469 mètres d'altitude. La détonation eut lieu entre les deux cibles potentielles : l'usine d'aciérie et d'armement de Mitsubishi au nord et l'usine de torpilles Mitsubishi-Urakami au sud. Trois ondes de choc atteignirent les deux avions. The Great Artiste'' continua sa mission scientifique autour de Nagasaki pendant que Bockscar se dirigeait vers le sud. Le retour vers Tinian ne se fit pas sans encombre. Sans carburant de réserve, Bockscar risquait de devoir se poser en mer. Sweeney décida d'atterrir à Okinawa. C'est quasiment en planant que le bombardier arriva sur la piste, un moteur s'était déjà arrêté en vol. Une vingtaine de minutes plus tard, ''The Great Artiste'' atterrissait à son tour accompagné de ''The Big Stink qui s'était dirigé en solo vers Nagasaki pour prendre des photos. Les trois avions firent le plein de carburant et retournèrent à Tinian où ils arrivèrent le 9 août à 23 h 30. On sait maintenant que les dizaines de minutes supplémentaires passées à attendre The Big Stink permirent à Kokura d'éviter le bombardement suite à une dégradation soudaine des conditions météorologiques. De même que pour Hiroshima des incertitudes concernant le nombre des victimes existent à Nagasaki. Selon les mêmes sources que nous avions citées à propos de Hiroshima: D?après l?estimation de 1946 : 35000 personnes auraient été tuées et un peu plus blessées.
D?après celle de 1956 : sur une population de 173 800 âmes, 38 000 furent tuées et 21 000 blessées.
D?après la plus récente : Sur une population de 250 000, 60 à 80 000 personnes furent tuées.
Il existe à Nagasaki quelques particularités par rapport à Hiroshima :
l?arme utilisée étant plus puissante (une puissance équivalente à environ 20 000 tonnes de TNT) les dommages proches de l?hypocentre semblent avoir été plus importants.
l?agglomération étant divisée par plusieurs collines les destructions ont été moins étendues car les reliefs ont « masqué » certains quartiers.
l?habitat étant plus diffus la violence des incendies fut plus limitée, ils mirent deux heures pour prendre des proportions importantes, avec une durée de quelques heures et il n'y eut pas de conflagration généralisée.
l?arme étant d?un modèle différent (bombe à plutonium au lieu d?une bombe à uranium) la répartition du rayonnement ? et neutrons a été différente, ce qui semble avoir modifié la fréquence des types de leucémies observées.
Après les bombardementsAnnonce dans la presseDès l'annonce par Truman de l'attaque sur Hiroshima, la nouvelle fait le tour du monde. La presse américaine titre « Atomic bomb, World's Most Deadly, Blasts Japan; New Era in Warfare is Opened by U.S Secret Weapon », « Atom Bomb, World's Greatest, Hits Japs ! » ou encore « Japan City Blasted by Atomic Bomb ». Le New York Times couvre largement l'événement, le mot atomique apparaît des centaines de fois dans l'édition du 7 août. Le gouvernement américain avait veillé à ne pas trop donner de détails sur l'explosion à Hiroshima. Il occulte en particulier les effets des radiations et la lente agonie des survivants. Les militaires voulaient surtout donner l'impression d'être en possession d'une bombe conventionnelle équivalente à plusieurs dizaines de milliers de tonnes de TNT. Aucune photo de la ville de Hiroshima ou du champignon atomique ne sont fournies pour l'édition du 6 août, les journaux se contentent de signaler la position de la ville sur une carte. En France, l'Aube annonce que « La première bombe atomique a été lancée sur le Japon ». Au Japon, les annonces sont plus discrètes et volontairement faussées, la presse parle de « bombes incendiaires » qui ont causé « quelques dégâts ». Les jours suivants, la situation étant impossible à cacher, les propos se feront plus nuancés en parlant d'un « nouveau type de bombe ». Dès le 7 août, les militaires confirment la dévastation de plus de 60 % de Hiroshima sans mentionner les pertes humaines. Une photographie aérienne de Hiroshima prise par l'US Air Force est diffusée avec une trentaine de cibles dont seulement quatre objectifs véritablement militaires. Au fil des jours, des informations seront données pour apaiser la curiosité croissante du public. Les journaux disposent alors de 14 coupures fournies par le Pentagone et les utilisent quasiment sans retouches à la plus grande satisfaction du gouvernement. Ils parlent du projet Manhattan sous des titres encore très flous comme « Atom Bombs Made in 3 hidden Cities » (les bombes atomiques construites dans trois villes cachées). Tibbets et son équipage ne donnent que quelques détails concernant uniquement ce qu'ils ont vu après l'explosion. Parsons indique que sa seule satisfaction fut que la bombe ait correctement explosé et qu'elle « valait la peine pour raccourcir la guerre ». Presque tous les journaux étaient favorables à la décision de bombarder le Japon. Un léger remords toutefois pour le Washington Post qui écrit : :Même si nous déplorons cette nécessité [d'attaquer avec la bombe atomique], une lutte jusqu'à la mort oblige tous les combattants à infliger un maximum de dégâts à l'ennemi et ceci dans le plus court laps de temps. (...) Nous exprimons sans réserve notre gratitude à l'égard de la science pour nous avoir donné cette nouvelle arme avant la fin de la guerre. Les 7 et 8 août 1945, aucun journal ne sera publié à Hiroshima. Trente-cinq ans plus tard, le 6 août 1980, une édition spéciale « Hiroshima Tokuho » (le journal fantôme) relata les faits comme si l'explosion venait de se produire et que ses trois reporters accompagnés d'un caméraman avançaient en direction de l'hypocentre. La troisième bombe. Après le bombardement de Nagasaki et l'entrée en guerre de l'Union soviétique contre le Japon, les négociations s'activèrent. La fin de la guerre semblait proche mais les États-Unis préparaient le lancement d'une troisième bombe au cas où les deux premières missions n'auraient pas été suffisantes. Le capitaine William Parsons ne fut pas autorisé à quitter l'île de Tinian avant la reddition. Il devait en effet assurer l'approvisionnement et l'assemblage des bombes supplémentaires si le Japon persistait dans le conflit. Les militaires américains voulaient faire croire aux Japonais qu'ils disposaient d'un nombre illimité d'armes nucléaires. Les théories sur la troisième bombe sont multiples mais les témoignages se recoupent sur un point : une bombe supplémentaire ne pouvait pas être prête avant quelques semaines. On pense également que les militaires avaient eu une grande marge de man?uvre de la part de Truman. Stanley Goldberg fait remarquer que c'est probablement le général Groves qui eut le dernier mot pour le bombardement sur Nagasaki. Groves devait démontrer l'importance de cette bombe pour expliquer l'énorme investissement consenti pour le projet Manhattan. Dans les archives du général Spaatz, il est mentionné que l'US Air Force désirait larguer la troisième bombe sur T?ky? si les Japonais ne rendaient pas les armes assez vite. En réponse à cette requête, il était indiqué que la décision avait déjà été prise et que la cible serait Sapporo sur l'île d'Hokkaido. Le major Charles Sweeney, pilote de Bockscar, prit part au dernier raid contre le Japon le 14 août 1945. Les B-29 les plus importants (Enola Gay'' et ''Bockscar'') restèrent sur Tinian, de même que ''The Great Artiste qui contenait tout le matériel nécessaire à l'analyse d'une autre explosion atomique. Deux B-29 s'envolèrent pour les États-Unis afin de charger du matériel et des composants destinés à l'assemblage d'une bombe supplémentaire. Richard Frank affirme que le général Marshall et le général Groves avaient retardé le transport de la troisième bombe et que celle-ci ne pouvait pas être disponible avant le 21 août 1945. Selon Chuck Hansen, les États-Unis disposaient de deux bombes de type Fat Man à la fin de l'année 1945 mais on ne connaît pas la date exacte de leur assemblage. Quant aux scientifiques du Laboratoire national de Los Alamos, plusieurs témoignages concordent pour dire qu'un c?ur de plutonium était en cours de fabrication et de livraison. Oppenheimer ordonna lui-même, sans un ordre explicite de Truman, de ne pas charger la matière radioactive qui devait prendre la route de San Francisco. Ce morceau de plutonium devait vraisemblablement arriver à Tinian aux alentours du 20 août. La reddition du JaponL'invasion soviétique au Manzhouguo précipita la décision de Hirohito, le 9 août, il demanda à son garde des sceaux K?ichi Kido d'organiser une conférence impériale pour « contrôler la situation » car « l'Union soviétique a déclaré la guerre et débuté les hostilités contre nous »Kido Koichi nikki, p. 1223. Au cours de cette conférence tenue dans la nuit du 9 au 10, l'Empereur annonça sa décision de se rendre à l'ultimatum des alliés et demanda la préparation d'une déclaration impériale à la condition que cette déclaration « ne porte pas préjudice aux prérogatives de Sa Majesté à titre de Souverain ». Le 12, Hirohito informa officiellement la famille impériale de sa décision. Le prince Asaka, l'un des oncles de l'Empereur, lui demanda alors : « La guerre continuera-t-elle si l'institution impériale et la politique nationale (kokutai) ne peuvent être préservées ? » Ce à quoi Hirohito répondit laconiquement : « Bien sûr. »Shôwa tennô dokuhakuroku, Terasaki Hidenari, 1991, p.129 Le 14, pendant qu'une tentative de mutinerie d'un petit groupe de militaires opposés à la reddition était matée, Hirohito approuva la déclaration impériale et, le lendemain, livra son célèbre discours à la radio. Le rôle de la bombe atomique y était essentiel : elle constituait une citation|arme nouvelle et terrible}} capable de {{citation|détruire la nation japonaiseTexte de la déclaration impériale sur Wikisource, et le seul moyen de sauver des millions de vies japonaises était la reddition. L'entrée en guerre de l'Union soviétique n'y était pas mentionnée. Le 17, il émit un « édit aux soldats et aux marins » leur ordonnant de déposer les armes et liant sa décision de procéder à la reddition à l'invasion soviétique du Manchukuo, passant sous silence les bombardements atomiques.Rappel : chronologie des événementsReddition Empire du JaponArrivée des AméricainsLe 28 août 1945, les Américains débarquent sur l'archipel sous les ordres du général George Marshall. Des groupes d'experts sont envoyés à Hiroshima et Nagasaki. Ils doivent faire un compte rendu de la situation tant au niveau humain que militaire avec la destruction des bâtiments. Les Japonais sont surpris par l'élégance de ces officiers qui se mettent à interviewer des centaines de personnes. Ces témoignages permettront de mieux estimer les effets des bombes sur la population. Les envoyés spéciaux sont tous abasourdis par l'étendue des dégâts. Le 5 septembre, le journaliste William Burchett publie un compte-rendu dans le Daily Express : Début citation}}À Hiroshima, trente jours après la première bombe atomique qui détruisit la ville et fit trembler le monde, des gens qui n'avaient pas été atteints pendant le cataclysme, sont encore aujourd'hui en train de mourir mystérieusement, horriblement, d'un mal inconnu pour lequel je n'ai pas d'autre nom que celui de peste atomique. (?) Leurs cheveux tombent. Des tâches bleuâtres apparaissent sur leurs corps. Et puis ils se mettent à saigner, des oreilles, du nez, de la bouche. Au début, les médecins attribuèrent ces symptômes à un état de faiblesse généralisée. Ils firent à leur patient des injections de vitamine A. Les résultats furent horribles, la chair se mit à pourrir autour du trou fait par l'aiguille de la seringue. (?) Depuis, (les personnes) meurent à la cadence de 100 par jour.{{Fin citation Dès sa capitulation, le Japon est sous tutelle américaine. Le pays connaîtra un sort similaire à l'Allemagne avec des arrestations des principaux dignitaires. À l'instar du procès de Nuremberg, le tribunal de T?ky? condamne les accusés pour leurs crimes de guerre, dont Hideki T?j? qui sera pendu le 22 décembre 1948. L'empereur Hirohito ne sera pas menacé et restera sur le trône jusqu'à sa mort en 1989. L'office de censure japonais compte environ formatnum:6000 employés en 1946. Ceux-ci sont chargés d'écouter les communications et de limiter le pouvoir de la presse. Les journalistes ne sont pas autorisés à enquêter sur les bombes atomiques et les effets constatés dans les deux villes sinistrées. Le 3 novembre 1946, la nouvelle constitution, modelée selon les désirs des forces alliées, est adoptée puis définitivement validée le 7 mai 1947. Les États-Unis occupent le Japon jusqu'en avril 1952. Certaines îles ne seront restituées au Japon que dans les années 1970.Analyse comparative des bombardements américainsDes groupes d'experts de l'armée américaine, envoyés au Japon immédiatement après l'explosion atomique pour analyser les dégâts, ont estimé que la bombe sur Hiroshima était équivalente à un raid aérien de 220 B-29 transportant formatnum:1200}} tonnes de bombes incendiaires, 400 tonnes de bombes de forte puissance et 500 tonnes de bombes à fragmentation} [http://www.bookmice.net/darkchilde/japan/among.html Among the dead cities]. Hiroshima compte {{référence nécessaire|} morts}} à la fin 1945 ; Nagasaki, {{référence nécessaire|} morts}} et {{référence nécessaire|} blessés lors de l'explosion. À titre de comparaison, le bombardement de Dresde, l'un des plus gros bombardements de la Seconde guerre mondiale qui dura 3 jours, nécessita 580 bombardiers (B-17 et Avro Lancaster). Au total, formatnum:1554}} tonnes de bombes conventionnelles et 164 tonnes de bombes incendiaires anéantirent la ville. Le nombre de morts varie selon les sources} [http://www.h-net.org/reviews/showrev.cgi?path=238001176322762 H-Net Review: Andy Spencer on Firestorm: The Bombing of Dresden, 1945], se situant dans une fourchette comprise entre } et {{formatnum:40000 morts. Hambourg subira un sort similaire lors de l'opération Gomorrhe, mais sur une durée d'environ 10 jours avec formatnum:2714}} avions et } tonnes de bombes conventionnelles qui firent } mortsJörg Friedrich, L'incendie. L'Allemagne sous les bombes''. Paris, Éditions de Fallois, 2004, p.102-103 (éd. or. allemande : 2002). Les historiens estiment que le nombre total d'Allemands tués dans des bombardements pendant la Seconde Guerre mondiale se situe dans un intervalle compris entre } (rapport de l'''US Strategic Bombing en 1945) et }{{en [http://users.erols.com/mwhite28/warstat1.htm Twentieth Century Atlas - Death Tolls].Débat sur la décision de procéder aux bombardementsLes arguments pour ces bombardementsMalgré une voie diplomatique discrète qui s'engagea avec les autorités civiles nippones dès janvier 1945 (après l'invasion de Luçon aux Philippines), les partisans des bombardements mirent en avant les problèmes avec les militaires japonais qui refusaient toute négociation. Si certains membres du gouvernement civil firent des efforts en direction de la paix, ils n'avaient pas le pouvoir pour obtenir un cessez-le-feu et encore moins une reddition. En tant que monarchie, le « pays du Soleil-Levant » ne pouvait entamer le chemin de la paix qu'avec le support du cabinet japonais. Mais celui-ci était dominé par les militaires de l'armée impériale et de la marine, un noyau dur qui ne voulait céder sous aucun prétexte. Une scission se forma alors entre l'armée et le pouvoir civil.La volonté de résistance des JaponaisL'historien Victor Davis Hanson met en évidence la résistance croissante des Japonais, détermination qui apparaît futile après coup puisque le conflit était voué à une issue inéluctable selon lui. La bataille d'Okinawa montra la capacité des Japonais à se battre à n'importe quel prix, les soldats nippons allant même jusqu'à se suicider pour ne pas tomber aux mains de l'ennemi. Plus de 110 000 Japonais et 12 520 Américains furent tués lors de l'affrontement le plus sanglant de la guerre du Pacifique [http://www.army.mil/cmh-pg/books/wwii/okinawa/chapter18.htm#b4 Chapter XVIII: The Battle Ends]. Les « Marines » durent faire appel au lance-flammes et aux grenades pour éliminer les dernières poches de résistance. Les dernières forces des Japonais, les kamikazes, déferlèrent sur les navires américains et alliés en causant des pertes importantes. Cette bataille (d'avril à fin juin 1945) se termina seulement deux mois avant la capitulation du Japon. Lorsque l'Union soviétique déclara la guerre au Japon le 8 août 1945 et lança l'opération Tempête d'août, l'armée impériale ordonna à ses dernières forces en Mandchourie de se battre jusqu'à la mort. Le major général Masakazu Amanu, chef de la section des opérations au quartier général de l'armée, était confiant en ses structures défensives qu'il avait minutieusement préparées dès le début de 1944. Selon lui, les Alliés ne pouvaient pas envahir les îles de l'archipel. Avec la détermination de son armée et le respect du code des samouraï, le Japon était convaincu de l'emporter. Après la destruction de Hiroshima, le pouvoir civil essaya de convaincre les militaires que la capitulation selon les conditions posées à la Conférence de Yalta était la seule solution. Après l'anéantissement de Nagasaki, l'empereur Hirohito dut intervenir lui-même pour débloquer la situation politique dans le pays. D'après certains historiens japonais, les dirigeants civils partisans de la capitulation virent une sorte de délivrance dans les bombardements atomiques. Les deux villes devenaient un argument de choc contre la poursuite du conflit. Koichi Kido, un des proches conseillers de l'empereur, déclara Nous, les partisans de la paix, fûmes aidés par la bombe atomique dans notre quête pour l'arrêt de la guerre''. Hisatsune Sakomizu, le secrétaire en chef du cabinet en 1945, décrivit les bombardements comme ''une occasion en or venue du ciel qui permet au Japon de cesser la guerre. Plusieurs historiens s'accordent à dire que l'opposition civile avança des arguments qui furent suffisants pour convaincre les militaires de l'inutilité de la poursuite de la guerre : ni le courage sans limite des soldats, ni la détermination lors des combats ne pouvaient aider le Japon contre la destruction totale par les armes atomiques. Le coût humain d'une prolongation des hostilitéssigne la capitulation face au général Douglas MacArthur. Les partisans du bombardement nucléaire affirmèrent qu'attendre la capitulation du Japon n'était pas une option sans conséquence. = La poursuite du bombardement des villes japonaises =Plusieurs fois par semaine des vagues de B-29 chargés d'engin incendiaires attaquaient les agglomérations grandes ou moyennes de l'archipel. L'ampleur des dommages était largement comparable en ordre de grandeur aux attaques nucléaires. Si ces raids étaient sur le coup moins meurtriers, leurs effets à long terme étaient aussi terrible en privant des centaines de milliers de personnes d'abris, de vêtements et de ressources, ce qui en ces temps de disette pouvait être synonyme de mort.
= Le blocus du Japon =À l'été 1945, le blocus du Japon était presque complet. Les sous-marins et l'aviation américaine avaient le contrôle des eaux côtières. Complété par le minage à grande échelle (opération famine), les importations et le transport de marchandises entre les différentes îles de l'archipel s'interrompit presque complètement. La désorganisation de l'économie du pays devait devenir complète avec l'attaque par l'aviation des voies de communications intérieures (voies ferrées...), finissant par isoler les villes entre elles. Si cette opération permettait de réduire à néant la production industrielle nipponne, ses conséquences humaines n?étaient pas nulles. Le Japon étant importateur sur le plan alimentaire, la ration moyenne par tête était tombée de 2000 calories avant guerre à 1900 en 1944. Avant de chuter à 1650 à l'été 1945en}} http://www.ibiblio.org/hyperwar/AAF/USSBS-PTO-Summary.html United States Strategic Bombing Survey Summary Report''], p.20.. Cette situation de malnutrition se serait sans doute aggravée avec le prolongement des hostilités. La famine et les maladies auraient alors été responsables d'un bilan encore plus lourd que celui des bombes atomiques.= L'invasion du Japon =Les Américains prévoyaient à partir de la fin 1945 une invasion terrestre du Japon, l'opération Downfallen}} [http://www.historylearningsite.co.uk/operation_downfall.htm Opération Downfall]}{{en [http://www.theenolagay.com/study.html Operation Downfall - the Invasion Plan]. Sa durée et son coût humain dépendaient fortement de la résistance de l'armée impériale et de la population japonaise face à l'envahisseur. Elle devait s'articuler en deux parties : L'opération Olympic : l'invasion de Ky?sh? en novembre 1945 par formatnum:767000}} soldats alliés (plus que le débarquement en Normandie!){{en [http://www.historylearningsite.co.uk/operation_olympic.htm Opération Olympic].
Si l'opération Olympic avait été insuffisante pour obtenir la reddition, il aurait fallut lancer l'Opération Coronet sur Honsh? et T?ky? en mars 1946 avec deux fois plus d'hommes qu'Olympic, impliquant un redéploiement massif des troupes combattantes américaines depuis l'Europe.
Le 18 juin 1945, lors d'une réunion avec le Président Truman, le Général Marshall, estima que les pertes (tués, blessés, disparus) des 30 premiers jours de l'invasion de Ky?sh? pourraient s'élever à formatnum:31000. Mais l'amiral Leahy fit remarquer qu?elles pourraient aussi être proportionnelles à celle de la bataille d'Okinawa, rendant le bilan bien plus coûteux.
En effet, à Okinawa, formatnum:180000}} américains affrontèrent pendant 3 mois } japonais : les pertes américaines s'élevèrent à } (presque le tiers de l'effectif engagé). Avec l'opération Olympic, } soldats américains auraient dû affronter peut être {{formatnum:600000 soldats japonais[http://www.historyofwar.org/articles/wars_downfall3.html Operation Downfall 3: Allied Intelligence].
Et l'opération Coronet aurait été encore plus meurtrière : 1,4 millions d'américains auraient affronté de 2 à 3 millions de japonais jusqu'à peut être la fin 1946.
Après la guerre, le président Truman parla de projection de pertes pour l'armée américaine de 0,5 à 1 million. Si l'origine de ces chiffres est inconnue, l'ordre de grandeur ne paraît pas invraisemblable comparé au bilan d'Okinawa.
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