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acupuncture 
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Acupuncture du poignet
Médecine non conventionnelle
Acupuncture • Médecine anthroposophique • Ayurveda • Chiropratique • Herboristerie • Homéopathie • Naturopathie • Osteopathie • Médecine traditionnelle (Chinoise • Tibétaine)
Voir aussi
Médecine non conventionnelle
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L’acupuncture1 est une des branches de la médecine traditionnelle chinoise, basée sur l’implantation et la manipulation de fines aiguilles en divers points du corps à des fins thérapeutiques.

L'acupuncture traditionnelle est un art thérapeutique qui élabore son raisonnement diagnostique et thérapeutique sur une vision énergétique taoïste de l'homme et de l'univers : l'homme, microcosme, organisé à l'image du macrocosme universel, s'en trouve donc soumis aux mêmes règles, qui devront inspirer son mode de vie, et serviront de trame à l'élaboration de l'acte médical.

L'efficacité de l'acupuncture n'est pas prouvée scientifiquement et fait débat.

Sommaire

Étymologie

Le terme chinois usuel 针灸 (zhēnjiǔ) désigne à la fois l’acupuncture et la moxibustion.

Le terme latin « acupunctura » a été forgé au XVIIe siècle par un médecin hollandais ayant séjourné au Japon, dénommé Willem ten Rhyne, à partir du latin acus, « aiguille » et pungere, « piquer »2. C'est de ce terme latin que dérive les termes français et anglais « acupuncture » ou le terme allemand « Akupunktur ».

Histoire

Antiquité non chinoise

En Inde, l'utilisation de l'acupuncture est mentionnée il y a environ 5 000 ans dans l'Ayurveda (traité de médecine ayurvédique) et elle reste utilisée de nos jours en médecine traditionnelle indienne.

Plus d’un millénaire avant la Chine, on trouve en Égypte antique une description de conduits parcourant le corps et transportant divers fluides (sang, eau, air, mucus...). C'était les ruptures d’équilibre entre ces fluides qui pouvaient être la cause de maladies. Aux alentours de 1534 avant JC, le papyrus Ebers (Eber 854a), visible au British Museum, donne une représentation de canaux (appelés metu) dans lesquels circulent divers fluides3

"Il y a quatre vaisseaux dans les narines, deux donnent du mucus, deux donnent du sang.(…) Il y a quatre vaisseaux pour le foie ; ce sont eux qui donnent l’humeur et l’air, qui ensuite causent toutes les maladies qui surviennent en lui par la surcharge de sang"

Premières traces de l'acupuncture chinoise

Acupuncture : points et méridiens selon un dessin de l'époque de la dynastie Ming

Les Chinois ont l’habitude de considérer que la valeur d’une pratique culturelle se juge à son ancienneté. Se placer sous l’autorité d’un maître ancien, fut-il mythique, ou d’une tradition de plus de 5000 ans, est le garant du sérieux et de la respectabilité de la démarche. « Sans fouler de traces, on ne saurait parvenir jusque dans la pièce » dit le Maître (Entretiens XI, 19). Le penseur chinois revendique donc ouvertement une tutelle et fuit tout ce qui pourrait ressembler à l’autonomie de pensée chère aux philosophes européens.

Le désir d’inscrire l’acupuncture dans une filiation très ancienne a fait considérer que l’existence d’instruments affûtés à l’âge de pierre4 ou d’aiguilles d’os ou de bambou sous les Zhou (-1045->-256) sont des preuves de l’ancienneté de cette pratique même si ces aiguilles ne servaient qu’à tenir les cheveux ou à drainer le pus des abcès5,6.

La découverte en 1973 de 14 documents médicaux dans une tombe nouvellement fouillée à Mawangdui 马王堆 dans le Hunan a permis de complètement revoir l’histoire de la médecine chinoise. Actuellement les spécialistes5,7,6 de ces textes établissent la chronologie suivante :

  • En 168 avant notre ère, époque de fermeture de la tombe de Mawangdui, aucune technique d’acupuncture n’était connue. Les textes de ces tombes montrent clairement que les traits typiques de la thérapeutique chinoise n’étaient pas encore établis sous les Qin (-221,-206) et le début des Han.
  • La première référence à l’acupuncture clairement datée se trouve dans "les mémoires historiques" (le Shiji) de Sima Qian (-145, -87) compilée en 90 av. JC. Dans cet ouvrage, l’auteur décrit un médecin du nom de Chunyu Yi (-216, -150) accusé de mauvaise pratique thérapeutique pour avoir implanté des aiguilles sur des patients. Dans deux procès, en -167 et – 154, le médecin se voit obliger de démontrer l’intérêt thérapeutique de l’acupuncture à une époque où cette technique devait tout juste commencer à se répandre. On pourrait donc dater la naissance de l’acupuncture au milieu du second siècle avant notre ère. Elle s’imposera ensuite peu à peu comme la thérapeutique dominante de la médecine des correspondances systématiques.
  • Le Huangdi Nei Jing 皇帝内经, l’ouvrage de référence sur l’acupuncture, les massages, la gymnastique et les drogues thérapeutiques est donc en partie postérieur. Les textes sont hétérogènes, certaines parties pouvant dater de la fin des Royaumes combattants (-500 à -220) et d’autres du premier siècle avant notre ère. De toutes manières, il n’en existe pas de copie de l’époque Han et toutes les versions qui nous sont parvenues ont subi de nombreuses révisions aux cours des siècles.
  • Le Nanjing 难经, « le Classique des difficultés » unifie les points de vue disparates et parfois incohérents du Huangdi neijing. L’ouvrage, composé entre le I et le III ème siècle, expose méthodiquement le système conceptuel des correspondances systématiques sur lequel repose depuis environ deux millénaires la médecine traditionnelle chinoise.

Arrivée en Europe

L'acupuncture aurait été introduite en Europe au XVIIe siècle par Willem Ten Rhyne, médecin hollandais de la Compagnie des Indes (1679) qui l'aurait découverte à Nagasaki au Japon où il séjourna pendant deux ans, ainsi que par Kæmpfer. Un siècle plus tard, Dujardin et Vicq d'Azyr relatent le procédé dans leurs ouvrages respectifs. Cependant, il semble que ce soit Louis Berlioz, père du compositeur qui, le premier, en ait tenté la pratique en France (1810), imité ensuite par de nombreux médecins. À partir de 1853, le consul Dabry participe à sa diffusion en Europe, mais ce n'est vraiment qu'à partir de 1927 qu'elle va devenir populaire grâce aux travaux du sinologue George Soulié de Morant8.

Époque industrielle

L'acupuncture fut interdite en 1822 par l'empereur chinois et supprimée du programme du Collège médical impérial. Mais elle survivra.
Mao Zedong essaiera lui aussi d'éliminer cette pratique - à cause de ses fondements taoïstes incompatibles avec l'idéologie marxiste - avant de la réhabiliter.
De nos jours, l'acupuncture occupe en Chine une large place dans la médecine pour un vaste éventail de pathologies4, notamment dans les hôpitaux dont certains se sont vus transformés en hauts lieux touristiques9. De colossales expériences ont été entreprises, pas toujours en accord avec les principes traditionnels orthodoxes, aboutissant à la multiplication des points situés hors méridiens, et à l'avènement de nouvelles techniques telles que l'analgésie10 par acupuncture.
Taïwan, où ont pu trouver refuge ceux des maîtres acupuncteurs qui ont échappé aux purges de Mao lors de son arrivée au pouvoir, reste un des hauts-lieux de l'acupuncture traditionnelle.
Un consul français en Chine, George Soulié de Morant (1878-1955), étudia l'acupuncture durant son long séjour dans l'Empire du Milieu, et publia lors de son retour en France un imposant traité qui fait toujours référence de nos jours11.

Théorie traditionnelle

Selon la tradition chinoise, l'être vivant, et ici plus particulièrement l'homme, est une organisation résultant de la combinaison de matière - le corps matériel ou physique - de nature yīn, et d'énergie - qui anime la matière - de nature yáng. L'équilibre harmonieux entre ces deux composants conditionne l'état de santé. Les perturbations de cet équilibre sont responsables de la maladie. Toute perturbation de nature à rompre cet équilibre affecte d'abord préférentiellement l'énergie. Par exemple, un excès de yáng pourra générer une douleur soudaine, une inflammation, des spasmes, un mal de tête ou encore une augmentation de la tension. Un excès de yīn pourra se traduire par des douleurs diffuses, une sensation de froid, de la rétention d'eau ou une grande fatigue.

L'énergie (Qi) est mouvement et sa perturbation princeps sera l'entrave au mouvement : le blocage. L'énergie bloquée en une région du corps matériel s'accumule en amont du blocage, alors que les régions en aval du blocage vont se trouver en déficit énergétique. En présence d'un état de pathologie ainsi décrit, l'acupuncteur va établir son diagnostic en recherchant les niveaux auxquels l'énergie est bloquée, et quelle est la raison du blocage. Il va ensuite appliquer son traitement en levant le blocage et en corrigeant, si cela se peut, la raison de ce blocage. L'aiguille, entre autres moyens, va lui permettre de diriger le cours des énergies.

L'énergie circule notamment le long de conduits appelés méridiens, et, à partir de ces méridiens, se répand dans tout le corps pour insuffler son principe vitalisant (yáng) à l'ensemble des constituants de l'organisme. Elle a une certaine correspondance avec le sang, qui, lui-même, circule dans des conduits (vaisseaux) et se répand dans tout le corps pour l'irriguer de son principe yīn.

En outre, il y a plusieurs énergies, chacune ayant sa spécialité ; outre les méridiens principaux, il y a encore une foule de méridiens aux fonctions diverses ; l'équilibre de l'organisme humain doit toujours être évalué relativement à celui de son environnement, et de cycles qui vont en rythmer l'évolution, cycles avec lesquels il devra rester en harmonie et dont les correspondances matérielles (les cinq éléments) vont servir de repère à l'acupuncteur pour établir son diagnostic et son traitement, en fonction de règles subtiles qui trouvent leur origine dans le taoïsme.

Les points

Les méridiens principaux sont parsemés de points qui sont autant de zones stratégiques. Contrairement à ce que s'imagine habituellement le profane, ces points n'ont pas en eux de vertu thérapeutique spécifique. C'est-à-dire qu'il n'y a pas un point du sommeil, un point de l'angine, de la douleur dentaire ou de la colique abdominale. Les points permettent, ainsi que précisé plus haut, d'influer sur le cours des énergies.

Les points les plus importants pour le traitement des énergies des méridiens par l'aiguille sont ceux situés près des extrémités. Il est facile de s'assurer de la localisation d'un point : l'implantation de l'aiguille dans la peau est en principe indolore : le simple contact de la pointe de l'aiguille n'est pas ressenti quand on est précisément dans le point, alors qu'il l'est un ou deux millimètres plus loin.

Traditionnellement, on compte 360 points répartis sur les méridiens qui parcourent toute la surface du corps. Cependant, d'autres points ont par la suite été identifiés et, selon le modèle utilisé, on peut trouver plus de 2 000 points.

Les méridiens

Les méridiens principaux sont au nombre de 12. Ils débutent (ou se terminent) à l'extrémité d'un doigt (ou d'un orteil). Conformément au cours d'un fleuve, dont ils sont la correspondance sur le corps, ils grossissent depuis leur source (extrémité d'un doigt) vers le centre du corps. Ils disposent de nombreux affluents, ou méridiens secondaires, et nourrissent de leur énergie la chair, les muscles, les organes internes et la totalité du corps.

Les lignes médianes du corps sont parcourues par deux méridiens particuliers, l'un antérieur dit « conception », l'autre postérieur dit « gouverneur ». Les méridiens constituent donc les voies par lesquelles l'organisme reçoit cette énergie, qui peut être apport nutritif, apport d'informations (notamment d'origine extérieure) mais aussi portes d'entrée pour certaines maladies.

Les six énergies

Elles sont : Taé Yang (Tai Yang), Chao Yang (Shao Yang), Yang Ming, Taé Yin (Tai Yin), Chao Yin (Shao Yin), Tsiué Yin (Jue Yin)12.

Les Huit Entités psychoviscérales (BenShen)

Les cinq éléments chinois et leurs relations

L'étude des BenShen13 est très complexe et nécessite une compréhension approfondie de la physiologie médicale chinoise et la psychologie traditionnelle chinoise. Pour saisir pleinement ces concepts, il est recommandé de lire des ouvrages comme ceux de Jerry Alan Johnson, dont vous trouverez une référence plus bas. Voici tout de même un très bref aperçu.

On peut les classer dans les cinq éléments : Bois, le Roun (Houn) ; Feu, le Chen (Shen) ; Terre, le I et le Si (Yi) ; Métal, le Pro (Po) ; Eau, le Tche (Zhi)12;

Ces cinq entités représentent des phases fondamentales du Shen (l'esprit) :

  • Le Shen est l'ensemble des activités mentales qui résident au cœur13. Shen désigne aussi les activités mentales spécifiques du cœur. Ce concept réfère entre autres à la conscience, la mémoire, la pensée et le sommeil.
  • Po est l'équivalent Yin du Hun. En français, on s'y réfère sous le nom d'âme corporelle. Le Po met en place les bases matérielles nécessaires à la vie, particulièrement durant la grossesse, où une partie du Po de la mère est « transférée » à son enfant. Ce concept réfère entre autres choses au sentiments, aux sensations, à l'instinct, à la respiration.
  • Hun est l'équivalent Yang du Po. En français, on s'y réfère sous le nom d'âme éthérée. Le Hun survit au corps à la mort et retourne alors à l'état d'énergie subtile et immatérielle. On l'attribue entre autres à la faculté de donner un sens à sa vie, à la capacité de prendre des décisions en accord avec son « moi » profond.
  • Yi pourrait être traduit par « la pensée ». C'est elle qui code et décode ce que nous assimilons au cours de notre vie. Le Yi est particulièrement sollicité lors d'études, d'efforts de concentration ou de mémorisation13.
  • Le Zhi pourrait être traduit par « la volonté ». Il permet la persévérance, la motivation. Le Zhi permet à un engagement, à une action, de perdurer dans le temps. Il permet en outre d'utiliser le langage de Yi, et de l'appliquer à la vie quotidienne.

Évaluation scientifique

Du fait des progrès scientifiques, il est assez difficile d'échafauder une théorie moderne de cette pratique traditionnelle basée sur des éléments rationnels. Toutefois, il est possible de démontrer qu'apporter de l'attention joue sur l'état général de la personne, même si cela ne constitue pas réellement un acte médical. La pertinence des points de la théorie traditionnelle peut également être évaluée de façon rigoureuse.

Effets physiologiques

Le concept de méridien est un concept empirique, établi à une époque où l'on ne connaissait pas ou peu le fonctionnement de l'organisme. Le corps est parcouru de réseaux permettant la distribution des informations (système nerveux) et des produits nécessaires au fonctionnement des cellules (notamment circulation sanguine) ; la notion de méridien a donc pu être une compréhension intuitive de cette distribution à partir d'organes vitaux.

Certaines pressions à travers la peau induisent des actions réflexes, et la palpation à travers la peau fait partie de la démarche diagnostique (par exemple prise du pouls, palpation des ganglions). Il serait donc séduisant de voir l'acupuncture comme une découverte empirique de certains de ces phénomènes.

Mais en raison de la complexité du fonctionnement de l'organisme, l'efficacité d'une méthode thérapeutique ne peut être établie que par des études cliniques, utilisant notamment des méthodes statistiques et la comparaison avec l'effet placebo. Ces études doivent être réalisées en double aveugle. Jusqu'à présent, aucune étude reconnue internationalement par la communauté scientifique n'a pu apporter un quelconque élément qui étayerait la thèse de l'existence des méridiens.

Les auteurs d'études scientifiques récentes14, réalisées en Allemagne et utilisant la thermographie dermique, prétendent démontrer que l'application d'une source de chaleur sur les points d'acupuncture se traduit par une diffusion spécifique privilégiée sur des trajets correspondant aux trajets traditionnellement décrits pour les méridiens. Ces études doivent maintenant être analysées par la communauté scientifique avant d'être considérées comme valides.

Les études dirigées par le Dr. J.E.H. Niboyet ont mis en évidence une diminution de la résistivité électrique de la peau au niveau du point d'acupuncture15.

En novembre 1985, une mystification a été mise en œuvre afin de démontrer un effet de l'acupuncture : les docteurs Darras, Albarède et de Vernejoul ont prétendu avoir visualisé un méridien grâce à un isotope radioactif16. La publication de leur découverte a coïncidé avec la sortie d'un livre de vulgarisation sur l'acupuncture par les mêmes auteurs. Le magazine Science et Vie fut un des seuls journaux grand public de l'époque à critiquer la méthodologie17. Les conclusions ont été contredites en 1988 par le professeur Lazorthes18, qui a reproduit la même expérience en suivant un protocole rigoureux et qui a démontré que la migration du marqueur suivait un trajet veineux : les conclusions de 1985 sur l'existence de méridiens étaient donc erronées19.

Efficacité clinique

L'efficacité clinique réelle de l'acupuncture est difficile à évaluer. La méthodologie préférentielle est de comparer l'action de l'acupuncture traditionnelle (sur les méridiens classiques) à celle d'une acupuncture « placebo » où les aiguilles sont positionnées ailleurs que sur ces mêmes méridiens. Les études montrent des résultats partagés avec une efficacité parfois comparable des deux techniques, tant dans les migraines20 que dans les douleurs chroniques de dos2122. De même, une étude comparative sur les nausées causées par la radiothérapie anticancéreuse sur une cohorte de 215 personnes montre que les résultats sont identiques entre un groupe réellement soumis à l'acupuncture et un groupe qui croit l'être alors que les aiguilles se rétractent et ne transpercent pas la peau23.

L'implantation aléatoire d'aiguilles, sans tenir compte des méridiens traditionnels, améliorerait significativement l'état du patient par rapport à un traitement sans implantation. D'après cette dernière étude, l'amélioration serait supérieure de 75 % aux traitements conventionnels de la médecine occidentale.Ce qui permet au professeur Heins Endres, co-directeur allemand de cette étude, de dire que « l'acupuncture pour les lombalgies est extrêmement prometteuse ». [réf. nécessaire]

Des médecins se sont d'ailleurs exprimés en faveur de l'acupuncture à l'issue de cette expérience : c'est le cas de Briar Berman, directeur de l'université du Maryland 24, et de James Young, 25,du centre médical de l'université de Chicago. « La supériorité des deux formes d’acupuncture suggère un mode d’action commun, explique le docteur Haake. Ces thérapies agissent probablement sur la génération de la douleur ou sur sa transmission par le système nerveux central. En tout cas, ce mode d’action est plus efficace que les traitements conventionnels. »

Risques

Une aiguille d'acupuncture se doit d'être stérile

L'acupuncture est une technique délicate et toute mauvaise pratique, comme pour toute intervention médicale ou paramédicale, peut avoir des effets nocifs. C'est le cas par exemple si les aiguilles ne sont pas stériles, inadaptées ou appliquées dans des zones sensibles. Certains praticiens ne recourant pas à la stérilisation (ou utilisant des stérilisations « alternatives ») peuvent transmettre des infections entre les patients, de la même façon qu'avec des aiguilles de seringues si elles étaient utilisées plusieurs fois. En Occident, pour prévenir ce risque on utilise en général des lots d'aiguilles à usage unique. Au Québec, tous les acupuncteurs sont soumis à une réglementation les obligeant à n'utiliser que des aiguilles à usage unique, ce qui réduit à un taux presque nul tout risque d'infection. Les normes ne sont pas les mêmes dans tous les endroits du globe.

Diplômes et formations

En France, il existe 2 diplôme interuniversitaire (DIU) d'acupuncture, destinés aux médecins (DIU d'acupuncture générale) et aux sages-femmes (DIU d'acupuncture obstétricale), tous deux d'une durée de trois ans. De plus, une capacité en acupuncture a été officiellement créée en 2008.

Le DIU d'acupuncture générale est enseigné au sein de sept facultés de médecine : Aix-Marseille 2, Montpellier 1, Nantes, Paris XIII, Bordeaux 2, Lyon 1, Strasbourg I ; celui d'acupuncture obstétricale l'est au sein de quatre universités de médecine : Paris XIII, Strasbourg 1, Montpellier 1 et Rouen.

Il faut également mentionner les nouveaux diplômes universitaires de médecine chinoise de la Faculté de médecine de Montpellier26 qui permettent plusieurs parcours, dont l'acupuncture27. La particularité de ces diplômes d'université de troisième cycle est qu'ils sont non seulement ouverts aux professions médicales et paramédicales mais également à un public plus élargi de chercheurs, étudiants et professionnels concernés par ces matières.

En Chine, les zhongyi xueyuan 中醫學院 [instituts de médecine chinoise] et les zhongyiyao daxue 中醫藥大學 [universités de médecine et de pharmacie chinoise] forment les étudiants aux grades de xueshi 學士 (5 ans), puis, après un concours et trois années supplémentaires sanctionnées par un examen et la soutenance d’un travail de recherche dans une spécialité, au shuoshi 碩士 et , après un nouveau concours suivi de trois autres années d’études et une seconde thèse, au boshi 博士 qui conclut donc onze années d’études universitaires. Ce cursus est indépendant mais analogue en durée et en niveau de diplômes à celui qui existe en médecine occidentale. La Chine a donc deux systèmes parallèles de médecines officielles : médecine chinoise et médecine occidentale. Chacun dispose de ses propres facultés, hôpitaux affiliés et instituts de recherche. Les étudiants accèdent à l'une ou l'autre de ces deux filières aussitôt après leurs études secondaires28. Il est à noter que l'acupuncture ne constitue qu'une matière au sein de la formation de médecine chinoise et qu'à la différence de ce qui s'est transmis en France, elle ne représente qu'une petite partie de l'enseignement et de la pratique et de la médecine chinoise, la pharmacopée traditionnelle étant la principale branche thérapeutique de cette discipline.

Plusieurs écoles en France proposent un enseignement en coopération ou non avec des universités chinoises (Pékin, Shanghai, Tianjin, Chengdu...) ouvert à tous, médecins ou non.

Au Québec, le Cégep de Rosemont qui fait office de référence, propose un programme de formation délivrant le titre d'acupuncteur.

Exercice de l'acupuncture

En France, l'acupuncture ne peut être exercée légalement que par un docteur en médecine29. Cette condition est nécessaire et suffisante : l'acupuncture n'est pas une spécialité mais une « orientation », qu'il est loisible de déclarer, sans aucun contrôle. Dans d'autres pays de l'Union européenne, la législation accorde un statut légal à l'acupuncture, ainsi qu'à d'autres pratiques non-conventionnelles. Une résolution recommandant la généralisation de ce type de statut a été adoptée par le parlement européen, mais elle n'a aucun caractère contraignant29.

Au Québec, il existe un ordre des acupuncteurs qui délivre l'autorisation d'exercer. Il est nécessaire d'avoir suivi un programme de formation identique à celui du Collège de Rosemont, financé par le Ministère de l'Éducation du Québec, qui s'adresse à tout public, médecin ou non. Plusieurs régimes d'assurances privés et publics québécois couvrent d'ailleurs les frais d'acupuncture jusqu'à concurrence d'un montant maximum par année.

Indication thérapeutique selon l'acupuncture occidentale

Selon l’American Academy of Medical Acupuncture (2004), l'acupuncture peut être considérée comme une thérapie complémentaire pour les pathologies suivantes30. Ces indications sont basées sur une expérience clinique et ne sont pas toujours contrôlées par des recherches cliniques. Les astérisques * indiquent que l'Organisation Mondiale de la Santé valide ces indications dans sa publication Acupuncture: Review and Analysis of Reports on Controlled Clinical Trial31.

  • distension abdominale / flatulences *
  • contrôle de douleurs aiguës et chroniques *
  • sinusites allergiques *
  • anesthésie pour les patients à haut risque ou patients ayant un historique d'effets indésirables aux anesthésiques
  • anxiété, attaques de panique *
  • arthrite / arthrose *
  • douleurs thoraciques atypiques
  • bursite, tendinite, syndrome du canal carpien *
  • troubles gastro-intestinaux fonctionnels (nausées et vomissements, spasmes œsophagiens, hyperacidité, côlon irritable) * 32
  • syndromes du col de l'utérus et du rachis lombaire *
  • constipation, diarrhée *
  • toux avec contre-indications médicamenteuses *
  • désintoxication (drogues) *
  • dysménorrhée, douleurs pelviennes *
  • douleurs d'épaule *
  • céphalées (migraines et tensions), vertiges (maladie de Menière), acouphènes *
  • palpitations idiopathique, tachycardie sinusale
  • maîtrise de la douleur, de l'œdème, renforcement de processus de guérison en cas de fractures
  • spasmes musculaires, tremblements, les tics, les contractures *
  • névralgies (trijumeau, zona, postzostérienne douleur, autres)
  • paresthésie *
  • hoquet persistant *
  • douleurs de membres fantômes
  • fasciite plantaire *
  • iléus post-traumatique et post-opératoire *
  • syndrome prémenstruel (Certains auteurs restent très sceptiques quant à l'efficacité de l'acupuncture dans ce cas33 ; des expériences en acupression, forme de traitement traditionnel proche de l'acupuncture, auraient validé au contraire l'efficacité des points d'acupuncture pour cette indication34,35
  • certaines dermatoses (urticaire, prurit, eczéma, psoriasis)
  • séquelles d'accident vasculaire cérébral (aphasie, hémiplégie) *
  • handicapés moteurs du septième nerf crânien (nerf facial)
  • hyperthermie sévère
  • entorses et contusions
  • bruxisme *
  • incontinence urinaire, rétention (neurogène, spastique, les effets indésirables de médicaments) *

D'autres sources préconisent l'utilisation de l'acupuncture pour la stérilité, dans le cadre de la fécondation in vitro. L'acupuncture pourrait améliorer sensiblement le taux de succès des FIV36. Elle est utilisée dans certains pays anglophones dont les États-Unis.

Variantes

Acupression, l'acupuncture sans aiguille

L’acupression est une variante populaire et sans aiguille de l'acupuncture. Faute d'aiguille disponible, on utilise la pression du doigt, du coude, du pied, etc. selon l'effet désiré sur le point d'acupuncture. Cette pratique est très répandue en Asie (Thaïlande par exemple).

Toutefois, le nombre des points stimulables par acupression est réduit par rapport à l'usage de l'aiguille. La plus faible précision du procédé d'acupression le limite en acte et en effet. L'acupression permettrait de traiter des maux courants et de prévenir les faiblesses des organes. Par exemple : relâchement du nerf sciatique (et de la douleur et gêne occasionnées) par pression forte des pouces sur des points particuliers au niveau du bassin.

L'acupression se pratique sur soi-même ou sur une autre personne, sans formation spécifique, si ce n'est, en Asie, la transmission orale par le maître. Des ouvrages européens vulgarisent ce procédé37.


L'acupuncture au laser

Utilisé moins couramment dans la pratique de l'acupuncture, le laser permet de stimuler un point d'acupuncture par la chaleur chez des personnes très jeunes ou sensibles38. Ce procédé possède plusieurs avantages : il est peu coûteux, totalement indolore et ne laisse aucune marque. Les effets provoqués sont sensiblement les mêmes que ceux attendus par l'acupuncture traditionnelle (soulagement de la douleur, résorption d'une inflammation, accélération du processus de régénération des tissus etc.).
Il est utilisé de la même façon que les aiguilles et il en existe plusieurs modèles dont les caractéristiques sont différentes.

La thérapie laser est de plus en plus courante et s'applique maintenant à des personnes de tous âges. Cependant, ces applications grandissant, son coût suit le même chemin.

Autres techniques

Pratique de la moxibustion

La moxibustion est une méthode qui utilise le plus souvent pour chauffer les points un cigare d'armoise (à cause de sa lente combustion) appelé moxa39. On peut produire les mêmes effets grâce à un système de ventouses et de massages.

Notes et références

  1. l'orthographe "acuponcture" a été autorisée en France, mais ne l'est pas dans l'intégralité des pays francophones
  2. Alain Rey, Le Robert, dictionnaire historique de la langue française.
  3. Yves Gingas et al., Sciences, techniques et civilisation I : de l’Antiquité à la Renaissance, Manuel, Télé-université, Sainte-Foy, 1997, 17 p. 
  4. a et b Académie de médecine traditionnelle chinoise (Pékin) Précis d'acupuncture chinoise, Dangles, 1985, traduction de An Outline of Chinese Acupuncture, Éditions en langue étrangères de Pékin en 1975
  5. a et b (en) Paul U. Unschuld, Medicine in China : A History of Ideas, University of California Press, 1985 
  6. a et b (en) Warren M. Cochran, « Points in time : some reflections upon the origins of acupuncture », dans Clinical Acupuncture and Oriental Medicine, vol. 3, 2002, p. 119-128 
  7. (en) Imre Galambos, « The origins of Chinese medicine The early development of medical literature in China », dans , 1996 texte intégral 
  8. Acupuncteur.blog.fr Blog consacré à l'acupuncture
  9. Dr. Jean Clouzet et Dr. Monique Horwitz, Comment se soignent les Chinois aujourd'hui, Robert Lafont, 1980.
  10. Jean Bossy, « Acupuncture, moxibustion, analgésie acupuncturale », Synthèse des travaux des symposia de Pékin, 1 - 5 juin 1979, Doin, 1980.
  11. George Soulié de Morant, L'Acupuncture chinoise, Maloine, 1972.
  12. a et b Les termes entre parenthèses sont ceux utilisés aujourd'hui, selon la nomenclature PinYin.
  13. a, b et c Passeportsante.net Esprits et entités psychoviscérales
  14. Schlebusch KP, Maric-Oehler W, Popp FA. « Biophotonics in the infrared spectral range reveal acupuncture meridian structure of the body ». J. Altern Complement Med. 2005 Feb;11(1):171-3.
  15. Professeur Audier (C.H.U. de la Timone, Marseille), Cours d'acupuncture, Maisonneuve, 1977.
  16. DeVernejoul et al., « Étude des méridiens d'acupuncture par des traceurs radioactifs », Bul. Acad. Natle. Med., 169:-1071-1075, 1985.
  17. Science & vie, no 819
  18. chef de service de neurochirurgie du centre hospitalier universitaire de Rangueil (Toulouse)
  19. « Les méridiens d'acupuncture démythifiés : apport de la méthodologie des radiotraceurs », Simon J., Guiraud G., Esquerre JP., Lazorthes Y., Guiraud R., CHU Toulouse-Purpan, in La Presse médicale, 1988, vol. 17, no26, pp. 1341-1344 (8 ref.). (en) Abstract ici.
  20. John Sorri, L'acupuncture empêche-t-elle le mal de tête ?, 22 septembre 2005, JIM
  21. Haake M, Müller HH, Schade-Brittinger C, German acupuncture trials (GERAC) for chronic low back pain, Arch Intern Med, 2007;167:1892-1898
  22. Cherkin DC, Sherman KJ, Avins AL et Als. A randomized trial comparing acupuncture, simulated acupuncture, and usual care for chronic low back pain, Arch Int Med, 2009;169:858-866.
  23. (en)« Acupuncture does not reduce radiotherapy-induced nausea, but patients believe it does », Eurekalert.org, 26 septembre 2007.
  24. (en)http://seattletimes.nwsource.com/html/health/2003900629_backpain25.html
  25. (en)http://www.acupuncture.com/newsletters/m_oct07/acupuncture_backpain.htm
  26. http://offre-formation.univ-montp1.fr/fr/_modules/education/education.html?educationid=FR_RNE_0341087X_PR_1247058274080
  27. http://calesum1.univ-montp1.fr/modules/odf/resource/bfdc6208-c95e-4a9e-9b27-7e5d575fc736/MTC%20maquette%20g%C3%A9n%C3%A9rale.pdf
  28. Éric MARIÉ, "La médecine chinoise: mutations et enjeux d'un système médical traditionnel confronté à la modernité", Monde chinois, n° 5, 2005, p. 112.
  29. a et b Législation de l'acupuncture en France
  30. (en)Medical Acupuncture Review: Safety, Efficacy, And Treatment Practices. Steven E. Braverman, MD
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  33. (en)Transcutaneous electrical nerve stimulation and acupuncture for primary dysmenorrhoea. Proctor ML, Smith CA, Farquhar CM, Stones RW
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  39. Passeportsante.net La moxibustion

Voir aussi

Articles connexes

Bibliographie

  • Antoine Bereder, Atlas photographique d'acupuncture, Éd. Quintessence, Aubagne, 2008, 559 p. (ISBN 978-2-913281-90-5)
  • Jean-François et Marie-Pierre Borsarello, Aide-mémoire de l'acupuncteur traditionnel, Elsevier, Masson, Issy-les-Moulineaux, 2007, 121 p. (ISBN 978-2-294-70062-0)
  • Michel Frey, L'acupuncture, comprendre cette médecine : médecine chinoise, ou l'art de guérir par la prévention, Éditions You Feng, Paris, 2007, 156 p. (ISBN 978-2-84279-309-8)
  • Ghéorghiï Grigorieff, L'acupuncture : des aiguilles à l'automassage des points chinois, Eyrolles, Paris, 2007 (2e éd.), 258 p. (ISBN 978-2-212-53823-6)
  • Ronald Guilloux, De l'exotique au politique : la réception de l'acupuncture extrême-orientale dans le système de santé français (XVIIe-XXe siècles), Université de Lyon 2, 2006 (thèse de Science politique)
  • Jean Motte, Vade-mecum d'acupuncture traditionnelle, Guy Trédaniel éd., Paris, 2008, 495 p. (ISBN 978-2-84445-867-4)
  • Claudie Terral, Douleur et acupuncture : de la douleur à la clinique, Sauramps Médical, Montpellier, 2009, 305 p. (ISBN 978-2-84023-611-5)

Liens externes

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Sites favorables à l'acupuncture

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