Zen
Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
|
Cette page contient des caractères chinois.
Si certains caractères de cet article s?affichent mal (carrés vides, points d?interrogation, etc.), consultez la page d?aide Unicode ou testez votre navigateur. Notez que la transcription utilisée est le pinyin.
|
Le zen (japonais ?, « méditation silencieuse »), chán (?/?) en mandarin, dhy?na en sanskrit, jh?na en pali, est une forme de bouddhisme mah?y?na qui insiste particulièrement sur la méditation, ou « illumination intérieure ».
Le mot zen est la romanisation du mot japonais ?, traduction du mandarin ? chán, lui-même emprunté au sanskrit dhy?na ou plutôt au pali jh?na, recueillement parfait.
En français, le mot zen est aussi utilisé pour signifier un état de tranquillité, d'indifférence à l'agitation du monde et devenu dans le langage courant un adjectif synonyme de « serein ».
Sommaire |
[] Histoire
[] Origines
La légende de l'origine de la tradition zen et de la lignée de ses maîtres remonte à un sermon du Bouddha Sh?kyamuni à ses disciples alors qu'ils étaient réunis sur le pic des vautours, relaté dans le S?tra Lankavatara. Pour tenter d'expliquer un point de son enseignement, il se contenta de cueillir silencieusement une fleur d'Udumbara. Aucun des disciples n'aurait compris le message qu'il tentait de faire passer, à l'exception de Mahâkâshyapa, qui aurait souri au Bouddha. Celui-ci lui aurait alors dit devant l'assemblée qu'il lui avait ainsi transmis son trésor spirituel le plus précieux. C'est une préfiguration de la description du chan que l?on prêtera à Bodhidharma : « pas d?écrit, un enseignement différent [de tous les autres], qui touche directement l?esprit pour révéler la vraie nature de bouddha » (« ?????????, ????????? »).
[] Liste des patriarches du zen
Liste rapportée par la tradition des vingt-huit patriarches de l?école avant son arrivée en Chine :
- Shâkyamuni
- Mahâkâshyapa
- Ananda
- Shanavâsa
- Upagupta
- Dhritaka
- Micchaka
- Bouddhanandi
- Bouddhamitra
- Bhikshu Parshva
- Punyayashas
- Ashvagosha
- Bhikshu Kapimala
- Nâgârjuna
- Kânadeva
- Arya Râhulata
- Sanghanandi
- Sanghayashas
- Kumârata
- Jayata
- Vasubandhu
- Manura
- Haklenayashas
- Bhikshu Simha
- Vâshasita
- Punyamitra
- Prajñâtara
- Bodhidharma
Liste des sept premiers patriarches du chan chinois :
- Bodhidharma [1] 440?-528?
- Huike [2] 487 ? 593
- Sengcan [3] ? ? 606
- Daoxin [4] 580 ? 651
- Hongren [5] 601 ? 674
- Huineng [6] 638 ? 713 (remplace en 796 Shenxiu [7] 607?-706 de l'école du Nord) [8]
- Shenhui [9] 670? ?760? (remplace en 796 Puji [10] 651-739 de l'école du Nord) [11]
[] De l'Inde à la Chine
Bodhidharma, vingt-huitième patriarche dans la filiation indienne, serait venu en Chine autour de 520[réf. nécessaire]. Les différents textes chinois qui le mentionnent ne s?accordent pas exactement sur son origine (Kânchîpuram au sud de l?Inde ou Perse), ni sur sa route (arrivé par l?Ouest ou par un port du Sud-Est). On lui prête un attachement particulier pour le S?tra Lankavatara, et la première école chan constituée est connue sous le nom d'école Lankâ (???).
Une légende attestée à partir du XIe siècle au monastère de Shaolin en attribue la fondation à Bodhidharma, en faisant ainsi l?initiateur des arts martiaux d'Extrême-Orient. Néanmoins, bien qu?il existe au Kerala un type de yoga offrant une certaine similitude extérieure avec le kung-fu, des gymnastiques de type qigong semblent être mentionnées sur des textes chinois datant du Ve siècle av. J.-C., et les arts martiaux au mont Song ont précédé Bodhidharma, si tant est qu'il s'y rendît jamais.
[] Le chan en Chine
[] De la Chine à la Corée
Au IXe siècle, le bouddhisme chan, appelé Son en Corée, fut intégré au bouddhisme étatique déjà présent depuis le IVe siècle. Le Son coréen pratique la prosternation, le chant, la méditation assise. Il utilise des mantras et des gong'an ou k?an (nom japonais).
[] De la Corée au Japon
Du VIe au XIIIe siècle, le bouddhisme zen fut importé de Chine au Japon via la Corée, par vagues successives. C'est au XIIIe siècle que le moine Dogen ?? importa le zen S?t? (??, en mandarin caodong), et le moine Eisai (??, parfois appelé Y?sai) le zen Rinzai (??, Linji en mandarin). Ces deux écoles, comme en Chine à partir des Song, constituent encore aujourd'hui avec l'école obaku le paysage du zen japonais. C'est le zen Rinzai qui va cependant s'imposer, du moins politiquement dans un premier temps, avec la mise en place du système dit des Cinq Montagnes où cinq temples chapeautent tous les autres. En fait il y aura dix temples, cinq à Ky?to et cinq à Kamakura, qui varieront au fil du temps. Le courant zen et la pratique du zazen (méditation assise pratiquée pour atteindre l'éveil) eurent beaucoup de succès au Japon et s'accompagnèrent du développement par les moines de plusieurs arts et techniques, soit directement importés de Chine, soit créés localement en intégrant des éléments du nord de la Chine et de la Corée. On peut citer comme exemple l'usage du thé ou l'esthétique simple et dépouillée. Le zen japonais est aussi fortement influencé par le taoïsme, dont on retrouve certains symboles et notions.
Filiation chinoise (chan) des écoles japonaises :
- S?t? se rattache à caodong (???) fondé par Dongshan Liangjie (???? ? - 869).
- Rinzai se rattache à la lignée de zhishen (?? ?-702), deuxième disciple de Huineng selon la monographie de l'école Lankâ (?????), par l'intermédiaire de Mazu Daoyi (???? ?-788), Baizhang Huaihai (????, Hyakujo Ekai en japonais, 720-814), Huangbo Xiyun (????) et Linji Yixuan (???? Rinzai Gigen en japonais, ?-866).
- Beaucoup plus tard ?baku, fondé par Yinyuan Longqi (????, Ingen Ryuki en japonais, 1592-1613), fera également remonter sa lignée à Huangbo Xiyun, maître de Rinzai.
- Ummon de réclame de Yunmen Wenyan (????, Ummon Daishi en japonais, 864? - 942).
[] Approche
On peut grossièrement dire que le zen S?t? met l'accent sur la pratique de zazen (de za assis et zen méditation) et de shikantaza, juste s'asseoir, alors que le zen Rinzai insiste plus sur les k?an, apories, paradoxes à visée pédagogique.
Zazen est l'éveil (satori) : la pratique elle-même est réalisation; pratique et éveil sont comme la paume et le dos de la main. Il suffit de s?asseoir immobile et silencieux pour s?harmoniser avec l?illumination du Bouddha. Néanmoins, selon la logique zen, même l'éveil ne saurait être un but en soi.
Les k?an (école Rinzaï) sont des propositions le plus souvent absurdes ou paradoxales que pose le maître et que le disciple doit dissoudre (plutôt que résoudre) dans la vacuité du non-sens, et, par suite, noyer son moi dans une absence de tensions et de volonté, que l'on peut comparer à la surface parfaitement lisse d'un lac reflétant le monde comme un miroir.
Comme toutes les versions sinisées du bouddhisme, le zen appartient à l'ensemble mahâyâna qui affirme que chacun possède en soi ce qu'il faut pour atteindre l'illumination. Certaines écoles (tiantai, huayan) considèrent que chacun et toute chose est « Nature de bouddha ». La position zen, plus proche du courant philosophique idéaliste yogaçara, considère que la seule réalité de l'univers est celle de la conscience ; il n'y a donc rien d'autre à découvrir que la vraie nature de sa propre conscience unifiée.
[] Textes
Malgré la définition du chan comme « sans écrit » (en mandarin buliwenzi ????) attribuée à Bodhidharma, des sutras ont inspiré une partie de son enseignement ; certains maîtres ont laissé des écrits, des disciples ont rassemblé l'enseignement de leurs maîtres dans des recueils.
Parmi les sutras, on peut citer en premier lieu le S?tra Lankavatara rattaché à l'école yogaçara, qui a grandement contribué à la philosophie idéaliste du zen, qui voit en la conscience l'unique réalité. La tradition en fait le texte de référence de Bodhidharma ; plus récemment, D.T. Suzuki l'a abondamment commenté. Les soutras de « perfection de la sagesse » que sont le S?tra du Diamant et le S?tra du C?ur sont également importants, ainsi que le S?tra Shurangama particulièrement apprécié des courants syncrétistes, et le Samantamukha Parivarta, un chapitre du S?tra du Lotus.
Parmi les textes écrits en Chine pendant les premiers siècles du chan, mentionnons le S?tra de l?Estrade attribué à Huineng, sixième patriarche, ainsi que deux recueils de k?an, le Recueil de la falaise bleue (???, en mandarin Biyan lu, en japonais Hekiganroku) composé au XIIe siècle, et La Barrière sans porte, composé au début du XIIIe siècle.
[] Notes
- ? Damo ??, jap. Daruma ???
- ? ??, jap. Daiso Eka
- ? ??, jap. Konchi Sosan
- ? ??, jap. Dai'i Doshin
- ? ??, jap. Dai'man Konin
- ? ??, jap. Daikan Eno
- ? ??
- ? sur décision d'un conseil de maîtres chan convoqué par le prince impérial sur ordre de l'empereur Dezong
- ? ??
- ? ??
- ? sur décision d'un conseil de maîtres chan convoqué par le prince impérial sur ordre de l'empereur Dezong
[] Voir aussi
[] Articles connexes
- Bouddhisme
- Chan
- École S?t?
- École Rinzai
- Zazen
- K?an
- Satori
- Cinq grands temples
[] Bibliographie
- Le bol et le bâton, 120 contes Zen racontés par Maître Deshimaru, Albin Michel - Spiritualités vivantes, ISBN 2-226-02684-3
- L'autre rive, Textes fondamentaux du Zen commentés par Maître Deshimaru, Albin Michel - Spiritualités vivantes, ISBN 2-226-03302-6
- Vrai Zen, Maître Taisen Deshimaru, Introduction au Shobogenzo, Edition AZI, ISBN 2-901844-13-8
- Les Cinq Degrés de l'Eveil, Kosen Thibaut, Editions du Relié, ISBN 2-914-916-77-9
- De Bouddha en patriarches, d'après le Denkò Roku de Maître Keizan, Roland Yuno Rech, Editions Yuno Kusen, ISBN 2-9515490-5-9
- Un-Sui, Raphaël Doko Triet, Ediciones SEI-KYU-JI, ISBN 84-932494-0-8
- Entretiens de LIN-TSI (Rinzaï), Traduction Paul Demieville, Edition Fayard, 1972
- L'art du kôan zen, Taïkan Jyoji, Editions Albin Michel, 2001, ISBN 2-226-12622-8
- Zen au fil des jours, Taïkan Jyoji, Le courrier du livre, 2006, ISBN 2-7029-0562-5
- "Zen at war" ou "Le zen en guerre, 1868-1945", du moine zen (soto) Brian Victoria, Paris, Éditions du Seuil, 2001)
- Approches occidentales du bouddhisme zen, Michel Larroque, L'Harmattan 2003.
[] Liens externes
|
Cet article ou cette section a trop de liens externes.
Les liens externes doivent être des sites de référence dans le domaine du sujet. Il est souhaitable ? si cela présente un intérêt ? de citer ces liens comme source.
|
- Association Bouddhiste Zen Deshimaru; Site internet de Maître Kosen, héritier du Dharma de Maître Deshimaru. Portail sur une sangha internationale, films, retraites, boutique, textes, sutras, biographies, ...
- Soto Zen Association suisse francophone; Association faitière de la communauté zen francophone de suisse, activités et actions dans la vie de la cité
- Site du Centre Zen Soto Genève since 1997; Etudes et pratique du bouddhisme Zen
- Centre Zen de La Falaise Verte; Ecole Rinzaï du Bouddhisme Zen, france.
- http://philosophytalk.org/pastShows/Zen.htm (émission de radio sur la philosophie zen, en anglais)
- Association Bouddhiste Zen d'EuropeAssociation crée par les disciples de Maître Roland Yuno Rech
|
|
|||
|
Vocabulaire et concepts · Personnalités · Écoles et traditions · Textes |
La source est wikipedia http://fr.wikipedia.org/wiki/ Zen
Revue de presse Zen
