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L'Union des républiques socialistes soviétiques (???? ????????? ???????????????? ?????????), ou l'Union soviétique, abréviée en URSS (???? (prononcer « esse-esse-esse-erre » en russe), était un État fédéral ayant existé de 1922 jusqu'à sa dissolution en 1991. L'URSS s'étendait sur 11 fuseaux horaires, de la mer Baltique à la mer Noire et à l'océan Pacifique, c'est-à -dire toute la partie nord de l'Eurasie, et reprenait à peu près le territoire de l'ancienne Russie impériale, à l'exception notable de la Pologne et de la Finlande en tant que pertes territoriales et de quelques gains territoriaux comme la Moldavie (anciennement la Bessarabie roumaine), l'Ukraine Occidentale (reprise à la Pologne), les Kouriles du sud et le Sakhaline du sud (repris au Japon), la Touva ou encore la région de Kaliningrad (anciennement la Prusse Orientale) et la Carélie (reprise à la Finlande). Le territoire de l'URSS varia donc dans le temps, surtout avant et à l'issue de la Seconde Guerre mondiale. Le pays était composé, avant sa dissolution, de 15 républiques fédérales et d'un certain nombre de républiques et régions autonomes. La Russie était, de loin, la plus importante des républiques soviétiques, tant du point de vue de sa surface, de sa population, que de sa puissance politique. Elle est actuellement considérée comme l'héritière de l'URSS du point de vue diplomatique. La formation de l'URSS fut le résultat de la révolution russe de 7 novembre 1917, dite d'Octobre (à cause du décalage du calendrier julien), qui succéda à la révolution démocratique, dite de Février 1917, qui mit fin au règne du tsar Nicolas II. Elle fut aussi un aboutissement de la volonté de Lénine d'appliquer sa doctrine nationale en transformant une Russie unitaire et chauvine en une Union de républiques formées selon le principe de répartition ethnique et jouissant d'un certain degré d'autonomie locale. L'organisation politique de l'URSS était définie par le règne d'un seul parti, le Parti communiste de l'Union soviétique (PCUS) et tout particulièrement, de son bureau exécutif, le Politburo. Tout autre pouvoir (législatif, exécutif ou judiciaire), ainsi que la presse et la société civile dans son ensemble, étaient directement soumis au diktat du PCUS. Le socialisme dirigiste fut le régime qui caractérisa le pays de sa naissance à sa dissolution. Les facteurs ayant provoqué la fin de l'Union soviétique furent essentiellement la dégradation de l'économie (dite « stagnation ») dans les années 70-80, épuisée par une course aux armements coûteuse, alliée à l'émergence de forces démocratiques et centrifuges dans l'Union, auxquelles le régime essentiellement centralisateur et bureaucratique fut incapable de trouver une réponse. Le processus démocratique appelé perestroïka (restructuration) et glasnost (transparence) de Mikhaïl Gorbatchev, entamé en avril 1985, fut le catalyseur de ce processus. [] Géographie de l'URSSDurant son existence, l'URSS était le pays le plus étendu que le monde ait jamais connu (22 402 200 km²), à l'exception possible de l'Empire mongol à son apogée. C'était également l'un des pays les plus variés, avec plus de 100 nationalités (ethnies) recensées sur son territoire, une soixantaine de langues et 5 religions. La population totale était estimée à 288 millions en 1990 (dite peuple soviétique). Aujourd'hui la Russie - qui succéda à l'URSS - demeure toujours le pays le plus étendu du monde et reste un pays très diversifié, administrant des centaines de minorités, y compris musulmanes telles que les Tatares, et bien d'autres ethnies non russes.
[] Division territoriale de l'URSSEntre 1954 et 1991 l'Union Soviétique était composée de 15 Républiques Socialistes Soviétiques (RSS): Image:USSR Republics Numbered Alphabetically.png Les 15 républiques fédérées soviétiques
Chaque république fédérée était, à son tour, divisée en régions (oblast'), à l'exception des RSS de Lettonie, de Lituanie, d'Estonie, de Moldavie et d'Arménie qui avaient une structure unitaire. La RSFSR disposait, en plus, des "pays" (kraïs) qui étaient divisés en régions autonomes, ainsi que des arrondissements autonomes faisant partie des oblasts et des kraïs. Certaines républiques fédérées (Russie, Géorgie, Azerbaïdjan, Ouzbékistan et Tadjikistan) avaient aussi dans leur structure des républiques autonomes, à certain degré d'auto-gouvernance. [] Histoire de l'URSSVoir aussi : Histoire de la Russie. [] La Révolution russe et l'entre-deux guerres[] Des révolutions à la guerre civile (1917-1921)Dès le XIXe siècle, la Russie tsariste connaît une agitation révolutionnaire qui va en s'aggravant après une révolution ratée de 1905 et la défaite russe dans le cadre de la Guerre russo-japonaise. Le mécontentement populaire culmine début 1917 suite aux pénuries causées par la Première Guerre mondiale et aboutit à la chute du gouvernement impérial et à l'abdication de Nicolas II en mars 1917 suite à la Révolution de février. Malgré la mise en place d'un gouvernement à visées démocratiques, le mécontentement des masses populaires continua. Les bolcheviks, la fraction majoritaire révolutionnaire des organes de gouvernance ouvrière et paysanne de gauche dite " les Soviets" et menée par Lénine, renversèrent le gouvernement provisoire lors d'un coup d'état relativement facile le 25 octobre (selon l'ancien calendrier julien) ou le 7 novembre 1917, dit "Révolution d'octobre". Le slogan de la révolution qui enflamma les masses fut simple et percutant : « Usines aux ouvriers, terres aux paysans, paix aux peuples ! », ce qui signifiait nationalisations et armistice. Image:Okt1 b.jpg Affiche : "Vive la révolution mondiale!" Ainsi, la jeune république bolchevique décida de se sortir de la Première Guerre mondiale en concluant une paix séparée avec l'Allemagne. Un armistice signé en décembre 1917 aboutit au traité de Brest-Litovsk en mars 1918 qui consacrait en pratique la défaite de la Russie qui cédait au vainqueur la majeure partie de l'Ukraine, la Biélorussie, les Pays baltes et la Pologne (la majorité des territoires cédés seront récupérés après la défaite allemande, sauf les Pays baltes et la Pologne). Par ailleurs, la propriété privée industrielle fut supprimée et les usines et les banques, nationalisées. À la place, une propriété d'état fut instaurée sur la quasi-totalité des moyens de production, sauf agricoles. Lénine a également annulé les engagements russes sur les emprunts obligataires contractés par le gouvernement tsariste pour financer la guerre. La jeune république socialiste soviétique russe (RSFSR) crée par la Constitution de 1918 fonctionnait selon un principe fédéral, dont le principe de gouvernance fut le centralisme démocratique. Le pouvoir législatif était en théorie exercé par les Congrès panrusse des Soviets, lequel déléguait au Comité exécutif central panrusse la plénitude de ses pouvoirs, tant en matière législative qu'exécutive. C'était ainsi au Comité exécutif de contrôler le Conseil des Commissaires du Peuple, lequel, avec Lénine à sa tête, était responsable du gouvernement de la RSFSR. L'apparence de la démocratie ne subsiste pas à une analyse plus poussée : noyauté et contrôlé totalement par les Bolchéviques, le Congrès des Soviets, son Comité Exécutif et donc le Conseil des Commissaires du Peuple, étaient aux mains de Lénine et de ses acolytes. Le pouvoir des soviets fut fragilisé par l'interdiction par les bolcheviks des autres courants révolutionnaires en 1918. Le pouvoir d'État devint bien plus strict en raison de la guerre civile combinée à l'intervention ouverte des états occidentaux qui fit rage jusqu'en 1921. [] Le communisme de guerre (1918-1921)Pour faire face aux problèmes posés par la guerre civile et l'offensive militaire de pays étrangers (Allemagne, Angleterre, France), et afin d'assurer l'approvisionnement des villes et de l'armée, Lénine décrète le "communisme de guerre", dont les mesures essentielles sont :
Les éléments de la dictature se mettent aussi en place à cette époque :
Grâce au communisme de guerre, Lénine et le parti communiste parviennent à se maintenir au pouvoir. Ils remportent la guerre civile et le danger d'une restauration monarchique est écarté. Cependant, la politique d'expropriation de biens des paysans afin de nourrir les soldats de l'Armée rouge provoque une énorme famine avec ces millions de morts, surtout en Ukraine. [] La police politiqueLa survie de l'État dépendait beaucoup d'une surveillance de ses citoyens par la police politique. Dès 1917, la Tcheka fut fondée (elle prendra ensuite différents noms, GPU (Guépéou), OGPU, MVD , NKVD (Narodnyi Komissariat Vnutrennih Del), et finalement KGB en 1953) La police politique était chargée de liquider les "poux" et autres "agents capitalistes" avec des méthodes expéditives. Elle était aussi chargée de la traque des dissidents, de leur expulsion du parti et de leur jugement pour activités contre-révolutionnaires. [] La naissance d'une nation (1921-1924)[] Naissance de l'URSSL'Union des Républiques Socialistes Soviétiques (URSS) naquit le 29 décembre 1922, date de la signature du Traité d'Union entre la RSFSR, la République Socialiste Fédérative Soviétique Transcaucasienne et les Républiques Soviétiques Socialistes Biélorusses et Ukrainiennes. Ce traité est ratifié le 30 décembre 1922 par le premier congrès des soviets d'URSS. Une constitution fut rédigée en 1924 ; l'union regroupa plusieurs républiques fédérales dont les frontières furent constituées selon une répartition démographique correspondant à un "peuple" dans sa définition soviétique. L'URSS fut donc un État fédéral dans lequel chaque république est égale en droits. Les organes fédéraux soumis au Parti communiste contrôlèrent la défense, le commerce extérieur et les transports. Dans les faits, le PCUS (et au début le RSDRP) et le Tchéka (la police secrète) surveillent étroitement ces républiques dont les premiers secrétaires du PC sont désignés par Moscou. [] Les sovietsLe Parti Communiste de l'Union Soviétique (PCUS) devint rapidement le seul parti légal. Le pays fut théoriquement gouverné par des Soviets élus démocratiquement au niveau régional et local. Néanmoins, en pratique, chaque niveau de gouvernement était dirigé par la branche correspondante du parti communiste. [] La NEP (1921-1929)Après la guerre civile (1921) et les nationalisations, le pays se trouve dans une situation humanitaire et économique désastreuse. La famine sévit (5 millions de morts), surtout en Ukraine et les paysans se soulèvent contre les réquisitions. Lénine décida alors de suspendre la collectivisation dans l'agriculture, et met en ?uvre la NEP ou la Nouvelle Politique Économique, d'essence capitaliste (celle-ci donnant droit à une propriété privée limitée). Les réquisitions sont remplacées par un impôt en nature peu élevé. Pour expliquer le passage à la NEP, Lénine dit que "[le pays] n'était suffisamment civilisé pour le socialisme", se référant au fait que la Russie était encore une société essentiellement agraire avec une base industrielle encore faible et ne correspondait donc pas aux critères permettant le socialisme. La NEP devait également rassurer les pays occidentaux capitalistes. La NEP atteint les résultats escomptés en permettant à l'économie de se relever des conséquences désastreuses de la guerre. La famine rampante disparut virtuellement et la classe paysanne s'enrichît. Les paysans aisés sont appelés les koulaks ; dans les agglomérations, les nepmen constituent une bourgeoisie riche. La NEP fut généralement considérée comme étant une mesure provisoire et était extrêmement critiquée par les marxistes purs du parti bolchevique. Ces derniers voyaient la NEP comme une trahison des principes socialistes et voulaient une économie intégralement planifiée. [] La succession de Lénine (1922-1929)Dès 1922, la santé de Lénine décline suite à des attaques cérébrales, conséquences d'un attentat dont il fut victime en 1918. La lutte pour le pouvoir opposa principalement Staline (que Lénine n'appréciait pas et redoutait même) et Trotsky (un "vieux de la vieille") notamment au sujet de la NEP. Le pouvoir se trouva peu à peu concentré dans les mains de Joseph Staline qui écarta Léon Trotski qui finit par être exilé. Il fut assassiné par un agent stalinien au Mexique en 1940. Après avoir réussi à éliminer toute opposition au sein du parti, Staline devint le dirigeant suprême de l'Union soviétique de 1929 à 1953, année de sa mort. Du point de vue politique, ce fut une période de dictature totalitaire. [] Collectivisation et Planification économiques (à partir de 1929)[] Abandon de la NEPImage:Kolkhoznitsa.jpg Ouvrier et kolkhozienne. Sculpture de Véra Moukhina. 1937 Staline ne forgea pas immédiatement sa doctrine au sujet de la NEP. Sans doute est-il exact de dire que ses changements d'opinion tenaient plus de la tactique politique que de la doctrine, ce qui lui permit de se débarrasser des uns et des autres. [] La collectivisation des campagnesÀ partir de 1929, Staline décide de supprimer la propriété privée dans les campagnes : le bétail, les outils, les terres doivent être mises en commun. Les moyens de production agricole sont regroupés dans les kolkhozes ou dans des sovkhozes. [] La planification de l'économieIl s'agissait de prévoir les activités économiques selon des plan quinquennaux et qui fixaient les objectifs obligatoires de production. Ces plans quinquennaux donnaient la priorité aux industries lourdes en laissant de côté les industries de consommation. [] L'industrialisation de l'URSSLa Russie du début du XXe siècle était encore très rurale et agricole. Staline voulait développer l'industrie lourde et faire de l'URSS une puissance économique majeure. Image:Chugun b.jpg Affiche appellant à fournir 8M de tonnes de fonte en 1931 Les moyens utilisés sont ceux d'une économie planifiée et centralisée et d'une organisation politique totalitaire :
Selon certaines estimations, 127 000 travailleurs payèrent de leur vie la mise en place du premier plan quinquennal (de 1928 à 1932). Par ailleurs, l'allocation prioritaire des ressources à l'industrie, combinée à la diminution de la productivité agricole, provoqua de nouvelles famines. Le plan quinquennal fut cependant "bouclé" en 4 ans. De 1928 à 1932, la production de charbon avait doublé, celle d'acier avait triplé. Bilan de la politique économique en 1939 En dix ans, l'URSS a accompli un bond remarquable du point de vue industrialisation au détriment de la production insuffisante de biens de consommation et d'un niveau de vie médiocre de la population. Suite au second plan quinquennal, la production d'acier a grimpé à 18 millions de tonnes, celle de charbon à 128 millions de tonnes. Avant son interruption par la guerre, le troisième plan avait permis d'atteindre 18 millions de tonnes d'acier et 150 millions de tonnes de charbon. Certains estiment que sans cette industrialisation forcée, l'histoire de la seconde guerre mondiale aurait été différente. [] La dictature de Staline (1929-1953) et son culte de personnalitéImage:Stalin narod.jpg Staline et les peuples de l'URSS. Affiche Staline mit en place un système totalitaire sur lequel il régnait en despote absolu et reposant sur deux piliers : la propagande, mettant en ?uvre une véritable culte de la personnalité (il était appelé le "petit père des peuples") et la répression, s'appuyant notamment sur Le NKVD, police politique toute-puissante. Voir l'article détaillé URSS de Staline [] La Seconde Guerre mondiale - La Grande Guerre PatriotiqueL'industrialisation à marche forcée contribua à la victoire de l'URSS sur l'Allemagne pendant la Seconde Guerre mondiale (connue, en Union Soviétique et en Russie, comme la "Grande Guerre Patriotique"). L'Armée rouge réussit à arrêter l'avance à l'est des armées du Reich. Quoique l'Union Soviétique ait reçu d'importantes aides en armes et matériels des États-Unis, sa production de matériel de guerre était plus importante que celle de l'Allemagne du fait de l'importante augmentation de la production industrielle entre les deux guerres. [] Le pacte Germano-soviétique et le déclenchement de la guerreAfin d'assurer l'influence soviétique sur l'Europe de l'est, Staline conclut, le 23 août 1939, le Pacte Molotov-Ribbentrop avec l'Allemagne nazie. Il s'agissait d'un pacte de non-agression qui contenait une annexe secrète attribuant l'est de la Pologne, la Lettonie, l'Estonie et la Finlande à l'Union Soviétique, tandis que l'ouest de la Pologne et la Lituanie étaient attribués à l'Allemagne. [] Opération BarbarossaLe 22 juin 1941, l'Allemagne rompit le pacte de non-agression et attaqua l'Union Soviétique. L'invasion nazie prit l'URSS par surprise et dans un état de relative impréparation. Certains historiens estiment que les Grandes purges des années 1936-1938, au cours desquelles 40 000 officiers auraient été emprisonnés ou liquidés, ne sont pas étrangères aux premières difficultés de l'Armée rouge. Les troupes du Reich atteignirent les environs de Moscou en décembre 1941, mais avaient atteint leur extension maximale, des troupes devant aller consolider le flanc sud de l'attaque. [] Le tournant de la guerreLe tournant de la campagne fut la Bataille de Stalingrad en 1942 et 1943, que l'Armée rouge remporta après avoir perdu un million d'hommes. L'armée rouge avait dès lors repris l'initiative, surtout après la Bataille de Koursk en juillet 1943, et commença à regagner du terrain sur l'armée allemande. En avril 1945, l'Armée rouge pénètre Berlin, le 30 avril le drapeau rouge flotte sur le Reichstag, et la capitulation sans condition est signée le 8 mai. [] L'impact et les suites de la guerreL'URSS supporta l'essentiel de l'effort de guerre sur le théâtre d'opérations européen jusqu'à ce que les Alliés ouvrent un second front en Europe suite au débarquement en Sicile, en 1943, et en Normandie. Environ 28 millions de soviétiques perdirent la vie, parmi lesquels 17 millions de civils, et les infrastructures du pays avaient été virtuellement annihilées. Ceci explique peut-être partiellement l'attitude des soviétiques après la guerre, déterminés à punir les peuples ayant collaboré avec l'Allemagne et à occuper d'importants territoires. Des millions de lituaniens, lettons, géorgiens, ukrainiens et autres minorités ethniques furent massivement déportés dans des goulags en Sibérie. Pendant la guerre, les négociations entre les Alliés aboutissent à la mise en place de deux zones d'influences, suivant les accords de Yalta et de Potsdam. L'Union soviétique met en place des régimes dits de « Démocraties populaires », qui lui étaient dévoués dans les pays d'Europe centrale, y compris dans la partie de l'Allemagne sous son contrôle. La ligne frontière séparant cet ensemble de pays de l'Europe occidentale, et dénommée par les Occidentaux Rideau de fer, est par la suite le théâtre de la Guerre froide. [] L'après guerre[] La guerre froideDepuis 1945 et quasiment jusqu'à sa chute, l'Union soviétique sera opposée aux États-Unis dans ce qu'on appelera la guerre froide, chacun des protagonistes essayant d'augmenter sa sphère d'influence au détriment de l'autre, et souvent des pays concernés. [] La succession de Staline (Khrouchtchev)Après la mort de Staline en mars 1953, Nikita Khrouchtchev devint Premier Secrétaire du Comité Central du Parti tandis que Gueorgui Malenkov devient Premier ministre. Beria, le chef du NKVD, qui pouvait prétendre à la succession est arrêté en juin 1953 et exécuté peu de temps après, en décembre 1953. La nouvelle direction du pays déclara une amnistie pour certaines catégories de prisonniers et relâcha quelque peu le carcan qui enserrait les libertés publiques. Khrouchtchev consolida peu à peu son pouvoir personnel et pendant le 20e congrès du Parti communiste, il prononça, le 25 février 1956, un discours sur "le culte de la personnalité et ses conséquences" au cours duquel il dénonça le culte de la personnalité entretenu par Staline ainsi que la dictature qu'il avait fait subir à l'URSS et les crimes de cette période. L'impact de ce discours fut immense et détruisit la légitimité des staliniens qui lui étaient encore opposés. S'ensuivirent de nouvelles mesures de démocratisation de la vie publique, la libération de dissidents, et la mise en place d'une économie plus favorable aux biens de consommation par rapport aux plans quinquennaux précédents. La même année, les troupes soviétiques réprimèrent dans le sang la révolution hongroise : de 25 000 à 50 000 Hongrois et 7 000 soldats de l'Armée rouge perdirent la vie, tandis que près de 250 000 Hongrois quittaient le pays. Cet événement fut, pour l'opinion occidentale favorable à l'Union soviétique et au communisme, un premier choc sérieux. Khrouchtchev dut encore se défendre en 1957 contre les menées de staliniens voulant remettre son pouvoir en place, mais il les défit. On nota cependant que les prétendants écartés ne furent pas exécutés, comme du temps de Staline, mais simplement éloignés. Khrouchtchev devint enfin Premier ministre le 27 mars 1958. La période de 10 ans qui suivit confirma cette nouvelle tendance : le pouvoir politique avait pris le pas sur la coercition pure et simple, le parti reprenant le rôle premier par rapport à la police secrète et à l'armée. Au cours de cette période, également, l'URSS confirma sa place de super puissance et défiait les États-Unis, souvent sur leur propre terrain. Cuba, pays socialiste supporté par l'URSS, devint le centre de cette opposition lors de la Crise des missiles de Cuba en octobre 1962. En 1957, les soviétiques envoyèrent dans l'espace le premier satellite artificiel, Spoutnik et le premier être vivant dans l'espace, Laïka. En 1961, Youri Gagarine, fut le premier homme dans l'espace, et en 1963, Valentina Terechkova la première femme. Sans doute partiellement à cause de l'affaire des missiles, Khrouchtchev fut déposé lors d'une réunion du Comité Central du Parti le 13 octobre 1964. [] Léonid Brejnev. Stagnation politico-économiqueSuite au départ de Khrouchtchev, Brejnev devient premier secrétaire du parti, Alexeï Kossyguine Premier ministre et Anastase Mikoyan chef de l?État. Sous Brejnev, le régime soviétique se durcit à nouveau, la police politique (le KGB), dirigée par Iouri Andropov retrouvant la plus grande partie du pouvoir dont elle avait joui sous Staline, cependant sans les excès les plus terribles. Une des crises les plus graves de l'époque de Brejnev fut celle du Printemps de Prague en 1968, lorsque les tentatives de la Tchécoslovaquie d'introduire un "socialisme à visage humain" finit par être réprimée par l'Armée rouge, sans toutefois les excès de la répression de la révolution hongroise. Sur le plan international, le règne de Brejnev fut marqué par une certaine détente avec les États-Unis (avec notamment la signature de traités de limitation des armes et le traité d'Helsinki). En décembre 1979, Brejnev intervint en Afghanistan pour soutenir le régime communiste en place. Cet événement mit un coup de frein à la détente, provoquant un embargo par les États-Unis, la fourniture d?armements aux rebelles talibans et le boycott des Jeux Olympiques de Moscou en 1980. En mars 1982 Brejnev souffrit d'une crise cardiaque. Son pouvoir n?était plus que fantomatique et il mourut en novembre. [] Perestroïka et glasnost de Mikhaïl Gorbatchev et la chute de l'empireAprès la rapide succession de Iouri Andropov (1982-1984) et de Konstantin Tchernenko (1984-1985), deux vieillards dans la droite ligne de Brejnev, Mikhaïl Gorbatchev, un énergique dirigeant de 53 ans, devint Premier Secrétaire du Parti. Constatant la déliquescence du pays et de son économie, Gorbatchev tente tout d'abord de sortir son pays de l'impasse que devient la guerre froide. En effet, Ronald Reagan avait lancé un réarmement massif des États-Unis en orientant sa recherche et ses investissements vers des types d'armement à très haute valeur technologique, entraînant ainsi l'URSS, sous peine d'obsolescence, dans une course rapide qu'elle ne pouvait que perdre vu son retard technologique et son économie en grave crise. Gorbatchev initia donc avec Reagan une série d'initiatives qui aboutirent à une détente certaine et à la signature d'accords de désarmement. Gorbatchev obtint le Prix Nobel de la paix pour ces efforts en 1990. Cette époque fut marquée par la chute du Mur de Berlin. Se débarrasser de cette contrainte externe n'était cependant pas suffisant, et sans abandonner le dogme central du socialisme, Gorbatchev lança la Glasnost ("transparence", politique d'informations libres) et la Perestroïka ("restructuration", nouvelle politique sociale et économique), cherchant une voie intermédiaire entre les "traditionalistes" attachés au régime (la nomenklatura) et les "réformistes", tels Boris Ieltsine qui lui reprochaient la lenteur des réformes. Pourtant il était trop tard, et Gorbatchev ne réussit pas à corriger les failles qui minaient l'état depuis des décennies. En juin 1990, Boris Eltsine, Président du Soviet Suprême de la république de Russie déclara la souveraineté de la Russie et démissionna du parti communiste. En août 1991, un putsch mené par des membres du gouvernement opposés aux réformes montra à quel point la position de Gorbatchev s'était fragilisée. Le complot échoua en partie grâce à l'intervention de Boris Eltsine, le président de la république de Russie qui confirma de ce fait sa position de chef de file des réformistes. Au cours de l'automne 1991, tandis que les républiques constituante de l'URSS proclamaient, l'une après l'autre, leur indépendance sans que Gorbatchev se résolve à -ou ait la possibilité de- s'y opposer par la force, le gouvernement Russe prit peu à peu l'ascendant, reprenant, ministère par ministère les fonctions auparavant assurées par l'Union. Ainsi, Gorbatchev tout en étant président de l'Union Soviétique perdait peu à peu prise. En novembre 1991, le Président Russe Boris Eltsine publia un décret qui interdisait le Parti Communiste d'Union Soviétique sur le territoire de la république de Russie. Le 8 décembre 1991, les chefs de la Russie, de l'Ukraine et de la Biélorussie publièrent une déclaration selon laquelle l'Union Soviétique était dissoute et remplacée par la Communauté des États indépendants (CEI). Gorbatchev était encore Président, mais sans pays et son pouvoir ne signifiait plus rien. Le 25 décembre 1991, Gorbatchev remit sa démission en tant que président de l'Union Soviétique et remit ses pouvoirs à Boris Eltsine. Le jour suivant, l'Union Soviétique était officiellement dissoute. [] Communauté des États indépendantsLa Communauté des États indépendants, créée en décembre 1991, a comme membres les républiques suivantes : Arménie, Azerbaïdjan, Belarus, Kazakhstan, Kirghizstan, Moldavie, Ouzbékistan, Russie, Tadjikistan, Turkménistan, Ukraine et Géorgie. Il s'agit d'une union dont le projet ressemble à celui de l'Union Européenne sans que celui-ci ait beaucoup avancé. [] Système PolitiqueL'URSS fut un état fédéral, basé sur le centraliste démocratique regroupant quinze Républiques Soviétiques. Le système politique, très hiérarchisé, fut basé théoriquement sur le Conseil des Ministres (Sovet Ministrov), qui détenait le pouvoir exécutif, et le Parlement (Soviet Suprême, Verkhovny Sovet) qui détenait le pouvoir législatif. Image:KPSS.jpg Affiche des années '80 "PCUS. Esprit, hônneur et conscience de notre époque" Ce qui fait la singularité de l'Union Soviétique, c'est que l'Etat y fut contrôlé par une seul parti politique, le Parti communiste de l'URSS (PCUS). Le Parti fut censé s'exercer la "dictature du prolétariat" ; ce qui est une boussole du marxisme-léninisme. Tous les hauts-fonctionnaires de l'Etat se recruterent dans les rangs supérieurs du Parti. En principe, le Parti fut ouvert à tout citoyen qui "n'exploite pas le travail des autres, accepte le programme et les règles du Parti, travaille dans une organisation du Parti et soutient toutes ses décisions". Dans les années 80, 6% des 265 millions d'habitants furent membres du PCUS. Celui-ci compta quelque 200.000 fonctionnaires à plein temps, les apparatchiki, les "hommes de l'appareil". La structure du parti doublait la structure de l'état : si à chaque niveau il y avait des organes étatiques qui semblaient exercer le pouvoir, ces organes étaient contrôlés par le PCUS, et donc par son responsable à chaque niveau, lequel prenait ses ordres de l'échelon supérieur, jusqu'à arriver au Secrétaire général du Parti, poste rendu par Staline le plus important de toute l'Union soviétique. Au sommet de l'Etat se situaient donc le Soviet Suprême, avec son organe exécutif, le Praesidium, ainsi que la Cour Suprême et le Procureur de l'Union Soviétique. Ces trois magistratures étant en principe sous le contrôle des deux chambres législatives. Le Conseil des Ministres supervise une quantité de commissions et de services, dont le nombre et les attributions changent à intervalles, mais qui sont des organes plus importants que les ministères des républiques. Au somment du Parti, le Secrétaire général, dont le titre est modeste mais le pouvoir beaucoup plus grand que celui du Président du Praesidium du Soviet Suprême de l'Union Soviétique dont le titre est purement honorifique, et plus grand que celui du Président du Conseil des ministres (Premier ministre) de l'URSS. Au dessous de lui, par ordre d'autorité décroissante viennent le Politburo, le Secrétariat et le Comité central. Au dessous encore le Congrès du PCUS, puis les comités centraux, les Secrétariats et les Conférences provinciales représentent l'échelon suivant. Un degré plus bas viennent les Comités, Secrétariats et Conférences de district. Enfin, constituant la base de la pyramide, les secrétariats, bureaux et cellules locales. Le Parti déterminait la politique à suivre que l'Etat devait exécuter. La tâche des fonctionnaires du gouvernement consistait à mettre en application les décisions du Parti, c'est-à -dire du Politburo et du Comité central. Cette méthode avait un avantage : contrairement à ce qui se passa en Occident, ceux qui font la politique sont ainsi déchargés des besognes de routine. Nikita Khrouchtchev a été le premier chef soviétique à cumuler les titres du Premier secrétaire du PCUS et celui du Président du Conseil des Ministres de l'URSS. Quant à Léonid Brejnev, il fut en même temps Premier secrétaire (depuis 1966, Secrétaire général) du PCUS et Président du Praesidium du Soviet suprême de l'URSS (de 1960 à 1964 et de 1977 à 1982). [] Économievoir : Économie de l'URSS [] Bilan économique - l'impasse de l'économie planifiéeL'entre deux guerre et l'après guerre furent des périodes de croissance économique importante que l'on peut, pour une bonne part, attribuer au mariage de la planification et du travail forcé. Lorsque la croissance se ralentit dans les années 60, cela fut considéré comme un phénomène normal dans une économie avancée. Pourtant, les années '70 et '80 démontrèrent que le problème était plus profond. Les responsables de la planification avaient été incapables de prévoir les problèmes économiques, et, pire, le concept même d'économie planifiée ne semblait pas pouvoir fonctionner dans le cadre d'une économie moderne et changeante, spécialement lorsque l'administration de la planification est confiée à une bureaucratie sclérosée et une nomenklatura plus attachée à ses privilèges qu'au service de l'état. Le maréchal Nikolaï Orgakov avait publié, à partir de 1979, une série d'articles, dans la presse du parti communiste, qui expliquaient de façon alarmiste, que les américains avaient une et même deux génération d'avance en électronique et en informatique, et sans possibilité de pouvoir les rattraper. En 1983, une enquête non-conformiste -- le rapport de Novossibirsk -- réalisée par des universitaires avec l'approbation même d'Youri Andropov, le successeur (1982-1984) de Leonid Brejnev aboutissait à la conclusion suivante : « Qui pourrait déclencher une guerre contre nous, alors que, dans douze ou quinze ans, nous aurons disparu en tant qu'État souverain ? ... Un État dont plus de la moitié de la population adulte est constituée d'alcooliques et d'ivrognes n'est pas capable d'assurer sa défense... » [] Les forces arméesAutant le bilan social et sanitaire était catastrophique, le bilan militaire était florissant :
[] Nationalités en URSSVoir : Nationalités en URSS [] DémographieImage:Soviet Union demography.png Évolution de la démographie entre 1961 et 1991 (chiffre de la FAO, 2005). Population en milliers d'habitants. Vers la fin de la période, il existe une différence notable entre une population russe et ukrainienne à croissance faible, et des peuples "allogènes" (principalement turcophones) à forte natalité. [] L'URSS et les principes socialistesImage:Proletarii vseh stran.jpg Affiche de propagande des années 80 avec un slogan de Karl Marx : "Prolétaires de tous les pays, unissez-vous" La difficulté de la question est liée au fait que le terme « socialisme » a pu décrire des mouvements très divers et souvent en opposition sur ce qui constitue le « vrai » socialisme. En fin de compte, la question des rapports entre l'URSS et le socialisme dépend de la façon dont on définit le socialisme. Parmi ceux qui se réclament du socialisme, il existe trois visions de l'URSS :
Pour expliquer le fait que l'URSS aurait tourné le dos aux principes du socialisme, des éléments sont avancés :
A l'inverse, certains intellectuels tels Alexandre Zinoviev ont affirmé que la réalité soviétique était la conséquence des principes du socialisme dans sa forme marxiste étatique. Selon une telle vision, la centralisation de l'économie ayant pour corollaire nécessaire celle du pouvoir, le culte de Staline ne serait alors que l'exemple extrême et la conséquence logique de la concentration du pouvoir, monopolisé successivement par un seul parti (1917), puis par un seul courant au sein du parti (1921), enfin par un seul homme. Non sans ironie, Zinoviev, se basant sur une analyse marxiste de la société soviétique, réaffirme l'idée des communistes "conservateurs" staliniens puis brejnéviens, selon laquelle l'URSS de Staline à Brejnev ne représente pas la perversion des principes socialistes mais leur aboutissement. [] Voir aussi[] Liens internes
[] Liens externes
[] Bibliographie
La source est wikipedia http://fr.wikipedia.org/wiki/ Union soviétique |
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