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Treize colonies britanniques en Amérique du Nord

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Les treize colonies britanniques d'Amérique du Nord ou Treize colonies, issues de l'Empire britannique, sont les colonies fondatrices des États-Unis d'Amérique. Elles sont situées entre la Nouvelle-Écosse et la Floride et entre l'Atlantique et les Appalaches.

Unies en 1775, elles signent la déclaration d'indépendance des États-Unis d'Amérique en 1776 et se séparent de la Grande-Bretagne. Cet évènement entraîne la Guerre d'Indépendance des États-Unis d'Amérique et mène à l'Indépendance des États-Unis d'Amérique.

L'histoire des Treize colonies est partie liée avec celle des colonies européennes et plus particulièrement britanniques de la côte atlantique. Différenciées quant à leur statut et leur origine politique, elle sont marquées par une grande hétérogénéité.

Quakers embrassant des Indiens en Pennsylvanie.
Quakers embrassant des Indiens en Pennsylvanie.

Sommaire

[] Fondation des colonies anglaises d'Amérique (XVIIe siècle)

En rouge : les 13 colonies vers 1775
En rouge : les 13 colonies vers 1775
Les 13 colonies anglaises d'Amérique du Nord[1]
Fondation
en
Fondateur Devenue colonie
royale en
Virginie 1607 Compagnie de Londres 1624
Massachusetts 1620 Puritains anglais 1691
New Hampshire 1623 John Mason 1679
Maryland 1634 Lord Baltimore 1688-1715[2]
Connecticut v. 1635 Thomas Hooker _
Rhode Island 1636 Roger Williams _
Delaware 1638 Peter Minuit _
Caroline du Nord 1653 Virginiens 1729
Caroline du Sud 1663 8 nobles 1729
New Jersey 1664 Lord Berkeley,
Lord Carteret
1702
New York 1664 Duc d'York 1685
Pennsylvanie 1682 William Penn _
Georgie 1732 James Edward Oglethorpe 1752

À la fin du XVIe et au début du XVIIe siècle, l'Angleterre se lance dans une politique de conquêtes coloniales. Les rivalités avec la France et l'Espagne, la volonté de devenir une puissance maritime et de découvrir le passage du Nord-Ouest vers l'océan Pacifique encouragent Londres à explorer puis coloniser l'Amérique du Nord.

[] Virginie

Article détaillé : Histoire de la Virginie.

En 1584, Sir Walter Raleigh (1554 - 1618) explore les côtes de la Virginie, qu'il baptise en l'honneur de la reine Elizabeth I[3]. En 1585, une colonie est fondée sur une île de la côte est, mais elle échoue dans des conditions non élucidées. Le mathématicien Thomas Harriot qui l'accompagnait dresse une première carte de la région.

Les territoires octroyés par Jacques Ier aux compagnies
Les territoires octroyés par Jacques Ier aux compagnies

Le roi Jacques Ier (1603-1625) hérite du territoire compris entre le 34e et le 45e degré de latitude, qu'il partage entre la compagnie de Londres et celle de Plymouth. Ces dernières espèrent découvrir des mines d'or et d'argent. C'est finalement la pêche à la morue au nord et la culture du tabac au sud qui deviennent les bases de l'économie coloniale. La fertilité du sol attire de nouveaux colons, et l'émigration anglaise est favorisée par les troubles politiques et religieux. La ville de Jamestown est fondée en 1607 par les envoyés de la compagnie, sur les terres d'un chef Potomac Powathan : elle compte à cette époque une centaine d?habitants. L?agriculture et les conditions de vie sont mauvaises pour les colons car les terres sont insalubres.

[] Massachusetts

Articles détaillés : Histoire du Massachusetts et Histoire de Boston.

À partir de 1605, Du Gua et Samuel de Champlain explorent la côte au sud du Canada jusqu?au cap Cod. En 1620, une centaine de puritains débarquent du Mayflower et fondent Plymouth (Massachusetts). Le mode d'organisation de la colonie est discuté à bord du bateau : c'est le Mayflower Compact. Les Pères pélerins nouent des relations de voisinage distant avec les indigènes, qui leur permettent de survivre, en leur donnant du maïs, des potirons et des dindons : en 1621 est célébré le premier Thanksgiving. Les querelles religieuses en Angleterre renforcent l?arrivée de nouveaux puritains dans cette région. Mais il y a aussi de nombreux protestants allemands qui fuient la misère et les persécutions religieuses (on compte ainsi 10 000 Allemands avant l?indépendance). Les puritains de Boston et Providence se lancent dans le commerce triangulaire. Ils achètent des esclaves en Afrique et les revendent en Virginie au Maryland ou sur les marchés antillais. Au milieu du XVIIe siècle, Boston est devenue avec ses 3000 habitants, le centre de la Nouvelle-Angleterre. Des missionnaires tentent d?évangéliser les Indiens. De nouveaux groupes de protestants arrivent en Nouvelle-Angleterre : anabaptistes et quakers qui sont persécutés au Massachusetts et qui s?établissent dans des colonies voisines.

[] New York et les colonies du centre

Article détaillé : Histoire de New York.

D'abord exploré par Giovanni da Verrazano pour le compte de la France en 1524[4], le site de New York est ensuite reconnu par Henry Hudson en 1609. Le navigateur britannique reconnaît la baie de New York puis le fleuve baptisé en sa mémoire, l'Hudson River[4]. Les Hollandais occupent ensuite la Nouvelle-Amsterdam dès 1614. En 1626, le directeur de la colonie Peter Minuit achète l?île de Manhattan aux Amérindiens. En 1664, le roi Charles II d'Angleterre offre la Nouvelle-Amsterdam à son frère, le Duc d'York[4]. Les Anglais s'emparent de New York au cours de la même année.

Les fondations se multiplient dans les années 1630 : Sir George Calvert (Lord Baltimore) crée la colonie du Maryland en 1632 ; elle accueille les catholiques persécutés en Angleterre. Le Rhode Island apparaît en 1638 par l'action d'Anne Hutchinson.

En 1664, les Anglais s?emparent de New York et de sa région, chassant les colons hollandais et suédois qui avaient tenté de s'implanter sur ces côtes.

[] Pennsylvanie

Article détaillé : Histoire de la Pennsylvanie.
William Penn
William Penn

Plus au sud, l?exploration de la vallée du Delaware commence au début du XVIIe siècle. Les premiers colons suédois, hollandais et anglais revendiquent tour à tour les rives du fleuve : la Nouvelle-Suède, fondée en 1638, est annexée aux Nouveaux-Pays-Bas en 1655. Puis la région passe définitivement dans le giron britannique en 1674.

En 1681, le roi d?Angleterre Charles II octroie une charte au quaker William Penn (1644?1718), en échange de l?annulation d?une dette que le gouvernement devait à son père. Par ce document, la colonie de Pennsylvanie est officiellement fondée[5].

[] Suppression des chartes

À partir de 1686, l?Angleterre change de politique coloniale et supprime les chartes octroyées au colons d?Amérique. La Nouvelle-Angleterre devient dominion de la couronne, administrée par un gouverneur nommé et révocable par le roi. La glorieuse révolution en Angleterre provoque des soulèvements parmi les colons américains qui ne reconnaissent pas la nouvelle dynastie en Angleterre. Le Connecticut garde sa charte royale jusqu'en 1818[6].

En 1700, douze des treize colonies ont été fondées. La Géorgie rejoint les possessions britanniques en 1733.

[] Les colonies au XVIIIe siècle

[] Description

Selon l'usage et par commodité, on dénombre du Nord au Sud, trois sous ensembles parmi ces colonies et provinces. Nous les indiquons en gras, avec les colonies qui les composent, suivies du nom de l'actuel ou des actuels États correspondants (sur les dénominations voir ici) :

  • Les colonies médianes ou du Centre (Middle Colonies) :
  • Les colonies du Sud (Southern colonies) :

Certains ouvrages évoquent un quatrième ensemble, les colonies dite de la baie de Chesapeake (Cheasapeake Colonies) pour désigner les provinces de Maryland et de Virginie.

[] Organisation politique

[] Le pouvoir central

Le Board of Trade vers 1808.
Le Board of Trade vers 1808.

L'organisation politique des colonies anglaises est radicalement différente de celle qui dans l?empire colonial espagnol à la même époque : il n'existe pas de vice-roi, mais une autorité qui reste centralisée à Londres : le pouvoir exécutif revenait au conseil privé qui comprenait le Secrétaire d'État au département du Sud (Secretary of State for the Southern Department), ce dernier s'occupant plus spécifiquement des colonies américaines. il fut transformé en 1768 en Secrétaire d'État aux colonies de la Grande-Bretagne.

Le Board of Trade, créé en 1696 comme auxiliaire du conseil privé pour les affaires coloniales, comptait une quinzaine de membres[7]. Après 1752, il exerça une autorité grandissante sur la politique coloniale.

Le Parlement britannique s?occupait de la politique commerciale, militaire et monétaire de même qu?une partie des affaires criminelles. Les lois qui en émanaient et qui s'inspiraient des théories mercantilistes, régulaient l?activité commerciale avec les colonies[8].

[] Les gouverneurs

Maison du gouverneur, Williamsburg (Virginie)
Maison du gouverneur, Williamsburg (Virginie)

Le rôle du gouverneur évolua tout au long de la période coloniale. Au temps des premières fondations, ce personnage dirigeait la colonisation et de l?organisation du territoire. Ensuite, les gouverneurs furent souvent absents de leur poste : la fonction était considérée alors comme une source de revenus. Au XVIIIe siècle, les gouverneurs étaient appointés par le Secrétaire d?État responsable des colonies. Il recevait des instructions du Board of Trade.

Les pouvoirs du gouverneur étaient larges : il devait apporter son approbation à chaque loi ; il nommait les juges, commandait la milice et pouvait dissoudre l'assemblée. Ils disposait des forces armées, de la marine anglaise et des forces régulières de la colonie. Ils étaient secondés dans leurs tâches par les agents des douanes ou encore les enquêteurs des revenus royaux[7]. Leur mode de désignation dépendait du statut de la colonie :

  • Ils étaient choisis par le conseil privé dans les colonies royales
  • Par les propriétaires dans les colonies de propriétaires
  • Par les citoyens dans les colonies à chartes.

[] Le Conseil

Le conseil du gouverneur (Governor?s Council ou Governor?s Court) possèdait des attributions judiciaire, administrative et législative. Équivalent d'une chambre haute, il avait un rôle consultatif[7]. Son personnel était choisi par le gouverneur, comme il l?entendait, même si le choix était théoriquement soumis à l?accord de la métropole. Lorsqu?un gouverneur entrait en fonction, il pouvait garder ou changer les membres de son conseil. Ces derniers n'étaient pas rémunérés et exerçaient souvent une activité professionnelle en parallèle : la plupart étaient des avocats, mais on trouvait également des marchands (surtout dans les colonies du nord) et des planteurs (dans le sud). En l?absence du gouverneur ou pendant les périodes d?intérim, c?est le conseil qui assurait le pouvoir exécutif ; il siégait en permanence. Il était dirigé par un président (President of the Council ou Lieutenant Governor). Les lois élaborées par l?assemblée étaient soumises à l?approbation du conseil.

[] L'Assemblée

L?assemblée générale (General Assembly[9]) était élue par les citoyens des towns et de comtés. Le droit de vote n'était accordé qu'aux hommes blancs le plus souvent propriétaires ou appartenant à une Église particulière. L'assemblée discutait et règlait les problèmes locaux, mais aussi le budget et l'équipement de la milice. Elle pouvait envoyer des agents afin de présenter des pétitions et des requêtes à Londres[7]. Contrairement au Conseil, sa session n'était pas permanente et elle était renouvelée chaque année.

[] Les différents statuts

Chaque colonie possède un statut propre qui dépend de son histoire mais au-delà des différences institutionnelles on peut distinguer trois catégories :

  • les Colonies à Chartes : dont le statut dépend de chartes octroyées par le souverain à des compagnies maritimes privées. La charte définit les règles politiques de la colonie. Dans les années 1770, seules les colonies du Rhode Island et du Connecticut bénéficient de ce statut. Ces deux colonies sont sans doute celles qui jouissent de la plus grande autonomie du fait de l'existence de corps constitués. Le gouverneur et les principaux administrateurs (comme le lieutenant-gouverneur) sont élus par une assemblée coloniale. Aux yeux des contemporains, comme pour Filippo Mazzei, ces colonies sont proprement démocratiques.
  • les Colonies de Propriétaires : leurs statuts politiques ont été définis lors de la reconnaissance par Londres de la fondation de la colonie. Ils reposent donc sur l'initiative d'un grand personnage, que l'on nomme le ?propriétaire? ((en) Lord Porprietor). L'exemple le plus connu est celui de la Pennsylvanie, quand, en 1681, Charles II cède à William Penn, les territoire qui correspondent aux provinces de Pennsylvanie et du Delaware et lui accorde en 1683, une Frame of Government. À l?origine le fondateur faisait office de gouverneur. Avec le temps, le gouverneur est désigné par les héritiers du fondateur de la colonie et leur choix doit être ratifié par Londres. En 1776, John Penn (1729 - 1795), petit fils du propriétaire, exerçait les fonctions de lieutenant-gouverneur de la Pennsylvanie. Les provinces comprises entre la Nouvelle-Angleterre et le Maryland avaient originellement pour propriétaire le duc d'York. La Géorgie, les Carolines et le New-Jersey bénéficiaient d'un statut similaire mais à la veille de l'Indépendance, les colonies à Charte étaient au nombre de trois : la Pennsylvanie, le Maryland et le Delaware.
  • les Colonies de la Couronne ou royales : le New-Hampshire, le Massachusetts, la province de New-York, le New Jersey, la Virginie, les deux Carolines et la Géorgie. Elles bénéficient d?une Constitution rédigée par la couronne. On entend par « constitution », une somme des textes fondateurs, d'instructions successives données aux gouverneurs, modérées par l'expérience et la tradition. Pour autant, l?idée de constitution au sens « moderne » fait son chemin. Ce sont les Colonies où le contrôle de la métropole est par nature le plus étroit : le gouverneur nomme les administrateurs et dispose d?un droit de veto sur les discussions des assemblée locales. Un droit de veto renforcé par celui du Conseil Privé qui peut rejeter les décisions du gouverneur [10]. Ce dernier peut enfin dissoudre ou ajourner l?Assemblée coloniale. Une exception, celle de la province de la Baie du Massachusetts, qui bien que titulaire d'une charte (1691) est une colonie de la Couronne.

À la veille de la Révolution américaine, seules les colonies du Connecticut et du Rhode Island maintiennent leur statut de colonie à charte. Les onze autres disposent alors de régimes similaires, même si la terminologie des institutions pouvait varier d?une colonie à l?autre.

En somme, les provinces et colonies jouissent d'organisations profondément diverses. L?existence de nombreux privilèges imposent leur marque au système institutionnel colonial. La présence et l'influence d'assemblées coloniales, l'éloignement de la métropole entraînaient de fait une large autonomie judiciaire et même politique au sein des colonies. L'historien Gordon S. Wood caractérise ce système comme un « conglomérat de privilèges locaux et de libertés ».

[] Démographie

À veille de l'Indépendance, les Treize colonies sont encore faiblement peuplées. Mais en dépit d'une densité faible et inégale, elles connaissent une formidable croissance démographique. Le fait est particulièrement frappant pour les colonies du Sud qui représentent près de la moitié de la population coloniale totale. Ces dernières ont un fort pourcentage de populations serviles, noires ou métis, qui avoisinent les 40% dans les années 1770 quand les pourcentages pour la Nouvelle-Angleterre et les Colonies du Centre sont respectivement de 3 et 6% à la même date. Vers 1775, les 13 colonies comptent 400 000 Noirs[11].

[] Quelques chiffres

Évolution de la population coloniale[12]
Estimation du nombre d'habitants Vers 1700 Vers 1750 Vers 1770
Nouvelle-Angleterre 90 000 360 000 581 000
Colonies du Centre 55 000 296 000 556 000
Colonies du Sud 105 000 514 000 1 011 000
Ensemble des colonies 250 000 1 170 000 2 148 000


Population par colonie vers 1775[13]
Maryland 200 000 Caroline du Nord 200 000 Caroline du Sud 130 000 Géorgie 35 000 Massachusetts 250 000 Connecticut 190 000 New Hampshire 70 000 Rhode Island 60 000 New York 175 000 New Jersey 125 000 Pennsylvanie 300 000

[] Le fait urbain

Quelques dates de fondation :
Jamestown (Virginie) 1607
Plymouth (Massachusetts) 1620
Philadelphie (Pennsylvanie) 1681

Les colonies ne connaissent en 1770 qu'une faible urbanisation, principalement concentrée en Nouvelle-Angleterre et dans les colonies médianes. En 1770, Philadelphie - qui avec ses 28 000 habitants peut-être qualifiée de ville moyenne en comparaison avec la métropole - New York (21 000 hab.) et Boston (15 000 hab.) sont les plus grandes agglomérations.

[] Provenance des colons

Au XVIIe siècle, le peuplement est principalement le fait de populations anglaises mais dès la fin du siècle on note l'arrivée de populations serviles noires et de migrants européens, principalement des Irlandais presbytériens, des Gallois, des Ecossais, des Huguenots et des populations germanophones. À la veille de l?Indépendance, 30% de la population était non-anglaise.

[] La question religieuse

[] La conversion des Amérindiens

En Amérique du Nord, John Eliot, pasteur presbytérien au Massachusetts entreprend d'évangéliser les Amérindiens à partir de 1641. Il apprend leur dialecte et commence à prêcher. Il regroupe les convertis dans des villages de prière et traduit la Bible en mohican et en algonquin ; il fonde des écoles, parmi lesquelles un collège indien au sein d'Harvard, il forme des instituteurs indigènes[14]. Mais ses efforts sont vite ruinés par les luttes entre colons et Indiens, et du vivant même d'Eliot, il ne reste plus un seul Mohican pour lire la Bible traduite.

Une Société pour la Propagation de l'Evangile, fondée en 1701 se préoccuppe de l'évangélisation des Indiens des Six Nations, en plus de l'aumônerie des colons. David Brainberd, né en 1718, est particulièrement connu parce que son journal, publié après sa mort a connu un grand succès. Après des études à Yale pour être pasteur, David Brainberd décide de consacrer sa vie (qui sera courte) à l'évangélisation. Il fréquente jusqu'en 1747 différents groupes d'Indiens, dans le Massachusetts, la Pennsylvanie et le New-Jersey.

[] Les rapports avec les Amérindiens

Pocahontas épouse l'Anglais John Rolfe en 1613. Les traiteurs des Carolines se sont mariés avec des Amérindiennes. Au XVIIIe siècle, sir William Johnson, surintendant des affaires indiennes de la colonie de New York, s'habillait comme un Indien et avait pris pour compagne une Iroquoise dont il eut huit enfants[15]. Les Mountain Men et autres aventuriers s'établissent dans les communautés indiennes. Les relations entre Amérindiens et colons ne sont pas toujours conflictuelles : en 1621, les colons du Mayflower sont sauvés de la famine par le chef Massasoit. C'est l'origine de Thanksgiving. Les Quakers et William Penn en Pennsylvanie eurent des relations amicales avec les Indiens, suivant les principes d'égalité et de paix, jusqu'au milieu du XVIIIe siècle. Dans le Massachusetts, John Eliot cherche à évangéliser et éduquer les populations locales. Thomas Paine part vivre dans une communauté d'Iroquois et apprend leur langue. Certains puritains tentent de limiter la diffusion de l'alcool chez les indigènes.

[] Économie

En 1770, le régime régissant les rapports entre la métropole et les colonies n?a guère évolué depuis le XVIIe siècle. Les Actes de Navigation de 1651 et de 1660 ont instauré le régime de l?exclusif - dans un contexte mercantiliste - qui perdure au XVIIIe siècle siècle. Les colonies vendent leurs produits agricoles, le tabac notamment, à la Métropole, et lui achètent ses produits manufacturés. On peut ainsi parler d?une véritable sujétion économique des colonies au bénéfice de la Métropole. Ce constat doit cependant être nuancé : la contrebande contribue grandement à brouiller une réalité par trop monolithique.

[] Les problèmes coloniaux : vers la Révolution américaine

« Nous tenons pour totalement évidentes les vérités suivantes : tous les hommes sont créés égaux ; ils sont doués par le Créateur de certains droits inaliénables ; parmi ces droits se trouvent la vie, la liberté et la quête du bonheur. »

? Déclaration unanime des treize Etats-Unis d?Amérique réunis en Congrès le 4 juillet 1776.

Carte des treize colonies vers 1775
Carte des treize colonies vers 1775

Au XVIIe siècle, l?essentiel des décisions relèvent de la consultation du Conseil Privé (Privy Council). Son rôle tend à diminuer au XVIIIe siècle au profit du Cabinet mais il conserve une certaine prééminence dans les affaires coloniales. Ses décisions portent le nom de « ordre en conseil » (Order in Council). Depuis 1690, le Board of Trade and Plantations est l?organisme le plus compétent en matière coloniale. Il dépend du Conseil privé dont il est une émanation. Londres veut renforcer son autorité. Cette volonté s?exprime notamment dans sa politique de réduction du nombre de colonies à charte : un exemple, la Virginie, qui devient au XVIIIe siècle une colonie de la Couronne.
Cependant, après des expériences infructueuses au siècle précédent, de 1715 à 1748, lors d'une période qualifiée en 1775 par Edmund Burke de « négligence salutaire » (Salutary Neglect), la Métropole s?immisce le moins possible dans les affaires des colonies. Londres néglige ses colonies et les conflits d?intérêts se font rares.
À partir de 1748, le gouvernement change de cap. Après la Guerre de Succession d'Autriche la politique du Board of trade se fait plus musclée. Le comte d?Halifax, administrateur appliqué et énergique, décide de mettre un terme à une politique jugée trop laxiste. Son inquiétude grandit quand il prend conscience que les colonies se sont parfaitement accommodées à cette « négligence » et tendent à oublier leur sujétion à la Couronne. Enfin, la contrebande, notamment de mélasse, s?est généralisée.

[] Remarques

Les colonies loyalistes

Des colonies britanniques d'Amérique du Nord sont restées loyales à la Couronne (on parle de colonies loyalistes)  :

  • quatre colonies de l'actuel Canada
    • la Nouvelle-Ecosse
    • Terre-Neuve
    • l'île du prince Edouard
    • la province de Québec
  • ainsi que la Floride orientale et la Floride occidentale (Floride) qui devaient rejoindre l'Empire espagnol lors du Traité de Paris de 1783, puis l'Union des États-Unis d'Amérique en 1819 (où ils sont devenues un état américain unifié en 1845).

La question de l'appellation Lorsque l'on veut parler de leur alliance face aux forces britanniques, on emploie également le terme de Provinces-Unies d'Amérique. Une carte établie vers 1776 par le cartographe Matthieu Albert Lotter (1741-1810) d'Augsbourg, nous donne une idée de la dénomination de l'ensemble des Treize Colonies dans l'Europe francophone au lendemain de l'Indépendance. Elle a pour titre :

" Carte nouvelle / de l'Amérique angloise / contenant / tout ce que les Anglais possèdent sur le continent / de l'Amérique septentrionale / savoir / le Canada, la Nouvelle Ecosse ou Acadie / les treize Provinces Unies / qui sont / les quatre colonies / de la Nouvelle Angleterre /1 New Hampshire, 2 Massachusetsbay, 3 Rhode-Island, 4 Conecticut, / 5 la Nouvelle York, 6 Nouvelle Jersey, 7 Pensilvanie, / 8 les Comtés de Newcastle, Kent et Sussex sur la Delaware, / 9 Mariland, 10 Virginie, / 11 la Caroline Septentrionale, / 12 la Caroline Meridionale / et 13 Georgie / avec la Floride. [...]"

L?expression États-Unis d'Amérique n?apparaît dans les sources que le 9 septembre 1776 ; en effet, lors de la déclaration d'Indépendance, le 4 juillet, l'appellation est celle de Colonies-Unies d?Amérique.

[] Voir aussi

[] Notes

  1. ? D'après Martin Kelly, « The Thirteen Colonies.Key Colony Facts », About.com. Consulté le 03-02-2008
  2. ? (en) The First British Empire and Mercantilism, Brooklyn College. Consulté le 03-20-2008
  3. ? B. Vincent (dir.), Histoire des États-Unis, 1997, p.12
  4. ? a? b? c? The Historical Atlas of New York City: Hilly Island (pages 10-11)
  5. ? François Lebrun, Le XVIIe siècle siècle, Paris, Armand Colin, 1993, (ISBN 2200214618), p.217
  6. ? Claude Fohlen, Les Pères de la Révolution américaine, Paris, Albin Michel, 1989, (ISBN 2226036644), p.22
  7. ? a? b? c? d? (en) Overview of Imperial Structures, Brooklyn College. Consulté le 03-02-2008
  8. ? Parmi les principales lois, citons les Actes de Navigation
  9. ? Sa dénomination variait selon les colonies : House of Delegates, House of Burgesses, ou encore Assembly of Freemen.
  10. ? L'utilisation de ce pouvoir suspensif était cependant très rare
  11. ? C. Fohlen, Les Pères de la Révolution américaine, 1989, p.15
  12. ? D'après (en) Jack P. Greene et J. R. Pole, A Companion to the American Revolution, 2003, Paperback, p. 41 -42 (Source : Historical Statistics of the United States, Washington, 1960).
  13. ? Claude Fohlen, Les Pères de la Révolution américaine, 1989.
  14. ? Angie Debo, Histoire des Indiens des États-Unis, Paris, Albin Michel, 1994
  15. ? G. Havard, C. Vidal, Histoire de l'Amérique française, p.382

[] Bibliographie

[] Ouvrages en français

  • Carl Becker, La Déclaration d'Indépendance, Seghers, Paris, 1992
  • Bernard Cottret, La Révolution américaine. La quête du bonheur (1763 - 1787), Perrin, Paris, 2003.
  • Gordon S. Wood, La Création de la République américaine - 1776 - 1787, Belin, Paris, 1991.
  • André Kaspi (recueil de documents présentés par), L'Indépendance américaine : 1763 - 1789, collection Archives, Gallimard/Juliard, Paris, 1976.
  • Bernard Vincent (dir.), Histoire des États-Unis, Paris, Champs Flammarion, 1997, (ISBN 2080813765)
  • Claude Fohlen, Les Pères de la Révolution américaine, Paris, Albin Michel, 1989, (ISBN 2226036644)

[] Ouvrages en anglais

  • Jacob Ernest Cooke et al., Encyclopedia of the North American Colonies, Scribner's, 1993, 3 vol., 2397 p.
  • Lawrence Gipson, The British Empire Before the American Revolution (15 volumes) (1936-1970), Prix Pulitzer
  • Evarts Boutelle Green, American Population before the Federal Census of 1790, 1993, (ISBN 0806313773)
  • Evarts Boutelle Greene, Provincial America, 1690-1740, 1905
  • David F. Hawke, The Colonial Experience, 1966, Bobbs-Merrill Company, (ISBN 0023518308)
  • Herbert L. Osgood, The American Colonies in the Seventeenth Century, 4 vol., Columbia University Press, 1904-07
  • Daniel Vickers, A Companion to Colonial America, Blackwell, 2003, 576 p.

[] Articles connexes

[] Liens externes

 

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