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En mathématiques, une suite d'un ensemble <math>E</math> est une famille d'éléments de <math>E</math> indexée par l'ensemble des entiers naturels <math>\mathbb N</math> ou par une partie <math>A</math> de <math>\mathbb N</math>. Autrement dit une suite est une application de <math>\mathbb N</math> vers <math>E</math> ou de <math>A</math> vers <math>E</math>. On note classiquement une suite <math> (u_n)</math>, ou <math>(u_n)_{n \in \mathbb N}</math>. De manière vulgarisée, on pourrait dire qu'une suite est une liste d'objets mis en ordre, chacun ayant un numéro d'ordre. Cas particuliers :
[] Fragments d'histoireLes suites numériques sont liées à la mathématique de la mesure (mesures d'un phénomène prises à intervalles de temps réguliers) et à l'analyse (une suite numérique est l'équivalent discret d'une fonction numérique). La notion de suite est présente dès qu'apparaissent des procédés illimités de calcul. On en trouve, par exemple, dans la mathématique babylonienne, chez Archimède, spécialiste des procédés illimités d'approximation (séries géométriques de raison 1/4) pour des calculs d'aires et de volumes, ou, plus récemment en Égypte au 1er siècle après Jésus-Christ, dans le procédé d'extraction d'une racine carrée par la méthode de Héron d'Alexandrie :
En notation moderne, cela définit la suite de nombres:
On retrouve ensuite cette préoccupation plusieurs siècles plus tard (à partir du XVIIe siècle) avec la méthode des indivisibles (Cavalieri, Torricelli, Pascal, Roberval). Dans l'Encyclopédie Raisonnée de d'Alembert et Diderot (1751), une grande part est laissée aux suites et séries dont le principal intérêt semble être leur convergence:
C'est ainsi que l'on voit Bernoulli, Newton, Moivre, Stirling et Wallis, s'intéresser aux suites pour approcher des valeurs numériques. C'est à Lagrange que l'on doit, semble-t-il, la notation indicielle. L'étude des suites ouvre la porte à celle des séries entières dont le but est d'approcher, non plus des nombres, mais des fonctions. Dans la seconde moitié du XXe siècle, le développement des calculateurs et des ordinateurs donne un second souffle à l'étude des suites en analyse numérique grâce à la méthode des éléments finis. On en retrouve l'usage aussi dans les mathématiques financières. Parallèlement à ces études de suites pour leur convergence, se développe un certain goût pour l'étude de la suite non tant pour sa convergence mais pour son terme général. C'est le cas par exemple d'un grand nombre de suites d'entiers comme la suite de Fibonacci, celle de Lucas ou, plus récemment, celle de Syracuse. Sont aussi particulièrement étudiées les suites de coefficients dans des séries entières ou les suites de nombres découvertes lors de dénombrements. [] NotationsSoit <math>A</math> une partie de <math>\mathbb N</math>. Soit <math>u \in E^A</math> une suite d'éléments de <math>E</math>. Nous notons <math>u_n</math>, l'image <math>u(n)</math> de l'entier <math>n</math> par <math>u</math>. Ainsi, les images de <math>0, 1, 2, \dots, n</math> sont notées <math>u_0, u_1, u_2, \dots, u_n</math>. On dit que <math>u_n</math> est le terme de rang <math>n</math>, ou d'indice <math>n</math> de la suite <math>u</math>. Nous notons en général la suite <math>u</math> : <math>(u_n)_{n \in A}</math> qui est donc une application. Lorsque <math>A = \mathbb N</math>, nous notons plus simplement la suite : <math>(u_n) \,</math>. Lorsque <math>A = \mathbb N_n = [1, n] = \{1, 2, \dots, n\}</math>, nous pouvons noter la suite <math>(u_k)_{1 \le k \le n}</math> ou encore <math>(u_1, u_2, \dots, u_n)</math>. L'ensemble des suites d'éléments de <math>E</math>, indexées par une partie <math>A</math> de <math>\mathbb N</math> se note <math>\mathcal F\left(A, E\right)</math> ou <math>E^A</math>. [] RemarqueNous ne devons pas confondre la suite <math>u = (u_n)_{n \in \mathbb N}</math> avec l'ensemble des valeurs de la suite <math>\{u_n / n \in \mathbb N \}</math> qui est l'image directe de <math>\mathbb N</math> par <math>u</math>. Par exemple, considérons la suite <math>\left((-1)^n\right)</math>, l'ensemble des valeurs de la suite est <math>\{-1, 1\}</math>. [] ExemplesLa suite nulle est la suite dont tous les termes sont nuls :
Pour des raisons de commodité, pour tout élément <math>k</math> de <math>E</math> on identifie <math>k</math> et la suite :
Posons <math>\forall n \in \mathbb N, u_n={1 \over }</math>; <math>u = (u_n)_{n \in \mathbb N}</math> est la suite des inverses des nombres entiers. Celle-ci peut être représentée par:
[] Terme général et récurrenceUne suite étant une application de A (partie de <math>\mathbb N</math>) dans E , il est intéressant, voire primordial, de connaître l'image de n pour tout n de A. Si <math>u_n</math> est donné comme expression de n et permet un calcul direct du nombre, on dit que l'on connait le terme général de <math>u_n</math>. Cependant, si <math>A = \{n \in \mathbb N, n \geq n_0\}</math>, la nature de l'ensemble de départ permet de définir la suite par une relation de récurrence : le terme d'indice n est donné comme fonction de n et des termes d'indices k, k ? n. Il suffit alors de donner <math>u_</math> pour en déduire tous les termes. En pratique, la détermination de <math>u_n\,</math> va nécessiter le calcul de tous les termes de <math>u_</math> à <math>u_\,</math>, soit une opération bien longue. En programmation, cette récurrence a donné lieu à la création des fonctions récursives. Une partie de la recherche sur les suites va consister à déterminer le terme général d'une suite connaissant sa relation de récurrence. Exemple : la suite définie par <math>u_0</math> = 1 et, pour tout entier n, <math>u_= (n+1)u_n</math> est la suite des factorielles : <math>u_n = n!</math> [] Somme des termes d'une suiteSi <math>E</math> est un groupe additif, on note :
ou
la somme :
[] Exemples de suites[] Suite arithmétique
C'est une suite à valeurs dans un groupe additif, définie par récurrence par
\begin u_ = a\\ \forall n \geq n_0, \quad u_ = u_n + r \end </math> son terme général est alors
[] Suite géométrique
C'est une suite à valeurs dans un corps, définie par récurrence par
\begin u_ = a\\ \forall n \geq n_0, \quad u_ = qu_n \end </math> son terme général est alors
[] Suites arithmético-géométriques
C'est une suite à valeurs dans un corps, définie par récurrence par
\begin u_ = U\\ \forall n \geq n_0, \quad u_ = au_n + b \end </math>
[] Suites récurrentes linéaires à coefficients constants
Une suite récurrente linéaire est définie par une relation de récurrence :
où <math>a_0</math>, <math>a_1</math>, ?<math>a_</math> sont p scalaires (<math>a_0</math> non nul). L?entier p est appelé l?ordre de la récurrence. Sont entièrement connues les suites à récurrence linéaire d?ordre 1 (suite géométrique) et 2 (voir suite récurrente linéaire). Une suite récurrente linéaire d?ordre 2 célèbre est la suite de Fibonacci. L?étude des suites récurrentes linéaires d?ordre p fait appel à la notion d?espace vectoriel et au calcul matriciel. [] Quelques suites célèbresIl est assez surprenant que ce soit dans l'univers des suites d'entiers que l'on trouve les suites les plus célèbres :
[] Limite de suite
[] Suite convergenteLa notion de limite d'une suite est classique en topologie et les cas de convergence dans <math>\R</math> ou <math>\mathbb C</math> est un cas particulier de cette définition.; . « Moralement », l'idée est qu'une suite a une certaine limite lorsque ses points se rapprochent de la valeur limite lorsque l'indice devient grand. Définition générale : Soit <math>E</math> un espace muni d'une topologie <math>\mathcal O</math>. On note <math>\mathcal O(u)</math> l'ensemble des ouverts contenant <math>u</math>.
Cette définition se traduit plus simplement pour des suites convergente dans <math>\R</math> ou <math>\mathbb C</math> Suite réelle convergente On dira que la suite <math>u</math> est convergente vers <math>u^*</math> lorsque pour tout <math>\eta\in\mathbb R_+^*</math>, il existe <math>N\in\mathbb N</math> tel que pour tout <math>n\in\mathbb N</math>, <math>n>N</math>:
On dit alors que <math>u</math> tend vers <math>u^*</math>, et on le note :
Suite complexe convergente La même définition s'applique en écrivant, à la place d'une valeur absolue, un module. [] Limites infiniesPour les suites réelles, on élargit le champ des limites possibles aux deux limites infinies <math> + \infty</math> et <math>-\infty</math> avec les définitions suivantes Définition 1 : On dira que la suite <math>u</math> est divergente vers <math>+\infty</math> lorsque pour tout <math>M\in\mathbb R_+^*</math>, il existe <math>N\in\mathbb N</math> tel que pour tout <math>n\in\mathbb N</math>, <math>n>N</math>:
On dit alors que <math>u</math> tend vers <math>+\infty</math>, et on le note :
Définition 2 : On dira que la suite <math>u</math> est divergente vers <math>-\infty</math> si, pour tout <math>M\in\mathbb R_+^*</math>, il existe <math>N\in\mathbb N</math> tel que pour tout <math>n\in\mathbb N</math>, <math>n>N</math>:
On dit alors que <math>u</math> tend vers <math>-\infty</math>, et on le note :
[] PropriétésLes propriétés sur les limites
vont dépendre de l'espace sur lequel on travaille et sont détaillées dans l'article : Limite de suite. [] Suites réelles et relation d'ordre[] Suites monotones[] DéfinitionOn dit qu'une suite réelle est monotone lorsqu'elle est croissante ou décroissante. Par extension, une suite réelle est dite strictement monotone lorsqu'elle est strictement croissante ou strictement décroissante. [] Propriétés
[] ExemplesLa suite définie <math>\forall n \in \mathbb N</math> par <math>U_n = 2n+1</math> est strictement croissante sur <math>\mathbb R</math>. [] CritèresPropriété 1 : critère de croissance Propriété 2 : critère de décroissance [] Limites de suites monotonesSuite monotone bornée L'axiome de la borne supérieure, permet de démontrer facilement : Si <math>(u_n)_{n\in\mathbb N}\in \mathbb R^{\mathbb N}</math> est croissante (resp. décroissante) et majorée par <math>M</math> (resp. minorée par <math>m</math>), alors <math>(u_n)_{n \in \mathbb N}</math> est convergente et <math>\lim_{n \rightarrow + \infty}u_n \le M ( \mbox \lim_{n \rightarrow + \infty}u_n \ge m )</math>. De cette propriété, découle la remarque suivante : Si :
alors :
Suite monotone non bornée Si <math>(u_n)_{n\in\mathbb N}\in \mathbb R^{\mathbb N}</math> est croissante (resp. décroissante) et non majorée (resp. non minorée ), alors <math>(u_n)_{n \in \mathbb N}</math> tend vers <math>+ \infty</math> (resp. <math>- \infty</math>) [] Suites adjacentes
Deux suites réelles <math>(a_n)_{n \in \mathbb N }</math> et <math>(b_n)_{n \in \mathbb N }</math> sont dites adjacentes lorsque :
L'intérêt des suites adjacentes est qu'elles permettent d'une part de prouver l'existence d'une limite, d'autre part de fournir un encadrement de celle-ci aussi fin qu'on le souhaite. Ceci grâce aux deux propriétés suivantes:
[] Suites particulières[] Suites de Cauchy
Dans ce paragraphe, on supposera que <math>( \mathbb E,d)</math> est un espace métrique. Une suite <math>(u_n)_{n \in \mathbb N}</math> est dite de Cauchy lorsque : <math>\forall \eta \in \mathbb R^*_+</math>, <math> \exist N \in \mathbb N</math> tels que : <math> \forall p \in \mathbb N</math>, <math> \forall q \in \mathbb N</math>, <math>p \ge N</math> et <math>q \ge N</math> <math>\Rightarrow d(u_p,u_q)\le\eta</math> On démontre que
On appelle espace complet un espace où toute suite de Cauchy est convergente. [] Suites extraites
Soit <math> (u_n)_{n \in \mathbb N }</math> une suite à valeurs dans un espace <math> E\,</math>. Si <math> \mathbb N \rightarrow \mathbb N , n \mapsto \sigma(n) </math> est une fonction strictement croissante (une telle fonction s'appelle une extractrice), on dit que la suite <math> (u_)_{n \in \mathbb N }</math> est une suite extraite (ou sous-suite) de la suite <math> (u_n)_{n \in \mathbb N }</math>. Grosso modo, c'est la suite <math> (u_n)_{n \in \mathbb N }</math> pour laquelle on n'a gardé que certains termes (une infinité quand même). Ces suites extraites se révèlent intéressantes quand on cherche à déterminer des valeurs d'adhérence. [] Suites équivalentesDéfinition Soient <math>(u_n)_{n \in \mathbb N}</math> et <math>(v_n)_{n \in \mathbb N}</math> deux suites à valeurs réelles.
<math>(u_n)_{n \in \mathbb N}</math> et <math>(v_n)_{n \in \mathbb N}</math> sont équivalentes si et seulement si
On note alors <math> u_n \sim v_n </math> Remarque Si <math> v_n \ne 0</math> à partir d'un certain rang, alors <math> u_n \sim v_n </math> si et seulement si <math> \lim_{n \to \infin} \over } = 1</math>
[] Suites prépondérantesDéfinition Soient <math>(u_n)_{n \in \mathbb N}</math> et <math>(v_n)_{n \in \mathbb N}</math> deux suites à valeurs réelles.
On dit que <math>(u_n)_{n \in \mathbb N}</math> est négligeable devant <math>(v_n)_{n \in \mathbb N}</math> si et seulement si :
Remarque Si <math> v_n \ne 0</math> à partir d'un certain rang, alors <math>u_n = o(v_n)</math> si et seulement si <math> \lim_{n \to \infin} \over } = 0</math> Exemple Considérons <math> u_n = {1 \over n^2} </math> et <math> v_n = {1 \over n} </math>
D'où <math> {1 \over n^2} = o ({1 \over n}) </math> [] Voir aussi[] Lien externe et sources
DernierMirror La source est wikipedia http://fr.wikipedia.org/wiki/ Suite (mathématiques) |