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{revue}
SUSE (prononciation : /su:zə/, "souzeu" en français) est une distribution Linux majeure, d'origine allemande et principalement développée en Europe. La première version de cette distribution apparut au début de l'année 1994, faisant de SUSE la plus ancienne distribution commerciale encore existante. Elle est renommée pour son outil de configuration YaST. En 2003, elle a été rachetée par la société américaine Novell, membre fondateur de l'Open Invention Network. Novell ouvrit largement le développement de la distribution aux contributeurs extérieurs en créant en 2005 le projet communautaire openSUSE.
HistoriqueLa sociétéLa compagnie S.u.S.E. a été fondée le 2 septembre 1992 à Nuremberg, en Allemagne, par quatre personnes : Roland Dyroff, Thomas Fehr, Burchard Steinbild et Hubert Mantel, tous dans leur vingtième année. Trois des fondateurs étaient toujours à l'université, étudiant les mathématiques; Thomas Fehr avait déjà obtenu un diplôme et travaillait en tant qu'ingénieur logiciel. L'idée originale était que la compagnie fasse le développement de logiciels et offre des services de consultation UNIX. Selon ce que dit l'un des fondateurs, Hubert Mantel, cette idée ne s'est pas concrétisée de manière appréciable, le travail dans ce secteur d'activité étant difficile à obtenir, et, après un certain temps, le groupe s'orienta vers la distribution de Linux, offrant en parallèle le service et la vente de logiciels. Le nom "S.u.S.E" était originellement un acronyme allemand pour "Software und System-Entwicklung", signifiant "Développement de logiciels et de systèmes"; le nom complet n’a jamais été employé et la compagnie a toujours été connue comme étant "S.u.S.E.", raccourci en "SuSE", en octobre 1998. Une rumeur officieuse suggère que le nom serait un hommage à l'informaticien allemand Konrad Zuse, un des pères de l'informatique, qui développa la première machine informatique électronique en 1938, "SuSE" et "Zuse" se prononçant d’une manière similaire en allemand, à l'exception de la consonne initiale. L'emblème de la distribution est un caméléon vert, prénommé officiellement "Geeko" (contraction de "Gecko" et "geek") suite à un concours organisé par SUSE; son dessin a passablement évolué au fil du temps1. Les origines
La société a ainsi débuté comme compagnie de service, offrant des manuels UNIX et Linux, et des logiciels, parmi lesquels se trouvaient les distributions SLS et Slackware, et proposant son assistance technique. SLS (Softlanding Linux System), fondée par Peter McDonald et aujourd’hui disparue, était la première véritable distribution à intégrer des éléments piliers comme X Window System et TCP/IP. La distribution Slackware, maintenue encore à l’heure actuelle2 par Patrick Volkerding, un ancien contributeur de SLS, fut largement basée sur cette dernière. Ainsi, la société envoyait un jeu de quarante disquettes Slackware aux personnes qui désiraient obtenir Linux. Par la suite, les scripts de Patrick Volkerding furent traduits, faisant de la distribution originelle S.U.S.E. Linux 1.0 une version allemande de Slackware, développée en étroite collaboration avec son auteur. Le jeu de disquettes fut converti en CD, lors de la généralisation de ce support. Selon les souvenirs de Bodo Bauer,3, un des premiers employés de la société, les dirigeants de S.u.S.E. décidèrent qu’il valait mieux développer leur propre distribution plutôt que de toujours corriger les mêmes bugs de Slackware, Patrick Volkerding ne prenant pas en compte les correctifs proposés par la société et ne les incluant pas dans ses nouvelles versions. Également, ils prirent conscience qu’un meilleur outil d’installation et de configuration était nécessaire. S.u.S.E prit pour point de départ la distribution Jurix, qui n’existe plus aujourd’hui, son auteur Florian LaRoche se joignant à l’équipe S.u.S.E, et commença de développer YaST, l'outil d'installation et de configuration qui allait devenir le point de renommée de la distribution4. À noter que Jurix, plus ancien, n’est pas un dérivé de Slackware.5.
La première véritable SuSE Linux 4.2 et ses trois CD (1996)
En 1996, la première véritable distribution de l'entreprise fut publiée sous la dénomination S.u.S.E Linux 4.2. Le choix du numéro de version a suscité beaucoup de discussions : il aurait pu être simplement version 1.1, mais c'était avant tout le départ d'une nouvelle distribution, et la version 1.1 fut finalement rejetée; on s’est alors tourné vers le nombre 42, une référence intentionnelle à la réponse de la "Grande Question sur la Vie, l'Univers et le Reste" de la série de romans de science-fiction H2G2 de l'écrivain anglais Douglas Adams : The Hitchhiker's Guide to the Galaxy. Le numéro de la première version de YaST, 0.42, s'inspire également des mêmes sources. L'expansionAlors que S.u.S.E. Linux incorporait plusieurs fonctionnalités de Red Hat Linux, dont son gestionnaire de paquets RPM et sa structure de configuration /etc/sysconfig, le nombre de CD de la distribution commença à augmenter, passant de 1 à 2, puis 3, 4… S.u.S.E. était le distributeur numéro un en Allemagne, reconnu comme un partenaire privilégié pour tout ce qui a trait à Linux, quand en 1997, S.u.S.E., LLC fut créée à Oakland (Californie) pour se frayer un chemin sur le marché Linux américain, tandis que Red-Hat y était omniprésente; la popularité de la distribution Linux de SuSE continuait également de grandir en Europe: SuSE était particulièrement populaire en Allemagne, son pays d'origine, ainsi que dans les pays nordiques tels que la Finlande et la Suède, Linus Torvalds, le créateur du noyau Linux, l'ayant lui-même utilisée. Cependant, le succès de cette distribution dans le monde francophone resta mitigé, une distribution concurrente, Mandrake, d'origine française, connaissait alors ses heures de gloire en France. Cela n'empêcha pas SuSE de bientôt devenir une société mondiale avec l'établissement de bureaux aux États-Unis (1997) et au Royaume-Uni (1999). Cependant, l'optimisme et une expansion trop rapide de la société ont mené à un point, en 2001, où la compagnie fut forcée de réduire sa voilure pour pouvoir survivre. Ainsi, SuSE conclut le rachat de la société alsacienne Arkane Media, une des premières sociétés françaises entièrement dédiée à Linux et au monde du logiciel libre et qui en assurait l'assistance technique francophone. Elle en fit sa filiale française, puis la ferma quelques mois plus tard6. Une discipline financière plus stricte, l'édition des versions pour entreprises, l'amélioration croissante des affaires ont replacé la compagnie sur une base saine. Le rachat par NovellLe 4 novembre 2003, la société Novell annonça qu'elle désirait acquérir SuSE7 pour deux cent dix millions de dollars. L'acquisition fut conclue en janvier 20048 et le nom de l'entreprise fut alors changé en SUSE Linux. « SUSE » n'a dès lors plus de signification officielle. Selon J. Philips9, stratège en technologie chez Novell pour la région Asie - Pacifique, Novell n'altérerait pas à moyen terme la voie de développement de SUSE. Au rassemblement annuel BrainShare de Novell en 2004, tous les ordinateurs tournèrent sous SUSE Linux, pour la première fois. Lors de ce rassemblement, il a également été annoncé que le programme d'administration propriétaire de SUSE, YaST2, serait publié sous licence GPL, rendant ainsi la distribution entièrement libre, selon la Free Software Foundation. Le projet communautaire openSUSELe 4 août 2005, le porte-parole et directeur des relations publiques de Novell, Bruce Lowry, annonça que le développement de SUSE Linux deviendrait plus ouvert et, qu'avec le lancement du projet communautaire openSUSE, similaire au projet Fedora de son concurrent direct Red Hat, ils essaieraient d'atteindre une plus grande proportion des utilisateurs et des développeurs. Le but du projet openSUSE est de procurer un environnement rendant la distribution SUSE la plus facile d'accès, et la plus adaptée aux goûts de l'utilisateur moyen et du développeur expérimenté, pour en faire la distribution et la plateforme de développement open-source la plus utilisée10. Le système d'exploitation, avait déjà, par définition, un code open source, et le processus de développement serait plus ouvert qu'avant, permettant aux développeurs ainsi qu'aux utilisateurs de collaborer: auparavant, le travail de développement était fait in-situ par SUSE, et la version 10.0 fut la première à être offerte au public, pour essai. Pour la première fois, les bureaux GNOME et KDE sont mis sur un pied d'égalité, alors que la distribution était habituellement orientée vers le bureau KDE. Ce changement de philosophie mena, suivant les traces de la plupart des projets open - source, à la sortie de la distribution en téléchargement gratuit direct avec accès à un serveur de mises à jour en ligne; un délai de deux mois était auparavant obligatoire pour qui n'avait pas acheté la boîte. Une version téléchargeable gratuitement, en version entièrement open source ou non (OSS : Open Source Software), et une édition en boîte sont disponibles. En quelques mois, la distribution SUSE est passée d'un statut très fermé à un statut plus ouvert, accroissant sa popularité et son succès. Au vu de la confusion qu'il y avait entre les dénominations openSUSE, pour la communauté, et SUSE Linux, pour la distribution, il a été décidé, lors des premiers essais de la version 10.2, de renommer la distribution en "openSUSE" et de garder l'appellation "SUSE Linux" pour les produits du secteur entreprises de Novell11 Une nouvelle dimensionLe 3 novembre 2006, la maison mère Novell a signé un accord historique12 avec la société Microsoft portant sur trois volets : l'amélioration de l'interopérabilité de SuSE avec Microsoft Windows, une licence réciproque sur l'utilisation des brevets et un accord sur la commercialisation et la promotion des deux solutions. Depuis le rachat par Novell en 2003, SuSE Linux est passée d'un statut de distribution incluant des fonctionnalités protégées, avec publications différées, restrictives, et dotée d'un développement fermé, à celui d'une distribution libre, avec la publication de YaST, l'outil central de la distribution, avec un modèle de développement communautaire et avec disponibilité gratuite immédiate pour tous. Sa popularité ne cesse de grandir, par son ouverture et l'importance des infrastructures mises à la disposition du public, mais avec certaines réticences concernant la collaboration entre Novell et Microsoft, de la part d'une partie de la communauté des utilisateurs de Linux. Historique des versionsopenSUSE a un cycle de développement théorique de huit mois et une durée de vie, avec disponibilité des mises à jour critiques, de deux ans.
Produits de la famille SUSEIl existe 2 branches de la distribution SUSE Linux :
openSUSEopenSUSE, anciennement SUSE Linux, est l'équivalent de l'historique « SUSE Linux Professionnal ». Elle dispose d'un cycle de développement théorique d'environ huit mois et une durée de vie (durée des mises à jour critiques) de 2 versions plus 2 mois, soit 18 mois, à partir de la date de sortie. Elle est disponible en téléchargement gratuitement et sans délai en version complète, avec le choix d'obtenir ou non les logiciels propriétaires. Elle est également vendue en boîte auprès du grand public. Ainsi, s’il n’existe qu'une seule distribution openSUSE, elle se décline en plusieurs Editions pour les architectures x86 et x86_64 (état pour la version 11.2) :
SUSE Linux EnterpriseNovell conçoit des versions de la distribution pour son secteur d'activité entreprise et construites à partir d'openSUSE. Elles se différencient par le fait qu'elles sont beaucoup plus ciblées, ont une espérance de vie supérieure (5 ans, extensible à 7), un cycle de développement plus long (24 à 36 mois - gage de stabilité, au détriment des nouveautés) et sont disponibles uniquement à la vente (mises à jour payantes), la licence incluant un support plus long.
NumérotationLe fonctionnement de la numérotation des versions d'openSUSE est calé sur le cycle de publication de la version entreprise de Novell (SUSE Enterprise Server), puisque les versions xx.1 d'openSUSE sont usuellement la base de la version entreprise. Ainsi, pendant les 18 à 24 mois de marché de SUSE Enterprise Server 10, les versions publiques d'openSUSE seront la version 10.1, 10.2, 10.3 et 11.0. CaractéristiquesSi openSUSE est livrée avec beaucoup de logiciels similaires à d'autres distributions, certaines caractéristiques lui sont bien spécifiques. Parmi celles-ci, on peut citer14:
Centre de contrôle YaSTLe centre de contrôle YaST (Yet Another Setup Tool) est un outil d'installation et de configuration constitué d'une multitude d'outils pour paramétrer l'ordinateur. Les différents modules sont classés par catégories. Cet outil fait la force d'openSUSE et des distributions commerciales dérivées de Novell car sa simplicité permet à tout un chacun d'installer des logiciels, de configurer de manière avancée son système ou de mettre en place des réseaux ou divers serveurs sans pour autant devoir être un professionnel de Linux. Autrefois propriétaire, il est désormais libre depuis le rachat de SuSE par Novell. Une caractéristique de cet outil est qu'il fourni une interface graphique bien intégrée à l'environnement choisi (Qt ou GTK+), ainsi qu'une interface ncurses. Cette dernière est particulièrement utile pour les installations non-graphiques, pour l'administration système à travers une connexion Internet lente, ou a des fins de dépannage. Installation automatisée AutoYaSTAutoYaST est un système qui permet d'installer un ou plusieurs système openSUSE automatiquement sans intervention de l'utilisateur. Les installations AutoYaST sont effectuées en utilisant un fichier de contrôle XML qui contient les données d'installation et de configuration. Le profile de chaque système courant est stocké dans /root/autoyast.xml. Système de paquets ZYppLa distribution SuSE repose sur le format de paquets RPM (RPM Package Manager) inventé par Red Hat, et utilise son propre système de gestion des paquets : ZYpp. Pour la gestion des paquets, YaST inclut une interface graphique simple et complète, mais on peut aussi utiliser l'outil en ligne de commande Zypper. Le gestionnaire ZYpp fait suite aux rachats consécutifs de Ximian et SuSE GmbH par Novell, qui décida de fusionner les systèmes RedCarpet et YaST package manager à son système Zen Management Network, destiné à la gestion de grand parc hétérogène. Alors que le gestionnaire résultant, ZYpp, fonctionnait bien sur les produits Entreprise avec le démon ZMD, il n'était pas très bien adapté à une distribution grand public, débouchant sur un "fiasco" total qui fit mal à l'image de la distribution : la version openSUSE 10.1 sortit avec un système de paquets fonctionnant très mal à l'origine. Des ISOs d'une version remasterisée (10.1 bis) furent publiées quelques mois après cette sortie pour palier ce problème. Par la suite, ZMD fut supprimé définitivement de la distribution et est désormais réservé uniquement à la version Entreprise, laissant à openSUSE une version de ZYpp revisitée. La version 11.0 introduit une nouvelle version de ZYpp. Se différenciant des outils similaires tels que Apt ou Yum et sur la base des résultats prometteurs du solveur de démonstration OPIUM15 destinés à combler leur faiblesses, le gestionnaire ZYpp utilise une nouvelle approche pour la résolution des dépendances par l'utilisation d'un solveur booléen SAT, conduisant à une fiabilité accrue. Egalement, cet outil se distingue par ses performances : il est très rapide et affiche une empreinte mémoire très faible en regard des autres solutions existantes16. Service de compilation BuildserverUn Buildserver, progressivement mis en place depuis la création du projet openSUSE, est opérationnel et complète la distribution par son infrastructure. L'openSUSE Build Service est la plateforme ouverte et complète de développement qui fournit l'infrastructure pour un développement de distributions futures basées sur openSUSE. Il fournit à des développeurs de logiciel un outil pour compiler, mettre à disposition et éditer leur logiciel pour une large audience d'utilisateurs, y compris la création de leur propre distribution basée sur openSUSE, pour différentes architectures matérielle. L'openSUSE Build Service rend la création de paquet plus facile. Il fournit des serveurs et l'infrastructure de création de paquets pour openSUSE mais aussi pour d'autres distributions. Le Build Service peut facilement être accédé via une interface Web, ou par l'intermédiaire d'une ligne de commande client. Une API utilisable via des logiciels clients spécifiques est également disponible. Certification LSBLa distribution est certifiée par la norme LSB. Communauté openSUSEObjectifsLes principes directeurs17 d'openSUSE décrivent les buts du projet et comment celui-ci est dirigé. Les buts du projet openSUSE sont de :
StructureDe façon générale, la communauté est organisée en plusieurs équipes qui se concentrent sur différents domaines d'intérêt particulier de la distribution ou du projet en général. Aussi, on distingue transversalement la catégorisation suivante : Conseil openSUSELe conseil openSUSE (ou Board openSUSE), mis en place pour diriger l'ensemble du projet. Il est composé de 5 membres démocratiquement élus, dont 2 employés de Novell et de 3 membres issus de la communauté, ainsi que d'un chairman désigné par Novell. Les principales tâches pour les membres du conseil sont les suivants :
Le conseil fournit des directives et soutient les structures de gouvernance existantes, mais ne dirige pas ni ne contrôle le développement, dans la mesure où des mécanismes communautaires existent pour réaliser les objectifs du projet. Le conseil documente les décisions et les règlements. Membres openSUSELes Membres openSUSE sont des contributeurs qui se sont particulièrement distingués en apportant une contribution continue et substantielle au projet openSUSE. Ils sont approuvés par le conseil openSUSE et bénéficient de certains avantages : ils reçoivent une adresse email @opensuse.org, un cloack IRC @opensuse/member/nom et ont droit à un compte sur le blog Lizards.openSUSE.org. Plus important, ils ont droit à participer aux élections du conseil openSUSE et aux votes de la communauté openSUSE. Utilisateurs openSUSEopenSUSE, en étant un projet communautaire ouvert et global, est constitué de contributeurs et utilisateurs issus de la planète entière. PopularitéBien que connaissant un succès grandissant sur le plan international, openSUSE reste néammoins peu utilisée dans le monde francophone en regard des autres distributions. Elle semble en revanche très populaire en Allemagne, en Russie, en République tchèque et en Indonésie.18 Notes et références
Voir aussiLiens internesLiens externesCatégorie SuSE de l’annuaire dmoz
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