Siné
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Siné, né Maurice Sinet, est un dessinateur et caricaturiste politique né dans le 20e arrondissement de Paris le 31 décembre 1928[1], régent du Collège de 'Pataphysique, souvent surnommé « Bob » par ses amis.
Sommaire |
[] Biographie
Il passe son enfance à Paris, à Pigalle. Le sort de son père naturel, Laurent Versy, ferronnier d'art condamné plusieurs années aux travaux forcés, contribue à sa distance critique envers l'État, la Justice et la Police. Siné porte le nom du mari de sa mère, Albert Sinet, duquel elle a divorcé pour se remarier avec Laurent Versy.
À quatorze ans, il entre à l?École Estienne et y étudie le dessin et la maquette. La nuit, il gagne sa vie en chantant dans les cabarets. Un jour, il tombe sur les dessins d'un roumain devenu le plus célèbre des illustrateurs américain : Saul Steinberg. Ce sera l'une de ses principales sources d'inspiration artistique : « Dès que j?ai vu les dessins de Steinberg, j?ai eu le coup de foudre et j?ai décidé d?essayer ce métier »[2].
Entre 1946 et 1948, il est chanteur dans le groupe de cabaret les Garçons de la rue[1]. À son retour du service militaire, qu?il passe en grande partie en prison, il commence à dessiner et fait des retouches sur les photos des revues pornographiques de l'époque. Il publie son premier dessin dans France Dimanche en 1952 et reçoit le Grand Prix de l'Humour Noir en 1955 pour son recueil Complainte sans Paroles.
Une série de dessins basée sur des jeux de mots mettant en scène des chats contribue à le faire connaître ; il entre alors à L'Express comme dessinateur politique.
Il exprime ses opinions anticolonialistes pendant la guerre d'Algérie. Alors qu'il remplace brièvement François Mauriac au bloc-note du journal lorsque celui-ci doit s'absenter pour raisons de santé, son "débloque-note" vaut à L'Express de nombreuses lettres indignées de ses lecteurs. Jean-Jacques Servan-Schreiber publiera une lettre d'excuses en première page du journal, ce qui n'arrangera pas ses relations avec Siné, celui-ci continuant à publier des dessins engagés dans le journal. Défendu par Jacques Vergès, alors avocat du FLN, il quitte L'Express en 1962 pour créer son propre journal, Siné Massacre, dans lequel il exprime son anticolonialisme, son antisionisme, son anticapitalisme, son anticléricalisme et son anarchisme.
En mai 1968, il fonde L?Enragé avec Jean-Jacques Pauvert.
En 1981, il rejoint l?équipe de Charlie-Hebdo et signe la rubrique Siné sème sa zone. En 1981, Michel Polac fait appel à lui pour l?émission Droit de Réponse sur TF1. Après la privatisation de la chaîne, l?émission est supprimée en 1987 en raison d'un dessin de Wiaz titré « Bouygues, une maison de maçon, un pont de maçon, une télé de m... ». Siné passe à L'Événement du Jeudi avec Loup.
En 1985, il est accusé par la LICRA d'incitation à la haine raciale pour des propos jugés antisémites tenus sur la « radio libre » Carbone 14 (voir l'article détaillé Affaire Siné). Il s'excusera de la tirade incriminée en publiant une lettre sous forme d'encart publicitaire dans le journal Le Monde, prétextant la colère et l'alcool, et la LICRA retirera sa plainte en le félicitant pour cette « page du c?ur ». Siné est quand même condamné, l'association Avocats Sans Frontières de Gilles-William Goldnadel poursuivant l'accusation.
En 1992, il reprend la rubrique Siné sème sa zone du nouveau Charlie Hebdo, non sans quelques heurts avec la nouvelle direction.
Grand amateur de jazz, il a illustré de nombreux livres sur le jazz, ainsi que des pochettes de disques. Certains de ses dessins ont été utilisés pour l'illustration de la page de couverture d'ouvrages comme, par exemple, Parents contre profs du journaliste Maurice Maschino, parce que le dessin permet d'un coup d'?il une approche parfaite du contenu : on y voit (avec à l'arrière-plan un tableau noir où est tracé "à bas l'aicole !") un prof couché sur le sol, manifestement occis par un jeune élève et son père, levant tous deux le bras gauche en signe de victoire et posant le pied gauche sur le corps de leur "adversaire vaincu".
Sa maison à San-Gavino-di-Tenda en Corse est détruite par un attentat à l'explosif le 2 janvier 2004[3].
[] La politique
Siné s'autoproclame et est généralement reconnu comme anarchiste. Profondément antisioniste, il soutient en 2004 la liste Euro-Palestine. Il est également membre du comité de parrainage de la Coordination française pour la Décennie de la culture de paix et de non-violence.
[] Éviction de Charlie Hebdo
Dans une chronique publiée le 2 juillet 2008 dans Charlie Hebdo, Siné écrit à propos de Jean Sarkozy une chronique[4] basée sur une information donnée par Patrick Gaubert, président de la Licra, au journal Libération[5][6]. Cette chronique est dénoncée comme « antisémite » par Claude Askolovitch. Il est renvoyé de la rédaction du journal par Philippe Val afin d'« éviter un procès »[7]. Pour certains (dont Siné), ce renvoi ferait plutôt suite à des désaccords éditoriaux entre Siné et Philippe Val dans le contexte de l'affaire Clearstream[8].
Cette éviction entraîne un certain nombre de réactions. Deux tendances opposées s'affrontent dans les médias français, l'une prenant la défense de Siné, l'autre dénonçant ses propos comme étant antisémites. Philippe Val fait l'objet de nombreuses attaques affirmant que la chronique incriminée n'aurait été qu'un prétexte pour se débarrasser d'un collaborateur historique de Charlie Hebdo avec lequel il avait très peu d'affinités. La blogosphère s'enflamme pour le débat, prenant majoritairement le parti de Siné[9]. Des pétitions sont lancées dans les deux camps, et de nombreuses personnalités prennent parti pour l'un ou l'autre.
Siné est cité à comparaître le 9 septembre 2008 devant la 6e chambre correctionnelle (presse) du tribunal de grande instance de Lyon par la LICRA pour « incitation à la haine raciale ».
[] Création de l'hebdomadaire Siné Hebdo
Le 27 août 2008, Siné annonce sur son blog la sortie le 10 septembre de son propre hebdomadaire satirique, intitulé Siné Hebdo, avec pour rédactrice en chef sa femme Catherine Sinet[10],[11]. Parmi la cinquantaine de collaborateurs se trouvent Guy Bedos, Philippe Geluck, Christophe Alévêque, Jackie Berroyer, Benoît Delépine, Isabelle Alonso, Michel Onfray, Delfeil de Ton... [12]. Les actionnaires du journal sont Siné, Catherine Sinet, Guy Bedos, Michel Onfray et un ami du couple Sinet, ainsi que l'Association des Mal Elevés[13].
D'après Siné « ce sera un journal d'humour, libertaire, ce qu'aurait dû être Charlie s'il était resté dans la tradition initiale », « un canard qui ne respectera rien » et « qui chiera tranquillement dans la colle et les bégonias sans se soucier des foudres et des inimitiés de tous les emmerdeurs »[14].
[] Distinctions
[] Notes et références
- ? a? b? Notice biographique, Who's Who in France, 2008
- ? interview "Les allumés du Jazz"
- ? « Les cagoules tapent sur les nerfs des Corses sans masque », Christian Dupian, Marianne2.fr, 19 janvier 2004.
- ? « Jean Sarkozy, digne fils de son paternel et déjà conseiller général de l'UMP, est sorti presque sous les applaudissements de son procès en correctionnelle pour délit de fuite en scooter. Le Parquet a même demandé sa relaxe ! Il faut dire que le plaignant est arabe ! Ce n'est pas tout : il vient de déclarer vouloir se convertir au judaïsme avant d'épouser sa fiancée, juive, et héritière des fondateurs de Darty. Il fera du chemin dans la vie, ce petit ! »
- ? (fr) Christophe Ayad et Antoine Guiral, « Sarkozy comme chez lui en Israël » sur liberation.fr, Libération, 23 juin 2008
- ? (fr) Delfeil de Ton, propos recueillis par Sarah Halifa-Legrand, « "La phrase de Siné avait été prononcée par le président de la Licra!" » sur nouvelobs.com, Le Nouvel Observateur, 28 juillet 2008
- ? « Philippe Val répond aux polémiques »
- ? « Charlie Hebdo : fini de rire ! », Marianne, version en ligne, 11 juillet 2008
- ? Bakchich Info
- ? « Siné lance son propre hebdomadaire satirique »
- ? « Siné hebdo : le journal mal élevé en kiosque chaque mercredi », sur le site sinehebdo.eu
- ? « Viré de Charlie Hebdo, Siné lance Siné Hebdo », Jérôme Bouin, LeFigaro.fr, 27 août 2008
- ? « Il n'y aura pas un mot sur Val ni sur ?Charlie? dans ?Siné Hebdo? »
- ? http://www.sinehebdo.eu/
[] Bibliographie succincte
- Complainte sans paroles - Jean-Jacques Pauvert 1955
- Pompe à chats (à compte d?auteur) 1956
- Portée de chats - Jean-Jacques Pauvert 1957
- Dessins de l?Express (tome 1) - Jean-Jacques Pauvert 1961
- Dessins de l?Express (tome 2) - Jean-Jacques Pauvert 1963
- Haut le c?ur ! - Jean-Jacques Pauvert 1965
- Je ne pense qu?à chat ! - Livre de Poche 1968
- CIA - Jean-Jacques Pauvert 1968, Mondar Editores (Portugal), 1974
- Siné Massacre - Livre de Poche 1973
- Au Secours, co-réalisé avec Desclozeaux, Picha et Puig Rosado - Editions Calmann Lévy 1973
- La chienlit c?est moi ! - Balland 1978
- Siné dans Charlie-Hebdo - Le Cherche-Midi 1982
- Siné dans Hara-Kiri Hebdo - Le Cherche-Midi 1984
- Siné sème sa zone - Le Cherche-Midi 1995
- Sinéclopédie du jazz (commentaires d?André Clergeat) - J Losfeld 1996
- Vive le Jazz ! (2 CD illustrés par Siné) - Frémeaux et associé 1997
- Ma vie, mon ?uvre, mon cul (tomes 1 à 7) - Charlie Hebdo (1999-2002)
[] Liens externes
- (fr)Blog officiel de Siné
- (fr)Siné ça marque ! (interview dans "Les allumés du Jazz")
- (fr)Entretien avec Maurice Siné sur le site des éditions Hermaphrodite
- (en)Maurice Siné
- (fr)Illustrations de l'Enragé
- (fr)le dessinateur Siné renvoyé de Charlie Hebdo, L'Express
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La source est wikipedia http://fr.wikipedia.org/wiki/ Siné
Revue de presse Siné
