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Sigmund Freud 
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Sigmund Freud
Sigmund Freud LIFE.jpg
Sigmund Freud par Max Halberstadt en 1921
Biographie
Naissance : 6 mai 1856
à Freiberg, Moravie,
Drapeau: Empire d'Autriche Empire d’Autriche
Décès : 23 septembre 1939 (à 83 ans)
à Londres, Royaume-Uni Royaume-Uni
Nationalité : autrichienne
Vie universitaire
Formation : Médecine (neurologie)
Titres : Professeur,
Privat-Dozent,
Professeur Extraordinarius,
prix Goethe
Approche disciplinaire : Psychanalytique
Auteurs associés
Détracteurs : Pierre Janet
Ludwig Wittgenstein
Lev Vygotski Carl Gustav Jung
Alfred Adler
Karl Popper
Partisans : Karl Abraham
Donald Winnicott
Melanie Klein
Sándor Ferenczi
Max Eitingon
Otto Rank
Ernest Jones
Anna Freud
Principaux travaux
Psychanalyse - Sexualité infantile - Inconscient

Sigmund Freud (prononciation allemande: ˈziːkmʊnt ˈfʁɔʏt), né Sigismund Schlomo Freud le 6 mai 1856 à Freiberg, Moravie (Autriche, aujourd'hui Příbor en République tchèque) et mort le 23 septembre 1939 à Londres (Royaume-Uni), est un médecin neurologiste, fondateur de la psychanalyse.

Freud a passé la majorité de son existence à Vienne, en Autriche. Après des études de médecine, à l'issue desquelles il obtient le titre de Privat-Dozen, Freud fait la rencontre de plusieurs personnalités importantes pour le développement de la psychanalyse. Ainsi, son amitié avec Wilhelm Fliess, sa collaboration avec Joseph Breuer, sa rencontre avec les médecins et neurologues Hippolyte Bernheim et Ambroise-Auguste Liébeault, son passage à la Salpêtrière de Jean-Martin Charcot enfin vont le conduire peu à peu à penser autrement les processus psychiques, et en premier lieu l'inconscient, le rêve et la névrose.

D'abord seul, Freud regroupe ensuite autour de lui une nouvelle génération de thérapeutes qui propagent la théorie psychanalytique, d'abord en Europe, puis dans le reste du monde. En dépit des scissions internes et des critiques émanant de la psychiatrie traditionnelle notamment, et malgré les années de guerre, la psychanalyse s'instaure comme une nouvelle discipline de la psychologie dès 1920. Freud, menacé par le régime nazi, doit ensuite quitter Vienne, pour s'exiler à Londres, où il meurt en 1939.

Son influence se fait sentir sur la plupart des sciences humaines: sur l'ethnologie (avec Géza Róheim et l'ethnopsychanalyse), l'anthropologie et les sciences juridiques (avec le juriste Pierre Legendre), le marxisme (par les tentatives de freudo-marxisme et avec Herbert Marcuse), les sciences politiques, la philosophie (avec Gilles Deleuze et Jacques Derrida), et même sur l'Art (le surréalisme d'André Breton1 ou de Salvador Dali s'en est largement inspiré). Le philosophe Paul Ricœur le situe ainsi aux côtés de Karl Marx et de Friedrich Nietzsche comme étant l'un des trois grands « maîtres du soupçon »F 1 qui ont induit le doute dans la conception philosophique classique du sujet.

La psychanalyse, dont le terme apparaît en 1896, repose sur plusieurs hypothèses et concepts mis à jour par Freud. D'abord l'hypothèse de l'inconscient révolutionne la représentation du psychisme. L'utilisation ensuite, dès 1898, de la méthode cathartique de Joseph Breuer est également une seconde acquisition de la psychanalyse. D'autres concepts, comme ceux de refoulement, de censure, de Narcissisme, de moi et d'idéal du moi, ou davantage métapsychologiques comme les pulsions, la première topique et la seconde topique, le complexe d'Œdipe ou le complexe de castration entre autres, vont peu à peu développer et complexifier la théorie psychanalytique, à la fois « science de l'inconscient » et savoir sur les processus psychiques et thérapeutique.

Sommaire

Biographie

L'article « Histoire de la psychanalyse » est un complément historique et bibliographique à ce sujet

Les biographes de Freud

L'histoire de la vie de Freud, celle, concomittante, de la création de la psychanalyse, a fait l'objet de nombreux articles et ouvrages dont le premier et le plus connu est la biographie d'Ernest Jones, contemporain de Freud, et qui est devenue une référence incontournable mais critiquée pour ses aspects hagiographiques (Ernest Jones, 2006). Le premier biographe fut cependant Fritz Wittels, qui poublia en 1924 Freud. L'homme, la doctrine, l'école. L'écrivain Stefan Zweig a lui aussi écrit une biographie enthousiaste de son ami FreudF 2. Le médecin de Freud, Max Schur, a également narré le rapport de Freud à la mort, à sa propre mort et à sa maladie qui devait l'emporter en 1939 (Max Schur, 1982). De nombreux contemporains de Freud lui ont également consacré une biographie, souvent hagiographique : Lou Andreas-Salomé, Thomas Mann, Siegfried Bernfield, Ola Andersson, Kurt Robert Eissler, Carl Schorske. Didier Anzieu a lui publié une analyse très détaillée de l'autoanalyse de Freud et du processus créatif qui en a découlé (Didier Anzieu, 1998).

Marthe Robert est l'auteur d'une biographie davantage littéraire (Marthe Robert, 2002). Plus récemment, c'est Henri F. Ellenberger qui a consacré une partie de son livre à Freud en enquêtant notamment sur le devenir de certains des patients de Joseph Breuer et de Freud dans Histoire de la découverte de l'inconscient. La thèse centrale du livre est qu'avant de devenir de grands inovateurs, des grands auteurs comme Mesmer, Jung, Freud, Janet et Adler ont soufferts de ce qu'il appellait une « maladie créatrice ». Frank Sulloway de son côté a développé une thèse qui soutient qu'avec la psychanalyse, Freud a produit un modèle cryptobiologique (Frank Sulloway, 1998). Ces dernières années des ouvrages plus polémiques, parfois sous forme de réquisitoires ont été édités, notamment celui de Mikkel Borch-Jacobsen et Sonu Shamdasani ou de Bénesteau entre autres. Alain de Mijolla, enfin, a publié un écrit sur Freud et la France ({{harvsp|id=A. Mijolla|texte=Alain de Mijolla, 2010}) qui analyse les relations complexes entre Freud, la psychanalyse et l'hexagone jusqu'en 1945.

Enfance et études (1856-1882)

Sigmund Freud naît le 6 mai 1856 à Freiberg en Moravie, dans l'empire austro-hongrois. Les antécédents familiaux des Freud, famille originaire de GalicieB 1 sont cependant peu connusD 1. Troisième fils de Kalamon Jakob Freud, modeste négociant, certainement marchand de laineD 2 et d'Amalia Nathanson (1836-1931), il est le premier enfant de son dernier mariageNotes 1. Freud est l'aîné de sa fratrie, composée de cinq sœurs (Anna, Rosa, Mitzi, Dolfi, Paula) et d'un frère, AlexanderB 2.

Selon Henri F. Ellenberger, « la vie de Freud offre l'exemple d'une ascension sociale progressive depuis la classe moyenne inférieure jusqu'à la plus haute bourgeoisie »D 3. La famille Freud suivait ainsi la tendance à l'assimilation qui était celle de la plupart des Juifs de VienneD 4 ; en effet le jeune Sigmund n'est pas élevé dans le strict respect de l'orthodoxie juive et il ne parle que l'allemandD 5. Il passe à Freiberg ses trois plus jeunes années puis les Freud s'installent à Leipzig pour s'établir définitivement en février 1860 ensuite dans le quartier juif de Vienne, ancien ghetto de la capitale autrichienne. Freud y réside jusqu'à son exil forcé, après l'invasion nazie de 1938D 6. De 1860 à 1865, son père change toutefois à plusieurs reprises d'appartements, pour s'installer enfin dans la Pfeffergasse, dans le quartier juif de la LeopoldstadtD 7.

La maison natale de Freud, à Příbor.

Le jeune Sigmund fréquente les écoles élémentaires juives du voisinage, puis, de 1866 à 1873, l'école secondaire. Brillant élève, il est le premier de sa classe pendant ses sept dernières années de scolarité secondaire au gymnase communal (Sperlgymnasium). Il a pour professeurs le naturaliste Alois Pokorny, l'historien Annaka et le politicien Victor von KrausD 8. À l'âge de 8 ans, le jeune Freud lit Shakespeare, Homère, Schiller ou GoetheB 3. Freud apprend également l'espagnol, certainement aux côtés d'Eduard Silberstein, son ami d'enfance, et avec qui il entretient par la suite une riche correspondance, et dont un dialecte mêlé d'hébreu était couramment employé dans la communauté sépharade de Vienne. Freud quitte le gymnase en été 1873 et il se montre intéressé par la carrière de zoologue, influencé par la lecture de Carl Brühl d'un poème intitulé Nature, attribué à Goethe, lors d'une conférence publiqueD 9. Cependant, pragmatique, il choisit la médecineB 4 et commence ses études à la rentrée d'hiver 1873.

Il obtient son diplôme le 31 mars 1881, soit huit années après son entrée à l'université, au lieu des cinq attendues. La raison est que le jeune Freud profite de sa liberté académique en tant qu'étudiant de l'Université de Vienne pour effectuer deux séjours dans la station de zoologie marine expérimentale de Trieste sous la responsabilité de Carl ClausC 1, puis pour travailler six années durant auprès d'Ernst Wilhelm von BrückeB 5 et dont les théories rigoureusement physiologiques l'influencent beaucoupD 10. À l'institut de Brücke (Physiologisches Institut), où il entre en octobre 1876, Freud fait la connaissance des physiologistes Sigmund Exner et de Fleischl von Marxow, et surtout du docteur Joseph Breuer, « collègue stimulant » pour lui et qui aiguise sa curiosité avec le cas d'une jeune hystérique connue plus tard sous le pseudonyme d'Anna O.D 11. Chez Brücke, Freud concentre ses travaux sur deux domaines à l'importance reconnue peu après : les neurones (dont certaines assertions sont reprises dans « Esquisse d'une psychologie scientifique »)C 2 et la cocaïneB 6. Selon Alain de Mijolla Freud découvre à ce moment les théories positivistes d'Émil Du Bois-Reymond, dont il devient un adepte, et qui expliquent la biologie par des forces physico-chimiques dont les effets sont liés à un déterminisme rigoureux.

Son service militaire, de 1879 à 1880 retarde également la fin de son cursus universitaire. Il profite de ce moment pour ambitionner de traduire les Collected Works du philosophe John Stuart MillB 7, se faisant par là une réputation d'éternel étudiant. Il s'intéresse aussi très tôt aux théories de Charles DarwinB 8. Il assiste aux cours de Franz Brentano et lit avec avidité Les Penseurs de la Grèce de Theordor Gomperz et surtout les volumes de Histoire de la civilisation grecque de Jacob Burckhardt. Il passe ensuite ses deux premiers rigorosa en juin 1830 et le troisième en mars 1881 et obtient son diplôme le 31 mars 1881. Il est alors à titre temporaire préparateur dans le laboratoire de Brücke puis travaille deux semestres dans le laboratoire de chimie du professeur Ludwig. Parallèlement, il poursuit ses recherches histologiquesD 12.

En juin 1882, Freud quitte le laboratoire de Ernest Brücke pour embrasser une carrière de médecin praticien, sans grand enthousiasme toutefoisD 13. Deux explications existent sur ce point. Selon Freud lui-même Brücke lui a conseillé de commencer à pratiquer en hôpital pour se faire une situation alors que pour Siegfried Bernfeld et Ernest Jones, son biographe, c'est son projet de mariage qui l'oblige à renoncer au plaisir de la recherche en laboratoire. Sigmund Freud a en effet rencontré Martha Barnays (1861-1951), de famille juive et commerçante, en juin 1882B 9, et, très tôt les conventions familiales alors en vigueur obligent les deux fiançés à se marier, d'autant plus que Freud est dans une situation financière très précaireD 14.

En octobre 1882 Freud entre donc dans le service de chirurgie du célèbre hôpital de Vienne, alors un des centres les plus réputés du mondeD 15, puis, après deux mois, il travaille comme aspirant, sous la responsabilité de l'interniste Nothnagel et ce jusqu'en avril 1883. Il est nommé sekundararzt au service de psychiatrie de Theodor Meynert le 1e mai 1883 dans lequel il poursuit des études histologiques sur la moelle épinière, jusqu'en 1886D 16.

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De l'hystérie à la méthode cathartique (1883-1893)

Après avoir passé cinq années dans le service de Meynert, Freud entre en septembre 1883 dans la quatrième division du docteur Scholtz. Il y acquière une expérience clinique auprès de malades nerveux. En décembre de la même année, suite à la lecture d'un article du docteur Aschenbrandt, il se livre à des expériences sur la cocaïne et en déduit qu'elle a une efficacité sur la fatigue et les symptômes de la neurasthénie. Dans son article de juillet 1884, « Über Coca »Freud 1, il conseille son usage pour de multiples troublesD 17. Il travaille sur sa découverte avec Carl Köller, qui mene alors des recherches sur un moyen d'anesthésier l'œil en vue de pratiquer des opérations peu invasives. Celui-ci informe ensuite Leopold Königstein qui l'applique à la chirurgie. Tous deux communiquent leur découverte lors de la Société des médecins de Vienne en 1884, sans mentionner la primauté des travaux de FreudD 18C 3.

Le jeune médecin est ensuite affecté au service d'ophtalmologie de mars à mai 1884, puis dans celui de dermatologie. Il y rédige un article sur le nerf auditifFreud 2, qui reçoit un accueil favorable, puis, en juin, il passe l'examen oral pour le poste de Privat-Dozent, et y présente son dernier article. Il est nommé le 18 juillet 1885 et, voyant sa demande de bourse de voyage acceptée, il décide d'aller étudier à Paris, auprès de Jean-Martin Charcot. Après six semaines de vacances auprès de sa fiancé, Freud s'installe donc à Paris. Admirateur de l'aliéniste français, qu'il rencontre la première fois le 20 octobre 1885, il se propose de traduire ses écrits en langue allemande. Dès lors, le Français le remarque et l'invite à ses somptueuses soirées du faubourg Saint-GermainB 10. Cependant, il semble que Freud n'ait pas passé autant de temps qu'il le dit auprès de Charcot, puisqu'il quitte Paris le 28 février 1886C 4 ; il en retire néanmoins toujours de la fierté et fait de ce séjour à Paris un moment clé de son existenceD 19. Il reste en outre en contact épistolaire avec le français.

En mars 1886 Freud étudie la pédiatrie à Berlin, avec Baginsky et revient finalement à Vienne en avril. Il rédige son rapport sur l'hypnotisme tel qu'il est pratiqué à la Salpêtrière devant les membres du Club de physiologie et devant ceux de la Société de psychiatrie, tout en organisant les préparatifs de son mariage. Un article d'Albrecht Erlenmeyer le critique vivement quant aux dangers de l'usage de la cocaïne.

Freud, pour gagner un peu plus de pécule, finit de traduire un volume des leçons de Charcot, qui paraît en juillet 1886, avec une préface de sa main. Après quelques mois de service militaire à Olmütz comme médecin de bataillon, Freud épouse Martha Bernays le 13 octobre 1886, à Wandsbek, puis passe avec elle le voyage de noce sur la mer Baltique. Dès son retour à Vienne, Freud aménage son cabinet dans le kaiserliches Stiftunghaus et travaille parallèlement avec l'Institut Kassowitz, un hôpital pédiatrique privé où il est affecté au service neurologique.

La demeure de Freud, à Vienne.

Le 15 octobre 1886, devant la Société des médecins de Vienne, FreudD 20, Freud fait une allocution concernant l'hystérie masculine, demeurée célèbre dans la littérature psychanalytique. Ce sujet était alors polémique, d'autant plus que à la conception classique de Charcot oppose l'hystérie post-traumatique à une hystérie dite simulée. S'appuyant sur la distinction entre « grande hystérie » (caractérisée par des convulsions et une hémianesthésie) et la « petite hystérie », et sur un cas pratique examiné à la Salpêtrière, Freud explique que l'hystérie masculine est plus fréquente que ce que les spécialistes observent habituellementD 21. Pour Freud, la névrose traumatique appartient au champ de l'hystérie masculine. La Société s'ingurge contre cette opinion qui est, de plus, déjà connue par les neurologues viennois. Selon Ellenberger, l'idéalisme de Freud pour Charcot lui vaut l'irritation de la Société, agaçée par son attitude hautaineD 22. Blessé, Freud présente alors à la Société un cas d'hystérie masculine afin d'étayer sa théorie. La Société l'entend de nouveau mais, contrairement à une certaine légende autour de cet événementD 23, Freud, éconduit, ne se retire pas de celle-ci ; il en devient même membre le 18 mars 1887.

Cette année-là il fait la rencontre de Wilhelm Fliess, un oto-rhinolaryngologiste de Berlin avec qui il entretient une abondante correspondance scientifique et amicaleD 24,B 11,C 5. Par ailleurs, la famille Freud accumule les dettes, son cabinet n'attirant pas en effet une abondante clientèle. De plus, Meynert se brouille avec lui en 1889, à propos de la théorie de Charcot, que Freud défend. Dès 1889, Freud est seul, son amitié avec Josef Breuer exceptée. Sa famille, nombreuse, l'aide également à surmonter cette période d'isolement professionnelB 12. Dès cette année, la pensée de Freud évolue. D'abord son intérêt pour Hippolyte Bernheim (dont il traduit le principal ouvrage : De la suggestion et des applications thérapeutiques) lui fait aborder la technique de l'hypnose. Il se rend en effet à Nancy, à l'école de Bernheim et Ambroise-Auguste Liébeault en 1889 pour confirmer son opinion sur l'hypnose. Il y apprend que les hystériques conservent une forme de lucidité envers leurs symptômes, savoir qui peut être mobilisé par l'intervention d'un tiers, idée qu'il reprendra ultérieurement dans sa conception de l'inconscientB 13 mais il conclut que l'hypnose n'a que peu d'efficacité. Il décide de lui préférer la cure par la parole de son ami BreuerC 6. Après cette visite, il participe, en juillet, au Congrès international de psychologie de Paris.

En 1891 Freud publie son travail sur les paralysies cérébrales unilatérales chez les enfants, en collaboration avec Oscar Rie, puis son étude critique des théories sur l'aphasie : Contribution à la conception des aphasies. Sa distance d'avec la pensée de Charcot y est maximale ; il y esquisse un « appareil de langage » (sprachtapparat) permettant de rendre compte des troubles de la fonction langagière. Ce modèle préfigure l'« appareil psychique » de sa première topique. Par là, Freud lie l'inconscient au langageB 14. En 1892 il édite sa traduction de l'ouvrage de Bernheim sous le titre Neue Studien über Hypnotismus, Suggestion und Psychotherapie. La même année, devant le Club médical viennois il expose une conception proche du FrançaisFreud 3.

En 1893 il publie plusieurs articles sur l'hystérien en collaboration avec Joseph Breuer et en particulier l'essai « Le Mécanisme psychique des phénomènes hystériques ». Il y défend la conception névrotique de l'hystérie, tout en proposant « une méthode thérapeutique fondée sur les notions de catharsis et d'abréaction »D 25. En 1894, avec son article « Névro-psychoses de défense », Freud se focalise sur la phobie. Il souffre par ailleurs de symptômes cardiaques et cesse de fumer. S'occupant de l'hystérie d'une patiente, Emma, Freud, influencé par la théorie de la bisexualité de son amiB 15, demande à Fliess de l'opérer du nez, pensant que sa névrose y est liée. Fliess commet une erreur médicale en oubliant la gaze iodoformée dans le nez de la patiente. Freud fait ensuite un rêve marquant (le rêve dit de l'« injection faite à Irma ») dans la nuit du 23 au 24 juillet 1895 sur cet accident et entreprend d'en analyser le sens au moyen de la méthode des associations libres ; « cette étude devait devenir, [note Ellenberger], le prototype de toute analyse des rêves »D 26,Notes 2.

L'invention de la psychanalyse (1893-1905)

En 1895, Breuer et Freud publient leurs Études sur l'hystérie qui regroupe les cas analysés depuis 1893, dont celui d'Anna O. (de son vrai nom Bertha Pappenheim), présenté comme un exemple type de cure cathartiqueB 16. Ce cas le met sur la voie du transfert qui éloigne définitivement Freud de l'hypnoseB 17. En 1896, considérant que sa théorie a droit de cité en psychologie, Freud la baptise du nom de « psychanalyse »D 27 mais le facteur sexuel n'est pas encore prédominant dans celle-ciB 18. Dès lors il rompt avec Breuer et esquisse un essai laissé inédit : « Esquisse d'une psychologie scientifique ». C'est en effet dans son article « L'hérédite et l'étiologie des névroses »Freud 4, de 1896, que le terme de psychanalyse apparait pour la première fois. Du grec ana qui désigne la remontée vers l'originaire, l'élémentaire, et de lysis, la dissolution, l'analyse, le terme désigne dès le départ la recherche des souvenirs archaïques en lien avec les symptômesB 19.

Après la mort de son père, le 23 octobre 1896, abattu par la douleur physique également, Freud s'intéresse exclusivement à l'analyse de ses rêves. Nourrissant de la culpabilité pour son père décédé, il entreprend donc une auto-analyse qui l'absorbe de plus en plus. Il dit alors tenter d'analyser sa « petite hystérie » et ambitionne de percer à jour la nature de l'appareil psychologique et de la névroseD 28. Lors de son auto-analyseB 20, et après avoir abandonné sa théorie de l'hystérie, ses souvenirs d'enfance affluent. Sa nourrice lui permet de développer la notion de souvenir écran par exemple alors qu'il voit dans les sentiments amoureux pour sa mère et dans sa jalousie pour son père une structure universelle qu'il rattache à l'histoire d'Œdipe et d'HamletD 29. Ses analyses de patients lui apportent également des arguments dans l'édification d'une nouvelle conception, qui lui permet de revoir et l'hystérie et les obsessions. Seule la correspondance avec Fliess témoigne de cette évolution de sa pensée ; c'est notamment dans celle du du 15 octobre 1897 que Freud évoque pour la première fois le complexe d'ŒdipeFreud 5. Le neurologue viennois explique ainsi : « J’ai trouvé en moi comme partout ailleurs des sentiments d’amour envers ma mère et de jalousie envers mon père, sentiments qui sont, je pense, communs à tous les jeunes enfants »B 21.

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Le 2 mai 1896, devant la Société de psychiatrie, présidée par Hermann Nothnagel et Krafft-Ebing, sa conception ne soulève guère d'enthousiasme, même si ce dernier lui délivre le titre d' ExtraordinariusNotes 3,B 22. En effet, lors du Congrès international de psychologie à Munich, en août 1896 le nom de Freud est cité parmi les autorités les plus compétentes dans le domaine alors qu'en 1897 Van Renterghem le cite comme l'une des figures de l'École de NancyD 30. En novembre de la même année, il se préoccupe des phases infantiles à dominante sexuelle. Il annonce à Fliess au début de l'année 1898 qu'il compte publier un ouvrage sur l'analyse des rêves, et, après une période de dépression brutale, il édite en 1899 L'interprétation des rêves (Traumdeutung)D 31C 7, un ouvrage autobiographique dans la mesure où il se base sur le matériel de ses propres rêves. Cette période d'auto-analyse mêlée de névrose est selon Henri F. Ellenberger caractéristique de la « maladie créatrice », phase de dépression et de travail intense qui a permis à Freud d'élaborer la psychanalyse en dépassant ses problèmes personnelsD 32.

Sa situation, tant sociale que financière, s'améliore, et, de 1899 à 1900 il exerce les fonctions d'assesseur de l'Association impériale-royale pour la psychiatrie et la neurologie (Jahrbuch für Psychiatrie und Neurologie). Par ailleurs il travaille intensément sur ses recherches et se dépeint comme un « conquistador »C 8. Il jouit en effet d'une clientèle lucrative et est reconnu par la société viennoise. En septembre 1901, il se sent capable de visiter Rome, en compagnie de son frère Alexander. La « Ville Éternelle » l'a toujours fascinée et Freud, en raison de sa phobie des voyagesB 23, a toujours remis à plus tard sa visite de l'ItalieB 24. À Rome, il est surtout impressionné par la statue du Moïse de Michel-AngeB 25. Freud publiera quelques années, en 1914, dans la revue Imago un essai, « Le Moïse de Michel-Ange », de manière anonyme dans lequel il oppose les deux figures, historiques et mythiques, du libérateur du peuple juif. Lors d'un passage à Dubrovnik (alors Raguse), Freud a l'intuition du mécanisme psychique du lapsus comme révélateur d'un complexe inconscientB 26. La même année, deux psychiatres suisses, Carl Gustav Jung et Ludwig Binswanger de Zurich se rallient à la psychanalyse naissante et, grâce à l'« école de Zurich » le mouvement s'amplifie en Europe et aux États-UnisE 1. Auparavant, en 1901, Eugen Bleuler (avec qui Freud commence une correspondance), extrêmement impressionné par L’Interprétation des rêves de Freud, a en effet demandé à son second, Jung, de présenter l'ouvrage à l'équipe psychiatrique du Burghölzi. La Suisse devient ainsi un allié de poids dans le développement du mouvement psychanalytique.

De retour à Vienne, se sentant davantage autonome par rapport à Fliess, Freud rompt tout échange avec ce dernier en 1902. Freud présente ses opinions scientifiques au cours de plusieurs conférences, devant le Doktorenkollegium de Vienne, puis devant le B'nai B'rith (un cercle de juifs laïcs), et toutes deux sont bien accueillies.

En automne 1902 à l’initiative de Stekel, Freud réunit autour de lui un petit groupe d'intéressés qui prend le nom de Psychologische Mittwoch Gesellschaft (Société psychologique du mercredi) qui, chaque mercredi, discutent de psychanalyseNotes 4,2. Selon Ellenberger, à partir de cette date la vie de Freud se confond avec l'histoire du mouvement psychanalytiqueD 33. Les travaux de Freud sont mentionnés lors du Congrès des médecins aliénistes et neurologistes de Grenoble la même année.

En 1904 il publie Psychopathologie de la vie quotidienne. En septembre, il se rapproche d'Eugen Bleuler, de Zurich, et commence une correspondance scientifique avec lui. Les thérapies engagées par Freud sur la base de ces hypothèses le conduisent alors à découvrir que tous ses patients n’ont pas subi de réels traumatismes sexuels dans leur enfance : ils évoquent des fantasmes et racontent un roman familial, auxquels ils croient. Simultanément, il découvre que certains patients ne souhaitent pas vraiment guérir. Ils résistent et transposent des sentiments anciens vers leur thérapeute : c’est ce que Freud appellera le transfert.

Freud parle de la psychanalyse pour la première fois publiquement en 1904B 27, lors d'une série de conférences à l'université Clark à Worcester, Massachusetts, invité par son président Stanley Hall3, en compagnie de Carl Gustav Jung, Ernest Jones et Sandor Ferenczi. Freud et Jung se voient honorés du titre de LL. D. (docteur des deux droits)E 2. Freud désigne explicitement Jung comme son « successeur et prince héritier »Freud 6. En témoignage de reconnaissance, il y déclare que le mérite de l'invention de la psychanalyse revient à Joseph Breuer. Plus tard, il précise que, bien qu'il soit lui-même réellement l'inventeur de la psychanalyse, il considère que le « procédé cathartique » de Breuer constitue une phase préliminaire à son invention.

En septembre 1909, lors de la série de conférence faite à la Clark University, à Worcester, Massachusetts. De gauche à droite : en bas Sigmund Freud, Stanley Hall, C. G. Jung ; derrière : Abraham A. Brill, Ernest Jones, Sandor Ferenczi4.

L'institution psychanalytique (1905-1920)

En 1905, paraissent trois ouvrages : Trois Essais sur la théorie de la sexualité, qui rassemble les hypothèses de Freud sur la place de la sexualité et son devenir dans le développement de la personnalité, Le Mot d'esprit et ses rapports avec l'inconscient et Fragment d'une analyse d'hystérie : DoraFreud 7. Ce dernier est le compte-rendu du cas d'Ida Bauer, qui illustre le concept de transfert psychanalytique. Ce transfert, par lequel le patient crée une névrose (la « névrose de transfert ») dans la relation établie avec son thérapeute, en quelque sorte « expérimentale », est en effet à analyser dans le cadre de la cure car il en détermine l'issue. Contrairement à une idée largement répandu, l'œuvre de Freud ne soulève pas de vives critiques et des indignations de la part de la communauté médicale, au contraire, soulignent Ilse Bry et Alfred H. Rifkin5. Le succès de la psychanalyse est d'ailleurs immédiat dès les années 1900 et les premières traductions, russes, datent de 1905B 28. Les premiers travaux des disciples de Freud apparaissent ; Otto Rank, âgé de 21 ans, lui remet en effet le manuscrit d'un essai psychanalytique qui s'intitule « L'artiste »2.

En 1906 Freud s'intéresse à une nouvelle de l'écrivain allemand Wilhelm Jensen, La Gradiva qu'il analyse au moyen de sa méthode d'investigation. L'analogie de la remontée des souvenirs avec l'archéologie est au centre de son étudeB 29 ; il en tire un ouvrage, Le Délire et les rêves dans la Gradiva de Wilhelm Jensen. Par ailleur,s Freud se brouille avec son ami, Wilhelm Fliess, qui rédige par la suite un pamphlet, Pour ma propre cause dans lequel il accuse Freud de vol d'idées2.

En mars 1907, l'isolement de Freud cesse définitivementD 34. Le groupe naissant de psychanalystes tentent de créer une collection intitulée les « Schriften zür angewandten Seelenkunde » (« Écrits de psychologie appliquée ») aux éditions DeutickeNotes 5. Directeur de la publication, Freud y publie le premier La Gradiva. En 1908 le petit groupe autour de Freud devient la Société viennoise de psychanalyse et, en août Karl Abraham fonde la société psychanalytique de Berlin. L'année suivante la première revue psychanalytique est fondée (le Jahrbuch für psychoanalytische und psychopathologische Forschungen ou Annales de recherches psychanalytiques et psychopathologiques), avec Bleuler et Freud comme directeurs et Jung comme rédacteur en chef. Freud inaugure cette revue avec la publication du cas du petit Hans. Le 26 avril, le premier Congrès international de psychanalyse à Salzbourg réunit 42 membres de six pays participent à cette réunion (Autriche, Allemagne, Hongrie, Suisse, Angleterre et États-Unis). Freud y présente ses « Remarques sur un cas de névrose obsessionnelle »2.

En 1909 parait les Cinq leçons sur la psychanalyse. Freud s'interroge sur la nature de la pratique psychanalytique dans un essai, À propos de la psychanalyse dite sauvage.

L'année 1910 marque un sommet dans l'histoire de la psychanalyse et dans la vie de Freud. Lors du second Congrès international à Nuremberg organisé par Jung, les 30 et 31 mars, est crée l'Association Internationale de Psychanalyse (« IPA ») (International Psychoanalytical Association|Internationale Psychoanalytische Vereinigung), dont le premier président est Carl Gustav Jung, ainsi qu'une deuxième revue, la Zentralblatt für Psychoanalyse, Medizinische Monatsschrift für SeelenkundeNotes 6. L'API rassemble sous son égide les groupes locaux (Ostgruppen), ceux de Zurich (qui en est le siège), Vienne et Berlin. Une patiente de Jung, Sabina Spielrein, le met sur la voie de la théorisation du transfert amoureux sur les thérapeutes, qu'il nomme le contre-transfertC 9.

Lors de ses vacances en Hollande Freud analyse le compositeur Gustav Mahler, lors d'un après-midi de promenade à travers la ville. Fred voyage ensuite à Paris, Rome et Naples, en compagnie de Ferenczi. La psychanalyse naissante se heurte à sa première opposition d'impoortance. En octobre 1910, répondant à l'appel, lors du Congrès de neurologie de Berlin, d'Oppenheim, les médecins allemands d'Hambourg mettent à l'index la pratique psychanalytique au sein des sanatoriums locaux2.

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Alors que Freud publie Un Souvenir d'enfance de Léonard de Vinci, dans lequel apparaît pour la première fois les concepts de narcissisme, de sublimation et de la créativité, la psychanalyse reçoit de nouvelles critiques émanant des milieux médicaux. Par ailleurs, les premiers schismes en son sein se font jour. Son opposition théorique à la théorie de Jung, qui deviendra en 1914, la « psychologie analytique », l'occupe en effet ces années-làB 30.

En 1911 Freud écrit un texte connu sous le titre le Président Schreber mais originairement intitulé Remarques psychanalytiques sur un cas de paranoïa (Dementia paranoïdes) décrit sous forme autobiographique. Freud y retrace l'analyse du juriste et homme politique Daniel Paul Schreber. Il publie aussi un court texte métapsychologique : « Formulations sur les deux principes du cours des événements psychiques » dans lequel il décrit le principe de plaisir et le principe de réalité. L'année suivante il complète sa théorie en ajoutant deux types de pulsions : la pulsion de vie (l'Éros) et la pulsion de mort (le Thanatos)B 31.

La direction des revuesNotes 7 et des travaux théoriques de l'API, celle des séminaires, occupent considérablement Freud à cette période, d’autant que parmi ceux qui travaillent avec lui, des rivalités se font jour ainsi que des dissenssions théoriques qu'il combat lorsqu'elles remettent notamment en question les rôles de la sexualité infantile et du complexe d'Œdipe comme le font celles, toujours plus intenses, de Jung, Adler, Rank, et d’autres. Il intègre notamment, en cohérence avec ses théories, certaines d’entre elles dans ses hypothèses, des années après. Ainsi, il refuse la mise en avant de l’agressivité par Alfred Adler, car il considère que cette introduction se fait au prix de la réduction de l’importance de la sexualité. Il refuse également la mise en avant de l’inconscient collectif au détriment des pulsions du moi et de l’inconscient individuel, et la non-exclusivité des pulsions sexuelles dans la libido que propose Carl Gustav Jung. En juin 1911, le premier, Alfred Adler quitte Freud pour fonder sa propre technique et sa théorie. L'année suivante c'est au tour de Wilhelm Stekel, alors qu'en 1913, en septembre, il se brouille avec Carl Gustav Jung6.

En 1913 Totem et tabou permet à Freud de démontrer la portée sociale de la psychanalyseD 35,B 32. Secrètement, depuis 1912, sur l'idée d'Ernest Jones, Freud réunit autour de lui un petit comité de fidèles partisans (Karl Abraham, Hans Sachs, Otto Rank, Sandor Ferenzci, Ernest Jones, von Freund et Etingon) sous le nom de Die Sache (la « Cause ») et ce jusqu'en 1929, afin de sauver la psychanalyse de ses différents schismes. Chaque membre reçoit de Freud une intaille grecque de sa collection privée, qu'il porte sur un anneau d'orB 33.

Le congrès international de psychanalyse de 1911, à Nuremberg
Photographie de groupe lors du congrès international de psychanalyse de 1911 organisé à Nuremberg.

(Cliquez sur l'image pour identifier les membres)

Pendant la guerre, Freud n'exerce que peu. Il est surtout concentré sur la rédaction de ses cours universitaires, rassemblés sous le titre de Cours d'introduction à la psychanalyse édité en français sous le titre Introduction à la psychanalyse en 1916. Le sort de ses fils le préoccupe sans cesse. La guerre paralyse par ailleurs l'extension du mouvement psychanalytique ; en effet le congrès de Dresde, prévu en 1914 n'a pas lieuB 34. En 1915, il se lance dans la rédaction d’une nouvelle description de l’appareil psychique dont il ne conserve cependant que quelques chapitres. Ce qu’il prépare est en fait une nouvelle conception de la topique psychique. IL est par ailleurs proposé au Prix Nobel par le médecin viennois Robert Barany. Il publie Deuil et Mélancolie en 1917 et, en janvier 1920, il est nommé professeur ordinaire. Les années suivantes, alors que le contexte politique et économique s'améliore, Freud publie tour à tour : Au-delà du principe du plaisir qui introduit les pulsions agressives, nécessaires pour expliquer certains conflits intrapsychiques, et Psychologie collective et analyse du moi. Freud est en effet concentré, durant ces années de guerre, sur la constitution d'une métapsychologie décrire les processus inconscients sous un triple angle : dynamique, topique et économiqueB 35.

Dès 1920, Freud élabore une seconde topique de l'appareil psychique composée du Moi, du Ça et du Surmoi. La seconde topique se superpose à la première (inconscient, préconscient, conscient). Le développement de la personnalité et la dynamique des conflits sont alors interprétés en tant que défenses du Moi contre des pulsions et des affects, plutôt que comme conflits de pulsions (les pulsions en cause sont les pulsions de mort). L’ambivalence et la rage étaient perçues dans la première topique comme consécutive de la frustration et subordonnées à la sexualité. Cette nouvelle conception évoque la lutte active qui se déroule entre les pulsions de vie (sexualité, libido, éros) et les pulsions de mort et d’agression (que d'autres analystes ont appelé thanatos). Plus fondamentales que les pulsions de vie, les pulsions de mort tendent à la réduction des tensions (retour à l’inorganique, répétition qui atténue la tension) et ne sont perceptibles que par leur projection au-dehors (paranoïa), leur intrication avec les pulsions libidinales (sadisme, masochisme) ou leur retournement contre le Moi (mélancolie). Freud défend une vision duelle de l'espritB 36 selon Ernest Jones : « La plupart de ceux qui ont étudié Freud ont été impressionnés par ce que l'on pourrait appeler son dualisme insistant. S'il avait été philosophe, il n'aurait certainement pas été moniste, pas plus qu'il n'aurait partagé l'univers pluraliste de William James ». Après la Première Guerre mondiale, en 1924, le mouvement psychanalytique voit le départ d'Otto Rank alors qu'en 1929 c'est le tour de Sandor Ferenczi.

Sigmund Freud entouré de ses plus proches partisans (Sandor Ferenczi, Hanns Sachs (debout), Otto Rank, Karl Abraham, Max Eitingon, et Ernest Jones).

Extension de la psychanalyse et dernières années (1920-1939)

En octobre 1920, le professeur de droit Lôffler invite Freud à étudier les névroses de guerre. Puis, du 8 au 11 septembre se tient le 5e congrès de l'IPA, à la Haye présidé par Ernest Jones. Freud y intervient en lisant « Suppléments à la théorie des rêves ». D'autre part, la création d'un comité secret y est décidée, avec Jones comme coordinateur. La psychanalyse se développe de manière importante en Grande-Bretagne et en Allemangne. Max Eitingon et Ernst Simmel créent en effet à Berlin une polyclinique psychanalytique alors que Hugh Crichton-Miller fonde la Tavistock Clinic à Londres2.

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Freud et sa fille Anna en 1913.
La famille Freud
Mathilde Freud, mariée à Robert Hollitscher (1887-1978) sans enfant
Jean-Martin Freud, marié à Esti Drucker (1889-1967) 2 enfants (Walter Freud : 1921-2004 et Sophie Freud : né en 1924 )
Oliver Freud, marié à Henny Fuchs (1891-1969) 1 enfant (Eva Freud : 1924-1944)
Ernst Freud, marié à Lucie Brasch (1892-1970) 3 enfants (Stephen Freud : né en 1921, Lucian Freud : né en 1922 et Clement Freud : 1924-2009)
Sophie Freud, mariée à Max Halberstadt (1893-1920) 1 enfant ( Heinz Halberstadt : 1918-1923)
Anna Freud (1895-1982) sans enfant

La première traduction d’un texte de Freud en France, Introduction à la psychanalyse, par Serge Jankélévitch, est publiée en 1922. Le mouvement psychanalytique acquière une clinique psychanalytique, à Vienne, l’ambulatorium, consacré aux psychoses et dirigé par trois élèves de Freud (qui n'y participe que très peu) : Helene Deutsch, Paul Federn et Edouard Hitschmann.

En 1923 Freud apprend qu'il est atteint d'un cancer de la mâchoire qui le fera souffrir tout le restant de sa vie. Il écrit « Le moi et le ça » à un moment où le mouvement psychanalytique atteint une réputation internationale, notamment en Angleterre et aux États-UnisD 36. Il songe à constituer une édition complète des ses écrits, le Gesammelte Schriften (« Écrits réunis »).

Le Congrès de Salzbourg, en 1924, se déroule en l’absence de Freud. La même année, Otto Rank quitte le mouvement. En Angleterre, les Les membres de la Société britannique de psychanalyse, fondée en 1919, créent l’ Institute of Psychoanalysis2. En 1925, il écrit Inhibition, symptôme et angoisse ainsi qu'une esquisse autobiographique. Le 9e congrès de l’IPA à Bad-Homburg, en Allemagne se tient du 2 au 5 septembre. Anna Freud y lit le texte de son père : « Quelques conséquences psychiques de la différence des sexes au niveau anatomique ». Freud ne peut en effet plus voyager, en raison de sa maladie. Dans un article, « L'analyse pratiquée par les non-médecins » de 1926 invite les non praticiens à utiliser la psychanalyse. À ce sujet, Freud parle de psychanalyse « laïque » ou « profane ». Il revient aussi sur l'évolution de sa pensée, dans un essai intitulé : « Présentation de moi-même ».

Dans les dernières années de sa vie, Freud essaye d’extrapoler les concepts psychanalytiques à la compréhension de l’anthropologie et de la culture. Sa vision pessimiste de la race humaine s'exacerbe, notammant à la suite de la dissolution du comité secret formé par Enrest Jones, suite à des querelles d'héritage, des jalousies et des rivalités internesC 10. Il rédige donc un certain nombre de textes dans ce sens, en particulier sur la religion comme illusion ou névrose. En 1927, il publie L'Avenir d'une illusion, qui porte sur la religion d'un point de vue psychanalytique et matérialiste. En 1930 il publie Malaise dans la civilisation dans lequel Freud décrit un processus de civilisation qui est une reproduction à plus large échelle du processus d'évolution psychique individuel. Sa fille, Anna publie Introduction à la psychologie des enfantsB 37.

En août 1930 il obtient de la ville de Francfort, avec surprise, ne se considérant pas comme un écrivainB 38, le prix Goethe puis il retourne l'année suivante dans sa ville natale de Freiberg pour une cérémonie en sa faveur. Dans une lettre de Thomas Mann du 3 janvier, l'écrivain s'excuse auprès de Freud pour avoir mis du temps à comprendre l'intérêt de la psychanalyseB 39. En 1932 il travaille à un ouvrage de synthèse, présentant des conférences devant un public imaginaire, Nouvelle Introduction à la psychanalyse. En 1932, il publie, en collaboration avec le physicien Albert Einstein, leur pensée sur la guerre et la civilisation, issues de leur correspondance, dans un essai intitulé « Pourquoi la guerre ? »7.

En mai 1933, les ouvrages de Freud sont brûlés lors des autodafés nazisC 11 mais il refuse de s'exiler jusqu'en mars 1938 lorsque les Allemands entrèrent à Vienne. Grâce aux négociations de Marie Bonaparte et d'autres amis, et au paiement d'une rançon, le 4 juin, Freud, sa femme et sa fille Anna quittent Vienne par l’Orient Express, et peuvent rejoindre Londres, où ils sont reçus avec tous les honneurs, notamment par l'ambassadeur américain, William Bullit que Freud connaissait auparavantB 40. Les deux hommes ont en effet travaillé ensemble à une étude sur le président américain Woodrow Wilson intitulée Woodrow Wilson: a psychological study publié en 1966. Il publie ensuite Moïse et le monothéisme et est nommé membre de la Société royale de médecine. Freud reçoit chez lui la nomination, ne pouvant se déplaçer, abattu par son cancer et par trente-deux opérations et traitements successifs.

Freud meurt à Londres le 23 septembre 1939, à 3 heures du matin, d’un carnicome verruqueux d’Ackerman, dans sa maison de Londres, à l'âge de 83 ans. À sa demande, et avec l’accord d’Anna Freud, Max Schur, son médecin personnel, lui a injecté une dose mortelle de morphine2. Son corps est incinéré au cimetière de Golders Green et les derniers hommages sont remis par le docteur Ernest Jones au nom de l'Association internationale de psychanalyse et par l'écrivain Stefan ZweigD 37, le 26 septembre. Le récit de sa longue maladie a été fait dans le détail par Max Schur. Après la mort d'Anna Freud, en 1982, la maison qui avait accueilli la famille en exil devient le Freud MuseumB 41.

Son Œuvre : la psychanalyse

Articles principaux : Psychanalyse et Histoire de la psychanalyse.

Le mouvement psychanalytique

La théorie psychanalytique : la « science de l'inconscient »

La psychanalyse — dont l'idée a évoluée depuis ses débuts, en 1896, à ses derniers exposés de la plume de Freud, en 1930 — regroupe trois acceptions selon Paul-Laurent Assoun. Le terme désigne en effet d'abord une certaine méthode d'investigation du psychisme inconscient, mais aussi une méthode de traitement (la cure psychanalytique), et, plus généralement une conception psychologique globale touchant à la conception même de l'hommeG 1. De manière davantage exhaustive, le mouvement psychanalytique représente le corpus de théories issues de l'expérience analytique, participant à la conceptualisation de l'appareil psychique. Cette théorie psychanalytique (qui est dite d'orientation psychodynamique au sein de la discipline psychologique), et en dépit de la diversité des approches, se fonde sur l'initative de Freud en premier lieuG 2 et sur la reconnaissance de concepts majeurs tels que : l'inconscient, le transfert, la répétition et la pulsion. Du point de vue de sa méthode d'approche, son objet étant l'inconscient, la psychanalyse est une discipline centrée sur l'observation et non sur l'expérimentation ; elle est donc une « science phénoménale »G 3 rattachée à la médecine et à la psychiatrieG 4 mais possédant auprès de celles-ci une autonomie toute relativeG 5.

Depuis ses premiers écrits fondateurs, Freud considère que la scientificité de la psychanalyse repose sur son objet : l'inconscient. Or, la plupart des critiques envers la psychanalyse achoppent sur cette qualification de scientificité. Elle est pourtant, selon Assoun, une collection de connaissances et de recherches ayant atteint un degré suffisant d'unité et de généralité capale de fonder « un consensus sur des relations objectives découvertes graduellement et confirmées par des méthodes de vérifications définies »G 6. Elle est donc une science de la nature car elle repose tout entière sur des concepts fondamentaux, notamment celui de pulsion (Trieb)G 7. Enfin, la psychanalyse récuse toute métaphysiqueG 8.

Développement et influence du mouvement psychanalytique

Avec sa conception novatrice de l'inconscient, Freud a permis une nouvelle compréhension des névroses et, au-delà, de la psyché. Les travaux historiques d'Ernest Jones et, plus récemment, d'Henri F. Ellenberger rappellent que le concept d'inconscient est antérieur à Freud, mais précisent que ce dernier est un précurseur par sa manière de théoriser l'inconscient, dans sa première topique puis dans la secondeF 3. Le mouvement psychanalytique s'est développé d'abord en référence à Freud et à ses proches partisans, puis en opposition à ses détracteurs, tant internes (Jung, Adler, Rank parmi les principaux) qu'externes (le milieu psychiatrique et médical notamment). Il y eut ainsi plusieurs générations de psychanalystes et en 1967, ceux dits de la « troisième génération » établissent un retour historique et épistémologique sur ce mouvement. Jean Laplanche et Jean-Bertrand Pontalis isolent ainsi par exemple environ quatre-vingt-dix concepts strictement freudiens à l'intérieur d'un vocabulaire psychanalytique contemporain composé de quatre cent trente termes alors qu'Alain de Mijolla en dresse lui un panorama chronologique précis. Le travail de pionnier de Freud a eu un impact sur de nombreuses autres disciplines ; sur la psychologie en premier lieu, mais aussi sur la nosographie des troubles mentaux, sur la psychopathologie, sur la relation d'aide, la psychiatrie, l'éducation, la sociologie, la neurologie. À un niveau plus général, Freud est également considéré par certains comme ayant été celui qui a délivré la parole sur la sexualité et notamment la sexualité féminine, questions jusqu'alors méprisées par beaucoup de médecins.

Les continuateurs de Freud

Article détaillé : écoles de psychanalyse.
8

Après la mort de Freud, son l'héritage est partagé entre plusieurs écoles, qui entretiennent entre elles des rapports souvent polémiques, dépendant des postulats retenus et des spécificités nationalesG 9. Deux types de courants peuvent être distingués : ceux dits « orthodoxes », proches du freudisme, et ceux s'en écartant sur des points fondateurs, les courants « hétérodoxes ». Pendant la Seconde Guerre mondiale se développe la question de l'analyse groupale, avec des analystes comme Wilfried Bion. En France, il n'y eut aucune activité psychanalytique pendant l'Occupation d'autre part. En fait, la British Psychoanalytical Society demeure le seul bastion de la psychanalyse en Europe. C'est là que se déroulent, à partir de 1942, les oppositions entre Melanie Klein, Anna Freud et le Middle Group. Des associations psychanalytiques voient cependant le jour dans différents pays, toutes sous l'égide de l' International Psychoanalytical Association. En France, La Société psychanalytique de Paris relaye le freudisme même si le courant lacanisme s'en écarte, notamment avec la théorie de l'inconscient structuré comme un langage. Avec l'immigration de nombreux psychanalystes d'Europe avant, pendant et après la guerre, la psychanalyse prend beaucoup d'importance aux USA, avec l' American Psychoanalytic Association (A.Ps.A.A.) ou la Self-psychology. L'ego-psychology s'y développera beaucoup mais aussi les autres courants (freudiens, kleiniens, etc.). De nombreux psychanalystes développent et propagent la conception freudienne, peu ou prou : Juliette Favez-Boutonnier, Daniel Lagache, Françoise Dolto, Jacques Lacan.

Principaux concepts freudiens

L'inconscient

Article détaillé : Inconscient.

Freud introduit une conception tout à fait neuve de l'inconscient. En effet, depuis longtemps, on avait remarqué que certains phénomènes échappent à la conscience. LeibnizF 4 observait déjà que lorsque l'on passe quelque temps près d'une cascade, on est d'abord gêné par le bruit pour l'oublier ensuite tout à fait. Arthur Schopenhauer avait décrit l'inconscient avec sa notion de « volonté aveugle ». Novalis est le premier à se servir du mot « inconscient » et les thèses post-romantique de Karl Robert Eduard von Hartmann avec Philosophie des Unbewussten (Philosophie de l'inconscient) en 1869 mais surtout de Carl Gustav Carus (Psyche, 1851), qui se représente un « inconscient absolu » et un « inconscient relatif », sont souvent citées par les historiens de la psychologie comme étant à la base des travaux de Freud. Freud doit beaucoup à la psychologie expérimentale, et notamment à l'approche de l'hystérie. Les phénomènes d'ivresse ou de transe donnent en effet des exemples d'abolition de la conscience. L'inconscient qu'introduit Freud n'est pas simplement ce qui ne relève pas de la conscience. Par inconscient, Freud entend à la fois un certain nombre de données, d'informations, de vœux tenus hors de la conscience, mais il entend aussi l'ensemble des processus qui empêchent certaines données de parvenir à la conscience, et permettent aux autres d'y accéder, comme le refoulement, le principe de réalité, le principe de plaisir, la pulsion de mort. Ainsi, Freud pose l'inconscient comme origine de la plupart des phénomènes conscients eux-mêmes.

Schéma de l'appareil psychique, représenté par un iceberg, selon les deux topiques freudiennes.

L'inconscient est donc la « thèse inaugurale de la psychanalyse »G 10. Dans Quelques remarques sur le concept d'inconscient en psychanalyse (1912) Freud se propose de décrire la spécificité du concept. On y trouve une présentation hiérarchique de la notion qui désigne d'abord le caractère ou l'aptitude d'une représentation ou d'un élément psychique quelconque présent à la conscience de manière intermittente et qui semble n'en pas dépendreG 11. Par ailleurs, la notion regroupe la constation d'une dynamique propre à cette représentation inconsciente, et dont l'exemple historique est l'hystérie. La notion acquiert dès lors son qualificatif de psychique. Un troisième niveau vient ensuite compléter la notion , telle qu'elle est acceptée en psychanalyse : le niveau systémique par lequel l'inconscient manifeste les propriétés d'un système (que Freud désigne par l'abrégé Ubw, Ics en français). Les premiers psychanaystes ont pu parler à ce sujet de subconscient, terme vite écarté par Freud comme étant imprécis à expliquer unn système existant sui generisG 12. Cette dernière thèse est celle qui a fait acquérir à la psychanalyse sa véritable spécificité.

Les trois instances de l’appareil psychique

Articles détaillés : Première topique et Seconde topique.

Dans sa première topique, c'est-à-dire dans le second modèle théorique de représentation du fonctionnement psychique proposé en 1920, Freud distingue trois instances : l'inconscient, le préconscient et le conscient. Dans la seconde la topique comprend le ça, le moi et le surmoi, tois instances supplémentaires fondatrices de la psychanalyseG 13. Le Ça (Es) est présent dès la naissance, il s’agit de manifestations somatiques. Si le Ça est inaccessible à la conscience, les symptômes de maladie psychique et les rêves permettent d’en avoir un aperçu. Le Ça obéit au principe de plaisir et recherche la satisfaction immédiate. Le moi (Ich) est en grande partie conscient, il est le reflet de ce que nous sommes en société, il cherche à éviter les tensions trop fortes du monde extérieur, à éviter les souffrances, grâce, notamment, aux mécanismes de défense (refoulement, régression, rationalisation, etc.) se trouvant dans la partie inconsciente de cette instance. Le Moi est l’entité qui rend la vie sociale possible. Il suit le principe de réalité. Le Surmoi (Uber-Ich) existe depuis la naissance jusqu'à cinq ans, l’enfant hérite de l’instance parentale, groupale et sociale, il emmagasine quantité de règles de savoir-vivre à respecter. Le Surmoi se développe lorsque le complexe d'Œdipe est résolu. Du fait des pressions sociales, en intériorisant les règles morales ou culturelles de ses parents et du groupe, l’enfant, puis l'adulte pratiquent le refoulement. En effet, le Surmoi punit le moi pour ses écarts par le truchement du remords et de la culpabilité.

La libido et la sexualité infantile

Articles détaillés : Libido et Sexualité infantile.

Les pulsions sexuelles sont conçues par Freud comme de l’énergie, qu'il nomme « libido » (« le désir » en latin). Ces pulsions sont susceptibles de maintes transformations et adaptations selon la personnalité et l'environnementG 14. La libido est en effet essentiellement plastique et son refoulement est le plus souvent à l'origine des troubles psychiques alors que sa sublimation explique les productions culturelles, intellectuelles et artistiques de l’humanité. La doctrine freudienne de la libido a souvent été critiquée comme étant un « pansexualisme » matérialiste9. Constituant le socle de la métapsychologie freudienne, le concept de libido est décrit dans Trois Essais sur la théorie sexuelle (1920) est corrélatif à celui de pulsion. « La théorie de la libido permet [en effet] de prendre la mesure de la complexité de la sexualité humaine, dont le caractère biphasique interdit de la réduire à une fonction biologique », et ce, même si la prise en compte de la fonction de procréation est à considérer. En effet, sa nature est prégénitale et symbolique et sa fixation conditionne la formation de la névroseG 15.

Freud est le premier à élaborer une théorie d'une sexualité infantile avec, d'abord, la théorie de la séduction. L'idée de sexualité infantile est surtout formalisée en 1905 dans l'ouvrage Trois essais sur la théorie sexuelle, mais elle se fait sur la base des travaux précédents, en particulier de la théorie de la séduction abandonnée en 1897 par laquelle il démontre la sexualité infantile à travers son l'aspect pulsionnelG 16. Il y décrit l'existence d'une opposition radicale entre sexualité primaire et adulte, marquée par le primat du génital, et sexualité infantile, où les buts sexuels sont multiples et les zones érogènes nombreuses, à tel point que Freud est souvent considéré comme le découvreur de la sexualité de l'enfantG 17. Progressivement, entre 1913 et 1923, cette thèse va se trouver remaniée par l'introduction de la notion de « stades prégénitaux », précédant l'instauration du stade génital proprement dit, et qui sont le stade oral, le stade anal et le stade phallique. Freud propose ainsi d'expliquer l'évolution de l'enfant à travers des caractères pulsionnels d'ordre sexuel qui vont évoluer au travers de plusieurs stades psychoaffectifs, pour aboutir ensuite à la sexualité génitale adulte. C'est aujourd'hui une base théorique importante en psychologie ou en psychiatrie.

Les rêves

Selon Freud, l'« interprétation des rêves est la voie royale qui mène à l'inconscient ». Les rêves sont, dans le modèle psychanalytique, des représentations de désirs refoulés dans l’inconscient par la censure interne (le surmoi). Les désirs se manifestent dans le rêve de manière moins réprimée qu'à l'état de veille. Le contenu manifeste du rêve est le résultat d'un travail intrapsychique qui vise à masquer le contenu latent, par exemple un désir œdipien. En cure de psychanalyse, le travail repose sur l'interprétation à partir du récit (contenu manifeste) du rêve. Les associations du patient sur son rêve permettent de révéler son contenu latent. Le travail du rêve repose sur quatre procédés10 . Tout d'abord, le rêve condense, comme s'il obéissait à un principe d'économie. En une seule représentation seront concentrées plusieurs idées, plusieurs images, parfois des désirs contradictoires. Deuxièmement, le rêve est décentré et le désir déformé sera fixé sur un autre objet que celui qu'il vise, ou sur de multiples objets jusqu'à l'éparpillement. Il y a un déplacement de l'accent affectif. Par ailleurs, le rêve est une |illustration (figurabilité) du désir en ce qu'il ne l'exprime, ni en mots, ni en actes, mais en images ; ici joue le symbole : la représentation substitutive de l'objet et du but du désir est parfois typique et d'usage universelG 18. Enfin, le rêve est aussi le produit d'une activité également inconsciente, mais très proche de l'activité vigile en ce qu'elle s'efforce de lui donner une apparence de vraisemblance, d'organisation, de logique interne. C'est l'élaboration secondaire.

Paul Gauguin, Le Rêve, 1892.

Au niveau épistémologique, le geste de Freud consiste à réintroduire la production onirique dans la psychologieG 19. Il rompt avec l'idée romantique d'un rêve contenant une clé ou un secret et seul le travail du rêve en explique la nature : la production à la fois complexe et immanente de la psyché qui s'apparente à un rébus. Cette théorie des rêves (Traumlehre) est selon Freud ce par quoi la psychanalyse a pu s'élever de simple thérapeutique à une métapsychologie générale du psychisme. En effet, la science du rêve en psychanalyse fonde tout le reste de son édifice théorique : « Le rêve prend sa signification paradoxale en ce qu'il montre l'inconscient à l'œuvre chez tout sujet et que, comme prototype normal, il éclaire sur cette autre formation jumelle qu'est le symptôme névrotique »G 20.

Les pulsions et le refoulement

Articles détaillés : Pulsions et Refoulement.

« Concept fondamentale de la métapsychologie » freudienne, la pulsion (Trieb) a cependant une définition polysémique}G 21. la fois excitation pour le psychique, concept-frontière entre psychique et somatique, elle se définit par une poussée (Drang), un but (Ziel), un objet (Objekt) et une source (Quelle). Elle conditionne la représentation ainsi que l'affectG 22. Les pulsions prennent leur source dans une excitation corporelle et, en cela, elle est proche de l'instinct. Au contraire d'un stimulus, la pulsion ne peut être évitée ou fuie. Elle demande à être déchargée dans le conscient. Il existe plusieurs moyens de décharger une pulsion : le rêve, le fantasme et la sublimation. Freud distingue d'abord deuxgroupes de pulsions : celles du moi ou d'autoconservation et les pulsions sexuelels. Par la suite, et dans ses écrits les plus tardifs, il distingue deux autres principaux types de pulsions : la pulsion de vie (l'« éros ») et la pulsion de mort (le « thanatos »)G 23. Éros représente l’amour, le désir et la relation, tandis que Thanatos représente la mort, les pulsions destructrices et agressives. Thanatos tend à détruire tout ce qu’Éros construit (la perpétuation de l’espèce par exemple). Le masochisme en est un exemple typiqueG 24.

Le refoulement (Grundpfeiler), « pierre d'angle » de la psychanalyseG 25, est aussi le concept le plus ancien de la théorie freudienne. Dès 1896 Freud repère un mécanisme de défense primaire, qu'il assimile ensuite à la censure et qui structure a priori le moi et, de manière générale, le psychisme. Le refoulement est à la fois refus d'une pulsion et action psychique de maintien de cet écart. Frontière entre le conscient et l'inconscient, la « clause de censure » atteste aussi que l'inconscient est bien « travail » et processus, et non principe seulG 26.

Le complexe d’Œdipe

Article détaillé : Complexe d'Œdipe.

« Le complexe d'Œdipe est sans doute le mot le plus célèbre du vocabulaire psychanalytique, celui qui sert le plus sûrment à désigner le freudisme »G 27. Issu de l'expérience pratique, Freud théorie le complexe d'Œdipe dans sa première topique. Celui-ci est défini comme le désir inconscient d'entretenir un rapport sexuel avec le parent du sexe opposé (inceste) et celui d'éliminer le parent rival du même sexe (parricide). Ainsi, le fait qu'un garçon tombe amoureux de sa mère et désire tuer son père répond à l'impératif du complexe d'Œdipe11. C'est dans la lettre à Wilhelm Fliess du 15 octobre 1897 que Freud évoque le complexeFreud 8,C 12. Pour Freud, la structure de la personnalité se crée en rapport avec le complexe d’Œdipe et la fonction paternelle. Le complexe d’Œdipe intervient au moment du stade dit « phallique ». Cette période se termine par l’association entre la recherche du plaisir et une personne extérieure, la mère. Le père devient le rival de l’enfant ; ce dernier craint d’être puni, en conséquence de son désir pour la mère, par la castration par le père. L’enfant refoule donc ses désirs et alimente son Surmoi, avec la naissance en lui de la culpabilité et de la pudeur, entre autres et au moyen du complexe de castrationG 28.

Les cinq stades du développement psychoaffectif

Articles détaillés : Sexualité infantile, Stade oral et Stade anal.

Selon Freud, tel qu'il le décrit dans son essai « L'Organisation génitale infantile » (1923), l'élaboration du complexe d'Œdipe représente une étape constitutive du développement psychique des enfants. Le désir envers la mère trouve en effet son origine dès les premiers jours de la vie et conditionne toute sa psychogenèse. La mère est, d'une part, la « nourricière », et, d'autre part, celle qui procure du plaisir sensuel, via le contact avec le sein et à travers les soins corporels. L'enfant, qu'il soit fille ou garçon, en fait donc le premier objet d'amour qui restera déterminant pour toute la vie amoureuse. Cette relation objectale est ainsi investie de sexualité. Cet amour d'objet se déploie donc en cinq « phases » libidinalesC 13. La notion de « phase » ou de « stade » n'est pas à prendre au sens littéral. Elle signale la primauté d'une zone érogène particulière mais n'implique pas que le processus se déroule de manière mécanique et linéaire. Tout au plus peut-on admettre qu'une phase succède à l'autre dans l'ordre décrit. Le complexe d'Œdipe se déploie donc à travers ces phases en fonction de leurs propriétés propres qui s'enchevêtrent pour constituer un agrégat de pulsions, nommé « complexe » d'Œdipe qui, pour les freudiens, trouve son apogée vers l'âge de 5 ans. Freud aboutit à cette déduction en étudiant le cas dit du « petit Hans »Freud 9.

 Les stades du développement psychique selon la psychanalyse. Cliquez sur l'image pour agrandir.

La « phase orale » constitue l'organisation psychique du premier lien. La nourriture qui passe par la bouche est en effet la première origine de sensualité. Le plaisir produit par les zones érogènes s'étaye sur ce lien vital puis s'en éloigne, par exemple lors des préliminaires sexuels des adultes. On différencie la « phase orale de succion » de la « phase orale de morsure » qui inaugure une manifestation d'agressivité reposant sur l'ambivalence inhérente à la relation d'objet. Pour les kleiniens, le complexe d'Œdipe se manifeste déjà à cette phase orale et son déclin intervient lors de l'avènement de la position dépressive. Ensuite, la « phase anale », allant de 1 à 3 ans environ, est liée au plaisir de contrôler ses voies d’excrétion. « La phase phallique » (ou « génitale infantile »), de 3 à 6 ans environ, est liée à la masturbation. Elle connaît l'émergence puis le conflit œdipien dans sa phase la plus aiguë. La « phase de latence » s'étale ensuite de 6 ans à la pré-adolescence, et correspond au déclin du complexe d'Œdipe par le refoulement des pulsions sexuelles qui sont mises au service de la connaissance (ou « épistémophilie ») qui dure jusqu'à l'adolescence et qui est permise par le processus de sublimation. Là encore, il faut considérer que ce déclin, cette « latence » est toute relative et peut varier selon les individus, les circonstances et les moments du développement.

La cure psychanalytique

Article détaillé : Cure psychanalytique.

L'éthique et le cadre thérapeutiques

La cure psychanalytique, communément nommée « psychanalyse », ou encore « cure type », désigne la pratique psychothérapeutique élaborée par Sigmund Freud puis par ses successeurs et inspirée de la talking cure de Joseph Breuer. La praxis psychanalytique a été peu à peu distinguée par Freud de la méthode cathartique et de l'hypnoseG 29. Ce vocable s'applique plus largement à toute une série de traitements plus ou moins dérivés de la psychanalyse au point que Jean Bergeret parlera d' abus de langage fait par certains de la qualité de « psychanalyste ». Vers la fin de sa vie, Freud lui-même reviendra sur l'efficacité de la cure, rappelant que la psychanalyse est avant tout savoirG 30. De nature transférentielle, elle repose sur les associations libres et part du symptôme (dont la névrose est la manifestation générale) pour arrvier à sa cause, la pulsion refoulée. Ce contenu censuré doit parvenir à la conscience du malade.

La cure type analytique utilise un divan dans lequel prend place le patient.

La psychothérapie analytique met en œuvre tous les concepts dégagés par Freud, et en particulier ceux de « libre association » (l'analyste doit laisser les idées spontanées du patient s'exprimer) et d'« attention flottante » (l'analyste doit écouter sans interagir mais parfois recentrer les association sur un point particulier et révélateur)G 31. Par ailleurs, le cadre éthique repose sur : la sincérité absolue du patient, et l'engagement du psychanalyste à la neutralité et à la bienveillanceG 32. L’unique but de l’analyse est donc de supprimer le refoulement ; mais l'analysé ne peut prendre conscience du refoulement que si, auparavant, a été supprimée la résistance qui le maintientFreud 10.

Les cinq cas fondateurs

Freud réalise sa première analyse avec Dora, de son vrai nom Ida Bauer. C'est par l'analyse de deux de ses rêves qu'il peut dénouer le drame familial, Dora nourrissant des fantasmes sexuels handicapantsB 42. Mais, en raison du transfert qui s'opère sur sa personne, Freud échoue à guérir durablement Dora. Il ne reconnaît que plus tard, dans un post-scriptumB 43, qu'il n'a pas su se rendre compte qu'il était l'objet transfériel de sa patiente amoureuse. La cas Dora est écrit de décembre 1900 à janvier 1901 mais Freud ne publie son Fragment d'une analyse d'hystérie que quatre ans plus tard. Freud accueille ensuite en analyse Paul Lorenz, surnommé « l'homme aux rats ». Ce cas lui fournit un matériel clinique inégalé, notamment dans l'étude de la névrose obsessionnelle. Le patient entretient en effet une culpabilité suite à une punition paternelle pour s'être masturbéB 44.

Un troisième cas fondateur de la pratique psychanalytique est celui d'Herbert Graf, surnommé le petit Hans. Ce dernier n'a cependant pas été analysé par FreudB 45. L'enfant souffre d'une phobie du cheval, lié à un figement psychoaffectif au niveau du complexe d'Œdipe. Grâce à la compréhension de ce schéma psychique, Hans est guéri de ses fantasmes. Un quatrième cas est célèbre en littérature psychanalytique ; celui de Sergueï Pankejeff, dit « l'homme aux loups »B 46. Enfin, avec le président Schreber, Freud examine les délires psychotiques et paranoïdes présents dans Mémoires d’un névropathe du magistratFreud 11.

Les conceptions de Freud

La question de l'homosexualité

La théorisation du complexe d'Œdipe a dès le début provoquée des polémiques. E, effet Freud ne considère le psyhcisme humain que dans une relation hétérosexuelel. Néanmoins il prend en compte l'homosexualité comme une particularité au sens psychologique, et non pas comme une perversion (morale ou juridique). Selon lui, dans Trois essais sur la théorie de la sexualité (1905) notamment, l'orientation homosexuelle est présente chez tout être humain au niveau inconscient. Dans une célèbre lettre datant de 1919, Freud est encore plus explicite : « l'homosexualité n'est ni une maladie, ni une déviance, ni une perversion » explique-t-il. Cependant des contradictions existent dans l'ensemble de l'œuvre freudienne et l'homosexualité adulte y est souvent présentée tantôt comme immature par blocage de la libido au stade anal, tantôt comme repli narcissique ou encore comme identification à la mère. Freud a également affirmé que l'homosexualité résulte d'un « arrêt du développement sexuel »Freud 12. Elle ne nécessite cependant ni cure, ni traitement pour les homosexuels conscients de leurs états. Elle constitue une névrose à part entière toutefois. Les homosexuels qui eux, au contraire, culpabilisent peuvent être guéris de la souffrance qu'ils ressentent en général, au même titre que les hétérosexuelsFreud 13. Enfin, dans Trois essais sur la théorie sexuelle il explique que « la recherche psychanalytique s’oppose avec la plus grande détermination à la tentative de séparer les homosexuels des autres êtres humains en tant que groupe particularisé. […] elle apprend que tous les êtres humains sont capables d’un choix d’objet homosexuel et qu’ils ont effectivement fait ce choix dans l’inconscient »Freud 14.

Culture et nature

Article détaillé : Anthropologie psychanalytique.
Charles Darwin dont Freud admirait les théories.

La culture pour Freud désigne l'ensemble des institutions qui éloignent l'individu de l'état animalC 14. Elle désigne les pensées, la raison, le langage, les sciences, les religions, les arts, tout ce qui a été créé par l'être humain. La nature correspond aux émotions, aux instincts, pulsions et besoins. L’être humain lutte en permanence contre sa nature instinctuelle et ses pulsions, qu'il tente de réfréner afin de vivre en société, sans quoi l’égoïsme universel amènerait le chaos. Mais Freud opère une confusion constante dans ses écrits entre la civilisation d'une part et la culture (Kultur) d'autre partC 15. Son processus de développement s'assimile à celui de la psychogénèse. Ainsi, plus le niveau de la société est élevé, plus les sacrifices de ses individus sont importants. En imposant la frustration sexuelle surtout, la civilisation a un action directe sur la génèse des névroses individuelles. L'homme occidental en particulier n'est pas heureux et le texte de 1929, Malaise dans la culture, soutient la thèse que la culture est la cause principale de névrose et de dysfonctionnements psychiques12. Par les règles claires qu’elle lui impose, la culture protège l'individu, même si elle exige des renoncements pulsionnels conséquents. Cela peut expliquer qu’il existe une rage et un rejet – souvent inconscients – vis-à-vis de la culture. En contrepartie, la culture offre des dédommagements aux contraintes et sacrifices qu'elle impose, à travers la consommation, le divertissement, le patriotisme ou la religionC 16.

Dans l'essai « Une difficulté de la psychanalyse » publié en 1917Freud 15, Freud constatait que l'humanité avait déjà subi deux blessures narcissiquesC 17 du fait de la recherche scientifique : Nicolas Copernic d'abord montre qu'elle n'est pas au centre de l'univers, puis Charles Darwin qu'elle est issue d'une branche du règne animal. Freud estimait que la psychanalyse apporte un troisième démenti en montrant que l'homme n'est pas véritablement maître de ses agissements, du fait de l'existence de l'inconscient. Il explique ainsi, de manière imagée, que « le Moi n'est pas maître dans sa maison ».

La religion et la parapsychologie

Se disant « incroyant », et en dépit de sa culture juive, Freud est critique vis-à-vis de la religion et estime que l’homme y perd plus qu’il n’y gagne par la fuite qu’elle propose. Selon lui, l’humanité doit accepter que la religion n’est qu’une illusion pour quitter son état d’infantilisme, et rapproche ce phénomène de l’enfant qui doit résoudre son complexe d’Œdipe : « ces idées [religieuses], qui professent d’être des dogmes, ne sont pas le résidu de l’expérience ou le résultat final de la réflexion : elles sont des illusions, la réalisation des désirs les plus anciens, les plus forts, les plus pressants de l’humanité ; le secret de leur force est la force de ces désirs. Nous le savons déjà : l’impression terrifiante de la détresse infantile avait éveillé le besoin d’être protégé – protégé en étant aimé – besoin auquel le père a satisfait »Freud 16. S'appuyant sur les thèses de Charles Darwin, en 1912, dans Totem et Tabou, Freud explique l'origine de l'humanité se fonde sur le fantasme d'une « scène primitive » dans laquelle a lieu le meurtre primitif du père comme acte fondateur de la société. Les hommes vivaient ainsi en hordes grégaires, sous la domination d'un mâle tout-puissant qui s'appropriait les femmes du groupe et en excluait les autres mâles. Ces derniers commettent alors le meurtre du « Père primitif », meurtre qui explique ensuite le tabou de l'inceste comme élément constitutif des sociétés. Dans Malaise dans la civilisation, Freud décompose ainsi l'évolution de l'humanité en trois phases : une phase animiste caractérisé par un narcissisme et un totémisme primaires, une phase religieuse marquée par la névrose collective et enfin une phase scientifique dans laquelle prédomine la sublimation.

L'occultisme et la parapsychologie n'a guère intéressé Freud. Positiviste, il y voit en effet une régression à l'état animiste. Dans Considérations actuelles sur la guerre et la mort (1915) Freud explique ainsi que la croyance dans les esprits est une réaction devant la mort. Cependant, plusieurs événements vont relativiser son opinion. Au début de sa rencontre avec Carl Gustav Jung, le 25 mars 1909, les deux hommes se retrouvèrent seuls pour évoquer l'intérêt des phénomènes parapsychologiques en psychanalyse. Freud refusa d'y voir des matériaux à exploiter, méprisant cet intérêt de Jung. Il y eut alors des craquements soudains dans la bibliothèque de Jung, qui, peu surpris, annonça à Freud qu'il s'en produirait de nouveau. En effet, peu de temps après, un nouveau craquement se fit entendre ; Jung nota que Freud en fut particulièrement effrayé, et depuis ce moment il nourrit une profonde méfiance envers le psychiatre suisse. L'étude de Christian MoreauF 5 revient sur des textes de Freud dans lesquels il témoigne d'une certaine perplexité pour les phénomènes limites et notamment pour la télépathie.

Freud face à l'antisémitisme

L'antisémitisme a tenu une place à l'importance variable durant la vie de Freud, au gré des divers et nombreux changements politiques qui ont profondément influé sur la place des Juifs dans l'Empire austro-hongrois13. L'antisémitisme existait à Vienne avant la venue de Freud dans cette ville, il a connu des hauts et des bas et il a été sans conteste déterminant dans la fin de sa vie et notamment celle de ses quatre sœurs qui sont mortes en camps. Par ailleurs, en 1933, les œuvres de Freud ont été brûlées par les nazis du fait qu'ils les voyaient comme exposant une « science juive » contraire à l'esprit allemand14. Ceci s'est passé quelques années avant l'invasion de l'Autriche par l'Allemagne. De nombreux psychanalystes ont dû cesser leur pratique, émigrer ou ont été tués ou envoyés dans des camps de concentration parce qu'ils étaient juifs. La ségrégation s'est d'abord développée en Hongrie15, notamment sous le régime fasciste16, en Allemagne dès les années vingt puis en Autriche sans parler des pogroms en Russie tzariste. Dès lors, la plupart de ceux qui ont survécus ont émigrés en Grande-Bretagne, en France, en Amérique du Sud et aux États-Unis. D'autres comme Max Eitingon ont émigré en Palestine bien avant la création de l'État d'Israël.

Marie Bonaparte a permis à Freud d'échapper à la persécution nazie.
Les ouvrages de Freud furent brûlés par les nazis qui décrétèrent la psychanalyse « science juive ».

Reste la question de savoir comment ce fond antisémite a joué ou pas dans la carrière de Freud et se ce dernier aurait pu utiliser cet argument pour justifier des déboires dans des nominations comme il est devenu maintenant coutumier de le dire. Le médecin et historien autodidacte proche de Carl Gustav Jung, Henri Ellenberger a fait une étude très documentée sur la situation des juifs dans l'ensemble de la région et a - entre autres - pu affirmer que Freud aurait exagéré l'impact du fait qu'il était juif dans sa non-nomination à un poste universitaire de Professeur extraordinaire. Il argumente sa thèse de manière documentéeB 47 mais pour d'autres historiens, et bien qu'Ellenberger n'a jamais il n'ait été soupçonné ou accusé d'antisémitisme (à la différence de Jung),- considèrent qu'il a minimisé le phénomène à Vienne 17. Il n'est donc pas prouvé que, pour l'exemple cité par lui, il ait eu raison ou tort, en partie ou totalement. Un exemple parmi mille autres permet d'illustrer la haine qui animait certains envers les juifs, Freud et la psychanalyse. Il s'agit d'extraits d'un texte de 1933 d'un médecin, le Prof. Martin Staemmler de Chemnitz18 qui a écrit dans la Revue de sexologie. Le titre de l'article est Le judaïsme dans la médecine. Il résume d'abord la place des médecins dans la médecine de l'antiquité et du moyen-âge. La psychanalyse freudienne constitue un exemple typique de la dysharmonie interne de la vie de l'âme entre Juifs et Allemands. (..) Et lorsque on va encore plus loin et que l'on fait entrer dans la sphère sexuelle chaque mouvement de l'esprit et chaque inconduite de l'enfant (...), lorsque (...) l'être humain n'est plus rien d'autre qu'un organe sexuel autour duquel le corps végète, alors nous devons avoir le courage de refuser ces interpétations de l'âme allemande et de dire à ces Messieurs de l'entourage de Freud qu'ils n'ont qu'à faire leurs expérimentations psychologiques sur un matériel humain (sic) qui appartienne à leur race.19.

Freud et la cocaïne

On venait de découvrir l'alcaloïde la plante de coca dont Freud a été le premier à chercher des applications thérapeutiques vers la fin du XIXe siècle. Les laboratoires Merck lui en avaient confié à fin d'expérimentation en 1884. Avant de créer la psychanalyse, il avait étudié ce produit et pensé pouvoir lui prêter toutes sortes d'indications médicales avant que la cocaïne ne révèle comme la dangereuse drogue dont on connaît les ravages aujourd'hui. Il en avait consommé épisodiquement entre 1884 et 1887 et avait rédigé un texte Über CocaFreud 17,F 6.

C'est notamment après la dramatique cure que Freud avait suggéré à son ami Ernest von Fleischl-Marxrow qu'il commença à douter et à revenir à des positions qui, aujourd'hui, passent pour plus réalistes. Voulant le soulager des souffrances d'une addiction à la morphine contracté après une amputation du pouce, il avait proposé de la remplacer par de la cocaïne. Une toxicomanie en avait ainsi remplacé une autre et finalement von Fleischl s'est suicidé. Suite aux conceptions de Freud, des toxicomanies à la cocaïne s'étaient déclarées dans d'autres pays, en Allemagne ou un autre médecin le Dr Wallé en vantait sans prudence les mérites. Dans un article datant de 1886, un autre médecin, le Dr. Emil Erlenmeyer, écrivit un article où il mettait en garde la communauté en termes précis, parlant même de la cocaïne comme le « troisième fléau de l'humanité »20. Face aux critiques devenues de plus en plus nombreuses, le Dr. Johann Schnitzler défendit Freud21. Freud affirmait que c'était le sujet qui était prédisposé et pas la drogue qui entraînait la toxicomanie. Il avait par ailleurs ignoré la découverte des propriétés anesthésiantes locale de cette drogue qu'un confrère et ami, Carl Koller, finit par mettre en évidence.

Critiques de la théorie freudienne

Plaque commémorative de Sigmund Freud.
Article détaillé : Critique de la psychanalyse.

Critiques internes au mouvement psychanalytique

Les principales querelles ont abouti, au cours du développement du mouvement psychanalytique, à des scissions majeures, d'abord celle d'Alfred Adler (qui fondera ensuite la psychologie individuelle), puis celle de Carl Gustav Jung (fondateur de la psychologie analytique. Si les points théoriques de désaccord sont nombreux, les raisons sont souvent des conflits de personnes et liées au contrôle de la psychanalyse. Ces controverses se situent dès les premières fondations de la psychanalyse, dans les années 1907 et 1911. Nommés les « apostats » par Freud, Adler, le premier, puis Jung ensuite, s'opposent principalement à la conception de la libido comme essentiellement d'origine sexuelle. Paul-Laurent Assoun souligne cependant que tous deux disent vouloir remettre la psychanalyse dans la bonne direction, et la sauver du culte de la personnalité formé autour de FreudG 33. La concurrence entre les diverses écoles, principalement entre le cercle viennois et l'école de Zurich de Jung, porte le coup le plus intense au jeune mouvement psychanalytique, et ce dès 1913. Les autres querelles internes auront davantage cours après la mort de Freud, avec Melanie Klein ou Donald WinnicottG 34. La critique de Klein, portant sur l'Œdipe, a néanmoins été connue du vivant de FreudG 35. Le post-freudisme commence ainsi avec cette nouvelle génération de psychanalystes et depuis les Freud Wars portent essentiellement sur l'interprétation des textes fondateurs ou sur les concepts clés de l'édifice épistémologique.


Critiques externes

La critique de l'hagiographie de Freud : les « Freud Wars »

La plupart des controverses autour de la pertinence scientifique des conceptions psychanalytiques sont appelées les « Freud Wars ». Des contemporains de Freud, comme Karl Kraus et Egon Friede, portèrent notamment l’accusation de son totalitarisme. Paul Roazen publie lui une étude sur les rapports de Freud avec Victor Tausk qui accentue la responsabilité de Freud dans le suicide de ce brillant élève. Beaucoup d'autres attaques calomnieuses ou davantage accréditées par des documents historiques existenteC 18. De nombreux documents sur la vie et l'œuvre de Freud, comme certains déposés à la Bibliothèque du Congrès à Washington, sont un certain temps restés délibérément inaccessibles et donc inexploitables. Longtemps, la plupart des ouvrages ayant fait suite à la biographie de Freud par Ernest Jones, critiquée pour des aspects hagiographiques, étaient souvent une démonstration trop élogieuse. Après les critiques de Janet, celles du philosophe Popper, puis les nouvelles recherches historiques initiées par Henri Ellenberger puis relayées par d'autres auteurs qui ont édifiés de critiques souvent passionnées telles celles de Mikkel Borch-Jacobsen (Mikkel Borch-Jacobsen et Sonu Shamdasani, 2006), Jacques Van RillaerF 7 ou Jacques Bénesteau (Jacques Bénesteau, 2002), ont finalement conduit à revoir l'histoire et la portée de l'œuvre de Freud.

La critique la plus construite demeure un ouvrage collectif et multi-disciplinairre : Le Livre noir de la psychanalyse, corpus d'articles publié sous la direction de Catherine Meyer. La plupart des points critiques sont abordés, de la scientificité de la psychanalyse à la personnalité de FreudF 8. Cet ouvrage a suscité une vive réaction dans divers milieux, psychiatriques, thérapeutiques et psychanalytiques, relançant ainsi des polémiques sous-jacentes.


Critiques émanant de la sphère politique

Dès son apparition, la psychanalyse a été vivement critiquée. En 1949, Guy Leclerc publie dans L'Humanité l'article « La psychanalyse, idéologie de basse police et d'espionnage »22. Dès lors, après en avoir accepté l'importance (le freudo-marxisme), le Parti communiste français commence sa campagne contre la psychanalyse, et plus largement contre la psychanalyse en France. En 1952, le pape Pie XII prononce un discours devant les participants du Ve Congrès international de Psychothérapie et de Psychologie clinique reconnaissant la psychanalyse mais en relativisant le pouvroi descriptif de ses concepts. Ainsi si la psychanalyse décrit ce qui advient dans l'âme elle ne peut prétendre décrire et expliquer ce qu'elle est pour autant23. Ludwig Wittgenstein critique lui l'herméneutique psychanalytique : « Freud a rendu un mauvais service avec ses pseudo-explications fantastiques. N’importe quel âne a maintenant ces images sous la main pour expliquer, grâce à elles, des phénomènes pathologiques »24.

Critiques de la scientificité de la psychanalyse

Pour Karl Popper la psychanalyse est une pseudo-science.

La majorité des critiques envers Freud et la psychanalyse se porte sur la question de sa scientificité25. Les critiques de Freud, à son époque et aujourd'hui, mettent en en effet en cause tantôt la scientificité de sa démarche, sa méthodologie (le recours à l'auto-analyse, le faible nombre de cas, l'interprétation littéraire, etc.), son aspect hautement spéculatif également, son incohérence théorique, l'absence de validation expérimentale ou d'études cliniques rigoureuses (contrôlées et reproductibles), des manipulations de données et de résultats cliniques et thérapeutiques.

Par exemple, dans La Psychanalyse à l'épreuve (1992) Adolf Grünbaum explique que Freud ne démontre rien sur le plan scientifique : « le caractère rétrospectif du test propre au cadre psychanalytique est incapable d'authentifier de manière fiable ne serait-ce que l'existence de l'expérience d'enfance rétrodictée (...), et encore moins son rôle pathogène » en effet26. Bien que critique envers la psychanalyse, Grünbaum s'oppose par ailleurs à un autre détracteur des travaux de Freud : Karl Popper. Le critère de sa falsifiabilité occupent l'essentiel de leur débat. Contrairement à Popper qui regarde la psychanalyse comme pseudo-scientifique et donc non-falsifiable, Grünbaum pense que certaines assertions psychanalytiques peuvent être testées comme par exemple le lien supposé par Freud entre paranoïa et homosexualité. En particulier, les tentatives de rapprochements entre neurosciences et théories freudiennes, notamment celles de François Ansermet et Pierre MagistrettiF 9, celle de G. William Domhoff27 ou du psychiatre Eric Kandel qui pense que neurosciences et psychanalyse peuvent s'éclairer mutuellement28, sont souvent attaquées comme des théories ne reposant que sur des intuitions. La majorité des spécialistes refusent par conséquent à la psychanalyse son statut de discipline scientifique. Récemment, les travaux de Lionel Naccache sur les phénomènes d'amorçage sémantique inconscient ont démontré l'existence d'un inconscient cognitif qui ne saurait être assimilé à l'inconscient freudien29. La théorie freudienne du rêve cêntrée sur la satisfaction hallucinatoire du désir"dissimulé grâce aux mécanismes de déplacement, condensation et dramatisation a été aussi critiquéeF 10. Enfin, l'idée selon laquelle l'association libre permet d'accéder au contenu latent du rêve s'est vu infirmée par des travaux expérimentaux qui ont conclu au caractère arbitraire de cette méthodeF 11.

Chronologie

1856 : naissance à Freiberg en Moravie, actuelle Tchéquie.

1860 : la famille Freud s'installe à Vienne.

1881 : Freud obtient son diplôme de médecine à l'université de Vienne.

1883 : Freud étudie le cas Anna O. porté à sa connaissance par son ami Joseph Breuer.

1885 : Freud se rend rend à Paris pour rencontrer le grand neurologue parisien Jean-Martin Charcot

1886 : Freud s'établit comme médecin à Vienne et épouse Martha Bernays.

1895 : Freud commence son auto-analyse et théorie le complexe d'Œdipe.

1899 : publication de L'interprétation des rêves.

1938 : après l'arrivé des nazis en Autriche, la famille de Sigmund Freud doit s'exiler en Angleterre.

1939 : Freud meurt à l'âge de 83 ans, à Londres.

Œuvres

En français, les traductions sont éparpillées entre plusieurs éditeurs ; Payot, Gallimard, PUF, Alcan. Depuis 1988, les Presses universitaires de France publient la traduction, œuvre collective sous la direction scientifique de Jean Laplanche, des Œuvres complètes de Freud / Psychanalyse30, seize volumes publiés à ce jour. Cette traduction est controversée, du fait de ce que Laplanche définit comme « une exigence de fidélité au texte allemand », mais que ses contradicteurs voient comme un exercice formaliste, comportant des néologismes qui rendent la compréhension difficile31. Le volume Traduire Freud (1989) tente d'expliquer et de justifier les principes auxquels se réfère cette grande entreprise d'une nouvelle traduction des Œuvres complètes de Freud en France.

En allemand, dix-sept volumes sont parus entre 1942 et 1952, intitulés Gesammelte Werke. En anglais, vingt-quatre volumes paraissent entre 1953 et 1974 sous le titre de Standard Edition. Toutes deux font actuellement autorité.

En 2010, la situation des traductions des œuvres change radicalement puisque ses écrits sont tombés dans le domaine public.

Les principaux écrits de Freud traduits en français sont présentés ci-dessous, avec la première année de publication en langue allemande entre parenthèses :

Trois ouvrages de Freud en langue allemande
L'Interprétation des rêves (1900)
Totem et tabou (1913)
Malaise dans la culture (1930)
  • Œuvres complètes de Freud, vol.  I à XVIII, Presses Universitaires de France, 1998


  • De la cocaïne, Bruxelles, Éditions Complexe, 1976, comprend, outre sa correspondance à ce propos, « Écrits sur la cocaïne », ([884), ainsi que « Contribution à la connaissance des effets de la coca », (1885), ce dernier réédité in Un peu de cocaïne pour me délier la langue, Max Milo Éditions, 2005 (ISBN 2914388764)
  • Contribution à la conception des aphasies : une étude critique (1891), PUF, 1996 (ISBN 2130415474)
  • Études sur l'hystérie (en collaboration avec Joseph Breuer) (1895), PUF, 2002, (ISBN 2130530699)
  • Lettres à Wilhelm Fliess 1887-1904, PUF, 2006 (ISBN 2130549950)
  • L'interprétation des rêves (1900), PUF, 2005, (ISBN 213052950X)
  • Sur le rêve (1900), Gallimard, coll Folio, 1990, (ISBN 2070325547)
  • Psychopathologie de la vie quotidienne (1904), Payot, coll. Petite Bibliothèque Payot, 2004, (ISBN 2228894028)
  • Trois essais sur la théorie sexuelle (1905), Gallimard, coll. Folio, 1989, (ISBN 2070325393)
  • Le mot d'esprit et sa relation à l'inconscient (1905), Gallimard, Folio, 1992, (ISBN 978-2070327218)
  • Le délire et les rêves dans la Gradiva de Wilhelm Jensen (1906), PUF, 2007, (ISBN 2130548253)
  • Analyse d'une phobie d'un petit garçon de cinq ans : Le Petit Hans (1909), PUF, 2006 (ISBN 2130516874)
  • Dora. Fragment d'une analyse d'hystérie (1905), Payot, coll. Petite Bibliothèque Payot, 2010, (ISBN 2228904961)
  • L'Homme aux rats : Journal d'une analyse (1909), PUF, 2000 (ISBN 2130511228)
  • Cinq leçons sur la psychanalyse (1909), Payot, coll. Petite Bibliothèque Payot, 2004 (ISBN 2228894087)
  • À propos de la psychanalyse dite « sauvage » (1910) réédité sous le titre : La question de l'analyse profane, Gallimard-poche, 1998, (ISBN 2-07-040490-0)
  • Un souvenir d'enfance de Léonard de Vinci (1910), Gallimard, Folio Bilingue, 2003, (ISBN 2070706656)
  • Le Président Schreber (1911), PUF, 2004, (ISBN 2130548288)
  • Cinq Psychanalyses (Dora, L'homme aux Loup, L'homme aux rats, Petit Hans, Président Schreber), rééd., traduction révisée, PUF Quadrige, 2008, (ISBN 2-13-056198-5)
  • Le Maniement de l'interprétation des rêves en psychanalyse, (1911) in La technique psychanalytique, Presses Universitaires de France, 2007, Coll. Quadrige Grands textes, (ISBN 2-13-056314-7)
  • La Dynamique du transfert (1912) in La technique psychanalytique, Presses Universitaires de France, 2007, Coll. Quadrige Grands textes, (ISBN 2-13-056314-7)
  • Conseils aux médecins sur le traitement psychanalytique (1912) in La technique psychanalytique, Presses Universitaires de France, 2007, Coll. Quadrige Grands textes, (ISBN 2-13-056314-7)
  • Totem et Tabou (1913), Payot, coll. Petite Bibliothèque Payot, 2004, (ISBN 2228894079)
  • Le Début du traitement (1913) in La technique psychanalytique, Presses Universitaires de France, 2007, Coll. Quadrige Grands textes, (ISBN 2-13-056314-7)
  • La prédisposition à la névrose obsessionnelle (1913)
  • Pour introduire le narcissisme (1914)
  • Névrose, psychose et perversion, PUF, 1999, (ISBN 2-13-045208-6)
  • Remémoration, répétition, et élaboration (1914) in La technique psychanalytique, Presses Universitaires de France, 2007, Coll. Quadrige Grands textes, (ISBN 2-13-056314-7)
  • Le Moïse de Michel-Ange (1914)
  • L'Homme aux loups (1914), PUF, 1990, (ISBN 2130434002)
  • Contribution à l'histoire du mouvement psychanalytique (1914) in Œuvres complètes, vol. 12 (1913-1914), Presses Universitaires de France, 2005, (ISBN 2-13-052517-2)
  • Métapsychologie, Presses Universitaires de France, 2010, (ISBN 2-13-057957-4)
  • Vue d'ensemble des névroses de transfert : un essai métapsychologique (1915), Gallimard, 1985, (ISBN 2-07-070685-0)
  • Considérations actuelles sur la guerre et la mort (1915)
  • Introduction à la psychanalyse (1917), Payot, coll. Petite Bibliothèque Payot, 2004, (ISBN 2-228-89405-2)
  • Deuil et mélancolie (1917) (1917)
  • Complément métapsychologique à la doctrine de rêves (1917)
  • L'inquiétante étrangeté et autres essais (1919), Gallimard Folio, 1988, (ISBN 2-07-032467-2)
  • On bat un enfant (1919)
  • Psychogenèse d'un cas d'homosexualité féminine (1920)
  • Au-delà du principe de plaisir (1920) in Essais de psychanalyse, Payot, coll. Petite Bibliothèque Payot, 2004, (ISBN 2-228-89399-4)
  • De quelques mécanismes névrotiques dans la jalousie, la paranoïa et lhomosexualité (1922)
  • Le Moi et le Ça (1923)
  • Le problème économique du masochisme (1924) in Œuvres complètes, Tome XVII, 1923-1925, PUF, (ISBN 2-13-044302-8)
  • Quelques conséquences psychiques de la différence anatomique entre les sexes (1925)
  • La négation (1925)
  • Inhibition, symptôme et angoisse (1926), PUF, 2005, (ISBN 2-13-054980-2)
  • L'avenir d'une illusion (1927), PUF, 2004, (ISBN 2-13-054702-8)
  • La question de l'analyse profane (1927), Folio - Gallimard, 1998, (ISBN 2-07-040490-0)
  • Malaise dans la civilisation (1929) in Le Malaise dans la Culture, PUF, 2004, (ISBN 2-13-054701-X)
  • Nouvelles conférences sur la psychanalyse (1932) in Nouvelles conférences d'introduction à la psychanalyse, Gallimard, 1989, (ISBN 2-07-032518-0)
  • Pourquoi la guerre ? (1933) en collaboration avec Albert Einstein, Rivages, 2005, (ISBN 2-7436-1364-5), en ligne[pdf]
  • Abrégé de psychanalyse (1938), PUF, 2001, (ISBN 2-13-044442-3)
  • Analyse terminée et analyse interminable (1937)
  • Moïse et le monothéisme (1939) in L'homme Moïse et la religion monothéiste, Gallimard, 1993, (ISBN 2-07-032741-8)
  • Résultats, idées, problèmes, tome 1 (1890-1920), PUF, 1987, (ISBN 2-13-038595-8)
  • Résultats, idées, problèmes, tome 2 (1921-1938), PUF, 2001, (ISBN 2-13-039973-8)
  • Mémoire, souvenirs, oublis, Payot, coll. Petite Bibliothèque Payot, 2010

Correspondances

Notes et références

Sources utilisées pour la rédaction de cet article
  • (fr) (de) Œuvres de Sigmund Freud
    • (fr) Sigmund Freud, Contributions à l'histoire du mouvement psychanalytique in Cinq leçons sur la psychanalyse, Payot, coll. « Petite bibliothèque Payot », 1966 (ISBN 2-228-88126-0).
      traduit de l'allemand par Serge Jankélévitch, pp. 69-149
       
  1. p. 24 : « J'ai souvent proclamé avec reconnaissance les grands mérites que s'est acquis l'école psychiatrique de Zurich, et plus particulièrement Bleuler et Jung, par leur contribution à la diffusion de la psychanalyse ».
  2. pp. 101-102.


    • Autres œuvres de Freud
  1. « Über Coca », in Centralblatt für die Gesamte Therapie, II, 1884, pp. 289-314.
  2. « Über den Ursprung des Nervus acusticus », in Monatsschrift für Ohrenheilkunde, Neue Folge, XX, 1886, pp. 245-282.
  3. « Über Hypnose und Suggestion », in Internationale Klinische Rundschau, VI, 1892, pp. 814-818.
  4. « L'hérédite et l'étiologie des névroses », in La Revue neurologique III, repris in Névrose, psychose et perverion, PUF, 1973.
  5. Lettre à Wilhelm Fliess du 15 octobre 1897 intitulée « L'abandon de la Neurotica », in Lettres à Wilhelm Fliess 1887-1904, PUF, Coll. « Bibliothèque de psychanalyse », 2006, (ISBN 978-2-13-056279-5 ).
  6. Lettre à Jung du 16 avril 1909, in Correspondance S. Freud-C. G. Jung, Taurus, 1978.
  7. Fragment d'une analyse d'hystérie : Dora, in Cinq psychanalyses, Presses Universitaires de France, 2001, Coll. « Bibliothèque de psychanalyse », (ISBN 978-2130456209).
  8. Lettre à Wilhelm Fliess du 15 octobre 1897 intitulée « L'abandon de la Neurotica », in Lettres à Wilhelm Fliess 1887-1904, PUF, Coll. « Bibliothèque de psychanalyse », 2006, (ISBN 978-2-13-056279-5).
  9. Analyse d'une phobie d'un petit garçon de cinq ans : Le Petit Hans, 1909, PUF, 2006, (ISBN 2130516874).
  10. Introduction à la psychanalyse, Petite Bibliothèque Payot, 1970, p. 414.
  11. « Remarques psychanalytiques sur l’autobiographie d’un cas de paranoïa : Le président Schreber», 1911.
  12. Correspondance de Freud 1873-1939, Gallimard, 1967, p. 461.
  13. Correspondance, Paris, Gallimard, 1979, pp.461-462.
  14. Trois essais sur la théorie sexuelle, Gallimard, 1987, p. 44.
  15. Texte repris dans Introduction à la psychanalyse, Payot, Coll. « Petite Bibliothèque », 1975, IIe partie, chapitre 18, pp. 266-267.
  16. Sigmund Freud, L’Avenir d’une illusion, section VI.
  17. Anthologie de textes de Sigmund Freud, préface de Charles Melman et de Jean-Louis Chassaing, Un peu de cocaïne pour me délier la langue, Max Milo Editions, 2005, Coll. Essais et documents, (ISBN 2914388764).


  • (fr) Lydia Flem, L'Homme Freud : une biographie intellectuelle, Seuil, coll. « La librairie du XXe siècle », 1991, 278 p. (ISBN 2020133083) 


  • (fr) René Major et Chantal Talagrand, Freud, Gallimard, coll. « Folio biographies », 2006 (ISBN 2070320901) 
  1. p. 44.
  2. Pour une présentation rapide des biographies des cinq sœurs de Freud, lire la p. 47.
  3. p. 55.
  4. Le poème de Goethe aurait contribué à son choix pour la médecine, p. 58.
  5. p. 64.
  6. p. 74.
  7. Freud ne traduit cependant que l'essai de Mill sur l'émancipation des femmes, p. 80.
  8. p. 58.
  9. Origines et condition de leur rencontre, p. 150.
  10. «  (...) aucun autre homme n'a jamais eu autant d'influence sur moi » avoue Freud, cité p. 80.
  11. De 1887 à 1904 les deux hommes s'échangent plus de 300 lettres ; celles de Fliess à Freud ont été perdues, p. 38.
  12. Freud et Martha ont six enfants : Mathilde (1887-1978), Jean-Martin (1889-1967), Oliver (1891-1969), Ernst (1892-1970), Sophie (1893-1920) et Anna (1895-1982), pp. 68-70.
  13. p. 83
  14. « L'étude des troubles du langage allait lui permettre de se dégager radicalement des conceptions du maître de la Salpêtrière », p. 85.
  15. Freud a été influencé, notamment dans ses Trois Essais sur la théorie sexuelle de 1905 par la conception bisexuelle de Fliess, p. 39.
  16. Freud attribue la paternité de la méthode cathartique à Joseph Breuer, p. 92.
  17. Freud ne conserve de l'hypnose que la posiiton du patient, allongé et soustrait à la vue de l'analyste, pp. 90 et 97.
  18. p. 94.
  19. p. 76.
  20. Elle consiste, notent R. Major et C. Talagrand, en une analyse de ses propres rêves et de ses souvenirs d'enfance, p. 46. Cette auto-analyse est à l'origine des « objectivités proprement analytiques » de la psychanalyse, que Freud découvre en étalissant des rapports et des analogies entre ses souvenirs et fantasmes et la littérature mondiale, p. 51.
  21. Freud a très tôt une peur profonde : celle de mourir avant sa mère, p. 45
  22. p. 110.
  23. Sur les origines de sa phobie des voyages, voir la p. 116.
  24. Il ne peut se rendre à Rome qu'après la mort de son père, p.107.
  25. p. 117.
  26. p. 121.
  27. p. 180.
  28. « Le bolchévisme croyait pouvoir l'utiliser pour détruire l'autorité du père », p. 147.
  29. pp. 102-104.
  30. « Le chercheur rigoureux et minutieux devait se doubler d'un homme politique avisé et maître de lui-même », p. 120.
  31. p. 226.
  32. Il établit avec cet ouvrage une « anthropologie psychanalytique », en réaction à l'étude des symboliques mondiales de C. G. Jung, p. 234.
  33. p. 186.
  34. La plupart des psychanalystes sont en effet envoyés au front, p. 229.
  35. Plusieurs manuscrits attestant son travail à décire une métapsychologie furent cependant perdus, p. 237.
  36. La conception des pulsions partielles est constituée sur des couples d'opposés, p. 145.
  37. Anna Freud est la seule des enfants de Freud a avoir été psychanalyste aux côtés de son père ; elle a contribué à développer la psychanalyse en Angleterre en fondant une école rivale à celle de Melanie Klein, pp. 72-74.
  38. p. 57.
  39. p. 34.
  40. pp. 193 et 279-280.
  41. p. 74.
  42. pp. 197-200.
  43. p. 199.
  44. pp. 200-203.
  45. pp. 204-206.
  46. pp. 207-210.
  47. pp. 377-378-379.


  1. Ses dissections confirment l'existence de testicules chez l'anguille mâle. Ses travaux sont publiés en 1877 devant l'Académie des sciences.
  2. Alain de Mijolla explique que son travaille porte plus précisément sur les fibres nerveuses postérieures du pétromyzon, p. 655.
  3. Après ce revers, Freud abandonne ses recherches sur la cocaïne mais continue à en user, notamment pour accroître sa capacité de travail et vaincre sa timidité, p. 656.
  4. Alain de Mijolla explique que ce séjour aurait commencé le 13 ocotbre 1885 et se serait terminé le 23 février 1886, p. 656.
  5. Les deux hommes échangent un véritable « dialogue de sourds » dans le sens où Fliess se méprend sur les intentions de Freud alors que ce dernier surestime la compréhension de ses thèses, p. 656.
  6. « Après avoir un temps utilisé la suggestion hypnotique, Freud conclut à son peu d'efficacité », p. 656.
  7. Freud ne vend que 420 exemplaires en 6 ans, p. 657.
  8. p. 657.
  9. p. 657.
  10. p. 659.
  11. p. 660.
  12. p. 334.
  13. Roger Perron, in entrée « Complexe d'Œdipe » précise que ces phases sont appelées plus volontiers « organisations » par les successeurs de Freud, p. 335.
  14. Entrée « Civilisation (Kulture) », p. 309.
  15. Entrée « Civilisation (Kulture) », p. 310.
  16. Entrée « Civilisation (Kulture) », pp. 310-311.
  17. Il s'agit en premier lieu d'un concept permettant de décrire le traumatisme portant sur l'intégrité de l'ego chez un patient, entrée « Blessure narcissique », p. 215.
  18. p. 661.


  1. p. 443.
  2. p. 444.
  3. p. 438.
  4. p. 445.
  5. p. 445.
  6. p. 437.
  7. p. 448.
  8. p. 449.
  9. p. 450.
  10. p. 451.
  11. p. 452.
  12. p. 453.
  13. p. 453.
  14. p. 454.
  15. p. 454.
  16. p. 455.
  17. Freud utilise notamment sa découverte sur la cocaïne pour traiter un ami morphinomane, Fleischl, mais l'expérience tourne mal et ce dernier se suicide, p. 455.
  18. p. 456.
  19. « La relation de Freud avec Charcot est une sorte de « rencontre » existentielle plutôt qu'une relation classique entre disciple et maître » explique Ellenberger, pp. 456-457.
  20. La Société des médecins de Vienne (ou Kaiserliche Gesellschaft der Aertzte zu Wien) est l'une des plus célèbres sociétés médicales d'Europe, p. 458
  21. Pour un exposé complet et détaillé, se référer aux pp. 459-462.
  22. « Freud semblait prendre les neurologues de la Société pour des ignorants », p. 463.
  23. p. 464.
  24. Selon Ellenberger, sa rencontre avec Wilhelm Fliess est l'un des quatre événements fondateurs de la psychanalyse, p. 467. Sa première lettre date du 24 novembre 1887 et concerne le diagnostic d'un malade.
  25. p. 466.
  26. p. 468.
  27. p. 467.
  28. p. 468.
  29. p. 468.
  30. p. 473.
  31. « La publication de L'Interprétation des rêves marque la fin de sa névrose », p. 469.
  32. p. 470.
  33. p. 473.
  34. p. 479.
  35. p. 480.
  36. p. 480.
  37. p. 481.


  1. p. 36.
  2. p. 43.
  3. p. 49.
  4. p. 54.
  5. L'autonomie de la psychanalyse se retrouve surtout dans la question de la surmédicalisation et dans la perception de ce qu'est le symptôme, pp. 61-62.
  6. Assoun énonce trois thèses épistémologiques majeures constitutives de la psychanalyse, p. 64.
  7. p. 67.
  8. « Dire que la psychanalyse est bien une science, c'est donc signifier a contrario qu'elle récuse un mode de penser métaphysique », p. 36.
  9. Assoun parle d'une véritable « généalogie des innovations postfreudiennes », p. 643.
  10. p. 86.
  11. Sur ce point descriptif de la notion, Freud se réfère à la théorie de Bernheim quant à l'expérience suggestive et à l'hypnose, p. 88-89.
  12. « Le terme subconscience est donc au mieux flou (...) au pire falsifiant : car la psychanalyse récuse radicalement l'idée d'une deuxième conscience qui doublerait l'autre », p. 90.
  13. pp. 377-380.
  14. La conception de la libido freudienne est « évolutionniste » ; elle permet en effet à Freud de commencer par décrire les perversions, p. 270.
  15. pp. 277-278.
  16. Se reporter aux pp. 130-131 pour l'origine du passage, chez Freud, de la théorie de la séduction à celle de la libido.
  17. p. 285.
  18. «  (...) l'expression symbolique constituent en quelque sorte la logique propre du rêve qui permet d'en saisir l'analogie avec d'autres formations inconscientes », pp. 148-149.
  19. p. 148.
  20. p. 149.
  21. Récapitulation des définitions de la notion de « pulsion », p. 389.
  22. p. 391.
  23. L'introduction de la pulsion de mort surtout s'apparente à un « ultime séisme » dans l'édifice psychanalytique de Freud, pp. 437-444.
  24. p. 396.
  25. p. 407.
  26. p. 410.
  27. p. 217.
  28. p. 239.
  29. p. 464.
  30. p. 463.
  31. « Au fond, cette double règle introduit à la fois un strict déterminisme et une liberté radicale de la parole et de l'écoute », pp. 469-470.
  32. p. 479.
  33. pp. 248-249.
  34. p. 708.
  35. « C'est ainsi que dès le début des années 1920, Freud consacre une bonne partie de ses textes à réagir à ce mouvement d'évolution interne », p. 706.


Autres sources utilisées
  1. Jean-Bertrand Pontalis, « Les vases non communicants. Le malentendu André Breton - Freud », in Sigmund Freud House Bulletin, vol. 2, no 1, Vienne, 1978 (texte déjà paru dans Nouvelle Revue Française après une conférence du 24 novembre 1977, disponible en ligne. Consulté le 19 mars 2010.
  2. a, b, c, d, e, f, g et h Olivier Douville, Chronologie : Situation de la Psychanalyse dans le Monde, du temps de la vie de Freud (2006), disponible sur le site hal.archives-ouvertes.fr, en [pdf]. Consulté le 14 mars 2010..
  3. (en) « The Sigmund Freud and Carl Jung lectures at Clark University » (archives) sur le site de l'Université Clark. Consulté le 14 mars 2010.
  4. [image] Source : freud-museum.at. Consulté le 12 novembre 2009
  5. (en) Ilse Bry et Alfred H. Rifkin , Freud and the History of Ideas : Primary Sources, 1886-1910, in Science and Psychoanalysis, vol. V, 1962, pp. 6-36.
  6. Selon Linda Donn, « Freud et Jung essaieraient ensemble de dévoiler les mystères de la psyché et défieraient l'ordre psychiatrique établi ». En effet, « Ils étaient des révolutionnaires engagés sur une voie audacieuse et imaginative et leur personnalité était à la hauteur de la tâche », in Freud et Jung. De l'amitié à la rupture, Presses universitaires de France, Paris, 1995, (ISBN 2-13045559X), p. 8.
  7. extraits en ligne [pdf] sur le site documents.irevues.inist.fr. Consulté le 14 mars 2010.
  8. Source : Bercherie, Épistémologie de l'héritage freudien (suite et fin), in revue Ornicar ?, septembre 1984, no 30, pp. 94-125.
  9. Elisabeth Roudinesco, La bataille de cent ans, tome 1 d' Histoire de la psychanalyse en France, Fayard, 1998, p. 56.
  10. Françoise Parot, L'Homme qui rêve, Presses Universitaires de France, coll. « Premier cycle », 1995, (ISBN 978-2-13-046815-8), p. 69.
  11. Erich Fromm, Grandeur et limites de la pensée freudienne, Laffont, Paris, 1980, p. 51-52.
  12. Claire Pagès, Freud pas à pas, Ellipses, 2008, (ISBN 978-2-7298-4099-0), pp. 308-309.
  13. Max Schur, La Mort dans la vie de Freud, Gallimard, coll. « Tel », 1982, (ISBN 978-2070257942), pp. 41-46.
  14. « Dans l'Allemagne de 1933, après qu'on ait brûlé les oeuvres de Freud, il était devenu évident que le régime dirigé par les nazis, qui venaient d'obtenir le pouvoir, il n'y avait plus aucune place pour la psychanalyse » explique Alain De Mijolla, dans « Ici, la vie continue d'une manière fort surprenante... », in Contribution à l'Histoire de la psychanalyse en Allemagne, éditions Association internationale d'histoire de la psychanalyse, 1987, (ISBN 2854801539), p. 82.
  15. Miklós Molnar, Histoire de la Hongrie, Perrin, 2004, (ISBN 978-2-262-02238-9).
  16. « À partir du milieu des années 30, l'histoire du mouvement psychanalytique hongrois se sépare de de celle des associations allemandes et autrichiennes. (...) En Hongrie c'est en 1922 qu'a commencé la discrimination légale entre les Juifs et les membres de la « bonne société » hongroise; c'est alors qu'on a introduit à l'Université ce qui s'appelait le numerus clausus », Alain De Mijolla, in «  Ici, la vie continue d'une manière fort surprenante... », in Contribution à l'histoire de la psychanalyse en Allemagne, éditions Association internationale d'histoire de la psychanalyse, 1987, (ISBN 2854801539), pp. 82-83.
  17. Collectif, Antijudaïsme et antisémitisme en Autriche du 17e au 20e siècle, in Austriaca, no 57, décembre 2003, éditions PU Rouen, 2005, (ISBN 2877753832)
  18. (de) Martin Staemmler de Chemnitz, Das Judentum in der Medissin (original en allemand).
  19. cité et traduit par un collectif édité pour la France sous la dir.: Alain De Mijolla: "- Ici, la vie continue d'une manière fort surprenante..." : Contribution à l'Histoire de la Psychanalyse en Allemagne., Ed.: Association internationale d'histoire de la psychanalyse, 1987, ISBN 2854801539
  20. Erlenmeyer cité par Françoise Coblence, in « Freud et la cocaïne », Revue française de psychanalyse, 2002/2, vol. 66, (ISBN 2130526497), p. 372, consultable en ligne sur le site cairn.info. Consulté le 21 mars 2010.
  21. Johann Schnitzler, in Internationale Klinische Rundschau, 1887, vol. III, p. 23.
  22. Guy Leclerc, « La psychanalyse, idéologie de basse police et d'espionnage », in L'Humanité, jeudi 27 janvier 1949.
  23. Article « La psychanalyse dans la société française » sur le site de la http://www.spp.asso.fr Société Psychanalytique de Paris. Consulté le 17 mars 2010.
  24. (en) Ludwig Wittgenstein, Lecture and Conversations on Aesthetics, Psychology and Religious Belief, Cyril Balett et H. Blackwell, Oxford, 1966, p. 41.
  25. Pour un panorama des différentes critiques, notamment sur l'ouvrage synthétique de Freud lire Introduction à la psychanalyse. Analyse critique de Michel Haar, Agrégé de philosophie, disponible en [pdf] sur le site http://lyc-sevres.ac-versailles.fr lyc-sevres.ac-versailles.fr. Consulté le 18 mars 2010.
  26. Adolf Grünbaum, La Psychanalyse à l'épreuve, éditions de l’éclat, 1993, (ISBN 9782905372765), p. 71.
  27. (en) G. William Domhoff, « The scientific study of dreams. Neural Networks, Cognitive Development and Content Analysis », in American Psychological Association Washington DC, 2007, pp. 136-143.
  28. Kandel définit ainsi sept concepts de la psychanalyse (conscience, inconscient, mémoire, émotion, développement, désir, pulsion) prenant sens avec les données biologiques les plus récentes, in (en) Biology and the future of psychoanalysis: a new intellectual framework for psychiatry revisited, in American Journal of Psychiatry, no 156, pp. 505-524.
  29. Jacques Galinier, « Lionel Naccache, Le Nouvel Inconscient. Freud, Christophe Colomb des neurosciences », in L’Homme, 187-188, 2008, disponible en ligne sur le site lhomme.revues.org. Consulté le 18 mars 2010.
  30. Page des Œuvres complètes de Freud / Psychanalyse sur le site des Presses Universitaires Françaises. Consulté le 11 mars 2010.
  31. Patricia Cotti, Théo Leydenbach et Bertrand Vichyn, « Quelle traduction pour la Traumdeutung ? » in Le Champ Psychosomatique, 2003, no 31, pp. 25-45.
Ouvrages cités mais non utilisés
  1. Paul Ricœur, De L'interprétation. Essai sur Sigmund Freud, Seuil, Coll. « Points Essais », 1965, (ISBN 978-2020236799).
  2. Stefan Zweig, La guérison par l'esprit, Biblio-essai, Lgf, 2003, (ISBN 225394338X).
  3. Marcel Gauchet, L'Inconscient cérébral, Seuil, 1999, coll. Librairie du XXIe siècle, (ISBN 2-02-013548-5).
  4. Leibniz, Nouveaux essais sur l'entendement humain, Paris : Flammarion, 1982, 1990, 441 p., (ISBN 2080705822).
  5. Christian Moreau, Freud et l’occultisme, Éditions Privat, 1976, (ISBN 2708928120).
  6. Jean-Louis Chassaing, Jacques Beraud, Olivier Bezy et Paul Claveirole, Cocaïne, Aphasies. Etudes des textes préanalytiques de Freud, Erès, 2006, Coll. Les dossiers du JFP, (ISBN 2749206685).
  7. Jacques van Rillaer, Les Illusions de la psychanalyse, Mardaga, 1995, (ISBN 2870091281).
  8. Le Livre noir de la psychanalyse, dossier sur le site de l'éditeur.
  9. François Ansermet et Pierre Magistretti, Neuroscience et psychanalyse. Une rencontre autour de la singularité, Odile Jacob, Coll. Collège de France, 2010, (ISBN 2738124151).
  10. (en) J. Allan Hobson, Dreaming. A very short introduction, Oxford, 2002.
  11. (en) Foulkes D., A gramar of dreams, Basic Books, 1998 et Domhoff G.W., The scientific study of dreams, in American Psychological Association, 2007.

Notes complémentaires

  1. Il n'est pas sûr qu'il s'agisse du deuxième ou troisième mariage du père de Freud. Il était courant à cette époque de se remarier rapidement après un veuvage.
  2. Une plaque commémorative (« c'est dans cette maison que le 24 juillet 1895 le mystère du rêve fut révélé au Dr Sigmund Freud ») qui figure actuellement devant le 19 Berggasse à Vienne rappelle que le rêve dit de l'« injection faite à Irma » est le prototype de l'interprétation des rêves selon la psychanalyse.
  3. Le titre d' Extraordinarius correspond au premier grade universitaire, c’est-à-dire professeur sans chaire. La lettre qui promeut Freud est signée de l’empereur François-Joseph lui-même.
  4. La Société psychologique du mercredi est la première société psychanalytique au monde, elle réunit notamment : Rudolf Rietler (1865-1917), Max Kahane, Ludwig Jekels (1861-1954), Wilhelm Stekel (1868-1940), Hugo Heller (1870-1923), Alfred Adler (1870-1937), Paul Federn (1871-1950), Eduard Hitschmann (1871-1957), Max Graf (1875-1958), Hanns Sachs (1881-1947) et Otto Rank.
  5. Les Schriften zür angewandten Seelenkunde publient des travaux de Freud, Franz Riklin, C. G. Jung, Karl Abraham, Sadger, Pfister, M. Graf, Ernest Jones, Sorfer, Keilholz et von Hug-Hellmuth. La collection s’arrête en 1913, peu de temps après la parution d’Imago. Voir Brigitte Lemérer et alii, « Freud et l'activité éditoriale », in Essaim, 1/2001, no 7, pp. 59-81.
  6. Cette « Feuille centrale de psychanalyse ou mensuel médical de psychologie » a Alfred Adler et Wilhelm Stekel comme premiers rédacteurs en chef et Freud comme directeur de rédaction.
  7. Une nouvelle revue, Imago, existe depuis le printemps 1912. Le premier numéro contient notamment un essai de Freud, « La crainte de l’inceste », qui deviendra la première partie de Totem et tabou.

Voir aussi

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Articles connexes


Articles généraux


Psychanalystes fondateurs


Concepts majeurs


Courants de la psychanalyse

Liens externes

Filmographie et multimédia

Bibliographie complémentaire

Article détaillé : Bibliographie en psychanalyse.
  • Ernest Jones, La Vie et l'œuvre de Sigmund Freud, Presses Universitaires de France, coll. « Quadrige grands textes », 2006 
  • Franck Sulloway, Freud biologiste de l'esprit, Fayard, 1998 (ISBN 2213601925) 
  • Didier Anzieu, L'Auto-analyse de Freud et la découverte de la psychanalyse, Presses Universitaires de France, 1998 (ISBN 2-13-042084-2) 
  • Marthe Robert, La Révolution psychanalytique : La vie et l'Oeuvre de Freud, Payot, coll. « Petite Bibliothèque Payot », 2002 (ISBN 2228896705) 
  • Peter Gay, Freud, une vie, Hachette littératures, 1991 
2 tomes, (ISBN 2-01-279054-2) t. 1 ; (ISBN 2-01-279055-0) t. 2


 
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