Sardaigne
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Drapeau de la Sardaigne |
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| Informations | |||||
| Pays | |||||
| Zone | Italie méridionale | ||||
| Capitale | Cagliari | ||||
| Superficie (km²) | 24 090 | ||||
| Population | 1 655 677 (2005) | ||||
| Densité de pop. (h./km²) | 68,7 | ||||
| Provinces | Huit dont quatre créées en mai |
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| Communes | 377 | ||||
| Président | Renato Soru | ||||
| Code ISO 3166-2 | IT-88 | ||||
La Sardaigne (en italien : Sardegna et en langue sarde normalisée : Sardigna) est une île de la Méditerranée occidentale, située à l'ouest de la péninsule italienne et au sud de la Corse. Rattachée à l'Italie après un long isolement, culturellement différente de la péninsule, et avec de fortes particularités, elle a obtenu le statut de région autonome d'Italie le 28 février 1948. L'île connaît actuellement des difficultés à se développer économiquement, surtout en comparaison avec l'Italie du nord. Sa capitale est la ville de Cagliari.
Sommaire |
[] Histoire
L'histoire plurimillénaire de la Sardaigne commence sans doute au paléolithique inférieur (500?000 ans av. J.-C.) auquel remontent les premiers vestiges certains de la fréquentation de l'île par l'homme, qui s'y installe de manière stable bien plus tard, au néolithique inférieur (6000 av. J.-C.).
Chronologie avant J.-C. 
La première civilisation ayant une physionomie et des caractères bien définis et autochtones est la civilisation dite de Bonuighinu (au cours du IVe millénaire av. J.-C. ? population diffusée sur le territoire de l'île pratiquant l'agriculture regroupée en villages ? en contact étroit avec la Corse, l'Italie et le Sud de la France, céramique et obsidienne en laissent la trace archéologique évidente), puis apparaît celle plus célèbre des nuraghes, qui débute à l'âge du bronze ancien (1500 av. J.-C.) et qui décline progressivement à la fin de l'âge du fer (500 av. J.-C.) pour ne disparaître complètement qu'avec l'occupation romaine. Elle a ainsi été nommée à cause de son architecture la plus typique : le nuraghe, construction en forme de tour (tronc de cône) à l'aide de gros blocs de pierre équarris et travaillés, qui prend une forme plus articulée et complexe lors de la période la plus resplendissante de cette civilisation (en plein âge du fer).
Il existe d'autres constructions typiques de l'âge pré-nuragique et intermédiaire : les domus de janas (traduction : les maisons des fées) creusées dans le granit et servant à inhumer les morts, les tombes des géants, très fréquentes à l'intérieur de l'île, et de dimensions cyclopéennes. Dans ce cas également il s'agit de constructions typiques. Le mégalithisme (avec des menhirs notamment) est une caractéristique prénuragique.
Les riches ressources minières de l'île attirent l'attention et l'intérêt commercial des populations de la Méditerranée orientale, comme les Mycéniens et les Chypriotes, mais ce sont les Phéniciens qui, à partir du IXe et du VIIIe siècle av. J.-C. constituent les premières colonies stables, occupant des sites le long de la côte, facilement accessibles, favorables aux échanges et au commerce. La Sardaigne qui appartenait à l'empire carthaginois (son occupation va de 535 à 239 av. J.-C.) privilégie, outre la production des ressources minières, celle du froment et du bois (l'île était quasiment recouverte de forêts). Cette exploitation perdure également avec la conquête romaine (239 av. J.-C. 476 après J.-C.). La Sardaigne fut rattachée à Rome lors de la première guerre punique et en 227 av. J.-C. est constituée la province romaine de Corse-Sardaigne.
Rome, pour affirmer sa domination des zones internes et notamment la Barbaria (devenue l'actuelle Barbagia) - les habitants y sont considérés comme plus fiers et courageux que sur les côtes ? s'impose par une administration forte et bien organisée et dont l'efficacité est assurée principalement par un réseau routier très ramifié ? duquel ont survécu encore ça et là quelques morceaux originaux ? repris en grande partie par le tracé du réseau routier moderne.
La décadence de l'Empire romain atteint l'île et a pour conséquence l'abandon progressif des terres agricoles et des côtes et un abaissement notable de la démographie.
Abandonnée à elle-même et sans défense, la Sardaigne est occupée et subit les razzias durant quelque 80 ans (vers 460-530 après J.-C.) par les Vandales d'Afrique qui, défaits par l'empereur d'Orient, laissent l'île sous la domination de Byzance.
Quand au IXe siècle les Arabes achèvent la conquête de la Méditerranée, du Nord de l'Afrique, de l'Espagne et de la Sicile, les côtes sardes sont soumises à leurs attaques incessantes et à leurs razzias.
En 1014, une alliance de Gênes et de Pise provoque la défaite de Museto, un chef de guerre arabe qui s'était emparé de Cagliari.
Le désintérêt et le vide de pouvoir qui s'ensuit de la part de la lointaine Byzance pousse l'île à gérer elle-même son sort : ainsi, elle s'organise administrativement et militairement en 4 Giudicati (ou judicats) : ceux de l'Arborée, de Calaris (Cagliari), de la Gallura et du Logudoro (Torres), royaumes souverains et indépendants les uns des autres.
Avec des soubresauts, les Giudicati survivent jusqu'à la fin du XIIIe siècle, lorsqu'ils deviennent territoires contrôlés par les républiques maritimes du continent italien de Pise et de Gênes. L'Arborée résiste et reste indépendant jusqu'en 1410 et autonome jusqu'en 1478. Cette année, la couronne d'Aragon conquiert définitivement l'île toute entière, déjà concédée en zone féodée depuis 1297 par le pape Boniface VIII ainsi que la Corse voisine (à laquelle les Aragonnais renoncent en 1487).
Le « Regnum Sardiniae et Corsicae » ainsi créé le 4 avril 1297 demeurera sous la domination de la couronne d'Aragon jusqu'au début 1700.
Chronologie après J.-C. 
Après une brève parenthèse autrichienne (1708-1718), confirmée par le traité d'Utrecht, le Regnum Sardiniae est cédé par le « traité de Londres (1718) » aux États de Savoie, en échange de la Sicile, dont le duc prend le titre de roi de Sardaigne.
Le royaume de Sardaigne est ainsi constitué (désigné généralement sous le nom de Piémont-Sardaigne par les historiens français puisque sa capitale est à Turin et une vice-royauté est installée à Cagliari), et à l'intérieur de celui-ci l'île maintient son statut autonome jusqu'à 1847, année où elle fusionne avec le Piémont et donne le jour à un gouvernement central unique, renonçant ainsi à son autonomie historique.
Le 28 avril 1794 une véritable rébellion antiféodale éclate à Cagliari. Cette insurrection est matée après la défaite de Giovanni Maria Angioy, vaincu près d'Oristano en 1796.
Avec la fin des guerres pour l?Indépendance et l'unité italienne, le royaume de Piémont-Sardaigne devient royaume d'Italie en 1861. «Tout commence avec le Royaume de Piémont-Sardaigne : en termes constitutionnels, il existe une continuité entre celui-ci et la République italienne. Il n'y a jamais eu de rupture en passant d'un régime à l'autre. Ceci explique pourquoi les Sardes se sentent très fortement Italiens. Ce n'est pas non plus un hasard si Garibaldi a sa tombe en Sardaigne.»[1]
La Sardaigne est une région complexe qui a conservé au travers de ses témoins culturels, des matériaux présentant un intérêt historique et artistique, un bagage original très caractéristique que l'on n'arrête pas de redécouvrir et qu'il sied de revaloriser en tenant compte de toute sa richesse.
Paolo Valente Poddighe fut le premier archéologue à prétendre que « Atlantide équivaut à la Sardaigne de l'époque nuragique », et que cette île pourrait donc être Atlantide[2]. D'autres archéologues soutiennent depuis sa thèse.
[] Héraldique
L'origine du symbole sarde n'est pas bien définie, mais on retrouve sa trace historique attestée en 1281. On doit noter son analogie avec celui de la Corse voisine. Plusieurs faits historiques peuvent peut-être l?expliquer.
En effet, le premier évènement historique se déroule en 1014, par la victoire sur Museto à Cagliari (voir l'histoire), et ainsi, les têtes de maures représenteraient les vaincus, et sont au nombre de quatre en référence aux régions sardes.
Mais le fait historique le plus explicatif du symbole, serait celui de 1096, lorsque le roi Pierre Ier d'Aragon vainquit les maures lors de la bataille d'Alcoraz. Il expliqua cette victoire sur les quatre rois arabes tués sur le champ de bataille, par le concours providentiel de saint Georges (dont la bannière est une croix rouge sur fond blanc). D'ailleurs, d'anciennes représentations montrent parfois quatre têtes couronnées.
C'est le 5 juillet 1952 que l'emblème devient par décret, le symbole officiel de la Sardaigne. Et la Loi régionale du 15 avril 1999, a soulevé le bandeau sur le front des maures, pour des raisons diplomatiques.
[] Géographie
La Sardaigne, qui a une superficie de plus de 24?000 km², est située au centre de la Méditerranée occidentale, entre la Corse au nord, et la Tunisie au Sud, et a été longtemps considérée comme la plus grande île de Méditerranée. En fait, elle est la seconde après la Sicile.
Elle est majoritairement constituée de montagnes et collines, et le massif montagneux principal, le Gennargentu, qui se trouve dans la partie centre-orientale de l?île, culmine à 1834 m d?altitude.
On y trouve également des parties planes, dont la seule réellement remarquable est celle du Campidano, une vaste plaine d?origine fluviale. On remarque deux fleuves principaux, le Flumendosa long de 127 km, mais surtout le Tirso avec ses 135 km. On trouve de nombreux barrages en Sardaigne, formant des lacs artificiels qui servent à l?irrigation des champs.
Son climat méditerranéen offre des températures douces, et le mistral, qui est le vent dominant, permet de rafraîchir les températures estivales élevées.
[] Géologie
La géologie sarde est très intéressante du fait que les roches s'y trouvant sont parmi les plus anciennes d'Europe, et les plus anciennes d'Italie. Ainsi, il n'y pas de très hautes altitudes en Sardaigne du fait de la longue érosion. En effet, la base rocheuse de la Sardaigne méridionale (d'où le grand nombre de mines dans le sud) date de la période précambrienne, et plus précisément du début de l'éon protérozoïque (l'ère paléoprotérozoïque). On trouve, au nord-est de l'île, des roches sédimentaires issues de cette période, qui montrent qu'il y a eu également une partie provenant d'immersion. Ces sédiments ont permis la création de roches carbonifères (d'où les mines de charbon). On trouve également des roches plus récentes, issues de l'éon phanérozoïque telles que des roches volcaniques que l'on trouve en quantité dans la région occidentale et méridionale de l'île.
La Sardaigne a subi avec la Corse une dérive continentale, car ces deux îles faisaient partie du continent européen. Elles formaient la chaîne pyrénéo-provençale. Elles se sont écartées durant la période oligocène (-30 millions d'années).
[] Administration
La Sardaigne est divisée en huit provinces[3]. Trois anciennes :
- Province de Cagliari (CA),
- Province de Nuoro (NU),
- Province de Sassari (SS).
Une plus récente :
- Province d'Oristano (OR).
Enfin, une loi régionale adoptée en 2001 qui prévoit désormais un total de huit provinces à partir du 9 mai 2005 (avec les élections des conseils de provinces). Les quatre nouvelles provinces sont les suivantes :
- Province d'Olbia-Tempio (OT) (région historique de la Gallura) (opérationnelle après le 23 mai 2005 en raison du ballotage),
- Province de l'Ogliastra (OG),
- Province de Carbonia-Iglesias (CI) (région du Sulcis et de l'Iglesiente),
- Province du Medio Campidano (MD).
Voir aussi : (it) La nouvelle répartition des villes par province [pdf]
[] Politique
La région autonome est régie par un statut spécial, approuvé par une loi constitutionnelle du 26 février 1948 qui a donné pouvoir de légiférer de manière exclusive dans certains cas (organisation des administrations locales, construction, agriculture et forêts). Dans d'autres domaines (santé, assistance publique), la région peut légiférer dans le cadre des principes établis par la loi de l'État. Ces compétences ont été étendues par la réforme du titre V de la Constitution italienne (dans le domaine de la recherche et de la formation).
Le Statut organise les trois autorités qui représentent la Sardaigne :
- le Conseil régional (pouvoir législatif régional) ;
- la Junte régionale (pouvoir exécutif régional) ;
- le président de la région (chef du pouvoir exécutif régional).
Depuis la réforme constitutionnelle du 31 janvier 2001, le président est élu directement, en même temps que le Conseil régional.
En 2004, les dernières élections au Conseil régional (comprenant celle du président de la région autonome), les premières après la réforme constitutionnelle, ont eu lieu sur la base du statut spécial en vigueur et en tenant compte des provinces nouvellement créées en 2001.
Les deux principaux candidats pour la présidence étaient Renato Soru, à la tête d'une liste Sardegna insieme (Sardaigne ensemble), soutenue par la coalition de l'Olivier et son propre mouvement, Progetto Sardegna, il a été élu avec 50,13 % des voix, et Mauro Pili, le président sortant élu en 1999, à la tête d'une liste Sardegna unita (Sardaigne unie), soutenu par la Maison des libertés, n'a obtenu que 40,53 % des voix.
Le 14 juillet 2004, c'est Giacomo Spissu (Démocrates de gauche) qui a été élu, au second tour, président du conseil régional (avec 47 voix, 30 votes blancs, et 3 à un autre DS - 5 abstentions). Au premier tour, 52 abstentions (de la majorité élue) avaient empêché le vote à la majorité des deux tiers prévus lors de ce premier vote.
Voir aussi : (it) Conseil régional de Sardaigne
Lors des élections provinciales des 8 et 9 mai 2005, les listes soutenues par l'Union ont obtenu au total 56,15 % des voix, les candidats de la Maison des libertés ont obtenu 38,33% des voix, et enfin les indépendantistes ont obtenu 2,58% des voix.
Les conseillers de la province d'Olbia-Tempio n'ont été répartis qu'à l'issue du second tour et ont donc augmenté le nombre des élus des DS, Margherita, de Popolari-UDEUR, du Parti sarde d'action et sans doute du Progetto Sardegna, des SDI, RC et IdV.
[] Démographie
En octobre 2004, plusieurs chercheurs de l'université de Montréal se sont rendus en Sardaigne pour y étudier une particularité sarde. En effet, les médecins de l'île ont constaté un nombre important d'hommes supercentenaires (110 ans et +) [4], ce qui est rare, car habituellement ce sont les femmes qui atteignent ces âges avancés[5]. Plusieurs explications sont avancées tels que l?air des montagnes ou le régime alimentaire [6], mais encore des facteurs génétiques. Il est probable que ces facteurs interagissent comme le pense Robert Bourbeau. Ainsi, le GeDAP [7] et l'INED [8] s?intéressent également à la Sardaigne, dans le cadre du projet européen FELICIE [9].
| Date du recensement | Population | Variation | % |
|---|---|---|---|
| 31.12.1861 | 609.000 | 0 | 0 |
| 31.12.1871 | 636.000 | 24.000 | + 4,4% |
| 31.12.1881 | 680.000 | 44.000 | + 6,7% |
| 10.02.1901 | 796.000 | 116.000 | + 8,2% |
| 10.06.1911 | 868.000 | 72.000 | + 8,5% |
| 01.12.1921 | 885.000 | 17.000 | + 1,9% |
| 21.04.1931 | 984.000 | 99.000 | + 11,3% |
| 21.04.1936 | 1.034.000 | 50.000 | + 10,1% |
| 04.11.1951 | 1.276.000 | 242.000 | + 13,6% |
| 15.10.1961 | 1.419.000 | 143.000 | + 10,8% |
| 24.10.1971 | 1.474.000 | 55.000 | + 3,8% |
| 25.10.1981 | 1.594.000 | 120.000 | + 7,9% |
| 20.10.1991 | 1.648.000 | 54.000 | + 3,3% |
| 21.10.2001 | 1.632.000 | - 16.000 | - 1,0% |
Habitants recensés (en millier) 
Pyramide des âges de la Sardaigne
Habitants recensés (en millier) 
[] Personnalités sardes
[] Culture sarde
L'isolement millénaire de la Sardaigne par rapport à l'Italie a créé un milieu unique non seulement du point de vue linguistique mais plus généralement culturel.
[] Langue sarde
La langue parlée en Sardaigne est le sarde (qui comprend plusieurs dialectes), langue romane nettement distincte de l'italien et restée très proche du latin.
Les variantes du sarde sont au nombre de quatre.
- La première est le logudorese (issu de la région du Logudoro), qui est la langue sarde restée la moins influencée par d'autres langues, du fait de son isolement géographique (centre de l'île). Elle se décline en deux dialectes, le commun, et le logudorese du Nord.
- La seconde est le nuorese (autour de la ville de Nuoro) qui est la plus archaïque.
- La troisième, l'ogliastrino, est parlée autour de la ville de Lanusei (Ogliastra) et jusqu'à Dorgali et Orosei.
Ainsi, les deux variétés principales sont le logoudorien et le campidanien.
Plus d'un million d'habitants parlent une des variantes de la langue sarde mais pratiquement tous sont bilingues et parlent également l'italien.
Deux autres dialectes parlés au nord de l'île sont très différents. En effet, le sassarese (autour de Sassari jusque vers Porto Torres), et le gallurese (Gallura, future province d'Olbia-Tempio), sont eux considérés comme des dialectes italiens, variantes du corse, c'est-à-dire comme des dialectes toscans, malgré les nombreux emprunts et les influences réciproques dues au contact sarde. Le tabarquin (ligure) et l'Alguérois (catalan) sont également parlés dans certaines villes, comme Carloforte pour la première et Alghero pour la seconde.
Environ 85 % des habitants de la Sardaigne comprennent le sarde, dont 8 à 9 % qui ne parlent pas l'italien, mais ce dernier nombre a tendance à diminuer. Le sarde est utilisé dans la signalisation routière bilingue de certaines municipalités.
[] Statuettes sardes
Contemporaines de la fin de l'époque nuragique et de sa civilisation (entre 900 av. J.-C. et 535 av. J.-C.), lors de l'âge du fer, les petits bronzes, représentaient souvent guerriers en armes et animaux, mais aussi des priants par exemple. De la même époque, il existe aussi des sculptures de pierre, de petite mais aussi de grande taille.
[] Murales
La Sardaigne compte plusieurs milliers de peintures dites murales (prononcer: "mouraless") sur les murs de l'île. Cet art populaire s'étale sur les murs, mais aussi sur les rochers. Elles véhiculent assez souvent un message politique (actuel ou historique) ou citoyen, comme par exemple sur l?hygiène à l'initiative des collectivités locales. Les fresques remarquables initiées par le professeur Francesco del Casino à Orgosolo empruntent souvent à l'esthétique d'artistes connus comme Picasso, Miro, De Chirico ou au style de certaines bandes-dessinées. Les murales seraient apparues au début des années 70 à San Sperate sur idée venue du Mexique. [10]
[] Musique
La technique utilisée par les chanteurs sardes est quasiment unique au monde, et ne peut être rapprochée que du chant diphonique pratiqué principalement en Mongolie.
Ainsi, on peut distinguer le chant à voix unique accompagné d'un instrument traditionnel, le chant « A tenore » sarde, qui est un chant polyphonique de quatre hommes. En 2005, le chant A Tenore a été proclamé Patrimoine Oral et Immatériel de l?Humanité.
Les ch?urs sont souvent composés de cinq voix, appliqués entre autres lors des Gosos, qui sont les chants religieux.
La forte identité sarde a, durant son histoire, produit des hymnes. L'hymne sarde (Innu Sardu) a été composé en 1843 par Giovanni Gonella. Mais il existe également Dimonios, l'hymne de la brigade ?Sassari?, composé par Luciano Sechi en 1994. Procurad'e moderare est l'hymne composé par Francesco Ignazio Mannu en 1795, en l'honneur de l'insurrection sarde de 1794.
Les instruments traditionnels sardes sont très utilisés en accompagnement des chants et des danses. Ainsi, la guitare sarde, le launeddas, qui est un instrument à vent composé de trois parties (sorte de flûte) de différentes tailles et qui se joue en utilisant la technique de respiration circulaire, et l'organetto, un petit accordéon, sont très souvent présents dans les fêtes.
Le ballo tondo (Ballu Tundu) est la plus connue et unanime des danses dans l'île, mais on trouve également le A Passu, et le Ballu Seriu.
[] Tenues traditionnelles
Pour la femme, la tenue traditionnelle est très finement brodée et colorée (vert, et/ou bleu, et/ou or, et/ou rouge). Les tenues peuvent être très différentes, malgré des parties fixes telles que le châle, le corsage, la jupe longue, et la chemise blanche. Les femmes peuvent également porter des bijoux sardes, en or, argent ou corail, souvent finement gravés.
En revanche, pour l'homme, la tenue traditionnelle est dans la droite ligne de la tradition pastorale chère à la Sardaigne. On constate souvent une chemise et un pantalon blanc, un gilet et une veste noirs (parfois avec du rouge), un chapeau de forme particulière, et parfois un manteau (de cuir ou de laine).
[] Les contes sardes
La forte tradition orale de la Sardaigne a produit de très nombreux contes et légendes. Il existe même, dans la ville de Boroneddu, Il museo della fiaba sarda (Le musée de la fable sarde) consacré aux personnages des fables traditionnelles.
Quelques exemples :
- Come San' Antonio rubo il fuoco al diavolo (Comment saint Antonio vola le feu au diable)
- Il vecchio e la rupe (Le vieux et le rocher)
- Mariedda del piccolo popolo delle janas (Mariedda du petit peuple des fées)
- La vitellina dalle corna d'oro (Le petit veau aux cornes d'or)
[] Les fêtes sardes
Il existe de nombreuses fêtes en Sardaigne (Carnavals, processions?), qui révèlent la culture sarde fortement ancrée dans l'île.
- La Sartiglia (Sartilla ou Sartilia) : C'est une course de chevaux d'origine médiévale, qui se court le dernier dimanche, et le mardi gras lors du carnaval à Oristano. Cette course a une origine espagnole.
- La die de sa Sardigna (Le jour de la Sardaigne) : C'est la fête du peuple sarde. Elle fut reconnue par le conseil régional le 14 septembre 1993. Elle rappelle l'insurrection du 28 avril 1794.
- La procession pour Santa Maria del mare (sainte Marie de la mer) : Une procession de bateaux le 1er août à Bosa,
- Les Candelieri : C'est une procession qui se déroule le 15 août à Sassari (entre autres),
- L' Assunta: Procession à Orgosolo,
- La Sagra di sant'Efisio (la fête de saint Efisio) : Elle se déroule le 1er mai à Cagliari, et regroupe de nombreux participants en costumes traditionnels,
- La cavalcata sarda : Une course de chevaux à Sassari au mois de mai,
- La Sagra di San Salvatore : Procession de septembre à Cabras,
- La S'ardia : Course de chevaux dans les ruelles du village de Sedilo,
- La fête des Mamuthones : Se déroule à Mamoïada
- La fête des Merdules : Se déroule à Ottana
[] Universités sardes
On trouve deux universités en Sardaigne, l'Université de Cagliari, et l'Université de Sassari, qui est spécialement reconnue pour ses cours de droit.
[] Gastronomie
[] Cuisine
La cuisine a connu une évolution particulière qui conserve encore aujourd'hui beaucoup de ses anciennes caractéristiques.
Parmi les pâtes on distingue les culurzones (sortes de raviolis fourrés d?un mélange de pommes de terre, oignon, semoule et noix de muscade), les malloreddus (en forme de coquillages), mais aussi les pillus (sortes de nouilles).
La viande, cuite à la braise, souvent aromatisée au myrthe ou à la suie, est la reine des repas de fête : agneau, chevreau, cochon de lait, marcassin. Le pane carasau est un pain typique sarde.
[] Fromages
Le fromage de brebis (pecorino sardo) est célèbre dans le monde entier. Il est habituellement consommé avec la carta musica ou pistoccu, pain très fin en semoule de blé dur. Mais il existe d'autres fromages produits en Sardaigne, tels que la fleur Sarde, le Canestrati, ou les caprini (Ce sont les fromages de lait de chèvre).
[] Pâtisseries
Enfin les gâteaux, le plus souvent aux amandes (les amarettus ou Amaretti, les Gattò), mais aussi au miel et aux épices. On peut donner d'autres exemples comme les Pardule (petits gâteaux à base de Ricotta), les chiacchiere (sortes de bugnes), l'aranzata (gâteaux à l'orange), les sebadas (beignet au fromage et au citron) ou les Cardinali (petits gâteaux moelleux).
[] Boissons
Les vins sardes sont moins connus que ceux d'autres régions d'Italie, mais leur renommée grandit. L'eau-de-vie (de raisin et de myrthe) et la vernaccia (vin très doux avec un haut degré d'alcool) sont très courants.
Exemples de vins sardes :
- Carignano (Carignan)
- Cannonau (Grenache)
- Girò
- Monica
- Malvasia di Sardegna
- Nasco
- Nuragus
- Vernaccia di Oristano
Exemples d'autres alcools sardes :
- Le Mirto : liqueur à base de myrte, qui peut être blanche ou rouge,
- Le Villacidro (du nom d'une ville du sud) : alcool à base d'anis et de safran,
- Le Filuferru (fil de fer) : issu de la distillation de marc de raisin,
- L'Amaro Sardo : liqueur amère.
- Ichnusa : bière sarde
[] Activités économiques et ressources
On peut séparer deux types de ressources de l'île, les traditionnelles comme l'élevage, et les nouvelles telles que le tourisme. Malgré ces dernières, la Sardaigne souffre d'un fort taux de chômage[11] (environ 7 %), surtout chez les jeunes (environ 22%). « Le problème le plus important est l'emploi, en Corse comme en Sardaigne. Si cette question n'est pas résolue, il y aura toujours un mal-être et une émigration. L'intérieur des terres de la Sardaigne se dépeuple. »[12].
L'union européenne a répondu en partie à la demande sarde, en mettant en place un « régime d'aide à l'emploi »[13].
[] Tourisme
La Sardaigne est de plus en plus connue pour ses localités touristiques, telle que la « costa Smeralda » (la côte d?émeraude), la ville catalane d?Alghero, le massif montagneux de Gennargentu et ses villages, le petit port de Bosa dominé par une forteresse. Plus récemment de nombreux complexes hôteliers ont été construits dans le sud (Villasimius et Muravera dans l?est, et Santa Margherita di pula et Chia dans l?ouest). En 1994, l'archipel de la Maddalena, est classé parc national marin, avec ses 15 046 hectares de superficie marine et 180 km de côtes.
Il existe un moyen étonnant de découvrir la Sardaigne. En effet, le trenino verde (le petit train vert), est un chemin de fer à vapeur remis en marche, avec locomotives et wagons rénovés, afin de faire visiter l'île.
Ainsi le développement des infrastructures touristiques sardes, son climat, ses vestiges archéologiques (nuraghe?), en font une destination de choix, pour accueillir «environ 10 millions de touristes par an, dont 80 % en juillet-août» [14].
De nombreux objets en liège sont fabriqués tels que des cartes postales, des damiers, et autres objets de toutes sortes.
Depuis l?arrêt du Rallye Sanremo en 2003, le rallye de Sardaigne est une des épreuves du championnat du monde des rallyes.
[] Élevage
L'élevage est très implanté en Sardaigne, surtout dans les régions montagneuses, et a par conséquent une forte importance, certes économique, mais aussi sociale.
On trouve deux types d'élevage principalement pratiqués en Sardaigne. Le premier est l'élevage ovin. Le lait de brebis est apprécié et très utilisé, et la viande d'agneau est un repas de choix.
Le second est l'élevage de caprin. Le lait de chèvre est également recherché. Ainsi, le fromage est le produit le plus couramment fourni.
L'objectif des 13 000 à 15 000 éleveurs d'ovins et caprins que l'on peut recenser, est d'augmenter la production de produits à forte valeur ajoutée tels que les AOP. Dès lors, les associations d?éleveurs caprins de Nuoro et Cagliari et l?Istituto Zootecnico e Caseario per la Sardegna ont décidé de « définir des stratégies de sélection pour la chèvre sarde »[15].
Mais nous pouvons tout de même dire que «l'agroalimentaire est performant. La Sardaigne est le plus grand exportateur de fromage aux États-Unis et au Canada, même si elle connaît quelques difficultés avec la baisse du dollar.» [14]
[] Agriculture
On peut voir plusieurs types de cultures en Sardaigne, dont l'agriculture est assez diversifiée. On trouve des céréales (blé?), des fruits (agrumes, cerises?), des légumes (artichaut?), du crocus printanier pour récolter le safran, de l'olive qui est largement utilisée pour produire l'huile, du liège, de la vigne pour le vin. Cette dernière production date de fort longtemps en Sardaigne, car déjà présente à l'âge nuragique. La production d'olives en revanche n'a été introduite en Sardaigne qu'à partir du XVIe siècle.
La saliculture et bien sûr les ports de pêche, sont également des cultures présentes sur l'île. Cependant cette dernière activité est relativement marginale pour des raisons historiques. On peut cependant noter une exception pour la pêche de l'anguille pêchée depuis l?Antiquité.
[] L?exploitation minière
La Sardaigne possède de nombreuses mines, dispersées sur toute l'île. Cependant, la zone géographique ayant le plus de ressources minières est le sud-ouest. Le travail minier dans l'île date de temps très éloignés (6000 av. J.-C.), et grâce à ces nombreuses ressources minières, notées dans la partie historique, la Sardaigne a pu se développer en attirant commerçants et envahisseurs.
| Minerais de fer | Minerais de Calcium | Autres |
|---|---|---|
Mais on trouve également des productions d'argent, de charbon et de zinc.
Alors que depuis la domination romaine la production minière était très importante en Sardaigne, la production d'aluminium, de charbon et de plomb a chuté. « Dans les années 1960, un premier plan de développement économique de la Sardaigne a été mis en place, fondé sur la monoculture industrielle : la chimie. Quand la chimie s'est écroulée pour des raisons mondiales, il y a eu une crise de désindustrialisation en Sardaigne, amplifiée par la baisse d'activité dans l'aluminium et les mines de charbon et de plomb. Sur les quatre pôles chimiques historiques, deux existent encore. Aujourd'hui, nous cherchons à dépasser cette phase de désindustrialisation, en passant à un système productif plus flexible. »[16].
Aujourd'hui, cette activité est donc réduite, mais la découverte européenne d'une nouvelle technique, a permis l'ouverture en 1997 d'une mine d'or, minerai qui n'était pas jusque là exploité sur l'île.[17]
[] Services
La Sardaigne commence à rattraper son retard dans le domaine, ses progrès étant symbolisés par le fournisseur d'accès internet Tiscali, créé localement.
[] Industrie
L'industrie sarde n'est pas très développée, mais on peut observer tout de même une
Revue de presse Sardaigne
