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Pogrom

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Raul Hilberg définit le progrom comme une brève explosion de violence d'une communauté contre un groupe juif qui vit au milieu d'elle même[1]. De fait, le mot pogrom vient du russe ?????? que l'on peut traduire par attaque ou émeute). Il désigne les actions violentes préméditées, menées à l'instigation des tsars par sa police, avec l'aide de populations locales contre les communautés Juives d'Europe. Les pogroms sont parfois menés contre d'autres minorités ethniques, comme les Tziganes. Ces actions s'accompagnent souvent de pillages mais aussi de destructions des biens personnels et communautaires et d'assassinats. Il a aussi existé des pogroms au Moyen-Orient.

Sommaire

[] Les premiers pogroms

C'est à partir du XIXe siècle que le terme de pogrom est utilisé, mais les actions menées contre les Juifs étaient bien antérieures puisqu'on en relève à Mayence en 1096, à Berne en 1294, à Prague en 1389, à Valladolid en 1391.

Lors du soulèvement des Cosaques Zaporogues et de la population ruthène entre 1648 et 1654, conduit par Bogdan Khmelnitski, contre la noblesse polonaise, de nombreux pogroms secouèrent l'Ukraine. Ce fut également le cas lors de l'invasion de la République des Deux Nations entre 1654 et 1656 par les armées tsaristes.

Les premières violences désignées comme des pogroms se déroulèrent à Odessa en 1821, 1859 et 1871. C'est surtout après l'assassinat du tsar Alexandre II dont les Juifs sont accusés, que les violences se déchainent en 1881-1882, dans plus d'une centaine de localités, essentiellement en Ukraine, alors partie intégrante de l'empire tsariste. Le nouveau tsar, Alexandre III, approuve les massacres et mène une politique anti-sémite dont les pogroms deviennent une des composantes, y compris chez son successeur jusqu'à la révolution de 1917. Les populations locales chrétiennes, soutenues et souvent incitées par la police du tsar, attaquent les communautés juives de la ville ou du village avec l'approbation des autorités civiles et religieuses. Aux destructions et pillages des biens des Juifs s'ajoutaient les viols et les assassinats.

Les pogroms ont une double conséquence : l'émigration massive de 600 000 Juifs au cours des vingt dernières années du XIXe siècle, vers les États-Unis essentiellement, et la création du mouvement sioniste.

Après la Révolution russe d'octobre 1917, les Juifs de Russie ont continué à être persécutés par les tsaristes et on compte des milliers de victimes de pogroms pendant la guerre civile de 1918 à 1920, en particulier des Juifs d'Ukraine et de Pologne orientale, certains les accusant d'être à l'origine du bolchévisme, donc de la Révolution d'Octobre et parlent alors de Judéo-bolchévisme.

La montée des idées nationalistes et racistes entre les deux guerres mondiales, en particulier en Allemagne dans les années 1930, attise les tensions envers les communautés Juives. Le Parti nazi au pouvoir, conduit par Adolf Hitler, va institutionnaliser les pogroms et autres actes de violences anti-sémites désordonnés et mettre en ?uvre des actes de plus grande envergure. Ce sera le cas lors du pogrom du 9 novembre 1938, nommé « Nuit de cristal ».

[] Les pogroms pendant la seconde guerre mondiale

Durant la Seconde Guerre mondiale, dans le cadre de la Shoah, les nazis favorisent les pogroms en Union Soviétique. Les raisons qui poussent les Einsatzgruppen sont de plusieurs ordres. Les Einsatzgruppen ont reçu l'ordre de massacrer les populations juives d'Union Soviétique dans le cadre des opérations mobiles de tuerie accompagnant l'invasion de l'URSS. Pour eux, chaque Juif tué dans un pogrom est un Juif en moins à exécuter par leurs soins. Les Einsatzgruppen engagent ainsi leur responsabilité[2]. L'armée allemande étant défavorable aux massacres . De plus les Einsatzgruppen souhaitent que les populations locales prennent part aux pogroms pour des raisons de maintien de l'ordre, les pogroms sont perpétués dans les zones où l'armée allemande n'avait pas encore établi son autorité.
Les premiers pogroms ont lieu en Lituanie. Dès les premiers jours de l'attaque allemande, des groupes armés anti-communistes lituaniens, dirigés par Klimaitis, entrent en action contre l'arrière-garde communiste en pleine déroute[3]. La police de sécurité allemande (SD) persuade alors Klimaitis de retourner ses troupes contre les Juifs. Le pogrom de Kaunas, alors capitale de la Lituanie, fait 3800 victimes. 1200 autres sont tués dans des localités environantes. En Lettonie, le progrom de Riga fait 400 victimes. L'Einsatzgruppe filme les pogroms à des fins de propagande. Après la dispersion des anti-communistes, les pays Baltes ne connaissent plus d'autres pogroms[4].

En Galicie, à Lwow, en représailles à la déportation d'Ukrainiens par les Soviétiques, plus de 1000 juifs sont livrés à la SD. A Tarnopol, après la découverte de 3 cadavres allemands dans les prisons, 70 juifs sont tués à la dynamite par les Ukrainiens. Un peu plus à l'Est à Kremenets, en représailles à l'exécution de 150 Ukrainiens par les Soviétiques, 130 Juifs sont battus à mort par la population locale. Raul Hilberg précise que malgré leurs violences, les pogroms de Galicie n'ont pas fait autant de victimes que les Allemands le souhaitaient[5].
En fait, il convient de remarquer que la violence est à chaque fois inspirée voire organisée par les Einsatzgruppen. Elle intervient toujours peu après leur arrivée. Elle ne s'étale pas dans la durée. De plus, les pogroms ont presque tous eu lieu dans les zones annexées par l'URSS en 1939 et 1940[6].

Le 1er juin 1941 eut lieu le Farhoud, pogrom contre les Juifs de Bagdad qui a entraîné 200 morts et 2000 blessés et lors duquel 900 maisons juives ont été détruites.

[] Depuis 1945

En 1946, un pogrom éclatait à Kielce en Pologne. Les habitants attaquèrent les juifs après que de fausses rumeurs s'étaient répandues selon lesquelles les juifs avaient enlevé un enfant chrétien pour utiliser son sang. Quarante-deux Juifs furent tués et environ cinquante blessés.

Le pogrom de Kielce fut l'un des facteurs qui provoquèrent l'émigration massive de centaines de milliers de juifs survivants de la Shoah. Connu sous le nom de Berihah, ce mouvement conduisit les Juifs de Pologne et d'autres pays d'Europe de l'Est vers les camps pour personnes déplacées en Allemagne, en Autriche et en Italie.

[] Voir aussi

[] Bibliographie

  • Léon Poliakov : Histoire de l'Antisémitisme, Seuil, coll. Points, 1991
  • Raul Hilberg, La destruction des Juifs d'Europe, Tome 1, Foliohistoire, 2006,
  • Renée Neher-Bernheim : Histoire du Peuple Juif De la Renaissance à nos jours, Klincksieck, 4 vol., 1960 sq.

[] Liens internes

[] Notes et références

  1. ? Raul Hilberg, La destruction des Juifs d'Europe, Tome 1, Foliohistoire, 2006, p 553
  2. ? Raul Hilberg, T. 1, p 554
  3. ? Raul Hilberg, T. 1, p 555
  4. ? Raul Hilberg, T. 1, p 556
  5. ? Raul Hilberg, T. 1, p 557
  6. ? Raul Hilberg, T. 1, p 558
 

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La source est wikipedia http://fr.wikipedia.org/wiki/ Pogrom
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