DBB
Un article de Wikip√?¬©dia, l'encyclop√?¬©die libre.
Aller √?¬† : Navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour l√ʬ?¬?article homonyme, voir Plaisir (Yvelines)

Le plaisir est chez l'√?¬™tre vivant une sensation agr√?¬©able et recherch√?¬©e. √?¬? l√ʬ?¬?autre extr√?¬©mit√?¬© du continuum de satisfaction, √?¬† moins qu'il ne s'agisse d'une autre √?¬©chelle ind√?¬©pendante existe le d√?¬©plaisir (malaise, m√?¬©contentement, d√?¬©sagr√?¬©ment√ʬ?¬¶). Le plaisir a un grand nombre de termes plus ou moins synonymes (contentement, volupt√?¬©, satisfaction, d√?¬©lices, r√?¬©gal, jubilation√ʬ?¬¶) qui d√?¬©signent des vari√?¬©t√?¬©s plus ou moins subtiles de l√ʬ?¬?exp√?¬©rience.

Le concept de plaisir est employ√?¬© en philosophie et en psychologie, souvent associ√?¬© √?¬† un qualificatif : plaisir sexuel, alimentaire, intellectuel, professionnel, parental, moral, civique (ou du devoir accompli), etc.

Dans le bouddhisme, le plaisir est consid√?¬©r√?¬© comme sensation physique ; il est √?¬©galement au nombre des vingt-deux facult√?¬©s √?¬©num√?¬©r√?¬©es par cette ob√?¬©dience.

Physiologie du plaisir | modifier le code

En 1952, James Olds et Peter Milner, coll√?¬®gues de Jos√?¬© Delgado, d√?¬©couvrent par hasard, chez des rats, les premi√?¬®res r√?¬©gions c√?¬©r√?¬©brales dont la stimulation procure des effets ext√?¬©rieurs similaires √?¬† l'orgasme. Plusieurs travaux ont permis de cerner par la suite les centres c√?¬©r√?¬©braux du plaisir, comme √?¬©tant repr√?¬©sent√?¬©s par le complexe Hypothalamus lat√?¬©ral - Amygdales baso-lat√?¬©rales - R√?¬©gion septale. Le cervelet, le cortex frontal et les pointes ant√?¬©rieures des lobes temporaux prennent √?¬©galement part √?¬† la sensation de plaisir.

Chez l'homme, l'activation artificielle de ces aires c√?¬©r√?¬©brales peut se traduire par la sensation de plaisir, mais elle est d√?¬©crite comme une sensation √?¬ę d'aller vers l'orgasme sans jamais l'atteindre √?¬Ľr√?¬©f. souhait√?¬©e].

Philosophie du plaisir | modifier le code

√?¬?picure | modifier le code

√?¬?picure est l'un des premiers penseurs du plaisir. Il constate que nous nommons en fait √?¬ę plaisir √?¬Ľ ce que nous recherchons dans la vie, et qu'il s'agit donc d'une classification post√?¬©rieure √?¬† l'exp√?¬©rience (id√?¬©e que reprendra Hume) : nous recherchons les plaisirs, mais simplement parce que nous nommons plaisir ce que nous recherchons. L'√?¬©picurisme se distingue de l'h√?¬©donisme. Le premier rend compte de la condition humaine - mort, pouvoir des Dieux antiques, impuissance de l'homme sur certaines choses comme la gloire et la richesse - tout en montrant que le plaisir √?¬©tant n√?¬©cessaire au bonheur1 :

√?¬ę Justement parce qu√ʬ?¬?il est le bien premier et n√?¬© avec notre nature, nous ne bondissons pas sur n√ʬ?¬?importe quel plaisir : il existe beaucoup de plaisirs auxquels nous ne nous arr√?¬™tons pas, lorsqu√ʬ?¬?ils impliquent pour nous une avalanche de difficult√?¬©s √?¬Ľ

√ʬ?¬? Lettre √?¬† M√?¬©n√?¬©c√?¬©e

Il faut en faire le but de l'existence :

√?¬ę Voil√?¬† pourquoi nous disons que le plaisir est le principe et le but de la vie bienheureuse. C√ʬ?¬?est lui que nous avons reconnu comme bien premier et cong√?¬©nital √?¬Ľ

√ʬ?¬? Lettre √?¬† M√?¬©n√?¬©c√?¬©e

Il pr√?¬īne ainsi une vie d'autosuffisance, pr√?¬©figurant √?¬©galement le sto√?¬Įcisme :

√?¬ę Ainsi, nous consid√?¬©rons l√ʬ?¬?autosuffisance comme un grand bien : non pour satisfaire √?¬† une obsession gratuite de frugalit√?¬©, mais pour que le minimum, au cas o√?¬Ļ la profusion ferait d√?¬©faut, nous satisfasse √?¬Ľ

√ʬ?¬? Lettre √?¬† M√?¬©n√?¬©c√?¬©e

Khayyam | modifier le code

Omar Khayyam, math√?¬©maticien et astronome de premier plan, abandonna tous ses travaux pour se consacrer √?¬† la po√?¬©sie, au vin et √?¬† la compagnie des jeunes femmes. Dans ses fameux quatrains, il s'indigne que Dieu semble par ses textes religieux donner √?¬† l'homme des ordres tout en implantant en lui des d√?¬©sirs qui sont autant d'ordres contraires.

Sade | modifier le code

Donatien Alphonse Fran√?¬ßois de Sade, libertin, montre que le plaisir se doit d'√?¬™tre au centre de toutes les activit√?¬©s humaines car c'est ce que la Nature a mis √?¬† la disposition de l'homme pour qu'il acc√?¬®de au bonheur - que cela contrarie les valeurs de la soci√?¬©t√?¬© ou non. Ce positionnement lui permet de "justifier" l'homicide, l'adult√?¬®re, l'inceste et de nombreux actes interdits en Occident et ailleurs pour assurer le bon fonctionnement de la soci√?¬©t√?¬©.

√?¬ę Ah! renoncez aux vertus, Eug√?¬©nie! Est-il un seul des sacrifices qu'on puisse faire √?¬† ces fausses divinit√?¬©s, qui vaille une minute des plaisirs que l'on go√?¬Ľte en les outrageant? Va, la vertu n'est qu'une chim√?¬®re, dont le culte ne consiste qu'en des immolations perp√?¬©tuelles, qu'en des r√?¬©voltes sans nombre contre les inspirations du temp√?¬©rament. De tels mouvements peuvent-ils √?¬™tre naturels? La nature conseille-t-elle ce qui l'outrage? Ne sois pas la dupe, Eug√?¬©nie, de ces femmes que tu entends nommer vertueuses. Ce ne sont pas, si tu veux, les m√?¬™mes passions que nous qu'elles servent, mais elles en ont d'autres, et souvent bien plus m√?¬©prisables√ʬ?¬¶ C'est l'ambition, c'est l'orgueil, ce sont des int√?¬©r√?¬™ts particuliers, souvent encore la froideur seule d'un temp√?¬©rament qui ne leur conseille rien. Devons-nous quelque chose √?¬† de pareils √?¬™tres, je le demande ? N'ont-elles pas suivi les uniques impressions de l'amour de soi? Est-il donc meilleur, plus sage, plus √?¬† propos de sacrifier √?¬† l'√?¬©go√?¬Įsme qu'aux passions? Pour moi, je crois que l'un vaut bien l'autre; et qui n'√?¬©coute que cette derni√?¬®re voix a bien plus de raison sans doute, puisqu'elle est seule organe de la nature, tandis que l'autre n'est que celle de la sottise et du pr√?¬©jug√?¬©. √?¬Ľ

√ʬ?¬? Sade, Philosophie dans le boudoir

Nietzsche | modifier le code

La position de Nietzsche, tr√?¬®s inspir√?¬©e aussi d'√?¬?picure - c'est en soi qu'il faut trouver les sources du bonheur - incite cependant √?¬† trouver davantage le bonheur dans la volont√?¬© de puissance sur soi-m√?¬™me et sur le monde que dans le pouvoir d'ennuyer impun√?¬©ment autrui.

Barthes | modifier le code

Dans son essai Sade, Fourier, Loyola (1971), le s√?¬©miologue Roland Barthes compare trois approches aussi diff√?¬©rentes qu'il se peut du plaisir - ou, si l'on pr√?¬©f√?¬®re - de la motivation, √?¬† travers trois exemples historiques. Il fait remarquer que ce sont tous trois des inventeurs d'√?¬©criture et que tous trois structurent leur personnalit√?¬© √?¬† travers cette langue et l'univers sous-jacent qu'elle sugg√?¬®re, qui donne un sens fort √?¬† leur vie, et donc rejoint la question moderne de l'identit√?¬©.

Citation | modifier le code

√?¬ę Le plaisir extr√?¬™me est proche de la douleur √?¬Ľ

√ʬ?¬? Paul Val√?¬©ry

Notes et r√?¬©f√?¬©rences | modifier le code

  1. √ʬ?¬? Voir cependant Ataraxie, Nirv√?¬Āna√ʬ?¬¶

Voir aussi | modifier le code

Liens externes | modifier le code

L'orgasme sur commande, R√?¬©cit de l'exp√?¬©rience de Olds et Milner sur les centres c√?¬©r√?¬©braux du plaisir