No Doubt / Pierre Jean Jouve
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Pierre Jean Jouve

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Pierre Jean Jouve (né à Arras le 11 octobre 1887, mort à Paris le 7 janvier 1976) est un écrivain, poète, romancier et critique français.

Sommaire

[] Pierre Jean Jouve, un panorama

[] Reniements

  • Pierre Jean Jouve a renié toute son ?uvre publiée avant 1925, année où il fait débuter sa "vita nuova". Il est traditionnel d'être allusif sur sa vie antérieure et de ne commenter que son oeuvre postérieure à cette date où il publie les poèmes de Mystérieuses Noces et le roman Paulina 1880 (quatre voix au prix Goncourt). C'est ce qu'il a fait lui-même dans En Miroir, son "Journal sans date" de 1954 où il ne décèle de sa vie que certaines grandes lignes soigneusement choisies. C'est aussi ce qui a été fait dans des ouvrages de référence, souvent écrits par des amis du poète, comme René Micha[1] ou Robert Kopp[2]. Cependant la biographie de Daniel Leuwers[3] et les notes et commentaires de Jean Starobinski pour son édition de ?uvre[4], ont révélé des pans méconnus de sa vie et l'importance de sa première ?uvre pour sa formation et son évolution. La récente biographie de Béatrice Bonhomme[5] a apporté un nouvel éclairage sur la "crise" de Jouve entre 1921 et 1927. Cette crise a profondément marqué sa vie et orienté son écriture. Comme Jouve a mis beaucoup de sa vie dans ses romans et ses poèmes, en transformant profondément les données biographiques, la connaissance de son parcours est une clef de lecture sans doute plus nécessaire pour cet écrivain que pour bien d'autres.
  • On peut aussi considérer que la réédition de ses romans et de ses poèmes, avec peu de modifications mais beaucoup de coupures, que Jouve a effectuée de 1959 à 1968, est une nouvelle réécriture de sa vie et de son ?uvre.

[] Plusieurs vies

  • Pierre Jean Jouve a eu plusieurs vies. Jouve pourrait être considéré comme un des écrivains de l'unanimisme, ce mouvement créé par Jules Romains, ou de l'Abbaye de Créteil (Groupe de l'Abbaye). Ou comme un membre actif du mouvement pacifiste animé par Romain Rolland pendant la Première Guerre mondiale.
  • Grâce à sa seconde épouse, la psychanalyste Blanche Reverchon, traductrice de Freud (1923) et amie de Jacques Lacan, il fut l'un des premiers écrivains à affronter la psychanalyse et à montrer l'importance de l'inconscient dans la création artistique, et cela dès le milieu des années 1920, avec ses poèmes de Noces (1925-1931), de Sueur de Sang (1933-1935) et de Matière céleste (1937), ou avec des romans, Hécate (1928), Vagadu (1931) et La Scène capitale (1935). Il montra aussi l'enrichissement que la lecture des grands mystiques, Thérèse d'Avila, Catherine de Sienne, Jean de la Croix, François d'Assise, peut apporter à l'écriture poétique. À ces mystiques il associa étroitement des poètes précurseurs, Nerval, Baudelaire, Mallarmé.
  • Ce fut aussi, dès 1938 et pendant son exil en Suisse, un important acteur de la résistance intellectuelle contre le nazisme, avec ses poèmes apocalyptiques de Gloire et de La Vierge de Paris.
  • Ses essais sur l'art et sur la musique ont été illustrés pendant la guerre par un important Don Juan de Mozart (1942, avec l'aide du musicien Fernand Drogoul) et ensuite par un essai sur Wozzeck d'Alban Berg (écrit avec le compositeur Michel Fano, 1953).
  • Après guerre, son art rencontra ceux de Saint-John Perse et de Victor Segalen, et il émigra vers sa "Chine intérieure" (selon la formule de Béatrice Bonhomme).

[] Artistes et écrivains

[] Mythes féminins

  • Surtout, Pierre Jean Jouve a créé de puissants mythes féminins qui ont renouvelé les figures de l?amour dans la littérature : Paulina, Baladine (du Monde désert, 1927), Catherine Crachat (l'héroïne d' Hécate, 1928 et de Vagadu, 1931), et tout particulièrement Lisbé et Hélène (La Scène capitale et Matière céleste), enfin Yanick, la chaste prostituée (En Miroir).

[] Ruptures

  • Enfin, Pierre Jean Jouve est l'homme des ruptures, d'avec son père (puis d'avec son fils) ; d'avec sa première épouse Andrée, grande militante de mouvements féministes et pacifistes ; d'avec ses amis pacifistes (Romain Rolland, Georges Duhamel, Charles Vildrac, Frans Masereel) qui au moment de la rupture créaient la revue Europe (1923), toujours vivante ; d'avec ses amis artistes (même Joseph Sima en 1954) ; d?avec ses éditeurs, Jean Paulhan et Gaston Gallimard (en 1945). Et donc d'avec sa première ?uvre.

[] Les vies et les ?uvres de Pierre Jean Jouve

[] De 1905 à 1921 : La première vie de Pierre Jean Jouve : symbolisme, unanimisme, pacifisme

(à compléter)

[] De 1921 à 1927 (la crise de) : Ruptures, la rencontre avec Blanche Reverchon, la psychanalyse, les mystiques et Baudelaire.

  • En 1921, Pierre Jean Jouve rencontre Blanche Reverchon, alors psychiatre à Genèves où elle fréquente les milieux féministes et pacifistes. Leur « entente passionnée » conduira Jouve à divorcer d'avec Andrée Charpentier-Jouve, à découvrir la psychanalyse freudienne (Blanche a rencontré Freud), à lire les grands mystiques et à relire les grands poètes symbolistes. Il « surveille » en 1923 la traduction que Blanche fait des Trois essais sur la théorie de la sexualité[7]. Ses poèmes publiés en 1921-1922 (Toscanes, Voyage sentimental) se souviennent de son inspiration passée (veine compassionnelle) et sont souvent explicitement autobiographiques. En 1923-1924, il dirige une collection de poésie chez Stock où il publie des traductions (de Rudyard Kipling, de Rabindranath Tagore) et son dernier recueil « manqué », Prière.
  • A partir de 1925, c'est une période d'intense création (premiers grands poèmes de Noces, parution de Paulina 1880 et du Monde désert) mais aussi de profonde crise morale et psychologique d'où il semble sortir en 1927. Quand il publie Noces en 1928, il précise dans une postface célèbre qu'il renie toute son ?uvre antérieure à 1925. Il a divorcé (en 1925), il a rompu avec ses amis pacifistes (Romain Rolland, Frans Masereel, Georges Duhamel, Charles Vildrac, il interdit toute réédition de son « premier ouvrage ». Une « vita nuova » commence.

[] De 1925 à 1937, Vita Nuova : une création littéraire prodigieuse

  • La production littéraire de Jouve entre 1925 et 1937 est exceptionnelle, et un signe ne trompe pas : presque tous les livres de cette période ont été réédités dans des collections de poche (Folio, L?Imaginaire, Poésie/Gallimard).
  • Sa "vita nuova" débute en 1925 avec une plaquette de poèmes, Mystérieuses Noces et un roman qui trouve rapidement un grand public, Paulina 1880. Jusqu'en 1937, année de la parution de Matière céleste, Jouve publie en parallèle des romans et des poèmes.
  • Comme l'a souligné un récent Cahier Pierre Jean Jouve[8] la référence psychanalytique est au c?ur de la modernité de l'écrivain : dans ses grands textes, Jouve a su faire parler son inconscient dans les images et la musique de sa poésie et de sa prose, et parallèlement il a su mettre en résonnance l'inconscient de son lecteur pour que celui-ci sente et comprenne ce qui pourrait passer pour indicible et difficile à transmettre.

[] Les Romans, de Paulina 1880 à La scène capitale

  • On peut présenter les romans de Jouve en trois diptyques. Le premier comprend Paulina 1880 (1925) et Le Monde désert (1927).
    • On peut résumer schématiquement Paulina 1880 comme une « chronique italienne » qui mêle amour charnel et amour mystique, jouissance et pulsion de mort : la belle et passionnée Paulina connaît successivement la détestation de sa famille, la fascination pour les images religieuses sanglantes, un amour charnel passionné, et adultère, pour le comte Michele, puis une grande expérience mystique dans un couvent où elle finit par faire scandale. Revenue à la vie laïque, elle retrouve le comte Michele veuf, donc libre. Sa passion amoureuse refuse un mariage. Elle tue Michele pendant son sommeil et tente de se suicider. Son suicide échoue. Paulina connaît la prison et elle découvre enfin la sérénité en menant pauvrement la vie d?une paysanne. Ce résumé ne donne pas le ton du livre : vif et passionné, ironique et torturé, mêlant avec bonheur amour humain et amour divin. Paulina 1880 a été adapté au cinéma en 1972 par Jean-Louis Bertucelli et en opéra de chambre en 1983 par Claude Prey sous le titre Paulina ou la chambre bleue.
    • Le souvenir de Paulina réapparaît dans Le Monde désert de 1927 qui traite des difficiles relations entre la vie amoureuse et la création artistique chez trois personnages : Jacques de Todi, homosexuel qui a peut-être une vocation de peintre (son modèle, fils d?un pasteur genevois, s?est réellement suicidé), Luc Pascal, le poète maudit, et la mystérieuse Baladine qui aide les hommes qu?elle aime à se révéler, mais qui ne les protège pas de la mort physique ou symbolique. Le roman se lit à deux niveaux : la vie visible de ses personnages se distingue de leur vie intérieure à laquelle le romancier nous rend très sensible. Le Monde désert a été adapté en téléfilm par Pierre Beuchot et Jean-Pierre Kremer en 1985.
  • Le second diptyque, Aventure de Catherine Crachat constitue une transition :
    • Il débute par Hécate (1928) qui conte l?histoire d?une star de cinéma, Catherine Crachat, qui cherche son destin entre différents hommes et différentes femmes. On retient surtout la figure de Pierre Indemini, mathématicien, peintre et poète, et celle de la baronne Fanny Felicitas Hohenstein, la « femme fatale ». Comme la déesse lunaire à laquelle elle est comparée, Catherine conduit à la mort ceux et celles qu?elle aime. Le roman peut aussi être lue comme une percutante chronique de la vie dans les milieux intellectuels, mondains, artistiques et féministes des années vingt en Europe.
    • Le second volet de ce qui est devenu Aventure de Catherine Crachat (ce titre collectif est postérieur à la guerre) est Vagadu (1931) : moins qu?un roman, c?est une extraordinaire succession de scènes oniriques rêvées par Catherine lors du transfert qu?elle vit avec son psychiatre, le "Docteur Leuven" (où on peut reconnaître Rudolph Loewenstein, le célèbre psychiatre de Blanche Reverchon et Jacques Lacan et ami de Marie Bonaparte) : ce roman exploite explicitement la "matière psychanalytique" comme aucun roman ne l?avait fait auparavant. En 1990 Hécate et Vagadu ont été adaptés au cinéma par Pierre Beuchot sous le titre Aventure de Catherine C, avec Fanny Ardant, Hanna Schygulla et Robin Renucci.
  • En fait Vagadu inaugure un nouveau type d?écriture romanesque qu'on va retrouver dans le dernier diptyque : Jouve y exploite son savoir psychanalytique venue de son épouse Blanche Reverchon en le fécondant avec sa propre inventivité venue de sa vie intérieure, spirituelle et onirique.
    • On retrouve d'abord cette inspiration mettant en scène des personnages aux prises avec leurs névroses et leurs pulsions dans les nouvelles des Histoires sanglantes de 1932. Le recueil débute par une variation sur le thème de Wozzeck que Jouve avait connu à travers la suite tirée de l?opéra d?Alban Berg.
    • On peut également lire de la même façon les deux longs récits qui composent La Scène capitale de 1935 : La victime, récit dédié à Balthus qui en fit un tableau, et Dans les années profondes. Ce court roman mêle une riche matière oniriques avec un récit initiatique sur la quête de la création artistique à travers un épisode amoureux qui associe étroitement la découverte de la vie sensuelle avec celle de la mort. Dans les années profondes bénéficie d'une langue somptueuse qui déroule de riches images et il est souvent considéré comme un des plus beaux textes romanesques du vingtième siècle.

Après la guerre, Jouve regroupera Histoires sanglantes et La Scène capitale en un seul volume, d'abord sous le titre Histoires sanglantes puis sous le titre La Scène capitale. Le récit Dans les années profondes marque la fin officielle de l'?uvre romanesque en prose de Pierre Jean Jouve.

  • Le premier roman de Pierre Jean Jouve est en réalité La Rencontre dans le carrefour de 1911, mais Jouve l'a renié comme toute son ?uvre d'avant 1925 ; ce roman fait cependant retour dans En miroir (1954) avec le personnage de Lisbé ; ce roman était admiré par Paul Éluard. Le conte Beau Regard de 1927, nouvelle variation sur des poèmes de 1922 (Voyage sentimental) et richement illustré par son ami, l'artiste tchèque Joseph Sima, a ensuite été renié : Jouve y mettait en scène trop explicitement son histoire d'amour avec Blanche Reverchon pendant son séjour à Salzbourg chez Stefan Zweig en 1921.

[] Les Poèmes, de Mystérieuses noces à Matière céleste

Les poèmes publiés par Jouve dans la période 1925-1937 représentent un des plus hauts sommets de la poésie française du vingtième siècle. Leur publication est complexe, car ces poèmes sont souvent publiés en revues et de de façon partielle, c'est-à-dire en plaquettes ou en minces volumes, puis regroupés en volumes collectifs. Certains de ces recueils contiennent des textes théoriques historiquement très importants (la postface des Noces, l'Avant-Propos de Sueur de Sang, la préface de la seconde édition du Paradis perdu), tous réédités en 1950 dans Commentaires. On peut distinguer deux périodes.

  • De 1925 à 1931, Jouve relit les écrivains symbolistes (au premier rang : Baudelaire), il découvre les mystiques (Thérèse d'Avila, Jean de la Croix, François d'Assise, Catherine de Sienne), et il traduit les poèmes de la folie de Hoelderlin : il trouve chez ces poètes les mots et les images qui vont lui permettre d'écrire ce qu'il ressentait depuis toujours. Cette inspiration traverse Les Noces et Le Paradis perdu qu'il faudrait lire en parallèle aux romans Paulina 1880 et Le Monde désert :
    • Les Noces, 1925-1931. La « Vita nuova » a commencé par la publication de la plaquette Mystérieuses Noces en 1925 (chez Stock) qui a été suivie par Nouvelles Noces en 1926 (chez Gallimard). Le premier recueil Noces en 1928 (au Sans Pareil), reprend les deux plaquettes précédentes et annonce dans une importante Postface sa rupture avec son ?uvre antérieure à 1925: " (...) surtout pour le principe de la poésie, le poète est obligé de renier son premier ouvrage. Paris, février 1928." En 1930 paraît Symphonie à Dieu avec une gravure de Joseph Sima. En 1931 Jouve regroupe toutes ces publications dans un volume collectif chez Gallimard, Les Noces.
    • Le Paradis perdu, 1929-1938. En parallèle aux Noces, Jouve écrit et publie Le Paradis perdu en 1929 (chez Grasset). Le poète souhaitait que ce livre soit illustré par des gravures de Joseph Sima, ce qui sera fait en 1938 seulement, chez GLM. Cette deuxième édition est augmentée d'une préface-manifeste, La Faute.
  • De 1933 à 1937, la poésie de Jouve devient profondément originale : grâce à son compagnonnage avec la psychanalyste Blanche Reverchon, il a une connaissance directe de la pensée freudienne : il sait que ses « imaginations » viennent de son inconscient. Aidé par son passage par Baudelaire et par les mystiques, il va trouver une forme poétique nouvelle et puissante, emplie de heurts et de ruptures, pour dire ce qu'il voit, ce qu'il sent et ce qu'il entend, car chez Jouve les images et la musique des mots sont en accord profond :
    • Sueur de Sang, 1933-1935. Avec l'avant-propos « Inconscient, Spiritualité et Catastrophe », ce recueil a connu trois éditions successives, fortement augmentées à chaque fois (1933 et 1934 aux Cahiers libres, et 1935 chez Gallimard).
    • Matière céleste, 1936-1937. En 1936, Jouve publie deux plaquettes partielles chez GLM, Hélène et Urne (avec un dessin de Balthus) qui seront reprises et complétées par trois autres sections (Nada, Matière céleste et Récitatif) dans Matière céleste en 1937 chez Gallimard.

De 1963 à 1967 Jouve rééditera toutes ses ?uvres poétiques (Mercure de France). Il les a (coupures parfois importantes dans Les Noces, Sueur de sang et Matière céleste). Ce sont ces versions qu'on trouve aujourd'hui en livres de poche (Poésie/Gallimard). Dans son édition de ?uvre en 1987 (Mercure de France), Jean Starobinski donne en notes les "textes retranchés".

[] De 1938 à 1946 : L?annonce de la Catastrophe, la poésie résistante apocalyptique contre le nazisme, Baudelaire, la Musique

  • Dès le début des années 30, Pierre Jean Jouve a senti la montée des périls en Europe, sans doute parce qu'il connaissait bien l'Italie et Salzbourg : il était l'ami de Bruno Walter et d'Arturo Toscanini, et il a vu l'arrivée des nazis dans la cité de Mozart. Si la nouvelle édition du Paradis perdu avec des gravures de Joseph Sima est l'aboutissement d'un travail de 10 ans, sa nouvelle préface La Faute reprend la thématique de l'Avant-Propos de Sueur de Sang : la pulsion de mort, que Jouve a découverte chez les individus grâce à sa lecture de Freud (importance du rôle de son épouse Blanche Reverchon dans cette aventure), est élargie à la destinée tragiques des peuples. Cette thématique qui mêle aventure existentielle et spirituelle avec une vision apocalyptique de l'histoire de l'Europe se retrouve dans le quatrième grand recueil de poèmes, Kyrie (Gallimard, 1938). Les poèmes introspectifs de la section "Kyrie" y voisinent avec les poèmes visionnaires des "Quatre cavaliers".
  • Ses prises de position politique se retrouvent aussi bien dans ses chroniques musicales ? voir dans l'article Le dernier concert de la Paix (NRF, décembre 1939) l'affrontement d'Arturo Toscanini contre Wilhelm Furtwaengler accusé de faire carrière en dirigeant Beethoven devant un "public spécial" ? que dans des poèmes ouvertement anti-hitlériens : "L'Ode au Peuple" (chez GLM, mars 1939) sera intégrée dans le triptyque "A la France 1939" publiée par Jean Paulhan en ouverture de la N.R.F. du 1er février 1940.
  • En 1940, Jouve fuit Paris (c'est l'exode). Il entend l'Appel du 18 Juin du Général De Gaulle, vit quelques mois dans le sud de la France (Dieulefit), puis c'est l'exil en Suisse où il restera toute la guerre. Il y participera activement aux publications suisses (Cahiers du Rhône, "Le Cri de la France" de la L.U.F.) qui défendent la culture française résistant à l'oppression du régime de Vichy et à l'occupation allemande : son Défense et Illustration de 1943 "défend et illustre" des artistes révolutionnaires français, de Delacroix à Courbet. Un recueil de poèmes comme Gloire est engagé sur un chemin spirituel et sur un terrain politique.
  • Gloire (Hors commerce, Dijon,1940 et Fontaine, Alger, 1942) : les grands poèmes de Gloire sont à l'origine de la considération de Jouve par ses contemporains comme "témoin" et "prophète" annonçant la guerre. En 1947, Jean Paulhan et Dominique Aury ont écrit : "Ses poèmes Kyrie, Résurrection des Morts et À la France ont laissé pressentir la catastrophe". Ses sections, Tancrède, Résurrection des Morts, La Chute du Ciel et Catacombes, ont été écrites juste avant ou juste au début de la seconde guerre mondiale.
  • La Vierge de Paris (LUF, Paris, 1946): La Vierge de Paris de 1946 est une cathédrale dont les chapelles (les sections) reprennent les précédents recueils publiés un peu avant la guerre, comme certaines parties de Gloire, puis pendant la guerre : Porche à la Nuit des Saints (1941), Vers majeurs (1942) et La Vierge de Paris, plaquette de 1944 dont le volume de 1946 reprend le titre. Le recueil associe des poèmes sur la réflexion mystique de Jouve (thème du "Nada"), sur ses relations avec les figures féminines et sur la pulsion de mort. Celle-ci est à l'?uvre dans le désastre collectif qu'est la guerre engagée par le nazisme : "Ces poèmes conçus et écrits pendant le temps d'apocalypse, pour libérer l'âme, sont aussi des signes de la résistance française à un accablant ennemi" (prière d'insérer du volume de 1946).
  • La guerre a aussi été pour Jouve le temps de l'écriture de grands recueils de textes critiques : sur la littérature, voir son Tombeau de Baudelaire, mais aussi sur la peinture et la musique, comme dans Le Don Juan de Mozart (LUF, Fribourg, 1942). Le grand recueil Défense et Illustration montre l'étendue de ses champs de réflexion éthiques et esthétiques (poésie, peinture, musique).

[] De 1946 à 1965 : Art, musique et poésie intérieure

(à compléter)

  • Diadème (Minuit, 1949)
  • Commentaires (La Baconnière, 1950)

Ce recueil regroupe les principaux textes théoriques publiés par Jouve, en accompagnement de ses romans ou ses poèmes, ou en revues, et devenus souvent introuvables. Certains sont historiquement très importants, comme l' Avant-propos de Sueur de Sang (1933-1934) qui marque une théorisation de l'arrivée de la psychanalyse dans la plus haute poésie. D'autres textes, à propos de la musique en particulier, nous rappellent que Jouve a été un écrivain participant précocement à la Résistance intellectuelle contre le nazisme.

  • Ode (Minuit, 1950)
  • Langue (ed. de l'Arche, avec trois lithographies de Balthus, André Masson, Joseph Sima (1952); rééd. Mercure de France, 1954)
  • Wozzeck ou le nouvel Opéra, avec Michel Fano (Plon, 1953)
  • En Miroir, (Mercure de France, 1954)

En Miroir est sous-titrée Journal sans date : Jouve y présente sa trajectoire artistique et spirituelle en la liant à un petit nombre de faits biographiques soigneusement choisis. Jouve a choisi de rompre avec sa première ?uvre d'avant 1925, et il a souvent rompu avec ses proches : ce "journal sans date", écrit dans une langue somptueuse et percutante, illustre donc ses choix très aigus.

  • René Micha, Pierre Jean Jouve : parution en 1956 du premier ouvrage de référence sur l'écrivain dans la collection "Poètes d'aujourd'hui" des éditions Pierre Seghers.
  • Lyrique (Mercure de France, 1956)
  • Mélodrame (Mercure de France, 1957)
  • Tombeau de Baudelaire (Le Seuil, 1958)

Ce volume intitulé comme un petit livre de 1942, est en fait une nouvelle édition de Défense et Illustration. Il contient le Tombeau de Baudelaire, son essai sur le maître que s'est choisi Jouve, dans une version entièrement réécrite et trois textes sur des artistes aimés de Jouve : Delacroix, Meryon, Courbet.

  • Invention (Mercure de France, 1959)
  • Proses (Mercure de France, 1960)

A 73 ans, Jouve relève le défi de succéder à Baudelaire en publiant un recueil de poèmes en prose dont certains sont proches des contes à la façon de Poe. Il y revisite l'ensemble de ses thématiques (exergue : La voix, le sexe et la mort). Dans son style somptueusement imagé et subtilement dissonant, il nous offre de nouveaux portraits de ses mythes féminins (Retour chez Hélène, Coffre de fer, La Capitaine, La douce visiteuse).

  • Moires (Mercure de France, 1962)
  • Ténèbre (Mercure de France, 1965)

[] De 1959 à 1976 : Le retour sur la passé, les rééditions

(à compléter)

À partir de 1958, Jouve réédite son ?uvre, d'abord les romans, puis la poésie, principalement au Mercure de France, et aussi certains textes critiques. Il ne les réécrit guère (sauf le Tombeau de Baudelaire), mais il en coupe beaucoup. Le cas le plus flagrant concerne ses poésies du temps de la guerre (La Vierge de Paris). On peut donc considérer qu'il s'agit pour Jouve d'une nouvelle rupture et de la marque de son désir de maîtrise sur son ?uvre et sur l'image qu'il veut en donner.

[] Jouve préfacier

(à compléter)

  • Pierre Emmanuel, La Colombe, Fribourg, LUF, 1943, Avant-propos de Pierre Jean Jouve.

[] Jouve traducteur

Avant 1925 (à compléter)

À partir de 1925 (à compléter)

Auteur, avec Georges Pitoëff, d'une des traductions de référence en français de Roméo et Juliette de William Shakespeare.

[] Orthographe

Le nom de Pierre Jean Jouve doit être orthographié sans trait d'union entre les prénoms. "Pierre" est son premier prénom, et son prénom d'usage par ses proches. "Jean" est son troisième prénom, le deuxième étant "Charles". À ses débuts, l'écrivain signait "P. J. Jouve", puis il a signé avec son nom complet. Jouve a toujours été très attentif à ce qu'on ne mette pas de trait d'union entre les deux prénoms, erreur assez fréquente.

[] Bibliographie : ?uvres de Pierre Jean Jouve

[] Avant 1925

  • Artificiel, Frontispice d'Albert Gleizes, imprimé par L. Linard (1909)
  • Les Muses romaines et florentines, Paris, Léon Vannier(1910)
  • Les Ordres qui changent, Paris, Eugène Figuière (1911)
  • La Rencontre dans le carrefour, Paris, Eugène Figuière (1911)
  • Les aéroplanes, Paris, Eugène Figuière (1911)
  • Présences, Paris, Georges Crès (1912)
  • Les deux forces, pièce de théâtre en quatre actes, Paris, Editions de l'Effort libre (1913)
  • Parler, Paris, Georges Crès (1913)
  • Vous êtes des Hommes, Paris, Editions de la Nouvelle Revue Française (1915)
  • Poème contre le grand crime, Genève, Editions de la Revue Demain (1916)
  • Danse des Morts, Genève, Edition des Tablettes (1917) et La Chaux-de-Fonds, Action sociale (1918)
  • A la Révolution russe, collectif, Genève, Editions de la Revue Demain (1918)
  • Hôtel-Dieu, récits d'Hôpital en 1915, avec 25 bois gravés par Frans Masereel, Genève, par les auteurs (1918), et Paris, Librairie Ollendorf, (1919).
  • Le défaitisme contre l'homme libre, La Chaux-de-Fonds, Action sociale (1918)
  • Heures, Livre de la Nuit, Genève, Éditions du Sablier, (1919)
  • Heures, Livre de la Grâce, Genève, Librairie Kundig (1920)
  • Les Poètes contre la Guerre, collectif (Romain Rolland, Georges Duhamel, Charles Vildrac, bois gravé de Frans Masereel, etc.), Genève, Éditions du Sablier, (1920).
  • Romain Rolland vivant, 1914-1919, Paris, Librairie Ollendorf (1920)
  • Toscanes, Genève, Librairie Kundig (1921)
  • Tragiques suivi de Voyage sentimental, Paris, Stock, (1922)
  • Prière, portrait gravé par Frans Masereel, Paris, Stock (1924)

[] Traductions

  • Cygne de Rabindranath Tagore, traduction du Bengali par Kâlidâs Nâg et Pierre Jean Jouve, portrait gravé par Frans Masereel, coll. Poésie du temps, Librairie Stock, 1923.
  • Les sept mers de Rudyard Kipling, traduction de l'anglais par Maud Kendall et Daniel Rosé, portrait gravé par Joseph Sima, coll. Poésie du temps, Librairie Stock, 1924. "Daniel Rosé" est le pseudonyme de Pierre Jean Jouve.

[] De 1925 aux années soixante

  • Paulina 1880, Paris, Éditions de la Nouvelle Revue française (1925)
  • Mystérieuses Noces, Stock (1925)
  • Nouvelles Noces, Paris, Éditions de la Nouvelle Revue française (1926), avec un portrait par Joseph Sima
  • Le Monde désert, Paris, Éditions de la Nouvelle Revue française (1927)
  • Beau Regard, avec des gravures de Joseph Sima, Paris, Au Sans Pareil (1927)
  • Noces, Paris, Au Sans Pareil, (1928), reprend "Mystérieuse Noces" et "Nouvelles Noces"
  • Hécate, Paris, Éditions de la Nouvelle Revue française (1928)
  • Paradis perdu, Paris, Grasset, (1929)
  • Symphonie à Dieu, avec un frontispice de Joseph Sima,Paris, Éditions de la Nouvelle Revue française (1930)
  • Vagadu, Paris, Éditions de la Nouvelle Revue française (1931)
  • ?uvres poétiques, Les Noces, collectif, (reprend "Noces" et "Symphonie à Dieu"), Éditions de la Nouvelle Revue française(1931)
  • Histoires sanglantes, Paris, Éditions de la Nouvelle Revue française (1932)
  • Sueur de Sang, Paris, Cahiers libres, avec une gravure d'André Masson (1933) et l'avant propos "Inconscient, Spiritualité et Catastrophe"
  • Sueur de Sang, réédition très complétée, Paris, Cahiers Libres (1934)
  • ?uvres poétiques, Sueur de Sang, nouvelle édition, Paris, Éditions de la Nouvelle Revue française (1935)
  • La Scène capitale, Paris, Éditions de la Nouvelle Revue française (1935)
  • Hélène, Paris, GLM (1936)
  • Urne, Paris, GLM, (1936) avec un dessin de Balthus
  • ?uvres poétiques, Matière céleste, Paris, Éditions de la Nouvelle Revue française (1937), contient Hélène et Urne
  • Paradis perdu, réédition, Paris GLM, en (1938) avec la préface "La Faute" et 12 gravures de Joseph Sima
  • Kyrie, plaquette avec des lettrines de Joseph Sima, GLM (1938)
  • ?uvres poétiques, Kyrie , recueil collectif, Paris, Éditions de la Nouvelle Revue française (1938)
  • Ode au Peuple - 1939, Paris, GLM (1939)
  • Résurrection des Morts, Paris, GLM (1939)
  • A la France - 1939, Poème, Nouvelle Revue Française, 1er février (1940)
  • Gloire, Dijon, Édition hors commerce, (1940)
  • Porche à la Nuit des Saints, Neuchâtel, Ides et Calendes (1941)
  • Le Don Juan de Mozart, Librairie Universitaire de Fribourg, LUF, Egloff (1942)
  • Vers majeurs, Librairie Universitaire de Fribourg, LUF, Egloff (1942)
  • Tombeau de Baudelaire, Neuchâtel, La Baconnière (1942)
  • Gloire, Alger, Collection "Fontaine" dirigée par Max-Pol Fouchet, Edmond Charlot éditeur, (1942)
  • Défense et Illustration, Neuchâtel, Ides et Calendes (1943), comprend Tombeau de Baudelaire
  • Les Témoins - Poèmes choisis de 1930 à 1942, Neuchâtel, Les Cahiers du Rhône, La Baconnière (1943)
  • Le Bois des Pauvres, Librairie Universitaire de Fribourg, LUF, Egloff (1943)
  • La Vierge de Paris, Librairie Universitaire de Fribourg, LUF, Egloff (1944)
  • Gloire 1940, Librairie Universitaire de Fribourg, LUF, Egloff (1944) (reprend "Gloire" et "Porche à la Nuit des Saints")
  • Processionnal de la Force anglaise, Librairie Universitaire de Fribourg, LUF, Egloff (1944)
  • L'Homme du 18 Juin, Librairie Universitaire de Fribourg, LUF, Egloff (1945)
  • A une Soie, Librairie Universitaire de Fribourg, LUF, Egloff (1945)
  • La Louange, Librairie Universitaire de Fribourg, LUF, Egloff (1945)
  • La Vierge de Paris Paris, Librairie Universelle de France, LUF, Egloff (1946),reprend "Gloire 1940", "Vers majeurs" et "la Vierge de Paris". Repris sous une nouvelle couverture au Mercure de France, 1957.
  • Défense et Illustration, Alger, Edmond Charlot, nouvelle édition (1946)
  • Le Quartier de Meryon (1946)
  • Hymne, Paris, Librairie Universelle de France, LUF, Egloff (1947), reprend Louange
  • Aventure de Catherine Crachat, Paris, Librairie Universelle de France, LUF, Egloff (1947), rééd. en un volume de "Hécate" et "Vagadu"
  • Histoires sanglantes, Paris, Librairie Universelle de France, LUF, Egloff (1948), rééd. en un volume des "Histoires sanglantes" et de "La Scène capitale")
  • Génie, GLM, Paris, 1948.
  • Diadème, Paris, Éditions de Minuit (1949)
  • Commentaires, Neuchâtel, La Baconnière (1950)
  • Ode, Paris, Éditions de Minuit (1950)
  • Langue, Éditions de l'Arche, avec trois lithographies de Balthus, André Masson, Joseph Sima (1952); réédition Paris, Mercure de France (1954)
  • Wozzeck ou le nouvel Opéra, Librairie Plon (1953), avec Michel Fano
  • En Miroir, Paris, Mercure de France (1954)
  • Lyrique, Paris, Mercure de France (1956)
  • Mélodrame, Paris, Mercure de France (1957)
  • Invention, Paris, Mercure de France (1959)
  • Proses, Paris, Mercure de France (1960)
  • Moires, Paris, Mercure de France (1962)
  • Ténèbre, Paris, Mercure de France (1965)

[] Traductions

[] A partir de 1958, réédition des romans et des recueils de poèmes

A partir de 1958, Jouve réédite son ?uvre, principalement au Mercure de France : cette réédition est en fait une sorte de nouvelle écriture, non pas par des modifications des textes (elles sont rares), mais par de nombreuses suppressions (de poèmes, voire de sections entières pour les livres de poésie ; de chapitres pour certains romans). Celles-ci modifient souvent la signification des ?uvres écrites trente ou quarante ans plus tôt (période 1925-1937). L'édition de ?uvre par Jean Starobinski donne de nombreux textes retranchés.

  • Tombeau de Baudelaire, Paris, Le Seuil (1958), nouvelle édition de Défense et Illustration, le texte du Tombeau de Baudelaire est entièrement réécrit.
  • Paulina 1880, Mercure de France, (1959)
  • Le Monde désert, Mercure de France, (1960)
  • Aventure de Catherine Crachat I, Hécate, Mercure de France, (1961)
  • La Scène capitale, Mercure de France, (1961), comprend Histoires sanglantes et La Scène capitale.
  • Aventure de Catherine Crachat II, Vagadu, Mercure de France, (1963)
  • Poésie*, 1925-1938, I Les Noces, II Sueur de Sang, III Matière céleste, IV Kyrie, Mercure de France, (1964)
  • Poésie**, 1939-1947, V La Vierge de Paris, VI Hymne, Mercure de France, (1965)
  • Le Paradis perdu, Grasset, (1966)
  • Poésie***, 1939-1947, VII Diadème, VIII Ode, IX Langue, Mercure de France, (1966)
  • Poésie****, 1939-1967, X Mélodrame, XI Moires, Mercure de France, (1967)
  • Le Don Juan de Mozart, Plon (1968), avec un avant-dire de P. J. Jouve.

[] Éditions posthumes

Pierre Jean Jouve avait interdit la réédition de ses ?uvres antérieures à 1925, et il avait donné à la fin de sa vie de nouvelles versions de ses ?uvres d'après 1925 qui les modifiaient sensiblement. La lecture moderne des écrivains recherche au contraire des informations très précises sur l'évolution littéraire et intellectuelle des grands auteurs. L'édition des deux volume de ?uvre par Jean Starobinski a permis d'accéder à de nombreux textes retranchés. Il manque un troisième volume (qui aurait dû paraître) principalement consacré aux textes critiques : les rééditions par Christian Bourgois et Fata Morgana donnent accès à certains d'entre eux.

  • ?uvre I, Paris, Mercure de France, 1812 p., 1987. Texte établi et présenté par Jean Starobinski, avec une note de Yves Bonnefoy et pour les textes inédits la collaboration de Catherine Jouve et de René Micha.
  • ?uvres II, Paris, Mercure de France, 2224 p., 1987. Texte établi et présenté par Jean Starobinski, avec une note de Yves Bonnefoy et pour les textes inédits la collaboration de Catherine Jouve et de René Micha.
  • Paradis perdu, Pandora, 1978, Fata Morgana, 1985.
  • Génie, Fata Morgana, 1983.
  • Folie et génie, introduction par Daniel Leuwers, Fata Morgana, 1983.
  • Sacrifices, Fata Morgana, 1986.
  • Apologie du poète, suivi de Six lectures, Fata Morgana/Le Temps qu'il fait, 1987.
  • Beau Regard, Fata Morgana, 1987, avec les illustrations de Joseph Sima.
  • Le Don Juan de Mozart, Christian Bourgois, 1993, 2004.
  • Wozzeck d'Alban Berg, avec Michel Fano, Christian Bourgois, 1999.
  • Lettres à Jean Paulhan - 1925-1961, Édition établie, préfacée et annotée par Muriel Pic, Paris, Éditions Claire Paulhan, 2006
  • Tombeau de Baudelaire, Fata Morgana, 2006.

Traductions

[] Livres de Pierre Jean Jouve publiés dans des collections de poche

Les lecteurs de Jouve ont accès à ses ?uvres les plus célèbres de la période 1925-1937 par des rééditions en collections de poche. Mais il faut savoir que les textes sont ceux des rééditions tardives au Mercure de France.

  • Paulina 1880, livre de poche, 1964; Folio, 1974.
  • Wozzeck d'Alban Berg, avec Michel Fano, 10/18, 1964.
  • Les Noces, suivi de Sueur de Sang, Préface de Jean Starobinski, poésie/Gallimard, 1966.
  • Le Monde désert, livre de poche, 1968; L'Imaginaire, Gallimard, 1992.
  • En miroir, 10/18, 1972.
  • Aventure de Catherine Crachat I, Hécate, Folio, 1972.
  • Aventure de Catherine Crachat II, Vagadu, Folio, 1989.
  • La Scène capitale, L'Imaginaire, Gallimard,1982.
  • Diadème, suivi de Mélodrame, Poésie/Gallimard,1970; nouvelle éd. 2006.
  • Dans les Années profondes - Matière céleste - Proses, Présentation de Jerôme Thélot, Poésie/Gallimard, 1995.

Traductions

  • Shakespeare, Roméo et Juliette, avec Georges Pitoëff, GF-Flammarion, 1992.
  • Shakespeare, Macbeth, GF-Flammarion, 1993.
  • Shakespeare, Sonnets, Poésie/Gallimard, 1975.

[] Bibliographie : Études sur Pierre Jean Jouve

Pierre Jean Jouve n'est pas assez connu du grand public, mais son importance a toujours été reconnue par les meilleurs écrivains, poètes et critiques, de différentes générations. Afin de distinguer les approches, la bibliographie critique sur Jouve distingue les livres écrits par des "Témoins" (c'est à dire par des auteurs qui ont connu Jouve et qui ont souvent été ses amis) d'avec les livres écrits par des auteurs qui ne l'ont pas connu personnellement. Certains livres collectifs sont difficiles à classer, car s'y mêlent études distanciées et témoignages personnels.

[] Livres écrits par des Témoins

Collectifs

[] Livres écrits par des écrivains, des critiques et des historiens

  • Christiane Blot-Labarrère, Relation de la faute de l'éros et de la mort dans l'?uvre romanesque de Pierre Jean Jouve, Aix en Provence, La Pensée universitaire, 1961.
  • Béatrice Bonhomme, Jeux de la psychanalyse - initiation, images de la femme dans l'écriture jouvienne, Paris, archives des lettres modernes, 1994.
  • Béatrice Bonhomme, Pierre Jean Jouve ou la quête de l'Hélène intérieure, Paris, Editions Aden, 2008.
  • Benoît Conort, Pierre Jean Jouve - Mourir en poésie, Villeneuve d'Ascq, Presses universitaires du Septentrion, 2002
  • Jean Decottignies, Pierre Jean Jouve romancier ou l'expérience de l'abîme, Paris, José Corti, 1994.
  • Alain Paire, Chronique des Cahiers du Sud 1914-1966, Paris, IMEC éditions, 1993.
  • Muriel Pic, Pierre Jean Jouve. Le désir monstre, Paris, Le Félin, 2006.
  • Pierre Silvain, Passage de la morte - Pierre Jean Jouve, L'Escampette Éditions - Essai, 2007.
  • Elisabeth Roudinesco, Histoire de la psychanalyse en France.2., Paris, Seuil, 1986.
  • Franck Venaille, Jouve l'Homme grave, Paris, jeanmichelplace/poésie, 2004.

[] Ouvrages collectifs

  • Bousquet Jouve Reverdy, Colloque Poésie-Cerisy, direction Charles Bachat, Daniel Leuwers, Etienne-Alain Hubert, revue Sud, Marseille, 1981.
  • Série Pierre Jean Jouve La Revue des Lettres modernes, Paris-Caen, éditée de 1981 à 1987 par Daniel Leuwers, et depuis 1987, par Christiane Blot-Labarrère. Jouve 3, Jouve et ses curiosités esthétiques 1, 1998. Jouve 4, Jouve et ses curiosités esthétiques 2, 1992. Jouve 5, Jouve et les jeux de l?Écriture1, 1994. Jouve 6, Jouve et les jeux de l?Écriture 2, 2001. Jouve 8, Modernité de Jouve, 2006.
  • Pierre Jean Jouve, revue nord' N° 16,Lille, décembre 1990.
  • Jouve, revue l'Autre, Paris, 1992, dirigé par François Xavier Jaujard avec la collaboration de Robert Bensimon.
  • Pierre Jean Jouve, sous la direction de Christiane Blot-Labarrère et Béatrice Bonhomme, Actes du colloque international Pierre Jean Jouve, Université de Nice, 24-26 novembre 1994, Arras, Éditions Roman 20/50, 1996.
  • Jouve poète, romancier, critique, Colloque de la Fondation Hugot du Collège de France réuni par Yves Bonnefoy. Actes rassemblés par Odile Bombarde, Lachenal et Ritter, 1995.
  • L'Unanimisme et l'Abbaye, revue in'hui, Bruxelles-Paris, 1996, Le Cri et Jacques Darras.
  • Relecture de Pierre Jean Jouve, Nice, revue NU(e), coordonnée par Béatrice Bonhomme, Hervé Bosio, Giovanni Dotoli, François Lallier. (1) N° 28, 2003, avec un entretien avec Yves Bonnefoy. (2) N° 30, 2005, avec un entretien avec Salah Stétié.
  • Pierre Jean Jouve, revue Europe N° 907-908, novembre 2004.
  • Pierre Jean Jouve et Henry Bauchau : les voix de l'altérité, sous la direction de Myriam Watthee-Delmotte et Jacques Poirier, Éditions Universitaires de Dijon, 2006.

[] Films et Documentaires

[] Jugements

  • « Il ne reste aujourd'hui qu'à souligner ce fait trop méconnu : le roman Vagadu (1931), les Histoires sanglantes, La Scène capitale furent, parallèlement aux poèmes de Sueur de sang (1935), les premières ?uvres françaises écrites à partir de la psychanalyse - de la pensée freudienne à la fois pleinement comprise et librement retravaillée », Jean Starobinski, préface à La Scène capitale, Gallimard, 1982.
  • « Ces yeux deux fois posés avec une rigueur singulière ôtent tout sens aux questions d'esthète qu'on pose sur votre dette à la psychanalyse : vous avez sa clef tout simplement », Jacques Lacan, lettre du 26 novembre 1962, catalogue de la vente du 5 mars 2007.
  • « J'ai fait mieux que rencontrer Pierre Jean Jouve: je l'ai accompagné de ma présence, plus ou moins effective, sur près de trente ans. » «  Je connaissais l'?uvre de Jouve et j'étais un passionné de cette grande musique qu'on trouve dans ses principaux recueils : Matière Céleste, Noces, Sueur de sang, etc. Je me récitais aussi comme un texte de poésie pure les premières pages de Paulina 1880, à savoir la description de la "chambre bleue"...» « Jouve était impressionnant d'acuité et de pureté. On sentait avec force son appartenance au monde spirituel, sa participation intérieure à tout ce qui donne à la parole son poids de vérité et, aussi, sa puissante légèreté lyrique. » Salah Stétié, entretien avec Béatrice Bonhomme et Hervé Bosio, revue NU(e) N° 3, 1996.
  • « Merci d'avoir été un interprète de l'âme française pendant ces dernières années », télégramme de Charles de Gaulle, 12 mai 1945, reproduit dans le Cahier de l'Herne, Pierre Jean Jouve, 1972.


[] Hommages

[] Références

  1. ? René Micha, Pierre Jean Jouve, Seghers, 1956
  2. ? cahier de l'Herne Pierre Jean Jouve, dirigé par Robert Kopp et Dominique de Roux, 1972
  3. ? Daniel Leuwers, Jouve avant Jouve, Klincksieck, 1984
  4. ? Pierre Jean Jouve, ?uvre, tomes 1 et 2, édition de Jean Starobinski, Mercure de France, 1987
  5. ? Béatrice Bonhomme, Pierre Jean Jouve ou la quête de l'Hélène intérieure, éditions Aden, 2008
  6. ? Voir le catalogue de l'exposition Balthus du centre Pompidou, 1983
  7. ? Sigmund Freud, Trois essais sur la théorie de la sexualité, traduction par B. Reverchon-Jouve, Gallimard, 1923, réédition coll. Idées, 1971
  8. ? Cahier Pierre Jean Jouve, 8, Modernité de Pierre Jean Jouve, textes réunis et dirigés par Christianr Blot-Labarrère, la revue des lettres modernes, Minard, 2006

[] Liens externes

 

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