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Philosophie postmoderne

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Pour les articles homonymes, voir Postmodernisme (homonymie).

La philosophie postmoderne est un mouvement philosophique apparu dans les années cinquante en France et aux États-Unis, où il est parfois surnommé la French theory, qui se caractérise par une critique de la raison érigée en rationalisme, dans un contexte historique d'évolution technologique souvent qualifié de postmodernité, caractérisé par le passage à l'ère postindustrielle.

Elle est souvent confondue à tort avec le postmodernisme qui est un mouvement artistique.

Sommaire

[] Description

La philosophie postmoderne émergea au début des années 50 et fut caractérisée par son rejet du positivisme, du darwinisme, du matérialisme et de l'idéalisme objectif. D?abord critique de la philosophie continentale, elle a lourdement été influencée par la phénoménologie, le structuralisme et l?existentialisme, avec des figures telles que Soren Kierkegaard et Martin Heidegger. Elle a aussi été influencée dans une certaine mesure par les critiques postérieures de Ludwig Wittgenstein contre la philosophie analytique. Elle rejoint pour partie les écrits de Friedrich Nietzsche

La philosophie postmoderne est une critique radicale de la philosophie occidentale rejetant les tendances universalistes de la philosophie. Elle s'applique à des mouvements comme le post-structuralisme, la déconstruction, le multiculturalisme, le néo-relativisme, le néo-marxisme, l'étude sociologique des sexes et la théorie de la littérature.

La philosophie postmoderne souligne l'importance des relations de pouvoir, la personnalisation et le discours dans la 'construction' de la vérité et d'opinions universellement admises. Dans ce contexte, certains théoriciens soutiennent que le postmodernisme marque la rupture avec les traditions artistiques et philosophiques du Siècle des Lumières, qu'ils qualifient comme une quête pour un système universel d'esthétique, d'éthique et de connaissance. La philosophie postmoderne s'inspire d'un certain nombre d'approches pour critiquer la pensée occidentale, l'historicisme et la théorie psychanalytique.

La philosophie postmoderne a produit une vaste littérature théorique critique. D?autres domaines de production ont porté la déstructuration et d?autres notions commençant par le préfixe « post-», comme post-structuralisme, post-marxisme, ou post-féminisme.

La philosophie postmoderne se dit spécialement sceptique vis-à-vis des dichotomies (opposition binaires) qui dominent la métaphysique et l?humanisme occidentaux, tel les oppositions entre vrai et faux, homme et femme, corps et esprit, société et individu, liberté et déterminisme, présence et absence, domination et soumission. Ces présupposées de la pensée occidentale sont attaquées pour mettre en place une pensée de la nuance, du continuum. Cette nouvelle philosophie apparaît parallèlement à la science cybernétique qui rompt avec le modèle de la causalité linéaire.

Pour certains critiques, le scepticisme postmoderne ressemble au relativisme ou même au nihilisme. Les défenseurs du postmodernisme avanceraient qu?il y a néanmoins une différence claire : alors que le relativisme et le nihilisme sont généralement perçus comme un abandon du sens et de l?autorité, la philosophie postmoderne est généralement vue comme une ouverture au sens et à l?autorité par des moyens inattendus, si bien que l?ultime source d?autorité soit le « jeu » du discours même.

[] Histoire de la philosophie postmoderne

La philosophie postmoderne a essentiellement pris corps aux États-Unis, en particulier par la lecture d'un ensemble d'auteurs français, dont le corpus d'idées reste identifié sous le terme de "French theory"[1].

[] Premières influences

La philosophie postmoderne trouve principalement son expression en France, pendant les années 1950, 60 et 70. Ce courant se veut l'héritier des oeuvres de penseurs ayant contribué à façonner la pensée occidentale du vingtième siècle, parmi lesquels les philosophes Friedrich Nietzsche, Karl Marx, Edmund Husserl et Martin Heidegger, puis, plus tard Michel Foucault, Jacques Derrida et Louis Althusser, les psychanalystes Sigmund Freud et Jacques Lacan, les théoriciens de la littérature Roland Barthes et Gérard Genette et le théoricien du langage Roman Jakobson, et Ludwig Wittgenstein, philosophe logicien. La philosophie postmoderne a aussi hérité du monde des arts, en particulier Marcel Duchamp et d?autres artistes qui pratiquaient le collage, mais aussi des poètes "modernes" tels que Baudelaire, Rimbaud, Mallarmé ou Lautréamont.

[] Premiers philosophes postmodernes

Les premiers philosophes ayant influencés la philosophie postmoderne ont été Michel Foucault, Jean-François Lyotard et Jacques Derrida. Car bien que ceux-ci ne s'en réclament pas, voire rejettent ce courant, ils ont "contribué à créer l?atmosphère intellectuelle dans laquelle celle-ci pouvait s?épanouir"[2].

Foucault approchait la philosophie postmoderne dans une optique historique, en se basant sur le structuralisme, mais en même temps il rejetait ce dernier en remodelant l?histoire et en déstabilisant les structures philosophiques de la pensée occidentale. Il examina également les processus par lesquels la connaissance était déterminée et modifiée par l?exercice du pouvoir.

Aux États-Unis, le plus connu des postmodernistes est Richard Rorty. Philosophe analytique au départ, Rorty croyait que la conjonction de la critique du dualisme entre schéma conceptuel et contenu empirique par Donald Davidson et de la critique de la distinction analytique/synthétique par Willard Van Orman Quine permettait d?abandonner la conception de l?esprit comme le miroir d?une réalité ou d?un monde externe. Il soutenait que la vérité ne se trouvait pas « là-bas », mais était dans le langage, et que le langage était tout ce qui faisait l?affaire à n?importe quel moment donné ; les langues anciennes sont parfois intraduisibles vers des langues modernes. Donald Davidson n?est généralement pas considéré comme un postmoderniste, bien que Rorty et lui-même admirent tous les deux qu?il n?y avait que peu de différences entre leurs philosophies.

Les écrits de Lyotard s?intéressèrent largement au rôle de la narration dans la culture humaine, et particulièrement comment ce rôle a changé lorsque nous avons quitté la modernité pour entrer dans une condition « postindustrielle » ou postmoderne. Il soutenait que les philosophies modernes légitimaient leurs prétentions à la vérité non sur des bases logiques ou empiriques (comme ils le prétendaient eux-mêmes), mais plutôt sur des histoires acceptées (ou « métanarration ») à propos de la connaissance et du monde -- ce que Wittgenstein taxa de « jeux de langage ». Il soutenait encore que dans notre condition postmoderne, ces métanarrations ne permettent plus de légitimer ces « prétentions à la vérité ». Il suggéra que, à la suite de l?effondrement des métanarrations modernes, les gens développent un nouveau jeu de langage, un jeu qui ne revendique pas la vérité absolue mais qui glorifie plutôt un monde de relations perpétuellement en changement (entre les personnes ainsi qu?entre les personnes et le monde).

Derrida, le père de la déconstruction, pratiquait la philosophie comme une forme de critique textuelle. Il critiqua le fait que la philosophie occidentale privilégiait le concept de présence et le logos, plutôt que l?absence et le marquage ou les écrits. Ainsi, Derrida affirma avoir déstructuré la philosophie occidentale en soutenant, par exemple, que l?idéal occidental du logos présent est miné par l?expression de cet idéal sous la forme de marquage par un auteur absent. Ainsi, pour souligner ce paradoxe, Derrida reformalisa la culture humaine comme un réseau disjoint de marquages et d?écrits proliférants dont l?auteur est absent.

Bien que Derrida et Foucault soient cités comme philosophes postmodernes, chacun a rejeté plusieurs des opinions de l?autre. Comme Lyotard, les deux sont sceptiques vis-à-vis de la vérité absolue ou des prétentions à des vérités universelles. Contrairement à Lyotard, cependant, ils sont (ou semblent) plutôt pessimistes quant aux prétentions libératrices de n?importe quel nouveau jeu de langage. C?est pourquoi certains les qualifieraient de post-structuralistes plutôt que de postmodernistes.

[] Postmodernisme et post-structuralisme

La philosophie postmoderne est très semblable au post-structuralisme. Considérer les deux comme identiques ou fondamentalement différents dépend généralement de l?implication personnelle vis-à-vis de ces questions. Les personnes opposées au postmodernisme ou au post-structuralisme rassemblent souvent les deux en un. De l?autre côté, les partisans de ces doctrines font des distinctions plus subtiles.

[] Critiques de la philosophie postmoderne

L'Affaire Sokal fut un pavé dans la mare de la philosophie postmoderne. Suite à celle-ci, Alan Sokal et Jean Bricmont publient en 1997 les Impostures intellectuelles qui est considéré comme une critique implacable à l'adresse de la philosophie postmoderne.

Bruno Latour publie en 1991 Nous n'avons jamais été modernes : Essai d'anthropologie symétrique en s'inscrivant dans une tradition philosophique qu'il qualifie de « non-moderne », par opposition aux modernes et aux post-modernes.

[] Notes

  1. ? Voir l'article La French theory, métisse transatlantique, Sciences Humaines, N° Spécial N° 3 - Mai -Juin 2005, Foucault, Derrida, Deleuze : Pensées
  2. ? Alex Callinicos dans "Postmodernisme : un diagnostic critique"

[] Voir aussi

[] Liens internes

[] Liens externes

[] Bibliographie

  • Davidson, D., 1986, "A Coherence Theory of Truth and Knowledge," Truth And Interpretation, Perspectives on the Philosophy of Donald Davidson, éd. Ernest LePore, Basil Blackwell, Oxford, afterwords.
  • Gilles Deleuze et Félix Guattari, Mille plateaux (Capitalisme et Schizophrénie, tome 2)
  • Jean-François Lyotard, La Condition post-moderne, 1979
  • Jean-François Lyotard, Le Postmoderne expliqué aux enfants : Correspondance 1982-1985, 2005
  • Jean-François Petit, Penser après les postmodernes, 2005, Buchet-Chastel (commentaire et critique de Jean-François Lyotard et de Jürgen Habermas).
  • P. Gosselin, 2006 "Fuite de l'Absolu: Observations cyniques sur l'Occident postmoderne." Volume I Samizdat Québec 492 pages

Critiques:

  • Sokal A., Bricmont J., Impostures intellectuelles, Odile Jacob (1997), ISBN 2253942766
  • Sokal A., Bricmont J., Hochstedt B., Pseudosciences et postmodernisme (2005), ISBN 2-7381-1615-9
  • Jacques Bouveresse. Prodiges et vertiges de l'analogie.

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La source est wikipedia http://fr.wikipedia.org/wiki/ Philosophie post-moderne
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