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{revue}
La phénoménologie est un terme philosophique, auquel on attribue quatre sens différents :
Le conflit phénoménologique entre Husserl et Heidegger a influencé le développement de la phénoménologie existentielle et l'existentialisme en France comme on peut le constater avec le travail de Jean-Paul Sartre et de Simone de Beauvoir ; la phénoménologie de Munich (Johannes Daubert, Adolf Reinach) et Alfred Schütz ; et la phénomènologie herméneutique de Paul Ricœur.
HistoireKantUne section de la Critique de la raison pure de Kant devait s'appeler Phénoménologie ; mais Kant remplaça finalement ce nom par celui d'Esthétique transcendantale. Kant y opère la séparation entre la chose en soi et le phénomène, ce dernier étant donné dans le cadre transcendantal de l'espace, du temps et de la causalité. SchopenhauerLes conceptions épistémologiques de Schopenhauer en font un précurseur de l'école de la phénoménologie. Il recherche l’essence du phénomène à partir d'une étude descriptive préalable du donné phénoménal. Ainsi, le corps est pour lui une porte qui ouvre au monde tel qu'il est en soi, "d'une part comme représentation dans la connaissance phénoménale, comme objet parmi d'autres objets et comme soumis à leur loi ; et d'autre part, en même temps, comme ce principe immédiatement connu de chacun, que désigne le mot Volonté" (Le Monde comme volonté et comme représentation, livre II). FichteLa phénoménologie est un concept central de la philosophie de Fichte. Elle désigne la partie de la doctrine de la science qui développe la phénoménalisation (apparition, extériorisation) du fondement et du principe du savoir. Il ne peut y avoir de savoir absolu (qui n'est pas un savoir d'un objet mais de ce qui fait qu'un savoir est effectivement un savoir) que phénoménalisé. Aussi oppose-t-il, dès La Doctrine de la Science de 1804, à la doctrine de l'être et de la vérité la doctrine du phénomène ou phénoménologie. A la fin de sa vie, Fichte identifie même la phénoménologie à la doctrine de la science. HegelArticle détaillé : Phénoménologie de l'esprit.
Après Fichte, Hegel donne lui aussi au concept de phénoménologie une place capitale. Il publie en 1807 la Phénoménologie de l'esprit. Toutefois, cette entreprise n'a qu'un rapport très éloigné avec la phénoménologie de Husserl (à savoir, il s'agit d'une « science de l'expérience de la conscience »). La phénoménologie est également une partie de l'esprit subjectif dans l'Encyclopédie des sciences philosophiques. C'est le contexte qui détermine si l'on parle de la phénoménologie au sens fichtéen, hegelien ou husserlien ; mais en général, le terme de phénoménologie, pris isolément, désigne celle de Husserl ou de ses héritiers. Définition et méthodeLa phénoménologie de Edmund Husserl se définit d'abord comme une science transcendantale qui veut mettre au jour les structures universelles de l'objectivité. Elle propose une appréhension nouvelle du monde, complètement dépouillée des préjugés naturalistes qui persistaient à l'époque. La phénoménologie de Husserl repose sur la définition de l'intentionnalité telle que donnée par Franz Brentano et qui affirme que la particularité de la conscience est qu'elle est toujours conscience de quelque chose. Le leitmotiv des phénoménologues est Aux choses mêmes !. Les phénoménologues illustrent ainsi leur désir d'appréhender les phénomènes dans leur plus simple expression et de remonter au fondement de la relation intentionnelle. Le projet de la phénoménologie fut d'abord de refonder la science en remontant au fondement de ce qu'elle considère comme acquis et en mettant au jour le processus de sédimentation des vérités qui peuvent être considérées comme éternelles. Husserl espère ainsi échapper à la crise des sciences qui caractérise le XXe siècle. Phénoménologie contemporaineLa phénoménologie est une branche de la philosophie particulièrement prolifique.
InfluenceLe philosophe Brentano, professeur de Freud et de Edmund Husserl peut être considéré comme le "père" de la phénoménologie, notamment par son cours sur l'intentionnalité chez Thomas d'Aquin, que l'on retrouve ensuite chez Husserl. Bien que le terme ait été employé antérieurement dans un sens voisin, c'est à Edmund Husserl (1859-1938) qu'on attribue généralement la création de la phénoménologie. La phénoménologie a connu un essor impressionnant au XXe siècle. Mais la plupart des disciples et des héritiers de Husserl se sont détournés de son « idéalisme transcendantal ». Les principaux héritiers de cette tradition sont, en Allemagne, Martin Heidegger et Eugen Fink. Du côté français, la phénoménologie conduira aux travaux de Maurice Merleau-Ponty, de Jean-Paul Sartre, d'Emmanuel Levinas et de Paul Ricœur. La phénoménologie a aussi eu une grande influence sur la psychologie telle qu'elle se pratique encore de nos jours et plus généralement sur l'épistémologie. Elle a donné naissance à une clinique psychiatrique particulièrement riche, à partir des travaux du psychanalyste Ludwig Binswanger. En France, elle influença le courant de la psychothérapie institutionnelle. BibliographieEdmund HusserlSe reporter à l'article Edmund Husserl Littérature
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