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Pauvreté 
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La banderole Make Poverty History devant le siège du Trades Union Congress, à Londres.

La pauvreté est l'insuffisance de ressources matérielles, comme la nourriture, l’accès à l’eau potable, les vêtements, le logement, et des conditions de vie en général, mais également de ressources intangibles comme l’accès à l’éducation, l’exercice d’une activité valorisante, le respect reçu des autres citoyens. Des analyses économiques et des débats portent sur la mesure de la pauvreté, ses causes, et les moyens à mettre en œuvre pour réduire cette pauvreté.

La pauvretĂ©, gĂ©nĂ©ralement non-dĂ©sirable et gĂ©nĂ©ratrice de souffrances, prend un sens diffĂ©rent, voire vertueux, dans un contexte religieux ou spirituel : vĹ“u de pauvretĂ© dans des ordres catholiques, renonciation aux « biens matĂ©riels Â», comme condition d'Ă©coute optimale de Dieu. La religion catholique, par exemple, effectue une distinction importante entre "pauvretĂ©" et "misère", mais cette distinction n'est pas pertinente au niveau de la lutte politique contre la pauvretĂ© sous toutes ses formes.

La pauvretĂ© peut toucher des personnes isolĂ©es ou des groupes et populations entières ; elle touche principalement les pays en dĂ©veloppement, mais elle existe Ă©galement dans les pays dĂ©veloppĂ©s. Les États mènent des politiques d’aide aux pays pauvres (Ă©conomie du dĂ©veloppement) et, pour leurs propres citoyens, mettent en place des programmes d’aide sociale pour rĂ©duire ou supprimer la pauvretĂ©.

Sommaire

Définition et mesure

SDF Ă  Paris en 2005.

La pauvreté est généralement considérée comme un phénomène multidimensionnel. La dimension pécuniaire est la plus fréquemment prise en compte.

Pauvreté pécuniaire

Article connexe : Seuil de pauvretĂ©.

La pauvretĂ© pĂ©cuniaire est le manque d'argent, entraĂ®nant souvent des difficultĂ©s, pour se nourrir, s'habiller, se loger et ce, plus ou moins intensĂ©ment, selon que l'on a Ă©ventuellement accĂ©s Ă  des ressources naturelles valorisables. La pauvretĂ© pĂ©cuniaire ou de revenu monĂ©taire est estimĂ©e au moyen de seuils de pauvretĂ© ( un individu est considĂ©rĂ© comme pauvre lorsque son niveau de vie est infĂ©rieur au seuil de pauvretĂ© choisi). DiffĂ©rentes dĂ©finitions de ces seuils existent ; les pays dĂ©veloppĂ©s utilisent gĂ©nĂ©ralement des seuils relatifs, alors que la pauvretĂ© dans les pays en dĂ©veloppement est estimĂ©e au moyen de seuils de pauvretĂ© absolus.

Cette évaluation de la pauvreté, du fait de sa simplicité, est couramment utilisée pour définir les individus pauvres et mesurer le taux de pauvreté d'une population.

Selon l'approche absolue, le seuil est fixé, depuis les travaux de Seebohm Rowntree en 1901, en fonction d'un panier de biens alimentaires et non alimentaires nécessaires à la survie quotidienne (2400 calories par jour pour la pauvreté et 1800 pour l'extrême pauvreté). Les biens non alimentaires comprennent l'habillement, le transport, l'hygiène, l'eau et l'énergie. Les États-Unis et le Canada ont recours à la mesure absolue de la pauvreté.

Selon l'approche relative, le seuil est fixĂ© par rapport Ă  la distribution des niveaux de vie de l'ensemble de la population, avec comme rĂ©fĂ©rence le revenu mĂ©dian (le revenu mĂ©dian est le revenu sĂ©parant la population en deux, c'est-Ă -dire que la moitiĂ© de la population a un revenu plus Ă©levĂ©, et la moitiĂ© un revenu infĂ©rieur). Eurostat fixe le seuil de pauvretĂ© relative Ă  60% du niveau de vie mĂ©dian europĂ©en. Ce mode de mesure est critiquĂ© pour ĂŞtre plus une mesure des inĂ©galitĂ©s que de la pauvretĂ©1, ce qui se traduit par des effets contre-intuitifs : un enrichissement de la population la plus riche, au-dessus du revenu mĂ©dian, ou de la population la plus pauvre, en dessous du niveau de pauvretĂ©, ne change rien Ă  l'indicateur, tandis qu'inversement un appauvrissement de la classe moyenne en faisant passer une partie sous le revenu mĂ©dian va faire baisser ce dernier et rĂ©duire la pauvretĂ© apparente, un enrichissement inverse augmentant le revenu mĂ©dian avec l'effet inverse (augmenter la pauvretĂ©). 2.

Ces deux mesures dĂ©voilent deux regards sur le problème de la pauvretĂ©, deux approches politiques que l'on pourra en première approche qualifier de socialiste et de libĂ©rale. A travers le prisme socialiste, la pauvretĂ© pose avant tout un problème d'exclusion ; l'homme ne se rĂ©alise qu'au sein de rapports sociaux et les inĂ©galitĂ©s de richesse sont des sources de discrimination. La vision libĂ©rale donne elle la primautĂ© Ă  l'individu, l'important Ă©tant la satisfaction de ses besoins fondamentaux.

Pauvreté globale, développement humain

Table de chirurgie, Nigéria.

Outre la dimension pĂ©cuniaire, la pauvretĂ© s'exprime sous des dimensions regroupĂ©es sous le terme de « pauvretĂ© humaine Â». Il s'agit des dimensions sanitaire, Ă©ducationnelle, sociale, culturelle, et politique de la pauvretĂ©.

Le Programme des Nations unies pour le dĂ©veloppement (Pnud) a créé en 1990 l’indice de dĂ©veloppement humain, puis deux indicateurs synthĂ©tiques de pauvretĂ© : l'IPH-1 et l'IPH-2 (Indicateur de PauvretĂ© Humaine). Ces indicateurs sont très corrĂ©lĂ©s.

Pauvreté des potentialités

La pauvreté des potentialités ou des capacités exprime le manque de moyens permettant de sortir de la pauvreté.

Évaluation de la pauvreté dans le monde

Les estimations de la pauvreté dépendent des définitions utilisées.

Ainsi, d’après le Programme des Nations unies pour le développement, les pays où la pauvreté est la plus forte sont des pays d’Afrique, en particulier les pays les moins avancés3.

Les indicateurs du Pnud permettent d’établir des comparaisons entre pays ; ainsi, vers 2005,

  • le Tchad est le pays oĂą la pauvretĂ© humaine est la plus forte, et la Sierra Leone est le pays oĂą le dĂ©veloppement humain est le plus faible ;
  • l’Islande est le pays Ă  plus grand dĂ©veloppement humain, et la Suède Ă  plus faible pauvretĂ© humaine4.

En 20085, la Banque mondiale a fixĂ© a 1,25 dollar amĂ©ricain par jour le seuil de pauvretĂ© international, contre un dollar prĂ©cĂ©demment. Le nouveau seuil reprĂ©sente le seuil de pauvretĂ© moyen des 10 Ă  20 pays les plus pauvres. Selon ce nouveau critère, 1,4 milliard de personnes dans le monde en dĂ©veloppement vivent avec moins de 1,25 dollar par jour en 2005, contre 1,9 milliard en 1981. Le taux de pauvretĂ© mondial a Ă©tĂ© divisĂ© par deux (de 52 % Ă  26 %), mais il est stable en Afrique subsaharienne (50 %). Pour les pays Ă  revenu intermĂ©diaire, la Banque mondiale trouve plus indiquĂ© de fixer le seuil de pauvretĂ© Ă  2 dollars par jour, ce qui donne un total de 2,6 milliards de personnes sous ce seuil.

Selon le seuil de pauvretĂ© de 1 dollar par jour en PPA 1985, la majoritĂ© des pauvres se trouvent en Asie du Sud (39%), Asie de l'Est (33%) et en Afrique sub-saharienne (17%). Les pays comptant plus de la moitiĂ© de leur population sous le seuil de pauvretĂ© sont: Guatemala, GuinĂ©e-Bissau, Inde, Kenya, Lesotho, Madagascar, NĂ©pal, Niger, SĂ©nĂ©gal, et Zambie.[rĂ©f. souhaitĂ©e]

Évolution de la pauvreté dans le monde

POO Selon un rapport de la Banque mondiale publiĂ©e le 26 aoĂ»t 2008, le nombre des pauvres dans le monde a diminuĂ© de 500 millions, et leur proportion dans la population totale est tombĂ©e de 52 % Ă  26 % entre 1981 et 2005. 6

 % de personnes vivant avec moins de7 1981 2001
1.08$1993 40,4 21,1
2.15$1993 66,7 52,9


Ces progrès diffèrent selon les rĂ©gions. L'Asie de l'Est affichait le taux de pauvretĂ© le plus Ă©levĂ© du monde avec 80 % en 1981. Ce taux est tombĂ© Ă  18 % et 600 millions de personnes y sont sorties de la très grande misère. Le taux de pauvretĂ© recule aussi en Asie du Sud, en AmĂ©rique latine, aux CaraĂŻbes, au Moyen Orient et en Afrique du Nord, cependant le nombre des très pauvres ne baisse pas.

Le taux de pauvretĂ© de l'Afrique subsaharienne n'a pas diminuĂ© depuis vingt-cinq ans (50 %). Le nombre de très pauvres (en moyenne, moins de 0,70 dollar de revenu par jour) a pratiquement doublĂ©, passant de 200 Ă  380 millions de personnes. En 2015, un tiers du milliard de pauvres du monde habitera l'Afrique subsaharienne8.

Les inĂ©galitĂ©s rĂ©gionales s'accroissent donc surtout aux dĂ©pens de l'Afrique noire. Si l'on prend l'indicateur de pauvretĂ© Ă  1,08$. En 1981 un pauvre sur dix vivait en Afrique ; en 2003 c'est près d'un sur trois. L'autre grande zone oĂą la pauvretĂ© s'est accrue regroupe les pays de l'URSS. Elle a explosĂ© après l'effondrement du bloc socialiste de 1990, la situation semble cependant s'amĂ©liorer sensiblement ces dernières annĂ©es. Les deux grandes zones oĂą la pauvretĂ© a rĂ©gressĂ© sont l'Asie de l'est et l'Asie du sud, avec un rĂ©sultat un peu moins bon pour l'Inde que dans le reste de la rĂ©gion. Enfin l'AmĂ©rique Latine, les CaraĂŻbes et le Moyen Orient restent relativement stables7.

Cette mesure de la pauvretĂ© et de son Ă©volution contrarie l'idĂ©e popularisĂ©e dans certains milieux politiques que la situation Ă©conomique se dĂ©grade pour les plus pauvres du fait de la mondialisation et plus gĂ©nĂ©ralement du capitalisme ; elle suscite donc scepticisme et critique. Par exemple selon Thomas Pogge (un philosophe de la justice, et non un Ă©conomiste)

« les mĂ©thodes de calcul de la Banque Mondiale sont extrĂŞmement douteuses. Il y a des raisons de penser qu’avec une mĂ©thode plus plausible on observerait une tendance plus nĂ©gative et une pauvretĂ© beaucoup plus Ă©tendue (…) Tant que la mĂ©thode actuelle de la Banque mondiale et les donnĂ©es qui se basent sur elle conserveront leur monopole dans les organisations internationales et dans la recherche universitaire sur la pauvretĂ©, on ne pourra pas prĂ©tendre prendre ce problème rĂ©ellement au sĂ©rieux9. Â»

Pauvreté par pays

Lutte contre la pauvreté

Historique

Des actions de lutte contre la pauvretĂ© avaient lieu dans les sociĂ©tĂ©s mĂ©sopotamiennes plusieurs siècles avant le dĂ©but de l'ère chrĂ©tienne[rĂ©f. souhaitĂ©e].

En Europe, l'essor du christianisme implique une forme de solidaritĂ© nouvelle, puisqu'elle est prise en charge par des institutions et qu'elle devient un devoir chrĂ©tien. MalgrĂ© tout, il existait une solidaritĂ© antĂ©rieure[rĂ©f. souhaitĂ©e].

Ce changement implique une nouvelle conception, la pauvreté théologique. La pauvreté est dans la conception chrétienne un état de fait qui dans le cadre d'un monde régi par le divin ne peut être éliminée. Elle est souvent perçue comme un châtiment et menace l'âme du chrétien de l'oisiveté, mère de tous les vices. La lutte contre la pauvreté passe donc par la remise au travail. Ainsi la pauvreté n'est pas due à un dysfonctionnement de la société mais aux individus eux-mêmes. Le traitement de la pauvreté est laissé à la volonté individuelle des riches.

Les XVIIe et XVIIIe siècles apportent sur cette notion un grand bouleversement. En France, l’abbĂ© de Saint-Pierre en 1724 est l'un des premiers Ă  rĂ©flĂ©chir sous un jour nouveau Ă  cette question. Non pas sur la cause fondamentale des inĂ©galitĂ©s mais il cherche Ă  concilier utilitĂ© et philanthropie. Il prĂ©conise le retour au travail comme moyen principal de la lutte contre la pauvretĂ© et dans le mĂŞme temps contre un facteur d'entropie sociale. C'est dans ce cadre de pensĂ©e qu'est mis en place le système de l'hĂ´pital gĂ©nĂ©ral. Très rapidement la population enfermĂ©e dans les Ă©tablissements parisiens atteint le seuil de 6.000 personnes, soit 1% de la population de l'Ă©poque. Les provinces furent Ă©galement gagnĂ©es par ce mouvement de rĂ©action Ă  la misère et, Ă  la veille de la RĂ©volution, on comptait 32 hĂ´pitaux gĂ©nĂ©raux dans tout le pays. Mais ce mouvement dĂ©passe largement la France, cette politique d'internement forcĂ© des pauvres a affectĂ© l'ensemble des Ă©tats europĂ©ens. En Angleterre, dès 1575, un acte d'Elisabeth I instituait des Ă©tablissements visant « la punition des vagabonds et le soulagement des pauvres Â». Les "Houses of correction" qui auraient dues ĂŞtre prĂ©sentes dans chaque comtĂ© vont laisser la place aux workhouses qui dans la seconde moitiĂ© du XVIIIe siècle trouveront leur vĂ©ritable expansion. Foucault note qu'en « quelques annĂ©es, c'est tout un rĂ©seau qui a Ă©tĂ© jetĂ© sur l'Europe. Â» En Hollande, en Italie, en Espagne, en Allemagne se crĂ©ent Ă©galement des lieux d'internement de mĂŞme nature10.

Cette politique d'enfermement systĂ©matique apparaĂ®t maintenant inhumaine et dangereuse au plan sanitaire11. Elle fut contestĂ©e par les philosophes des Lumières et finalement abandonnĂ©e. En France, la rĂ©volution enclenche une Ă©volution dans la conception de la pauvretĂ©. La pauvretĂ© devient l'expression de dysfonctionnements dans la sociĂ©tĂ©12. Un traitement laĂŻc et social de celle-ci nĂ©cessite un questionnement de son origine et induit de nouvelles rĂ©ponses. Ă€ partir du moment oĂą le principal facteur de la pauvretĂ© est un facteur Ă©conomique, bien que le discours moral ne soit pas absent des dĂ©bats de l'Ă©poque, le principe de la redistribution des richesses et des allocations devient possible et mĂŞme nĂ©cessaire aux nouveaux principes de la RĂ©publique. Les personnes prises en charge font partie de catĂ©gories spĂ©cifiques : veuves, orphelins.

La mise en place de l'État-providence dans des pays développés étend l’aide sociale.

Formes de lutte contre la pauvreté

Selon le lieu et l'Ă©poque, plusieurs solutions ont Ă©tĂ© envisagĂ©es :

  • institutions caritatives (lĂ  encore avec une impulsion religieuse), aidant les pauvres et faisant appel au public ou aux autoritĂ©s pour se financer ;
  • assurances privĂ©es et assurances mutuelles (notamment « caisse de secours Â» syndicale) ;
  • intervention de l'État, sous diffĂ©rentes formes.

De mĂŞme, la forme de l'action est très variable, et parfois mĂŞme rĂ©pressive :

  • aides en argent ;
  • aides en nature ou, Ă©quivalent moderne, en bons d'achat utilisables seulement pour certains produits, ou par des services rĂ©servĂ©s (aide au logement, logement social) ;
  • fourniture de travail, ponctuel ou rĂ©gulier ;
  • rĂ©pression de l'oisivetĂ©, de la mendicitĂ©  ;
  • encouragement Ă  la migration, (parfois : expulsion) ;
  • voire extermination ;
  • contrĂ´le des naissances, parfois sĂ©lectif.

Enfin, les pauvres aidĂ©s varient Ă©galement :

  • vieillards et invalides ;
  • veuves et orphelins, enfants abandonnĂ©s faute de ressources (ou pour d'autres raisons sociales, lorsque l'enfant hors mariage reprĂ©sentait une tache) ;
  • enfants en gĂ©nĂ©ral ;
  • adultes actifs sans problème de santĂ© (mais au chĂ´mage) (plus rĂ©cent, sauf marginaux).

Intervention étatique

Russell Lee, Men in transient camp near Hagerman Lake, Michigan - Repas dans un camp de chômeurs dans les années 1930 aux États-Unis.

Depuis le XIXe siècle, certains pays occidentaux ont tenté de remédier à la pauvreté en instituant des garanties de ressources minimales.

Pour les enfants :

  • principe de gratuitĂ© des Ă©tudes primaires ;
  • allocations familiales ;
  • interdiction de travail trop dur avant un âge donnĂ© (bien que la lutte contre la pauvretĂ© future du travailleur physiquement mal dĂ©veloppĂ© n'ait Ă©tĂ© en l'occurrence qu'un souci secondaire par rapport Ă  celui de disposer de soldats physiquement aptes...),
  • institutions pour orphelins et enfants abandonnĂ©s, et, plus rĂ©cemment, pour enfants retirĂ©s Ă  leurs parents jugĂ©s inaptes.

Pour les adultes, l'État peut chercher Ă  :

  • rĂ©glementer le travail (salaire minimum, protectionnisme afin de protĂ©ger le travail et donc les revenus existant), ou au contraire Ă  le dĂ©rĂ©glementer pour favoriser le dynamisme Ă©conomique ;
  • organiser la circulation des denrĂ©es fondamentales (prix maximum ; mise en rĂ©serve et distribution par le souverain, ainsi qu'il est attestĂ© dans les civilisations les plus anciennes),
  • favoriser des institutions caritatives ou sociales,
  • souvent, organiser des programmes de « grands travaux Â» assurant du travail au peuple, du moins en apparence (car pour financer ces travaux, il faut taxer d'autres agents Ă©conomiques, ce qui limite leurs ressources nĂ©cessaires Ă  la rĂ©alisation de leurs propres projets : l'effet global n'est donc pas forcĂ©ment positif, tout dĂ©pend du type d'action, et de la valeur rĂ©elle de l'ouvrage -- une muraille, une route, l'assèchement de marais ou la construction d'une pyramide n'ont Ă©videmment pas, Ă  long terme, les mĂŞmes effets sur la pauvretĂ©).

Mais c'est surtout au milieu du XXe siècle que certains États s'engagent dans un programme d'intervention directe massive, en prenant le contrĂ´le des institutions privĂ©es (caisses de retraite, assurances chĂ´mage) et en diversifiant ses interventions;

Les aides au revenu sans condition d'utilisation sont plus rĂ©centes. L'Allemagne fut l'une des premières Ă  l'Ă©tablir. En France, le Revenu minimum d'insertion (RMI) fait partie de ce filet de sĂ©curitĂ© censĂ© empĂŞcher des personnes de tomber dans la pauvretĂ©. La loi instituant le RMI fut l'une des rares lois votĂ©es par l'AssemblĂ©e nationale sans une seule voix s'y opposant.[rĂ©f. souhaitĂ©e]

Des associations mènent également une lutte contre la pauvreté.

Intervention à l'échelle mondiale

L'ONU a Ă©galement mis en place un plan de rĂ©duction de la pauvretĂ© au sein de ses Objectifs du millĂ©naire, ratifiĂ©s en 2000 par les Etats membres, et qui est depuis une prioritĂ© mondiale13. Le premier objectif du millĂ©naire se donne deux cibles : 1. « rĂ©duire, entre 1990 et 2015, de la proportion de personnes dont le revenu est infĂ©rieur Ă  un dollar par jour, ce qui concerne plus d'un milliard de personnes. Â» et 2. «  une rĂ©duction des populations souffrant de faim entre 1990 et 2015. Elle concerne, selon l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), environ 840 millions de personnes : un chiffre en constante augmentation notamment avec l'explosion dĂ©mographique mondiale. Â».

La Banque mondiale a pour mission de lutter contre la pauvreté en finançant des projets pouvant réduire la misère.

L'Unicef lutte en particulier contre la pauvreté des enfants.

Certaines organisations non gouvernementales luttent Ă©galement contre la pauvretĂ© : Oxfam, ATD Quart Monde


Formes de pauvreté

PauvretĂ© marginale : sans-abri aux États-Unis

Serge Paugam14 distingue trois formes de pauvretĂ© :

  • La pauvretĂ© intĂ©grĂ©e dĂ©crit la situation de pays ou de rĂ©gions Ă©conomiquement en retard. Comme la pauvretĂ© est depuis longtemps largement rĂ©pandue, les pauvres ne sont pas stigmatisĂ©s et bĂ©nĂ©ficient de la solidaritĂ© familiale ou de la socialisation par une pratique religieuse qui reste intense. L'Ă©conomie informelle est particulièrement dĂ©veloppĂ©e. C'est une pauvretĂ© sans exclusion (ou, plus exactement, l'exclusion suit sa dynamique propre indĂ©pendamment de la pauvretĂ©).
  • La pauvretĂ© marginale correspond Ă  la pauvretĂ© d'une petite partie de la population au sein d'une sociĂ©tĂ© prospère. Ces pauvres, considĂ©rĂ©s comme des « cas sociaux Â» inadaptĂ©s au monde moderne sont fortement stigmatisĂ©s.
  • La pauvretĂ© disqualifiante concerne les sociĂ©tĂ©s post-industrielles touchĂ©es par des difficultĂ©s Ă©conomiques. Les pauvres sont considĂ©rĂ©s Ă  travers l'image de la chute ou de la dĂ©chĂ©ance. L'angoisse du chĂ´mage et de l'exclusion touche une grande partie de la sociĂ©tĂ©.

En appliquant ce modèle aux diffĂ©rents pays d'Europe on peut distinguer plusieurs grandes rĂ©gions :

  • Au Sud, l'Italie, la Grèce, le Portugal ou l'Espagne ont des taux de pauvretĂ© plus importants (plus de pauvres, et des pauvres plus dĂ©munis) qu'au Nord, mais les pauvres sont bien intĂ©grĂ©s dans la population ; il ne sont pas stigmatisĂ©s.
  • Au Nord (pays scandinaves), le système prĂ©ventif est très dĂ©veloppĂ© et maintient le niveau de vie des pauvres au prix d'un contrĂ´le Ă©troit de leur vie privĂ©e. Une situation de pauvretĂ© marginale qui correspond Ă©galement grosso modo Ă  la situation de la France des annĂ©es 60 et 70.
  • en France, la pauvretĂ© disqualifiante domine.
Une femme et son chien Ă  Rome.

Par ailleurs, il y aurait en France une double institutionnalisation de la pauvretĂ© :

  • d'une part par le revenu minimum d'insertion (RMI), sorte d'officialisation de la pauvretĂ©,
  • d'autre part en dĂ©lĂ©guant la distribution alimentaire aux associations comme Les Restos du cĹ“ur, qui Ă  l'origine avaient Ă©tĂ© conçu comme un palliatif temporaire et qui est maintenant pleinement intĂ©grĂ© Ă  la gestion de la pauvretĂ©.[rĂ©f. nĂ©cessaire]

Pauvreté et politique

Les appréciations divergent sur l'évolution de la pauvreté. En général, les interventionnistes étatiques ont tendance à la voir gravement croître (et à préférer les indicateurs relatifs) alors qu'au contraire les libéraux ont tendance à trouver que la pauvreté est plutôt en régression.

De mĂŞme, le clivage est similaire sur les causes et les remèdes : les uns pensant que la pauvretĂ© rĂ©sulte d'un manque d'intervention des pouvoirs publics, les autres estimant au contraire que la meilleure façon de lutter contre la pauvretĂ© est de laisser les institutions caritatives et les âmes charitables agir.

Durant la RĂ©volution française est apparu un moment le « Quatrième ordre Â», celui des pauvres journaliers, des Infirmes, des Indigents... Ă  cĂ´tĂ© des trois « ordres Â» (Noblesse, ClergĂ©, tiers Ă©tat) convoquĂ©s aux États gĂ©nĂ©raux15.

Le cercle vicieux de la pauvreté

La pauvreté résulte généralement de conditions de départ défavorables (mauvais accès à la formation, santé déficiente, ...), et parfois d'accidents (destruction de biens, accident de santé, perte d'emploi, etc.).

Mais cela engendre souvent un cercle vicieux. La pauvreté oblige à se loger à bas prix, donc dans des quartiers ayant mauvaise réputation, où il y a peu de travail et une offre éducative dégradée, une criminalité sinon plus élevée du moins plus violente, une prévention médicale moins active, etc. Les chances de trouver un revenu par le travail sont moindres, la tentation plus forte de faire appel au travail illégal ("au noir"), à des sources de revenu illusoires (loteries, paris) ou dangereuses (crime, drogue) ou encore dégradantes (prostitution), les risques d'accidents sont plus importants, et l'exploitation par les mafias, ou groupes organisés, sont des facteurs de désocialisation, voire d'une insécurité à la fois personnelle et globale.

Ce phénomène peut toucher les enfants et les adolescents, qui dans un tel contexte commencent leur vie avec un handicap, même si le pire n'est nullement atteint pour eux.

Dans les pays en développement, où les ressources sont rares, les conséquences sont encore plus marquées (famines, catastrophes sanitaires...).

Pauvreté et modèles économiques

Si l'on regarde les modèles économiques sur lesquels s'appuient la croissance économique, on constate qu'ils cherchent à maximiser la valeur de la production à travers le produit intérieur brut, celle-ci étant liée aux facteurs de production et au progrès technique. Les deux facteurs de production principaux sont le capital et le travail. Cependant, du point de vue d'un entrepreneur, ce qui est important, ce n'est pas d'augmenter la valeur de la production (le chiffre d'affaires), mais de maximiser le profit, au besoin en diminuant la masse salariale. Ainsi, la recherche de gain de productivité peut s'accompagner dans certains cas d'une réduction des emplois, d'où du chômage et de la pauvreté.

On peut aussi remarquer que, dans le modèle Ă©conomique de l'Ă©cole classique, on distinguait trois facteurs de production, la terre, le capital et le travail. Puis dans le modèle de l'Ă©cole nĂ©oclassique (au XIXe siècle), on n'a retenu que deux facteurs de production, le capital et le travail, laissant de cĂ´tĂ© la terre. Le modèle dans lequel s'est produit la RĂ©volution industrielle a donc vu une concentration massive des outils de production et de la main d'Ĺ“uvre dans les zones urbaines, provoquant une diminution très importante de la population agricole et un exode rural. Il est permis de penser que, si l'on avait mieux tenu compte du facteur environnemental (la terre) dans les modèles Ă©conomiques, la population agricole n'aurait pas Ă©tĂ© tenue Ă  l'Ă©cart de la distribution des bĂ©nĂ©fices de la croissance industrielle. [rĂ©f. nĂ©cessaire]

Annexes

Bibliographie

Filmographie

Articles connexes

Liens et documents externes

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Voir « pauvretĂ© Â» sur le Wiktionnaire.

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Wikimedia Commons propose des documents multimédia libres sur Pauvreté.

Notes et références

  1. ↑ Philippe Manière, L'Aveuglement français, 1998, p.236-237
  2. ↑ et ça n'est pas une situation seulement théorique, selon l'IFRAP La forte hausse du SMIC a provoqué une augmentation du nombre de pauvres en France
  3. ↑ (en) Human development report 2007/2008, Pnud, page 229–242
  4. ↑ (en) Human development report 2007/2008, Pnud, page 240–241
  5. ↑ De RĂ©centes Estimations Indiquent Que 1,4 Milliard De Personnes Vivent Avec Moins De 1,25 Dollar Par Jour, Mais Les Acquis De La Lutte Contre La Pauvrete Restent Positifs, communiquĂ© de presse n°:2009/065/DEC de la Banque mondiale, Washington, 26 aoĂ»t 2008.
  6. ↑ La proportion de pauvres dans la population mondiale a diminué de moitié depuis 1981, Le Monde, 27 août 2008
  7. ↑ a et b How have the world’s poorest fared since the early 1980s? Shaohua Chen et Martin Ravallion, banque mondiale.
  8. ↑ La proportion de pauvres dans la population mondiale a diminué de moitié depuis 1981, Le Monde, 27 août 2008
  9. ↑ Que savons-nous de la pauvretĂ© dans le monde ? Observatoire des inĂ©galitĂ©s
  10. ↑ Voir Michel Foucault, Histoire de la folie à l'âge classique
  11. ↑ De nombreuses rĂ©fĂ©rences existent, notamment les monographies consacrĂ©es Ă  l'hisoire d'un Hopital : L'Hotel-Dieu et l'hĂ´pital gĂ©nĂ©ral de Meaux aux XVIIe et XVIIIe siècles : Ă©tude des institutions et des populations reçues, Martin François, 1985
  12. ↑ Vote de la Convention girondine, le dĂ©cret du 19 mars 1793 affirme, conjointement au droit au travail, le droit Ă  l'assistance pour tout homme hors d'Ă©tat de travailler; les secours publics sont une « dette sacrĂ©e Â»
  13. ↑ Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD)
  14. ↑ Les Formes élémentaires de la pauvreté par Serge Paugam, PUF, Paris, mars 2005.
  15. ↑ Cahiers du Quatrième Ordre

 
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