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Partage de la valeur ajoutée

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Répartition de la valeur ajoutée en France, entre 1960 et 2006, entre les salariés, les entrepreneurs individuels + la rémunération du capital, et les impôts nets
Répartition de la valeur ajoutée en France, entre 1960 et 2006, entre les salariés, les entrepreneurs individuels + la rémunération du capital, et les impôts nets

Le partage de la valeur ajoutée appelé souvent dans les manuels d'économie répartition primaire[1] permet de rémunérer

  • Les différents facteurs de production
    • Le facteur travail (salaires nets et charges sociales)
    • Le facteur capital avec l'EBE (excédent brut d'exploitation)
  • l'Etat avec les impôts à la production.

Rappelons que la valeur ajoutée correspond au prix hors taxe de la production, duquel a été déduit le coût des consommations intermédiaires.

Sommaire

[] Introduction et définitions

En revenant sur la définition comptable de la valeur ajoutée :

VA = valeur de la production - coût des consommations intermédiaires = ? rémunérations allouées aux facteurs de production

on peut distinguer, pour rester simple, deux facteurs de production essentiels : le capital et le travail. Ces deux facteurs contribuent à la création de valeur ajoutée au sein des entreprises. L?ensemble de cette valeur ajoutée est répartie entre la rémunération de ces facteurs, et les prélèvements des administrations publiques.

Une fois la valeur ajoutée fixée, les parts respectives des trois termes (salaires, profit et impôts) évoluent chacune au détriment des autres. En outre, ces parts sont, a priori, arbitraires et variables, sous réserve de respecter des contraintes connues à l'avance (contrat de travail fixant la rémunération, niveau de taxation, ...) : c'est ce qui fait le fond de la question du partage de la valeur ajoutée.

Pour avancer, il faut toutefois encore préciser bien des choses, car il reste une part de définitions conventionnelles. Par exemple,

  • les cotisations sociales doivent-elles être intégrées à la rémunération du travail ? La plupart des auteurs considérant celles-ci comme une rémunération indirecte différée, une prise en charge que les salariés aurait à payer sinon en cas de sinistre, elles sont incluses dans le part du travail.
  • Comment traiter le cas des toutes petites entreprises (artisans commerçant et agriculteurs, professionels libéraux, entrepreneurs individuels), dont on connait mal le capital et qui ne se versent pas de salaires ? Une solution consiste à leur attribuer un salaire fictif, estimé à partir de celui des salariés intervenant dans le même secteur, mais elle n'est pas toujours satisfaisante dans la mesure où elle peut donner des résultats incohérent pour la rémunération du capital ou pour les temps de travail, et il faut alors approter des corrections.
  • Comment traiter les impôts : comme du profit (pour les impôts sur le bénéfice, par exemple), comme du salaire (comme les impôts sur les salaires prélevés à la source, type CSG par exemple), en fonction d'une clef conventionnelle, comme un élément à part entière de l'équation, ou simplement comme un élément qu'on élimine en ne considérant que la valeur ajoutée nette, impôts payés ?

[] Le partage de la valeur ajoutée

On trouve pour deux pays relativement différents, la France et les États-Unis, des valeurs assez semblables, même si les évolutions à court terme peuvent différer[réf. nécessaire].

Cependant, on peut remarquer que le partage de la valeur ajoutée possède des propriétés de moyen et long terme remarquables. Premièrement celui-ci, en France comme aux États-Unis, est globalement en 2000 égal à sa valeur du début du siècle dernier. Pour le Royaume-Uni, la constance a été observée dès 1900 pour une période débutant en 1860 par Sir Arthur Bowley dans son ouvrage Wages and Income in the United Kingdom since 1860, mettant pour la première fois à jour cette constante de la macroéconomie. Ce résultat est surprenant alors que nos économies ont connu des bouleversements avec la réduction drastique du poids de l?agriculture, le passage d?une économie industrielle à une économie de services, la décolonisation ou une révolution industrielle avec les technologies de l?information. Deuxièmement, le partage 1/3, 2/3 semble quasi-universel d?un pays à un autre à une date donnée, alors que les structures économiques sont fort différentes et que l?on constate d?un secteur à un autre des taux de marge allant de 0 à 70 %.

Le partage de la valeur ajoutée semble donc être indépendant de la structure de l?économie et du niveau de profit des entreprises.

En revanche, à court terme, cette répartition peut changer. Si l'on prend l?exemple français, la part du travail a augmenté entre 1959 (59 %) et 1982 (68 %), puis a diminué au cours des années 1980 suite à la politique de désinflation compétitive, et est restée relativement stable par la suite[3]. Les années 1970 ont été marquées par une chute du taux d'investissement qui a été néfaste pour l?activité économoique et a contribué à augmenter le chômage.

La France est assez proche de la répartition au sein de l?UE-15, avec une part du capital légèrement plus faible et une part des salaires un peu plus élevée[4].

[] Les enjeux du partage de la valeur ajoutée

Le partage de la valeur ajoutée a des implications à la fois économiques et sociales. Elle dépend :

  • de la rentabilité de la production ; les investisseurs actionnaires assument la part la plus importante du risque et leurs revenus sont au niveau de chaque entreprise très variables.
  • de l?évolution des salaires. Si les salaires augmentent fortement (pressions à la hausse liées à un faible chômage,..), leur part dans la valeur ajoutée augmentera. L?évolution de la part des salariés dans la VA indique de manière indirecte l?impact des négociations salariales.

Dans les périodes où la part du capital est faible, l?investissement est découragé.

Le partage de la valeur ajoutée et les variations entre pays dépendent essentiellement des différences structurelles de la production. Si les entreprises ont une intensité capitalistique très forte (beaucoup de sock de capital par employé ; par exemple, le secteur de l?énergie ou de la sidérurgie), alors la part du capital dans la VA est plus forte car le coût du capital est relativement plus grand.

Thomas Piketty écrit ainsi à ce sujet « En l?absence de toute action publique de redistribution, le partage effectif entre capital et travail dépendra, par exemple, du pouvoir de négociations des syndicats, des capacités des employeurs à s?approprier une large part, ou plus généralement de l?état présent des rapports de forces entre capitalistes et travailleurs. »[réf. nécessaire]

Dans la perspective économique dans laquelle travail et capital sont substituables, le prix des facteurs va jouer un rôle dans l?allocation de ces deux facteurs dans le processus productif : en d?autres termes si le travail est « trop gourmand », on remplacera les ouvriers par des machines. Inversement si le capital est trop cher (taux d?intérêt élevé, fort coût de machines?) l?employeur peut recourir à plus de travail en attendant une baisse de celui-ci.

Quel est l?intérêt pour l?État d?intervenir dans la répartition de la valeur ajouté ? Premièrement il faut remarquer que

L?État peut marginalement influer sur la répartition de la valeur ajouté en faveur de l?un ou l?autre partie de deux manières : soit lorsqu?il peut peser lors des négociations salariales (marginalement en France, mais généralement pas du tout dans les autres pays), soit en agissant a posteriori en redistribuant par l?impôt. Favoriser le capital répond à un souci de préserver les capacités et les incitations des entreprises et des propriétaires à investir et à accumuler du capital et donc à augmenter les capacités futures de productions de l?économie. Favoriser le travail revient à augmenter les salaires, ce qui est justifié dans les périodes de faible chômage et répond à une volonté de relance de la croissance par la consommation, dans une logique keynésienne court-termiste.

[] Notes et références

  1. ? Voir Maurice Gabillet, 2005, Economie-Droit Annales BTS tertiaires, Nathan, p.174
  2. ? Définition Insee
  3. ? Les comptes de la Nation en 2006, graphique « Part des rémunérations dans la valeur ajoutée du secteur non financier », INSEE
  4. ? L?Europe en chiffres, Eurostat, p. 155

[] Voir aussi

[] Articles connexes

[] Lien externe


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La source est wikipedia http://fr.wikipedia.org/wiki/ Partage de la valeur ajoutée
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