Paralogisme
Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
|
Vous pouvez partager vos connaissances en l?améliorant (comment ?) selon les recommandations des projets correspondants.
|
Un paralogisme est un raisonnement faux qui apparaît comme rigoureux, mais où le locuteur est de bonne foi, contrairement au sophisme pour lequel il y a une volonté de tromper. Le paralogisme est un antonyme de syllogisme.
Dans la Critique de la raison pure, Kant a identifié les paralogismes comme étant des illusions de la raison.
On peut distinguer deux types de paralogismes : les paralogismes formels et les paralogismes informels[1].
Sommaire |
[] Paralogismes formels
Un syllogisme peut se résumer de la manière suivante :
- on a une loi générale (première prémisse) : « si l'énoncé A est vrai, alors l'énonce B l'est aussi », que l'on peut encore écrire « A implique B » ou bien en écriture mathématique « A ? B » ;
- on a un cas particulier (deuxième prémisse) : « l'énoncé C est de type A », ou encore « A est vérifié lorsque je dis C », c'est-à-dire que « C implique A » ou en écriture mathématique « C ? A » ;
- on en déduit (conclusion) que « B est donc vrai dans la cas de C », « C implique B », « C ? B ».
En logique formelle, il s'agit simplement de la transitivité de la relation d'implication :
- si C ? A et A ? B, alors C ? B (conclusion).
(On a ici inversé l'ordre de la 1re et de la 2e prémisse.) Un paralogisme formel est donc un paralogisme qui rompt avec la logique formelle.
Considérons un syllogisme célèbre :
- Tous les hommes sont mortels. (Première prémisse, A = « homme », B = « mortel ».)
- Socrate est un homme. (Deuxième prémisse, C = « Socrate ».)
- Donc Socrate est mortel. (Conclusion.)
On peut former les paralogismes formels suivants :
- Affirmation du conséquent
-
- Tous les hommes sont mortels. (A ? B)
- Un âne est mortel. (C ? B)
- Donc un âne est un homme. (C ? A)
- La deuxième prémisse est vraie, mais on ne peut pas en tirer la conclusion (il aurait fallu C ? A et non pas C ? B).
- Négation de l'antécédent
-
- Tous les hommes sont mortels. (A ? B)
- Un âne n'est pas un homme. (C ? non A)
- Donc un âne est immortel. (C ? non B)
- Ici encore, la deuxième prémisse est vraie, mais on ne peut pas en tirer la conclusion. On ne peut tirer une conclusion que de la négation du conséquent, raisonnement dit par contraposition (ou modus tollens) : seul le raisonnement « si A ? B, alors non B ? non A » est correct. Voici un exemple de contraposition correcte :
- Tous les hommes sont mortels. (A ? B)
- Un caillou n'est pas mortel. (C ? non B)
- Donc un caillou n'est pas un homme. (C ? non A)
- Incohérence
- l'argumentation contient une contradiction. Cela signifie nécessairement qu'une erreur a été commise, reste à savoir laquelle? Par exemple :
- Je ne suis pas dans le même wagon que Albert.
- Albert n'est pas dans le même wagon que Bernard.
- Donc je ne suis pas dans le même wagon que Bernard.
- Ici, on n'utilise pas une implication, la relation « est dans le même wagon que » n'est pas transitive et ne peut être substituée à l'implication.
[] Paralogismes informels
Les paralogismes informels sont des paralogismes faisant intervenir non pas une erreur de raisonnement formel, mais une propriété du langage (polysémie par exemple), la manière dont on invoque un fait (analogie, métaphore, métonymie, ?).
Prenons par exemple un paralogisme célèbre :
- Tout ce qui est rare est cher.
- Or un cheval bon marché est rare.
- Donc un cheval bon marché est cher.
Ici, la première prémisse semble vraie, mais elle est incomplète : ce qui fait la valeur d'une chose, c'est sa rareté et son utilité. Par exemple, les voitures ne sont pas rares, mais elles sont chère en raison de leur utilité. Une chose rare mais inutile n'a aucune raison d'être chère. On a ici omis, volontairement ou involontairement, un fait important dans une prémisse (mensonge par omission).
Baillargeon (op. cit.) énonce plusieurs type de paralogismes informels :
- le faux dilemme ;
- la généralisation hâtive ;
- la fausse piste (qu'il nomme le « hareng fumé », en raison d'une technique utilisée pour semer les chiens de recherche) ;
- l'attaque personnelle, ou argumentum ad hominem ;
- l'argument d'autorité (ainsi qu'aux proverbes et à la « sagesse populaire ») ;
- la pétition de principe (petitio principii) ;
- la confusion entre corrélation et relation de cause à effet (post hoc ergo procter hoc) ;
- l'appel au peuple, la « loi du nombre », ou argumentum ad populum ;
- les paralogismes de composition et de division (attribuer une propriété du tout à la partie, ou de la partie au tout) ;
- l'appel à l'ignorance, ou argumentum ad ignorantiam ;
- la pente glissante, ou théorie des dominos ;
- la diversion, ou écran de fumée ;
- l'utilisation d'une caricature de l'argument que l'on veut contrer, ou « homme de paille » (référence à un mannequin d'entraînement au combat, version « affaiblie » de l'adversaire, et non pas dans le sens « personne manipulée ») ;
- l'appel à la pitié (argumentum ad misericordiam) ;
- la menace, Appel à la terreur ;
- la fausse analogie ;
- la suppression de données pertinentes (mensonge par omission).
La distinction entre paralogisme et raisonnement légitime est parfois difficile à faire :
- dans le cadre d'un procès, on s'intéressera au témoin, à sa capacité de perception de mémorisation, à son état (était-il fatigué ? sous l'emprise d'un médicament, de l'alcool, d'une drogue ? a-t-il une bonne vue, une bonne ouïe ??), sans que cela soit un argumentum ad hominem ;
- le principe de précaution est un paralogisme de la pente glissante, mais que l'on accepte.
[] Autre acception
Le paralogisme peut aussi être défini par une capacité à agir parallèlement à la logique, nécessitant une manifestation de raisonnement logique, mais tout de moins sans être une conclusion logique pour autant. Ce qui aurait été une conclusion due à une cause logique. Le paralogisme est donc une capacité de réflexion hors des limites de la logique, aussi défini par « parallèle à la logique ». Exemple : « choisir un chemin au hasard ».
[] Notes
- ? N. Baillargeon, Petit cours d'autodéfense intellectuelle, éd. Lux (Québec), 2005, p. 52?86
Mirror_ebab
La source est wikipedia http://fr.wikipedia.org/wiki/ Paralogisme
Revue de presse Paralogisme
