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voir homonymie|Panthéon (homonymie)
coord|48.84625|2.346111|type:landmark|format=dms|display=title
{{Infobox Monument
| nom=Le Panthéon de Paris
| image= | ville=Paris | pays=France | type=tour à tour église et panthéon | style=néoclassique | date de construction=-1790 | hauteur=83 m | architecte= | classement=monument historique }} Le Panthéon est un monument de style néo-classique situé sur la montagne Sainte-Geneviève, dans le 5e}} arrondissement de Paris, au c?ur du quartier latin. Il est entouré notamment par l'église Saint-Étienne-du-Mont, la bibliothèque Sainte-Geneviève, l'université de Paris I (Panthéon-Sorbonne), l'université de Paris II (Panthéon-Assas), la mairie du 5{{e arrondissement et le lycée Henri-IV. La rue Soufflot lui dessine une perspective à partir du jardin du Luxembourg. Construit à l'origine au s|XVIII|e comme une église pour abriter la châsse de , ce monument a maintenant vocation à honorer des personnages et rappeler des événements ayant marqué l'histoire de France. Ses différentes destinations successives, sa décoration, les inscriptions et les symboles qui y figurent, permettent de parcourir la construction ? lente et contrastée ? de la nation française. HistoireTout commence par une église?En 1744, se trouvant à Metz et souffrant d?une grave maladie, Louis XV fait le v?u, s?il survit, de créer une église dédiée à sainte GenevièveJean Favier - Paris, 2000 ans d'histoire p. 492-496. Rétabli et de retour à Paris, il charge le marquis de Marigny, directeur général des bâtiments, d'édifier l'église en lieu et place de l?ancienne abbaye Sainte-Geneviève, alors en ruine. En 1755, le marquis de Marigny confie la responsabilité des plans à l?architecte Jacques-Germain Soufflot. Les fondations sont creusées dès 1758. Louis XV pose la première pierre le 6 septembre 1764, devant une grandiose préfiguration : le futur portail figure peint et représenté grandeur nature, comme un décor en toile tendu sur une charpente ; l'?uvre est due à Pierre-Antoine Demachy. Cependant des difficultés financières et la mort de Soufflot en 1780 retardent la construction de l'édifice. Il n'est finalement achevé qu'en 1790, par les associés de Soufflot : Jean-Baptiste Rondelet et Maximilien Brébion. clr De l'église catholique au temple républicainEntre 1791 et 1793, le bâtiment est profondément modifié par Quatremère de Quincy qui lui donne son apparence actuelle pour qu'il devienne un panthéon, c'est-à-dire un monument laïque consacré à la mémoire des grands hommes de la nation. En effet la Révolution a éclaté entre temps et sur la proposition de Claude-Emmanuel de Pastoret, l?Assemblée nationale décide, par un décret du 4 avril 1791, d?utiliser l?édifice qui vient d'être achevé et n'est pas encore consacré comme église, afin qu'il serve de nécropole aux personnalités exceptionnelles qui contribueront à la grandeur de la France : que le temple de la religion devienne le temple de la patrie, que la tombe d'un grand homme devienne l'autel de la liberté. Il est nommé « Panthéon français » et est modifié en ce sens. Au fronton, est placée l?inscription suggérée par Pastoret : « Aux grands hommes, la patrie reconnaissante » . Les revirements historiques Sous le Ier Empire, par le décret du 20 février 1806, le bâtiment est à la fois le lieu d?inhumation des grands hommes de la patrie et un lieu de culte. La crypte reçoit donc le cercueil de grands serviteurs de l'État, tandis que dans la partie supérieure se déroulent des cérémonies religieuses notamment liées aux commémorations impériales.
Citation bloc|Il [Napoléon] a enfoncé un clou sacré dans le mur du Panthéon et il a accroché à ce clou son coup d'État.||Napoléon le Petit'' ? Livre 2, chapitre VIII, 1852
De 1821 à 1830, le monument n?est plus un panthéon ; Louis XVIII et Charles X le rétablissent exclusivement dans sa fonction d'église (consacrée à sainte Geneviève).
À son tour la monarchie de Juillet retire l'église Sainte-Geneviève au culte catholique le 15 août 1830 et lui rend sa destination de panthéon qui s?appelle alors « le Temple de la Gloire ». David d'Angers refait le fronton et la célèbre devise « Aux grands hommes, la patrie reconnaissante » réapparaît. Pourtant durant cette période, personne ne sera panthéonisé.
De 1848 à 1851, sous la Deuxième République, il sera « Temple de l'Humanité », sans succès non plus pour d'éventuels nouveaux locataires.
Sous le Second Empire (1851-1870), l?édifice redevient une église et l?inscription disparaît à nouveau.
Ce n'est que depuis 1885, date de l?inhumation de Victor Hugo au Panthéon, que la basilique Sainte-Geneviève n?existe plus. Désormais le bâtiment est bien le lieu de repos des grands hommes honorés par la République.
ArchitectureLe Panthéon est un bâtiment long de 110 mètres et large de 84 mètres. La façade principale est décorée d?un portique aux colonnes corinthiennes, surmonté d?un fronton triangulaire réalisé par David d'Angers. L'édifice, en forme de croix grecque, est couronné par un dôme haut de 83 mètres, coiffé d?un lanterneau. L?intérieur est décoré par des peintres académiques comme Puvis de Chavannes, Antoine Gros ou Cabanel.Le projet architectural de SoufflotLe projet architectural de Soufflot est une église à dôme, en forme de croix grecque, c'est-à-dire avec quatre branches courtes, égales en longueur et en largeur. Pour le réaliser, il emprunte à différents styles architecturaux, ce qui fera écrire à Maximilien Brébion : « Le principal objet de M. Soufflot, en bâtissant son église, a été de réunir, sous une des plus belles formes, la légèreté de la construction des édifices gothiques avec la magnificence de l'architecture grecque. »Maximilien Brébion, Mémoire à monsieur le comte de la Billarderie Angiviller'' 1780, publié par Michael Petzel, ''Soufflots Sainte-Geneviève und der französische Kirchenbau des 18. Jahrunderts, Berlin, 1961, p. 147. Soufflot a composé son église en puisant dans différents registres : gothique : par la structure, constituée d'une nef voûtée, contrebutée par des arcs-boutant au-dessus des bas-côtés. Il est à noter que Soufflot connaissait l'architecture gothique pour avoir écrit un mémoire sur l'architecture gothique en 1747,
byzantin : avec l'usage des coupoles en couvrement,
classique : la coupole à tambour, avec son péristyle extérieur, est une référence au tempietto de Bramante,
mais surtout grec antique : péristyle à six colonnes à entrecolonnement régulier et à fronton triangulaire (unique à l'époque), colonnes corinthiennes portant un entablement ? alors que l'usage à l'époque était les piliers carrés portant des arcades (cf. l'église Saint-Sulpice).
En raison de ce mélange des références, l'église Sainte-Geneviève sera considérée par Pierre Lavedan et Louis Hautec?ur comme le premier édifice éclectique.Michael Petzel, Soufflot et l'ordonnance de Sainte-Geneviève, in Soufflot et l'architecture des Lumières (actes du colloque Soufflot et l'architecture des Lumières), 1980, ed. École nationale supérieure des Beaux-Arts, Paris, p. 12 à 25, ISBN|2-903639-00-0 Il est cependant généralement classé comme néo-classique, d'abord pour sa période de construction, et par le vocabulaire de l'architecture classique (colonnes, entablement, fronton, etc.) utilisé dans une volonté de retour à la simplicité antique en réaction au style baroque de la période précédente (la façade ne comporte qu'un seul ordre comme les temples grecs, et non des ordres superposés comme Saint-Louis des Invalides, les colonnes du péristyle d'entrée ont un entrecolonnement régulier comme les temples antiques, alors que l'usage classique était d'écarter plus les colonnes centrales, le même ordre corinthien sert à l'intérieur et à l'extérieur, etc.)Sur ce thème on peut consulter le site : [http://membres.lycos.fr/pantheondeparis/architecture.html Le projet de Soufflot 1755-1780]
D'un point de vue structurel, les quatre nefs servent à contrebuter les poussées latérales du dôme. Cependant, le recours à l'armature de la pierre est nécessaire, compte tenu des poussées à contenir. Le portail contient une structure métallique invisible. Il s'agit véritablement de pierre armée et non pas simplement chaînée comme il était souvent pratiqué à l'époque, la disposition des armatures étant déjà celle d'une poutre en béton armé.Encyclopédia Universalis, article : 'Fer et fonte (Architecture)', 1970, volume 6, p. 1028, ISBN|2-85229-281-5 Cependant cette technique de construction nécessite un entretien régulier, pour éviter que l'humidité n'entre dans la maçonnerie et ne fasse rouiller le fer des armatures qui risquent à leur tour de faire éclater la pierre.
Dès 1764, ce projet audacieux est l'objet de protestations de la part du clergé catholique qui s'élève contre la construction d'une église dont le plan au sol ne serait pas celui d'une croix latine. Soufflot doit donc revoir son plan. Il allonge d'une travée le bras du ch?ur (branche est), ce qui permet de créer une abside flanquée de deux tours abritant des chapelles au rez-de-chaussée et des clochers en élévation. À l'opposé, il allonge également le bras de la branche ouest en la dotant, à la manière des temples grecs de l'Antiquité, d'une sorte de pronaos, c'est-à-dire d'un portique qui précède le sanctuaire.
La triple coupoleUn élément essentiel de la construction reste invisible aux yeux du visiteur. Alors que l'on pourrait penser qu'une seule coupole soutient le lanterneau et la croix à son sommet, en réalité, trois coupoles sont emboîtées les unes dans les autres. Le dôme extérieur est en pierre recouverte de bandes de plomb, et non pas en charpente, comme il était de tradition à l'époque (comme à Saint-Louis-des-Invalides). Sa mise en ?uvre constitue d'ailleurs une véritable prouesse technique.
De l'intérieur, on peut voir une coupole à caissons, ouverte au centre par un oculus (ouverture ronde). Cette coupole basse s'appuie sur la partie basse du tambour, au niveau de la colonnade extérieure, qui contrebute l'ensemble.
Entre ces deux coupoles, extérieure et intérieure, est construite une troisième coupole technique de forme parabolique (en gros, de la forme d'un demi-?uf) qui soutient la lanterne de pierre, laquelle pèse plus de cinq tonnes. C'est sur la face intérieure de cette coupole qu'est peinte l'apothéose de sainte Geneviève'' d'Antoine Gros, que l'on peut admirer à travers l'oculus de la coupole intérieure. Cette coupole intermédiaire n'est pas constituée d'un manteau de pierre continu comme le dôme extérieur : elle est ajourée par quatre arcs qui permettent de faire descendre les charges de la lanterne vers les piles. Les jours, quant à eux, laissent passer la lumière prise par les fenêtres en partie haute du tambour entre les deux coupoles inférieures pour nimber la peinture de ''l'apothéose.
On pourra comparer cette méthode de circulation de la lumière avec celle qu'ont adoptée les prédécesseurs de Soufflot ; par exemple, le Panthéon de Rome et son oculus central à ciel ouvert, ou la coupole des Invalides de Paris de Hardouin-Mansart. Il est à noter qu'un dispositif à trois coupoles a été utilisé à la cathédrale Saint-Paul de Londres un peu auparavant, avec cependant un dôme en charpente. On comprendra ce système de construction en examinant la maquette réalisée par Rondelet : elle se trouve exposée dans la chapelle annexe-nord du bâtiment. On peut également la visualiser sur le site internet de l'[http://www.learn.columbia.edu/ha/html/baroque.html#interactiveplans université de Columbia, photos d'architecture au format QT] à l'adresse [http://www.learn.columbia.edu/ha/html/baroque_panth_model2.htm Maquette du Panthéon] ou [http://www.learn.columbia.edu/ha/html/baroque_panth_model3.htm sur celui-ci]. Sur un [http://www.learn.columbia.edu/ha/html/baroque_panth_model1.htm autre panorama] on peut voir également les clochers que Soufflot avait mis à l'origine et qui furent rasés par la suite. La crypteLa crypte couvre toute la surface de l'édifice. En effet, elle est constituée de quatre galeries, chacune sous chacun des bras de la nef. Cependant, elle n'est pas véritablement enterrée comme une cave puisque des fenêtres, en haut de chaque galerie, sont ouvertes sur l'extérieur. On pénètre dans la crypte par une salle décorée de colonnes doriques (en référence au temple de Neptune à Paestum, que Soufflot avait visité pendant son voyage en Italie). En avançant, on découvre ensuite, au centre du bâtiment, la vaste salle voûtée de forme circulaire et la petite pièce centrale, située juste au centre du dôme. On peut s'interroger sur les dimensions de la crypte qui paraît incroyablement vaste. Les 73 hôtes actuels ne sont pas à l'étroit puisque la capacité totale d'accueil est d'environ 300 places. Quel pouvait être le projet initial de Soufflot ? Une des hypothèses émises serait que Louis XV voulait en faire un mausolée pour les Bourbon.Les étapes de la constructionIl s'agissait d'abord de trouver de l'argent pour réaliser ce projet. On majora le prix des trois loteries mensuelles, leur coût passant de 20 sols à 24, ce qui rapporta formatnum:400000 livres. Ensuite il fallait trouver un terrain. On décida de le prendre sur la partie ouest du jardin de l'abbaye Sainte-Geneviève.Les travaux commencèrent en 1758. L'argent récolté ne permit de réaliser que les fondations, car le terrain était miné par les galeries qu'avaient forées, seize siècles plus tôt, les potiers gallo-romains pour extraire l'argile. On dénombra au moins sept puits de 25 mètres de profondeur, et une centaine d'autres, moins profonds. Enfin le 6 septembre 1764 Louis XV vint poser la première pierre. On avait édifié pour l'occasion une reproduction du futur édifice, un trompe-l'?il grandeur nature, de toile et de charpente, représentant le futur portail de l'église (une toile de Demachy au musée Carnavalet représente cette cérémonie). La construction avança malgré tout avec régularité : en 1769, les murs étaient élevés et en 1776, les voûtes terminées et décintrées. Mais le projet fut très contesté. Bien que cette idée fît école (le monument fut imité à Copenhague, Potsdam, Saint-Pétersbourg), il fut attaqué par de nombreux détracteurs. L'audace du projet, mais aussi, il est vrai, des tassements dans les maçonneries dus à une mauvaise exécution, alimentèrent libelles et mémoires explicatifs. La polémique fut très vive et c'est désespéré que Soufflot mourut le 29 août 1780 avant que le projet ne fût terminé. Les critiques principales tendaient à établir que les quatre groupes de trois colonnes destinées à soutenir les trois coupoles, imaginées par l'architecte, manquaient de solidité et que l'édifice allait s'écrouler. D'où viennent les pierres de la construction ? Certainement pour la plupart des carrières du Bassin parisien. Les parties inférieures, jusqu?à 9 pieds de hauteur, viennent des carrières d'Arcueil et sont constituées de banc franc réputé comme le cliquart pour sa finesse et sa dureté du grain. De la carrière de Conflans-Sainte-Honorine, au confluent de la Seine et de l'Oise on a extrait deux beaux blocs dit de banc royal qui ont été employés pour les angles du fronton. Du banc supérieur au banc royal, on trouve des pierres d'une dureté et d'une finesse un peu inférieure, dont on a extrait les blocs qui ont servi au chapiteaux des colonnes corinthiennes.L'art de bâtir, Rondelet, cité dans Minéralogie aplliquée au Arts, à l'agriculture ..., Cyprien Prosper Brard, tome 1 pages 11 à 15, Paris, 1821 L'achèvement de l'édifice par Rondelet et Brébion : 1780-1790La suite des travaux fut confiée à deux collaborateurs de Soufflot, les architectes Rondelet et Brébion aidés d'un parent de Soufflot, Soufflot dit le Romain. Pour la structure, leur principal apport fut de substituer de massifs piliers aux colonnes imaginées par Soufflot pour soutenir le dôme. Ils assurèrent également le suivi du chantier. On trouvera sur le site italien [http://rondelet.biblio.polimi.it/cd/vita_opere.htm Vita e opere] de nombreuses gravures sur la construction de l'église Sainte-Geneviève, plans de coupe du bâtiment, croquis de machines de chantier pour tester la solidité de la pierre et pour le renforcement de la pierre par des armatures de métal. Le sculpteur Guillaume II Coustou réalisa le fronton.Les modifications de Quatremère de Quincy pour en faire un temple républicainLe 4 avril 1791, l'Assemblée constituante transforme l'église Sainte-Geneviève en « Panthéon des grands hommes ». Elle charge Quatremère de Quincy d'adapter les lieux à cette nouvelle fonction[http://visualiseur.bnf.fr/CadresFenetre?O=NUMM-48542&M=chemindefer&Y=Image Rapport fait au Directoire sur les travaux du Panthéon] (1792). Les choix de l'architecte vont l'idée initiale de Soufflot : il change l'apparence extérieure en supprimant le lanterneau et les clochers, devenus inutiles. Intérieurement il obture 38 des 42 fenêtres, modifiant ainsi profondément la circulation de la lumière à l'intérieur du bâtiment. Alors que le projet initial était de faire entrer le plus de lumière possible, l'obturation des ouvertures plonge maintenant la base du lieu dans une semi-pénombre. Elle accentue la lumière zénithale issue de l'oculus de la coupole à caissons, comme c'est le cas pour l'austère Panthéon de Rome. Il faut noter que la suppression de ces fenêtres perturbe la ventilation du bâtiment ; elle accroît en particulier le taux d'humidité et se trouve à l'origine, au s-|XX|e, de fissures et d'érosion des structures métalliques. Au milieu du bouillonnement des idées de la Révolution française, concernant le Panthéon, il faut retenir l'idée de Charles de Wailly, finalement non réalisée, qui aurait consisté à l'édifice pour le mettre au goût de l'époque et lui donner le caractère de solidité qui semblait lui manquer. La période napoléonienneDurant cette période, la polémique sur la solidité de l'édifice continue au point qu'un étayage intérieur est mis en place. Napoléon s'intéresse de près aux remèdes possibles pour le solidifier en proposant de mettre des piliers en fonte pour soutenir le dôme. Il attribue une somme de formatnum:600000 francs à la réfection du bâtiment et, sur les conseils de son architecte, M. Fontaine, il charge Rondelet de cette mise en application.Mémoires anecdotiques sur l'intérieur du palais et sur quelques événements de l'Empire depuis 1805 jusqu'en 1816 pour servir l'histoire de Napoléon, Louis François Joseph Bausset-Roquefort, tome 4, page 124 et suivantes, 1829, A. Levavasseur éditeur à Paris Finalement la seule réalisation sera, à l'arrière de l'édifice, la construction d'un escalier monumental pour descendre dans la crypte.Les éléments de décorsPassées ces étapes de construction, le bâtiment ne subira plus de modification de structure. Au gré de l'histoire des s2|XIX|e|XX|e, du au début de la Quatrième République, chaque pouvoir en place utilisera la destination de cet édifice comme l'affirmation de sa conception de l'État, et en particulier de son rapport avec le pouvoir religieux. L'étude et l'observation des différents éléments des décors intérieurs et extérieurs ? tour à tour chrétiens, patriotiques, républicains, francs-maçons, philosophiques ? rendent compte des âpres débats politiques de chaque période. Ceux qui ont été retenus puis retirés, ceux qui ont été modifiés, ceux qui ont survécu, tout comme les projets refusés, l'ensemble de ces choix constitue une illustration de l'art officiel du moment. La Révolution française
La période napoléonienne
Les Première et Seconde Restauration 1814-1830
La Restauration de Louis-Philippe 1830-1848
La Seconde République 1848-1851
Le Second Empire 1851-1871
La Commune de Paris 1871
La Troisième République 1871-1940
La Quatrième République 1946-1958
La Cinquième République depuis 1958
La Révolution françaiseLes symboles religieux sont enlevés et le fronton est modifié pour accueillir un motif révolutionnaire. Des fragments du fronton primitif sont encore visibles dans le bras-sud de la crypte, en particulier un profil de Louis XVI. Le nouveau motif, du sculpteur Jean Guillaume Moitte qui en achève l'exécution en 1793, représente la Patrie couronnant la Vertu, tandis que la Liberté saisit par leur crinière deux lions attachés à un char qui écrase le Despotisme, et qu'un génie terrasse la Superstition. L'inscription « Aux grands hommes la Patrie reconnaissante » y est apposée. Au-dessus des portes latérales sont posés deux bas-reliefs : à gauche, « L'Instruction publique », ?uvre de Lesueur ; à droite, « Le Dévouement patriotique », ?uvre de Chaudet. Lors de la bataille du 13 prairial an II, le vaisseau Le Vengeur, faisant partie de l'escadre de Brest, sombre en livrant bataille contre une escadre anglaise qui voulait empêcher le passage de 160 navires en provenance d'Amérique, chargés de blé, pour assurer le ravitaillement des Français. La légende raconte que pendant le naufrage du bateau les marins criaient « Vive la Nation ! Vive la République ». La Convention décrète alors qu?une maquette du bateau serait suspendue à la voûte du Panthéon et que les noms des membres de l?équipage seraient gravés sur les colonnes du monument. Le 9 Thermidor empêcha cette réalisation. Plus tard, une statue commémorant l'événement sera placée le long d'un des piliers (date inconnue). Saint-Just propose que les noms des victoires soient inscrits sur ses murs et que des livres y soient déposés, portant le nom de tous ceux qui ont concouru à la Révolution ou qui en seront morts ou en auront souffert. Histoire parlementaire de la Révolution française, P.J.B Buchez & P.C. Roux, Tome 35, Librairie Paulin 1887, page 312La période napoléonienneNapoléon rend à l'édifice sa fonction d'église mais il installe dans la crypte des dignitaires de l'Empire. En 1801, Somer y fait transporter l'orgue des Bénédictins anglais. Dès 1806, l'architecte Rondelet est chargé de consolider les piliers du dôme et en 1811 on commande à Antoine Gros une peinture représentant l'apothéose de sainte Geneviève. Dans cette peinture, l'Empereur occupait naturellement une place importante, tenant à la main le Code civil français. Les changements politiques de 1815 nécessitèrent des transformations dans les personnages représentés. [En savoir plus...] Sur les pendentifs, Carvallo peint, d'après des dessins de Gérard, des allégories relatives au premier Empire : la Gloire, la Mort, la Patrie, la Justice. Un escalier monumental est construit pour descendre dans la crypte. clr Les Première et Seconde Restauration 1814-1830Louis XVIII décide de rendre le bâtiment à sa destination première : le 3 janvier 1822, jour de la fête de la patronne de Paris, l'église est inaugurée. Le fronton est modifié en conséquence. Il représente maintenant une croix de pierre au milieu de rayons fulgurants ; la formule « Aux grands hommes la patrie reconnaissante » est remplacée par l'inscription « D.O.M. sub invocat. S. Genovefae. Lud. XV dicavit. Lud. XVIII restituit » On aménage la chapelle, située sous l'ancien clocher nord, avec un décor de pilastres orange et une coupole en pierre, coupole à caissons ornés de roses finement sculptées. La peinture d'Antoine Gros, remaniée, est visitée par le roi Charles X en 1824. Elle sera achevée à cette date ou en 1827 selon les auteurs. La Restauration de Louis-Philippe 1830-1848
Louis-Philippe transforme à nouveau l'édifice en panthéon. En 1837 on commande à Nanteuil trois bas-reliefs au centre du péristyle, pour remplacer ceux de l'époque révolutionnaire. Ainsi se trouve désormais au-dessus de la porte centrale L'Apothéose du héros mort pour la patrie'', encadrée par ''Les Sciences et les Arts'' et ''La Magistrature. Entre 1831 et 1837, David d'Angers réalise une sculpture pour le fronton La Patrie couronnant les hommes célèbresSur ce sujet on pourra consulter le document de Wikisource [http://fr.wikisource.org/encyclopedie_Le_fronton_du_Panth%E9on Le fronton du Panthéon], tome 11, Gustave Planche, Revue des deux mondes, 1837. Le plâtre de ce bas-relief est visible à la galerie David d'Angers à Angers. Il sera secondé dans ce travail par Hippolyte Maindron. Le motif représente au centre La Patrie distribuant des couronnes aux grands hommes, entre la Liberté à droite qui donne les couronnes et l'Histoire à gauche qui inscrit sur ses tables les noms. Article détaillé|Liste des personnes citées au Panthéon de Paris#Personnes présentes sur le fronton de David d'Angers}Personne citée au Panthéon de Paris En 1837, le gouvernement tente de faire supprimer l?effigie de Lafayette, ce que David refuse avec obstination, appuyé en cela par la presse libérale. Aussi le fronton est-il dévoilé sans cérémonie officielle. L'inscription : « Aux grands hommes la Patrie reconnaissante » est remise en place. Enfin on décide d'entourer le monument d'une grille à palmettes. Son dessin, ainsi que celui des deux candélabres en bronze, sont dus à Louis-Pierre Baltard architecte et graveur. La réalisation en est confiée à l'architecte Destouches. Baltard rétablit également le lanterneau du dôme, supprimé à la Révolution. La Seconde République 1848-1851En 1848, Ledru-Rollin et le gouvernement provisoire passent commande au peintre Chevanard de la décoration intérieure. Il mène pendant trois des recherches passionnées. Il imagine de réaliser une histoire de l'humanité et de son évolution morale, interprétée comme une suite de transformations devant aboutir à une fin générale et providentielle. La partie gauche représenterait l'ère païenne ; le ch?ur, avec une Prédication de l'Évangile'', figurerait la fin des temps antiques et le début des temps nouveaux. À droite, des fresques illustreraient les temps modernes. Enfin sur le pavage serait placée, au centre, une gigantesque synthèse de la « Philosophie de l'histoire », nouvelle École d'Athènes du s-|XIX|e, entourée par l'« Enfer », le « Purgatoire », la « Résurrection » et le « Paradis ».[http://fr.wikisource.org/encyclopedie_Le_Panth%E9on%2C_peintures_murales Sur Wikisource lire : ''Le Panthéon, peintures murales, Théophile Gautier, 1848] Ce projet est arrêté par le décret de 1851 (voir la section Second Empire). C'est durant l'année 1851 que l'attraction créée par les oscillations d'un pendule de 67 mètres de long accroché à la nef par Jean Bernard Léon Foucault intrigue un grand nombre de visiteurs. Le Second Empire 1851-1871Le 6 décembre 1851, le futur Napoléon III retransforme le Panthéon en basilique nationale, dédiée à sainte Geneviève. L'inauguration a lieu le 3 janvier 1852. On entoure de planches les tombeaux de Rousseau et de Voltaire pour qu'ils ne soient plus visibles.Histoire des artistes vivants français et étrangers, Théophile Silvestre Loudolphe de Virmond, Paris 1856 La commande passée au peintre Chevanard est arrêtée. Son projet, présenté en 1855, avait à nouveau suscité la polémique. Le prince-président, qui a rendu l'édifice au culte catholique, ne pouvait pas trouver, dans ce syncrétisme encyclopédique, une affirmation suffisamment forte du rôle de l'Église dans la constitution de l'État français. (Les cartons préparatoire de Chevanard sont actuellement au musée de Lyon.) Le mobilier religieux est alors remis en place et on enlève l'inscription « Aux grands hommes la Patrie reconnaissante ». L'église devient le siège d'un chapitre de chanoines les « Chapelains de Sainte Geneviève ». La nécessité de grandes orgues se fait sentir. En novembre 1852, le génial facteur d'orgues Aristide Cavaillé-Coll propose le projet d'un nouvel orgue en l?église Sainte-Geneviève. Le 17 décembre suivant, le ministre de l'intérieur signe le marché, d'un montant de 20.000 francs. En 1853, Cavaillé-Coll réalise et installe le nouvel instrument, un huit pieds de deux claviers-pédalier et de 21 jeux, qui participe ainsi au service de la liturgie. Clément Loret en est le titulaire. L'État commande à Hippolyte Maindron deux groupes de statues à placer sous le péristyle d'entrée : Attila et sainte Geneviève'' (1857) et ''La conversion de Clovis par saint Rémi (1865). Ces deux grands ensembles ont été renvoyés aux réserves des musées lors de la dernière restauration du monument, et ne se trouvent donc plus sur place aujourd'hui.Extrait de l'article de Jean Vuillemin paru dans « Arts et Métiers Magazine », p. 40, Octobre 2001. Ces ?uvres restent néanmoins visibles au musée d'Angers. Les deux portes latérales sont posées : en bronze, dessinées par Constant-Dufeux, elles rappellent à la fois le chiffre de sainte Geneviève et l'inscription de la façade : Aux grands hommes, la Patrie reconnaissante. Elles portent le millésime MDCCCL (1850). La Commune de Paris 1871
François Jourde, communard, annonce à la foule que le Panthéon sera retiré au culte religieux pour être affecté au culte des grands hommes.
Le 31 mars 1871, on hisse un drapeau rouge au sommet de l'édifice.
Le 2 avril 1871 les petites branches de la croix qui surmonte l'édifice sont sciées et un drapeau rouge est planté au sommet.
La Troisième RépubliqueL'architecte Louis-Victor Louvet procède à des restaurations et, en juillet 1873, il replace la croix au sommet du dôme. Cependant à l'occasion de l'enterrement de Victor Hugo en 1885, on décide de transformer de nouveau l'église Sainte-Geneviève en panthéon. On enlève le mobilier religieux et on remet l'inscription « Aux grands hommes la Patrie reconnaissante ». L'orgue se fait entendre une dernière fois dans ce lieu, car en 1891, par entente entre les départements de la guerre et des travaux publics, l?orgue est affecté à l?église de l?hôpital militaire du Val-de-Grâce où il est transféré la même année par le facteur Merklin. Une commande est passée par le marquis de Chennevières, en 1874, pour la réalisation d'un grand cycle de peinture sur l'histoire de France. Ces huiles sur toile marouflée sont accrochées devant les fenêtres obturées par Quatremère de Quincy, rendant ainsi quasi-définitivement impossible le retour au projet initial de Soufflot. On peut remarquer : - La suite décorative consacrée à sainte Geneviève, par Puvis de Chavannes - La prédication de saint Denis, par Galand - Le martyre de saint Denis, par Bonnat - sainte Geneviève rend le calme aux Parisiens à l'approche d'Attila, par Delaunay - La vie de saint Louis, par Cabanel - L'histoire de Jeanne d'Arc, par Lenepveu - La mort de sainte Geneviève, par Jean-Paul Laurens - Le v?u de Clovis à la bataille de Tolbiac'', ''Le baptême de Clovis, par Paul-Joseph Blanc - L'idée de la Patrie, L'Abondance, La Chaumière, La Peste, par Humbert - Charlemagne couronné empereur protégeant les Arts, par Henri-Léopold Lévy De 1875 à 1884, Ernest Hébert réalise la mosaïque de l'abside, représentant Le Christ montrant à l'ange de la France les destinées de son peuple (ANGELVM GALLIÆ CVSTODEM CHRISTVS PATRIÆ FATA DOCET). À sa droite l'ange, debout, portant une épée puis, à genoux, la Ville de Paris portant le Scilicet ; à sa gauche, sainte Geneviève debout et, à genoux, Jeanne d'Arc tenant un drapeau. Cette représentation illustre les débats qui pouvaient agiter les débuts de la Troisième république entre laïcs et catholiques : sur les cinq personnages représentés, quatre ont une auréole, dont celui représentant la Ville de Paris ; Jeanne d'Arc en revanche n'en porte pas. Elle ne sera canonisée par l'église catholique qu'en 1920. Une sculpture de Mirabeau est commandée à Jean-Antoine Injalbert. Dans le même temps, on commande à Rodin un monument à la gloire de Victor Hugo. Le projet avait été conçu par Edward Lockroy, en hommage aux grands hommes de l'histoire de France. Il devait comporter cent sculptures qui auraient été placées dans le transept nord. L'idée était de reconstituer la fierté nationale mise à mal par la défaite récente de 1870 face aux Prussiens. Or le comité chargé de juger les ?uvres conclut que les propositions de Rodin ne s?harmonisent pas avec la statue de Mirabeau. C?est donc cette statue seule qui est placée derrière l?autel. De 1902 à 1905, Édouard Detaille peint Vers la gloire, qualifié d'hymne pictural à la République. Deux sculptures du début du s-|XX|e sont installées dans le transept. Face à celle de Landowski au nord dédiée « À la mémoire des artistes dont le nom s'est perdu »'' se trouve celle de Bouchard en hommage ''« Aux héros inconnus, aux martyrs ignorés morts pour la France ». En 1906 une copie du Penseur de Rodin est placée devant le Panthéon. Elle a été retirée par la suite. En 1913, on place un autel républicain dans l'espace initialement prévu par Soufflot pour l'autel religieux dans la destination première de l'édifice. C'est François-Léon Sicard qui réalise cet ensemble, à la gloire de la Convention nationale. Après la première guerre mondiale est apposée une plaque portant le nom des écrivains morts pour la France au cours de la période 1914-1918. Le Panthéon de Paris est classé monument historique en 1920. La Quatrième RépubliqueAprès la seconde Guerre mondiale est apposée une plaque portant le nom des écrivains morts pour la France pendant la période 1939-1945. De part et d'autre du Panthéon sont érigées en 1952 les nouvelles statues en pierre de Corneille et de Rousseau, en remplacement de deux statues envoyées à la fonte en 1942. La première statue de Rousseau avait été inaugurée en février 1889, en ouverture des célébrations du premier centenaire de la Révolution française.La Cinquième RépubliqueCette période semble marquer une certaine stabilité ; aucun élément architectural n'a plus été modifié, retiré ou ajouté depuis 1958. Pourtant un élément de décoration symbolique est venu occuper le centre de la nef, jusqu?à ce jour restée vide et sans affectation : la reconstitution, en 1995, de l'expérience du pendule de Foucault. Depuis cette date, la boule de laiton partage l'univers en deux alors que tourne autour d'elle la déesse égyptienne Bastet, statue installée en 1996 pour la cérémonie du transfert des cendres d'André Malraux. L'époque contemporaine manifeste un souci évident de préservation et de conservation du monument, d'autant plus nécessaire que l'obturation des ouvertures imaginées par Soufflot modifie la ventilation du bâtiment et augmente le taux d'humidité, provoquant ainsi l'effritement des pierres et la corrosion de la structure métallique. En 1984, l'architecte en chef des monuments historiques, Hervé Baptiste, est chargé de la restauration du bâtiment. Le projet de loi de finances pour 2006 prévoit la poursuite de la rénovation de l'édifice. Un autre événement rend urgente la restauration : lors de la tempête du dimanche Date|26|décembre|1999, la toiture du dôme subit des dégâts importants. La couverture est fortement endommagée ; des plaques de plomb se sont envolées, provoquant des dégâts aux alentours. Le ministère de la culture, à l'époque, évalue les travaux à 5 MF pour l'urgence, et à 40 MF pour la restauration définitive du dôme. En 2007, plusieurs projets mineurs de rénovation et d'aménagement de visite sont en cours de réalisations : - La mise en scène de la crypte des Grands Hommes : Une nouvelle scénographie (mise en lumière, ambiance sonore, textes) donnera une plus grande lisibilité au lieu et aux tombeaux importants, notamment ceux de Rousseau, Voltaire, Hugo, Malraux... - La réalisation d'une maquette tactile qui servira de support pédagogique pour les ateliers pour enfants et les visites tactiles pour personnes déficientes visuelles, - La restauration de la maquette du s-|XVIII|e, classée "Monument historique au titre objet" en 1975. Guillaume Boichot les bas- reliefs des droits de l'homme au-dessus de la porte du Panthéon.
Le Temple républicain, lieu de mémoire collectiveL'hommage de la NationQui décide d'une inhumation ?Commençant avec la Révolution française dans un bâtiment neuf et encore non consacré comme église, la « panthéonisation » est une tradition reprise des Égyptiens et qu'ont suivie ensuite les Grecs puis les Romains. Le choix de donner à un personnage l'hommage ultime de « grand homme » de la nation française, ainsi que la mise en scène de la cérémonie, varient suivant les périodes de l'histoire de France. En 1791, au moment de la création du concept de Panthéon français, c'est l'Assemblée constituante qui décide. La Convention en 1794 prendra le relais pour le choix de l'inhumation de Jean-Jacques Rousseau, mais aussi pour retirer Mirabeau en 1794 et plus tard Marat. Pendant le Premier Empire, c'est bien sûr Napoléon Ier qui s'attribuera ce privilège. Sous la Troisième République, ce sont les députés qui proposent et décident. Certains transferts, comme celui d?Émile Zola en 1908, déclenchent de violentes polémiques. À l'heure actuelle, ce choix revient au président de la République. Il s'agit plus d'un état de fait que d'un véritable droit, aucun texte officiel ne régissant ni les critères ni la forme de la cérémonie. On peut toutefois noter que plusieurs présidents de la cinquième république (Charles De Gaulle, François Mitterrand, Jacques Chirac) ont voulu ponctuer leur époque par des panthéonisations, symboliques de leur propre vision de l'Histoire de la France.Les grands hommes inhumés au PanthéonEn 2007, on recense 76 personnages dont le gouvernement au pouvoir a décidé la "panthéonisation". Pour plusieurs, après avoir été admis au Panthéon, ils en ont ensuite été retirés. Il s'agit de : Mirabeau
Louis-Michel Lepeletier de Saint-Fargeau
Auguste Marie Henri Picot de Dampierre
Marat
Pour Descartes, Bara ou Viala, si la décision a été prise, le transfert n'a pas été exécuté.
De plus, le corps du général Beaurepaire n'ayant pas été retrouvé, la cérémonie n'a pas eu lieu.
Aujourd'hui la France honore donc 65 des siens par des tombes ou urnes funéraires, situées dans la partie inférieure du monument.
Il faut ajouter trois tombes placées ici pour des raisons particulières :
l?architecte Soufflot, inhumé là en 1829 en tant que concepteur du bâtiment,
Marc Schoelcher, le père de Victor, qui repose avec son fils pour respecter leur volonté commune,
Sophie Berthelot, la femme du chimiste, pour la même raison. Du reste, accablé de douleur, Marcellin Berthelot est décédé une heure après son épouse.
Date d'inhumation :
Les inscriptions La patrie honore aussi ses fils en inscrivant leurs noms sur les murs du temple républicain. Plus de mille noms y sont inscrits. On en trouvera les listes dans la Liste des personnes citées au Panthéon de Paris
De part et d'autre du monument à la Convention nationale on trouve :
Le nom des écrivains morts pour la France pendant la guerre de 1914-1918 (ils sont 546 dont Alain-Fournier, Apollinaire, Charles Péguy, Victor Segalen)
Article détaillé|Liste des personnes citées au Panthéon de Paris#Écrivains morts pendant la guerre de 1914-1918}Hommage aux écrivains morts pendant la guerre 1914-1918
Le nom des écrivains morts pour la France pendant la guerre de 1939-1945 (Ils sont 199 dont Saint-Exupéry, Pierre Brossolette, Robert Desnos, Max Jacob)
Article détaillé|Liste des personnes citées au Panthéon de Paris#Écrivains morts pendant la guerre de 1939-1945}Hommage aux écrivains morts pendant la guerre 1939-1945
- Sur le mur de la nef se trouvent quelques inscriptions concernant des personnages ayant marqué l'histoire de France par leur combat et leurs idées :
Henri Bergson : Philosophe dont l'?uvre et la vie ont honoré la France et la pensée humaine
Antoine de Saint-Exupéry : Poète, romancier, aviateur, disparu au cours d'une mission de reconnaissance le 31 juillet 1944
L'aviateur Guynemer : À la mémoire du capitaine Guynemer symbole des aspirations et des enthousiasmes de l'armée de la Nation.
Général Delestraint : À la mémoire du genéral Delestraint, chef de l'armée secrète, compagnon de la Libération
- Dans l'escalier monumental qui mène à la crypte, on remarque une plaque gravée en mémoire des soldats de la guerre de 1870 :À la mémoire des généraux D'Avrelles de Paladines, Chanzy et Faidherbe, des colonels Denfert-Rochereau et Teyssier ainsi que des officiers et des soldats des armées de terre et de mer qui en 1870-1871 ont sauvé l'honneur de la France. La plaque est entouré de deux écussons rappelant les batailles livrées : Patay, Orléans, Belfort, Bapaume, Coulmiers, Bitche.
- Dans la crypte,
sont accrochées des plaques de bronze sur lesquelles on peut lire les noms des victimes de la révolution de 1830. Ces plaques ont été posées par Louis-Philippe lors d'un cérémonie le 29 juillet 1831. Les noms des matyrs de la Révolution de 1848 ont été ajoutés par la suite.À la mémoire des martyrs de la Révolution tombés en 1830 et 1848 pour que vive la Liberté.
Article détaillé|Liste des personnes citées au Panthéon de Paris#Martyrs des révolutions de 1830 et 1848}Martyrs des révolutions de 1830 et 1848
deux inscriptions proches du caveau XXVI où sont les cercueils de Jean Jaurès, Félix Éboué, Marc Schoelcher et Victor Schoelcher :
À la mémoire de Toussaint Louverture : Combattant de la liberté, artisan de l'abolition de l'esclavage, héros haïtien mort déporté au Fort-de-Joux en 1803.
À la mémoire de Louis Delgrès : Héros de la lutte contre le rétablissement de l'esclavage à la Guadeloupe, mort sans capituler avec trois cents combattants au Matouba en 1802, Pour que vive la liberté.
Hommage aux «Justes de France». Sur la plaque on peut lire le texte suivant : ''Sous la chape de haine et de nuit tombée sur la France dans les années d'occupation, des lumières, par milliers, refusèrent de s'éteindre. Nommés "Justes parmi les nations" ou restés anonymes, des femmes et des hommes, de toutes origines et de toutes conditions, ont sauvé des juifs des persécutions antisémites et des camps d'extermination. Bravant les risques encourus, ils ont incarné l'honneur de la France, ses valeurs de justice, de tolérance et d'humanité.
[En savoir plus ...]
Les cérémonies à l'occasion de transferts de cendresOn peut consulter sur le site [http://www.monum.fr/m_pantheon/animation/pop.dml Monum], Centre des Monuments français, la présentation des personnages admis au Panthéon. À partir de la cérémonie d'Émile Zola (1908), des documents audio-visuels au format flash sont proposés.Révolution française Mirabeau, lundi 4 avril 1791
La cérémonie Il meurt à Paris, le 2 avril 1791. La nuit à la lueur des flambeaux, son corps est porté au Panthéon, à travers le vieux Paris, aux sons formidables et inconnus d'instruments de musique imaginés par François-Joseph Gossec. L'édifice n'étant pas encore adapté à sa nouvelle destination, le cercueil est en fait déposé dans un caveau de l'ancienne église abbatiale. Sa dépouille fut déposée à l'église Sainte-Geneviève, transformée en Panthéon par Quatremère de Quincy.
{{boîte déroulante|titre=? Lire le texte Louis Blanc sur la cérémonie ?'|contenu='Histoire de la Révolution française par Louis Blanc, pages 236 à 239, tome cinquième, 1853 Langlois et Leclercq, Paris.
Cependant, tout Paris s'agitait pour rendre au mort des honneurs souverains. Le département, la municipalité, plusieurs autres corps administratifs, s'imposèrent un deuil de huit jours ; un deuil public, comme dans les grandes calamités nationales, fut demandé par une députation des quarante-huit sections ; le club des Jacobins décida qu'il assisterait en corps aux obsèques, et enfin, le 4 avril, anticipant sur l'avenir, l'Assemblée décréta que la nouvelle église de Sainte-Geneviève serait consacrée désormais à la sépulture des grands hommes ; que Mirabeau était jugé digne de recevoir cet honneur, et qu'au-dessus du fronton de l'édifice seraient gravés ces mots : AUX GRANDS HOMMES LA PATRIE RECONNAISSANTE.
Il n?y avait que trois voix opposantes, celles d?d'Epréménil, de Montlosier et de Rochebrune. Robespierre déclara appuyer de tout son pouvoir le projet d'honorer la mémoire d'un homme qui, dans des moments critiques, avait déployé tant de courage contre le despotisme.Histoire parlementaire, tome IX, page 280
Les funérailles furent magnifiques. L'immense population de Paris se pressait sur le passage du héros étrange, pour jamais endormi. Balcons, terrasses, toits des maisons, les arbres même, tout était chargé de peuple. Ce fut à cinq heures et demi du soir que le cortège s'ébranla. Un détachement de cavalerie ouvrait la marche. Des canonniers de chacun des soixante bataillons, de vieux soldats blessés, l'état-major de la garde nationale et Lafayette, une partie des Cent-Suisses, le clergé, venaient ensuite, précédant le corps qui s'avançait entouré de grenadiers et porté par douze sergents. Le c?ur était recouvert d'une couronne de comte, masquée sous des fleurs ; un drapeau flottait sur le cercueil. Par une condescendance singulière et caractéristique du temps, le président de l'Assemblée nationale avait voulu céder le pas au président et aux membres du club des Jacobins ; mais ils refusèrent, et se contentèrent de prendre place, au nombre de dix-huit cents, immédiatement après l'Assemblée, c'est-à-dire avant le département, avant la municipalité, avant les ministres, avant toutes les autorités constituéesAbbé de Montgaillard, Histoire de France, tome II, page 302 ! Bailly, malade, ne suivait pas le convoi ; Bouille le suivit, son chapeau sur la tête. On y remarquait Sieyès donnant le bras à Lameth, auquel il n'avait pas parlé depuis dix-huit mois. Un homme avait refusé de consacrer par sa présence les égarements du génie ; c'était Pélion. Après trois heures d'une procession solennelle, le cortège qui occupait un espace de plus d'une lieue, entra dans l'église Saint-Eustache, entièrement tendue de noir. Là, devant un sarcophage élevé au milieu du ch?ur, eu présence d'une multitude recueillie, Cérutti prononça l'oraison funèbre : il y rappelait les grands noms de Montesquieu, de Fénelon, de Voltaire, de Rousseau, de Mably, et définissait en ces termes le rôle historique joué, après eux, par Mirabeau "Mirabeau se dit "Ils ont créés la lumière ; je vais créer le mouvement.Éloge funèbre de Mirabeau, par M. Cérutti dans la Bibliothèque historique de la Révolution. Mirabeau aîné, p. 288-9 British Museum""
On se remit en marche. La nuit était descendue sur la ville ; et à la lueur agitée des torches, an roulement des tambours voilés, au bruit, tout nouveau, du trombone et du tam-tam, instruments inconnus qui mêlaient aux .chants lugubres composés par Gossec leur lamentation sauvage et sonore, le convoi se traîna lentement jusqu'au Panthéon à travers l'ombre des rues profondes. Oh ! de quelle impression ne durent pas être alors saisis tant d'hommes que, si diversement, préoccupaient les choses futures ! Le trône n'allait-il pas s'abîmer, quand se retirait ainsi la main forte et cachée qui le soutenait encore ? Et 1?Assemblée, en l'absence de celui qui était sa lumière, saurait-elle, le long des précipices, continuer son chemin ? Et la liberté, ?car enfin, elle le comptait toujours parmi les siens et avait chance de le reconquérir un jour.? La liberté ? On se trouvait lancé sur la mer des naufragés : qui pouvait affirmer qu'avec un tel pilote de moins, le navire n'irait pas se briser contre les récifs, laissant la foule pâle se débattre sous la tempête, dans l'immensité de l'espace et des flots ?
Il était minuit quand on arriva au terme du triste itinéraire. Le service fut célébré, le corps déposé dans un caveau sous le cloître, et tout fut dit....
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Mais, en novembre 1792, la découverte de l'armoire de fer aux Tuileries livra la preuve des subsides qu'il avait touchés de la Cour? Le 21 septembre 1794, son cercueil était sorti du Panthéon par une porte latérale, tandis que celui de Marat franchissait la porte d'honneur. Dans son discours, David souligna cette simultanéité : « Que le vice, que l'imposture fuient du Panthéon. Le peuple y appelle celui qui ne se trompa jamais ». Les restes de Mirabeau n'ont jamais été retrouvés.Source : site internet de l'Assemblée nationale [http://www.assemblee-nationale.fr/histoire/mirabeau.asp Assemblée nationale]
Ses cendres auraient été jetées aux égouts.
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Voltaire, lundi 11 juillet 1791
La décision des révolutionnaires français de transférer les restes de Voltaire au Panthéon marque pour eux l'affirmation d'une filiation avec le siècle des Lumières. Il s'agit sans doute d'une suggestion des Girondins, qui se réclamaient volontiers des idées du philosophe.
C'est en tout cas l'une des premières cérémonies révolutionnaires. C'est aussi l'affirmation du Panthéon comme temple laïque ; il faut se souvenir qu'à sa mort en 1778, Voltaire, franc-maçon et anticlérical, avait été enterré presque clandestinement, l'église catholique lui ayant refusé des obsèques religieuses. D'ailleurs, en toute logique, le clergé ne participera pas à la cérémonie de panthéonisation.
La cérémonie
Ainsi, treize ans après sa mort (date|30|mai|1778), la dépouille de est transférée au Panthéon. La nuit précédant le convoi funèbre, le cercueil est exposé dans les ruines de la Bastille, prison où avaient été détenus Voltaire et d'autres ennemis de l'Ancien Régime, devenue depuis symbole de la Révolution. La cérémonie est mise en scène par l'architecte Cellerier, adepte d'un style gréco-romain. Le convoi funèbre est conduit par un détachement de cavaliers, suivi par les délégations des écoles, des clubs, des confréries et des groupes d'acteurs de théâtre. Puis viennent des ouvriers ayant pris part à la démolition de la Bastille, portant des boulets et des chaînes trouvés dans la prison. Quatre hommes en costume de théâtre classique soutiennent une statue dorée de Voltaire. Des acteurs brandissent des bannières avec les titres de ses principaux ouvrages. Ensuite vient un coffre doré, contenant une édition complète de ses ?uvres, récemment publiée, en 92 volumes. Une foule immense accompagne le cortège. Un orchestre complet précède le sarcophage tiré par douze chevaux blancs. Les parois sont décorées de masques de théâtre, avec cette sentence : citation|Il combattit les athées et les fanatiques. Il inspira la tolérance, il réclama les droits de l'homme contre la servitude de la féodalité. Poète, historien, philosophe, il agrandit l'esprit humain, et lui apprit à être libre. Les membres de l'Assemblée nationale, les magistrats et le Conseil municipal de Paris suivent le cercueil. Le convoi s'arrête à l'Opéra, à l'Ancienne et à la Nouvelle Comédie, et vers minuit atteint le Panthéon. Le musicien François-Joseph Gossec compose pour la cérémonie un hymne pour chant et cuivres (ou pour trois voix, ch?ur d'homme et orchestre d'harmonie) sur un poème de Marie-Joseph Chénier. La cérémonie a coûté formatnum:36868 livres dont 602 pour le banquet offert aux gardes nationaux ayant formé le cortège. Peinture de Pierre-Antoine Demachy ---- Louis-Michel Lepeletier de Saint-Fargeau, le jeudi 24 janvier 1793
À peine Louis XVI vient-il d'expirer, Barrère demande :
- Que le corps de Lepeletier soit déposé au Panthéon, que la Convention entière assiste à ses funérailles, et que tous les représentants s'y jurent une union fraternelle.
- Je demande aussi les honneurs du Panthéon pour Lepelletier, '' lit Robespierre, ''car ces honneurs seront pour la République plus que pour un individu.Histoire populaire de la Révolution française, M; Cabet, tome III, page 330, Pagnerre éditeur? Paris, 1840.
La cérémonie
Marie-Joseph Chénier organise un spectacle à l'antique pour celui qui vient d'être assassiné par un valet du roi Louis XVI. C'est avec lui que débute le culte des héros révolutionnaires tombés pour l'exemple. Sur la bannière du cortège, en lettres d'or on peut lire les dernières paroles attribuées à Lepeletier Je meurs content de verser mon sang pour la patrie, j'espère qu'il servira à consolider la liberté et l'égalité et à faire reconnaître les ennemis du peuple.
{{boîte déroulante|titre=? Lire le texte d'Alphonse de Lamartine sur la cérémonie ?'|contenu='Histoire des Girondins par Alphonse de Lamartine, page 367 et 368, tome 3, Société typographique belge, Bruxelles, 1850.
Trois jours après le meurtre, la Convention fit les funérailles de la victime. Le génie tragique de Chénier avait dessine le spectacle, sur le modèle des funérailles héroïques de l'antiquité. Au sommet d'un catafalque porté sur un piédestal vivant de cent fédérés, le cadavre demi nu de Lepelletier était étendu sur un lit de parade. Un de ses bras pendait comme pour implorer la vengeance. La large blessure par laquelle sa vie avait coulé s'ouvrait, rougie de sang, sur sa poitrine. Le sabre nu de l'assassin était suspendu sur le corps de la victime. Les vêtements ensanglantés étaient portés en faisceaux, au bout d'une pique, comme un étendard. Le président de la Convention monta les degrés du catafalque et déposa une couronne de chêne, parsemée d'étoiles d'immortelles, sur la tête du mort. Le cortège s'ébranla aux roulements des tambours voilés et aux sons d'une musique lugubre, dont les instruments étouffés semblaient plutôt pleurer qu'éclater dans l'air. La famille de Le pelletier, en habits de deuil, marchait à pied derrière le corps du père, du frère, de l'époux assassiné. Au milieu des sept cents membres de la Convention s?élevait une bannière sur laquelle étaient inscrites en lettres d'or les dernières paroles attribuées à Saint-Fargeau : « Je meurs content de verser mon sang pour la patrie, j'espère qu'il servira à consolider la liberté et l'égalité et à faire reconnaître les ennemis du peuple ». Le peuple entier suivait. Les hommes portaient à la main des couronnes d'immortelles, les femmes des branches de cyprès. On chantait des hymnes à la gloire du martyr de la liberté et à l'extermination des tyrans.
Arrivé au Panthéon, le cortège trouva le temple de la Révolution déjà envahi par la multitude. Le cadavre, soulevé par les flots de la foule, qui disputait l'espace à la Convention, faillit rouler sur les marches du péristyle.
Félix Lepelletier, frère de la victime, monta sur l?estrade harangua le peuple au milieu du tumulte, compara son frère à l'aîné des Gracques et jura de lui ressembler.
Le lendemain, Félix Lepelletier, tenant par la main la fille de son frère, enfant de huit ans, la présenta en pompe de deuil à la Convention. L'enfant, adoptée par la nation, fut proclamée, par un décret d'enthousiasme, fille adoptive de la république.
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Jean-Paul Marat, 21 septembre 1794
Son corps d'abord inhumé au couvent des Cordeliers est ensuite transféré au Panthéon.
Le peintre David est chargé d'organiser de grandioses funérailles.
Tandis que le corps de Marat franchissait la porte d'honneur, celui de Mirabeau était sorti par une porte latérale. Dans son discours, David souligne cette simultanéité : citation|Que le vice, que l'imposture fuient du Panthéon. Le peuple y appelle celui qui ne se trompa jamais.
L'éloge suivant est prononcé : citation|Comme Jésus, Marat aima ardemment le peuple et n?aima que lui. Comme Jésus, Marat détesta les rois, les nobles, les prêtres, les riches, les fripons et comme Jésus, il ne cessa de combattre ces pestes de la société.
En 1795, il est considéré comme traître. Le 8 février, son cercueil est retiré du Panthéon, tous les bustes le représentant sont brisés, ses restes jetés dans les égouts. Son tombeau est maintenant dans le cimetière de l'église Saint-Étienne-du-Mont à côté du Panthéon.
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Jean-Jacques Rousseau, samedi 11 octobre 1794
La Convention nationale prend un décret le 14 avril 1794 ordonnant la translation des restes de Rousseau au Panthéon. Robespierre, disciple fidèle du Genevois, se charge de présenter à la Convention le décret qui doit asseoir la Révolution sur une base spirituelle et offrir au pays des cérémonies civiques où seront célébrés les dogmes de la morale nouvelle, pour remplacer les fêtes chrétiennes désormais interdites. La cérémonie
Les cérémonies se déroulent les 18, 19 et 20 vendémiaire an 3 (9, 10 et 11 octobre). Un grand cortège gagne les Tuileries où une île factice a été reproduite dans un grand bassin. Une veillée s'organise toute la nuit autour de l'urne funéraire.
Voir la peinture d'Hubert Robert : Cénotaphe de J-J. Rousseau élevé au Jardin des Tuileries, en attendant la translation de ses cendres au Panthéon - nuit du 10 au date|11|octobre|1794 - .
Le lendemain un grand cortège conduit les reliques de Rousseau au Panthéon sur des airs du Devin du village[http://visualiseur.bnf.fr/CadresFenetre?O=NUMM-85383&M=pageseule&Y=Image Voyage à Ermenonville ou lettre sur la translation de Jean-Jacques Rousseau au Panthéon] (1794).
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Premier Empire Claude-Louis Petiet, le mardi 27 mai 1806
Décédé le 25 mai 1806 en son hôtel, dans l'actuel 8 rue Monsieur à Paris 7e, alors 6 rue de Fréjus. Napoléon lui fait faire des obsèques grandioses le 27 mai, auxquelles assistent le Sénat en corps et les principaux dignitaires de l'Empire. Après la cérémonie qui a lieu dans l'Église des Missions étrangères rue du Bac, le corps est transporté au Panthéon de Paris. Son éloge funèbre est prononcé par le mathématicien Monge, Président du Sénat qui retrace longuement sa carrière. L'ordonnancement de la cérémonie est réglé par Joseph-François Baudelaire chef des bureaux du sénateur Clément de Ris prêteur du Sénat. J.F. Baudelaire est le père de l'écrivain Charles Baudelaire.
Pierre Jean Georges Cabanis, le samedi 14 mai 1808
Huit jours après sa mort, son corps est transféré au Panthéon où son éloge est prononcé par Garat entouré des députations de l'Institut, du Sénat et de l'École de médecine.
Jean Lannes, vendredi 6 juillet 1810
Le 31 mai 1809, Lannes, maréchal d'Empire, meurt des suites de ses blessures meurt à la bataille d'Essling. En 1810, son corps est transporté des Invalides au Panthéon de Paris.
Il fut inhumé au Panthéon en 1810 lors d'une cérémonie grandiose à l'occasion du premier anniversaire de sa mort, mais son c?ur fut déposé dans la chapelle familiale du cimetière de Montmartre.
Constant, premier valet de l'Empereur, dans ses mémoires, raconte cette imposante cérémonie. On remarque dans ce texte la destination des différentes parties du bâtiment, à la fois église et panthéon.
{{boîte déroulante|titre=? Lire le texte de Constant sur la cérémonie ?'|contenu='Mémoires de Constant, Premier valet de chambre de Napoléon, sa famille et sa cour, Tome quatre, pages 284 à 289. Publié à Paris chez LADVOCAT, libraire, 1830.
Le jour même de la translation des restes du maréchal, de l'église des Invalides au Panthéon, je fus envoyé de Saint-Cloud à Paris pour un message particulier de l'empereur. Ma commission faite, il me restait quelques instants de loisir, dont je profitai pour aller voir cette lugubre cérémonie, et dire un dernier adieu au brave guerrier que j'avais vu mourir. À midi, toutes les autorités civiles et militaires se rendirent à l'hôtel. Le corps fut transféré du dôme dans l'église, sous un catafalque formé par une grande pyramide d'Égypte, portée sur une estrade élevée, ouverte par quatre grands arcs, dont les cintres étaient entourés d'une guirlande de lauriers enlacés de cyprès. Aux angles étaient des statues dans l'attitude de la douleur, représentant la Force, la Justice, la Prudence et la Tempérance, vertus caractéristiques des héros. Cette pyramide était terminée par une urne cinéraire, surmontée d'une couronne de feu.
Sur les faces de la pyramide étaient placés les armes du duc et des médaillons rappelant les faits les plus mémorables de sa vie, et soutenus par des génies en pleurs. Sous l'obélisque était placé le sarcophage renfermant le corps du maréchal ; aux angles étaient des trophées composés de drapeaux enlevés sur les ennemis. Des candélabres en argent, et en très grand nombre, étaient fixés sur les gradins qui servaient d?estrade à ce monument. L'autel, en bois de chêne, rétabli où il était avant la révolution, était double et à double tabernacle. Sur les portes du tabernacle étaient les tables de la loi ; il était surmonté d'une grande croix sur le croisant de laquelle était suspendu un suaire. Aux angles de l'autel étaient les statues de saint Louis et de saint Napoléon. Quatre grands candélabres étaient placés sur des piédestaux aux angles des gradins. Le pavé du choeur, celui de la nef étaient revêtus d'un tapis de deuil. La chaire, drapée en noir, décorée de l'aigle impériale, et où fut prononcée l'oraison funèbre du maréchal, était placée à gauche en avant du catafalque ; à droite était un siège en bois d'ébène, décoré des armes impériales, d'abeilles, d'étoiles, de galons, de franges et autres ornements en placage d'argent. Il était destiné au prince archichancelier de l?empire, qui présidait la cérémonie. Des gradins étaient élevés dans les arcades des bas - côtés, et correspondaient aux tribunes qui étaient au dessus. En avant de ces gradins étaient les sièges et les banquettes pour les autorités civiles et militaires, les cardinaux, archevêques, évêques, etc. Les armes, les décorations, le bâton et la couronne de lauriers du maréchal, étaient placés sur le cercueil.
Toute la nef et le fond des bas-côtés étaient tendus de noir avec encadrements blancs ; les fenêtres l'étaient aussi. On voyait sur les draperies les armes, le bâton et le chiffre du maréchal.
L'orgue était caché par une vaste tenture qui ne nuisait pas à la propagation de ses lugubres sons. Dix-huit lampes sépulcrales d'argent étaient suspendues, avec des chaînes de même métal, à des lances terminées par des guidons enlevés à l'ennemi. Sur les pilastres de la nef était fixés des trophées, composés des drapeaux pris dans les différentes affaires qui ont illustré la vie du maréchal.
Le pourtour de l'autel, du côté de l'esplanade, était revêtu d'une tenture de deuil ; au dessus étaient les armes du duc, fixées par deux renommées tenant les palmes de la victoire ; au dessus on lisait : NAPOLÉON à la mémoire du duc de Montebello, mort glorieusement aux champs d'Essling, le 22 mai 1809.
Le conservatoire de musique exécuta une messe composée des plus beaux morceaux de musique sacrée de Mozart. Après la cérémonie, le corps fut porté jusqu'à la porte de l'église, et placé sur le char funèbre, orné de lauriers et de quatre faisceaux de drapeaux enlevés à l'ennemi dans les affaires où le maréchal s'était trouvé, et par les troupes de son corps d'armée. Il était précédé par un cortège militaire et religieux, et suivi d'un cortège de deuil et d'honneur. Le cortège militaire était composé de détachements de toutes les armes, de cavalerie et d'infanterie légère et de ligne, d'artillerie à cheval et à pied ; suivis de canons, de caissons, de sapeurs, de mineurs, tous précédés de tambours, de trompettes, de musique, etc. ; l'état-major général ayant à sa tête le maréchal prince de Wagram, et composé de tous les officiers généraux et d'état-major de la division et de la place.
Le cortège religieux se composait des enfants et vieillards des hospices, du clergé de toutes tes paroisses et de l'église métropolitaine de Paris, avec les croix et bannières |