|
{revue}
Une norme industrielle est un référentiel publié par un organisme de normalisation comme par exemple AFNOR, CEN, ISO, OASIS. Comme la langue anglaise ne marque pas la différence entre norme et standard (« norme » se dit « standard »), on parle pour les normes de standards de jure et pour les simples standards de standard de facto. La normalisation ou la standardisation est le fait d'établir respectivement des normes et standards industriels, c'est-à-dire un référentiel commun et documenté destiné à harmoniser l'activité d'un secteur. Elle est réalisée par des organismes spécialisés, qui sont le plus souvent soit des organismes d'État, soit des organisations créées par les professionnels d'un secteur d'activité donné.
DéfinitionsNormeL'ISO (International Organization for Standardization) et le CEI donnent la définition suivante :
La norme est un document de référence sur un sujet donné. Il indique l'état de la science, de la technologie et des savoir-faire au moment de la rédaction. Pour être considéré comme une norme, le document doit remplir deux conditions :
C'est un référentiel incontestable commun proposant des solutions techniques et commerciales. Elles sont utilisées pour simplifier les relations contractuelles. Une norme est le résultat d'un consensus élaboré par un processus dit de normalisation. Dans le cas général, un fabricant ou un prestataire de service n'est pas obligé de suivre une norme. Elles peuvent cependant être imposées par un donneur d’ordre pour la réalisation d’un contrat. Dans certains cas, le droit peut imposer l'utilisation d'une norme industrielle (par exemple normes pour les installations électriques, les jouets pour enfants, les appareils à pression…). Types de normesOn distingue quatre types de normes :
StandardUn standard est un référentiel publié par une autre entité. En fait on ne parle de standard qu'à partir du moment où le référentiel a une diffusion large, on parle alors de standard de facto (standard de fait), en informatique les formats PDF ou les fichiers Microsoft Word en sont des exemples très connus. Un standard est ouvert quand le référentiel est diffusé librement. On peut citer les standards ouverts PostScript et PDF publiés par Adobe et les normes publiées par des organismes à but non lucratifs comme le W3C (recommandations) ou l'IETF (appels à commentaires). Dans la loi n° 2004-575 du 21 juin 2004 pour la confiance dans l'économie numérique2, on peut lire la définition suivante d’un standard ouvert (Titre Ier (De la liberté de communication en ligne), Chapitre Ier (La communication au public en ligne), Article 4) :« On entend par standard ouvert tout protocole de communication, d'interconnexion ou d'échange et tout format de données interopérable et dont les spécifications techniques sont publiques et sans restriction d'accès ni de mise en œuvre ». Cette définition rend obligatoire l'indépendance des protocoles et des formats de données vis-à-vis des éditeurs, des fabricants et des utilisateurs de logiciels ou de systèmes d'exploitation ainsi que la mise à disposition de spécifications techniques documentées, non payantes et non soumises à un brevet ou à des royalties. En revanche, cette définition ne semble pas imposer que le référentiel ait fait l'objet d'un examen collectif et d'une recherche de consensus technique, comme c'est le cas d'une norme. Un standard est fermé quand le référentiel n'est pas diffusé. Le format de fichier de Microsoft Word est l'exemple le plus frappant. Protection des droitsLe contenu d'une norme ou standard peut être protégé par des droits de propriété intellectuelle en plus de ceux de l'éditeur de la norme/standard. C’est le cas par exemple des normes européenne CEN ou internationales (ISO). Pour les normes, dans un tel cas, le propriétaire des droits s'engage à vendre ses droits à tout le monde à un tarif raisonnable et non discriminatoire. HistoireDès l'antiquité, des esquisses de normalisation ont accompagné de grands mouvements de diffusion et de conquête. L'empire romain a par exemple tenté d'imposer nombre de ses standards (de construction et d'administration, dont avec par exemple les voies romaines) aux pays conquis, puis on retrouve des esquisses de standardisation dans les grands mouvements architecturaux (l'art gothique par exemple). Des forme écrites et complexes de normalisation sont née de la philosophie des lumières et de sa volonté d'universalisme, car nécessaires aux travail des cartographes, encyclopédistes et des naturalistes devant trier, analyser et organiser et parfois archiver de grandes quantité d'information et de matériel. Les archivistes et bibliothécaires ont eu à partir de la Révolution française la volonté d'organiser un catalogue collectif national3, sur des bases répondant à des normes précises et à vocation « universelle ». Un très grand effort de normalisation - au sens de la réduction des variétés ou « standardisation » - a été effectué dans le domaine industriel au XIXe siècle. Cet effort a été entrepris par les principaux pays industrialisés. La normalisation industrielle est plus récente ; elle est née dans les milieux de l'industrie et du commerce, du contexte de guerre, puis de reconstruction qui a suivi la Première Guerre mondiale. La standardisation était nécessaire face à l'urgence à produire des armes, puis à remédier aux immenses destructions (11 départements classés en zone rouge, rien qu'en France). La normalisation répondait aux besoins d'économies d'échelles et de diminution des coûts, permis par une standardisation, et par ailleurs encouragée par la taylorisation et mondialisation de l'industrie. C'est à cette époque, et en France que naissent les premiers organismes de normalisation nationaux avec une Commission Permanente de Standardisation, puis avec l'Association Française de Normalisation (AFNOR) créée en 1926. La période de Vichy et la Seconde Guerre mondiale redonneront du poids à l'AFNOR. Après l'armistice de mai 1945, la coopération internationale se renforce avec l'aide de l'UNESCO et de l'Organisation internationale de normalisation (ISO). Plus tard, c'est l'informatique et l'internet qui ont relancé les démarches collaboratives et parfois spontanées et autoorganisées de standardisation internationale. Lors de toutes ces étapes, les entreprises dont les normes sont devenues dominantes ont ainsi pu gagner d'importantes part de marché. États-UnisQuelques dates marquantes liées à l'évolution de la normalisation américaine.
France
Charles Gide mentionne dans son Cours d'économie politique que de 1830 à 1895, le nombre de tailles de matelas, par exemple, est passé de plus de 80 à 14 seulement. Une partie de la normalisation s'est effectuée en utilisant des séries de Renard :
JaponLe Japon met en place également à partir des années 1920 ses propres normes industrielles. Courants ayant influencé la normalisationLes organismes de normalisationArticle détaillé : Organisme de normalisation.
Les organismes de normalisation sont des organismes reconnus au niveau national ou international. Ils peuvent être constitués soit par des États, soit par des consortiums internationaux de professionnels. Dans l'acceptation européenne, la norme émane des organismes officiels de normalisation. Exemple d'organismes de normalisation :
Élaboration d'une norme : l'exemple des normes internationales ISOL'élaboration d'une norme ISO est divisée en plusieurs stades4. Les éléments de base de ce processus sont les comités techniques (TC) ou leurs sous comité (SC). Le bureau technique de l'ISO est divisé en environ 200 comités techniques (exemple : TC 216 chaussure, TC 148 machine à coudre, TC 176 Management et assurance de la qualité etc) dont le rôle principal est l’élaboration des normes. PropositionUne proposition de rédaction ou de révision d’une norme est rédigée à partir d’une demande d’un organisme nationale adhérent à l’ISO, d’un comité ou d’un sous-comité, du secrétariat général de l’ISO ou d’une organisation en liaison avec l’ISO. Cette proposition est en général effectuée parce qu’un besoin a été exprimé par un secteur de l’industrie PréparationC’est la phase de rédaction proprement dite. À partir de la proposition, le TC ou le SC constitue un groupe de travail (WG). Il est formé d’un chef de projet et d’experts nommés par les comités nationaux. Il rédige un projet de norme qui est appelé CD (comittee draft : projet de comité). ComitéC’est le stade principal où les observations et les remarques des organismes nationaux sont prises en compte. C’est une phase de recherche de consensus. Le secrétariat du comité fait parvenir aux comités nationaux participants le projet. Les comités disposent de trois mois pour émettre des observations et peser sur le contenu de la future norme. A partir des résultats de la consultation, sur la base du consensus, le secrétariat du comité peut :
Le procédé est itératif jusqu’à obtention d’un consensus. Une fois, le projet validé, il est appelé DIS, le document porte la référence ISO/DIS XXXX. EnquêteLe projet « DIS » est diffusé aux comités nationaux qui disposent de cinq mois pour voter (positivement, négativement ou abstention) et émettre des observations. Le vote positif peut être accompagné d’observation (souvent rédactionnelles). Le vote négatif doit être systématiquement accompagné de remarques techniques. Dans le cas contraire, le vote sera rejeté. Le projet est adopté si une majorité des deux tiers des votes exprimés sont favorables et si les votes défavorables ne dépassent pas le quart des votes exprimés. S’il n’y a aucun vote négatif, la norme est alors publiée. Si le projet est adopté et qu’il y a cependant des votes négatifs, il doit passer par un stade d’approbation. Le projet DIS validé devient un projet FDIS : ISO/FDIS XXXX. En cas de vote défavorable, le secrétariat peut soit diffuser un projet révisé pour vote au stade enquête, soit renvoyer un projet en comité ou examiner le projet en réunion. ApprobationLe projet FDIS est de nouveau soumis au vote (durée : trois mois) des organismes nationaux. Avec les mêmes règles que pour le stade enquête. Le projet est soit adopté et envoyé à la publication, soit renvoyé en comité pour ré-examen. Le comité peut alors décider soit de proposer un nouveau projet, soit d’annuler le projet. Cas des technologies de l'information et de la communicationLes normes dans ce secteur sont très évolutives et fortement influencées par des lieux informels et des consortiums, tels que l'Object Management Group, OASIS, W3C, Java Community Process, IEEE. Le deuxième rapport de Bernard Carayon note que la France est peu présente dans ces enceintes. Depuis les années 1990, l'ISO a assoupli les règles d'élaboration des normes sous la pression de ces consortiums. On peut donc trouver aujourd'hui des standards dont les statuts sont variés5 :
Statut de la normalisation en FranceLa normalisation était définie par la réglementation française de 1984 comme étant un processus ayant « pour objet de fournir des documents de référence comportant des solutions à des problèmes techniques et commerciaux concernant les produits, biens et services qui se posent de façon répétée dans des relations entre partenaires économiques, scientifiques, techniques et sociaux. » (décret n°84-74, 26/01/1984)6. Un décret du 16 juin 2009 7 confirme que le droit français réserve le terme normalisation aux référentiels publiés par l'AFNOR (ou aux organismes ayant reçu une délégation de l'AFNOR ; agréés par le ministre chargé de l'industrie comme bureaux de normalisation sectoriels (article 2 du décret de 2009 7). Ce décret abroge le décret n° 84-74 du 26 janvier 1984 fixant le statut de la normalisation et précise que les agréments délivrés antérieurement à l'entrée en vigueur du décret (18 juin 2009) restent valables jusqu'au 1er janvier 2010..
AnnexesArticles connexesBibliographie
Références
Le Texte ci-dessus est disponible sous GNU Free Documentation License. La source est wikipedia http://fr.wikipedia.org/wiki/{title} |