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Nationalité 
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Le passeport, une preuve officielle de nationalité politique
Le nationalisme catalan, une démonstration de nationalité culturelle

La nationalitĂ© est un concept multiforme relatif Ă  l'appartenance d'une ou d'un groupe de personnes Ă  une nation culturelle ou politique dĂ©terminĂ©e ou possĂ©dant la volontĂ© d'exister. La latitude sĂ©mantique du terme est principalement dĂ» Ă  un dĂ©sacord entre deux Ă©coles de pensĂ©e du XIXe siècle basĂ©es sur des traditions opposĂ©s ; l'universalisme de la philosophie des Lumières française et, le mouvement lui Ă©tant rĂ©actionnaire, le relativisme culturel du nationalisme romantique allemand1. On peut donc parler de nationalitĂ© politique et de nationalitĂ© culturelle ou sociologique2 .

D'une part, la nationalité politique se définit comme une preuve légale de l'appartenance à un état. Le terme possède d'importants liens avec la notion de citoyenneté.

D'autre part, la nationalité culturelle ou sociologique définit des communautés qui ne forment pas forcément des états indépendants. Elles sont plutôt des regroupements de populations sur un territoire plus ou moins défini qui partagent soit une combinaison particulière de caractéristiques objectives (langue, religion, culture, histoire) et/ou la caractéristique subjective d'autodéfinition souvent exprimée par le nationalisme3.

Sommaire

Origine du concept

Contrairement au terme nation qui date du XIIe siècle, nationalitĂ© est un terme relativement rĂ©cent qui est en usage depuis la fin du XVIIIe siècle4. Avant la rĂ©volution française, il est utilisĂ© pour dĂ©crire l'allĂ©geance au souverain5. Ă€ mesure que des Ă©tats rĂ©publicains naissent, comme la France ou le États-Unis, le terme devient surtout applicable Ă  l'allĂ©geance Ă  un État ou une nation. Dans certains cas, comme au sein de l'Empire britannique, l'allĂ©geance au souverain est maintenue jusqu'en 1948. Avant cela, le terme sujets britanniques est utilisĂ© pour dĂ©crire les habitants du Royaume-Uni et de toutes ses colonies6.

Au dĂ©but du XIXe siècle, nationalitĂ© est synonyme de nation comme le dĂ©montre le principe des nationalitĂ©s7.


Conception politique et juridique

Évolution des législations

Conférence de codification de La Haye (1930)

Du 13 mars au 12 avril 1930, la Société des nations organise la conférence de codification de la Haye qui vise à légiférer en matière de nationalité, de double-nationalité et d'apatridie8. Cette conférence, auquelle 47 états prennent part, adopte la Convention sur certaines questions relatives aux conflits de lois sur la nationalité.

Acquisition de la nationalité

Les critères d'acquisition de la nationalitĂ© varient d'un pays Ă  l'autre. La nationalitĂ© s'acquiert normalement Ă  la naissance par filiation (on parle de « droit du sang Â», jus sanguinis), mais aussi Ă  la majoritĂ© du fait que l'on est nĂ© sur le territoire national (on parle de « droit du sol Â») et qu'on y a sĂ©journĂ© jusqu'Ă  sa majoritĂ©. Un individu peut changer de nationalitĂ© au cours de sa vie en faisant une demande de naturalisation et en satisfaisant Ă  certaines conditions ; en gĂ©nĂ©ral, il faut parler la (ou une des) langue(s) nationale(s), avoir rĂ©sidĂ© et travaillĂ© dans un pays un certain temps et ne pas avoir Ă©tĂ© condamnĂ© Ă  des peines importantes. Il est possible dans certaines conditions d'avoir deux nationalitĂ©s ou plus.

Selon la DĂ©claration universelle des droits de l'homme de 1948 :

« Art. 15
  1. Tout individu a droit à une nationalité.
  2. Nul ne peut ĂŞtre arbitrairement privĂ© de sa nationalitĂ©, ni du droit de changer de nationalitĂ©. Â»9

La notion de nationalitĂ© peut ĂŞtre utilisĂ©e par un État de manière stratĂ©gique, pour favoriser ou exclure une partie de la population. Par exemple, en CĂ´te d'Ivoire, le parti dĂ©mocratique de CĂ´te d'Ivoire (PDCI de Henri Konan BĂ©diĂ©) a dĂ©fini de manière restrictive la nationalitĂ© ivoirienne pour exclure certains candidats Ă  l'Ă©lection prĂ©sidentielle, ainsi que pour nier le droit de vote Ă  une partie de la population (problème dit de l'« ivoiritĂ© Â»). Le mĂŞme problème touche l'Estonie dont une grande partie des rĂ©sidents, d'origine russe, sont arrivĂ©s pendant l'occupation du pays par l'URSS.

Effets de la nationalité

La nationalité ouvre généralement droit à la jouissance des libertés politiques (droit de vote) en ce sens elle se rapproche de la citoyenneté.

Mais elle implique aussi des droits et des obligations diverses :

  • service national (souvent uniquement pour les hommes) ;
  • droit Ă  l'exercice d'une profession rĂ©glementĂ©e (ex: magistrat) ;
  • droit Ă  l'assistance sociale ;
  • droit Ă  la protection diplomatique (remise d'un passeport ; non extradition des ressortissants) ;
  • etc.

Cas particuliers

Notion de résident

Une personne peut être juridiquement qualifiée de résidente d'un pays donné du fait de sa domiciliation principale dans ce pays sans pour autant avoir la nationalité de celui-ci.

Nationalité sans citoyenneté

  • A l'Ă©poque coloniale, l'indigĂ©nat dans les colonies françaises et le statut indigène au Congo belge excluaient de la citoyennetĂ© tous ou une partie des habitants indigènes des colonies, qui avaient pourtant la nationalitĂ© française ou belge. Cette situation prit fin en deux parties pour la France, par la Loi Lamine Guèye en 1946 et par la Loi-cadre Deferre de 1956. Elle ne prit fin au Congo belge qu'Ă  l'indĂ©pendance en 1960.
  • Jusqu'en 1975, les Français par naturalisation ne pouvaient pas exercer le droit de vote et d'Ă©ligibilitĂ© pendant les 5 ou 10 (selon les Ă©poques) annĂ©es suivant l'acquisition de la nationalitĂ©.

Droit de vote des étrangers

Article dĂ©taillĂ© : Droit de vote des Ă©trangers.

Un certain nombre de pays ont accordé le droit de vote aux résidents étrangers, que ce soit à tous et à tous les niveaux de pouvoir, sans éligibilité (Chili, Nouvelle-Zélande), à certains et à tous les niveaux de pouvoir, avec éligibilité (ressortissants du Commonwealth au Royaume-Uni), à certains ou à tous au niveau municipal, avec ou sans éligibilité (les 5 pays nordiques et les 3 du Benelux, plusieurs cantons suisses, Portugal, Slovénie, Burkina Faso, Venezuela etc.).

Parmi les résidents étrangers concernés, certains sont apatrides, ce qui signifie qu'ils peuvent voter et être élus dans certains pays sans avoir de nationalité.

Il convient de préciser qu'en Nouvelle-Calédonie, terre française d'outre-mer, il existe une citoyenneté néo calédonienne, conférée aux individus résidant depuis plus de 10 années sur le territoire, ceci alors qu'il n'existe pas de nationalité néo calédonienne. Cette citoyenneté leur accorde le droit de vote aux élections locales, à savoir les élections provinciales et leur permettra de participer au scrutin d'autodétermination qui sera organisé entre 2014 et 2018. De même, il existe aujourd'hui une citoyenneté européenne alors qu'il n'existe pas de nationalité européenne. Ainsi, les ressortissants de l'Union Européenne sont aptes à participer aux élections locales (municipales, ...) dans les pays membres où ils résident.

Conception socio-culturelle

D'un point de vue sociologique, la nationalité peut se définir comme une identité collective que les membres d'une même nation sociologique se donnent10. Bien qu'il s'agisse d'un phénomène relatif à une communauté d'individus, l'appartenance à une nation est relative à l'identité personnelle de chacun de ses membres11.

Une communauté partageant la même nationalité partage également des croyances et des symboles, une histoire, un caractère national, un territoire et une culture qui lui est particulière12. Ces facteurs sont souvent sujet à fluctuer avec le temps13. Il est également impossible de fixer un standard précis pour chacune de ces caractéristiques14.

Notes et références

Voir aussi

Articles connexes

Bibliographie

  • Brigitte Krulic, La nation : une idĂ©e moderne, Ellipses, Paris, 1999, 176 p. (ISBN 2-729899-21-9) .
  • François Borella, « NationalitĂ© et CitoyennetĂ© Â» dans Dominique Colas, Claude Emeri et Jacques Zylberberg, CitoyennetĂ© et nationalitĂ© : perspectives en France et au QuĂ©bec, Presses universitaires de France, Paris, 1991, 505 p. (ISBN 2-130434-32-0) .
  • Nations Unies, La Commission du droit international et son oeuvre: Instruments, United Nations Publications, 2005, 733 p. (ISBN 9-212333-93-1) .
  • (en) T.K. Oommen, Citizenship, nationality, and ethnicity : reconciling competing identities, Blackwell Publishers, Cambridge, Mass, 1997, 270 p. (ISBN 0-745616-20-8) .
  • (en) Jorge J.E. Gracia, Surviving race, ethnicity, and nationality : a challenge for the twenty-first century, Rowman & Littlefield, Lanham, Md., 2005c, 205 p. (ISBN 0-742550-16-8) .


 
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