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Pour les articles homonymes, voir Bonaparte. Image:Disambig.svg

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Napoléon Bonaparte

Napoléon Bonaparte (Ajaccio, 15 août 1769 ? Sainte-Hélène, 5 mai 1821), général de la Révolution, dirigea la France à partir de la fin 1799 et fut Empereur des Français, sous le nom de Napoléon Ier, de 1804 à 1814, puis à nouveau en 1815. Il conquit et gouverna la plus grande partie de l'Europe continentale et plaça ses maréchaux et ses frères sur les trônes de plusieurs royaumes européens : Espagne, Naples, Westphalie, Hollande, et Suède.

Napoléon fut incapable de mettre un terme aux cycles de guerres que menaient les monarchies européennes contre la France depuis 1792, et face aux diverses coalitions montées et financées par l'Angleterre, l'Empire s'effondra dix ans après son avènement.

L'historien Steven Englund écrivit « le ton (?) qui convient le mieux pour parler de Napoléon serait (?) une admiration frisant l'étonnement et une désapprobation constante frisant la tristesse. Â»

Sommaire

[] Jeunesse et ascension dans l'armée

Napoléon Bonaparte naquit à Ajaccio en Corse, le 15 août 1769, un an après l'achat par la France de l'île à Gênes (1768). Issu d'une famille faisant partie de la petite noblesse corse (d'origine Toscane), il était le deuxième enfant de Charles Bonaparte, avocat au Conseil Supérieur de l'île, et de Maria-Letizia Ramolino. Alors qu'il n'était âgé que de neuf ans, son père s'arrangea pour qu'il suive des études sur le continent, où il s'établit, en compagnie de son frère aîné Joseph. Après des études dans les écoles militaires (Autun, Brienne et l'école Militaire de Paris), il entre avec son ami Grenier dans l'artillerie, au sein du régiment de La Fere, à Auxonne. Il est affecté comme lieutenant en second à Valence en 1787.

A partir de 1779, Napoléon Bonaparte rentre à l'école militaire de Brienne, en Champagne, l'un des 12 collèges de France qui accueillent les enfants de la noblesse pauvre. Il va y rester 5 ans.Bon élève, Bonaparte n'est pas très aimé de ses camarades. Pourtant, il montre déjà une propension pour l'art du commandement, en organisant des jeux militaires dont il prend la tête.

En 1784, Napoléon Bonaparte est jugé apte à passer l'examen d'entrée à l'école militaire de Paris,afin de parfaire sa formation. Il y entre comme cadet gentilhomme le 22 Octobre 1784. A sa sortie de l'école militaire de Paris, en Septembre 1785, c'est dans l'artillerie que Bonaparte est affecté comme Lieutenant en second. Il est affecté à Valence.

Une réputation peu ou prou tardive lui prête quant aux femmes une tendance précoce.

Lorsque la Révolution éclata en 1789 le lieutenant Bonaparte était présent à Paris et fut spectateur de l'invasion des Tuileries par le peuple. Napoléon retourna en Corse à plusieurs reprises où les luttes de clans (paolistes soutenant la monarchie modérée à l'anglaise, les Bonaparte soutenant la Révolution) avaient repris. Napoléon se fit élire à la tête de la Garde nationale en 1792 en arrachant de force l'accord du commissaire du gouvernement. Mais l'exécution du roi provoqua une révolte des indépendantistes. Une guerre civile éclata et la famille de Napoléon, dont la maison a été mis à sac par les paolistes, est contrainte de quitter l'île précipitamment à destination de Toulon, le 10 juin 1793. Lorsque Napoléon Bonaparte débarque avec sa famille en France à l'été 1793, le Midi est en pleine révolte contre la Convention, et les anglais occupent Toulon.

Bonaparte soutient la Révolution, et est envoyé en 1793, en tant que capitaine d'artillerie, au siège de Toulon qui s'est livrée aux Anglais. Le plan qu'il soumet au général Dugommier permet la reprise de la ville aux troupes royalistes et britanniques. En décembre 1793, Bonaparte est chargé de commander l'artillerie qui va attaquer la ville. Il manoeuvre avec une telle adresse qu'il décroche pour cet exploit le titre de Général de Brigade.Après cette brillante victoire, on propose à Bonaparte de prendre le commandement d'une brigade sous l'autorité de Hoche contre les insurgés de l'ouest. Bonaparte refuse et se rend à Paris.

A partir de 1793, Napoléon Bonaparte commence son irrésistible ascension. De Toulon, où il fait ses premières armes, à la campagne d'Italie, où il galvanise ses soldats et remporte de brillantes victoires, il est désormais en marche pour une destinée hors du commun.

Ses amitiés avec les Jacobins lui valent d'être brièvement arrêté après la chute de Robespierre le 9 thermidor an II (27 juillet 1794).

Libéré, il végète un temps sans commandement effectif, puis Barras lui offre de combattre l'insurrection royaliste autant que crapuleuse de Vendémiaire contre la Convention en 1795. À cette occasion Bonaparte eut sous ses ordres un jeune officier, Joachim Murat, son futur beau-frère. L'opération fut un succès, la canonade de Saint-Roch dispersant les forces royalistes. Quelques jours plus tard, Bonaparte est promu général de division, puis est nommé commandant de l'armée de l'intérieur, succédant à Barras qui devient l'un des 5 membres du directoire : une promotion d'une rapidité étonnante.

Officier d'artillerie de formation, il innove vers cette époque dans l'utilisation de l'artillerie (canon de Gribeauval) comme force mobile d'appui des attaques d'infanterie.

[] Campagne d'Italie

Nommé le 2 mars 1796 commandant en chef d'une armée d'Italie de 40000 hommes mal nourris et mal vêtus, il entraîne ses hommes et bat à plusieurs reprises l'armée autrichienne du général Beaulieu plus nombreuse et mieux équipée : Montenotte, Lodi, ou Arcole ? où Napoléon mêne lui-même l'assaut, sous la pluie de feu qui tue son ami et aide-de-camp Muiron. Il bat également l'armée sardes à la bataille de Millesimo et de Mondovi en avril 1796. Les sardes, vaincus, demandent un armistice, qui sera signé à Cherasco, le 28 avril 1796. En 18 jours d'une activité prodigieuse, Bonaparte a battu 2 armées, remporté de nombreuses victoires, qui vont assurer sa popularité en France.

Du côté autrichien, Beaulieu a été relevé de son commandement pour être remplacé par Wurmser qui est vaincu à son tour par Bonaparte à la bataille de Castiglione (août 1796) et à la bataille de Bassano (septembre 1796). Suite à cette défaite, Wurmser est remplacé par Alvinczy qui est, à son tour, vaincu à la bataille d'Arcole (novembre 1796). En janvier 1797, Alvinczy revient avec une armée de 45000 hommes en Italie et est battu de nouveau à la bataille de Rivoli (janvier 1797) et est obligé de capituler le 2 février 1797. Au printemps, Bonaparte bat l'armée autrichienne de l'archiduc Charles sur Le Tagliamento (mars 1797) puis à la bataille de Tarvis (avril 1797) et encore à la bataille de Neumarkt (avril 1797). Suite à cette dernière défaite, les autrichiens demandent un armistice.

Durant la campagne d'Italie, Bonaparte perçoit la valeur d'un officier encore anonyme, Lannes. Durant ces batailles, les peintures d'époque de son quartier général montrent qu'il utilisa (comme tous les généraux de la Révolution) le premier système de télécommunications au monde, le sémaphore Chappe. L'Autriche, dirigée par l'Archiduc Charles, dut négocier un traité défavorable à Campo-Formio en octobre 1797.

En Italie, le général Bonaparte prend conscience de ses forces et de la situation qui est la sienne. Il règne sur les champs de bataille et a la faveur du public (italien comme français) : une petite cour se forme autour du général républicain à Milan. En 1797, par le truchement du général Augereau, Bonaparte organisa une man?uvre politique qui permit d'écarter plusieurs royalistes du pouvoir à Paris et de préserver la république jacobine.

[] Campagne d'Égypte

Voir l'article détaillé Campagne d'Égypte

A son retour d'Italie, en Octobre 1797, Bonaparte, tout auréolé de ses victoires, persuade le directoire de porter la guerre en Égypte, où il pourra couper à l'Angleterre la route des Indes. En 1798, inquiet de la popularité de Bonaparte, le Directoire, sous prétexte de barrer aux Anglais la route des Indes, le charge d'envahir l'Égypte trop content de se débarrasser de ce bouillant et très-encombrant général !

le 23 février 1798, le projet est présenté à Barras. En Avril 1798 est créée l'armée d'orient et celle-ci placée sous les ordres de Bonaparte. Admirateur du Siècle des Lumières, Bonaparte décide d'emmener des scientifiques, et fonde l'Institut d'Égypte. Il est en outre accompagné du général Kléber. Découverte par un jeune officier du génie, Pierre-François-Xavier Bouchard, la pierre de Rosette permettra à Jean-François Champollion de déchiffrer les hiéroglyphes.

Le 19 mai 1798, Bonaparte quitte Toulon avec le gros de la flotte française et arrivera à échapper à la poursuite de la flotte anglaise de Nelson pendant toute la durée de la traversée qui se termine le 1er juillet 1798 à Alexandrie où les français débarquent sans coup férir. Au passage,les français s'emparent de Malte, le 10-11 juin 1798, Bonaparte en ayant le plus grand besoin pour assurer les communications ultérieures avec la métropole. Le 19 juin 1798, après avoir laissé une garnison de 3000 hommes sur place, la flotte met le cap sur Alexandrie qu'elle atteindra le 1er juillet 1798. Après une courte résistance, la ville est prise le 2 juillet 1798.

Bonaparte laisse 3000 hommes à Alexandrie et commence à remonter le Nil. Le permier véritable combat de la campagne d'Égypte a lieu à Chebreïs le 13 juillet 1798 où les cavaliers mamelouks sont défaits. Le 21 juillet 1798, à la bataille des Pyramides de Gizeh Bonaparte bat à nouveau l'armée des mamelouks. Le 24 juillet 1798, Bonaparte et son armée entre triomphalement au Caire. Le 1er et 2 août1798, la flotte française est presque entièrement détruite à Aboukir par les navires de Nelson. Désormais, les anglais sont maîtres de la Méditérannée et Bonaparte est prisonnier de sa conquête. Suite à cette défaite, les turcs déclarent le 9 Septembre 1798 la guerre à la France. Il faut rappeler qu'à cette époque l'Égypte fait partie de l'empire Ottoman comme la majorité du Moyen-Orient.

Pendant que Bonaparte décide de faire de l'Égypte un véritable état capable de vivre en autarcie, il envoie le général Desaix poursuivre Mourad Bey jusqu'en Haute-Egypte, complétant ainsi la soumission du pays. Poussé par les anglais et les turcs, les mamelouks survivants travaillent la population du Caire qui se révolte le 21 Octobre 1798 contre les français. Celle-ci est impitoyablement réprimée par les troupes. Le calme revient et Bonaparte rétablit la situation en décrétant au final une amnistie générale.

En février 1799, Bonaparte se déplace en Syrie pour affronter les troupes ottomanes que le sultan a envoyé pour attaquer les français en égypte. Le 10 février 1799, Bonaparte quitte Le caire avec son armée et bat les turcs aux combats d'El-Arich et de Gaza. Le 7 mars 1799, la ville de Jaffa est prise et pillée par les français. C'est à ce moment-là que la peste apparaît dans les rangs des français.

Le 19 mars 1799, Bonaparte met le siège devant Saint-Jean d'Acre. Le 13 avril 1799, les cavaliers de Junot mettent en déroute les cavaliers ottomans à la bataille de Nazareth et le 16 Avril 1799, Bonaparte et Kléber écrasent l'armée turque de secours envoyé par le sultan pour libérer le siège de Saint-Jean d'Acre à la bataille du mont Thabor. Bien que victorieuse à la bataille du Mont-Thabor le 16 avril 1799, l'expédition en Syrie sera décimée par la peste puis arrêtée à Acre. Bonaparte règle de manière expéditive le sort des pestiférés de Jaffa.

De retour à Acre, Bonaparte essayera en vain du 24 Avril au 10 Mai 1799 de prendre la ville. Le 17 mai 1799, Bonaparte décide d'abandonner le siège et retourne en Egypte. Le 14 juin 1799, il arrive au Caire et, dans un retournement de situation, bat les turcs le 25 juillet 1799 à la bataille d'Aboukir.

La situation du Directoire lui paraissant favorable à un coup de force, Bonaparte abandonne le commandement de l'armée d'Égypte à Kléber, et rentre en France. Il débarque à Fréjus le 9 Octobre 1799 après avoir miraculeusement échappé aux escadres anglaises pendant les 47 jours de la traversée. Sur le chemin qui le mène à Paris, il est acclamé par la population. Kléber se révélera un excellent administrateur et le 20 mars 1800, il réalisera l'exploit de vaincre les turcs à la bataille d'Héliopolis. Cette victoire permet à la France de conserver l'Egypte, mais Kléber meurt assassiné, le 14 juin 1800 au Caire.

Son successeur, le général Menou capitulera le 31 août 1801 devant les forces anglo-turques après avoir perdu 13 500 hommes, principalement victimes des épidémies et aux cours des négociations de paix, les soldats français restants sont rapatriés sur les vaisseaux anglais vers la France.

[] Le coup d'État

Arrivé dans la capitale, le général s'entretient avec Talleyrand, homme politique d'expérience et fin connaisseur des forces en jeu.

Le schéma du coup d'État du 18 Brumaire (9 novembre 1799) (cf. l'article) prévoit les opérations suivantes : Bonaparte aura le commandement en chef de l'armée pour le maintien de l'ordre dans Paris et dans les assemblées. On envisage de déplacer les assemblées à Saint-Cloud sous le prétexte d'un péril jacobin. En effet, depuis 1789, les assemblées se trouvent toujours sous la menace de la population parisienne.

L'essentiel des événements se déroule le 19 brumaire à Saint-Cloud. Les révisionnistes avaient envisagé une démission collective des cinq directeurs, mais les assemblées ont du retard car cette idée ne fait pas l'unanimité ; Bonaparte s'impatiente et décide d'intervenir.

Il tient un discours maladroit devant le Conseil des Cinq-Cents, discours très mal perçu par les députés qui l'accusent de vouloir instaurer la dictature. Bonaparte est alors contraint de quitter l'assemblée. Mais il prend rapidement la situation en main avec l'aide de son frère Lucien qui préside les cinq-cents. Lucien évite que Napoléon soit mis en cause par les députés qui veulent voter pour mettre hors-la-loi Bonaparte. Lucien retarde le vote et va chercher Murat qui vient avec la troupe et met de l'ordre dans les assemblées, disant que certains députés voulaient poignarder Bonaparte pour justifier une intervention de l'armée.

Les représentations des députés sortant par les fenêtres et voulant poignarder Napoléon sont très répandues. Bonaparte est de fait l'homme fort de la situation, qui fait basculer un coup d'État parlementaire en un coup d'État militaire. Mais Bonaparte reste attaché aux formes juridiques et dans la soirée du 19 brumaire, les députés restent à Saint-Cloud pour voter la décision de nommer deux commissions pour préparer une nouvelle constitution. On constate alors une volonté d'appuyer le régime sur le vote des représentants du peuple.

Le 20 brumaire les trois consuls sont désignés : Bonaparte, Sieyès et Ducos. C'est le début du Consulat. Roger Ducos est tout acquis à Bonaparte, alors que Sieyès lui n'entend pas se résigner à abandonner le pouvoir à Bonaparte seul.Il entend bien jouer un rôle dans le gouvernement du consulat.Pour contrecarrer son encombrant collègue,Bonaparte,multipliant les provocations, maintient aux portefeuilles ministériels les ennemis de Sieyès en offrant les relations extérieures à Talleyrand et celui de la Police à Fouché.

Reste à définir la future constitution.C'est tout le travail des 2 commissions législatives formés de députés des 500 et des anciens.Mais en fait,c'est Sieyès qui va proposer un projet.A l'examen, le projet s'avérera trop complexe, voire irréaliste.En effet, il prévoit l'instauration d'un régime démocratique fondé sur un pouvoir législatif fort représenté par 3 chambres.L'exécutif sera,quant à lui,réduit à une magistrature à vie purement honorique et à 2 consuls aux fonctions limitées.

Bonaparte profite des faiblesses de ce plan pour imposer son propre projet et se débarrasser de son encombrant rival.Du 4 au 13 décembre 1799, il réunit ainsi les 2 commissions dans son bureau pour élaborer le texte de la nouvelle constitution.

La constitution de l'an VIII est adoptée en comité restreint le 13 décembre 1799.Elle s'inspire en partie du projet de Sieyès,mais intègre les idées politiques de Napoléon Bonaparte,notamment concernant le pouvoir exécutif.Sieyès,lui-même,sera chargé de désigner les 3 consuls de la république: Bonaparte comme premier consul,puis Cambacérès et Lebrun, Comme 2ème et 3ème consuls de la république.Sieyès,quant à lui, sera relégué au poste de président du sénat.

Désormais,Bonaparte est le seul maître de la France.

[] La Constitution

Le 25 décembre 1799, mise en vigueur de la Constitution de l'an VIII. Bonaparte établit la Constitution sous des apparences démocratiques, mais organise un pouvoir autocratique, toutes les évolutions du régime ne feront qu'accentuer le caractère autocratique du pouvoir. Le pouvoir législatif est divisé en 4 assemblées (parlement Quadricaméral) :

  • le Conseil d'État, chargé de rédiger les textes législatifs
  • le tribunat discute les lois sans les voter
  • le corps législatif ou corps des muets adopte ou rejette les lois
  • le sénat est chargé de vérifier que la loi est conforme à la constitution

Le pouvoir fonctionne de manière autoritaire, les procédés de démocratie semi directe (quelque peu fictive) sont soigneusement organisés et contrôlés. Le consul corrige lui-même les résultats si non satisfaisants. L'empire est une forme de despotisme éclairé.

[] L'?uvre législative

Comment évoquer Bonaparte sans parler du Code civil ? Bonaparte opéra dès les débuts du Consulat de nombreuses réformes dans l'éducation, la justice, la finance et le système administratif. Son ensemble de lois civiles, rédigé par Jean-Jacques-Régis de Cambacérès et connu sous le nom de Code Napoléon de 1804, a encore une forte influence dans de nombreux pays de nos jours. Le Code civil est toutefois très largement inspiré d'un éventail de lois et coutumes diverses déjà existantes sous l'Ancien Régime qu'il unifiait. Son oeuvre administrative se prolongea jusqu'en 1814 : il créa le conseil des prudhommes en 1806 pour règler les conflits du travail,il créa les écoles de droit (érigées en Facultés en 1808) et la Capacité en droit pour mieux diffuser le Code civil, mais aussi les lycées et le nouveau Baccalauréat, la Banque de France, le Franc germinal, les préfets, le Conseil d'État, initia le travail de cadastration du territoire français, et institua la Légion d'honneur.

[] Du Consul à l'Empereur

En 1800, Bonaparte attaqua et vainquit l'Autriche une nouvelle fois. Battus à Marengo par Napoléon et à Hohenlinden par Moreau, les Autrichiens durent signer le traité de Lunéville le 9 février 1801, ce qui amena les Britanniques à signer la paix d'Amiens en mars 1801. Si son pouvoir était fragile au lendemain de Brumaire, la victoire de Marengo et ses suites consolident fortement la situation de Bonaparte.

Le 24 décembre 1800, une « machine infernale Â» (bombe) l'attendait rue Saint-Nicaise. Le cocher du Premier consul passa au grand galop. La bombe explosa trop tard et seules les vitres du véhicule furent soufflées. Sur place, en revanche, ce fut le carnage. On dénombra une dizaine de morts. Fouché, alors ministre de la Police, réussit à prouver que l'attentat était l'?uvre des royalistes, alors que Bonaparte était persuadé avoir affaire aux Jacobins. L'exécution du duc d'Enghien en sera une conséquence.

En 1802, Bonaparte demande que les cendres du Maréchal de Turenne soient transférées aux Invalides. Il est en effet un fervent admirateur de Turenne, dont il reprendra avec succès la stratégie d'attaque par surprise (bataille de Turckheim, 1675) dans ses campagnes de 1805 à 1812. Par la suite, enivré par ses victoires, s'engageant avec témérité en Russie avec la Grande Armée, il oubliera que toute campagne nécessite une étude approfondie et collective du terrain et de la psychologie de l'ennemi.

En 1802, Bonaparte rétablit l'esclavage dans les colonies à la demande de sa femme, Joséphine de Beauharnais (une béké de Martinique). Ce rétablissement devait faire repartir une économie défaillante dans les colonies des Antilles. Il fallut attendre 1848 pour que l'abolition définitive de l'esclavage soit promulguée.

Bonaparte vendit la Louisiane, immense territoire d'Amérique du Nord, aux États-Unis, en 1802.

Il envoya une armée forte de 34000 hommes à Saint-Domingue sous les ordres du général Leclerc pour rétablir l'autorité de la France. Après quelques succès, notamment la capture de Toussaint Louverture (qui mourut au Fort de Joux, dans le Doubs, le 7 avril 1803), son armée fut anéantie par une épidémie de fièvre jaune.

Après que Bonaparte eut étendu son influence sur la Suisse, qui mit en place les institutions décentralisées actuelles, et sur l'Allemagne, une dispute à propos de Malte servit de prétexte aux Britanniques pour déclarer une nouvelle fois la guerre à la France en 1803, et pour soutenir l'opposition royaliste à Bonaparte. Celui-ci réagit : l'idée d'une invasion de la Grande-Bretagne se fait jour, et pour ramener à la raison les royalistes, qui, peut-être, complotent dans l'ombre, le premier Consul fait exécuter le duc d'Enghien, prince Bourbon. L'exécution qui se déroule à Vincennes après un simulacre de procès, ne suscite pas d'autre protestation que celle de l'Angleterre, la Russie et l'Autriche s'en tenant à quelques timides reproches. Voilà cependant qui asseoit la réputation de « Robespierre à cheval Â» de Napoléon (à Sainte-Hélène, Napoléon assumera cet acte, malgré la très probable implication de Talleyrand). Après ce gage donné aux républicains, dans la mesure où le premier Consul réitère le crime des régicides, celui-ci se couronne Empereur le 2 décembre 1804.

Image:Andrea Appiani 002.jpg
Napoléon se fait couronner roi d'Italie le 26 mai 1805 à Milan

À proprement parler, l'Empire naît à la demande du Sénat. Steven Englund se rallie à l'opinion selon laquelle il s'agissait, initialement, de protéger la République. Bonaparte abattu, l'ordre se serait effondré avec lui. Empereur, il devenait une institution, scellant la pérennité des valeurs républicaines. Il pouvait mourir : l'hérédité du titre était censée protéger le pays des bouleversements et de la perte des acquis révolutionnaires (avec, en premier lieu, l' égalité, loin devant la liberté). C'est ainsi que les monnaies impériales portent, sans hypocrisie, la mention «  Napoléon Empereur - République française  Â». Par suite seulement, cet Empire « républicain Â», protégeant les acquis révolutionnaires, se fera « impérialiste Â».

[] La symbolique impériale

Le sacre impérial, événement unique dans l'histoire de France, est lourdement chargé en symboles. Le passage de la République à l'Empire nécessite la création d'armoiries impériales, ainsi que la création d'objets symboliques destinés à établir une tradition auparavant inexistante. Napoléon, qui se veut rassembleur, décide d'associer aux symboles de son règne les images qui ont pu représenter auparavant la France, ainsi que les pouvoir forts européens. L'aigle est choisi en référence aux aigles romaines, portées par les légions, mais il est également le symbole de Charlemagne, l'aigle éployée. C'est d'ailleurs une erreur de lecture qui donnera pour symbole de l'Empire français un aigle aux ailes déployées : en héraldique, une aigle éployée veut dire un aigle à deux têtes. La couleur rouge du manteau impérial, est une référence directe au pourpre de l'imperium romain. Napoléon se pose ainsi en héritier de l'Empire romain et de Charlemagne. Les abeilles sont censées rappeler les Mérovingiens (des broches les représentant ayant été retrouvées dans des tombeaux de cette époque), et leur disposition sur les armoiries et le manteau impérial doit rappeler les fleurs de lys des capétiens. La main de justice, utilisée par les Capétiens lors des sacres royaux doit fair apparaître qu'il est l'héritier de leur pouvoir. Là, Napoléon veut montrer qu'il est le fondateur de la « quatrième race Â», celle des Bonaparte, après les Mérovingiens, les Carolingiens, et les Capétiens. D'autres symboles utilisés pendant le sacre sont chargés de valeurs morales. Ainsi, Napoléon tient un moment le globe de Charlemagne ; il porte la couronne de ce même empereur (ces deux éléments ayant été forgés de toute pièce avant le sacre). Son épée et son sceptre sont dits de Charlemagne : ils ont été en réalité utilisés depuis plusieurs siècles par les Valois puis les Bourbons lors de leurs sacres.

[] Napoléon et l'Église

Le sacre de Napoléon, sous les yeux du Pape, réduit à bénir le couronnement du maître de la France, est également l'occasion de revenir sur les rapports entre la France et le Vatican. La signature du Concordat par le premier Consul en 1801 reconnaît le catholicisme comme la religion « de la majorité des Français Â», et non plus religion d'État. Les prêtres reçoivent désormais un traitement de la part de l'État. Restauration catholique, moins de dix ans après la confiscation des biens de l'Église ? Napoléon préserve les apparences : en 1804, ce n'est pas l'Empereur qui ira se faire sacrer à Rome, à l'image des empereurs germaniques, mais ce sera le pape que l'on fera venir à Paris, comme un vulgaire aumônier. Napoléon l'accueille en forêt de Fontainebleau, à cheval et en habit de chasse, mettant ainsi en scène le caractère fortuit de la rencontre. Napoléon l'offensera encore en lui prenant des mains la couronne de l'impératrice.

On voit bien que le rapprochement entre Bonaparte et l'Église est le fruit d'intérêts particuliers (se rallier les catholiques de France, asseoir l'Empire sur une légitimité égale à celle des rois), et quand le pape se montrera rétif aux injonctions de Napoléon, celui-ci n'hésitera pas à le retenir prisonnier à Fontainebleau.

[] L'Empire victorieux

En 1804 l'heure n'est donc pas encore aux vastes conquêtes, et, persuadé depuis longtemps que le seul moyen d'obtenir une paix définitive était de neutraliser le Royaume-Uni, Napoléon mit au point, avec l'amiral Latouche Tréville (qui mourra avant d'avoir pu l'exécuter), un plan visant à l'invasion de l'Angleterre. Celui-ci échoua définitivement à la bataille de Trafalgar, où la flotte franco-espagnole commandée par l'amiral de Villeneuve fut disloquée par l'amiral Nelson. Le Royaume-Uni en tira la domination des mers pendant le siècle suivant.

Cette même année 1805, la troisième coalition se forma en Europe contre Napoléon. L'Empereur qui, à Boulogne, supervisait les préparatifs en vue de l'invasion de la Grande-Bretagne, dut faire face à une guerre soudaine, et à l'autre bout de l'Europe. Il mena une offensive immédiate, acheminant la Grande Armée en Autriche à marche forcée, et s'assura une brillante victoire contre l'Autriche et la Russie à la bataille d'Austerlitz, dite « bataille des Trois-Empereurs Â». En 1806, la Prusse provoque un nouveau conflit. La campagne que mène Napoléon est impressionnante de rapidité : « l'Âme du monde Â» (Hegel) balaie l'armée prussienne à la bataille d'Iéna (doublée de la brillante victoire de Davout à la bataille d'Auerstaedt). L'année suivante Napoléon traverse la Pologne et finit par signer, à Tilsit, (au milieu du Niémen), en une mise en scène travaillée pour frapper les esprits, un traité avec le tsar Alexandre Ier, divisant l'Europe entre les deux puissances.

Cet homme formé dans les écoles et par les maîtres de l'Ancien Régime, officier de l'armée royale, brise les anciennes conceptions militaires. Il ne s'agit plus de livrer une guerre de siège à l'aide de 30 à 50 000 hommes, mais de rechercher la bataille décisive, engageant plus de 100 000 hommes s'il le faut. Il ne s'agit plus de rester maître du champ de bataille, mais d'anéantir l'ennemi.

En 1808 il crée la noblesse d'Empire : bientôt ses maréchaux et généraux arboreront les titres de comte d'Empire, prince de Neuchâtel, duc d'Auerstaedt, duc de Montebello, duc de Dantzig, duc d'Elchingen, roi de Naples...

D'Amsterdam à Rome, le grand Empire compte alors plus de 70 millions d'habitants dont trente seulement sont Français.

[] Campagnes de la péninsule Ibérique, d'Autriche et de Russie

À la suite de l'attitude britannique vis-à-vis des bateaux de commerce français, Napoléon tenta d'imposer un blocus continental visant à asphyxier l'industrie britannique. Le Portugal, longtemps allié des Britanniques, refusa de signer ce traité. Napoléon, recherche donc l'aide de l'Espagne pour envahir le Portugal. Il finit par envahir l'Espagne et installa son frère Joseph Bonaparte comme roi, et aussi le Portugal, en 1807 fut envahi. Une partie de la population espagnole, fanatisée par les prêtres, se souleva contre les Français. Bientôt l'excellente infanterie britannique, commandée par le futur duc de Wellington, mit pied en Espagne, en passant par le Portugal, en 1808 et, avec l'aide des nationalistes espagnols, poussa l'armée française hors de la péninsule Ibérique. Alors que les meilleures troupes de l'armée française étaient engagées en Espagne, l'Autriche attaqua une nouvelle fois la France en Allemagne et fut finalement vaincue lors de la bataille de Wagram. Le maréchal Lannes, compagnon et ami de l'Empereur, périt à la bataille d'Essling.

Alexandre Ier, poussé par la noblesse russe acquise aux Britanniques, refusa de coopérer avec Napoléon pour porter le coup final au Royaume-Uni. Napoléon, croyant cette guerre inévitable, envahit la Russie en 1812. La grande Armée, appuyée des alliés italiens, allemands, autrichiens, devint gigantesque : ce sont plus de 600 000 hommes qui franchirent le Niémen.

Les Russes, dirigés par Koutousov, suivirent la stratégie de la terre brûlée, reculant sans cesse devant les troupes françaises. La bataille de la Moskowa, le 12 septembre, ne permit pas de désigner un vainqueur. Bien que les Russes abandonnent le terrain, les pertes furent presque équivalentes dans les deux camps.

Dès le lendemain de l'entrée des troupes françaises dans Moscou, les Russes incendièrent la ville et Napoléon dut faire retraite. L'hiver, soudain en ces régions, était dangereusement proche : Napoléon, espérant une démarche de la part d'Alexandre, fit retarder la retraite jusqu'au dernier moment. Les troupes françaises effectuèrent une retraite extrêmement éprouvante vers l'Allemagne dans l'hiver russe et par les régions dévastées qu'elles avaient parcourues à l'aller. Des 600 000 hommes qui entrèrent en campagne, seules quelques dizaines de milliers franchirent la Bérézina. La Grande Armée était détruite.

Encouragés par ce dramatique échec, plusieurs rois reprirent les armes contre la France. À la suite de la trahison d'une partie de ses troupes, Napoléon subit une défaite décisive à la bataille de Leipzig, aussi appelée « Bataille des nations Â», qui vit s'opposer 180 000 Français à 300 000 alliés (russes, autrichiens, allemands, suédois). Le maréchal Poniatowski, prince polonais et neveu du dernier roi de Pologne, y perdit la vie en tentant de traverser l'Elster avec ses hommes. On dénombra 100 000 morts et blessés.

[] La campagne de France

Image:Napoleon a Cherbourg.jpg
Statue équestre de Napoléon Ier

En 1814, une alliance entre la Grande-Bretagne, la Russie, la Prusse et l'Autriche fut formée. Malgré les incroyables victoires aux batailles de Champaubert et de Montmirail, que Napoléon remporta à la tête d'une armée de jeunes recrues inexpérimentées (les « Marie-Louise Â»), Paris tomba le 31 mars et les maréchaux forcèrent Napoléon à abdiquer.

Il pensait que les alliés allaient le séparer de l'Impératrice et de son fils le Roi de Rome. Dans la nuit du 12 au 13 avril il prit la dose de poison qui devait lui permettre de se suicider, de l'opium dans un peu d'eau. On lui avait assuré que ce poison était plus que suffisant pour tuer deux hommes. Il a choisi cette mort parce qu'il pensait qu'on allait par la suite exposer son corps aux Français, et il voulait que sa garde reconnaisse son visage calme qu'elle lui connaissait au milieu des batailles.

Après de longues minutes d'agonie, l'Empereur se plaignait du lent effet de la préparation d'opium qu'il avait prise. Il déclara à Armand de Caulaincourt : « Qu'on a de peine à mourir, qu'on est malheureux d'avoir une constitution qui repousse la fin d'une vie qu'il me tarde tant de voir finir ! Â» Les nausées de Napoléon furent de plus en plus violentes, il ne fut plus maître de s'empêcher de vomir, comme il l'avait été jusqu'alors, puis par la suite viennent les effets de vomissement, la longue agonie se poursuivit jusqu'à la venue du docteur Yvan.

Napoléon lui demanda de lui donner une autre dose de poison pour qu'il puisse mourir, le docteur refusa en disant qu'il n'était pas un assassin et qu'il ne ferait jamais quelque chose contre sa conscience. L'agonie de l'empereur se poursuivit, Caulaincourt sortit de la pièce pour demander au valet de chambre et au service intérieur de garder le silence. Napoléon rappela Caulaincourt en lui disant qu'il préférait mourir plutôt que de signer le traité. Les effets du poison se sont par la suite dissipés et l'Empereur a pu reprendre ses activités normales.

On ne sait pas exactement comment l'Empereur a survécu à la dose de poison qu'il a prise, soit son estomac se révulsa, soit le poison avait perdu de sa force.

Il fut exilé à l'île d'Elbe, selon le traité de Fontainebleau, conservant le titre d'Empereur mais ne régnant que sur cette petite île.

[] Les Cent-Jours

En France, Louis XVIII écarta « Napoléon II Â» et prit le pouvoir. Napoléon s'inquiéta du sort de sa femme et surtout de son fils qui était aux mains des Autrichiens. Le gouvernement royaliste refusa bientôt de lui verser la pension promise et des rumeurs circulèrent quant à sa déportation vers une petite île de l'océan Atlantique sud.

C'est alors que Napoléon, s'arrachant à sa geôle, mit pied sur le continent en mars 1815, près de Cannes. Les armées envoyées pour l'arrêter l'accueillirent en héros partout sur son trajet, sur la route qui porte désormais son nom. Le maréchal Ney, qui avait juré à Louis XVIII de lui ramener Bonaparte dans une cage de fer, s'inclina devant son ancien souverain, ce qui lui valut d'être le seul maréchal exécuté pour trahison lors de la Seconde Restauration. Napoléon arriva sans coup férir à Paris . la période dite des Cent-Jours s'ouvrait. L'échec était probable : son armée fut finalement défaite à la bataille de Waterloo le 18 juin 1815. La jonction des armées prussiennes et britanniques, que n'avait pu empêcher le maréchal Grouchy, eut raison des troupes impériales.

[] La Route Napoléon

1er mars 1815 : Débarqués à Golfe-Juan, Napoléon et sa petite troupe, gagnent Cannes où ils arrivent tard et d'où ils repartent tôt.

2 mars : Voulant éviter la voie du Rhône qu'il sait hostile, Napoléon fait prendre alors la route de Grasse pour gagner, par les Alpes, la vallée de la Durance. Au-delà de Grasse, la colonne s'engage dans de mauvais chemins muletiers et s'arrête à Saint-Vallier, Escragnolles, et Séranon.

3 mars : Après une nuit de repos, elle gagne Castellane ; dans l'après-midi, elle atteint Barrême. Le

4 mars : Napoléon trouve à Digne la route carrossable et fait étape le soir au château de Malijai, attendant avec impatience des nouvelles de Sisteron dont la citadelle, commandant le passage étroit de la Durance, peut lui barrer la route.

5 mars : Sisteron n'est pas gardée et Napoléon y déjeune, puis quitte la localité dans une atmosphère de sympathie naissante. Le soir, il arrive à Gap et y reçoit un accueil enthousiaste.

6 mars : Il couche à Corps.

7 mars : Il gagne la Mure, puis trouve en face de lui, à Laffrey, des troupes envoyées de Grenoble. C'est ici que se situe l'épisode fameux que commémore aujourd'hui, dans la "prairie de la Rencontre", un monument. Le soir même, Napoléon fait son entrée à Grenoble aux cris de "Vive l'Empereur".

1932 : La Route Napoléon est inaugurée. Des aigles volants dont le symbole est inspiré des paroles de Napoléon : « L'Aigle volera de clocher en clocher jusqu'aux tours de Notre-Dame Â» jalonnent ce parcours.

[] Déportation à Sainte-Hélène et naissance d'un mythe

Napoléon fut emprisonné et déporté par les Britanniques sur l'île Sainte-Hélène, commandée par Sir Hudson Lowe. Avec une petite troupe de fidèles, parmi lesquels le comte de Las Cases, il se dédia à l'écriture de ses mémoires pour la postérité. Dans la seconde moitié du mois d'avril 1821, il écrivit ses dernières volontés et plusieurs codicilles lui-même, une quarantaine de pages au total. Ses derniers mots furent : « France, armée, Joséphine Â», ou, selon les « mémoires de Sainte Hélène Â» : « ...tête...armée...Mon Dieu ! Â».

Image:Napoleon tomb.jpg
Tombeau de Napoléon aux Invalides

En 1955, le journal de Louis Marchand, le valet de Napoléon, fut publié. Il décrit les derniers mois de Napoléon jusqu'à sa mort et beaucoup en conclurent qu'il fut empoisonné à l'arsenic. En 2001, Pascal Kintz, de l'Institut Légal de Strasbourg, accrédita cette thèse avec une étude du niveau d'arsenic trouvé dans les cheveux de Napoléon après sa mort, de 7 à 38 fois le niveau normal. Des analyses du magazine Science & vie montrent que des concentrations similaires d'arsenic peuvent être trouvées dans des échantillons prélevés en 1805, 1814 et 1821. Il faut mentionner la coutume de l'époque de porter des perruques qui étaient poudrées. De plus, si l'on en croit des chercheurs suisses, Napoléon serait mort d'un cancer à l'estomac, même si l'empereur montrait un certain embonpoint au moment de sa mort (75,5 kg pour 1,67 m), les chercheurs ont observé les pantalons qu'il mettait à l'époque et constaté qu'au cours des 5 derniers mois avant sa mort, il avait perdu près de 11 kg. Cette hypothèse avait été avant écartée car il était tout de même un peu trop en chair pour avoir un cancer.

Napoléon demanda à être enterré sur les bords de la Seine, auprès du peuple français qu'il a tant aimé, mais lorsqu'il mourut en 1821 il fut inhumé à Sainte-Hélène. En 1840, son corps fut rapatrié triomphalement et il fut placé aux Invalides à Paris dans un sarcophage en porphyre (don de la Russie à la France).

[] Regards des contemporains

  • Chaptal : Napoléon se servait lui-même des journaux pour faire la guerre à ses ennemis, surtout aux Anglais. Il rédigeait personnellement toutes les notes qu'on insérait dans le Moniteur, en réponse aux diatribes ou aux assertions qu'on publiait dans les gazettes anglaises. Lorsqu'il avait publié une note, il croyait avoir convaincu. On se rappelle que la plupart des notes n'étaient ni des modèles de décence, ni des exemples de bonne littérature ; mais nulle part il n'a mieux imprimé le cachet de son caractère et de son genre de talent.

[] Les réalisations de Napoléon Bonaparte

[] Sous le Consulat

Le consulat est essentiellement une période de pacification et de stabilisation de la France, après la décennie révolutionnaire. De nombreuses institutions sont fondées, qui survivent longtemps à leur créateur ; elles reprennent certains acquis de la Révolution.

[] Sous l'Empire

  • Le 10 mai 1806 l'université est recréée, après son abolition par la Révolution, sous une forme proche de l'actuelle. La Sorbonne existait déjà depuis 1257.

[] L'esclavagisme

Napoléon fut aussi celui qui rétablit l'esclavage, aboli par la République en 1794. En mai 1802, après la signature d'un traité avec l'Angleterre restituant la Martinique à la France, « l'esclavage ainsi que la Traite des Noirs et leur importation dans lesdites colonies auront lieu conformément aux lois et règlements antérieurs à 1789 Â».

Début juin, il fit arrêter et déporter Toussaint Louverture, qui avait pris la tête de la révolte des esclaves noirs de Saint-Domingue onze ans plus tôt, et qui, s'appuyant sur les idéaux de la Révolution et confiant dans les hommes censés les représenter, avait rallié l'île à la France. Il devait mourir un an plus tard au Fort de Joux, dans le Doubs. Quant aux armées napoléoniennes, elles provoquèrent bien des massacres lors de la deuxième révolte des esclaves de Saint-Domingue, avant que ceux-ci en sortent victorieux et créent la première République noire indépendante en janvier 1804.

La Guadeloupe se revolta aussi en 1802 mais la rébellion conduite par Louis Delgrès échoua.

Il faut signaler que Napoléon 1er, de retour de l'île d'Elbe pour 3 mois, décréta une abolition immédiate de l'esclavage. Sa décision sera confirmée par le traité de Paris le 20 novembre 1815. Néanmoins, à la restauration, celle-ci restera lettre morte.

[] La famille

[] Mariages et enfants

Napoléon s'est marié deux fois :

Napoléon a également eu au moins deux enfants illégitimes, qui tous les deux ont eu des descendants :

Et selon des sources plus contestées :

[] Frères et s?urs

[] Neveux et nièces

[] Descendance célèbre

[] Divers

  • Napoléon Bonaparte était épileptique.
  • L'un de ses bicornes a été adjugé le 19 octobre 2005 pour 66 000 livres.

[] Continuateur ou assassin de la révolution ?

Fin 1799, l?état de la France est catastrophique. L?anarchie administrative règne, les impôts n?arrivent pas aux caisses de l?état, le brigandage s?est développé, les routes sont défoncées, les régions frontalières dévastées à cause de la guerre, le commerce est au plus mal, l?industrie (notamment celle de la soie à Lyon) ruinée, le chômage fait une percée, le prix du pain est trop élevé pour les ouvriers, les hôpitaux ne marchent pas? c?est le moment que Bonaparte, qui était à l?époque encore un général révolutionnaire, choisit pour abandonner son armée en Egypte et monter à Paris, faire un coup d?état, le 10 novembre 1799. Entouré d?une auréole de prestige (il vient de sortir vainqueur de la campagne d?Italie et la campagne d?Egypte est une réussite), il ne trouve que peu de résistances et l?opinion public ne le désavoue pas. Mais les républicains sont inquiets. Napoléon a-t-il permit à la révolution de s?installer dans le temps, où a-t-il au contraire détruit l?héritage révolutionnaire ? Le consul Napoléon solidifie l?héritage de la révolution ; Napoléon en finit avec la République et Napoléon arrête le mouvement révolutionnaire mais non la révolution seront les trois parties


Le consul Napoléon, grâce à une série de mesures, permet à la révolution de s?installer dans le temps. Tout d?abord Bonaparte crée de nouvelles institutions, qui ont survécu jusqu?à aujourd?hui. La nouvelle constitution qu?il fait rédiger renforce le pouvoir exécutif au détriment du pouvoir législatif, crée une administration centralisée, organisée en directions et ministères (dont le nouveau ministère de l?intérieur, confié à Fouché) spécialisés et uniformisés. Il garde les divisions administratives crées lors de la révolution. Ces institutions solides permettent un renforcement de l?autorité de l?état, font revivre le pays et éloignent un peu plus le risque de retour à l?ancien régime. Les caisses de l?état sont renflouées. Ensuite, Napoléon Bonaparte s?inscrit dans la lignée de la révolution. Après le coup d?état, les institutions changent, mais la majorité des personnes qui vont occuper des postes étaient déjà en place lors du Directoire : dans les assemblées crées par la constitution de l?an X, la plupart des sénateurs, tribuns ou membres du conseil d?état avaient déjà des postes à responsabilité sous le régime précédent, les préfets sont choisis dans les assemblées révolutionnaires?. Cela permet à Bonaparte de mieux contrôler l?opposition. Les réformes qu?il met en place sont la suite logique de celles déjà entreprises sous la révolution. Les réformes financières et commerciales qui lui sont attribuées ont, pour une partie d?entre elles, été imaginées par les membres du Directoire. Le Blocus continental que mettra Napoléon en ?uvre contre l?Angleterre dès 1806 avait déjà été tenté par le Directoire, tentative qui s?était révélée infructueuse. Même certaines techniques de guerre utilisées par Napoléon et dont il est considéré comme l?inventeur avaient déjà été mises en application sous la révolution. La rédaction d?un code civil elle-même avait déjà été entreprise sous la révolution. De plus, il stabilise le paysage politique en pacifiant le pays et garantit ainsi l?inscription dans la durée de son gouvernement. La paix signée avec les royalistes Vendéens, dès décembre 1799, marque un grand pas en avant dans l?apaisement du pays, aucun gouvernement auparavant n?avait réussi à l?obtenir. La signature du concordat en 1801 permet à Napoléon de s?assurer le soutien de beaucoup de catholiques qui étaient hésitants jusqu?alors, et les royalistes en perdent autant, l?une des raisons fondamentales de l?appui de la population à ce mouvement étant le caractère anti-catholique de la révolution. Ce concordat, qui n?instaure pas le catholicisme comme religion dominante, cela aurait put être vu comme une volonté de retour à l?ancien régime, permet à Bonaparte d?obtenir une nouvelle légitimité et d?asseoir un peu plus son autorité. Le concordat maintient la vente des biens nationaux. Grâce à ces deux traités, Bonaparte neutralise l?opposition royaliste et semble s?inscrire dans l?héritage révolutionnaire. Finalement, le code civil est un ouvrage révolutionnaire. Commencé en 1800 et publié finalement en 1804, il remplace tout le droit antérieur, et conserve la méritocratie, l?impôt égalitaire, la conscription, la liberté d?entreprise et de concurrence ainsi que de travail, consacre la disparition de l?aristocratie féodale, et en principe l?égalité devant la loi. En conservant et en inscrivant dans le Code tous ces acquis de la révolution, Bonaparte leur permit de traverser les régimes et rassura une grande partie de la population



Mais Napoléon a aussi supprimé bon nombre d?acquis révolutionnaires. Tout d?abord, les cultes révolutionnaires sont abolis. Les libertés d?expression, de réunion, de circulation et de presse sont supprimées au profit d?un état dictatorial et d?une surveillance très accrue de la population, orchestrée par Fouché. L?égalité proclamée dans le Code Civil n?est pas respectée : la femme dépend de son mari, les patrons ont un très grand pouvoir sur les ouvriers, le livret ouvrier les réduisant à être des quasi-serfs, l?esclavage est rétabli dans les colonies, les fonctionnaires sont privilégiés en matière de justice? Ensuite, l?instauration des préfets, qui sont l?équivalent des intendants, la création du conseil d?état, équivalent du conseil du roi, d?une nouvelle noblesse basée sur la notabilité, les faux plébiscites organisés (des votes sont inventés, il n?y a pas de secret de vote, on ratifie un fait déjà accompli?) font redouter le pire aux jacobins. Le spectre du retour à la monarchie les hante. Finalement, en devenant tour à tour premier consul, consul à vie puis empereur, il en finit avec la république. La faveur publique lui permet de rédiger une constitution, celle de l?an VIII, qui lui donne la réalité des pouvoirs et surtout ne fais pas mention de la souveraineté nationale. Cette constitution divise le pouvoir législatif, qui à partir de ce moment, perdra toute influence. C?est au cours de l?an X que s?est opérée la transformation du régime encore républicain en un despotisme auquel ne manquait qu?une couronne. Le poste de premier consul à vie sonne le glas de la république. Néanmoins, lorsqu?il est sacré empereur en 1804 il respecte l?esprit de la révolution, il change seulement les apparences extérieures du pouvoir exécutif : en effet, entre premier consul et empereur, la difference est essentiellement symbolique. Ces changements de régime permettent surtout à Napoléon d?être de moins en moins dépendant de ses succès ou échecs et lui donnent une autre dimension vis-à-vis des autres dirigeants européens. Napoléon a donc aussi enterré momentanément bon nombre d?acquis révolutionnaires.


Napoléon arrête le mouvement révolutionnaire mais non la révolution. En obtenant la confiance des bourgeois (grâce à la vente des biens nationaux, à la paix maritime et continentale, à la création d?une noblesse méritocratique?), grâce à la bonne résolution des crises telle celle de 1802(disette et chômage), au prestige de grandes victoires (Marengo, 1800) Napoléon obtient le soutien populaire et s?affranchit peut à peu du processus révolutionnaire, qui ne lui est plus nécessaire. Au fil des années, alors que sa popularité ne va cesser de croître, il va monter en puissance et s?éloigner de la république. En 1804, après divers complots visant son assassinat et la reprise des hostilités avec l?Angleterre, il est perçu comme le seul rempart face aux ennemis de la révolution, et la question de l?hérédité devient un sujet de préoccupations. Il en profite pour se faire sacrer Empereur(ou plutôt, se sacrer). Ce qui pourrait être vu comme l?aboutissement du projet d?un tyran ne l?est pas. En effet, lors du sacre, Napoléon déclara être dans la continuité de la révolution, et est soutenu par les révolutionnaires eux-mêmes, malgré la fin du processus révolutionnaire. Les guerres impériales ont perpétué la révolution. Dans tous les pays conquis, Napoléon Ier impose le Code Civil et par conséquent toutes les notions révolutionnaires qui en font parti .Il est considéré dans un premier temps comme le libérateur de l?Europe. Mais à partir de la Quatrième coalition, qui commence en 1806, le but de ces guerres ne sera plus la propagation des idées révolutionnaires. Malgré la défaite Napoléonienne en 1815, les idées de liberté et d?égalité resteront fermement implantées dans les pays qui avaient été conquis, et de nombreux bouleversements au fil du XIXe siècle en découleront.



Grâce à la modernisation des institutions Françaises et Européennes, à la pacification du pays, à ses victoires militaires et la conquête de la majeure partie de l?Europe, Napoléon à permis l?expansion et la perpétuation de la révolution. Ainsi, malgré les nombreux changements de régime lors du XIX siècle, le Code Civil restera en vigueur dans l?Europe entière, et les nombreux principes révolutionnaires qu?il contient. Napoléon est donc plus le continuateur que l?assassin de la révolution, malgré l?impasse qu?il fit sur la république. En supprimant les cultes révolutionnaires et autres acquis révolutionnaires qui mettaient en danger l??uvre de la révolution elle-même, il permit aux autres de traverser les époques.

[] Voir aussi

[] Articles connexes

[] Bibliographie

[] Filmographie sélective

Parmi les très nombreux films et téléfilms consacrés au personnage ou le faisant figurer, avec l'acteur qui l'y incarne :

[] Liens externes

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Wikimedia Commons propose des documents multimédia sur Napoléon Bonaparte.

[] Les batailles

[] Les idées

[] Biographie - Famille

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