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Napoléon Ier 
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Napoléon Ier
1er Empereur des Français
Ingres, Napoleon on his Imperial throne.jpg

RĂšgne
18 mai 1804 - 11 avril 1814
20 mars 1815 - 22 juin 1815
Sacre 2 dĂ©cembre 1804
(Cathédrale Notre-Dame de Paris)
Dynastie Maison Bonaparte
Titre complet Empereur des Français
Roi d'Italie
Médiateur de la Confédération suisse
Protecteur de la Confédération du Rhin
PrĂ©dĂ©cesseur Lui-mĂȘme
(en tant que Premier Consul)
Louis XVIII (Roi de France)
Successeur Louis XVIII (Roi de France)
Napoléon II

Autres fonctions
Premier Consul de France
Période
10 novembre 1799 - 18 mai 1804
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Monarque
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Prédécesseur Directoire
Successeur Lui-mĂȘme (en tant qu'empereur)

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Biographie
Nom de naissance Napoleone di Buonaparte
Naissance 15 aoĂ»t 1769
Ajaccio, Royaume de France Royaume de France
DĂ©cĂšs 5 mai 1821 (51 ans)
Île Sainte-HĂ©lĂšne
Royaume-Uni Royaume-Uni
PĂšre Charles Bonaparte
MĂšre Maria Letizia Ramolino
Conjoint(s) Joséphine de Beauharnais
Marie-Louise d'Autriche
Descendance Prince Napoléon François Bonaparte, prince impérial
Charles Léon
Alexandre Waleski
Résidence(s) Palais des Tuileries

Grandes Armes Impériales (1804-1815).svg
Empereurs des Français

NapolĂ©on Bonaparte1 (nĂ© le 15 aoĂ»t 1769 Ă  Ajaccio, en Corse ; mort le 5 mai 1821 sur l'Ăźle Sainte-HĂ©lĂšne) fut gĂ©nĂ©ral, premier consul, puis empereur des Français. Il fut un conquĂ©rant de l'Europe continentale.

Objet dÚs son vivant d'une légende dorée comme d'une légende noire, il a acquis une notoriété aujourd'hui universelle pour son génie militaire (victoires d'Arcole, Rivoli, Pyramides, Marengo, Austerlitz, Iéna, Friedland, Wagram, La Moskova) et politique, mais aussi pour son régime autoritaire, et pour ses incessantes campagnes (voulues ou non) coûteuses en vies humaines, soldées par de lourdes défaites finales en Espagne, en Russie et à Waterloo, et par sa mort en exil à Sainte-HélÚne sous la garde des Anglais.

Il dirige la France Ă  partir de la fin de l’annĂ©e 1799 ; il est d'abord Premier Consul du 10 novembre 1799 au 18 mai 1804 puis Empereur des Français, sous le nom de NapolĂ©on Ier, du 18 mai 1804 au 11 avril 1814, puis du 20 mars au 22 juin 1815. Il rĂ©organise et rĂ©forme durablement l'État et la sociĂ©tĂ©. Il porte le territoire français Ă  son extension maximale avec 134 dĂ©partements en 1812, transformant Rome, Hambourg, Barcelone ou Amsterdam en chefs-lieux de dĂ©partements français. Il est aussi prĂ©sident de la RĂ©publique italienne de 1802 Ă  1805, puis roi d’Italie du 17 mars 1805 au 11 avril 1814, mais encore mĂ©diateur de la ConfĂ©dĂ©ration suisse de 1803 Ă  1813 et protecteur de la ConfĂ©dĂ©ration du Rhin de 1806 Ă  1813. Il conquiert et gouverne la majeure partie de l’Europe continentale et place les membres de sa famille sur les trĂŽnes de plusieurs royaumes europĂ©ens : Joseph sur celui de Naples puis d'Espagne, JĂ©rĂŽme sur celui de Westphalie, Louis sur celui de Hollande et son beau-frĂšre Joachim Murat Ă  Naples. Il crĂ©e aussi un grand-duchĂ© de Varsovie, sans oser restaurer formellement l'indĂ©pendance polonaise, et soumet Ă  son influence des puissances vaincues telles que la Prusse et l'Autriche.

NapolĂ©on tente de mettre un terme Ă  son profit Ă  la sĂ©rie de guerres que mĂšnent les monarchies europĂ©ennes contre la France depuis 1792. Il conduit les hommes de la Grande ArmĂ©e, dont ses fidĂšles « grognards Â», du Nil et de l'Andalousie jusqu'Ă  la ville de Moscou. Comme le note l'historien britannique Eric Hobsbawm, aucune armĂ©e n'Ă©tait allĂ©e aussi loin depuis les Vikings ou les Mongols et aussi de soumettre autant de grandes puissances de l'Ă©poque. MalgrĂ© de nombreuses victoires initiales face aux diverses coalitions montĂ©es et financĂ©es par la Grande-Bretagne (devenue le Royaume-Uni en 1801), l’épopĂ©e impĂ©riale prend fin en 1815 avec la dĂ©faite de Waterloo.

Peu d'hommes ont suscitĂ© autant de passions contradictoires que NapolĂ©on Bonaparte. Selon les mots de l’historien Steven Englund : « le ton (
) qui convient le mieux pour parler de NapolĂ©on serait (
) une admiration frisant l’étonnement et une dĂ©sapprobation constante frisant la tristesse. Â»

Toute une tradition romantique fait prĂ©cocement de NapolĂ©on l'archĂ©type du grand homme appelĂ© Ă  bouleverser le monde. Élie Faure, dans son ouvrage NapolĂ©on, qui a inspirĂ© Abel Gance, le compare Ă  un « prophĂšte des temps modernes Â». D'autres auteurs, tel Victor Hugo, font du vaincu de Sainte-HĂ©lĂšne le « PromĂ©thĂ©e moderne Â». L'ombre de « NapolĂ©on le Grand Â» plane sur de nombreux ouvrages de Balzac, Stendhal, Musset, mais aussi de DostoĂŻevski, de TolstoĂŻ et de bien d'autres encore.

Sommaire

Biographie

Jeunesse et ascension dans l’armĂ©e

Naissance de Napoléon

Le Blason de la famille Bonaparte (avant Napoléon Ier).
Portrait de Charles Bonaparte, pÚre de Napoléon.

NapolĂ©on Bonaparte naĂźt Ă  Ajaccio, le 15 aoĂ»t 1769, un an aprĂšs le traitĂ© de Versailles par lequel GĂȘnes cĂšde l'Ăźle Ă  la France. Il a pour nom de baptĂȘme Napoleone di Buonaparte (acte du 21 juillet 1771, mais sur son acte de mariage avec JosĂ©phine de Beauharnais, il signa Napoleone Buonaparte). Issu d’une famille faisant partie de la noblesse de robe italo-corse dont la prĂ©sence sur l'Ăźle est attestĂ©e depuis le XVIe siĂšcle2 (Maison Bonaparte d’origine toscane[rĂ©f. nĂ©cessaire]), il est le quatriĂšme enfant (second des enfants survivants) de Carlo Maria Buonaparte, avocat au Conseil supĂ©rieur de l'Ăźle, et de Maria Letizia Ramolino. Son prĂ©nom, Napoleone (ou Nabulione selon la graphie corse3), lui est donnĂ© en mĂ©moire d'un oncle mort Ă  Corte en 17674.

La formation militaire

En 1777, Charles Bonaparte, reprĂ©sentant la noblesse, fait partie de la dĂ©putation que l’AssemblĂ©e gĂ©nĂ©rale des États de la Corse envoie Ă  Versailles auprĂšs du roi Louis XVI. À cette occasion, le comte de Marbeuf, gouverneur de l'Ăźle, fait obtenir, auprĂšs du ministre de la guerre le prince de Montbarrey, une bourse pour faire entrer le deuxiĂšme fils de Charles Ă  l'Ă©cole militaire, son frĂšre aĂźnĂ© Joseph Ă©tant destinĂ© Ă  suivre une carriĂšre ecclĂ©siastique5.

Le 1er janvier 1779, Charles Bonaparte fait entrer provisoirement ses deux fils Joseph et NapolĂ©on au collĂšge d’Autun. NapolĂ©on y reste trois mois, le temps pour son pĂšre de faire les dĂ©marches pour le faire admettre Ă  l'Ă©cole militaire, devant pour cela fournir les preuves de sa noblesse et de quatre degrĂ©s d'anciennetĂ© pour obtenir la bourse du roi6. Le dossier fut examinĂ© par le juge d'armes Antoine-Marie d'Hozier de Serigny7. Charles Bonaparte ayant fourni les preuves de noblesse de la famille, NapolĂ©on est agréé par le ministĂšre de la guerre pour entrer au collĂšge militaire de Tiron, mais, suite Ă  des dĂ©fections, il est finalement admis Ă  l’École royale militaire de Brienne-le-ChĂąteau (Aube)7.

NapolĂ©on y entre le 15 mai 1779 en classe de septiĂšme8. C’est l’un des douze collĂšges de France qui accueillent les enfants de la petite noblesse. Il va y rester cinq ans. ConsidĂ©rĂ© comme bon Ă©lĂšve, particuliĂšrement douĂ© pour les mathĂ©matiques, Bonaparte n’aurait pas Ă©tĂ© trĂšs apprĂ©ciĂ© de ses camarades notamment Ă  cause de son admiration pour Pascal Paoli9. Il montre dĂ©jĂ  une propension Ă  l’art du commandement, en organisant des jeux militaires dont il prend la tĂȘte. Une bataille de boules de neige, qu'il aurait dirigĂ©e un hiver, fait partie de sa lĂ©gende10. Son frĂšre Joseph, ayant abandonnĂ© son projet d'entrer au sĂ©minaire, Ă©tudie le droit, Lucien entre au sĂ©minaire d’Aix-en-Provence et ses sƓurs sont Ă©duquĂ©es par Mme Campan.

Son pĂšre lui rend visite le 21 juin 178411. Le 22 septembre de la mĂȘme annĂ©e, le sous-inspecteur des Ă©coles Marie-Antoine-SĂ©rapion Reynaud des Monts fait passer aux Ă©lĂšves cadets de Brienne l'examen d'entrĂ©e Ă  l'École militaire de Paris, oĂč aprĂšs un an d'Ă©tudes ils pourront ĂȘtre affectĂ©s Ă  un rĂ©giment d'artillerie, de gĂ©nie, ou de la marine12. NapolĂ©on est jugĂ© apte Ă  y entrer ainsi que quatre de ses condisciples. Il quitte l'Ă©cole le 17 octobre et arrive cinq jours plus tard Ă  Paris oĂč il intĂšgre la compagnie des cadets gentilshommes13. Le 24 fĂ©vrier 1785, Charles Bonaparte meurt d'un cancer de l'estomac ; le rĂŽle de chef de la famille Ă©choit Ă  l'aĂźnĂ© Joseph, mais NapolĂ©on le juge d'un caractĂšre trop faible pour diriger la famille14. En septembre, il passe l'examen de sortie de l'Ă©cole afin d'intĂ©grer un rĂ©giment d'artillerie, interrogĂ© par le mathĂ©maticien Pierre-Simon Laplace. Il est reçu lieutenant en second, (42e sur 58) Ă  l’examen de l’artillerie, et reçoit l’ordre de rejoindre la destination qu’il a choisie, le rĂ©giment d'artillerie de la FĂšre alors en garnison Ă  Valence15.

Il quitte Paris pour Valence le 30 octobre 1785. Le 15 septembre 1786, sept ans et neuf mois aprĂšs son dĂ©part, il repose les pieds sur l’üle de Corse Ă  l’occasion de son congĂ© de semestre. Le 1er juin 1788, il s’embarque pour rejoindre son rĂ©giment de La FĂšre en garnison Ă  Auxonne et apprendre son mĂ©tier d’artilleur. Dans ses loisirs, il travaille assidĂ»ment. Ses nombreuses lectures, qu’il accompagne de Notes16 tĂ©moignent du sens dans lequel il a dirigĂ© ses Ă©tudes et des sujets qui l’ont particuliĂšrement attirĂ©. Il quitte Auxonne, pour un congĂ© de semestre au dĂ©but du mois de septembre 1789. Le 11 ou 12 fĂ©vrier 1791, la fin de son congĂ© le ramĂšne dans la citĂ© auxonnaise qu’il quitte dĂ©finitivement le 14 juin 1791.

Les premiĂšres armes

Lorsque la Révolution éclate en 1789, le lieutenant Bonaparte a 19 ans. Il est présent depuis le 15 juin 1788 au régiment de La FÚre, alors à l'école royale d'artillerie à Auxonne dirigée par le maréchal de camp-baron Jean-Pierre du Teil. Ce dernier lui confie la répression de la premiÚre émeute locale qui éclate le 19 juillet 1789.

PrĂ©sent ponctuellement Ă  Paris, le jeune officier est spectateur de l’invasion des Tuileries par le peuple le 20 juin 1792 et aurait manifestĂ© alors son mĂ©pris pour l'impuissance de Louis XVI. Ce dernier signe quelques jours plus tard son brevet de capitaine, un de ses derniers actes publics.

NapolĂ©on retourne Ă  plusieurs reprises en Corse, oĂč les luttes de clans avaient repris, les Paolistes soutenant la monarchie Ă  l’anglaise, et les Bonaparte la RĂ©volution. NapolĂ©on se fait Ă©lire lieutenant-colonel de la Garde nationale en mars 1792, en arrachant de force l’accord du commissaire du gouvernement. C'est Ă  ce poste de commandant en second du bataillon Quenza-Bonaparte qu'il fait ses premiĂšres armes en fĂ©vrier 1793, participant Ă  la tĂȘte de l'artillerie Ă  l'expĂ©dition de La Maddalena. MalgrĂ© l'efficacitĂ© et la dĂ©termination de NapolĂ©on, l'opĂ©ration commandĂ©e par Colonna Cesari, un proche de Paoli, est un Ă©chec cuisant. Cet Ă©vĂ©nement et l’exĂ©cution du roi en janvier 1793 attisent la division avec les Paolistes, provoquant une rĂ©volte des indĂ©pendantistes.

Les désaccords entre Paoli et Bonaparte s'accentuent et suite à une lettre de Lucien Bonaparte à la Convention pour dénoncer Paoli, la famille de Napoléon, dont la maison a été mise à sac, est contrainte de quitter l'ßle précipitamment à destination de Toulon, le 10 juin 1793. Peu aprÚs l'arrivée des Bonaparte dans le (nouveau) département du Var, la région se révolte contre la Convention et Toulon est livrée aux Britanniques par la population révoltée.

Capitaine d’artillerie, Bonaparte y est envoyĂ© Ă  l'automne 1793 et obtient, Ă  la demande des commissaires Augustin Robespierre et son compatriote Salicetti, le commandement de l'artillerie, avec le grade de chef de bataillon. Il y rencontre de jeunes officiers comme Marmont, Junot ou Victor. Le plan qu’il soumet au gĂ©nĂ©ral Dugommier permet la reprise de la ville aux troupes royalistes et britanniques le 18 dĂ©cembre. Ses ordres contribuent Ă  forcer la flotte britannique Ă  quitter la rade de Toulon et Ă  priver ainsi les insurgĂ©s d'un soutien prĂ©cieux. Il est fait gĂ©nĂ©ral de brigade le 22 dĂ©cembre. AprĂšs cette victoire, il sert en Italie.

Ses amitiĂ©s avec les jacobins lui valent d’ĂȘtre briĂšvement arrĂȘtĂ© aprĂšs la chute de Robespierre le 9 Thermidor an II (27 juillet 1794).

Le 13 vendĂ©miaire, le mariage et l’armĂ©e d’Italie

Paul Barras.

LibĂ©rĂ©, il refuse d'ĂȘtre affectĂ© en VendĂ©e et erre Ă  Paris un temps sans commandement effectif, puis Barras lui demande le 13 vendĂ©miaire an IV de rĂ©primer l’insurrection royaliste contre la Convention nationale. À cette occasion, Bonaparte a sous ses ordres un jeune officier, Joachim Murat, son futur beau-frĂšre. Ce dernier joue un rĂŽle dĂ©terminant, en transfĂ©rant Ă  temps les canons indispensables depuis les Sablons jusqu'aux abords des Tuileries. La canonnade de Saint-Roch — oĂč les boulets ont Ă©tĂ© remplacĂ©s par de la mitraille plus « efficace Â» — disperse les forces royalistes faisant de nombreuses victimes...

Quelques jours plus tard, Bonaparte est promu gĂ©nĂ©ral de division, puis nommĂ© commandant de l’armĂ©e de l'IntĂ©rieur, succĂ©dant Ă  Barras qui devient l’un des 5 membres du Directoire.

Officier d’artillerie de formation, il innove vers cette Ă©poque dans l’utilisation de l’artillerie (canon de Gribeauval) comme force mobile d’appui des attaques d’infanterie.

Il doit Ă  JosĂ©phine de Beauharnais, amie et ancienne maĂźtresse de Barras, qu'il vient d'Ă©pouser au dĂ©but de 1796, sa promotion Ă  la tĂȘte de la petite armĂ©e d'Italie, appelĂ©e en principe Ă  ouvrir un simple front de diversion. Il sait motiver ses hommes et fait, sur le terrain qu'il avait reconnu en 1793-94, une campagne d’exception qui reste Ă©tudiĂ©e dans toutes les Écoles de guerre. Il bat sĂ©parĂ©ment quatre gĂ©nĂ©raux piĂ©montais et autrichiens (dont Colli, Von Beaulieu et Argenteau Ă  Millesimo, Montenotte), et signe l’armistice de Cherasco avec le premier royaume. Dans une deuxiĂšme phase, il bat une nouvelle armĂ©e autrichienne envoyĂ©e en renfort et commandĂ©e par Sebottendorf Ă  Lodi et Beaulieu Ă  Borghetto, ce qui lui assure la conquĂȘte de Milan.

Dans une troisiĂšme phase organisĂ©e autour du siĂšge de Mantoue, il bat deux nouvelles armĂ©es autrichiennes commandĂ©es par Quasdanovich et Wurmser dans sept batailles, dont Castiglione, Roveredo. Enfin, les renforts commandĂ©s par Alvinczy sont Ă  nouveau battus au pont d’Arcole et Ă  Rivoli. Tout en organisant l’Italie en RĂ©publiques sƓurs sur le modĂšle de la RĂ©publique française, il marche sur l’Autriche et signe seul les prĂ©liminaires de paix de Leoben. En un peu plus d’un an, il bat cinq armĂ©es autrichiennes, frĂ©quemment Ă  un contre deux, et dĂ©cide seul du sort de la guerre, les armĂ©es françaises du Rhin Ă©tant battues par les Autrichiens qui doivent affaiblir leurs troupes sur ce front pour envoyer des renforts en Italie. La rue de Paris oĂč il habite est renommĂ©e rue de la Victoire.

Article dĂ©taillĂ© : Campagne d'Italie (1796-1797).

Campagne d’Égypte

Article dĂ©taillĂ© : Campagne d'Égypte.

À son retour d’Italie, en dĂ©cembre 1797, Bonaparte est accueilli comme un hĂ©ros par le Directoire qui organise une cĂ©rĂ©monie officielle pour cĂ©lĂ©brer la paix de Campo-Formio. Il est nommĂ© membre de l'Institut dans la classe de mathĂ©matiques. En fĂ©vrier 1798, le Directoire soumet Ă  Bonaparte l'idĂ©e d'une invasion de l'Angleterre. Il inspecte les cĂŽtes françaises de Boulogne, Calais et Dunkerque, en vue de la rĂ©alisation du projet. Sa popularitĂ© auprĂšs des Français est de plus en plus importante. Le 23 fĂ©vrier 1798, le gouvernement abandonne le projet d'invasion de l'Angleterre sur les conseils de Bonaparte, qui, lui-mĂȘme influencĂ© par Talleyrand, persuade alors le Directoire de porter la guerre en Égypte, oĂč il pourra couper la route des Indes Ă  la Grande-Bretagne. Le 24 fĂ©vrier 1798, le rapport est prĂ©sentĂ© Ă  Barras ; le 5 mars, inquiet de la popularitĂ© de Bonaparte, le Directoire le charge de mener l'expĂ©dition en Égypte, avec aussi l'idĂ©e de s'en dĂ©barrasser.

En avril 1798 est créée l’armĂ©e d’Orient, placĂ©e sous les ordres de Bonaparte. Des scientifiques formant l’Institut d’Égypte l'accompagnent. Il est, en outre, accompagnĂ© des gĂ©nĂ©raux KlĂ©ber, Desaix, Murat, Lannes, Davout et Caffarelli.

Le 19 mai 1798, Bonaparte quitte Toulon avec le gros de la flotte française et parvient Ă  Ă©chapper Ă  la poursuite de la flotte britannique de Nelson. Mais il y a eu peut-ĂȘtre une ruse des Anglais de laisser passer la flotte française pour mieux l'Ă©craser plus tard. Au passage, les Français s’emparent de Malte, le 10-11 juin 1798, pour assurer les communications ultĂ©rieures avec la mĂ©tropole. Le 19 juin 1798, aprĂšs avoir laissĂ© une garnison de 3 000 hommes sur place, la flotte met le cap sur Alexandrie qu’elle atteint le 1er juillet 1798. AprĂšs une courte rĂ©sistance, la ville est prise le lendemain.

Bonaparte laisse 3 000 hommes Ă  Alexandrie et longe la cĂŽte Ă©gyptienne vers l’est jusqu’au delta du Nil qu’il remonte vers Le Caire. Le premier vĂ©ritable combat de la campagne d'Égypte a lieu Ă  ChebreĂŻs le 13 juillet 1798 oĂč les cavaliers mamelouks sont dĂ©faits, grĂące Ă  l’artillerie de l’armĂ©e d’Orient. Le 21 juillet 1798, Ă  la bataille des Pyramides de Gizeh, Bonaparte bat Ă  nouveau l’armĂ©e des mamelouks. Le 24 juillet 1798, Bonaparte et son armĂ©e entrent triomphalement au Caire. Les 1er et 2 aoĂ»t 1798, la flotte française est presque entiĂšrement dĂ©truite Ă  Aboukir par les navires de Nelson. DĂ©sormais, les Britanniques sont maĂźtres de la MĂ©diterranĂ©e et Bonaparte est prisonnier de sa conquĂȘte. Suite Ă  cette dĂ©faite, les Turcs, le 9 septembre 1798, dĂ©clarent la guerre Ă  la France. Il faut rappeler qu’à cette Ă©poque l'Égypte fait partie de l'empire ottoman, comme la majoritĂ© du Proche-Orient.

Napoléon et ses généraux en Egypte., Jean-Léon GérÎme

Pendant qu’il dĂ©cide de faire de l'Égypte un vĂ©ritable État capable de vivre en autarcie, Bonaparte envoie le gĂ©nĂ©ral Desaix poursuivre Mourad Bey jusqu’en Haute-Égypte, complĂ©tant ainsi la soumission du pays. PoussĂ©s par les Britanniques et les Turcs, les mamelouks survivants travaillent la population du Caire, qui se rĂ©volte le 21 octobre 1798 contre les Français. Cette rĂ©volte est impitoyablement rĂ©primĂ©e par les troupes. Le calme revient et Bonaparte rĂ©tablit la situation en dĂ©crĂ©tant finalement une amnistie gĂ©nĂ©rale, non sans avoir fait couper bon nombre de tĂȘtes exhibĂ©es Ă  la foule terrorisĂ©e et canonner la Grande MosquĂ©e du Caire.

En fĂ©vrier 1799, Bonaparte se dĂ©place en Syrie pour affronter les troupes ottomanes que le sultan a envoyĂ©es pour attaquer les Français en Égypte. Le 10 fĂ©vrier 1799, Bonaparte quitte le Caire avec son armĂ©e et bat les Turcs aux combats d’El-Arich et de Gaza. Le 7 mars 1799, la ville de Jaffa est prise et pillĂ©e par les Français. NapolĂ©on ordonne l'exĂ©cution de quelque 2 500 prisonniers turcs qui sont fusillĂ©s ou Ă©gorgĂ©s faute de munitions17. Par ce massacre, il espĂšre impressionner ses adversaires. C’est Ă  ce moment-lĂ  que la peste apparaĂźt dans les rangs français. NapolĂ©on est favorable Ă  l'euthanasie des soldats agonisants Ă  l'aide de fortes doses d'opium (utilisĂ© pour calmer la douleur), mais son mĂ©decin Desgenettes s'y oppose Ă©nergiquement.

Le 19 mars 1799, Bonaparte met le siĂšge devant Saint-Jean d’Acre. Le 13 avril 1799, les cavaliers de Junot mettent en dĂ©route les cavaliers ottomans Ă  la bataille de Nazareth et le 16 avril 1799, Bonaparte et KlĂ©ber Ă©crasent l’armĂ©e turque de secours envoyĂ©e par le sultan pour libĂ©rer le siĂšge de Saint-Jean d’Acre Ă  la Bataille du Mont-Thabor. Bien que victorieuse Ă  cette bataille, le 16 avril 1799, l’expĂ©dition en Syrie sera dĂ©cimĂ©e par la peste puis arrĂȘtĂ©e Ă  Acre.

De retour Ă  Acre, Bonaparte essayera en vain, du 24 avril au 10 mai 1799, de prendre la ville. Le 17 mai 1799, Bonaparte dĂ©cide d’abandonner le siĂšge et retourne en Égypte. Le 14 juin 1799, il arrive au Caire et, dans un retournement de situation, bat les Turcs le 25 juillet 1799 Ă  la bataille terrestre d'Aboukir.

La situation du Directoire lui paraissant favorable Ă  un coup de force, Bonaparte, qui n’a plus qu’une armĂ©e de terre affaiblie, ayant perdu sa marine, abandonne le commandement de l’armĂ©e d’Égypte Ă  Jean-Baptiste KlĂ©ber.

Retour Ă  Paris, situation de la France

Il rentre discrÚtement en France le 23 août 1799 à bord de la frégate La Muiron, abandonnant au général Kléber une armée diminuée et malade. Il débarque à Saint-Raphaël le 9 octobre 1799 aprÚs avoir miraculeusement échappé aux escadres britanniques pendant les 47 jours de la traversée.

Sur le chemin qui le mĂšne Ă  Paris, il est acclamĂ© par la population. Jean-Baptiste KlĂ©ber se rĂ©vĂšle un excellent administrateur et le 20 mars 1800, rĂ©alise l’exploit de vaincre les Turcs Ă  la bataille d’HĂ©liopolis. Cette victoire permet Ă  la France de conserver l’Égypte, mais KlĂ©ber meurt assassinĂ©, le 14 juin 1800 au Caire, le jour oĂč NapolĂ©on gagne de justesse la bataille de Marengo en Italie, grĂące Ă  la charge hĂ©roĂŻque de Desaix, qui est tuĂ© lors de l’assaut, trĂ©passant ainsi le mĂȘme jour que KlĂ©ber.

Le successeur de KlĂ©ber, le gĂ©nĂ©ral Menou, capitule le 31 aoĂ»t 1801 devant les forces turco-britanniques aprĂšs avoir perdu 13 500 hommes, principalement victimes des Ă©pidĂ©mies au cours des nĂ©gociations de paix. Les soldats français restants sont rapatriĂ©s sur les vaisseaux britanniques vers la France.

Le Consulat

Buste de Bonaparte Premier Consul
Article dĂ©taillĂ© : Consulat (histoire de France).

Le coup d’État

Article dĂ©taillĂ© : Coup d'État du 18 brumaire.

ArrivĂ© dans la capitale, le gĂ©nĂ©ral s’entretient avec Talleyrand, homme politique d’expĂ©rience et fin connaisseur des forces en jeu.

Le schĂ©ma du coup d’État du 18 brumaire (9 novembre 1799) prĂ©voit les opĂ©rations suivantes : Bonaparte aura le commandement en chef de l’armĂ©e pour le maintien de l’ordre dans Paris et dans les assemblĂ©es. On envisage de dĂ©placer les assemblĂ©es au chĂąteau de Saint-Cloud sous le prĂ©texte d’un pĂ©ril jacobin. En effet, depuis 1789, les assemblĂ©es se trouvent toujours sous la menace de la population parisienne.

L'essentiel des Ă©vĂ©nements se dĂ©roule le 19 brumaire Ă  Saint-Cloud. Les rĂ©visionnistes avaient envisagĂ© une dĂ©mission collective des cinq directeurs, mais les assemblĂ©es ont du retard car cette idĂ©e ne fait pas l’unanimitĂ© ; Bonaparte s’impatiente et dĂ©cide d’intervenir.

Il tient un discours maladroit devant le Conseil des Cinq-Cents, discours huĂ© par les dĂ©putĂ©s qui l’accusent de vouloir instaurer la dictature. Bonaparte est alors contraint de quitter l’assemblĂ©e. Mais il prend rapidement la situation en main avec l’aide de son frĂšre Lucien qui prĂ©side les Cinq-Cents. Lucien Ă©vite que NapolĂ©on soit mis en cause par les dĂ©putĂ©s qui veulent voter pour mettre hors-la-loi Bonaparte. Lucien retarde le vote et va chercher Murat, qui vient avec la troupe et met de l’ordre dans les assemblĂ©es, disant que certains dĂ©putĂ©s voulaient poignarder Bonaparte pour justifier une intervention de l’armĂ©e.

Les reprĂ©sentations des dĂ©putĂ©s sortant par les fenĂȘtres et voulant poignarder NapolĂ©on sont trĂšs rĂ©pandues. Bonaparte est de fait l’homme fort de la situation, qui fait basculer un coup d’État parlementaire en un coup d’État militaire.
Mais Bonaparte reste attachĂ© aux formes juridiques et, dans la soirĂ©e du 19 Brumaire, les dĂ©putĂ©s restent Ă  Saint-Cloud pour voter la dĂ©cision de nommer deux commissions pour prĂ©parer une nouvelle constitution. On constate alors une volontĂ© d’appuyer le rĂ©gime sur le vote des reprĂ©sentants du peuple.

Le 20 brumaire, les trois Consuls sont dĂ©signĂ©s : Bonaparte, SieyĂšs et Ducos. C’est le dĂ©but du Consulat. Roger Ducos est tout acquis Ă  Bonaparte, alors que SieyĂšs lui n’entend pas se rĂ©signer Ă  abandonner le pouvoir Ă  Bonaparte seul. Il entend bien jouer un rĂŽle dans le gouvernement du Consulat. Pour contrecarrer son encombrant collĂšgue, Bonaparte, multipliant les provocations, maintient aux portefeuilles ministĂ©riels les ennemis de SieyĂšs en offrant les relations extĂ©rieures Ă  Talleyrand et celui de la Police Ă  FouchĂ©.

Le travail de rĂ©daction de la Constitution est confiĂ© officiellement Ă  deux commissions lĂ©gislatives formĂ©es de dĂ©putĂ©s des Cinq-Cents et des Anciens. Mais en fait, c’est SieyĂšs qui va proposer un projet. À l’examen, le projet s’avĂ©rera trop complexe, voire irrĂ©aliste. En effet, il prĂ©voit l’instauration d’un rĂ©gime dĂ©mocratique fondĂ© sur un pouvoir lĂ©gislatif fort reprĂ©sentĂ© par trois chambres. L’exĂ©cutif sera, quant Ă  lui, rĂ©duit Ă  une magistrature Ă  vie purement honorifique et Ă  deux consuls aux fonctions limitĂ©es.

Bonaparte profite des faiblesses de ce plan pour imposer son propre projet et se débarrasser de son encombrant rival. Du 4 au 13 décembre 1799, il réunit ainsi les deux commissions dans son bureau pour élaborer le texte de la nouvelle constitution.

La Constitution de l’an VIII est adoptĂ©e en comitĂ© restreint le 13 dĂ©cembre 1799. Elle s’inspire en partie du projet de SieyĂšs, mais intĂšgre les idĂ©es politiques de NapolĂ©on Bonaparte, notamment concernant le pouvoir exĂ©cutif. SieyĂšs, lui-mĂȘme, sera chargĂ© de dĂ©signer les trois consuls de la rĂ©publique : Bonaparte comme premier consul, puis Jean-Jacques-RĂ©gis de CambacĂ©rĂšs et Charles-François Lebrun, comme 2e et 3e consuls de la RĂ©publique. SieyĂšs, quant Ă  lui, sera relĂ©guĂ© au poste de prĂ©sident du SĂ©nat.

« Lorsque je me mis Ă  la tĂȘte des affaires, la France se trouvait dans le mĂȘme Ă©tat que Rome, lorsqu’on dĂ©clarait qu’un dictateur Ă©tait nĂ©cessaire pour sauver la RĂ©publique. Â»

— Bonaparte

La Constitution

La Constitution de l’an VIII entre en vigueur le 25 dĂ©cembre 1799. Bonaparte Ă©tablit la Constitution sous des apparences dĂ©mocratiques, mais organise un pouvoir autocratique, toutes les Ă©volutions du rĂ©gime ne feront qu’accentuer le caractĂšre autocratique du pouvoir.

Le pouvoir lĂ©gislatif est divisĂ© en trois assemblĂ©es (tricamĂ©risme) :

La prĂ©paration de la loi appartient Ă  l'exĂ©cutif, par le biais du Conseil d’État, chargĂ© de rĂ©diger les textes lĂ©gislatifs.

Le pouvoir fonctionne de maniĂšre autoritaire, les procĂ©dĂ©s de dĂ©mocratie semi-directe (quelque peu fictive) sont soigneusement organisĂ©s et contrĂŽlĂ©s. Le consul corrige lui-mĂȘme les rĂ©sultats s’ils ne sont pas satisfaisants. Le Consulat est une forme de despotisme Ă©clairĂ©, qui n'est pas Ă©tranger Ă  l'expĂ©rience de Pasquale Paoli en Corse, dont le jeune Bonaparte avait Ă©tĂ© un admirateur fervent.

Du Consul à l’Empereur

En 1800, Bonaparte attaque et vainc l’Autriche une nouvelle fois. Battus Ă  Marengo par NapolĂ©on et Ă  Hohenlinden par Moreau, les Autrichiens doivent signer le traitĂ© de LunĂ©ville le 9 fĂ©vrier 1801, ce qui amĂšne les Britanniques Ă  signer la paix d’Amiens le 25 mars 1802 (4 germinal an X, contresignĂ©e deux jours plus tard). Si son pouvoir Ă©tait fragile au lendemain de Brumaire, la victoire de Marengo et ses suites consolident fortement la situation de Bonaparte.

Le 24 dĂ©cembre 1800, une « machine infernale Â» (bombe) l’attend rue Saint-Nicaise. Le cocher du Premier consul passe au grand galop. La bombe explose trop tard et seules les vitres du vĂ©hicule sont soufflĂ©es. Sur place, en revanche, c'est le carnage. On dĂ©nombre 22 morts et une centaine de blessĂ©s. FouchĂ©, alors ministre de la Police, rĂ©ussit Ă  prouver que l’attentat est l’Ɠuvre des royalistes, alors que Bonaparte est persuadĂ© avoir affaire aux Jacobins.

En 1802 Bonaparte met en branle son grand dessein pour l'Amérique. Il s'agit pour lui, profitant de la paix d'Amiens qui permet la libre circulation de la flotte française dans l'Atlantique, de développer la Louisiane, cet immense territoire qui s'étend sur la rive droite du Mississippi et qui revient de droit à la France depuis la signature secrÚte du traité de San Ildefonso en 1800.

Pour cela il lui faut une base d'opĂ©rations sĂ»re. La colonie de Saint-Domingue est tout indiquĂ©e. De cette tĂȘte de pont de la France dans le Nouveau-Monde, il pourra reprendre pied en douceur Ă  la Nouvelle-OrlĂ©ans sans brusquer le jeune État amĂ©ricain qui verrait son expansion vers l'Ouest dĂ©finitivement circonscrite au Mississippi.

Mais Ă  Saint-Domingue, Toussaint Louverture est un obstacle Ă  ce plan. Le gĂ©nĂ©ral noir est Gouverneur gĂ©nĂ©ral de la colonie au nom de la France depuis 1797 et il est suspectĂ© de connivences avec les États-Unis d'AmĂ©rique avec lesquels, au mĂ©pris du principe de l'exclusif, il commerce ouvertement depuis que la prospĂ©ritĂ© est revenue. D'ailleurs, l'annĂ©e prĂ©cĂ©dente il a fait voter par les grands planteurs, ses alliĂ©s objectifs, une constitution autonomiste qui le proclame gouverneur gĂ©nĂ©ral Ă  vie et a eu l'outrecuidance de l'envoyer en France pour simple ratification, une fois le fait accompli.

Cet acte de rĂ©bellion ouverte d'un chef de guerre rĂ©putĂ© invincible et fermement accrochĂ© Ă  son Ăźle tombe Ă  pic pour justifier l'importance des forces commises Ă  l'expĂ©dition qui se prĂ©pare. Et la raison d'État, froide et impĂ©rieuse, justifie Ă©galement le rĂ©tablissement de l'esclavage dans les colonies du Nouveau Monde car il va sans dire que la grande Louisiane française devra se dĂ©velopper rapidement pour prendre de vitesse Anglais et AmĂ©ricains, ce qu'elle ne saurait faire sans la main-d'Ɠuvre servile qui a si bien fait ses preuves Ă  Saint-Domingue.

VoilĂ  pourquoi deux flottes font voile vers les Antilles, Leclerc, propre beau-frĂšre de Bonaparte, vers Saint-Domingue avec 20 000 hommes et Richepanse vers la Guadeloupe avec 3 400 hommes.

Ces chefs sont munis d'instructions secrĂštes fort explicites rĂ©digĂ©es de la main mĂȘme de Bonaparte. Ils doivent prendre le contrĂŽle militaire des deux colonies et dĂ©sarmer les officiers indigĂšnes avant de rĂ©tablir l'esclavage. Des proclamations sont prĂȘtes, en français et en crĂ©ole, qui visent Ă  rassurer les populations indigĂšnes de l'attachement personnel de Bonaparte Ă  la libertĂ©. Cette plĂ©thore de prĂ©cautions dĂ©montre que ce dernier avait compris que le succĂšs ou l'Ă©chec dĂ©pendrait du secret et les faits lui donnĂšrent raison.

AprÚs une résistance acharnée de trois mois, le vieux Toussaint, trahi par ses officiers généraux habilement entrepris par Leclerc, dépose les armes. Capturé et déporté en France, il y mourra quelques mois plus tard, au Fort de Joux prÚs de Pontarlier.

Leclerc peut passer Ă  la deuxiĂšme phase du plan et dĂ©sarmer les officiers de couleur mais Richepance Ă  la Guadeloupe a rĂ©tabli l'esclavage sans attendre et la nouvelle de cette trahison de la parole du Premier Consul fait basculer Saint-Domingue dans l'insurrection. Le corps expĂ©ditionnaire, affaibli par une Ă©pidĂ©mie de fiĂšvre jaune, recule partout. Leclerc obtient bien prĂšs de 20 000 hommes de renfort mais la maladie fauche un tiers des EuropĂ©ens qui touchent ces rivages. Le gĂ©nĂ©ral en chef succombe lui-mĂȘme le 2 novembre 1802. Dos Ă  la mer, les dĂ©bris de son armĂ©e seront bientĂŽt contraints Ă  la reddition par les soldats du gĂ©nĂ©ral Dessalines qui proclamera l'indĂ©pendance de l'ancienne colonie sous son ancien nom indien d'HaĂŻti.

Le temps de l'AmĂ©rique française est dĂ©jĂ  passĂ©. En ce dĂ©but 1803, la paix avec l'Angleterre vacille et l'ocĂ©an Atlantique est redevenu une mer hostile. DĂ©clarant forfait, le 30 avril, Bonaparte solde la Louisiane aux États-Unis pour quatre-vingt millions de francs. Le prisonnier de Sainte-HĂ©lĂšne tentera de s'exonĂ©rer de ce monstrueux gĂąchis en prĂ©tendant, anachroniquement et fallacieusement18, avoir Ă©tĂ© contraint Ă  l'usage de la force par les actes sĂ©ditieux de celui qui s'adressait Ă  lui comme "le premier des noirs au premier des blancs".

AprĂšs que Bonaparte eut Ă©tendu son influence sur la Suisse (qui met alors en place les institutions dĂ©centralisĂ©es actuelles) et sur l’Allemagne, une dispute Ă  propos de Malte sert de prĂ©texte aux Britanniques pour dĂ©clarer une nouvelle fois la guerre Ă  la France en 1803, et pour soutenir l’opposition royaliste Ă  Bonaparte. Des agents royalistes, dont Pichegru, sont dĂ©barquĂ©s clandestinement en France et se mettent en rapport avec Georges Cadoudal et Jean-Victor Moreau. Le complot est rapidement Ă©ventĂ© et ses membres arrĂȘtĂ©s. Pichegru meurt mystĂ©rieusement Ă©tranglĂ© dans sa cellule ; les autres sont jugĂ©s et condamnĂ©s. Cadoudal est exĂ©cutĂ©, Moreau banni. Mais le complot fait aussi une victime collatĂ©rale : le duc d’Enghien, prince Bourbon. Le Premier consul le fait enlever en territoire Ă©tranger, juger sommairement par une commission militaire et exĂ©cuter, suite Ă  des dĂ©clarations recueillies auprĂšs de Cadoudal aprĂšs son arrestation et probablement mal interprĂ©tĂ©es. L’exĂ©cution qui se dĂ©roule Ă  Vincennes ne suscite pas d’autres protestations que celles du Royaume-Uni, de la Russie et de l’Autriche qui s’en tiennent Ă  quelques timides reproches. C'est cependant cet acte qui assoit la rĂ©putation de « Robespierre Ă  cheval Â» de NapolĂ©on (Ă  Sainte-HĂ©lĂšne, NapolĂ©on assumera cet acte, malgrĂ© la trĂšs probable implication de Talleyrand). AprĂšs ce gage donnĂ© aux rĂ©publicains, dans la mesure oĂč le Premier consul rĂ©itĂšre le geste des rĂ©gicides, celui-ci se couronne Empereur le 2 dĂ©cembre 1804.

À proprement parler, l'Empire naĂźt Ă  la demande du SĂ©nat. Steven Englund se rallie Ă  l'opinion selon laquelle il s'agissait, initialement, de protĂ©ger la RĂ©publique. Le Consulat abattu, l’ordre se serait effondrĂ© avec lui. L'Empire, lui, Ă©tait une institution scellant la pĂ©rennitĂ© des valeurs rĂ©publicaines. NapolĂ©on Bonaparte pouvait mourir : l'hĂ©rĂ©ditĂ© du titre Ă©tait censĂ©e protĂ©ger le pays des bouleversements et de la perte des acquis rĂ©volutionnaires (avec, en premier lieu, l'Ă©galitĂ©, loin devant la libertĂ©). C’est ainsi que les monnaies impĂ©riales portĂšrent, sans hypocrisie, la mention « NapolĂ©on Empereur - RĂ©publique française Â».

Par suite seulement, cet Empire « rĂ©publicain Â», protĂ©geant les acquis rĂ©volutionnaires, se fera « impĂ©rialiste Â».

« La RĂ©volution est fixĂ©e aux principes qui l'ont commencĂ©e : elle est finie19 Â»

— Bonaparte.

L’Empire

Article dĂ©taillĂ© : Premier Empire.

La symbolique impériale

Le sacre impĂ©rial, Ă©vĂ©nement unique dans l’Histoire de France, reprĂ©sentĂ© sur le tableau de Jacques-Louis David, Le Sacre de NapolĂ©on, est lourdement chargĂ© en symboles. Le passage de la RĂ©publique Ă  l’Empire nĂ©cessite la crĂ©ation d’armoiries impĂ©riales, ainsi que la crĂ©ation d’objets symboliques destinĂ©s Ă  Ă©tablir une tradition auparavant inexistante. NapolĂ©on, qui se veut rassembleur, dĂ©cide d’associer aux symboles de son rĂšgne les images qui ont pu reprĂ©senter auparavant la France, ainsi que les pouvoirs forts europĂ©ens.

Le Sacre de NapolĂ©on, de Jacques-Louis David – Cette scĂšne montre le moment oĂč NapolĂ©on prend des mains de Pie VII la couronne impĂ©riale pour en coiffer sa femme l’impĂ©ratrice JosĂ©phine.

L’aigle est choisi en rĂ©fĂ©rence aux aigles romaines, portĂ©es par les lĂ©gions, mais il est Ă©galement le symbole de Charlemagne, l’aigle Ă©ployĂ©e. C’est d’ailleurs une erreur de lecture qui donnera pour symbole de l’Empire français un aigle aux ailes dĂ©ployĂ©es : en hĂ©raldique, Ă©ployĂ©e se dit des oiseaux et des animaux chimĂ©riques reprĂ©sentĂ©s avec les ailes Ă©tendues (un aigle Ă  deux tĂȘtes aux ailes dĂ©ployĂ©es en est un bon exemple). La couleur rouge du manteau impĂ©rial est une rĂ©fĂ©rence directe Ă  la pourpre de l’imperium romain. NapolĂ©on se pose ainsi en hĂ©ritier de l’Empire romain et de Charlemagne.

Les abeilles sont censĂ©es rappeler les MĂ©rovingiens (des broches les reprĂ©sentant ayant Ă©tĂ© retrouvĂ©es dans des tombeaux de cette Ă©poque), et leur disposition sur les armoiries et le manteau impĂ©rial doit rappeler les fleurs de lys des CapĂ©tiens. La main de justice, utilisĂ©e par les CapĂ©tiens lors des sacres royaux, doit faire apparaĂźtre que l'Empereur est l’hĂ©ritier de leur pouvoir. NapolĂ©on veut montrer qu’il est le fondateur de la « quatriĂšme dynastie Â», celle des Bonaparte, aprĂšs les MĂ©rovingiens, les Carolingiens, et les CapĂ©tiens.

D’autres symboles utilisĂ©s pendant le sacre sont chargĂ©s de valeurs morales. Ainsi NapolĂ©on tient-il un moment le globe de Charlemagne ; il porte la couronne de ce mĂȘme empereur (ces deux Ă©lĂ©ments ayant Ă©tĂ© forgĂ©s de toutes piĂšces avant le sacre). Son Ă©pĂ©e et son sceptre sont dits « de Charlemagne Â» : ils ont Ă©tĂ© en rĂ©alitĂ© utilisĂ©s depuis plusieurs siĂšcles par les Valois puis les Bourbons lors de leurs sacres.

NapolĂ©on et l’Église

Article dĂ©taillĂ© : Sacre de NapolĂ©on Ier.
NapolĂ©on se fait couronner roi d’Italie le 26 mai 1805 Ă  Milan

La signature du Concordat par le Premier consul en 1801 reconnaĂźt le catholicisme comme la religion « de la majoritĂ© des Français Â», et non plus comme religion d’État. Les prĂȘtres reçoivent dĂ©sormais un traitement de la part de l’État. Afin de montrer sa puissance, NapolĂ©on ne va pas se faire sacrer Ă  Rome, comme autrefois Charlemagne et les empereurs germaniques (jusqu'au XVe siĂšcle) ; c'est le pape que l’on fera venir Ă  Paris.

NapolĂ©on l’accueille en forĂȘt de Fontainebleau, Ă  cheval et en habit de chasse, voulant faire croire au caractĂšre fortuit de la rencontre. NapolĂ©on offensera le Souverain Pontife en lui prenant des mains la couronne de l’impĂ©ratrice, mais surtout en se couronnant lui-mĂȘme.

Le rapprochement entre NapolĂ©on et l’Église est le fruit d’un calcul politique de la part de l'Empereur. Au-delĂ  de la valeur morale qu’a pu avoir un sacre religieux aux yeux des catholiques, de la valeur symbolique d’un couronnement pontifical rappelant le sacre des empereurs germaniques, NapolĂ©on se place Ă  l’égal, voire au-dessus des rois europĂ©ens comme successeur de Charlemagne et des empereurs de la Rome antique. La prĂ©sence du pape au sacre donne une dimension morale et lĂ©gitime supplĂ©mentaire Ă  l’Empire.

Celui-ci n’est plus simplement le fruit d’une rĂ©volution, c’est un couronnement divin comme celui des autres souverains europĂ©ens mais qu’aucun d’eux ne peut Ă©galer. NapolĂ©on se place au mĂȘme niveau que le souverain du Saint-Empire romain germanique avant de le dĂ©passer pour devenir l'unique Empereur en Europe. François II l'avait d'ailleurs bien compris puisqu'aprĂšs la proclamation de l'Empire français, il dĂ©crĂšte que l'Autriche, alors archiduchĂ©, devient aussi un Empire.

La prĂ©sence du pape est donc davantage un message aux pays europĂ©ens qu’une profession de foi catholique de la part de NapolĂ©on.

NapolĂ©on, d’ailleurs peu sensible au sort du pape, le retient plus tard prisonnier Ă  Fontainebleau. Dans l’idĂ©e d’affirmer la puissance de la France dans le domaine spirituel, il envisagea mĂȘme de transfĂ©rer la rĂ©sidence du pape de Rome Ă  Paris, avant d’abandonner cette idĂ©e.

À la fin de sa vie, NapolĂ©on reçevra l'extrĂȘme-onction des mains de l'abbĂ© Jean-François de Kermagnan.

L’Empire victorieux

Article dĂ©taillĂ© : PremiĂšres annĂ©es du Premier Empire.
PremiÚre distribution de la Légion d'honneur instituée par l'empereur le 14 juillet 1804 dans la chapelle des Invalides d'aprÚs le peintre Jean-Baptiste Debret

En 1804, l’heure n’est donc pas encore aux vastes conquĂȘtes, et, persuadĂ© depuis longtemps que le seul moyen d’obtenir une paix dĂ©finitive est de neutraliser le Royaume-Uni, NapolĂ©on met au point, avec l’amiral Latouche-TrĂ©ville (qui mourra avant d’avoir pu l’exĂ©cuter), un plan visant Ă  l’invasion du Royaume-Uni. Cette ambition sombre dĂ©finitivement Ă  la bataille de Trafalgar, oĂč la flotte franco-espagnole commandĂ©e par l’amiral de Villeneuve est dĂ©truite par celle de l’amiral Nelson. Le Royaume-Uni y gagne la domination des mers pour le siĂšcle Ă  venir.

En 1805, la TroisiĂšme coalition se forme en Europe contre NapolĂ©on. L’Empereur qui, Ă  Boulogne, supervisait les prĂ©paratifs en vue de l’invasion du Royaume-Uni, doit faire face Ă  une guerre soudaine, et Ă  l’autre bout de l’Europe. Il mĂšne une offensive immĂ©diate, acheminant la Grande ArmĂ©e en Autriche Ă  marche forcĂ©e, et s’assure une brillante victoire contre l’Autriche et la Russie Ă  la bataille d’Austerlitz, dite « bataille des Trois-Empereurs Â».

En 1806, la Prusse provoque un nouveau conflit. La campagne que mĂšne NapolĂ©on (« l’Esprit en marche Â», selon Hegel) est impressionnante de rapiditĂ© : il balaie l’armĂ©e prussienne Ă  la bataille d'IĂ©na (doublĂ©e de la victoire de Davout Ă  Auerstaedt oĂč, avec 30 000 hommes, le MarĂ©chal Davout bat les 63 500 Prussiens qui l'assaillent). L’annĂ©e suivante, NapolĂ©on traverse la Pologne, remporte une victoire sur les Russes Ă  Friedland et finit par signer, Ă  Tilsit, au milieu du NiĂ©men, au cours d'une entrevue dont la mise en scĂšne est conçue pour frapper les esprits, un traitĂ© avec le tsar Alexandre Ier, qui divise l’Europe entre les deux puissances.

Pourtant formĂ© dans les Ă©coles et par les maĂźtres de l’Ancien RĂ©gime, officier de l’armĂ©e royale, NapolĂ©on brise les anciennes conceptions militaires. Il ne s’agit plus pour lui de livrer une guerre de siĂšge Ă  l’aide de 30 Ă  50 000 hommes, mais de rechercher la bataille dĂ©cisive, engageant plus de 100 000 hommes s’il le faut. Son objectif n'est pas de rester maĂźtre du champ de bataille, mais d’anĂ©antir l’ennemi.

En 1808, NapolĂ©on crĂ©e la noblesse d’Empire : bientĂŽt ses marĂ©chaux et gĂ©nĂ©raux arboreront des titres de comte d’Empire, prince de NeuchĂątel, duc d’Auerstaedt, duc de Montebello, duc de Dantzig, duc d’Elchingen, roi de Naples.

Du 27 septembre au 14 octobre 1808, NapolĂ©on donne rendez-vous Ă  Alexandre Ier Ă  Erfurt, pour un nouveau traitĂ©, afin qu’ils s’unissent contre l’Autriche qui menace de redĂ©clarer la guerre Ă  la France. Le tsar refuse en prĂ©fĂ©rant que ce traitĂ© soit Ă©tabli dans le but de renouveler l’alliance qui s’était forgĂ©e entre eux l’annĂ©e prĂ©cĂ©dente Ă  Tilsit ; cela permet en fait Ă  NapolĂ©on de s’assurer encore plus longtemps de la fidĂ©litĂ© d’Alexandre. Mais c'est un Ă©chec car l'empereur s'aperçoit bientĂŽt de la trahison de Talleyrand, qui avait approchĂ© le tsar en lui conseillant de rĂ©sister Ă  NapolĂ©on, mĂȘme s'il Ă©tait sĂ©duit.

Articles dĂ©taillĂ©s : TraitĂ© de Tilsit et CongrĂšs d'Erfurt.

Campagnes de la pĂ©ninsule IbĂ©rique et d’Autriche

En rĂ©ponse Ă  la l’attitude britannique vis-Ă -vis des bateaux de commerce français, NapolĂ©on tente d’imposer le Blocus continental, qui vise Ă  asphyxier l’industrie britannique. Le Portugal, vieil alliĂ© des Britanniques, refuse de signer ce traitĂ©. NapolĂ©on recherche donc l’aide de l’Espagne pour envahir le Portugal. Il finit par envahir l’Espagne et y installe son frĂšre Joseph Bonaparte comme roi. Le Portugal est Ă©galement envahi, mais trois campagnes (1808, 1810, 1811), menĂ©es notamment par le gĂ©nĂ©ral Junot et le marĂ©chal MassĂ©na ne viennent pas Ă  bout de la rĂ©sistance anglo-portugaise ; le roi Jean VI de Portugal, la cour et le gouvernement portugais dĂ©mĂ©nagent Ă  Rio de Janeiro et le BrĂ©sil devient le siĂšge du royaume jusqu'Ă  1821. Une partie de la population espagnole se soulĂšve contre les Français. BientĂŽt, l'infanterie britannique commandĂ©e par le futur duc de Wellington, aprĂšs avoir dĂ©barquĂ©e au Portugal en 1808, prend pied en Espagne. Avec l’aide des nationalistes espagnols, elle pousse peu Ă  peu l’armĂ©e française hors de la pĂ©ninsule IbĂ©rique. Alors que les meilleures troupes de l’armĂ©e française sont engagĂ©es en Espagne, l’Autriche attaque une nouvelle fois la France en Allemagne et elle est finalement vaincue lors de la bataille de Wagram. Le marĂ©chal Lannes, compagnon et ami de NapolĂ©on, pĂ©rit Ă  la bataille d'Essling.

Quelques mois plus tard, le 2 avril 1810, NapolĂ©on Ă©pouse l’archiduchesse Marie-Louise d’Autriche, qui, le 20 mars 1811, lui donnera un fils ; cet enfant sera titrĂ© roi de Rome et nommĂ© « NapolĂ©on II Â».

Articles dĂ©taillĂ©s : Marie-Louise d'Autriche et NapolĂ©on II.

Le « Grand Empire Â» compte alors 130 dĂ©partements, qui vont d’Amsterdam Ă  Rome, et une population de 70 millions d’habitants (dont 30 seulement sont français), cela sans compter plusieurs Ă©tats vassaux (royaume d'Italie, Naples, ConfĂ©dĂ©ration germanique, etc.) L’Empire est Ă  son apogĂ©e.

L’Empire napolĂ©onien Ă  son apogĂ©e en 1811     Empire français     Ă‰tats vassaux     AlliĂ©s de l'Empire
Napoléon dans son cabinet de travail peint par David (1812)

Campagnes de Russie et d’Allemagne

Article dĂ©taillĂ© : Le Premier Empire en 1812-1813.

Alexandre Ier, poussĂ© par la noblesse russe acquise aux Britanniques, refuse de coopĂ©rer avec NapolĂ©on pour porter le coup final au Royaume-Uni. NapolĂ©on, croyant la guerre inĂ©vitable, envahit la Russie en 1812. La Grande ArmĂ©e, grossie de contingents italiens, allemands et autrichiens, devient gigantesque : ce sont 600 000 hommes qui franchissent le NiĂ©men.

Les Russes, dirigés par Koutousov, appliquent la stratégie de la terre brûlée, reculant sans cesse devant les troupes françaises. La bataille de la Moskowa, le 12 septembre, est indécise. Bien que les Russes abandonnent le terrain, les pertes sont presque équivalentes dans les deux camps.

DĂšs le lendemain de l’entrĂ©e des troupes françaises dans leur capitale, les Russes incendient la ville. NapolĂ©on, espĂ©rant une dĂ©marche de la part d’Alexandre, s'attarde Ă  Moscou. Lorsqu'il donne le signal de la retraite, l'hiver est dangereusement proche. La Grande ArmĂ©e entame une course dĂ©sespĂ©rĂ©e vers l’Allemagne Ă  travers les rĂ©gions dĂ©vastĂ©es qu’elle a parcouru Ă  l’aller. Le froid, la neige et les cosaques provoquent d'effroyables pertes. Des 600 000 hommes qui entrĂšrent en campagne, seuls quelques dizaines de milliers franchissent la BĂ©rĂ©zina. La Grande ArmĂ©e est dĂ©truite.

Article dĂ©taillĂ© : Campagne de Russie (1812).

EncouragĂ©s par ce dramatique Ă©chec, les rois reprennent les armes contre la France. MalgrĂ© deux victoires remportĂ©es en Allemagne (Bautzen et Lutzen), une partie de ses alliĂ©s allemands trahit NapolĂ©on sur le champ de bataille mĂȘme de la bataille de Leipzig, aussi appelĂ©e « Bataille des nations Â», qui voit s’opposer 180 000 Français Ă  300 000 alliĂ©s (russes, autrichiens, prussiens, suĂ©dois). La dĂ©faite subie ce jour lĂ  est dĂ©cisive. Le marĂ©chal Poniatowski, prince polonais et neveu de Stanislas II, dernier roi de Pologne, y perd la vie en tentant de traverser l’Elster avec ses hommes. On dĂ©nombre 100 000 morts et blessĂ©s.

La campagne de France

Statue équestre de Napoléon Ier à Cherbourg
Acte de la premiĂšre abdication, 12 avril 1814.
Article dĂ©taillĂ© : Campagne de France (1814).

En 1814 se forme une alliance entre le Royaume-Uni, la Russie, la Prusse et l’Autriche. MalgrĂ© une sĂ©rie d'incroyables victoires (batailles de Champaubert, Montmirail, ...) remportĂ©es par NapolĂ©on Ă  la tĂȘte d’une armĂ©e de jeunes recrues inexpĂ©rimentĂ©es (les « Marie-Louise Â»), Paris tombe le 31 mars et les marĂ©chaux forcent l'Empereur Ă  abdiquer. L’intention de NapolĂ©on Ă©tait de le faire en faveur de son fils (NapolĂ©on II), mais les puissances alliĂ©es exigent une abdication inconditionnelle.

NapolĂ©on, qui pense que les alliĂ©s vont le sĂ©parer de l’impĂ©ratrice Marie-Louise d'Autriche et de son fils le roi de Rome, prend, dans la nuit du 12 au 13 avril, une dose de poison qui doit lui permettre de se suicider. On a longtemps cru qu'il s'agissait d’opium dans un peu d’eau mais il semblerait que ce ne soit pas le cas 20. Les troubles et la nature du malaise de NapolĂ©on ne correspondent pas Ă  une intoxication par l'opium. S'il choisit cette façon de mourir, c'est qu'il pense que son corps sera par la suite exposĂ© aux Français : il veut que sa garde reconnaisse le visage calme qu’elle lui a toujours connu au milieu des batailles.

En plein malaise, l’Empereur se plaint du lent effet de la substance qu’il a avalĂ©e. Il dĂ©clare Ă  Armand de Caulaincourt : « Qu’on a de peine Ă  mourir, qu’on est malheureux d’avoir une constitution qui repousse la fin d’une vie qu’il me tarde tant de voir finir ! Â». Les nausĂ©es de NapolĂ©on sont de plus en plus violentes, il se met Ă  vomir. À la venue du docteur Yvan, NapolĂ©on lui demande une dose de poison supplĂ©mentaire mais le docteur refuse, en disant qu’il n’est pas un assassin et qu’il ne fera jamais une chose allant Ă  l'encontre de sa conscience. Le docteur a lui-mĂȘme une crise de nerfs, s'enfuit Ă  cheval, et personne ne le revoit plus.

L’agonie de l’Empereur se poursuit, Caulaincourt sort de la piĂšce pour demander au valet de chambre et au service intĂ©rieur de garder le silence. NapolĂ©on rappelle Caulaincourt en lui disant qu’il prĂ©fĂšre mourir plutĂŽt que de signer le traitĂ©. Les effets du poison se dissipent et l’Empereur peut reprendre ses activitĂ©s normales21.

Il est, par la suite, dĂ©chu par le SĂ©nat le 3 avril et exilĂ© Ă  l’üle d’Elbe, selon le TraitĂ© de Fontainebleau signĂ© le 11 avril, conservant le titre d’Empereur mais ne rĂ©gnant que sur cette petite Ăźle.

Les Cent-Jours

Article dĂ©taillĂ© : Cent-Jours.

En France, Louis XVIII Ă©carte « NapolĂ©on II Â» et prend le pouvoir. NapolĂ©on s’inquiĂšte du sort de sa femme et surtout de son fils qui est aux mains des Autrichiens. Le gouvernement royaliste refuse bientĂŽt de lui verser la pension promise et des rumeurs circulent quant Ă  sa dĂ©portation vers une petite Ăźle de l’ocĂ©an Atlantique sud. NapolĂ©on dĂ©cide donc de retourner sur le continent pour reprendre le pouvoir.

La Route NapolĂ©on et le « Vol de l’Aigle Â»
  • 1er mars 1815 : DĂ©barquĂ©s Ă  Golfe-Juan, NapolĂ©on et sa petite troupe gagnent Cannes oĂč ils arrivent tard et d’oĂč ils repartent tĂŽt.
  • 2 mars : Voulant Ă©viter la voie du RhĂŽne qu’il sait hostile, NapolĂ©on fait prendre alors la route de Grasse pour gagner, par les Alpes, la vallĂ©e de la Durance. Au-delĂ  de Grasse, la colonne s’engage dans de mauvais chemins muletiers et s’arrĂȘte Ă  Saint-Vallier, Escragnolles, et SĂ©ranon.
  • 3 mars : AprĂšs une nuit de repos, la troupe gagne Castellane ; dans l’aprĂšs-midi, elle atteint BarrĂȘme.
  • 4 mars : NapolĂ©on trouve Ă  Digne la route carrossable et fait Ă©tape le soir au chĂąteau de Malijai, attendant avec impatience des nouvelles de Sisteron dont la citadelle, commandant le passage Ă©troit de la Durance, peut lui barrer la route.
  • 5 mars : Sisteron n’est pas gardĂ©e et NapolĂ©on y dĂ©jeune, puis quitte la localitĂ© dans une atmosphĂšre de sympathie naissante. Le soir, il arrive Ă  Gap et y reçoit un accueil enthousiaste.
  • 6 mars : Il couche Ă  Corps.
  • 7 mars : Il gagne la Mure, puis trouve en face de lui, Ă  Laffrey, des troupes envoyĂ©es de Grenoble. C’est ici que se situe l’épisode fameux que commĂ©more aujourd’hui un monument dans la « prairie de la Rencontre Â». Le soir mĂȘme, NapolĂ©on fait son entrĂ©e Ă  Grenoble aux cris de « Vive l’Empereur Â».

Les armĂ©es envoyĂ©es pour l’arrĂȘter l’accueillent en hĂ©ros partout sur la route qui porte aujourd'hui son nom. Le marĂ©chal Ney, qui avait jurĂ© Ă  Louis XVIII de lui ramener Bonaparte dans une cage de fer, s’incline devant son ancien souverain, ce qui lui vaudra d’ĂȘtre le seul marĂ©chal exĂ©cutĂ© pour trahison lors de la Seconde Restauration. NapolĂ©on arrive sans coup fĂ©rir Ă  Paris. Cette montĂ©e Ă  Paris est connue comme le « Vol de l’Aigle Â», inspirĂ© des paroles de NapolĂ©on : « L’Aigle volera de clocher en clocher jusqu’aux tours de Notre-Dame Â». En 1932, la Route NapolĂ©on sera inaugurĂ©e entre Golfe-Juan et Grenoble. Des aigles volants jalonnent ce parcours.

Le retour au pouvoir et la défaite finale
HMS Northumberland (1798)

La fuite de Louis XVIII et le retour de NapolĂ©on aux Tuileries le 20 mars 1815 marquent le dĂ©but de la pĂ©riode dite des Cent-Jours. NapolĂ©on fait Ă©tablir l’Acte additionnel aux Constitutions de l’Empire (22 avril), connu aussi sous le nom de Charte de 1815. Une Chambre des reprĂ©sentants est Ă©lue.

Sur le plan international, NapolĂ©on affirme ses volontĂ©s pacifiques, mais les alliĂ©s n’acceptent pas ce retour et reprennent les armes contre la France. L’armĂ©e napolĂ©onienne est finalement dĂ©faite Ă  la bataille de Waterloo le 18 juin 1815. La jonction des armĂ©es prussiennes et britanniques, que ne peut empĂȘcher le marĂ©chal Grouchy, a raison des troupes impĂ©riales.

Le retour de NapolĂ©on et sa dĂ©faite finale rendent encore plus prĂ©caire la situation internationale de la France. Celle-ci est traitĂ©e plus durement par les alliĂ©s en 1815 que lors des traitĂ©s de Vienne. NapolĂ©on laisse en effet une France exsangue. DĂ©mographiquement, elle a perdu environ 1 700 000 hommes depuis 1792, dont la majoritĂ© pendant les guerres napolĂ©oniennes. Elle est Ă©conomiquement ruinĂ©e. Ses ports et ses arsenaux le sont Ă©galement. Le pays a perdu toutes les colonies qui lui restaient de l’Ancien RĂ©gime. Son influence internationale, mise en place depuis Richelieu et Louis XIV, est rĂ©duite Ă  nĂ©ant. Le territoire national est ramenĂ© Ă  une Ă©tendue moindre que sous Louis XVI. La Sarre et les villes de Marienbourg, Philippeville et Landau, acquises sous Louis XIV, sont cĂ©dĂ©es aux coalisĂ©s. De plus ce territoire est occupĂ©, et le pays doit payer une lourde indemnitĂ© de guerre pour l’entretien des troupes Ă©trangĂšres Ă©tablies sur son sol.

Lorsque NapolĂ©on quitte la France, il n’est pas regrettĂ©. C’est Ă  Sainte-HĂ©lĂšne que va se forger sa lĂ©gende.

Demandant l'asile au « plus constant de ses ennemis Â», l'Angleterre, il est d'abord pris en charge par le BellĂ©rophon, puis transfĂ©rĂ© le 7 aoĂ»t 1815 sur le Northumberland qui le dĂ©posera Ă  Sainte-HĂ©lĂšne.

On ne lui donne pas l'occasion de poser le pied en Angleterre, les officiers britanniques voulant absolument éviter que Napoléon puisse demander le droit d'asile en invoquant l'Habeas Corpus.

Par ailleurs, les britanniques, qui n'ont jamais officiellement reconnu l'Empire, affectent d'appeler NapolĂ©on « gĂ©nĂ©ral Bonaparte Â», ce qui met l'Empereur hors de lui.

Exil à Sainte-HélÚne et mort

Napoléon à Sainte-HélÚne.

NapolĂ©on est dĂ©portĂ© et emprisonnĂ© par les Britanniques sur l’üle Sainte-HĂ©lĂšne, commandĂ©e d'abord par l'amiral Cockburn puis par Sir Hudson Lowe. L'Empereur est accompagnĂ© d'une petite troupe de fidĂšles, parmi lesquels le Grand MarĂ©chal du palais Bertrand, le comte de Las Cases, le gĂ©nĂ©ral Montholon, et le gĂ©nĂ©ral Gourgaud. Il se consacre Ă  l’écriture de ses mĂ©moires qu'il dicte Ă  Las Cases.

Il essaye aussi d’apprendre l’anglais ; il reçoit plusieurs visiteurs de passage Ă  Sainte-HĂ©lĂšne, qui est alors une escale importante pour tout navire contournant l'Afrique. Une fois installĂ© Ă  Longwood, il Ă©vite de sortir car Lowe a donnĂ© l’ordre que l’empereur doit ĂȘtre partout sous garde.

NapolĂ©on tombe progressivement malade et s’affaiblit. Dans la seconde moitiĂ© du mois d’avril 1821, il Ă©crit lui-mĂȘme ses derniĂšres volontĂ©s et plusieurs codicilles, une quarantaine de pages au total. Ses derniers mots sont : « France, armĂ©e, JosĂ©phine Â», ou, selon les mĂ©moires de Sainte-HĂ©lĂšne : « tĂȘte
 armĂ©e
 Mon Dieu ! Â». Nerval, dans son poĂšme À la mort de l’ExilĂ©, note : « Les derniĂšres paroles de NapolĂ©on mourant furent : « Mon Dieu et la nation française
 française
 mon fils
 tĂȘte armĂ©e Â». On ne sait ce que signifiaient ces mots. Â», et une version courante affirme qu’il aurait dit en fait : « tĂȘte d’armĂ©e Â», ce qui est bien moins Ă©nigmatique.

NapolĂ©on meurt un samedi, le 5 mai 1821, « Ă  17 heures et 49 minutes Â», rendant ainsi « le plus puissant souffle de vie qui eut jamais agitĂ© l'argile humaine Â» (Chateaubriand). Cependant, les causes de sa mort ont fait l'objet de controverses ; officiellement les mĂ©decins ont conclu Ă  une mort des suites d'un cancer de l'estomac, mais l'hypothĂšse fut avancĂ©e d'un empoisonnement Ă  l'arsenic.

Hudson Lowe, geĂŽlier de NapolĂ©on Ă  Sainte-HĂ©lĂšne, devant son lit de mort, dĂ©clara :

« Messieurs, c’était le plus grand ennemi de l’Angleterre, c’était aussi le mien. Mais je lui pardonne tout. À la mort d’un si grand homme, on ne doit Ă©prouver que tristesse et profond regret. Â»

Retour de ses cendres en France (1840)

Article dĂ©taillĂ© : Le retour des cendres de NapolĂ©on.

NapolĂ©on demanda Ă  ĂȘtre enterrĂ© sur les bords de la Seine, auprĂšs du peuple français qu’il avait tant aimĂ©, mais lorsqu’il mourut en 1821 il fut inhumĂ© Ă  Sainte-HĂ©lĂšne.

Tombeau de Napoléon aux Invalides

Dix-neuf ans aprĂšs la mort de NapolĂ©on, le roi Louis-Philippe Ier put obtenir du Royaume-Uni la restitution des cendres de NapolĂ©on. L’exhumation du corps eut lieu le 15 octobre 1840. Son corps fut rapatriĂ© triomphalement Ă  Paris et enterrĂ© aux Invalides, dans « un grand sarcophage (...) de porphyre rouge – en fait du quartzite aventurinĂ© de Finlande, proche du porphyre –, posĂ© sur un socle de granit vert des Vosges Â»22,23. Le socle en marbre noir provient de la carriĂšre de marbre de Sainte-Luce (IsĂšre). Le transport de ce bloc de 5,5 mĂštres de long, 1,20 mĂštre de large et 0,65 mĂštre d'Ă©paisseur, ne se fit pas sans peine24.

AprĂšs 1854, l’Empereur NapolĂ©on III nĂ©gocia avec le gouvernement britannique l’achat de Longwood House et de la vallĂ©e du Tombeau (Sainte-HĂ©lĂšne), qui devinrent propriĂ©tĂ©s françaises en 1858 et sont gĂ©rĂ©es depuis par le ministĂšre des Affaires Ă©trangĂšres.

État de santĂ© de NapolĂ©on

Si la mort de Napoléon a mis en avant les problÚmes de santé dont il souffrait durant son exil à Sainte HélÚne, toute sa vie cependant fut marquée par des désordres pathologiques plus ou moins graves.

Lors de son autopsie on mesura sa taille qui était de 5 pieds, 2 pouces, 4 lignes ce qui correspond à 1,68725 m. De constitution robuste et endurante, il pouvait monter plusieurs heures à cheval sans éprouver de fatigue26. Le général Bonaparte apparaßt dans sa jeunesse maigre et élancé, les années venant il s'empùte devenant presque obÚse à l'époque de son exil.

En 1785, il souffre de fiĂšvre alors qu'il se trouve Ă  Auxonne comme lieutenant27. À partir de 1786, il est atteint de paludisme et soufre de fiĂšvre par crises intermittentes jusqu'en 179628,29, En 1793, il contracte la gale lors du siĂšge de Toulon dont il garde des sĂ©quelles durant toute sa vie, l'obligeant Ă  prendre des bains pour calmer des dĂ©mangeaisons30. Talleyrand et la comĂ©dienne Mademoiselle George ont Ă©tĂ© tĂ©moins de crises qui furent assimilĂ©es Ă  l'Ă©pilepsie31

Il souffre principalement de problĂšmes abdominaux dont une douleur chronique au cĂŽtĂ© droit, et hĂ©patiques, ainsi que de dysurie dont l'aggravation est constatĂ©e lors de la campagne de Russie32. NapolĂ©on ne portait pas la main dans son gilet pour soulager une douleur Ă  l'estomac33. Ce geste rencontrĂ© dans les portraits officiels, Ă©tait une posture inspirĂ©e de l'attitude oratoire du philosophe Eschine, et que l'on retrouve dans d'autres portraits du XVIIIe siĂšcle34.

Controverses sur sa mort

Article dĂ©taillĂ© : Mort de NapolĂ©on.

La cause officielle du dĂ©cĂšs de NapolĂ©on Ă©tait un cancer de l’estomac. Mais si l’Empereur montrait un certain embonpoint au moment de sa mort (75,5 kg pour 1,67 m, « surpoids Â» pouvant engendrer des risques mĂ©dicaux non nĂ©gligeables), certains chercheurs[Qui ?] ont observĂ© les pantalons qu’il mettait Ă  l’époque et constatĂ© qu’au cours des 5 derniers mois de son existence, il avait perdu prĂšs de 11 kg.

En 1955, le journal de Louis Marchand, le valet de NapolĂ©on, fut publiĂ©. Il dĂ©crit les derniers mois de NapolĂ©on jusqu’à sa mort et Sven Forshufvud conclut Ă  sa lecture que l'Empereur fut victime d’un empoisonnement Ă  long terme Ă  l’arsenic, qui l’aurait suffisamment affaibli pour que les traitements mĂ©dicaux de l’époque puissent l’achever35.

Pascal Kintz, de l’institut lĂ©gal de Strasbourg, fit en 2001 une Ă©tude du niveau d’arsenic trouvĂ© dans les cheveux de NapolĂ©on aprĂšs sa mort, de 7 Ă  38 fois le niveau normal, mais il ne conclut pas que cela soit le rĂ©sultat d'un empoisonnement36 ; les analyses du magazine Science & vie montrent que des concentrations similaires d’arsenic peuvent ĂȘtre trouvĂ©es dans des Ă©chantillons prĂ©levĂ©s en 1805, 1814 et 1821.

Des Ă©tudes françaises ont montrĂ© que NapolĂ©on plongeait quotidiennement ses cheveux dans des bains d’arsenic car la croyance populaire voulait que l’arsenic prolonge la vie et l’éclat de la chevelure, ce qui expliquerait le taux anormalement Ă©levĂ© d’arsenic retrouvĂ© dans ses cheveux.

Une analyse des mÚches de cheveux de sources variées permet de reconstituer un histogramme détaillé du contenu d'arsenic dans le corps de Napoléon. La concentration est le plus souvent basse puis de temps en temps une concentration trÚs forte apparaßt, indiquant qu'une dose forte d'arsenic aurait été absorbée. Toutefois les cheveux étudiés ayant été prélevés sans le bulbe, il est impossible d'affirmer avec certitude que ce soit les vrais cheveux de Napoléon37.

En revanche, la thÚse d'empoisonnement est rendue difficilement soutenable suite à une étude clinico-pathologique le 12 janvier 2007 menée par des chercheurs suisses, américains et canadiens de l'université de Bùle et publiée dans la revue Nature Clinical Practice Gastroenterology and Hepatology, selon laquelle l'Empereur aurait été emporté par un cancer gastrique avancé avec envahissement des ganglions lymphatiques38. Leurs travaux, se fondant sur les rapports des médecins présents à Sainte-HélÚne, indiquent que son cancer serait survenu sur fond d'inflammation chronique de l'estomac causé par un micro-organisme, et non pas sur fond de prédisposition familiale. Toujours selon les descriptions contemporaines, la paroi de l'estomac présentait une lésion d'environ dix centimÚtres.

En mai 2009, Arne SĂžrensen, nĂ©phrologue danois Ă  la retraite, publie Napoleons Nyrer (Les Reins de NapolĂ©on), livre dans lequel il affirme que NapolĂ©on serait dĂ©cĂ©dĂ© des suites d'« insuffisances et intoxications rĂ©nales39 Â».

L’hĂ©ritage napolĂ©onien

Article dĂ©taillĂ© : LĂ©gende napolĂ©onienne.

Fin 1799, l’état de la France est catastrophique. L’anarchie administrative rĂšgne, les impĂŽts n’arrivent pas aux caisses de l’État, le brigandage s’est dĂ©veloppĂ©, les routes sont dĂ©foncĂ©es, les rĂ©gions frontaliĂšres dĂ©vastĂ©es Ă  cause de la guerre, le commerce est au plus mal, l’industrie (notamment celle de la soie Ă  Lyon) ruinĂ©e, le chĂŽmage fait une percĂ©e, le prix du pain est trop Ă©levĂ© pour les ouvriers, les hĂŽpitaux ne marchent pas
 C’est le moment que Bonaparte, qui est Ă  l’époque encore un gĂ©nĂ©ral rĂ©volutionnaire, choisit pour abandonner son armĂ©e en Égypte et monter Ă  Paris, fomenter un coup d’État, le 10 novembre 1799. EntourĂ© d’une aurĂ©ole de prestige (il vient de sortir vainqueur de la campagne d’Italie et la campagne d’Égypte est, pour le moment, encore une rĂ©ussite), il ne trouve que peu de rĂ©sistance et l’opinion publique ne le dĂ©savoue pas. Mais les rĂ©publicains sont inquiets : NapolĂ©on incarne-t-il l'avĂšnement dĂ©finitif des valeurs de la RĂ©volution, ou promet-il, au contraire, la destruction de la pensĂ©e rĂ©volutionnaire ? On peut considĂ©rer aujourd'hui que NapolĂ©on solidifiera Ă  plus d'un titre l’hĂ©ritage de la RĂ©volution ; s'il en finit avec la RĂ©publique et arrĂȘte le mouvement rĂ©volutionnaire, il restera fidĂšle aux principes de la RĂ©volution qu'il cherchera Ă  exporter Ă  l'Ă©chelle europĂ©enne voire mondiale. Le Consulat, en somme, objective ce mouvement.

Le Consul NapolĂ©on Bonaparte, grĂące Ă  une sĂ©rie de mesures, permet Ă  la rĂ©volution de s’installer dans le temps. Bonaparte va d'abord s'employer Ă  crĂ©er des institutions neuves, lesquelles perdureront jusqu'Ă  nos jours. La nouvelle constitution qu’il fait rĂ©diger renforce le pouvoir exĂ©cutif au dĂ©triment du pouvoir lĂ©gislatif, crĂ©e une administration centralisĂ©e, organisĂ©e en directions et ministĂšres (dont le nouveau ministĂšre de l’IntĂ©rieur, confiĂ© Ă  FouchĂ©) spĂ©cialisĂ©s et uniformisĂ©s. Il garde les divisions administratives créées lors de la RĂ©volution. Ces institutions solides permettent un renforcement de l’autoritĂ© de l’État, font revivre le pays et Ă©loignent un peu plus le risque de retour Ă  l’Ancien RĂ©gime. Les caisses de l’État sont renflouĂ©es, NapolĂ©on dĂ©cide Ă©galement de fonder des villes nouvelles comme La Roche-sur-Yon ou Pontivy

Ensuite, NapolĂ©on Bonaparte s’inscrit dans la lignĂ©e de la RĂ©volution. AprĂšs le coup d’État, les institutions changent, mais la majoritĂ© des personnes qui vont occuper des postes Ă©taient dĂ©jĂ  en place lors du Directoire : dans les assemblĂ©es créées par la Constitution de l'an X, la plupart des sĂ©nateurs, tribuns ou membres du Conseil d’État avaient dĂ©jĂ  des postes Ă  responsabilitĂ© sous le rĂ©gime prĂ©cĂ©dent, les prĂ©fets sont choisis dans les assemblĂ©es rĂ©volutionnaires
 Cela permet Ă  Bonaparte de mieux contrĂŽler l’opposition. Les rĂ©formes qu’il met en place sont la suite logique de celles dĂ©jĂ  entreprises sous la RĂ©volution. Les rĂ©formes financiĂšres et commerciales qui lui sont attribuĂ©es ont, pour une partie d’entre elles, Ă©tĂ© imaginĂ©es par les membres du Directoire.
Ceux-ci avaient dĂ©jĂ  tentĂ© le Blocus continental que NapolĂ©on mettra en Ɠuvre contre le Royaume-Uni en 1806. MĂȘme certaines techniques de guerre utilisĂ©es par NapolĂ©on et dont il est considĂ©rĂ© comme l’inventeur avaient dĂ©jĂ  Ă©tĂ© mises en application sous la RĂ©volution. La rĂ©daction d’un Code civil français elle-mĂȘme avait dĂ©jĂ  Ă©tĂ© entreprise sous la RĂ©volution. De plus, il stabilise le paysage politique en pacifiant le pays et garantit ainsi l’inscription dans la durĂ©e de son gouvernement. La paix signĂ©e avec les royalistes VendĂ©ens, dĂšs dĂ©cembre 1799, marque un grand pas en avant dans l’apaisement du pays, aucun gouvernement auparavant n’avait rĂ©ussi Ă  l’obtenir.

La signature du Concordat en 1801 permet Ă  NapolĂ©on de s’assurer le soutien de beaucoup de catholiques qui Ă©taient hĂ©sitants jusqu’alors, et les royalistes en perdent autant, l’une des raisons fondamentales de l’appui de la population Ă  ce mouvement Ă©tant le caractĂšre anti-catholique de la RĂ©volution. Ce Concordat, qui n’instaure pas le catholicisme comme religion dominante et qui aurait pu ĂȘtre vu comme une volontĂ© de retour Ă  l’Ancien RĂ©gime, permet Ă  Bonaparte d’obtenir une nouvelle lĂ©gitimitĂ© et d’asseoir un peu plus son autoritĂ©. Le Concordat maintient la vente des biens nationaux. GrĂące Ă  ces deux traitĂ©s, Bonaparte neutralise l’opposition royaliste et semble s’inscrire dans l’hĂ©ritage rĂ©volutionnaire.

Finalement, le Code civil français est un ouvrage rĂ©volutionnaire. CommencĂ© en 1800 et publiĂ© finalement en 1804, il remplace tout le droit antĂ©rieur, et conserve la mĂ©ritocratie, l’impĂŽt Ă©galitaire, la conscription, la libertĂ© d’entreprise et de concurrence ainsi que de travail, consacre la disparition de l’aristocratie fĂ©odale, et en principe l’égalitĂ© devant la Loi. En conservant et en inscrivant dans le Code tous ces acquis de la RĂ©volution, Bonaparte leur permit de traverser les rĂ©gimes et rassura une grande partie de la population.

Mais NapolĂ©on a aussi supprimĂ© bon nombre d’acquis rĂ©volutionnaires. Tout d’abord, les cultes rĂ©volutionnaires sont abolis. Les libertĂ©s d’expression, de rĂ©union, de circulation et de presse sont supprimĂ©es au profit d’un Ă©tat autoritaire et d’une surveillance trĂšs accrue de la population, orchestrĂ©e par FouchĂ©. L’égalitĂ© proclamĂ©e dans le Code civil n’est pas respectĂ©e : la femme dĂ©pend de son mari ; les patrons ont un trĂšs grand pouvoir sur les ouvriers, le livret ouvrier les rĂ©duisant Ă  ĂȘtre des quasi-serfs ; l’esclavage est rĂ©tabli dans les colonies ; les fonctionnaires sont privilĂ©giĂ©s en matiĂšre de Justice
 Ensuite, l’instauration des prĂ©fets, qui sont l’équivalent des intendants, la crĂ©ation du conseil d’État, Ă©quivalent du conseil du roi, d’une nouvelle noblesse basĂ©e sur la notabilitĂ©, les faux plĂ©biscites organisĂ©s (des votes sont inventĂ©s, il n’y a pas de secret de vote, on ratifie un fait dĂ©jĂ  accompli
) font redouter le pire aux jacobins. Le spectre du retour Ă  la monarchie les hante.

Finalement, en devenant tour Ă  tour premier consul, consul Ă  vie puis empereur, il en finit avec la RĂ©publique. La faveur publique lui permet de rĂ©diger la Constitution de l’an VIII, qui lui donne la rĂ©alitĂ© des pouvoirs et surtout ne fait pas mention de la souverainetĂ© nationale. Cette constitution divise le pouvoir lĂ©gislatif, qui Ă  partir de ce moment, perdra toute influence. C’est au cours de l’an X que s’est opĂ©rĂ©e la transformation du rĂ©gime encore rĂ©publicain en un despotisme auquel ne manquait qu’une couronne. Le poste de premier consul Ă  vie sonne le glas de la RĂ©publique. Ces changements de rĂ©gime permettent surtout Ă  NapolĂ©on d’ĂȘtre de moins en moins dĂ©pendant de ses succĂšs ou Ă©checs et lui donnent une autre dimension vis-Ă -vis des autres dirigeants europĂ©ens. NapolĂ©on a donc aussi supprimĂ© bon nombre d’acquis rĂ©volutionnaires.

NapolĂ©on arrĂȘte le mouvement rĂ©volutionnaire mais non la RĂ©volution. En obtenant la confiance des bourgeois (grĂące Ă  la vente des biens nationaux, Ă  la paix maritime et continentale, Ă  la crĂ©ation d’une noblesse mĂ©ritocratique
), grĂące au prestige de grandes victoires (Marengo 1800), Ă  la bonne rĂ©solution des crises telle celle de 1802 (disette et chĂŽmage), NapolĂ©on obtient le soutien populaire et s’affranchit peu Ă  peu du processus rĂ©volutionnaire, qui ne lui est plus nĂ©cessaire. Au fil des annĂ©es, alors que sa popularitĂ© ne va cesser de croĂźtre, il va monter en puissance et s’éloigner de la RĂ©publique. En 1804, aprĂšs divers complots visant son assassinat et la reprise des hostilitĂ©s avec le Royaume-Uni, il est perçu comme le seul rempart face aux ennemis de la RĂ©volution, et la question de l’hĂ©rĂ©ditĂ© devient un sujet de prĂ©occupations. Il en profite pour se faire sacrer Empereur (ou plutĂŽt, se sacrer). Ce qui pourrait ĂȘtre vu comme l’aboutissement du projet d’un tyran ne l’est pas. En effet, lors du sacre, NapolĂ©on dĂ©clare ĂȘtre dans la continuitĂ© de la rĂ©volution, et est soutenu par les rĂ©volutionnaires eux-mĂȘmes, malgrĂ© la fin du processus rĂ©volutionnaire.

Les guerres impĂ©riales ont perpĂ©tuĂ© la RĂ©volution. Dans tous les pays conquis, NapolĂ©on Ier impose le Code civil et par consĂ©quent toutes les notions rĂ©volutionnaires qui en font partie. Il est considĂ©rĂ© dans un premier temps comme le libĂ©rateur de l’Europe. Mais Ă  partir de la QuatriĂšme coalition, qui commence en 1806, le but de ces guerres ne sera plus la propagation des idĂ©es rĂ©volutionnaires. MalgrĂ© la dĂ©faite napolĂ©onienne de 1815, les idĂ©es de libertĂ© et d’égalitĂ© resteront fermement implantĂ©es dans les pays qui avaient Ă©tĂ© conquis, et de nombreux bouleversements au fil du XIXe siĂšcle en dĂ©couleront.
GrĂące Ă  la modernisation des institutions françaises et europĂ©ennes, Ă  la pacification du pays, Ă  ses victoires militaires et la conquĂȘte de la majeure partie de l’Europe, NapolĂ©on a permis l’expansion et la perpĂ©tuation de la RĂ©volution. Ainsi, malgrĂ© les nombreux changements de rĂ©gime lors du XIXe siĂšcle, le Code civil français restera en vigueur dans l’Europe entiĂšre, et les nombreux principes rĂ©volutionnaires qu’il contient. NapolĂ©on est donc plus le continuateur que l’assassin de la rĂ©volution, malgrĂ© l’impasse qu’il fit sur la RĂ©publique. En supprimant les cultes rĂ©volutionnaires et autres acquis rĂ©volutionnaires qui mettaient en danger l’Ɠuvre de la rĂ©volution elle-mĂȘme, il permit aux autres de traverser les Ă©poques.

Rétablissement de l'esclavage

NapolĂ©on n’est pas esclavagiste comme le prouve pendant sa jeunesse, et jusqu'en 1789 au moins, sa passion pour les ouvrages de l’AbbĂ© Raynal. Toutefois, la premiĂšre abolition de l'esclavage, dans les colonies le 4 fĂ©vrier 1794 et ses consĂ©quences Ă©conomiques et politiques nĂ©fastes amĂšnent le Premier consul Ă  se saisir du problĂšme. DĂšs leurs entrĂ©es en fonction, les trois Consuls assurent aux anciens esclaves que la libertĂ© qui leur a Ă©tĂ© accordĂ©e par la Convention sera respectĂ©e. C'est le cas jusqu’en 1802. Car, Ă  la signature du TraitĂ© d'Amiens le 25 mars 1802, l’Angleterre doit rendre Ă  la France les Ăźles occupĂ©es. Parmi celles-ci se trouvent notamment Sainte-Lucie et la Martinique qui n’ont pas bĂ©nĂ©ficiĂ© de la loi sur l'abolition de l’esclavage. Face Ă  cet imbroglio, le pouvoir en place se dĂ©cide au statu quo : les Ăźles oĂč il n’y a plus d'esclavage resteront libres, par contre celles occupĂ©es jusque lĂ  par l'Angleterre conserveront les lois existantes. Une commission composĂ©e de CambacĂ©rĂšs et de trois conseillers d'État Dupuis, RĂ©gnault de St Jean d’AngĂ©ly et de l'amiral Bruix travaille sur un projet qui allait dans le sens dĂ©sirĂ© par Bonaparte. Mais il apparaĂźt difficile de faire cohabiter deux principes opposĂ©s dans le mĂȘme projet de loi. Il est dĂ©cidĂ© de ne mentionner que le cas des territoires rĂ©cupĂ©rĂ©s Ă  l'occasion du traitĂ© d'Amiens, et de ne rien mentionner pour les colonies oĂč l'esclavage Ă©tait dĂ©jĂ  aboli. Dans le maintien de l'esclavage en Martinique, le Premier Consul est poussĂ© notamment par ses ministres (l'amiral DĂ©crĂšs, Talleyrand...) et l'intendant gĂ©nĂ©ral aux colonies Guillemin de Vaivre, originaire de Saint Domingue, mais aussi par son Ă©pouse JosĂ©phine, d'origine martiniquaise et dont la famille et les amis avaient de nombreux intĂ©rĂȘts en Martinique... « L’esclavage ainsi que la Traite des Noirs et leur importation dans les colonies restituĂ©es par le traitĂ© d'Amiens auront lieu conformĂ©ment aux lois et rĂšglements antĂ©rieurs Ă  1789 Â».

Article dĂ©taillĂ© : Loi du 20 mai 1802.
Loi du 30 Floréal an X rétablissant l'esclavage en territoire français.

DĂ©but juin, il fait arrĂȘter et dĂ©porter Toussaint Louverture, qui s'Ă©tait distinguĂ© pendant la rĂ©volte des esclaves de Saint-Domingue onze ans plus tĂŽt et qui, convaincu par l'abolition de l'esclavage de 1794, avait gardĂ© la colonie Ă  la France. L'Antillais devait mourir - de froid - un an plus tard au fort de Joux, dans le Doubs, dĂ©partement rĂ©putĂ© pour la rigueur de ses hivers. Une deuxiĂšme phase de la guerre de Saint-Domingue dĂ©bute, elle provoque bien des massacres de part et d'autre. Ce sont les soldats indigĂšnes de Saint-Domingue qui sortent victorieux de ces terribles combats et crĂ©ent, en janvier 1804, la premiĂšre RĂ©publique noire indĂ©pendante HaĂŻti.

Article dĂ©taillĂ© : ExpĂ©dition de Saint-Domingue.

La Guadeloupe se rĂ©volte aussi en 1802 mais la rĂ©bellion conduite par Louis DelgrĂšs Ă©choue et se termine par le suicide collectif des insurgĂ©s. À des milliers de kilomĂštres de la France, le gĂ©nĂ©ral Richepance et son Ă©tat-major ont rĂ©tabli l'ordre avec beaucoup de brutalitĂ©. Ils vont progressivement rĂ©imposer l'ancien Code noir et l'esclavage.

À noter que dans les armĂ©es françaises, il se trouvait des gĂ©nĂ©raux et des soldats noirs et mĂ©tis (mulĂątres). La lutte entre les rĂ©voltĂ©s et le pouvoir consulaire n'a pas toujours eu des origines raciales au sens oĂč l'on entend aujourd'hui mais plutĂŽt sociales entre possĂ©dants et possĂ©dĂ©s.

De retour de l'Ăźle d’Elbe en 1815, NapolĂ©on dĂ©crĂšte l'abolition de la traite des esclaves, qui aligne la France sur la dĂ©cision que vient de prendre le CongrĂšs de Vienne. Sa dĂ©cision est confirmĂ©e par le traitĂ© de Paris le 20 novembre 1815. NĂ©anmoins, Ă  la Restauration, celle-ci reste lettre morte.

Les réalisations de Napoléon Bonaparte

Sous le Consulat

Le Consulat est essentiellement une pĂ©riode de pacification et de stabilisation de la France, aprĂšs la dĂ©cennie rĂ©volutionnaire. De nombreuses institutions sont fondĂ©es, qui survivent longtemps Ă  leur crĂ©ateur ; elles reprennent certains acquis de la RĂ©volution et existent encore de nos jours.

Ainsi dĂšs le 13 dĂ©cembre (22 frimaire an VIII) 1799, la Constitution de l'an VIII rĂ©digĂ©e par Bonaparte, en son article 52 crĂ©e le Conseil d’État. Cet organe est au dĂ©part chargĂ© de rĂ©diger les lois pour dĂ©charger les ministĂšres et doit conseiller le gouvernement sur la lĂ©gislation Ă  entreprendre. Dans cette Constitution, NapolĂ©on Bonaparte crĂ©e Ă©galement le SĂ©nat, s'inspirant du SĂ©nat romain, il est chargĂ© de veiller au respect de la Constitution et ses membres sont nommĂ©s par le Premier Consul, puis par l'Empereur. En 1800, le Premier consul Bonaparte crĂ©e deux institutions importantes, existant toujours : d'une part, le 13 fĂ©vrier (24 pluviĂŽse an VIII), il instaure la Banque de France ; d'autre part, le 17 fĂ©vrier (loi du 28 pluviĂŽse an VIII), Bonaparte crĂ©e les prĂ©fectures avec Ă  leur tĂȘte un corps prĂ©fectoral nommĂ© par l'Empereur et reprĂ©sentant de l'État. Toutes ces institutions permettent de rĂ©organiser l'administration en France, qui ne fonctionnait plus depuis le dĂ©but de la RĂ©volution en 1789[rĂ©f. nĂ©cessaire]. Cette rĂ©organisation permet de ramener l'ordre et de relancer l'Ă©conomie. Mais l'ordre intĂ©rieur sera totalement ramenĂ© le 15 juillet 1801, quand NapolĂ©on Bonaparte signe avec le pape Pie VII le Concordat rĂ©conciliant la France avec l'Église, tout en maintenant la libertĂ© de cultes Ă©tablie par la DĂ©claration des droits de l'homme et du citoyen de 1789. Bonaparte souhaite rĂ©organiser la sociĂ©tĂ© française dans de nombreux domaines :

Napoléon Bonaparte instaure aussi la Légion d'honneur, décernée aux personnes méritantes et ayant accompli une bonne action.

La pĂ©riode du Consulat est considĂ©rĂ©e comme la pĂ©riode la plus bĂ©nĂ©fique et prolifique du rĂšgne de NapolĂ©on[rĂ©f. nĂ©cessaire]. En effet, durant cette pĂ©riode, Bonaparte rĂ©organise tout et pose les fondations de la France actuelle ; ainsi la quasi-totalitĂ© des rĂ©alisations de Bonaparte existent-elles encore aujourd'hui malgrĂ© les rĂ©formes successives. Durant cette pĂ©riode, la France voit son Ă©conomie redynamisĂ©e, son administration rĂ©organisĂ©e, une justice plus performante, une Ă©ducation dĂ©veloppĂ©e et la paix retrouvĂ©e tant Ă  l'intĂ©rieur qu'Ă  l'extĂ©rieur. Mais toutes ces transformations ne sont qu'une maniĂšre de parvenir Ă  la plus haute marche, celle de l'Empire.

Sous l’Empire

L’Ɠuvre lĂ©gislative

Bonaparte opĂšre dĂšs les dĂ©buts du Consulat de nombreuses rĂ©formes dans l’éducation, la justice, la finance et le systĂšme administratif.

Son ensemble de lois civiles, rédigé par Portalis, Maleville, Bigot de Préameneu et Tronchet et connu sous le nom de Code Napoléon de 1804, a encore une forte influence dans de nombreux pays de nos jours.

Le Code civil français est toutefois trĂšs largement inspirĂ© d’un Ă©ventail de lois et coutumes diverses dĂ©jĂ  existantes sous l’Ancien RĂ©gime qu’il unifia. Son Ɠuvre administrative se prolongea jusqu’en 1814. Entre autres rĂ©formes, il dĂ©butera le travail de cadastrer le territoire français.

En architecture et urbanisme

À Paris

En dehors de l'Île-de-France

Regards des contemporains

D'aprĂšs Jean-Antoine Chaptal,

« NapolĂ©on se servait lui-mĂȘme des journaux pour faire la guerre Ă  ses ennemis, surtout aux Anglais. Il rĂ©digeait personnellement toutes les notes qu’on insĂ©rait dans Le Moniteur, en rĂ©ponse aux diatribes ou aux assertions qu’on publiait dans les gazettes anglaises. Lorsqu’il avait publiĂ© une note, il croyait avoir convaincu. On se rappelle que la plupart des notes n’étaient ni des modĂšles de dĂ©cence, ni des exemples de bonne littĂ©rature ; mais nulle part il n’a mieux imprimĂ© le cachet de son caractĂšre et de son genre de talent. Â»

Surnoms

  • Le petit caporal, le petit tondu ;
  • Le PĂšre la Violette : la violette est la fleur de l'amour cachĂ©. AprĂšs sa premiĂšre abdication, on croyait qu'il reviendrait Ă  l'Ă©poque oĂč fleurissent les violettes, chose qui se rĂ©alisa ; la violette devint un signe de ralliement des Bonapartistes aprĂšs la Seconde Restauration ;
  • Boney par les Britanniques ;
  • Le tyran, l'Ogre, « Buonaparte Â» sont des surnoms couramment donnĂ©s par ses adversaires et ses caricaturistes.

Correspondance

NapolĂ©on Bonaparte a entretenu une abondante correspondance, en partie Ă  usage privĂ©, mais surtout une importante correspondance officielle. De son vivant, quelques-unes de ces lettres ont Ă©tĂ© publiĂ©es, soit isolĂ©ment, soit en recueils, mais souvent dans un but d’exaltation ou au contraire de polĂ©mique.

Dans les annĂ©es 1850, l’empereur NapolĂ©on III fait publier la correspondance de son oncle. Si cette nouvelle publication a aussi un but de propagande, elle sera plus sĂ©rieuse que ce qui avait Ă©tĂ© fait jusque-lĂ . Toutefois, certaines lettres n’ont pas Ă©tĂ© retrouvĂ©es, d’autres ont Ă©tĂ© volontairement omises, et le texte a parfois Ă©tĂ© expurgĂ© sous divers prĂ©textes. Lorsque paraĂźt en 1869 le dernier volume de la correspondance de NapolĂ©on Ier, l'officier Louis Rossel dĂ©montre que les livres de stratĂ©gie attribuĂ©s Ă  ce dernier par la commission chargĂ©e de publier la correspondance, ne sont pas et ne peuvent pas ĂȘtre de lui.

Dans les annĂ©es suivantes, de nouvelles lettres ont Ă©tĂ© publiĂ©es, souvent sous la forme de recueils spĂ©cifiques (lettres de NapolĂ©on Ă  un mĂȘme correspondant). D’autres rĂ©apparaissaient ponctuellement.

La Fondation NapolĂ©on a entrepris depuis quelques annĂ©es une vaste entreprise de publication scientifique de l’ensemble de la correspondance de l’empereur. Elle a lancĂ© pour cela un appel afin de rĂ©cupĂ©rer les documents qui pourraient se trouver dans diffĂ©rents dĂ©pĂŽts d’archives ou bibliothĂšques, et surtout chez des particuliers.

Pour les références des éditions, voir plus bas.

Napoléon et l'islam

Comme il le confie aprĂšs sa campagne d'Égypte, NapolĂ©on s'est inspirĂ© des ouvrages de Volney censĂ©s aider Ă  la domination de l'Orient, voire les a appliquĂ©s de façon littĂ©rale40. Ainsi, dĂšs son arrivĂ©e et celle de ses troupes en Égypte, tout est fait pour convaincre les musulmans qu'il se bat pour l'islam40. Il proclame par exemple le 2 juillet 1798 Ă  Alexandrie, en parlant de lui et de son armĂ©e : « nous sommes les vĂ©ritables musulmans40. Â» Éternellement sans identitĂ© fixe, il renaĂźt en tant que Sultan el-Kebir (« le Grand Â») et converti Ă  l'islam. Il porte Ă  titre expĂ©rimental le turban et le kaftan, et se promeut comme l'apĂŽtre de Mahomet envoyĂ© pour restaurer la gloire de l'islam d'antan. Il aurait voulu que ses soldats se convertissent en masse mais cela ne fut pas possible Ă©tant donnĂ© qu'ils buvaient tous de l'alcool et Ă©taient la plupart non circoncis41.

Certains chercheurs estiment que NapolĂ©on s'est sincĂšrement intĂ©ressĂ© Ă  l'islam42, et en a mĂȘme fait l'Ă©loge, le considĂ©rant comme l'accomplissement de la religion, rĂ©ussissant lĂ  ou le christianisme et le judaĂŻsme avaient Ă©chouĂ©43. Toutefois, au crĂ©puscule de sa vie, il avoua Ă  Las Cases, son mĂ©morialiste et confident Ă  Sainte-HĂ©lĂšne, que ces paroles relevaient de « la haute charlatanerie44 Â».

La famille

Famille d’enfance

Parents

Frùres et sƓurs

Mariages et enfants

« Divorce de NapolĂ©on et JosĂ©phine Â», estampe de Bosselman gravĂ©e par Chasselat.
Caricature anglaise de Rowlandson, 1810, Napoléon et sa nouvelle épouse

NapolĂ©on s’est mariĂ© deux fois :

Napoléon s'était fiancé le 21 avril 1795 à Désirée Clary (1777-1860), future reine de SuÚde et de NorvÚge. Mais la rencontre par Napoléon de Joséphine de Beauharnais à Paris, le 15 octobre 1795, par le biais de son ami Paul Barras, le fait renoncer à ce projet de mariage, non sans mauvaise conscience comme en témoigne sa correspondance avec Désirée.

NapolĂ©on a Ă©galement eu au moins deux enfants illĂ©gitimes, qui tous les deux ont eu des descendants :

Et selon des sources plus contestĂ©es :

Neveux et niĂšces

Oncle

  • Joseph Fesch, cardinal, Ă©vĂȘque de Lyon et primat des Gaules. Il est en fait frĂšre utĂ©rin de la mĂšre de NapolĂ©on, Maria Letizia Ramolino. La mĂšre de celle-ci, AngĂšle-Marie Pietra-Santa, veuve de Jean-JĂ©rĂŽme Ramolino, se remaria avec François Fesch, officier suisse au service de la RĂ©publique de GĂȘnes.

Descendance célÚbre

Voir aussi

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Liens internes

Vie personnelle

ÉvĂ©nements – RĂ©gimes

Divers

Chevaux de Napoléon

Liens externes

Bibliographie

Napoléon et Joseph Fouché

Iconographie

Filmographie sélective

Jeux vidéo

Musées

Notes et références

  1. ↑ Pierre Larousse, dans son dictionnaire, donne la dĂ©finition suivante :
    « Bonaparte, - le nom le plus grand, le plus glorieux, le plus Ă©clatant de l’histoire, sans excepter celui de NapolĂ©on, gĂ©nĂ©ral de la RĂ©publique française, nĂ© Ă  Ajaccio (Corse), le 15 aoĂ»t 1769, mort au chĂąteau de Saint-Cloud prĂšs de Paris, le 18 brumaire, en l’an VIII de la RĂ©publique française, une et indivisible (9 novembre 1799). Â» et il rajoute, dans la droite ligne des encyclopĂ©distes :
    « Ce dĂ©but, qui va faire dresser plus d’une oreille, montre tout simplement qu’en toutes choses nous aimons les situations tracĂ©es ; et les oreilles reviendront Ă  leur Ă©tat normal quand nous aurons dit que nous voyons deux hommes, aussi bien que deux noms, en NapolĂ©on Bonaparte : Bonaparte et NapolĂ©on ; le gĂ©nĂ©ral rĂ©publicain, l’écolier de Brienne, le brillant officier de Toulon, le convive rĂ©publicain du Souper de Beaucaire, le vainqueur d’Arcole, etc. ; puis le colosse d’Austerlitz, le maĂźtre de l’Europe, le vaincu de Waterloo, le prisonnier de Sainte-HĂ©lĂšne. Oui, il y a deux hommes en cette personne, en cet ĂȘtre si singuliĂšrement douĂ©, dont le double nom et le double visage, d’un caractĂšre tout particulier, se sont trouvĂ©s admirablement appropriĂ©s au double rĂŽle qu’il a jouĂ© dans le monde. Auguste a beau s’appeler Octave ; Octave a beau se nommer Auguste ; c’est toujours le mĂȘme homme, rusĂ©, timide, hypocrite, astucieux, reniant ses amis quand son intĂ©rĂȘt lui commande de les sacrifier. Ici, nous le rĂ©pĂ©tons, nous avons un homme distinct, en mĂȘme temps que deux noms sĂ©parĂ©s. Â»
  2. ↑ Jean Tulard NapolĂ©on ou le mythe du sauveur p. 40. Depuis 1616, les Bonaparte sont membres du conseil des Anciens d'Ajaccio ; ils sont aussi avocats et frĂ©quemment alliĂ©s aux anciennes familles seigneuriales insulaires ; voir aussi Valynselee 1954, Le sang des Bonaparte
  3. ↑ Chuquet, La Jeunesse de NapolĂ©on, tome 1, p. 66. En fait, la vraie graphie corse est « Napulione Â», car dans la phonĂ©tique de cette langue, on doit prononcer "b" la consonne p, quand elle est prĂ©cĂ©dĂ©e d'une voyelle.
  4. ↑ orthographiĂ© sur l'acte de dĂ©cĂšs Lapulion cf. J. Godechot in Mistler NapolĂ©on 1. Naissance d'un empire p. 29
  5. ↑ J. Tulard, L. Garros ItinĂ©raire de NapolĂ©on p.13
  6. ↑ AndrĂ© Castelot, Bonaparte, p. 30
  7. ↑ a et b J.Tulard, L.Garros ItinĂ©raire
, p. 15
  8. ↑ J.Tulard, L.Garros ItinĂ©raire
p.16
  9. ↑ MĂ©moires de Bourrienne tome premier p.33 selon Jacques Godechot les tĂ©moignages sur le sĂ©jour de Brienne sont contradictoires et sujets Ă  caution (sous la direction de Jean Mistler, 1969) NapolĂ©on : tome 1. Naissance d'un empire chapitre 1 p.35
  10. ↑ Longtemps attribuĂ© Ă  Bourrienne, en fait, selon J. Tulard et L. Garros, Ibid., p. 17, cet Ă©pisode provient d'une brochure anglaise traduite sous le titre de Quelques notions sur les premiĂšres annĂ©es de Bonaparte parue en l'an VI et reprise dans les MĂ©moires de Bourrienne sur NapolĂ©on (1829), tome premier, p. 25.
  11. ↑ J. Tulard, L. Garros ItinĂ©raire
 p.18
  12. ↑ Castelot Bonaparte p.47
  13. ↑ J. Tulard, L. Garros ItinĂ©raire
 p.21
  14. ↑ Jean Massin, Almanach du Premier Empire p.3
  15. ↑ J. Tulard, NapolĂ©on ou le mythe du sauveur, p. 41
  16. ↑ F. Masson et Guido Biagi NapolĂ©on, Manuscrits inĂ©dits 1786-1791
  17. ↑ Cf. dossier de presse de l'exposition « Bonaparte et l'Égypte Â» Ă  l'Institut du monde arabe.
  18. ↑ RĂ©cits de la captivitĂ© de l'empereur NapolĂ©on Ă  Sainte-HĂ©lĂšne, Volume 1 Par Charles-Tristan Montholon, page 260
  19. ↑ F. Bluche, Manuel d'histoire politique de la France contemporaine, PUF, 2008, p.90
  20. ↑ NapolĂ©on - Les Grands Moments d'un destin, par Jean Tulard - chap. 44
  21. ↑ On ne sait pas exactement comment Bonaparte a survĂ©cu Ă  la dose de poison qu’il avait ingĂ©rĂ©e, et deux hypothĂšses existent : soit son estomac s'est rĂ©vulsĂ©, ce qui expliquerait les vomissements, soit le poison avait perdu de sa force
  22. ↑ Hors sĂ©rie « les Invalides Â» du magazine « l'estampille/l'objet d'art Â» N°21 janvier 2006, page 51 par François Lagrange, chef de la division de la recherche historique et de l'action pĂ©dagogique de l'ArmĂ©e
  23. ↑ La carriĂšre de CarĂ©lie dont la pierre avait Ă©tĂ© extraite, au prix de grandes difficultĂ©s, appartenait au tsar Nicolas Ier ; il en coĂ»ta environ 200 000 francs, payĂ©s par la France (L. LĂ©ouzon Le Duc, Études sur la Russie, p. 12, citĂ© par : Octave Aubry, Sainte-HĂ©lĂšne, Paris, Flammarion, coll. « L’histoire Â», 1973, p. 461, note 3). Contrairement Ă  ce qu’on lit un peu partout, cette roche trĂšs dure et quasiment inaltĂ©rable n’est pas du marbre, encore moins du porphyre, mais un grĂšs mĂ©tamorphisĂ©.
  24. ↑ R. Reymond, Énigmes, curiositĂ©s, singularitĂ©s, 1987 p. 158
  25. ↑ Louis Chardigny, L'Homme NapolĂ©on p. 9
  26. ↑ Louis Chardigny, L'Homme NapolĂ©on p. 12
  27. ↑ Docteur Maurice Boigey Les maux de NapolĂ©on.
  28. ↑ Docteur Maurice Boigey Les maux de NapolĂ©on.
  29. ↑ Thierry Lentz, Jacques MacĂ©, La Mort de NapolĂ©onp. 48
  30. ↑ Thierry Lentz, Jacques MacĂ©, La Mort de NapolĂ©onp. 51
  31. ↑ Thierry Lentz, Jacques MacĂ©, La Mort de NapolĂ©onp. 50
  32. ↑ Louis Chardigny, L'Homme NapolĂ©on p. 14
  33. ↑ Thierry Lentz, Jacques MacĂ©, La Mort de NapolĂ©onp. 51
  34. ↑ Uwe Fleckner, La rhĂ©torique de la main cachĂ©e. De l'AntiquitĂ© au « NapolĂ©on, Premier Consul Â» de Jean-Auguste-Dominique Ingres pp. 27-35 in Revue de l'art No 130 01-10-2000.
  35. ↑ Sven Forshufvud, NapolĂ©on a-t-il Ă©tĂ© empoisonnĂ© ?, Plon, Paris, 1961.
  36. ↑ Thierry Lentz, Dr Jean-François Lemaire, Dr Paul FornĂšs, Dr Pascal Kintz, Autour de l'empoisonnement de NapolĂ©on, pp. 72 et 88
  37. ↑ Thierry Lentz, Dr Jean-François Lemaire, Dr Paul FornĂšs, Dr Pascal Kintz, Autour de l'empoisonnement de NapolĂ©on, p. 64
  38. ↑ Nature Clinical Practice Gastroenterology & Hepatology (2007) 4, 52-57 doi:10.1038/ncpgasthep0684 [1]
  39. ↑ « Les reins fragiles de NapolĂ©on Â», Radio Canada, 5 mai 2009.
  40. ↑ a, b et c (en) Scott Appelrouth, Laura Desfor Edles, Classical and Contemporary Sociological Theory: Text and Readings, Pine Forge Press, 2007, 912 p. (ISBN 076192793X), p. 835 
  41. ↑ Andy Martin(2002), Napoleon the Novelist, Polity Press, p. 74
  42. ↑ Steven Englund (2005), Napoleon: A Political Life , Harvard University Press, p. 132
  43. ↑ « Puis enfin, Ă  un certain moment de l’histoire, apparut un homme appelĂ© “Mohamed”. Et cet homme a dit la mĂȘme chose que MoĂŻse, JĂ©sus, et tous les autres prophĂštes : il n’y a qu’Un Dieu. C’était le message de l’Islam. L’Islam est la vraie religion. Plus les gens liront et deviendront intelligent, plus ils se familiariseront avec la logique et le raisonnement. Ils abandonneront les idoles, ou les rituels qui supportent le polythĂ©isme, et ils reconnaĂźtront qu’il n’y a qu’Un Dieu. Et par consĂ©quent, j’espĂšre que le moment ne tardera pas oĂč l’Islam prĂ©dominera le monde, car il prĂ©dominera le monde. Â» - Correspondance de NapolĂ©on Ier, tome V, p. 518 Correspondance de NapolĂ©on Ier, piĂšce N°3148
  44. ↑ Andy Martin (2002), Napoleon the Novelist, Polity Press, p. 75

Chronologies

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Directoire
Premier consul
1799-1804
(fin de la Ie République)
Consulat
Grandes Armes Impériales (1804-1815).svg
Empereur des Français
1804-1814 et 1815
Louis XVIII
Louis XVI
Louis XVIII
Coat of arms of Andorra.svg
Coprince d'Andorre
avec Francesco Antonio de la Dueña y Cisneros
1806-1812 - 1815
Louis XVIII
Napoléon II
-
Coat of Arms of the Kingdom of Italy (1805-1814).svg
Roi d'Italie
1805-1814
Victor-Emmanuel II en 1861

 
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