Musique marocaine
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La musique marocaine est selon René Rémond plurielle et se compose de quatre grands genres musicaux d'une grande variété qui ne doivent pas être confondus : musique gnawa, du raï, du chaâbi, de l'andalouse , des musique berbères. Chaque groupe musical est lui-même constitué de sous-groupes régionaux, ainsi la musique arabe au Maroc est constituée de musique arabe moderne influencée par la musique arabe contemporaine du reste du monde arabe (Égypte, Liban, Syrie etc.), la musique arabe du terroir (populaire) propre à chaque région du Maroc, généralement chantée en arabe dialectal de chaque région, la musique "classique" arabo-andalouse, elle même composée de sous groupes de Fès, Rabat Salé , Tanger Tétouan, Oujda et la musique reggada du Rif (Region de Nador Alhoceima Barkhane Kebdana...)
La musique amazigh (berbère) est elle aussi divisée en sous-groupes, généralement suivant les diverses régions et parlés : amazigh, tachelhit (ahidouss), tarifit(reggada), soussie etc... Cette musique est aussi divisée en "moderne" et "traditionnelle".
La chanson marocaine se renforcera avec l?indépendance du pays. Deux grandes tendances se sont d?emblée révélées : l?une adoptant l?arabe classique et l?autre adoptant l?arabe dialectal, la première essaya de rester classique, respectant un style très conventionnel alors que la seconde tendance introduit un répertoire plus léger, plus proches du public populaire.
Plus tard, dans les années 1970, l?apparition de formations musicale telles que Nass El Ghiwane, Jil Jilala, Lemchaheb, les frères Bouchenak marquent un renouveau dans la musique marocaine.
Le début des années 1980 fait connaître à un large public le phénomène de l'émergence de la world music, une musique dite ethnique qui recouvre aussi bien la musique pop du tiers monde, la musique pop européenne qui utilise les influences du tiers monde et la musique traditionnelle. Ce nouveau phénomène musical fera connaître les rythmes marocains et particulièrement la musique gnawa au monde. De nombreux musiciens et interprètes marocains introduisent alors ces sonorités gnawas dans leur répertoire musical magique.
Enfin il existe une nouvelle génération de jeunes, qui compose une musique synthétisant l'esprit marocain aux influences venues du monde entier (blues, rock, métal, reggae etc...). Un des évènements les plus importants de cette scène "underground", est le Boulevard des Jeunes Musiciens qui a lieu tout les ans à Casablanca et qui rallie la jeunesse marocaine dans un même évènement culturel sans équivalent dans aucun autre pays arabe.
[] La musique arabo-andalouse marocaine
Connue la musique savante de référence, c'est à dire une musique codifiée qui se transmet de maître à élève et demandant le respect d?un ensemble de règles musicales fixées. Il s?agit dans ce cas d'une musique modale, c?est-à-dire organisée sur base d?un ensemble de modes dont chacun impose une échelle, une hiérarchie de notes.
Le Maroc est à l'évidence le pays du Maghreb le plus fortement imprégné par la culture arabo-andalouse et, cela, pour de multiples raisons : de part sa proximité géographique avec l'Espagne qui fera qu'une large majorité d'arabo-andalous chassés s'installeront par strates successives ( avant et après 1492 et en 1609) au Maroc (Tanger, Tétouan, Oujda, Fès, Rabat, Salé principalement) dans l'espoir d'un retour , de part l'intervention des dynasties Almoravides, Almohades et Mérinides dans le maintien des andalous , et enfin de part l'absence de la colonisation ottomane qui a été forte dans tout le monde arabe (de la Syrie à l'Algérie) en particulier sur les plans musical et vestimentaire des musiciens ; Signalons, par ailleurs, qu'avant la chute de Grenade des échanges constants et divers avaient lieu entre l'Espagne mauresque et le Maroc tout proche. Enfin notons l'influence des intellectuels et artistes andalous qui rejoindront les cours royales marocaines. Pour ces raisons, cette musique est restée vivace au Maroc où elle possède un véritable public constitué de passionnés depuis des siècles (voir liens externes et liens internes).
Connue autrefois sous le nom de moussiqua al-âla, il s'agit d'une musique de cour d'une civilisation très raffinée jouée et chantée dans différentes grandes villes du Maroc ou se sont installés des andalous et des moriscos. L'orchestre est composé du plusieurs instruments à cordes. Les poèmes sont en arabe littéral ou dialectal. Les membres de l'orchestre sont tous vêtus en tenue officielle marocaine (Fez, djellabas blanches, babouches blanches ou jaunes).
La musique andalouse marocaine est nettement différente de la musique orientale: elle ne comporte pas de quarts de tons (quelques exceptions sont cependant à signaler); elle suit généralement le système de la gamme tempérée occidentale, la gamme est souvent exécutée comme une seule succession mélodique, alors qu'en musique orientale, elle est subdivisée en tricordes, tétracordes et pentacordes; sa ligne mélodique est simple et claire, les modulations y sont rares.
Au cours des siècles, des pratiques musicales locales distinctes se développèrent, en se forgeant un une identité culturelle particulière à chaque société. Il existe ainsi, dans des villes du Maghreb telles que Tlemcen et Tunis, des versions distinctes du noubas, qui font partie intégrante de la culture musicale locale. Il s'agit d'une composition musicale construite sur un mode dont elle prend le nom (par exemple Nouba Mâya). Des pièces instrumentales et vocales s?y enchaînent selon un ordre déterminé et selon une progression musicale allant du non mesuré au mesuré. Un prélude libre, laissant une large place à l?improvisation ouvre la suite où se succèdent diverses pièces, notamment des poèmes dont les thèmes sont souvent l?amour, la nature, le vin... La nouba se termine par une phase plus vive, plus rythmée (voir liens externes).
La musique arabo-andalouse, bien que reposant sur des règles rigoureuses, est une musique non écrite se transmettant oralement de maître à élève. Bien avant la chute de Grenade, de nombreux musiciens musulmans s'étaient repliés en Afrique du nord. La tradition musicale arabo-andalouse s'y est développée jusqu'à nos jours, particulièrement dans les villes ayant accueilli les réfugiés espagnols (andalous et morisques). C'est au contact des ensembles de ces villes que l'on peut donc retrouver les mélodies et rythmes de ces musiques, même si la tradition a continué d'évoluer à travers les siècles. Malheureusement une bonne moitié des 24 Noubas, bases du répertoire, a aujourd'hui disparu.
Le répertoire Al-âla du Maroc comprend encore onze noubas, chacune d?entre elles étant divisée en cinq mouvements (mîzân) joués sur cinq rythmes de base. Chaque nouba est très longue et il est rare qu?on les joue au complet. On se contente souvent de jouer un seul mouvement. Cependant, l?intégralité des noubat marocaines a été enregistrée par la Maison des Cultures du Monde à Paris, en collaboration avec le Ministère de la Culture du Maroc. Soit un total de 73 disques compact répartis en douze coffrets présentant chacun une nouba ou des mîzâns (une durée totale de plus de septante heures de musique). Chaque suite comprend des poèmes chantés. L?orchestre de la musique arabo-andalouse comprend souvent violon, rebab, oud, violoncelle, alto et percussions (les instruments à archet étant souvent présents en plusieurs exemplaires) et un ou plusieurs chanteurs.
[] Le Samaâ
Le Samaâ, "l'audition en arabe" est un art de chants polyphoniques a cappella sacrés, hymnes dédié au culte du Prophète Mohammed et à Allah. Désigne également les séances musicales des confréries soufies. La philosophie soufi, en effet, bien plus que de tolérer la musique, s?en servait pour chercher l?union avec Dieu. Cette mystique musicale va, petit à petit, se ritualiser et devenir séance ou cérémonie sacrée englobant d?autres rites. Le dhikr, par exemple, peut être un point culminant du sama dans la plupart des confréries, point culminant qui, selon les lieux et les croyances, s?appelle parfois aussi hadra (assistance), imara (plénitude) ou halqa (cercle).
[] Le Melhoun
La chanson populaire arabe au Maroc emprunte ses modes à la musique andalouse, en les simplifiant. La Qassida a cependant conservé la division du texte en strophes comme dans le chant andalou : le couplet (ghson : branche ou rameau) peut comprendre de huit à seize vers, un court refrain (harba : lance) offre une alternance qui permet de rompre la monotonie du discours musical du chant Melhoun.
L'origine du Malhoune ou Melhoun ou Malhun en arabe ??????? (littéralement: mis en musique) est une forme musicale savante relativement moderne qui remonte au XIIe siècle, et emprunte ses modes à la musique arabo-andalouse en simplifiant ses modes et se développe sous une forme littéraire ne respectant pas la structure grammaticale classique (le Qasidah). Citadine, elle se développe principalement à l'intérieur des corporations artisanales. Il s'agit d'une poésie chantée en arabe dialectal, à sujet bien religieux que profane, caractérisé par un langage sophistiqué et par une mélodie en style déclamatoire. Le poème écrit en zéjal est enrichie de mélodies populaires, cette création va donner naissance au Melhoun.
La chanson populaire arabe au Maroc emprunte ses modes à la musique andalouse, en les simplifiant. La Qassida a cependant conservé la division du texte en strophes comme dans le chant andalou : le couplet (ghson : branche ou rameau) peut comprendre de huit à seize vers, un court refrain (harba : lance) offre une alternance qui permet de rompre la monotonie du discours musical du chant Melhoun. Beaucoup confondent le melhoun et le wahrani algérien qui diffèrent pourtant par sa finesse musicale du warahni.
[] Le Gharnati
Le Gharnati est un courant qui vient du patrimoine Andalou/Mauresque. Ce mot signifie Granadien (??????) en arabe et granada en espagnol. À la chute du monde Andalou une importante quantité d' archives (philosophiques, théologiques, scientifiques et culturelles) et d'artistes resteront dans l'actuel Maroc.
Aujourd'hui au Maroc on distingue 3 courants : L'Andalou (l'essence de cette musique), le Aïssaoui qui a été inventé à Meknès et Fès ville spirituelle et intellectuelle du Maroc, et enfin le Gharnati , genre musical andalou transféré vers la ville de Oujda.
Des mouvements de population judéo-marocaine au sein du pays auraient permis le transfert du Gharnati vers les villes de Rabat et Salé.
Le Gharnati aurait gagné des villes algériennes voisines de Oujda (tel que Tlemcen et d'Oran) et, au début du 20 ème siècle avec l'installation d'algériens, serait revenu vers certaines régions du Maroc où les musiciens la joueront selon les noubas algériennes (soit seize suites dont quatre inachevées).
L'instrument principal du Gharnati c'est le Oud (guitare Andalouse) mais il y a aussi les fameuses derboukas et bendir. Le chant se partage entre un soliste et les choristes-instrumentistes, la musique se jouant sur la vièle rabab, des violons et altos, des luths et des percussions. Le répertoire de la musique gharnati comprend également quelques pièces plus courtes que les noubat.
Si au Maroc , on appelle gharnati la musique arabo-andalouse pratiquée à Oujda, Rabat et Salé, ce terme désigne à Tlemcen (Algérie) tout le répertoire andalou et savant.
[] Les Aïssaoua
Fondée au XVIe siècle par Sidi Mohamed Ben Aïssa, cette confrérie religieuse se rattache au soufisme. Son centre spirituel (zaouia) principal se trouve à Meknès où son fondateur est enterré. Ils sont une confrérie et se trouvent principalement dans la région Meknès et secondairement dans celle de Fès.
Deux pratiques fondamentales sont propres à cette confrérie :
- la hadra, c?est une pratique collective de la transe. Elle est exécuté pendant les grandes fêtes aissawas. La grande fête ou moussem a lieu à Meknès prés du sanctuaire du cheikh al Kamel, à l?occasion de la célébration de la naissance du prophète . La hadra fait partie d?un rituel que l?on appelle aussi lila, car il dure toute la nuit . La lila des Aissawas commence par des chants puis est suivi par la hadra .
- la frissa, c?est une pratique propre aux Aissawas et consiste à dévorer un animal vivant.
Dans la hadra, le nom de Dieu, des prières sont invoquées inlassablement jusqu'à prendre le corps puis l?esprit, de cet état découle la transe. Le rythme : il y a trois rythmes : à deux temps, cinq temps et 6/8 ternaire.
[] La musique berbère ou amazighe
Le Maroc est le pays du maghreb qui contient le plus grand nombre d'ethnies berbères différentes, ce qui enrichie considérablement son patrimoine musical.
Inspirée par la beauté du paysage rural et méditerranéen, les chants et danses amazighs sont un spectacle riche en poésie et en couleurs. La musique amazighe est différente selon les trois régions amazighophones du Maroc.
La musique amazigh (berbère) est elle aussi divisée en sous-groupes, généralement suivant les diverses régions et parlés : amazigh, tachelhit, tarifit, soussie etc. Cette musique est aussi divisée en "moderne" et "traditionnelle". Elle est "inspirée par la beauté saisissante du paysage rural marocain et la résonance du bendir", qui régit la rythmique des chansons, des chants et des danses festives, le soir autour d'un grand feu de bois. Les hommes et femmes membres de groupes musicaux sont toujours vêtus d'habits traditionnels. L'expression la plus profonde de la culture berbère réside par les chants et la musique qui se transmettent de génération en génération. La rythmique constitue la base fondamentale de cette musique. La danse accompagne toujours les chants. Ainsi, les trois styles de danse et de chants berbères correspondent à différentes zones linguistiques. La musique du Rif: voire plus bas (reggada)
La musique de Moyen-Atlas est restée généralement folklorique parce que la langue amazighe dans cette région est limitée au milieu rural. Pour cela, les hommes et les femmes membres de groupes musicaux rifains sont généralement vêtus d'habits traditionnels et utilisent du matériel musical folklorique. Cette musique est largement diffusée dans les médias nationaux. on peut citer quelques chanteurs connus du public : Rouicha, Ahouzar, cherifa...etc
La musique de Souss est folklorique mais a tendance à se moderniser suite à l'apparition du mouvement culturel amazigh notamment dans la grande ville d'Agadir. on peut citer quelques exemples comme Amoury Mbarek, Yuba, Amarg fusion..etc
L'expression de la culture berbère passe incontestablement par les chants et la musique qui se transmettent ainsi de génération en génération. La rythmique est la base fondamentale de cette musique.
[] Tsanguif ou Tasnguift
Concept d?origine amazighe qui signifie: a cappella. Généralement, c?est un style dominé par les voix féminines pendant les occasions des noces, et où les femmes chantent la douleur de la séparation entre la fille et sa mère.
[] Reggada (RIF: Nador Berkane Alhoceima)
La reggada est une danse traditionnelle née dans les montagnes du Rif (Nador Alhoceima Berkane Temsamane Kebdana Ajdir Zaio Imzouren Aknoul...), au nord-est du Maroc, puis s'est ensuite répandue dans les montagnes voisines, de l'autre côté de la frontière algérienne (Tlemcen, Ghazaouet, Maghnia, Nedroma, Msirda...).
On la danse avec des mouvements d'épaules, un fusil (ou un bâton ornementé), en cognant ses pieds contre le sol au rythme de la musique.
Les guerriers rifains dansaient en signe de victoire sur l'ennemi, d'où l'usage du fusil, les frappes de pieds au sol se font au rythme de la musique et symbolisent l'appartenance à la terre.
Cette musique est fortement rythmée par le bendir, la ghaita ou le zamr (sorte de flûte à deux cornes).
Une ville dans la région de Berkane portant le nom d´Ain-Reggada (la source qui dort, en raison de son caractère capricieux) a donné son nom à cette danse.
Un festival annuel (août) est consacré à cette musique à Saïdia.
[] Impact de Studio2M et de la Star Académie libanaise sur le champ musical marocain
(à développer)
A l'exemple de ses cons?urs d'Occident (Pop Star, La nouvelle Star, la Star Académie) , studio 2M crée une nouvelle dynamique dans le champ musical jusqu'à lors relativement sclérosé et sujet à la répétition des styles plutôt qu'à la création. Cette révolution pacifique ne peut qu'être bénéfique sinon vitale à l'expression artistique marocaine en général.
Ces types d'émissions ouvrent le champ d'expression de la jeune génération et bouscule un peu la précédente, comme cela s'est passé en Occident.
Toutefois, la jeunesse du pays n'oublie pas l'ancienne génération de musique savante marocaine représentée, entre autres par l'artiste Abdelhadi el Khiyat ; en effet, ces précédents artistes ont permis à la chanson nationale de trouver sa place et de s'affranchir de l'envahissante musique arabo-ottomane des artistes libano-égyptiens ( Oum Keltoum, Farid El Atrache, Asmahane, Abdel Halim Hafez....) très largement diffusée dans tout le monde arabo-musulman.
La Star Académie libanaise est une émission regroupant de jeunes talents venant de tout le monde arabe est suivie par un large public du monde arabo-musulman ; ce programme de la chaine libanaise LBC fait naître de nouvelles vocations dans un monde arabe traditionaliste où les artistes ont généralement du mal à s'exprimer et où leur statut reste, pour une très large majorité d'entre eux, à définir.
Il faut espérer que ces émissions où l'on trouve de véritables talents ne créeront pas des artistes " élus produits de l'année " ou " Kleenex ".
La chanteuse marocaine Sofia Marikh a été découverte par la Star Académie libanaise
Marouane, Zoubia, Amine Ringa, Sahar Seddiki, Hajar Bensouda, Rita Benjelloun, Noam (Samir Fajr) : jeunes chanteurs découverts par Studio 2M.
(voir liens externes)
[] Chant rural de la RITA ou HAÏTA
La RITA signifiant en français appel,cri ou complainte est Chant rural spécifiquement marocain.Il est chanté par des groupes mixtes composés d'hommes musiciens et chanteurs et de chanteuses et danseuses. Ces femmes sont appelés des chikhates.
Les anciennes chikhates étaient des sortes geishas marocaines ; aujourd'hui, qu'elles peuvent vivre de leur art, elles sont devenues des chanteuses à part entière.
Ainsi de nouvelles chikhates, des petits groupes de quartier et autres chanteurs et chanteuses de charme ont pu proliférer dans toutes les villes.
[] Musique Chaâbi et la culture Karyaniste
Le chaâbi marocain est une musique que l'on retrouve fréquemment dans les mariages. Ce style de musique populaire est associé à la fête et s'est surtout développée dans les villes marocaines. L'utilisation du langage populaire et la création de nouveaux rythmes ont fait de ce style un complément essentiel de la danse. De nombreuses tendances sont apparues.
Au cours de la musique chaabi, les femmes marocaines dansent en se déhanchant , en faisant des mouvements de balayage de leur chevelure et en tapant du pied sur le sol ou sur une caisse de résonance métallique( en Arabe marocain: Derdigue).cette danse est spécifiquement marocaine et ne se rencontre dans aucun pays arabo-musulman . Le derdigue serait soit un vestige de l'Espagne arabo-andalouse que l'on retrouve dans le Flamenco soit une influence de la colonisation espagnole soit une tradition berbère.
Le mot Karyane vient du mot carrière, des anciennes carrières Centrales de Casablanca où vont s'installer dans les années 60 les bidonvilles. Il s'agit d'une culture urbaine, mais pas d'une culture de ghetto, à la différence du hip hop. Elle est le reflet d'une jeunesse post-coloniale désheritée par la monarchie répressive de Hassan II. Suite à des émeutes, des gens se font arrêter, dont un membre de la famille Batma, Laarbi. qui est relaché quelques semaines plus tard. Son frère Simohammed Batma membre du groupe Lemchaheb, déteste le pouvoir en place et chante à tue tête "goulou Ya Hli, chkoun lwassi Alina? Hak Hada Maswiti" (Dites Ô mes frère, Qui est nôtre tuteur? Tiens, c'est ce que tu mérites ) en brandissant un bras d'honneur devant un tableau de Hassan II. Intèrpelation et interogatoire ont suivis. -Laarbi Batma crée au milieu des années 60 le groupe Nass el Ghiwane, inspiré par la musique Gnawa, le folklore local qu'ils mélangent à un style latino roots reggae, mis au diapason du rock. Ils vont créer un nouveau genre de musique pop où des chants arabes sont scandés et non chantés en solo: le style Ghiwane. Un style à part entière va naître, issu de la culture karyane, dans lequel s'illustrent des groupes comme jil jilala, larsad, ou encore Nass El Ghiwane et Lemchaheb. Les deux groupes leaders sont menés par les frères Batma. La famille ne peut être ignorée au Maroc, où elle représente le chainon qui a bouleversé la culture marocaine. Aujourd'hui, aprés 40 ans d'existence le ghiwane commence à prendre son essor et est considéré comme une des musiques du monde, même si le genre est resté assez underground au niveau international, contrairement au hip-hop ou encore au reggae. Des groupes allemand comme dissidenten collaborent avec notamment Lemchaheb en 1984/ 1986 et Jil Jilala en 2007.... Elle tend cependant à s'effacer progressivement devant d'autres cultures urbaines, laissant place à un hip hop à l'image d'une Amérique internationalisée. La Karyane: une culture urbaine, mais bien plus... une histoire de famille. Les Batma.
[] Musique Gnawa ou Gnaoua ( gnaoui au singulier) et ses variantes (fusion)
La musique gnawa marocaine possède depuis 1998 son festival annuel : le festival d'Essaouira (voir liens externes et internes).
Le premier enregistrement de musique gnawa sur cassette audio sera réalisé en 1975.
Les Gnawa sont , pour une partie d'entre-eux , des descendants d?anciens esclaves issus de populations originaires d?Afrique Noire ( Niger, sénégal, Mali, Guinée etc.... ).
Le nom GNAWA dériverait du mot GUINEE même si une partie seulement de ces populations vient de cette région d'Afrique.
Ils se sont ensuite métissés à la population locale et se sont formés en confrérie ( avec un maître et un style vestimentaire particulier) pour créer une musique et un culte original mélangeant des apports africains et arabo-berbères. Ces confréries ancrées dans la culture marocaine expliquent la créativité et la vivacité à l'origine du succès des Gnawas marocains auprès de leurs compatriotes, des touristes et des musiciens venant d'occident.
La danse et le chant gnawa ont un aspect mystico-religieux. Avec leur crakeb (crotales en métal) et leurs percussions , les chanteurs et danseurs peuvent se mettre en transe parfois. Le style est envoûtant, folklorique et superbe.
Au Maroc, le berceau de la musique Gnawa est propre à la Région d'Essaouira où l'on trouve aussi des gnawa berbères et jufs.
Pour des raisons financières, certains Gnawa ( qui ne sont pas tous des maalems c'est dire des maitres de musique et de cérémonie mystique) du Maroc sortiront du rituel afin de présenter leur musique à un public marocain plus large ; s'inspirant de troupes acrobates ( auxquelles les marocains prêtent des pouvoirs) que l'on peut voir, de nos jours encore plus particulièrement place Jemmaa el Fna de Marrakech ou dans les Moussem, ils vont développer et inventer des acrobaties (qui ne font pas partie du rituel) et enrichir leur tenue vestimentaire ( robes brillantes , bonnets avec un long pompon, des gri-gri blancs cousus sur la tenue et le bonnet ou incrustés dans les instruments de musique) afin d'attirer, amuser et distraire le public.En dehors d'Essaouira et avant leur renommée, les gnawa seront longtemps considérés comme des amuseurs publics.
Ce genre musical existe, avec des différences, en Tunisie, en Algérie, en Égypte, et peut-être aussi en Libye, avec un nom spécifique au pays (voir Gnaoua). Toutefois, contrairement au Maroc où des informations relativement précises existent, le genre Gnawa des autres pays présentent des zones d'ombre, à des degrés divers, sur les plans historique, culturel, sociétal....: rappelons que les rites gnawa portent par eux-mêmes une part de mystère et que l'accès aux lilas restent privées.
De nombreux groupes et courants musicaux nationaux et internationaux (fusion avec le jazz, le blues, le reaggae, le rap, le chaabi, le raî...) se sont inspirés de ce genre musical marocain pour enrichir leurs ?uvres. Ainsi le standard marocain "Allah, Allah Moulana" se retrouvent dans de nombreuses compositions.
Le succès du festival international de la musique Gnawa d'Essaouira jouera un rôle important dans l'expansion de la musique gnawa en dehors du pays et dans la création de fusions diverses et variées qui plairont aux jeunes dans et en dehors du pays.
[] Rap marocain : entre Tradition et Fusion
[] Musiques de Films au Maroc
A travers le monde, certaines bandes originales (BO) de Films ou de séries sont devenues des standarts mondiaux : citons les bandes originales des films tel que Limelight de Chaplin, les oeuvres d'Ennio Morricone, le Film "le dernier des Mohicans", la BO du "Grand Bleu" , les BO des séries Shaft, Amicalement vôtre, Mission Impossible, Chapeau Melon et bottes de cuir.... .
Aujourd'hui, à la simple écoute de ces BO, les publics du monde entier peuvent retrouver le nom du Film, des acteurs, revoir mentalement des scènes etc....: ceci démontre le rôle important de la musique dans la création et la promotion filmographiques.
Le cinéma marocain est souvent récompensé dans les plus grands festivals de films arabes ce qui démontre (contrairement à ce que de nombreux marocains pensent) que la darija peut également s'exporter dans les autres pays arabes au même titre que le fort accent et la darija des séries et feuilletons égyptiens.
Il faut également noté que les films franco-marocains (avec des acteurs marocains, franco-marocains et français) passent souvent dans les salles ou dans les médias TV en Europe. Ces films sont bien construits sur le plan musical.
En dépit de ce net et récent progrès de la production et de la qualité des oeuvres cinématographiques marocaines (en particulier sous l'impulsion du Festival international du Film de Marrakech), la place de la musique de films reste une piste à défricher.
Le cinéma marocain utilise encore des compositions musicales diverses qu'il colle tant bien que mal au film ; ceci crée parfois une inadéquation entre les différentes séquences de l'?uvre et la musique d'accompagnement. Actuellement les meilleurs morceaux de musique de films marocains sont des solos de Oud ou de Flûte accompagnant les parties mélodramatiques du film. Les solos d'orgue ou de piano, quant à eux, donnent plutôt un effet "musique de grande surface".
Pour des raisons financières, les productions marocaines ne font malheureusement pas suffisamment appels aux nombreux compositeurs et artistes marocains.
Toutefois, au Maroc, le fort succès des comédies musicales indiennes "made in Bollywood", poussent certains réalisateurs à créer des comédies musicales marocaines.
La sortie prochaine d'étudiants venant de l'école du cinéma de Marrakech et le renouveau de la nouvelle scène marocaine vont très certainement donner à la musique de Film sa véritable place dans les ?uvres cinématographiques marocaines.
[] Musiques et danses traditionnelles du Maroc
(à développer)
Au Maroc, comme partout dans le monde, musique et danse vont de pair.
Au Maroc, il n'existe pas, à ce jour, de spectacles musicaux du type Starmania (Québec-France, années 70), Hair (USA, années 70), West Side Story (USA, années 60), Notre Dame de Paris(France, années 2000), Le roi Soleil (Franc, années 2000).....
Ces spectacles liant musiques et danses sont soit des fictions soit des reprises de livres ou de contes et connaissent en Occident un énorme succès.
De nos jours, dans le monde arabe, seul le Liban produit ce type de spectacle qui connaît un succès certain.
Si la danse du ventre ( dont les cinéastes égyptiens se sont emparés), est très connue et appréciée dans le monde entier, les danses et musiques marocaines ne sont pas encore bien connues dans le monde arabe et occidental.
Les danses du Maroc sont nombreuses et diverses ; Depuis quelques années , la troupe de la danseuse et chorégraphe marocaine Nawal Benabdellah ( Compagnie Nawal ) les présente au public du monde arabe avec un très net succès (voir liens externes) .
Depuis peu,il existe les "Folies de Marrakech" : Cet établissement propose des shows dansants et musicaux sur le modèle des "Folies Bergères " de Paris.
Les publics arabes sont souvent agréablement étonnés par la diversité de l'habillement, des danses et des musiques ainsi que du balayage des cheveux et des " derdigues " (sur des caisses de résonance) lors des représentations marocaines.
[] Musiques actuelles : Heavy Metal , Punk , Hard rock et tecktonic au Maroc
Avec le souffle de la démocratisation impulsée par l'arrivée du nouveau monarque, des artistes marocains se sont lancés dans le Heavy Metal et le Hard Rock dans les années 2000.
Avec le rap, ces musiques ont leur festival annuel à Casablanca : Le Boulevard ( voir liens externes)
Ce genre musical né en Occident dans les années 1970 dégage une forte énergie vitale et s'adresse donc à la jeunesse du monde entier. L'aspect vestimentaire et le son de ce type de musique ont bien entendu choqué les conservateurs et les intégristes marocains ( à l'instar de leurs homologues réactionnaires occidentaux) qui ont vu dans cette musique une manifestation satanique. Voyant le danger pour son début de liberté chèrement gagnée, la jeunesse marocaine a manifesté de façon forte son soutien à ces artistes.
Pour les jeunes marocains, ce type de musique est (comme pour leurs homologues européens des années 70 ) une façon de montrer leur désaccord et leur rejet d'une société figée, pleines de contractions et d'hypocrisies et où la parole d'un jeune n'a que peu de valeurs. Somme toute, ces jeunes dénoncent au Maroc des traits et des travers que l'on rencontre dans la totalité des pays arabo-musulmans.
Ces jeunes artistes connaissent des débuts difficiles néanmoins leur influence rock sur les autres courants musicaux du pays est incontestable ( solo de guitare électrique , de batteries) comme le montre le franc succès de la tecktonic ( électro-pop-rock ) au Maroc.
Précisons que l'absence criante d'émissions dans les divers médias marocains sur les origines et l'histoire de ces musiques et l'absence de diffusion des plus beaux morceaux de Rock ne permet au plus large public de bien connaître cette forme musicale qui a marqué tous les artistes occidentaux.
[] Musiques actuelles et nouvelle scène marocaine : Fusion
Le terme Fusion désigne un mixte de musiques marocaines traditionnelles avec des courants musicaux internationaux : Jazz, blues, Reggae, Rap,Ragga, Rock....
Le Reggae fait son entrée au Maroc fin des années 70 début des années 80 avec un très fort succès auprès des jeunes des grandes villes du Maroc, en particulier à Casablanca. Depuis cette époque, on peut voir de nombreux jeunes portant des tenues ou bonnets aux couleurs de la Jamaïque ou avec une coiffure Rasta ; le reggae va naturellement entrer dans les compositions actuelles de fusion.
Le Ragga fait aujourd'hui la même percée que le Reggae auprès des jeunes citadins.Le public marocain semble friand aux musiques à sonorité "AFRO".
Quelques exemples :
"le groupe AMARG FUSION" : mixte de musique berbère du Sousse revue avec des instruments modernes occidentaux.
"Le groupe DARGA" : mixte avec du Rap, Reggae, et Jazz
"Le groupe HAOUSSA" : ce groupe de Rap introduit dans certains de ces morceaux du Jazz et du rock.
"Le groupe ZAZZ BAND" : mixte de jazz et de sonorités gnawa
[] JAZZ, BLUES, SOUL, RnB, Funck, Disco
(à développer)
Au Maroc, il existait des manifestations musicales de Jazz appelées "JAZZ in Ryiad".
Les marocains ont découvert le Disco et le Funck dans les années 80 en particulier suite à des émissions de la radio MEDI-1 présenté par le célèbre présentateur casablancais de l'époque " FOUAD " et par les boîtes de nuit. Toutefois, les circonstances sociologiques et médiatiques du Maroc des années 70-80 ne permettent pas à des musiciens et artistes marocains de s'emparer de cette musique.
A cette même période, les jeunes marocains résidant en Europe ne jurent que par ces musiques : Disco, Funck, Soul, R'nB (Rythm and Blues) : ABBA, les Bee Gees, Boney M, James Brown, George Benson, Steevie Wonder, Mickael Jackson et les Jackson Five, Marvin Gaye, Barry White, Kool and The Gang, Imagination, Shalamar, Diana Ross, Donna Summer......
En Occident de nombreux artistes et rappeurs reprendront avec une nouvelle orchestration les titres les plus connus de ces musiques afro-américaines
La jeune génération d'artistes marocains découvrent, en partie, ces musiques grâce à des morceaux de fusion Raî-RnB
[] DJ Disk Jokey et Musiques électroniques
(à développer)
Cette forme musicale venant d'Occident (avec de grands noms tel que Sinclair, David Guetta ou David Vendetta) commence à gagner le Maroc ; Ces artistes s'expriment en particulier, au moment du Festival de musique actuelle de Casablanca : " Le Boulevard ".
De nos jours, ce nouveau genre musical marocain est surtout représenté sur le plan international par des artistes franco-marocains.
[] le Jeel et les musiques venant du Proche Orient
(à développer)
voir musique égyptienne
[] Musique du Sahara
(à développer)
Rachida Talal et N Charaf
[] les musiques latinas au Maroc
(à développer)
Au Maroc, de nombreux groupes de musique arabo-andalouse collaborent avec des groupes de Flamenco ; les chants peuvent être en Arabe ou en Espagnol.Ces groupes participent en particulier aux Festivals annuels "Andaloussiate" ou ""Casandalouse".
De plus en plus de chanteurs marocains créent des titres sur différentes musiques latinas, en particulier sur des rythmes Flamenco ou de Salsa.
[] Variante marocaine du Raï
La ville d'Oujda du fait de sa proximité géographique avec Oran sera la première ville du Royaume à recevoir le RAÏ des débuts et deviendra le berceau du RAÏ marocain. La diaspora marocaine francophone importera dans le pays les variantes occidentales les plus abouties et les tubes du RAÏ écoutés en Europe. Moustapha Kazzar mieux connu sous le nom de Cheb Amrou est l'un des chanteurs de raï qui a le plus marqué la mémoire des marocains dans les années 90, presque en même temps que cheb Hasni. Abandonnant la musique suite à des problèmes de santé, il laisse un beau répertoire de Raï sentimental derrière lui.
Les artistes marocains confronteront leur art tardivement avec l'Occident et aucun d'entre eux n'aura l'opportunité ou le sens artistique de certains de leurs homologues algériens (ou des gnawa du Maroc) qui ont pleinement compris l'intérêt de la fusion avec les différentes courants musicaux occidentaux. Faute de leader, Le Raî marocain prend un certain retard sur la scène internationale et il faudra attendre Cheb Rayan ou le jeune franco-marocain chanteur Amine pour voir la variante Raî marocain gagner d'autres publics.
L'ouverture des médias français du au soutien des jeunes immigrés d'origine maghrébine diverse en recherche d'une musique à leur image , répandra cette musique en Europe et dans le monde entier avant de reconquérir une population algérienne plus large ; Le Raî des débuts avait été boudé par les médias officiels algériens et une partie de la population (en dehors des jeunes citadins).
Des artistes arabo-musulmans se sont appropriés le RAÏ ou ces variantes nées en Europe et l'ont transformé selon les spécificités culturelles et musicales de leur pays, comme cela se passe pour tous les genres musicaux.
Ces dernières années le Raî s'essouffle et certains chanteurs de Raî essaient de le revitaliser en allant vers le Jeel égyptien actuel, très populaire dans tout le Moyen Orient et qui gagne de plus en plus le Maghreb.
[] Voir aussi
[] Sources
[] Références
[] Liens externes et les différents festivals au Maroc
(à compléter)
- Studio 2M
- Sofia Marikh : sa vie, son ?uvre
- Histoire de la musique andalouse et de sa branche marocaine
- Musiques du Maghreb et de la Libye - La Médiathèque de la Communauté française de Belgique
- Musique andalouse des Femmes de Tétouan
- Compagnie Nawal
- site du festival le Boulevard
- Musique marocaine
- site du festival d'Essaouira
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La source est wikipedia http://fr.wikipedia.org/wiki/ Musique marocaine
Revue de presse Musique_marocaine
