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Le Moyen Âge est une époque ou période historique occidentale située entre l’Antiquité et la Renaissance, ou encore les Temps modernes. Elle s’étend sur une période de près de mille ans que les historiens ont divisée en plusieurs parties.
DéfinitionLe terme « Moyen Âge » fut pour la première fois utilisé par les humanistes. En 1469, l'expression figure en latin - media tempestas - dans la correspondance de Giovanni Andrea dei Bussi (Johannes Andrea Bussi (de Buxis))1, évêque d'Aléria, premier bibliothécaire du Vatican et secrétaire du cardinal Nicolas de Cues. Flavio Biondo de Forlì le mentionne de même dans son ouvrage publié à Venise en 1483 Historiarum ab inclinatione Romanorum Imperii decades2 (« Décades historiques depuis le déclin de l’Empire romain »). Au XVIIe siècle, Christoph Keller, philologue allemand mieux connu sous le nom latinisé de Cellarius, reprend l'expression de « grand Âge » pour sa chronologie tripartite de l'histoire afin de marquer l'époque s'écoulant du IVe au XVe siècles3. Le Moyen Âge est ainsi défini par opposition à la Renaissance qui l'aurait suivi. Le terme est pris en mauvaise part et traduit le mépris affiché des savants pour une époque jugée « obscure » ou « gothique ». Il faut attendre le XVIIIe siècle et les écrits d'Herder, de Joseph de Maistre ou d'Edmund Burke pour que la période reçoive un traitement historiographique plus généreux4. En français, l'adjectif correspondant à « Moyen Âge » est « médiéval ». « Moyenâgeux », vieilli, est quant à lui généralement affublé d'une connotation péjorative (« une ambiance médiévale », « une ambiance moyenâgeuse »). L'histoire du Moyen Âge, en tant que discipline, se nomme aussi « Histoire médiévale ». Un historien qui étudie le Moyen Âge est appelé « médiéviste ». Cependant, l'expression « Moyen Âge » ne veut rien dire en tant que telle. Elle vient de l'expression latine medium ævum qui signifie « âge intermédiaire » ou « âge moyen » d'un homme. Ainsi, « moyen âge » représente un âge intermédiaire entre différentes époques, différents courants artistiques. L'historiographie contemporaine a plutôt tendance à considérer la Renaissance comme une période de transition entre époque médiévale et époque moderne, aux limites chronologiques assez floues (plus ou moins entre 1420 à 1630). On peut donc parler à bon droit d'une période médiévale de la Renaissance. Chronologie du Moyen ÂgeArticle détaillé : Chronologie du Moyen Âge.
Les limites exactes du Moyen Âge ainsi que le découpage en différentes périodes sont discutées et font encore l'objet de débats entre historiens. En effet, un événement unique ne peut jouer qu'un rôle symbolique dans un changement d'époque, qui en fait est un processus. Le début du Moyen Âge est généralement situé vers 500 ; plusieurs dates symboliques ont été proposées par les historiens :
La fin du Moyen Âge est généralement située vers 1500 ; plusieurs dates symboliques ont été proposées par les historiens :
Plus généralement, les grandes découvertes marquent le début de ce qu'on peut déjà appeler la mondialisation (accroissement des échanges entre différents pays distants, permis par de nouvelles inventions et découvertes). Occident et Orient médiévalDéfinition de l'Occident médiévalLe mot Occident désigne à la fois un territoire et une civilisation au Moyen Âge. L'Occident est l'endroit où le soleil se couche (le Couchant, ou le Ponant) à l'opposé de l'Orient (le Levant). Le territoire de l'Occident couvre l'ouest de l'Europe (le terme Europe est très peu employé avant la Renaissance), sans recouper exactement les limites de l'Empire romain d'Occident. Dans l'acception de la plupart des auteurs et des contributeurs qui emploient ce terme, l'Occident est le domaine du christianisme romain dont la langue est le latin, fidèle au pape de Rome : il s'oppose aux territoires des païens, des "schismatiques" et des musulmans et il correspond à l'aire de diffusion du christianisme catholique (et ultérieurement protestant) en pays latin, celte ou germanique. Cela n'est pas toujours explicitement défini et les limites orientales de cet ensemble sont floues et mouvantes au cours de la période : tantôt elles incluent, tantôt elles excluent l'Europe centrale6. Après le Schisme de 1054 en effet, l'Occident exclut l'Empire byzantin, resté orthodoxe, fidèle aux quatre autres patriarches (Constantinople, Antioche, Jérusalem et Alexandrie). Cette dichotomie religieuse et culturelle correspond aux deux anciennes moitiés de l'Empire romain issues du partage de 395 : l'Occident (de culture surtout latine, mais aussi celtique et germanique) et l'Orient (de culture surtout grecque, mais aussi slave, arménienne ou araméenne). La rupture avec Byzance est consommée en 1204, lorsque Constantinople est prise par les croisés de la quatrième croisade. Cet épisode laissera des blessures profondes. Le primat unificateur de la culture ne doit pas faire oublier les divisions politiques et linguistiques qui émergent dès l'époque carolingienne. L'apparition des langues vulgaires et plus tard du protestantisme remet en question la prétendue unité occidentale. L'Occident chrétien est donc au Moyen Âge synonyme de chrétienté latine et s'étend de façon remarquable grâce à l'action des missionnaires et des croisés, avant de conquérir des mondes nouveaux, avec les grandes découvertes du XVIe siècle. Le système social constitue une pyramide, au pied de laquelle se trouvent les paysans qui représentent 90% de la population et au sommet le roi. On distingue deux branches : la féodalité et le clergé. Sur ces branches, le prince et l'évêque sont au même rang. Dessous se trouvent les nobles, la petite noblesse et les propriétaires terriens. Définition de l'Orient médiéval
Hippocrate: fresque byzantine du XIVème siècle.
Le mot orient désigne l'est de l'Europe : dans l'acception de la plupart des auteurs et des contributeurs qui emploient ce terme, il correspond à l'aire de diffusion du christianisme orthodoxe en pays grec, dans les Balkans ou en pays slave. Mais là encore les limites occidentales de cet ensemble sont floues et les pays baltes, la Hongrie, les pays slaves de tradition catholique (Pologne, Bohême, Slovaquie, Slovénie, Croatie) sont tantôt inclus, tantôt exclus de l'"Orient". L'Orient de l'Europe médiévale ne se définit pas principalement par la religion, mais plutôt par l'exclusion de la notion d'Occident chrétien. Après Cyrille et Méthode et une fois la christianisation des peuples slaves achevée IXe siècle, il n'y aura dans l'Europe orientale médiévale ni missionnaires, ni croisades, ni inquisition, et les églises orthodoxes, multiples, vont se trouver en position de subordination face aux pouvoirs politiques des tzars, des voïvodes, des hospodars chrétiens, voire des sultans musulmans de l'Empire ottoman. Toutefois, en pratique, l'Europe orientale médiévale correspond en gros aux peuples dont la référence spirituelle est le Patriarcat de Constantinople, de tradition orthodoxe ou initialement orthodoxe (mais pour certains, tels les Bosniaques, la majorité des Albanais ou les pomaques, devenus musulmans)7. Dans le système social de l'Orient médiéval, la féodalité et le clergé ne sont pas à égalité : ce dernier est en position subordonnée. C'est le « césaropapisme8,9,10 ». L'église orthodoxe ne perçoit pas d'impôts : de nombreux popes sont pauvres et travaillent. Mais les aristocrates peuvent lui faire des dons, et les princes lui offrir des domaines : certains monastères s'enrichissent et deviennent des centres culturels et artistiques importants. Par ailleurs l'aristocratie n'est ni étanche ni endogame : les voïvodes et grands boyards ont le pouvoir d'anoblir des roturiers et de les élever socialement, de sorte que l'Église n'est pas le seul ascenseur social ouvert aux roturiers, et si elle l'est, c'est aussi par décision des pouvoirs séculiers. Religion catholiqueLe christianisme est au cœur de l'histoire médiévale : il modèle la pensée de la période, principalement en raison de son universalisme et à cause de la montée en puissance, en Occident, de l'Église catholique organisée autour de la papauté de Rome. Les frontières de l'Occident médiéval qui échappe à toute unité politique, se confondent aussi avec celles de l'Église catholique. Organisation de l'Église catholiqueDevenu religion d'État dans l'Empire romain pendant l'Antiquité tardive (l'édit de Milan, en 313, accorde aux chrétiens la liberté de culte ; en 381, le christianisme devient religion d'État), le christianisme, en effet, se diffuse au haut Moyen Âge à partir de plusieurs foyers : l'Irlande, les royaumes francs, les royaumes anglo-saxons et Rome. La dilatation de la chrétienté s'accompagne de la mise en place de la hiérarchie ecclésiastique — l'Église en venant à désigner cette dernière — et la papauté, qui se hisse à la tête de celle-ci, devient un des principaux pouvoirs en Occident : l'évêque de Rome, dont l'autorité spirituelle s'appuie sur la primauté du siège de l'apôtre Pierre, devient le souverain pontife. Cette évolution est lente (Ve – XIIIe siècle) et se heurte à de nombreux obstacles :
Bientôt, l'église romaine doit s'imposer face à Byzance, notamment pendant la crise iconoclaste (726 – 843). Au XIe siècle, la rupture avec le christianisme oriental est consommée, mettant fin à l'unité de l'église. Presqu'aussi importante est la question de l'adoption d'une liturgie unique : les Églises nationales possèdent leurs propres traditions qui ne se fondent que progressivement : la liturgie irlandaise, qui fixe la fête de Pâques à une date différente, l'emporte dans les îles britanniques jusqu'au synode de Whitby (664). En développant la mission chrétienne (à partir de 610) et en tissant des relations privilégiées avec les souverains « barbares » (notamment, en s'appuyant sur les rois anglo-saxons et sur l'expansion des Francs en Germanie), Rome parvient partout à unifier les traditions de l'Église et dans le même temps, à affirmer son rôle à la tête de celle-ci, sauf chez les slaves orientaux qui demeurent dans la sphère d'influence byzantine.
Christianisation de l'Europe occidentale
Le baptême de Clovis, par Le Maître de Saint-Gilles, peinture sur bois, vers 1500. Cette cérémonie scelle l'alliance de l'Église de Gaule avec le pouvoir franc.
Cathares expulsés de Carcassonne en 1209. Le catharisme était une hérésie combattue par l'Église catholique au XIIIe siècle.
L'essor de l'Église ne peut être dissocié de l'effort de christianisation de la société et des consciences : cette dernière demeure un combat constant durant tout le Moyen Âge. Selon le modèle des apôtres dans les Évangiles, l'Église conçue comme l'assemblée des fidèles unis dans la foi doit se répandre « jusqu'aux confins de la terre ». Pour cela, elle peut s'appuyer sur le soutien de ses membres influents — comme en Germanie, où elle accompagne le conquérant franc — mais surtout, elle doit reposer en principe sur un acte d'adhésion volontaire : en cela, elle ne peut compter que sur les effets de la prédication. Saint Augustin justifie cependant l'usage légal de la violence pour contraindre les hérétiques et les schismatiques à revenir au sein de l'Église, interprétant notamment l'ordre du Christ, « Force-les à entrer! » (Luc, XIV, 23) comme un appel à la conversion forcée 11. Le prosélytisme qui accompagne l'expansion du christianisme durant le haut Moyen Âge ne se résume « ni à une évangélisation pacifique ni à un brutal rapport de forces » (B. Dumézil, 2007 11): si les persécutions massives sont rares, certains cas de persécution des Juifs étant cependant recensés, de même que plusieurs conversions de force, l'Église s'appuie largement sur les propriétaires fonciers (le possessor) pour encourager la conversion de ses serfs ou esclaves au christianisme, à travers des contraintes économiques (un tel baissant le loyer des terres des paysans chrétiens, l'autre congédiant les paysans païens de son domaine, ou un autre proposant l'affranchissement à ses 250 esclaves à condition qu'ils acceptent le baptême11).
Durant le haut Moyen Âge, les missions chrétiennes de prédicateurs isolés, appuyés par Rome lorsqu'elle le peut, repoussent avec succès les limites politiques de la chrétienté en amenant à la conversion des rois barbares et en s'appuyant sur l'influence des rois chrétiens — comme les rois francs, dont l'adhésion au christianisme remonte à Clovis (496 ou 498) — mais leur préoccupation dernière, qui est de faire entendre le message du Christ aux peuples des derniers, demeure un objectif des plus difficiles à quantifier. Elles sont le plus souvent l'œuvre de moines, comme saint Colomban en Gaule, saint Augustin de Canterbury dans le Kent ou saint Boniface en Frise. À cette fin, l'Église se heurte également à des résistances à l'intérieur même de la chrétienté, où le clergé séculier est à la tête de l'encadrement des fidèles, surtout dans les campagnes : symptomatique, le mot « païen » — paganus, celui qui habite la campagne — désigne celui qui pratique l'ancienne religion polythéiste avant de désigner tout ce qui n'est pas chrétien. Le respect de la morale chrétienne, en particulier, fait l'objet d'injonctions des conciles, des synodes mérovingiens, puis carolingiens. Ces derniers ne cessent de rappeler les interdits, notamment l'esclavage, de condamner les coutumes païennes et de tenter de limiter la violence privée.
Pendant la période féodale, les synodes s'attachent à lutter contre les violences seigneuriales (Paix de Dieu, Trêve de Dieu), la vente des sacrements et des fonctions ecclésiastiques (simonie), les clercs indignes (nicolaïsme), et enfin contre les hérésies. Ces dernières se développent sporadiquement (autour de l'an Mil) et, très rarement, s'installent durablement comme en Languedoc, avec le catharisme ou en Bohême, avec Jean Hus (1369 – 1415), etc. À partir du XIIIe siècle, la papauté peut s'appuyer pour cette tâche sur les ordres mendiants, franciscains et surtout, dominicains. Mais la tentation du recours à la force est grande et la violence caractérise souvent, en dernier recours, le combat pour l'unité de l'Église, qu'implique sa première définition : elle marque la « christianisation » forcée de la Saxe par Charlemagne (seconde moitié du VIIIe siècle), donne lieu à la croisade des Albigeois, à la naissance du tribunal de l'Inquisition sous le pape Grégoire IX (1227 – 1241), aux guerres hussites, etc. Manifestations de la foi catholique
Ange reliquaire du XVe siècle, France.
Les fidèles manifestent leur foi de façon ostensible et la religion est omniprésente : des milliers de personnes répondent aux appels à la croisade ou se lancent sur les chemins de pèlerinage. Des sommes considérables sont engagées pour ériger des églises par dizaines. On vient toucher les reliques et on les sort pendant les processions. La frontière entre le sacré et le profane est toujours ténue : la peur de l'enfer et du diable motive bien des comportements. Le Moyen Âge est aussi l'époque de l'épanouissement de la mystique chrétienne. Importance de l'Église catholiqueL'Église catholique perçoit des impôts tels que la dîme dans le royaume de France. Elle reçoit des dons en terres, en meubles ou en argent de la part des puissants qui attendent en retour son aide spirituelle (prières) et politique. Les grandes abbayes disposent de biens fonciers parfois très étendus sur lesquels elles prélèvent des redevances et imposent des tonlieux. Dans le Saint-Empire romain germanique, les évêques deviennent de véritables seigneurs à la tête de riches principautés. Le clergé se fait obéir et respecter des fidèles. Il distribue les sacrements nécessaires au salut de l'âme. Le curé qui baptise les enfants, marie les couples, bénit les moissons et entend les confessions est un personnage incontournable de la vie quotidienne. L'église et le cimetière sont au cœur du village et sont des lieux d'asile et de réunion. Les cloches rythment le temps et le calendrier célèbre les temps forts de la vie de Jésus. Le clergé exerce des fonctions sociales telles que la charité, l'éducation (écoles monastiques puis épiscopales), les soins (hôtel-Dieu, hospice). Peu d'études ont été faites sur le statut de la femme au Moyen Âge en France. L'image de la femme confinée à la sphère domestique et à l'éducation des enfants relève plus d'une idée préconçue qu'une réalité vraiment connue ou étudiée sérieusement. Ce que nous savons des femmes vient de celles qui ont exercé un artisanat ou travaillé en collaboration avec leur homme. Des lettres de famille font un rapport des mariages qui étaient des partenariats affectueux. Selon l'historienne Régine Pernoud, il semble important de sortir des caricatures qui caractériseraient la condition des femmes au Moyen Âge comme la pire. En effet, il s'avère, par exemple, qu'elles possédaient le "droit de vote" (dans les assemblées). Leur domaine s'est peu à peu confiné et réduit à la sphère domestique avec l'avènement de la culture classique antique. Auparavant, elles avaient un réel rôle social et une vie professionnelle. N'oublions pas que les reines aussi étaient couronnées par l'archevêque de Reims et qu'elles avaient leur autorité reconnue dans la sphère politique. Marie de Médicis fut la dernière reine couronnée. C'est plus tard que les reines seront complètement exclues de la sphère politique, à l'époque classique. Rappelons nous que les femmes n'ont pas toujours été écartées du trône au Moyen Âge. La première disposition en ce sens est faite par Philippe le Bel. Progressivement, les religieuses aussi se sont vues cloîtrées, mais cela n'a pas toujours été le cas au Moyen Âge. Certains abbesses avaient au Moyen Âge autant de pouvoir que certains seigneurs. Le rôle des femmes semble diminuer avec la montée de l'influence du droit romain qui ne leur est pas favorable et cette tendance se poursuivra avec la Renaissance. L'étude des actes notariés est une grande source pour comprendre et décrypter le statut des femmes; ceux-ci montrent qu'elles ont possédé une plus grande autonomie qu'on ne l'imagine. Ainsi le statut de la femme autant dans la société civile qu'ecclésiastique semble se modifier au XIIIe siècle. C'est seulement au XVIe siècle qu'un arrêt du Parlement de 1593 écarte explicitement les femmes de toute fonction de l'État. voir thèmes connexes aussi, mais on distingue les suivants : l'Amour courtois - les nonnes - les veuves - le mariage - la maternité - le travail - l'érudition. Un aspect majeur de la religion au Moyen Âge est son rôle dans les arts et la culture : dès l'Antiquité tardive, en effet, la culture latine classique se réfugie dans les monastères, où l'on continue à enseigner le trivium et le quadrivium. Face à l'illettrisme du peuple et des aristocrates barbares, ces derniers et, plus largement, l'Église, demeurent le cadre par excellence où survit l'Écrit : les lettrés, théologiens, hagiographes et chroniqueurs qui témoignent de leur temps, sont des moines ou des évêques. Certaines idées héritées de la Rome antique, comme celle de l'État, qui disparaît au VIIe siècle, y sont conservées et pénétrées par le christianisme. À travers la renaissance carolingienne, portée par Alcuin, la réforme clunisienne, la réforme grégorienne, puis avec la création des ordres mendiants et l'essor des Universités, au XIIIe siècle, les renouveaux culturels et spirituels émanent des gens de religion. L'art roman qui se diffuse avec Cluny et l'art gothique, qui naît à Saint-Denis avant de gagner l'Europe entière sont des arts religieux. Il faut en fait attendre la fin du Moyen Âge (XIVe – XVe siècle) pour qu'une culture profane se développe à nouveau en France, dans l'entourage royal des légistes et en raison des démêlés du roi avec la papauté. Enfin, en toute logique dans ce contexte, les textes à partir desquels se forme l'idéologie — en particulier de la société et du pouvoir — au Moyen Âge sont les sources chrétiennes : l'Ancien Testament donne son cadre à la royauté médiévale (Charlemagne est comparé au roi David), les œuvres des Pères de l'Église (notamment, saint Jérôme et, surtout, saint Augustin avec La cité de Dieu) encadrent les rapports sociaux et enfin, le Nouveau Testament, dont les Évangiles fournissent à la fois l'exemple de vie apostolique qui anime les ordres mendiants et le terreau de l'humanisme à travers l'Incarnation, se trouve à l'origine du renouveau idéologique qui marque la fin de la période. Aussi, dans une large mesure, la religion chrétienne inspire et modèle la société médiévale en lui fournissant à la fois sa hiérarchie (au sommet de laquelle se trouve le roi, intermédiaire avec le Christ qui règne sur la hiérarchie céleste) et la première de ses institutions : l'Église, qui supplée à la disparition de l'État. Royauté médiévale en OccidentL'Occident médiéval est gouverné par des souverains, mais qui n'ont pas tous les pouvoirs. La royauté est contractuelle et non absolue. La monarchie est le régime politique le plus répandu en Europe, même si certaines républiques apparaissent (République de Venise). Le roi doit tenir compte d'autres acteurs politiques tels que les princes, les seigneurs et l'Église. Au Moyen Âge classique, mais plus sûrement à la fin du Moyen Âge, les rois d'Europe occidentale (Angleterre, France, Espagne) tentent d'unifier leurs états en s'appuyant sur la féodalité et la légitimité définie par les juristes : les historiens parlent de monarchies féodales et de l'émergence des états nationaux. À l'époque de la disparition du dernier empereur d'Occident (Ve siècle), les rois barbares ont implanté une nouvelle forme de pouvoir, jetant les bases de la royauté médiévale. Si l'élection reste en vigueur de manière théorique, le pouvoir royal se transmet dans les faits au sein d'une même famille d'ascendance noble ou sainte qui forme une dynastie. Le roi du Moyen Âge prend sous sa protection son peuple : pendant le haut Moyen Âge et encore au Moyen Âge classique, les sources écrites évoquent le roi des Francs (rex francorum), par exemple. Quelques-uns de ces rois sont sacrés (le roi des Wisigoths, le roi d'Angleterre, le roi des Francs à partir de 752), ce qui les place au-dessus des autres seigneurs ; tous sont couronnés et portent des insignes (regalia) symbolisant leur autorité et leur mission. Et surtout, le souverain médiéval gouverne en étroite collaboration avec le clergé chrétien. Dans les États pontificaux, le pape renforce sa puissance et devient un véritable monarque au XIIIe siècle ; il lui arrive même de s'opposer violemment aux empereurs (Querelle des Investitures avec l'empereur germanique) et d'utiliser l'arme de l'excommunication. Enfin, l'empereur est un souverain particulier : il entend exercer un pouvoir universel, du moins en théorie, et protéger l'Église. Il se réclame de l'héritage romain (Charlemagne, Otton Ier) et se trouve le seul à recevoir sa couronne des mains du pape. VassalitéArticle détaillé : Vassalité.
La vassalité existait déjà pendant le haut Moyen Âge. Le système évolue en relations féodo-vassaliques au cours du XIe siècle. La cérémonie suit des règles très précises. Le vassal avance devant son futur seigneur la tête nue en signe de respect. Il s'agenouille, devant lui, pour lui exprimer son humilité, les mains jointes. Le seigneur les prend entre les siennes et le relève. Le jeune vassal reçoit un fief (le plus souvent une terre qui appartient au seigneur ou un droit de prélever des taxes sur un pont par exemple) et, en échange, il jure sur les saintes Écritures, ou sur une relique, sa fidélité au seigneur. FéodalitéArticle détaillé : Féodalité.
La période de la féodalité couvre du IXe au XIIIe siècle. C'est une organisation hiérarchique de la noblesse liant les membres entre eux. Le régime féodal est fait pour se protéger des envahisseurs, des guerres. Chaque seigneur s'engageait envers un seigneur plus puissant : il devenait son vassal. Le pouvoir d'un seigneur se mesurait au nombre de ses vassaux. Chaque vassal, en échange de leur loyauté, recevait un fief, un territoire. Tous les seigneurs ont des vassaux mais tous les vassaux ne sont pas des seigneurs. Vie des chevaliersArticle détaillé : Chevalerie.
Civilisation médiévaleL'histoire de la civilisation rurale et de la culture matérielle du Moyen Âge a été rénovée par Jean-Marie Pesez, à l'EHESS, Michel de Boüard à l'université de Caen, à partir des années 1960, puis Gabrielle Démians d'Archimbaud à l'université d'Aix-en-Provence. Les fouilles du castrum d'Andonne ont permis de mieux connaitre la vie dans un château vers l'an mille. Essor urbainArticle détaillé : Ville au Moyen Âge.
Foire et courants commerciaux
Éducation et cultureArticles détaillés : Éducation au Moyen Âge, Philosophie médiévale, Science du Moyen Âge, Renouveau de l'occident médiéval de l'an mil et âge d'or de l'Occident médiéval.
Pendant le haut Moyen Âge et le Moyen Âge central
Pendant le bas Moyen Âge (à partir du XIIe siècle)
Carte de l'Europe au XIIIe siècle. Le "Saint Empire romain germanique" n'est pas un état unitaire mais un ensemble complexe de royaumes, duchés, principautés (dont certaines ecclésiastiques) et villes-républiques, l'empereur étant élu parmi les souverains par les électeurs palatins.
ArtsArticles détaillés : Architecture chrétienne du Moyen Âge et Mobilier médiéval.
L'art médiéval est essentiellement un art religieux . En architecture, aux églises romanes de la période rurale, succèdent, dans la phase d'essor urbain, les grands chantiers des cathédrales gothiques. Les sculptures sont déjà présentes dans la période dite romane, avec des thèmes souvent inspirés de l'Ancien Testament. Les thèmes se diversifient, et la statuaire devient un art à part entière dans la période dite gothique (cathédrale de Reims). Le vitrail apparaît dans les cathédrales gothiques.
Maison médiévale à Rouen, représentative de l'architecture médiévale normande.
Production artistique de l'Occident s'étendant depuis la fin du Xe siècle jusqu'à la seconde moitié du XIIe siècle, l'art roman s'est développé principalement en Occident après la dissolution de l'Empire carolingien. L'art roman est un assemblage d'idées nouvelles, toujours sur un même thème: la société de l'époque étant profondément religieuse, il est certain que la religion va transparaître à travers l'art. On sent toutefois une influence directe de l'art carolingien, qui a précédé la période romane, que ce soit par l'édification des bâtiments ou par l'ornementation des manuscrits. Du côté de la peinture ornementale, cette forme d'art est tellement importante qu'on ouvre des écoles pour former les peintres. L'art roman s'est propagé à toute l'Europe en quelques décennies et se base généralement sur les courants précédents mais en étant toutefois dominé par les croyances religieuses de l'époque…
La peinture gothique existe sous forme de miniatures et de retables, tableaux religieux sur bois de plusieurs pièces, qui viennent pallier l'absence de fresques sur les pierres nues des cathédrales. La Vierge et le Christ jouent un rôle important dans ces retables. Dans les livres, c'est la vie des nobles qui est présente (chasse, vie courtoise, banquets…). La couleur, la lumière et la perspective sont caractéristiques. Les visages sont délicats, les corps allongés, les extrémités petites, les doigts longs et fins. Les femmes sont représentées avec une taille haute et fine, mais un ventre rond. En effet, il est à la mode de porter un coussin sur l'abdomen. Redécouverte d'auteurs antiquesSi l'on met à part le monde byzantin, les enseignements philosophiques et scientifiques du début du Moyen Âge n'ont été basés que sur de rares copies et commentaires d'anciens textes grecs survivant en Europe de l’Ouest après la chute de l'Empire romain de l'Ouest. Une large partie de l’Europe occidentale avait alors perdu le contact avec les connaissances du passé. La conquête de l'Espagne par les Berbères musulmans au VIIIe siècle et celle de l'Anatolie par les Turcs au XIe siècle mettent en contact la culture européenne et la culture islamique. L'Espagne et l'Empire byzantin étaient des conservatoires de la culture antique : les bibliothèques sévillane, ravennoise et constantinopolitaine en étaient alors les centres culturels les plus brillants sous l'impulsion respectivement de Léandre et d'Isidore, de Boèce et de Cassiodore, d'Étienne de Byzance. Ces conquêtes provoquent l'effondrement à terme des très cultivés royaume wisigoth et Empire byzantin, havres de paix depuis la fin du VIe siècle, où étaient recopiés et commentés les grands écrivains chrétiens du IVe au VIe siècle, en particulier Augustin (354-430), Cassiodore (485-580), Grégoire le Grand (540- pape 590-604) mais aussi des pères latins plus anciens : Tertullien (155-222), Cyprien de Carthage (200-258), Hilaire de Poitiers (315-367), Ambroise (340-397). L'effondrement de leur royaume explique largement l'afflux de grands esprits wisigoths comme Théodulf ou Benoît d'Aniane à la cour de Pépin le Bref ou de Charlemagne. De la même manière les invasions Vikings font venir des érudits irlandais et northombriens. La renaissance carolingienne et la création d'un nouvel Empire romain (le "Saint-Empire romain germanique") découlent logiquement de cet afflux de connaissances vers les nouveaux espaces de stabilité d'un Occident secoué par les grandes invasions, mais désireux d'imiter Rome et d'égaler Byzance. Sous le règne de Charlemagne, poussée par le développement intense du monachisme (voir: Benoît d'Aniane) et l'adoption d'une écriture unique et facile à déchiffrer (la caroline, la culture se répand en Occident. Article détaillé : Renaissance carolingienne.
Cette renaissance ne perdurera que le temps de l'empire carolingien qui se dissoudra en de multiples principautés féodales. Mais à partir du milieu du Xe siècle, de grands États se structurent en Europe soutenus par de puissants ordres religieux (en particulier l'ordre de Cluny). Les anciens États de la marche d'Espagne en contact direct du monde musulman, accueillent de nombreux juifs et mozarabes andalous fuyant les persécutions d'Al-Mansur. Les monastères dont les bibliothèques conservaient déjà le savoir du royaume wisigoth, s'enrichissent encore. Les réseaux monastiques qui relient toute l'Europe sur les chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle vont diffuser ce savoir. C'est surtout par l'Espagne que la culture arabe pénètre en Occident et essentiellement par la Catalogne12. Articles détaillés : Renaissance carolingienne et Renaissance ottonienne.
Contrairement à une idée souvent répandue, on lit beaucoup d'auteurs antiques au Moyen Âge. Cela se passe dans les scriptoria des monastères, qui reproduisent les livres des auteurs latins en écriture caroline, sur des manuscrits enluminés, puis dans les écoles urbaines (à partir du XIIe siècle) et les universités (à partir du XIIIe siècle). D'après les manuscrits dont on connaît aujourd'hui l'existence - ce qui ne préjuge pas de celle d'autres ouvrages - on peut affirmer qu'à l'époque carolingienne, on connaît Platon. À l'époque ottonienne (920-1000), on trouve l’Art d'aimer d'Ovide, l’Aratea de Cicéron, Tite-Live, Salluste, Térence, Plaute, Catulle. On assiste à un renouveau des études sur Aristote (Abbon de Fleury, ...). Gerbert d'Aurillac (Sylvestre II, pape de l'an mil) avait une culture exceptionnelle, et connaissait notamment Stace, Juvénal, Perse, Ovide, Salluste, César, Sénèque, Pline l'Ancien, Cicéron, saint Augustin et a largement contribué à réintroduire les mathématiques en Occident. De 1060 à 1200, le mouvement se poursuit, avec la présence d'œuvres de Cicéron (œuvres philosophiques et morales), Suétone, Sénèque, mais aussi des poètes Virgile, Lucain, Stace, Juvénal, Perse, Martial, Ovide. Il s'agit surtout d'auteurs latins, en grande partie en raison des relations avec Byzance qui sont très distendues. Article détaillé : XIIe siècle : l'âge d'or de l'occident médiéval.
Art du manuscritL'art des manuscrits s'est aussi développé durant le Moyen Âge avec des enluminures et des miniatures en marge des textes sacrés ou liturgiques. A partir du XIIIe siècle, la diffusion des techniques de fabrication du papier depuis Al-Andalus facilitera les travaux des copistes et l'essor des universités. LittératureArticles détaillés : Littérature médiévale et Littérature française du Moyen Âge.
La littérature du Moyen Âge faisait un usage très fréquent de l'allégorie. Le premier auteur à avoir employé l'écriture allégorique fut Prudence au IVe siècle. Il eut une influence en littérature pendant tout le Moyen Âge. Le genre de l'amour courtois se développa dès le XIe siècle. D'autres genres eurent une grande popularité (chansons de geste, littérature de voyage, …). MusiqueArticle détaillé : Musique médiévale.
La musique du Moyen Âge est à la fois profane et sacrée. FolkloreÀ côté de la philosophie et de la religion, la tradition populaire véhicula aussi une culture éminemment riche de récits, de croyances, de coutumes, de mœurs, de légendes, de contes, de musiques, de danses, de jeux, d'habitude de vie… Dont la compréhension est parfois difficilement appréciable à l’heure actuelle. Citons, à titre d’exemple, la faune fantastique qui parcourait les croyances médiévales, telle que le dragon ou la sirène. Sports et jeuxLa plupart des sports étaient violents, le sport ayant valeur d'école de combat pour les jeunes nobles. On attendait ainsi des garçons de la noblesse qu'ils puissent tirer à l'arc, monter à cheval. Les sports préférés des nobles étaient les chasses et tournois. Le peuple pratiquait des combats de coqs et des traques d'ours. On aimait aussi les jeux d'équipe. En telle circonstance, un village entier pouvait parfois participer (comme la soule). Il y avait des règles et des arbitres, et certains jeux ressemblaient souvent à une émeute. On finit d'ailleurs par les interdire légalement.
Progrès techniques
GuerreArticles détaillés : Architecture militaire au Moyen Âge et Armement médiéval.
Échanges avec les civilisations islamique et byzantinePremiers contacts
La Grande mosquée de Kairouan est l'une des grandes réalisations architecturales de la civilisation islamique, elle date principalement du IXe siècle, Tunisie.
À l'époque de Charlemagne eurent lieu les premiers contacts avec les peuples de confession musulmane : essentiellement par les guerres dans les marches d'Espagne. À partir des premières décennies du IXe siècle, et jusque dans le courant du Xe siècle, l'empire carolingien fut attaqué et envahi de trois côtés : Lorsque les abbayes furent pillées, ce le fut par les Vikings. Cependant, les hommes de l'époque de Charlemagne ne faisaient pas la différence entre les Sarrasins (qui provenaient de la civilisation musulmane alors en pleine expansion), et les autres peuples envahisseurs. Tous étaient considérés comme « païens » (plutôt péjoratif), ou même « infidèles ». À partir de la fondation de Cluny (909 ou 910) et jusqu'en 950 environ, la situation se rétablit dans les monastères où la vie monastique se restructura progressivement grâce à la Règle de saint Benoît remise à jour par Benoît d'Aniane. Essor catalanAl-Andalus qui fut un havre de tolérance et de culture se transforme avec l'avènement d'Al-Mansur. Le nouveau vizir de Cordoue brille en effet par sa violence et son intolérance religieuse13. De nombreux juifs et mozarabes fuient l'Al-Andalus vers les États de la marche d'Espagne. Un afflux de connaissances scientifiques et techniques arrive en Catalogne dont les monastères renferment encore des œuvres antiques conservées depuis le royaume wisigoth. En 985, Al-Mansur, le vizir de Cordoue, situé au sud de l'Espagne, attaque et pille Barcelone, emmenant avec lui de nombreux esclaves14. Le comte Borell II demande de l'aide à son suzerain Hugues Capet. Ce dernier ne daignant pas lui répondre, le comte prend une indépendance de fait. Paradoxalement, cet événement marque le début d'une phase de développement de la Catalogne qui entraîne les autres États de la Marche d'Espagne. Le comte réorganise la défense du pays mais doit traiter dans un premier temps avec Al-Mansur: de nombreux Catalans s'enrôlent comme mercenaires du vizir. Revenus en Catalogne, ils utilisent les techniques agricoles connues dans le califat de Cordoue (les habitants d'Al-Andalus étaient des paysans utilisant des techniques particulièrement développées) et réinjectent leur solde dans l'économie. Ils construisent des moulins, irriguent la terre. Les échanges commerciaux avec le califat et le monde méditerranéen augmentent rapidement. Il en résulte une poussée démographique et technique dès la fin du Xe siècle. La poussée monastique et le développement du pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle, va permettre la transmission de cette poussée technique aux autres États de la marche espagnole, puis au reste de l'Europe, avant le début des croisades. C'est surtout par l'Espagne que la culture arabe pénètre en Occident et essentiellement par la Catalogne12. An mil : Gerbert d'AurillacOn a vu que Gerbert d'Aurillac, futur Sylvestre II (pape de l'an mille) avait une culture exceptionnelle pour son époque. Il était non seulement mathématicien, mais avait une grande connaissance des auteurs antiques. Gerbert d'Aurillac tenait cette connaissance en grande partie des contacts qu'il eut en Espagne, en Catalogne. Il apprit ainsi l'existence des travaux de grands savants musulmans (Al-Khuwarizmi…). Gerbert d'Aurillac fut le premier à introduire les œuvres d'Aristote en Occident. Comme écolâtre de Reims, il réintroduisit les arts libéraux, et particulièrement le quadrivium, qui n'était presque plus enseigné dans les monastères. Contacts par les croisadesArticle détaillé : Croisade.
L'expansion musulmane conduisit les Arabes à conquérir Jérusalem. Les Lieux saints du christianisme, qui faisaient partie de longue date de l'espace chrétien (l'Empire romain d'Orient à partir de Théodose Ier, puis l'Empire byzantin), ne sont alors plus accessibles facilement aux pélerins occidentaux. Quelque temps après l'invasion, les pélerins peuvent encore accéder à la ville sainte, puis vient une époque où cet accès est interdit. Les autorités religieuses débattent de l'attitude à adopter, et finalement, pour des raisons que l'on ne connaît pas bien, le pape Urbain II, lors du concile tenu à Clermont-Ferrand en novembre 1095 lance un appel à la "croisade" en Terre sainte pour combattre les infidèles. La première croisade se déroule de 1095 à 1099. Jérusalem est prise par les croisés en 1099 dans des conditions atroces. Une deuxième croisade a lieu de 1147 à 1149, à l'instigation de Bernard de Clairvaux qui prêche à Vézelay. Il faut noter l'attitude de tolérance de François d'Assise, qui intervient pacifiquement lors d'un conflit entre les croisés et les musulmans. Ces premiers contacts ont commencé à faire prendre conscience de l'existence de la science musulmane. On commença d'utiliser les connaissances musulmanes en médecine pour soigner les blessés. Découverte des sciences musulmanes - (XIe-XIIe siècles)Articles détaillés : Sciences et techniques islamiques, Civilisation islamique en al-Andalus et Astronomie arabe.
Progressivement, le champ d'intérêt ira croissant. L'Occident va découvrir la philosophie et la science musulmane. Les auteurs grecs viendront dans une deuxième phase avec Aristote et d'autres auteurs. Ces échanges se font aux points de contacts entre les deux civilisations : Égypte, Syrie, Espagne (Andalousie), Sicile. Les savants musulmans les plus marquants sont Al-Farabi (philosophe turc, 872-950), Avicenne (Ibn Sina, 980-1037), et Averroès (Ibn Rushd, 1126-1198). Sur la science musulmane :
Sciences et philosophie grecquesC'est aussi grâce aux contacts avec la civilisation grecque médiévale et la civilisation islamique que l'on redécouvrit vraiment la philosophie et les sciences grecques, notamment Aristote, mais aussi d'autres auteurs, soit des philosophes, soit des scientifiques, que la civilisation musulmane s'était appropriée (avec les connaissances issues de l'Inde et de Babylone) avant de développer son propre savoir. Les première traductions concernèrent des traités scientifiques d'Al-Khwarizmi et furent effectuées par deux Anglais : Adélard de Bath traduisit les tables astronomiques (1120), et Robert de Chester les traités d'arithmétique et d'algèbre fruste (1145). Gérard de Crémone traduisit en latin le Canon de la médecine d'Avicenne. La vision que l'on avait de la philosophie grecque (via saint Augustin) était encore très platonicienne et incomplète. En effet, les contacts directs avec l'Orient étaient peu développés depuis le grand schisme d'Orient (1054). Néanmoins, Ravenne, Venise, Gênes, Pise et la Sicile (Palerme) gardaient des contacts étroits avec l'Orient : à partir de 1085, mais surtout de 1140, aux ateliers de Tolède traduisant de l'arabe, s'ajoutent des équipes d'italo-grecs qui traduisent des ouvrages directement du grec en latin. Cela concerna des œuvres d'auteurs grecs : la philosophie de Platon, Galien et Hippocrate en médecine, ainsi que des auteurs byzantins comme Grégoire de Nysse, Saint Jean Chrysostome et Jean Damascène. En philosophie, cela concerne notamment tout l'Organon, puis la Physique d'Aristote ; en géométrie, les travaux d'Euclide, et en géographie et cartographie, l'œuvre de Ptolémée, celle d'Almageste, en particulier en ce qui concerne le planisphère, mais aussi l'optique. Les principaux traducteurs furent Gérard de Crémone (à Tolède), Alfan de Salerne, Henri Aristippe (à Catane), Burgondio de Pise, au XIIe siècle et Guillaume de Moerbeke au XIIIe siècle. Les deux grands savants musulmans que sont Avicenne (Ibn Sina, 980-1037), et Averroès, ont beaucoup apporté sur ce point à la civilisation occidentale, ainsi que Maïmonide, dont Thomas d'Aquin s'est fortement inspiré quelques décennies plus tard. En fait, tous les occidentaux n'acceptèrent pas facilement cette philosophie : Bernard de Clairvaux eut des accrochages avec Averroès. Ce fut Albert le Grand, au XIIIe siècle, qui introduisit les œuvres d'Aristote dans les universités européennes. Les grands principes de cette philosophie sont alors structurés en plusieurs grandes branches, notamment : la logique (Organon), la métaphysique et l'éthique (éthique à Nicomaque). Thomas d'Aquin, élève d'Albert le Grand, fit une synthèse des textes du christianisme et de la philosophie d'Aristote dans la somme théologique, qui constitue l'une des bases de la théologie chrétienne, encore de nos jours. Les enseignements de cette philosophie furent donnés dans l'école scolastique à partir du XIIIe siècle. Les nouvelles sciences ainsi acquises prirent place à côté des sept arts libéraux. La rhétorique, dans le trivium, conserva une place importante. ConséquencesL'école scolastique sous la forme qu'elle avait au XIIIe siècle, eut du mal, dans les siècles suivants (au XVIIe siècle notamment, avec l'affaire Galilée) à se renouveler. En effet, Aristote (IVe siècle av. J.-C.) adoptait une représentation géocentrique de l'Univers, comme Ptolémée au IIe siècle. À partir du XVIIe siècle, Descartes combattit la philosophie scolastique, parce qu'elle retenait la théorie du géocentrisme via Aristote. Pour cette raison encore, la philosophie d'Aristote, avec la métaphysique, fut décriée jusqu'à la Seconde Guerre mondiale. Le géocentrisme n'est pourtant qu'une petite partie du système philosophique d'Aristote. Notes et références
Voir aussiArticles connexes
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