Monarchie britannique
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Monarchy of the United Kingdom ?
Monarchie britannique ---- (+ d?infos)
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La monarchie du Royaume-Uni (communément appelée monarchie britannique) est un système de gouvernement, basé sur le système de Westminster d'une monarchie constitutionnelle, dans lequel un monarque héréditaire est le souverain du Royaume-Uni et de ses territoires d'outre-mer. Il est à l'origine des pouvoirs exécutif, judiciaire et législatif. Le monarque britannique est aussi le gouverneur suprême de l'Église d'Angleterre et est, depuis George VI, le chef du Commonwealth et le chef d'État de 15 pays du Commonwealth britannique. Cette forme d'union personnelle s'est développée à partir de l'ancienne relation coloniale de ces pays avec la Grande-Bretagne, mais ces pays sont indépendants et la monarchie de chacun d'entre eux est juridiquement distincte.
Le monarque actuel est la Reine Élisabeth II, depuis le 6 février 1952. La Reine, le Prince Charles (prince de Galles), le Prince Philip (Duc d'Édimbourg) et le reste de la famille royale exercent diverses fonctions publiques conformément à leurs positions. Depuis la Magna Carta, et pendant la guerre civile anglaise et la restauration, les pouvoirs politiques du monarque ont progressivement diminué. Aujourd'hui, le rôle du monarque est constitutionnel et limité à des fonctions cérémonielles non-partisanes. Malgré cela, l'autorité exécutive ultime sur le gouvernement du Royaume-Uni est toujours sous la prérogative royale du monarque. Ces pouvoirs comprennent la dissolution du Parlement ainsi que la promulgation des règles pour le gouvernement et la réglementation de la fonction publique et des forces armées. Mais ces pouvoirs sont utilisés conformément aux politiques et procédures prévues par les lois adoptées au Parlement. Dans les cas où aucune lois ne s'appliquerait, il est chargé de prendre une décision en accord avec les conventions et les précédents. Le monarque possède plusieurs résidences royales (publiques ou privées) et le Crown Estate, avec un actif d'une valeur supérieure à 7 milliards de livres, est un des plus grands propriétaires au monde. La résidence officielle du monarque est le Palais de Buckingham.
Sommaire |
[] Contexte
[] Lignée monarchique
La monarchie britannique peut retracer sa lignée institutionnelle jusqu'aux rois des Angles et aux premiers rois écossais[1]. Le processus d'unification des petits royaumes médiévaux de Bretagne s'est déroulé jusqu'en l'an 1000, partagés entre le royaume d'Angleterre et le royaume d'Écosse. Le dernier monarque anglo-saxon (Harold II) a été vaincu et tué dans l'invasion normande de 1066 et la monarchie passa alors entre les mains des conquérants Normands. À partir de 1603, lorsque le roi écossais Jacques VI hérita du trône d'Angleterre sous le nom de Jacques Ier, les deux royaumes étaient gouvernés par un seul monarque. De 1649 à 1660, la tradition monarchique fut brisée par les républicains du Commonwealth de l'Angleterre, à la suite des guerres des Trois Royaumes. En 1707, les royaumes d'Angleterre et d'Écosse ont fusionné pour créer le Royaume de Grande-Bretagne et, en 1801, le royaume d'Irlande les rejoignit pour former le Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande. Toutefois, une grande partie de l'Irlande finit par faire sécession de l'Union en 1922 en tant qu'État libre d'Irlande, mais le monarque conserva légalement la souveraineté jusqu'en 1949.
[] Terminologie
Les termes de monarque et de monarchie britanniques peuvent faire référence respectivement au monarque du Royaume-Uni et à l'institution royale dont il est le chef dans ce pays. Cependant, malgré la séparation de la monarchie unitaire britannique dans l'Empire, en 1931, en plusieurs entités légalement distinctes des royaumes du Commonwealth, les deux termes sont toujours utilisés en dehors du cadre britannique pour parler d'une personne extra-nationale et d'une institution partagées par 16 pays[2],[3]. De façon similaire, pour des raison historiques, politiques et par convenance, ces termes sont également utilisés en dehors du Royaume-Uni pour faire référence au monarque ou à la Couronne dans un contexte non-britannique, au détriment des titres nationaux officiels et des termes adaptés à ses juridictions.
[] Histoire
[] Monarchie anglaise
Après l'installation des vikings au IXe siècle, le royaume de Wessex s'est imposé comme le principal royaume d'Angleterre. Alfred le Grand sécurisa le Wessex, mis la mainmise sur la Mercie occidentale et prit le titre de « Roi des Anglais ». Son petit-fils Athelstan fut le premier roi à régner sur un royaume unitaire correspondant à peu près aux frontières actuelles de l'Angleterre, mais même sous le règne d'Edgar le pacifique n'a jamais été aussi proche d'un éclatement. Au XIe siècle, l'Angleterre s'est stabilisé malgré de nombreuses guerres contre les Danois. Lorsque Guillaume, duc de Normandie conquit l'Angleterre en 1066, il devint le monarque d'un royaume où l'autorité royale était la plus forte d'Europe. La conquête normande fut cruciale dans l'histoire du Royaume-Uni, tant au niveau des changements politiques que sociaux. Le nouveau monarque poursuivi la centralisation du pouvoir qui avait commencé durant la période anglo-saxonne, en même temps que le système féodal continuait à se développer.
À sa mort, deux des fils de Guillaume lui succédèrent sous les noms de Guillaume II et Henri Ier. Henri décida de nommer sa fille Mathilde (son seul enfant encore vivant) comme héritière du trône, malgré la controverse que cela suscita. Après sa mort en 1135, un de ses neveux, Étienne, revendiqua le trône et prit le pouvoir avec le soutien de la plupart des barons. Cependant, la règne faible d'Étienne (par opposition à une règne fort) permit à Mathilde de contester son règne, à la suite de quoi l'Angleterre connut une période de troubles connue sous le nom d'Anarchie. Étienne ne réussit qu'à maintenir une emprise précaire sur le pouvoir tout au long de sa vie. Toutefois, il accepta un compromis en vertu duquel le fils de Mathilde, Henri, lui succèderait, faisant de lui le premier monarque de la dynastie des Plantagenêt, en 1154, sous le nom d'Henri II.
Le règne de la plupart des monarques Plantagenêt furent entachés par des troubles civils et des conflits entre le monarque et la noblesse. Henri II dut même faire face à la rébellion de ses propres fils, les futurs Richard Ier et Jean. Néanmoins, Henri réussit à étendre son royaume, notamment avec la conquête de l'Irlande, qui consistait en une multitude de royaumes rivaux. Henri accorda l'Irlande à son jeune fils Jean en le faisant « Seigneur d'Irlande ».
À la mort de Henry II, son fils aîné Richard lui succéda sur le trône. Ce dernier passa néanmoins la majeure partie de son règne hors des frontières du royaume, préférant se consacrer à la troisième croisade au Proche-Orient. À sa mort en 1199, c'est son frère Jean qui lui succéda, ce qui permit l'union de l'Angleterre et de l'Irlande sous une seule couronne. Le règne de Jean sans Terre a cependant été entaché par une opposition marquée des barons anglais qui a conduit à la signature de la Magna Carta[4]. Le roi Jean plongea néanmoins le pays dans une guerre civile quand il décida, peu de temps après, d'abroger la charte. Le conflit avec les barons prit fin à sa mort en 1216. Il se raviva toutefois quelques années plus tard, sous le règne de son fils, Henri III. Cette fois, la révolte dirigée par Simon de Montfort prit fin par une victoire des royalistes, après que le roi eut convoqué le parlement en 1265.
Le pouvoir royal fut beaucoup mieux maintenu sous le règne d'Édouard Ier qui réussit à conquérir le pays de Galles et tenta une invasion de l'Écosse. Toutefois, les territoires qu'il gagna sur l'Écosse furent perdus sous le règne de son successeur, Édouard II. Ce dernier fut contraint, en 1311, de renoncer à beaucoup de ses prérogatives au profit d'un comité de barons, jusqu'à ce que ces victoires militaires lui permettent de reprendre le contrôle en 1322. Néanmoins, en 1327, le roi Édouard II est déposé par sa femme Isabelle au profit de son fils, Édouard III. Le nouveau monarque revendique très rapidement le trône de France ce qui débouche sur le déclenchement de la guerre de Cent Ans, opposant l'Angleterre et la France. Édouard III connut de nombreux succès et réussit à conquérir une grande partie du territoire français. Son règne fut également marqué par le développement du pouvoir du Parlement, qui est divisé en deux chambres pour la première fois. À sa mort en 1377, c'est son petit-fils Richard II qui lui succéda. À l'instar de ses prédécesseurs, celui-ci entre en conflit avec les nobles d'Angleterre quand il tente de concentre le pouvoir entre ses mains. En 1399, alors qu'il était en déplacement en Irlande, son cousin Henri Bolingbroke prit le pouvoir et força Richard à abdiquer avant de l'assassiner.
En tant que petit-fils d'Édouard III et fils de Jean de Gand, duc de Lancastre, la dynastie d'Henri IV fut connue sous le nom de Maison de Lancastre. Au cours de son règne, Henri IV n'eut de cesse de combattre les intrigues et les rébellions. Le succès de son règne fut dû en bonne partie aux compétences militaires de son fils, le futur Henri V. Le règne de ce dernier, qui débuta en 1413, fut relativement épargné par les troubles intérieurs ce qui lui permit de se consacrer pleinement à la poursuite de la guerre de Cent Ans en France. Alors qu'il remportait d'importantes victoires, Henri V décèda soudainement en 1422, laissant ainsi le trône à son fils en bas âge, Henri VI. L'impopularité des régents, puis le manque de leadership de Henri lui-même, contribua au renversement de la domination britannique en France et à l'affaiblissement de la Maison de Lancastre. À partir de 1460, Richard d'York, descendant d'Édouard III et à la tête de la Maison d'York, contesta l'autorité de la Maison de Lancastre. Malgré la mort au combat du duc d'York en 1460, son fils aîné Édouard conduisit la Maison d'York à la victoire en 1461. Toutefois, la guerre des Deux-Roses se poursuivit par intermittence pendant le règne des Yorkistes Édouard IV, Édouard V et Richard III. Au bout du compte, le conflit aboutit au succès de la branche des Lancastre lorsqu'Henry Tudor (le futur Henri VII) prit le trône après la mort de Richard III à la Bataille de Bosworth, en 1485.
La fin de la guerre des Deux-Roses constitua un tournant majeur dans l'histoire de la monarchie britannique. En effet, une grande partie de la noblesse avait été soit décimée sur le champ de bataille, soit exécutée pour avoir pris partie à cette guerre, ce qui eut pour conséquence que de nombreux domaines furent perdus au profit de la Couronne. Par ailleurs, comme le féodalisme était en perte de vitesse et que les armées féodales contrôlées par les barons étaient devenues obsolètes, les Tudor réussirent facilement à rétablir une suprématie absolue dans le royaume. Le pouvoir de la Couronne atteignit son apogée sous le règne du deuxième roi Tudor, Henry VIII. Son règne fut en effet à l'origine de nombreux changements politiques majeurs qui transformèrent le faible royaume d'Angleterre en une grande puissance européenne. Son règne fut également l'occasion de grands bouleversements religieux lorsque ses différends avec le Pape le conduisit à rompre les liens avec l'Église catholique romaine et à instaurer l'Église d'Angleterre. Son règne vit également l'annexion du Pays de Galles en vertu de l'Acte d'Union de 1536. En effet, bien que le Pays de Galles ait été conquis des siècles plus tôt, il était resté depuis lors un dominion.
Le fils d'Henri VIII, le jeune Édouard VI, poursuivit l'?uvre de son père en continuant les réformes religieuses. Sa mort en 1553 provoqua une crise de succession. En effet, s'opposant fermement à ce que sa première demi-s?ur, Marie la Catholique, n'accédât au trône à sa mort, Édouard avait désigné sur son testament Lady Jeanne Grey comme son héritière. Alors qu'aucune femme n'avait encore jamais régné sur l'Angleterre, Édouard IV préféra ainsi désigner une petite-nièce d'Henri VIII. Son règne ne fut toutefois que de courte durée puisqu'elle fut déposée au bout de neuf jours par Marie qui, forte d'une immense soutient populaire, révoqua sa proclamation d'investiture et s'auto-déclara comme seule et unique souverain légitime. Au cours de son règne, Marie tenta de réinstaurer le catholicisme romain en Angleterre par la force en condamnant bon nombre de protestants au bucher pour hérésie. Elle mourut en 1558 sans descendance, laissant ainsi le trône à sa demi-s?ur protestante Élisabeth Ire.
[] Monarchie écossaise
À l'instar de l'Angleterre, des monarchies apparurent en Écosse après le retrait des troupes romaines au début du Ve siècle. L'Écosse était alors peuplée par trois groupes distincts : les Pictes qui habitaient le royaume de Pictavie, les Bretons qui occupaient plusieurs royaumes du sud de l'Écosse dont le royaume de Strathclyde et les Gaëls (ou Scots) du royaume de Dal Riada. Traditionnellement, on considère Kenneth Mac Alpin comme le fondateur de l'Écosse unie (ou royaume d'Alba). L'expansion des dominions écossais s'est poursuivie pendant deux siècles, avec notamment la conquête du Strathclyde.
Les premiers monarques écossais n'héritaient pas directement de la couronne. Les successions se déroulaient en effet suivant la méthode des segments alternants, usage en vigueur en Irlande et chez les Pictes. La couronne passait ainsi par alternance entre les deux, parfois trois, branches de la Maison d'Alpin. De ce fait, les rivalités dynastiques donnaient souvent lieu à des affrontements violents. Ces troubles ont été particulièrement vifs dans la période allant de 942 à 1005, au cours de laquelle sept rois ont été soit assassinés soit tués au combat. La rotation monarchique entre les différentes lignes successorales a été abandonné après que Malcolm II eut monté sur le trône en 1005 après avoir tué bon nombre de ses rivaux. De fait, lorsque Duncan Ier succéda à Malcolm II, en 1034, il n'y eut aucune opposition.
En 1040, Duncan subit une défaite dans une bataille qui l'opposa à Macbeth (celui-là même qui est l'objet de la tragédie de William Shakespeare, Macbeth). Plus tard, en 1057, le fils de Duncan, Malcolm, vengea la mort de son père en défaisant et en mettant Macbeth à mort. L'année suivante, après l'assassinat du beau-fils de Macbeth, Lulach, le 17 mars 1058, Malcolm monta enfin sur le trône sous le nom de Malcolm III, devenant ainsi le premier monarque de la Maison de Dunkeld.
À partir de 1107, l'Écosse fut brièvement partitionnée conformément à la volonté d'Edgar entre son frère aîné Alexandre Ier (qui régna sur le nord de l'Écosse en tant que roi) et son jeune frère, David (qui régna sur le sud de l'Écosse en tant que comte). Après la mort d'Alexandre en 1124, David hérita des dominions et l'Écosse redevint unie, une fois de plus. David fut remplacé par l'inefficace Malcolm IV, puis par Guillaume le Lion qui eut le plus long règne sur le trône d'Écosse, jusqu'à l'Union des Couronnes. Guillaume participa à une rébellion contre le roi Henri II d'Angleterre qui échoua et à l'issue de laquelle Guillaume fut capturé par les Anglais. En échange de sa libération, Guillaume fut contraint de reconnaître Henri comme son suzerain. Le roi anglais Richard C?ur de Lion accepta de mettre fin à l'arrangement en 1189 en échange d'une grosse somme d'argent pour financer les Croisades. À la mort de Guillaume en 1214, son fils Alexandre II lui succéda. Alexandre II, ainsi que son successeur Alexandre III, tentèrent de prendre le contrôle des Hébrides extérieures qui étaient encore sous la domination de la Norvège. Sous le règne d'Alexandre III, la Norvège tenta sans succès de lancer une invasion de l'Écosse qui se solda par le traité de Perth, dans lequel la Norvège reconnaît à l'Écosse le contrôle des Hébrides, de l'île de Man et de Caithness.
À la mort d'Alexandre III, en 1286, c'est sa petite-fille norvégienne de trois ans, Marguerite, qui accéda au trône d'Écosse. Toutefois, Marguerite mourut en mer lors de son voyage vers l'Écosse, en 1290, ce qui plongea le pays dans une crise de succession avec près de 13 prétendants. Plusieurs dirigeants écossais firent alors appel au roi Édouard Ier d'Angleterre pour régler le différend. Une cour fut mise en place où chacune des factions des Balliol et des Bruce nommait des assesseurs. La majorité des assesseurs se prononça en faveur de Jean Balliol. Le roi Édouard Ier le traita dés lors comme un vassal et tenta à plusieurs reprises de s'ingérer dans les affaires écossaises. En 1295, lorsque Balliol décida unilatéralement de mettre fin à son allégeance envers l'Angleterre, Édouard Ier envahit et conquit l'Écosse. En réaction, les Écossais se lancèrent dans une guerre d'indépendance au cours de laquelle, pendant les dix premières années, ils n'avaient aucun monarque. La révolte était néanmoins officieusement dirigée par William Wallace. Après l'exécution de Wallace, en 1305, Robert Bruce prit le pouvoir et se déclara roi d'Écosse. Les efforts de Robert furent couronnés de succès lorsque l'indépendance écossaise fut reconnue en 1328. Malheureusement, à peine un an plus tard, Robert perdit la vie et les Anglais en profitèrent pour envahir à nouveau le pays sous le prétexte de rétablir l'héritier légitime de Jean Balliol, Édouard Balliol, sur le trône. L'Écosse réussit néanmoins à regagner une fois de plus son indépendance sous le règne du fils de Robert Bruce, David II.
En 1371, Robert II succèda à David II comme premier monarque écossais de la Maison de Stewart (qui se transformera plus tard en Stuart). Les règnes de Robert II et de Robert III furent marqués par une baisse globale du pouvoir royal. Lorsque Robert III mourut en 1406, son fils Jacques Ier lui succéda mais il avait précédemment été fait prisonnier par les Anglais. Ce n'est qu'après avoir versé une importante rançon pour sa libération que Jacques revint en Écosse en 1424 et que la régence prit fin. Afin de rétablir son autorité, il se montra impitoyable et exécuta plusieurs de ses ennemis. Jacques II continua la politique de son père en soumettant les nobles les plus influents. Dans le même temps, le parlement écossais devint de plus en plus puissant, défiant souvent ouvertement le souverain. Le pouvoir parlementaire atteint son apogée sous le règne du roi Jacques III. Par la suite, Jacques IV et ses successeurs eurent tendance à éviter de convoquer des sessions parlementaires, afin de contrôler le pouvoir du Parlement.
En 1513, Jacques IV profita de l'absence du roi anglais Henri VIII pour lancer une invasion de l'Angleterre. La bataille de Flodden Field fut un désastre pour les forces écossaises avec la mort du roi, de nombreux nobles et de plus de 10 000 soldats. Jacques V n'était encore qu'un nourrisson à la mort de son père et l'administration du pays fut ainsi prise en charge par un conseil de régents. Après avoir atteint l'âge adulte, Jacques régna avec succès jusqu'à ce qu'une autre guerre éclata avec les Anglais, en 1542. Jacques mourut la même année, laissant ainsi la couronne entre les mains de sa fille Marie, âgée de seulement 6 jours. Marie, une catholique romaine, régna à une période de grands bouleversements religieux en Écosse. En effet, grâce aux efforts de réformateurs tels que John Knox, le protestantisme prit de plus en plus de place dans la société écossaise jusqu'à prendre l'ascendant sur le catholicisme. Lorsque Marie épousa Lord Darnley, un fervent catholique, en 1565, le peuple eut de grandes inquiétudes. Après l'assassinat de Lord Darnley, en 1567, Marie se rendit encore plus impopulaire en se remariant avec le comte de Bothwell, que l'on suspectait grandement de l'assassinat de Darnley. La noblesse se révolta contre la Reine, la forçant à abdiquer et à fuir vers l'Angleterre (où elle fut emprisonnée et exécutée plus tard par Élisabeth Ire). La couronne fut déposée entre les mains de son fils, Jacques VI, qui avait été élevé dans la religion protestante. Celui-ci devint plus tard roi d'Angleterre sous le nom de Jacques Ier à la mort de la reine Élisabeth.
[] Monarchie irlandaise
Au XIIe siècle, le seul pape anglais de l'histoire, Adrien IV, émit une bulle pontificale autorisant le roi Henry II d'Angleterre à prendre possession de l'Irlande. En effet, à l'époque, le christianisme celtique ne suivait pas à la lettre le dogme de l'Église catholique romaine et était en conséquence accusé de croyances hérétiques. Le pape souhaitait ainsi que le monarque anglais annexe l'Irlande et remette les Irlandais dans le « droit chemin ». Le pape accorda donc l'Irlande au roi d'Angleterre sous la forme d'un territoire féodal nominativement sous la haute autorité papale[5].
Autour de 1170, le roi de Leinster, Dermot MacMurrough, fut déposé et son pays fut confisqué par son ennemi juré Rory O'Connor, roi de Connaught. Dermot réussit à s'échapper vers l'Angleterre et requerra l'aide d'Henri. Henri refusa mais l'autorisa à utiliser un groupe d'aristocrates et d'aventurier anglo-normands, dirigé par Richard de Clare, pour l'aider à regagner son trône. Dermot et ses alliés anglo-normands réussirent à reprendre le pays et à réinstaller Dermot sur le trône de Leinster. En récompense, Dermot offrit sa fille en mariage à Clare. De ce fait, quand Dermot mourut en 1171, Clare devint l'héritier du trône de Leinster[6]. Henri prit peur que Clare n'en fasse un état normand rival ou qu'il serve de refuge pour les anglo-saxons. Il décida donc de tirer avantage de la bulle papale qui lui conférait la possession de l'Irlande pour se rendre sur l'île avec son armée. Il força ainsi Clare, les aristocrates anglo-normand présents en Irlande et certains chefs gaéliques à reconnaître sa souveraineté. Henri devint donc « Seigneur d'Irlande »[7].
Cette situation perdura jusqu'en 1541 quand le roi Henri VIII d'Angleterre rompit les liens avec l'Église catholique et fonda l'Église anglicane. De ce fait, l'octroi papal de l'Irlande au monarque anglais devint caduc. Henri VIII convoqua donc une session du Parlement irlandais cette même année pour changer son titre de souveraineté sur l'île. « Henri VIII, seigneur d'Irlande » laissa ainsi la place à « Henri VIII, roi d'Irlande », faisant ainsi du royaume d'Irlande une union personnelle avec le royaume d'Angleterre[7].
[] Épisode républicain
La mort d'Élisabeth en 1603 marqua la fin du règne de la maison des Tudor en Angleterre. N'ayant aucune descendance, elle fut remplacée par le monarque écossais Jacques VI, le fils de sa cousine Marie Stuart. Jacques VI régna en Angleterre sous le nom de Jacques Ier après ce qu'on appela l'« Union des Couronnes ». Bien que l'Angleterre et l'Écosse furent en union personnelle sous un monarque, les deux pays restèrent des royaumes distincts bien que Jacques Ier fut le premier à prendre le titre de « roi de Grande-Bretagne » en 1604[8]. Jacques appartenait à la Maison des Stuart, une maison royale dont les monarques connurent des conflits fréquents avec le Parlement anglais. Les litiges portaient souvent sur les pouvoirs respectifs du roi et du Parlement, en particulier sur la levée des taxes. Le conflit fut particulièrement virulent sous le règne de Charles Ier. Celui-ci provoqua en effet l'indignation générale quand il décida de gouverner sans le Parlement de 1629 à 1640. Durant cette période que l'on nomma les « onze ans de tyrannie », le roi décida unilatéralement de la perception des impôts et adopta une politique religieuse controversée dans laquelle il s'opposait aux presbytériens écossais et aux puritains anglais. Vers 1642, le conflit entre le roi et le Parlement atteignit son apogée lorsque la première révolution anglaise commença. La guerre aboutit à l'exécution du roi, au renversement de la monarchie et la création d'une république connue sous le nom de Commonwealth de l'Angleterre.
En 1653, alors qu'il était le plus éminent chef militaire et politique de la nation, Oliver Cromwell prit le pouvoir et se déclara Lord Protecteur (devenant ainsi un dictateur militaire). Cromwell régna jusqu'à sa mort en 1658, date à laquelle lui succéda son fils Richard. Le nouveau Lord Protecteur ne trouvait que peu d'intérêt à gouverner et abdiqua rapidement, permettant ainsi le bref rétablissement du Commonwealth. L'absence de leadership clair conduisit à des troubles civils et militaires et à une désir de retour à la monarchie. La restauration débuta en 1660 lorsque le fils de Charles Ier, Charles II, fut proclamé roi. La création du Commonwealth et du Protectorat furent jugées illégales et Charles II fut déclaré roi de jure depuis la mort de son père, en 1649.
[] Actes d'Union
Le règne de Charles II fut marqué par le développement des premiers partis politiques modernes en Angleterre. Comme Charles n'avait pas d'enfant légitime, ce devait être son frère catholique, Jacques, qui devait lui succéder. Afin d'éviter qu'un catholique ne s'installe sur le trône, les parlementaires firent tout leur possible pour exclure Jacques de la ligne de succession. Les « Abhorrers » qui s'y opposèrent formèrent le parti tory, tandis que les « Petitioners » soutinrent cette démarche et devinrent le parti whig. Ce projet de loi d'exclusion ne fut jamais adopté car Charles II dissout le Parlement à plusieurs reprises. Après la dissolution du Parlement de 1681, Charles régna en monarque absolu jusqu'à sa mort en 1685. Le catholique Jacques II succéda donc à Charles II et poursuivit sa politique de tolérance religieuse envers les catholiques, ce qui attira l'ire de nombre de ses sujets protestants. Ses décisions de maintenir une grande armée, de nommer des catholiques à de hauts postes politiques et militaires et d'emprisonner des religieux de l'Église d'Angleterre lui valurent une grande opposition. En conséquence, un groupe de nobles protestants et d'autres notables connus sous le nom des « sept immortels » invitèrent la fille de Jacques, Marie II et son mari Guillaume d'Orange à renverser le roi. Guillaume accepta et arriva en Angleterre le 5 novembre 1688 dans une grande ferveur populaire. Face à la défection de nombre de ses fonctionnaires protestants, Jacques préféra fuir le royaume le 23 décembre de la même année. Le 12 février 1689, le Parlement réuni en convention déclara que la fuite de Jacques hors du royaume constituait une abdication et que Guillaume III et Marie II devenaient souverains d'Angleterre et d'Irlande (et non le fils catholique de Jacques II, Jacques François Stuart). Le parlement écossais fit de même quelques temps plus tard.
Le renversement de Jacques est habituellement désigné sous le nom de « Glorieuse Révolution ». Ce fut l'un des événements les plus importants de la longue évolution du pouvoir parlementaire. En effet, la Déclaration des droits (ou Bill of Rights en anglais) de 1689 affirma la suprématie du Parlement et conféra certains droits aux citoyens Anglais. La Déclaration fait aussi obligation aux futurs monarques d'être protestants pour pouvoir accéder au trône et désigne la s?ur de Marie, Anne, comme héritière de la couronne, immédiatement après d'éventuels enfants de Guillaume et Marie. Marie mourut sans enfant en 1694, laissant Guillaume III comme seul monarque. En 1700, une crise politique éclata lorsque le dernier enfant vivant de la Princesse Anne décéda, laissant Anne comme la seule personne dans la ligne de succession. De peur que l'ancien roi Jacques II ou ses proches ne réclame le trône, le Parlement adopta l'Acte d'établissement (Act of Settlement, en anglais) en 1701 qui plaçait la lointaine cousine de Guillaume, Sophie de Bohême dans la ligne de succession. Peu de temps après l'adoption de la Loi, Guillaume III mourut, laissant la couronne à sa belle-s?ur Anne.
Après l'accession au trône d'Anne, la question de la succession réapparut rapidement. En effet, le Parlement écossais était furieux que le Parlement britannique ne l'ait pas consulté sur le choix de Sophie de Hanovre et adopta la loi de sécurité (ou Act of Security en anglais) qui menaçait de mettre fin à l'union personnelle entre l'Angleterre et l'Écosse. En réponse, le Parlement d'Angleterre vota la loi sur les étrangers (ou Alien Act en anglais), en 1705, qui mettait en danger l'économie écossaise en restreignant le commerce. Les parlements écossais et anglais en vinrent à négocier un Acte d'Union en 1707, en vertu duquel l'Angleterre et l'Écosse était réunis en un seul et même royaume, le royaume de Grande-Bretagne, pourvu des règles de succession énoncées dans l'Acte d'établissement.
À la mort de la reine Anne, en 1714, le trône revint au fils de la défunte Sophie de Hanovre, George Ier, qui consolida sa position en battant les rebellions jacobites en 1715 et 1719[9]. Le nouveau monarque se montra moins actif que ses prédécesseurs dans le gouvernement du pays, même s'il conserva le contrôle sur les affaires de son royaume allemand[10]. Au lieu de cela, la majorité du pouvoir de George fut transféré entre les mains de ses ministres, et en particulier de Sir Robert Walpole, qui est souvent considéré comme le premier Premier Ministre (non officiel) de Grande-Bretagne[11]. Le déclin de l'influence du monarque et la montée du pouvoir du Premier ministre et du Cabinet se poursuivit pendant le règne de George II, avant d'être ralentie sous celui de George III. George III résista ainsi aux tentatives de ses ministres d'accaparer davantage de pouvoir pour eux-mêmes et prit des mesures pour garder les tories (plus favorables au contrôle du gouvernement par le roi, que les whigs) au pouvoir, chaque fois que cela fut possible. Le règne de George III du règne fut également marqué par l'Acte d'Union de 1800 qui mit fin à l'union personnelle de l'Irlande avec le monarque britannique, en fusionnant les royaumes de Grande-Bretagne et d'Irlande au sein du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande[12]. Dans le même temps, George III abandonna toute revendication au trône de France, marquant ainsi la fin de la coutume prise par tous ses prédécesseurs depuis Édouard III[13].
[] Renforcement du Parlement
De 1811 à 1820, George III souffrit d'un grave épisode de porphyrie, une maladie qui le rendait incapable de gouverner, obligeant ainsi son fils, le futur George IV, à exercer la régence. Le pouvoir royal s'est peu à peu dégradé sous sa régence et son règne, jusqu'à ce que, sous le règne de Guillaume IV, le monarque ne soit plus en mesure d'interférer avec le pouvoir parlementaire. En 1834, Guillaume démit le premier ministre whig William Lamb et nomma le tory Robert Peel pour le remplacer dans ses fonctions. Toutefois, lors des élections suivantes, les Whigs maintinrent une large majorité à la Chambre des communes. Ils poussèrent Peel à démissionner en bloquant la majeure partie de sa législation, ne laissant pas d'autre choix au roi que de rappeler Lamb. Depuis 1834, plus aucun monarque n'a nommé ou révoqué un Premier ministre en contradiction avec la volonté de la Chambre des communes. Le règne de Guillaume IV fut également marqué par le passage de la grande loi de réforme (aussi connue sous le nom de Reform Act en anglais) qui réforma la représentation parlementaire et supprima de nombreux bourgs pourris. Avec d'autres lois adoptées tout au long du XIXe siècle, cette loi conduisit à un élargissement du système de franchise électorale et à la montée en puissance de la Chambre des communes comme la plus importante chambre du Parlement.
La dernière transition vers une monarchie constitutionnelle s'opéra sous le long règne de la reine Victoria, dernier monarque de la maison de Hanovre. Étant une femme, Victoria n'eut pas la possibilité de régner sur le royaume de Hanovre en vertu de la loi salique en vigueur, mettant ainsi fin à l'union personnelle entre le Royaume-Uni et le royaume de Hanovre[14]. En reconnaissance de la domination britannique en Inde, Victoria fut déclarée Impératrice des Indes en 1876. Son règne fut également marqué par le net développement du mouvement républicain, partiellement en raison de la longue période d'isolement et du deuil permanent de la reine après la mort de son mari le Prince Albert en 1861. L'ère victorienne reste toutefois une période importante de l'histoire du Royaume-Uni car elle fut marquée par un grand changement culturel, un progrès technologique et l'affirmation du pays comme l'une des principales puissances mondiales.
Le fils de Victoria, Édouard VII, fut le premier monarque de la Maison de Saxe-Cobourg-Gotha en 1901. Cependant, en 1917, le roi George V changea le nom de la maison de Saxe-Cobourg-Gotha par Windsor en raison de sa trop grande connotation allemande, en pleine Première Guerre mondiale. Le règne de George V fut marqué par la séparation du royaume d'Irlande en Irlande du Nord (toujours partie intégrante du Royaume-Uni) et en État libre d'Irlande (la future république d'Irlande, en 1922.
[] Période post-empire
Avec la déclaration Balfour de 1926 et l'adoption du statut de Westminster en 1931, la Couronne britannique qui régnait sur l'ensemble de l'empire fut remplacée par des monarchies distinctes pour chaque dominion et territoires d'outre mer[15],[16],[17]. Grâce à la déclaration Balfour, les dominions ne furent ainsi plus subordonnés au Royaume-Uni mais mis sur un pied d'égalité avec lui. Ainsi, la monarchie britannique restreignit dés lors sa juridiction au seul territoire du Royaume-Uni. Dans cet esprit, George VI fut ainsi de manière distincte le roi du Royaume-Uni, de l'Australie, du Canada et ainsi de suite. Cette séparation fut renforcée par la possibilité pour chaque dominion d'amender sa propre constitution[18]. À l'origine, chaque membre du Commonwealth était un royaume du Commonwealth. Cependant, lorsque l'Inde devint une république en 1950, il fut décidé qu'elle pourrait rester membre du Commonwealth, même si elle ne partageait plus un monarque commun avec les autres royaumes du Commonwealth[19]. Néanmoins, il fut convenu que le monarque britannique serait le « chef du Commonwealth » dans tous les états membres du Commonwealth, qu'il s'agisse de royaumes ou non. Toutefois, cette position n'est que purement cérémonielle[20].
La mort de George V en 1936 provoqua l'accession au trône d'Édouard VIII. Ce dernier causa un scandale public en annonçant son intention d'épouser une américaine divorcée, Wallis Simpson, alors que l'Église anglicane était opposée au remariage des divorcées. En conséquence, Édouard décida d'abdiquer. Les parlements du Royaume-Uni et des autres royaumes du Commonwealth l'y autorisèrent et Édouard VIII et les enfants de sa nouvelle femme furent ainsi exclus de la ligne de succession. La couronne passa à son frère, George VI[21]. George servit de figure de ralliement pour le peuple britannique pendant la Seconde Guerre mondiale, en faisaint des visites régulières aux troupes, aux usines de munition et aux zones bombardées par l'Allemagne nazie pour renforcer leur moral. George VI fut le dernier monarque britannique à porter le titre d'« empereur des Indes » en raison de l'indépendance de l'Inde survenue en 1947[22].
La mort de George VI en 1952 fut suivie par l'accession au trône du monarque actuel, Élisabeth II. Comme ses prédécesseurs, Élisabeth II continue de régner comme un monarque constitutionnel. Son règne a notamment été marqué par une montée du mouvement républicain, notamment à cause de la mauvaise presse de la famille royale (surtout après la mort de Lady Diana)[23]. Néanmoins, les sondages actuels semblent indiquer que la population britannique dans sa grande majorité soutient le maintient de la monarchie[24].
[] Pouvoirs politiques
La Couronne dispose de plusieurs pouvoirs politiques; bien qu'elle fasse rarement usage, de son propre chef, de certains d'entre eux. Entre autres, déclarer et faire la guerre, conclure les traités, mettre son veto à une loi du Parlement, nommer et révoquer les ministres (y compris le Premier Ministre), gracier les prisonniers, frapper la monnaie, et commander les Forces Armées.
Théoriquement, le gouvernement britannique n'existe que par le plaisir du monarque. Pourtant, ses pouvoirs ne sont que « reserve powers » et il ne les utilise que dans de rares circonstances d'urgence. Normalement, le monarque accède aux demandes de son Gouvernement, et du Parlement. Ainsi, bien que beaucoup d'actes de parlement soient faits en son nom, ils proviennent du gouvernement démocratique de Royaume-Uni. Mais même si le monarque contredisait la volonté du parlement, son pouvoir serait encore limité.
Par convention, le monarque dissout le Parlement convoque de nouvelles élections à la demande du premier ministre. Pourtant, la question de savoir si le monarque doit toujours accéder à une telle demande demeure ouverte. Une autre situation possible est lorsqu'aucun parti politique ne gagne de majorité au parlement. Théoriquement, le monarque donnerait l'office de premier ministre au chef du parti le mieux situé pour former le gouvernement, mais il est possible que ce ne soit pas le parti majoritaire en sièges.
Le monarque doit approuver formellement toutes les lois avant qu'elles puissent s'appliquer. Le consentement royal est donné dans le français normand par un représentant du monarque : les expressions formelles utilisées sont le roi (ou la reine) le veut (oui, il le veut), et le roi s'avisera (qui veut dire : non). La dernière fois que le consentement royal n'a pas été donné c'était par la Reine Anne en 1708. Pour les lois qui sont appliquées directement par le monarque (par exemple: faire la guerre, dissoudre le parlement,etc.), il doit consentir au débat du Parlement. La Reine Elisabeth II n'a pas accordé son consentement sur « l'action militaire contre l'Irak », approuvée par le parlement, qui a ainsi cherché à transférer le pouvoir de décider une frappe militaire contre l'Irak du monarque au parlement.
Bien qu'il y ait un consensus populaire sur l'existence de la monarchie, il est généralement accepté que cette opinion changerait rapidement si le monarque était tenté d'exercer ses pouvoirs en opposition avec le gouvernement démocratiquement élu, sauf, peut-être, dans des circonstances exceptionnelles.
[] Membres et règles
Actuellement, le monarque est la Reine Élisabeth II depuis le 6 février 1952, et le prochain serait Charles, prince de Galles, le fils ainé de la reine. Il existe aussi d?autres enfants et cousins constituant la famille royale.
Le style officiel du monarque d'aujourd'hui est : Élisabeth II, par la grâce de Dieu, reine du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et l'Irlande du Nord et ses autres royaumes du Commonwealth et territoires, Chef du Commonwealth des Nations, defendeur de la Foi. (en anglais : "Elizabeth II, by the Grace of God, of the United Kingdom of Great Britain and Northern Ireland and Her other Realms and Territories Queen, Head of the Commonwealth, Defender of the Faith").
La succession au trône britannique est limitée par "la Loi du règlement" aux descendants protestants de Sophie, ancienne électrice de Hanovre, avec priorité aux héritiers masculins sur les femmes,sont exclus les catholiques, bien qu'il y ait eu des actions afin de ces restrictions ces dernières années. En fait, le Prince Charles a épousé une ancienne catholique.
Lord Williams de Mostyn a dit en 1998 que le gouvernement voudrait changer la loi successorale donnant droit à la primogéniture absolue. Cependant, le gouvernement croit également qu'un tel changement prendrait beaucoup de temps sur les travaux parlementaires, et exigerait l'approbation des autres pays desquels le monarque britannique est chef d'État. En dépit des appels publics pour le changement par deux ministres du conseil : Patricia Hewitt et Tessa Jowell.
Le journal The Guardian a fait campagne activement ces dernières années pour une abolition de la restriction aux non-Protestants de la succession au trône. Il argumente que la restriction peut être incompatible avec la convention européenne sur des droits de l'homme, qui est maintenant partie intégrante de la loi britannique. « une facture de la règle dix minutes » pour retourner cette restriction a été présentée dans la Chambre des Communes britannique par le parlementaire de travail Kevin McNamara en 2001 , et a gagné une victoire symbolique une fois forcée à une voix, mais n'est pas devenue loi.
Sur la mort d'un monarque, un Conseil d'accession se réunit au palais de Saint-James, à Londres. Sont alors présents les membres de la Chambre des Lords, des conseillers privés, du Lord-Maire de Londres, des conseillers municipaux de la ville de Londres, et des hauts commissaires des pays de Commonwealth. Le Conseil fait une proclamation déclarant la mort du monarque précédent et appelle l'individu qui doit hériter de la couronne. La proclamation est alors lue à haute voix à divers endroits: à Londres, à Édimbourg, à Windsor, et à York.
Le souverain est la source de l'honneur et de toutes les dignités. Ainsi, la couronne crée tous les pairies (la pairie est le système des titres de la noblesse qui existe au Royaume-Uni et est une part du système d'honneurs des Anglais. Le terme peut être employé pour se rapporter au corps entier des titres dans un sens collectif, ou à un titre spécifique). Elle détermine les adhésions de tous les ordres de chevalerie et accorde tous les honneurs.
Dans la pratique, on accorde la plupart des pairies et honneurs sur les conseils du premier ministre et d'autres ministres. Cependant, le souverain détermine personnellement l'adhésion de l'Ordre de la Jarretière, de l'Ordre du Chardon, de l'Ordre du Mérite et de l'Ordre Victorien Royal.
Néanmoins, le souverain ne peut pas s'accorder lui-même (ou elle-même) une dignité ou un honneur. Car la Chambre des Lords a décidé dans le cas "Buckhurst peerage" que "la fontaine et la source de toutes les dignités ne peut obtenir une dignité de sa propre part. Il n'y a cependant aucune interdiction sur le fait de recevoir des dignités de la part de souverains étrangers.
[] Règles de succession
La succession sur le trône britannique est régie
Revue de presse Monarchie_britannique
