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Maurice Thorez
Timbre soviテ?ツゥtique テ?ツ l'effigie de Maurice Thorez en 1965.
Timbre soviテ?ツゥtique テ?ツ l'effigie de Maurice Thorez en 1965.
Fonctions
Vice-prテ?ツゥsident du Conseil des ministres
26 janvier 1946 テ「ツ?ツ? 12 juin 1946
Prテ?ツゥsident du Conseil Fテ?ツゥlix Gouin
Gouvernement Gouin
24 juin 1946 テ「ツ?ツ? 28 novembre 1946
Prテ?ツゥsident du Conseil Georges Bidault
Gouvernement Bidault I
22 janvier 1947 テ「ツ?ツ? 4 mai 1947
Prテ?ツゥsident du Conseil Paul Ramadier
Gouvernement Ramadier I
Ministre d'テ?ツ?tat
21 novembre 1945 テ「ツ?ツ? 20 janvier 1946
Prテ?ツゥsident du Conseil Charles de Gaulle
Gouvernement de Gaulle II
22 janvier 1947 テ「ツ?ツ? 4 mai 1947
Prテ?ツゥsident du Conseil Paul Ramadier
Gouvernement Ramadier I
Dテ?ツゥputテ?ツゥ de la Seine
1932 テ「ツ?ツ? 1940
1945 テ「ツ?ツ? 1964
Secrテ?ツゥtaire gテ?ツゥnテ?ツゥral du Parti communiste franテ?ツァais
18 juillet 1930 テ「ツ?ツ? 17 mai 1964
Prテ?ツゥdテ?ツゥcesseur Pierre Semard
Successeur Waldeck Rochet
Biographie
Date de naissance 28 avril 1900
Lieu de naissance Noyelles-Godault
Date de dテ?ツゥcテ?ツィs 11 juillet 1964 (テ?ツ 64 ans)
Lieu de dテ?ツゥcテ?ツィs Mer Noire
Parti politique PCF

Maurice Thorez (nテ?ツゥ テ?ツ Noyelles-Godault, Pas-de-Calais, le 28 avril 1900 et mort en mer Noire, le 11 juillet 1964) a テ?ツゥtテ?ツゥ secrテ?ツゥtaire gテ?ツゥnテ?ツゥral du PCF de 1930 テ?ツ 1964, ministre de la Fonction publique de 1945 テ?ツ 1947 et vice-prテ?ツゥsident du Conseil en 1947.

Biographie | modifier le code

Enfance et jeunesse | modifier le code

Petit-fils de Clテ?ツゥment Baudry, mineur socialiste (guesdiste) de Noyelles-Godault, dテ?ツゥlテ?ツゥguテ?ツゥ ouvrier テ?ツ la caisse de secours, qui reste jusqu'テ?ツ sa mort, le 31 (?) avril 1931, l'animateur de la section CGT des vieux pensionnテ?ツゥs de Noyelles-Godault, Maurice ne connaテ?ツョt jamais son pテ?ツィre biologique, le fils de l'テ?ツゥpicier du pays qui se tranche la gorge en 1914. Reconnu テ?ツ deux ans et demi par Louis Thorez, un mineur qui l'テ?ツゥlテ?ツィve comme son propre fils, il ne connaテ?ツョt que tardivement le secret de sa naissance. Clテ?ツゥmence, la fille de Clテ?ツゥment Baudry, et Louis Thorez ont quatre autres enfants, deux fils et deux filles qu'ils テ?ツゥlテ?ツィvent dans une maison du coron appartenant テ?ツ la Compagnie des mines de Dourges. Louis Thorez est touchテ?ツゥ par une maladie professionnelle.

Bien que la famille de Maurice ne soit pas pratiquante, Maurice fait sa communion et sert comme enfant de chテ?ツ?ur. Il est par ailleurs excellent テ?ツゥlテ?ツィve テ?ツ l'テ?ツゥcole publique et passe son certificat d'テ?ツゥtudes en 1912. Selon Philippe Robrieux, son instituteur serait intervenu auprテ?ツィs de la mine pour que Maurice Thorez soit embauchテ?ツゥ comme aide-commissionnaire, dテ?ツゥbut d'une carriテ?ツィre administrative, mais dans sa fiche autobiographique, Maurice Thorez dテ?ツゥclare : テ?ツォ Je fus embauchテ?ツゥ comme trieur de pierres テ?ツ la fosse nテ?ツー 4 テ?ツサ, affirmation que l'on retrouve dans sa fiche autobiographique communiquテ?ツゥe テ?ツ la direction de l'Internationale communiste. Selon Claude Pennetier, il ne fait pas de doute qu'en 1919-1921, il travaille pendant 306 jours comme mineur de fond テ?ツ la fosse 4.

Le 30 septembre 1914, Maurice doit fuir devant l'avance allemande avec son grand-pテ?ツィre. Aprテ?ツィs un mois d'errance, ils sont finalement テ?ツゥvacuテ?ツゥs vers la Creuse et envoyテ?ツゥs テ?ツ Clugnat. Ils y reテ?ツァurent bon accueil. Maurice peut suivre des cours du soir mais dテ?ツゥcline la proposition de prテ?ツゥparer l'テ?ツ?cole normale. Il prテ?ツゥfテ?ツィre テ?ツェtre embauchテ?ツゥ comme valet de ferme chez un cultivateur socialiste, le テ?ツォ pテ?ツィre Mテ?ツゥnager テ?ツサ, mais s'adonne aussi テ?ツ la lecture : Victor Hugo, Jules Verne, Eugテ?ツィne Le Roy, Jules Vallテ?ツィs et Alexandre Dumas. En mars 1917, Maurice et son grand-pテ?ツィre quittent la Creuse pour Amiens. Ils travaillent dans une scierie et deviennent bateliers sur la Somme.

Aprテ?ツィs la guerre, Maurice retrouve ses parents et rentre テ?ツ Noyelles-Godault oテ?ツケ il travaille d'abord テ?ツ la reconstruction du chemin de fer, puis, 16 avril 1919, comme mineur de fond. Le 15 mars 1920, il commence son service militaire.

Les dテ?ツゥbuts au parti (1920-1924) | modifier le code

En mars 1919, Maurice Thorez avait adhテ?ツゥrテ?ツゥ テ?ツ la CGT et テ?ツ la SFIO. Deux mois plus tard, enthousiasmテ?ツゥ par la rテ?ツゥvolution russe, il rejoint le Comitテ?ツゥ pour l'adhテ?ツゥsion テ?ツ la IIIe Internationale, s'テ?ツゥloignant ainsi de son grand-pテ?ツィre, restテ?ツゥ dans le camp de Blum. Il fait son service militaire au 3e rテ?ツゥgiment du gテ?ツゥnie1, テ?ツ Arras, lorsque la motion dite Cachin-Frossard (qu'ils n'ont en rテ?ツゥalitテ?ツゥ pas rテ?ツゥdigテ?ツゥe, elle fut テ?ツゥcrite principalement par Loriot et Souvarine) triomphe au Congrテ?ツィs de Tours. Les deux tiers du parti socialiste SFIO rejoignent le nouveau parti : la SFIC (section franテ?ツァaise de l'Internationale communiste) qui devient par la suite le PC (Parti Communiste). Ce n'est qu'en 1943 que le nom de PCF (Parti communiste franテ?ツァais) est dテ?ツゥfinitivement adoptテ?ツゥ.

Comme les ouvriers rテ?ツゥvolutionnaires de l'テ?ツゥpoque Maurice Thorez reste simple soldat. Il est d'abord magasinier puis secrテ?ツゥtaire du commandant ce qui lui permet de consacrer une partie de son temps テ?ツ la lecture et aux discussions politiques avec ses camarades. Lors d'une permission, portant la contradiction au dテ?ツゥputテ?ツゥ socialiste de la circonscription, il prend conscience de ses talents d'orateur.

テ?ツ? son retour du service, au printemps 1922, la mine refuse de le rテ?ツゥembaucher. Il exerce alors une sテ?ツゥrie de petits mテ?ツゥtiers tout en restant un ardent militant aux Jeunesses communistes et au syndicat unitaire des mineurs. Il se marie avec Aurore Membテ?ツ?uf, la niテ?ツィce du secrテ?ツゥtaire de la fテ?ツゥdテ?ツゥration communiste du Pas-de-Calais.

En octobre 1922, Maurice Thorez assiste au Congrテ?ツィs de Paris. Il s'テ?ツゥtait engagテ?ツゥ auparavant pour la ligne du テ?ツォ Front unique テ?ツサ, soutenue par l'Internationale communiste (IC) et dテ?ツゥfendue par Frossard et Souvarine. Au cours de la prテ?ツゥparation du Congrテ?ツィs, dans une rテ?ツゥunion de tendance, Souvarine avait remarquテ?ツゥ le jeune militant du Pas-de-Calais, solide, limpide, sachant analyser simplement une situation concrテ?ツィte.

L'irrテ?ツゥsistible ascension d'un jeune ouvrier communiste (1924-1930) | modifier le code

Maurice Thorez commence alors une ascension spectaculaire au sein du jeune parti communiste : Secrテ?ツゥtaire テ?ツ la propagande de son dテ?ツゥpartement en janvier 1923, il devient permanent au printemps de la mテ?ツェme annテ?ツゥe. Il fait partie de ces jeunes ouvriers que le parti voudrait former et promouvoir テ?ツ des postes de responsabilitテ?ツゥ. Ainsi le 30 mai 1923, Souvarine テ?ツゥcrivant de Moscou au Bureau politique qu'il faudrait envoyer une vingtaine d'テ?ツゥlテ?ツィves en URSS pour suivre des cours de marxisme le prend en exemple : テ?ツォ テ?ツ? mon avis, l'テ?ツゥlテ?ツィve type d'une telle テ?ツゥcole serait par exemple Thorez, du Pas-de-Calais テ?ツサ. Thorez impressionne テ?ツゥgalement les militants du Pas-de-Calais qui le dテ?ツゥlテ?ツィguent au congrテ?ツィs national de Lyon, en janvier 1924 oテ?ツケ il est テ?ツゥlu supplテ?ツゥant du Comitテ?ツゥ directeur.

Au printemps 1924, au Comitテ?ツゥ directeur, Souvarine テ?ツゥtait en opposition avec la nouvelle majoritテ?ツゥ emmenテ?ツゥe par Albert Treint et ardemment soutenue par l'IC dominテ?ツゥe par Zinoviev. テ?ツ? la confテ?ツゥrence des secrテ?ツゥtaires fテ?ツゥdテ?ツゥraux, Thorez, toujours liテ?ツゥ テ?ツ Souvarine, vote contre les thテ?ツィses de la majoritテ?ツゥ. Il soutient テ?ツゥgalement le projet de Souvarine d'テ?ツゥditer une traduction de la brochure de Trotski "Cours nouveau" et entraテ?ツョne avec lui la commission exテ?ツゥcutive du Pas-de-Calais. Il faut que l'IC envoie Gouralski dans le Pas-de-Calais pour faire obtenir de la commission exテ?ツゥcutive un vote favorable aux thテ?ツィses de l'IC. Thorez, isolテ?ツゥ, se rテ?ツゥfugie dans l'abstention. Dans les mois qui suivent, Souvarine est exclu et Thorez doit se rallier テ?ツ la politique de la Troテ?ツッka (Zinoviev, Kamenev, Staline) dont les porte-parole en France sont alors Albert Treint et Suzanne Girault. En novembre, Thorez devient secrテ?ツゥtaire adjoint permanent de la rテ?ツゥgion Nord. Dテ?ツゥlテ?ツゥguテ?ツゥ au congrテ?ツィs national de Clichy, il y est テ?ツゥlu membre titulaire du Comitテ?ツゥ central, et le 28 janvier 1925, il entre テ?ツ la commission d'organisation.

C'est テ?ツ ce titre qu'il participe テ?ツ Moscou, en mars 1925 テ?ツ la confテ?ツゥrence d'organisation de l'IC, clテ?ツエturテ?ツゥe par une rencontre collective avec Staline. Le 13 juillet 1925, Suzanne Girault le coopte au bureau politique du parti franテ?ツァais.

Thorez est alors chargテ?ツゥ de l'action contre la guerre du Maroc. Au sein du bureau politique, Thorez est amenテ?ツゥ テ?ツ s'opposer テ?ツ Treint テ?ツ qui il reproche son sectarisme. Il reste partisan, avec Pierre Semard, d'une politique de Front Unique. Alors que l'influence de Zinoviev dテ?ツゥcline, Thorez et Sテ?ツゥmard reテ?ツァoivent le soutien de Manouテ?ツッlski contre Treint, Girault et Doriot qui apparaテ?ツョt de plus en plus comme le seul rival de Thorez.

En fテ?ツゥvrier 1926, au 6e plテ?ツゥnum de l'Internationale, テ?ツ Moscou, Thorez se prononce contre la rテ?ツゥintテ?ツゥgration de Souvarine. Ce n'est pas encore suffisant pour qu'il ait la pleine confiance de Staline qui prononce la disgrテ?ツ「ce de Treint et Girault. Au congrテ?ツィs national de Lille, en juin 1926, Thorez est confirmテ?ツゥ au bureau politique, parmi 12 autres membres dont le secrテ?ツゥtaire en titre, Pierre Sテ?ツゥmard. Thorez, qui reste secrテ?ツゥtaire テ?ツ l'organisation est naturellement l'un des hommes forts de cette テ?ツゥquipe.

Le 22 avril 1927, Albert Sarraut ministre de l'Intテ?ツゥrieur avait annoncテ?ツゥ テ?ツ Alger : テ?ツォ Le communisme voilテ?ツ l'ennemi. テ?ツサ Thorez avait dテ?ツゥjテ?ツ テ?ツゥtテ?ツゥ condamnテ?ツゥ テ?ツ des amendes テ?ツ cause de son action contre la guerre du Maroc. Le 30 juillet, des inspecteurs de police essaient de l'interpeler devant le siテ?ツィge du PC, rue Lafayette, mais il rテ?ツゥussit テ?ツ s'enfuir et passe dans la clandestinitテ?ツゥ.

C'est テ?ツ ce moment que l'Internationale demande aux diffテ?ツゥrents partis nationaux d'opテ?ツゥrer un revirement, d'abandonner le テ?ツォ Front unique テ?ツサ pour une nouvelle politique テ?ツォ classe contre classe テ?ツサ. Thorez essaye de rテ?ツゥsister jusqu'en septembre, mais finit par obtempテ?ツゥrer, et c'est lui qui devient le champion de cette nouvelle ligne, contre l'avis de Pierre Sテ?ツゥmard et d'autres dirigeants alors emprisonnテ?ツゥs テ?ツ la Santテ?ツゥ.

En 1928, Maurice Thorez est l'un des principaux dirigeants du Parti communiste, il souhaite s'ancrer dans une circonscription et son choix se porte sur Ivry-sur-Seine, une commune de la banlieue rouge, oテ?ツケ il se prテ?ツゥsente comme dテ?ツゥputテ?ツゥ, mais sans pouvoir faire campagne, car il est toujours clandestin. Son rテ?ツゥsultat est honorable, mais il est battu, comme la plupart des candidats communistes qui paient ainsi l'isolement qui rテ?ツゥsulte de la ligne テ?ツォ classe contre classe テ?ツサ. Activement recherchテ?ツゥ par la police, il part テ?ツ Bruxelles, puis participe au VIe congrテ?ツィs de l'Internationale communiste oテ?ツケ il continue テ?ツ dテ?ツゥfendre une position テ?ツォ gauchisante テ?ツサ. Pierre Semard, le secrテ?ツゥtaire gテ?ツゥnテ?ツゥral en titre est alors trテ?ツィs affaibli par le peu d'enthousiasme dont il fait preuve vis-テ?ツ-vis de la ligne officielle. Le poste de secrテ?ツゥtaire gテ?ツゥnテ?ツゥral est supprimテ?ツゥ. Thorez apparaテ?ツョt un temps comme le principal dirigeant du parti, mais aprテ?ツィs le VIe congrテ?ツィs national tenu テ?ツ Saint-Denis en mars 1929, le pouvoir passe entre les mains d'une テ?ツゥquipe ultra-gauchisante composテ?ツゥe de 2 dirigeants des J.C. (Jeunesses communistes), Barbテ?ツゥ, Cテ?ツゥlor et de Gitton (chargテ?ツゥ du contrテ?ツエle politique de la CGTU) s'appuyant sur les responsables venant de la J.C.

Les affrontements se multipliテ?ツィrent avec les dirigeants plus expテ?ツゥrimentテ?ツゥs comme Vassart ou Ferrat. Le conflit fut arbitrテ?ツゥ テ?ツ Moscou en juin 1930. En sortit une nouvelle direction composテ?ツゥe de Thorez (secrテ?ツゥtaire gテ?ツゥnテ?ツゥral bien que ce titre ne fut pas employテ?ツゥ publiquement), Barbテ?ツゥ et Frachon, avec pour objectif de rectifier les excテ?ツィs sectaires.

C'est テ?ツ ce moment que Thorez effectue un sテ?ツゥjour de onze mois en prison. Il est arrテ?ツェtテ?ツゥ le 9 juin 1929. En fテ?ツゥvrier 1930, Thorez peut テ?ツェtre libテ?ツゥrテ?ツゥ s'il paie une amende. Ceci est contraire aux rテ?ツィgles en usage dans le parti. Il demande une dテ?ツゥrogation au bureau politique qui refuse テ?ツ l'unanimitテ?ツゥ. Passant outre, Thorez verse l'amende de 500 francs et retrouve la libertテ?ツゥ le 23 avril. Cet acte d'indiscipline se montre payant, car l'IC prend alors partie contre le bureau politique et Barbテ?ツゥ doit faire son autocritique.

L'テ?ツゥquipe dirigeante se rend alors テ?ツ Moscou oテ?ツケ l'IC qui n'a pas encore renoncテ?ツゥ officiellement テ?ツ la tactique テ?ツォ classe contre classe テ?ツサ et テ?ツ la dテ?ツゥnonciation du テ?ツォ social-fascisme テ?ツサ demande alors テ?ツ Thorez de prテ?ツゥparer un tournant dans l'autre sens. C'est au cours de ce voyage テ?ツ Moscou que Thorez rencontre, dans l'hテ?ツエtel symbolique du Gotha communiste, le Lux テ?ツ Moscou, une jeune ouvriテ?ツィre du textile en stage, Jeannette Vermeersch qui devient sa compagne, puis sa femme.

L'accテ?ツィs au secrテ?ツゥtariat gテ?ツゥnテ?ツゥral (1930-1935) | modifier le code

Maurice Thorez, dテ?ツゥputテ?ツゥ de la Seine (1932).

テ?ツ? son retour de Moscou, dテ?ツゥbut juillet, Thorez est plus ou moins le nouveau secrテ?ツゥtaire gテ?ツゥnテ?ツゥral du parti, mテ?ツェme si le poste n'a pas encore テ?ツゥtテ?ツゥ officiellement recrテ?ツゥテ?ツゥ. Il doit pendant quelques mois continuer de faire テ?ツゥquipe avec Barbテ?ツゥ jusqu'en avril 1931. Le 8 mai, fort du soutien de l'IC, reprテ?ツゥsentテ?ツゥe テ?ツ Paris par le Slovaque Eugen Fried, Thorez annonce au bureau politique qu'il prend la fonction de secrテ?ツゥtaire gテ?ツゥnテ?ツゥral, assistテ?ツゥ de Jacques Duclos et Benoテ?ツョt Frachon. En fait, il est loin d'テ?ツェtre assurテ?ツゥ du soutien total de l'IC puisqu'en juillet, il envoie une lettre テ?ツ l'IC oテ?ツケ il fait part de son dテ?ツゥcouragement et prテ?ツゥsente sa dテ?ツゥmission.

La rテ?ツゥponse vient en aoテ?ツサt sous la forme de la venue テ?ツ Paris de Manouテ?ツッlski, le responsable de l'IC qui suit le parti franテ?ツァais depuis longtemps. Il dテ?ツゥsigne le groupe des jeunes, Barbテ?ツゥ, Celor et Lozeray comme responsables des mauvais rテ?ツゥsultats du parti. Avec l'encouragement de Fried, Thorez prend ses distances avec la ligne sectaire テ?ツ laquelle il a pourtant pleinement participテ?ツゥ depuis 1928. Le 13 octobre, il dテ?ツゥclare テ?ツ un meeting テ?ツ la salle Bullier :

テ?ツォ Nous voulons que chaque membre du Parti puisse librement et sans crainte, exprimer son opinion, critiquer les directions, la discipline nテ?ツゥcessaire n'テ?ツゥtant que le rテ?ツゥsultat de la conviction et de la soumission aux dテ?ツゥcisions rテ?ツゥguliテ?ツィrement prises par les organismes qualifiテ?ツゥs, aprテ?ツィs discussion. テ?ツサ

La ligne sectaire avait en effet opテ?ツゥrテ?ツゥ des ravages dans le parti : entre 1927 et 1931, les effectifs avaient chutテ?ツゥ de 55 000 テ?ツ 25 000. Aux テ?ツゥlections lテ?ツゥgislatives de 1932, le parti communiste tombe テ?ツ son plus bas niveau (6,8 %). La plupart des dirigeants sont battus. Thorez fait exception, l'emportant de justesse dans la circonscription d'Ivry-sur-Seine. Cette victoire lui donne enfin un fief en milieu ouvrier. Cela lui est particuliテ?ツィrement utile pour triompher de son rival Jacques Doriot, qui n'a pas renoncテ?ツゥ テ?ツ lui prendre la premiテ?ツィre place dans la rivalitテ?ツゥ et qui est lui aussi テ?ツゥlu dans un autre bastion ouvrier, Saint-Denis. En septembre 1932, lors du 12e plenum de l'IC, les deux hommes en viennent aux mains dans un square de Moscou.

Le テ?ツォ rテ?ツィgne テ?ツサ de Thorez sur le parti dure plus de trente ans. Son ascension jusqu'テ?ツ la plus haute fonction au sein du parti rテ?ツゥsulte テ?ツ la fois de qualitテ?ツゥ personnelles qui s'imposent テ?ツ tous et d'une parfaite discipline vis-テ?ツ-vis de l'Internationale Communiste dont il a toujours dテ?ツゥfendu les positions. Son maintien テ?ツ la tテ?ツェte du parti pendant plusieurs dテ?ツゥcennies est aussi celui d'une テ?ツゥquipe dirigeante au premier rang de laquelle on retrouve toujours Jacques Duclos et Benoテ?ツョt Frachon. Jusqu'テ?ツ la Seconde Guerre mondiale, Eugen Fried, qui devient un ami personnel de Thorez est en fait l'テ?ツゥminence grise et a tout pouvoir sur les dirigeants du Parti franテ?ツァais. テ?ツ? partir de fテ?ツゥvrier 34, la vie commune avec Jeannette Vermeersch contribue テ?ツ テ?ツゥquilibrer la vie politique et affective de Maurice Thorez qui arrive par ailleurs テ?ツ prテ?ツゥserver ses matinテ?ツゥes pour lire, テ?ツゥtudier et テ?ツゥcrire, souvent dans son bureau de la chambre des dテ?ツゥputテ?ツゥs. Il garde toujours une certaine distance avec les autres membres de la direction.

Les annテ?ツゥes 1932-1934 sont marquテ?ツゥes sur le plan international, par l'arrivテ?ツゥe au pouvoir d'Hitler, et en France par de timides tentatives de l'テ?ツゥquipe Thorez de sortir le parti de son isolement. En janvier 1933, Thorez et Doriot rencontrent des membres de la SFIO. L'IC condamne ce rapprochement, mais aprテ?ツィs la prise du pouvoir par Hitler, demande テ?ツ tous les partis nationaux de renoncer aux attaques contre les organisations socialistes テ?ツォ durant l'action commune contre l'offensive du capital et contre le fascisme テ?ツサ. Thorez envoie un tテ?ツゥlテ?ツゥgramme テ?ツ l'IC pour lui demander de prendre contact avec l'Internationale ouvriテ?ツィre socialiste. Le parti franテ?ツァais est alors violemment dテ?ツゥsavouテ?ツゥ par l'IC. En dテ?ツゥcembre 1933, Thorez et Frachon se rendent テ?ツ Moscou oテ?ツケ Andrテ?ツゥ Marty, dテ?ツゥlテ?ツゥguテ?ツゥ permanent auprテ?ツィs du Komintern ne cesse de dテ?ツゥnoncer les illusions dテ?ツゥmocratiques de la direction franテ?ツァaise. Ils doivent faire leur autocritique et accepter que Marty vienne contrテ?ツエler lテ「ツ?ツ?Humanitテ?ツゥ.

Lorsque survinrent les テ?ツゥvテ?ツィnements de fテ?ツゥvrier 1934, Thorez テ?ツゥtait trテ?ツィs affaibli テ?ツ la direction du parti. Doriot se fait le champion d'une politique de テ?ツォ Front unique テ?ツサ, au sein du Bureau politique dont les membres sont de plus en plus rテ?ツゥceptifs テ?ツ ce discours. Mais Thorez rテ?ツゥsiste. Pour des raisons de sテ?ツゥcuritテ?ツゥ, il va se cacher テ?ツ Barbizon et n'apparaテ?ツョt pas lors de la manifestation unitaire du 12 fテ?ツゥvrier. Son nom ne rテ?ツゥapparaテ?ツョt dans l'Humanitテ?ツゥ que le 8 mars. テ?ツォ Le Parti communiste, テ?ツゥcrit-il, テ「ツ?ツヲ ne tolテ?ツゥrera jamais une politique d'entente au sommet, une politique de recul et d'abdication devant le social-fascisme. テ?ツサ

Lors du comitテ?ツゥ central du 14 mars, Thorez est pris テ?ツ partie par Renaud-Jean et Doriot. Ce dernier dテ?ツゥmissionne alors de son mandat de maire de Saint-Denis pour se faire rテ?ツゥテ?ツゥlire triomphalement le 6 mai par les trois quarts de ses テ?ツゥlecteurs. Devant cet acte d'indiscipline manifeste, ni Thorez, ni l'IC ne provoquent la rupture, et Manouテ?ツッlski invite テ?ツ Moscou Thorez et Doriot pour que chacun prテ?ツゥsente ses positions. Doriot, dテ?ツゥjテ?ツ engagテ?ツゥ sur la voie de la rupture, dテ?ツゥcline l'invitation, et Thorez part seul le 26 avril. Le 16 mai, テ?ツ une rテ?ツゥunion de Prテ?ツゥsidium de l'IC, Manouテ?ツッlski fixe pour objectif la reconquテ?ツェte de Saint-Denis et l'isolement de Doriot, mais les moyens qu'il indique pour y parvenir, une politique de Front unique dirigテ?ツゥe vers les ouvriers socialistes, revient en fait テ?ツ pratiquer la politique de Doriot.

Le 11 juin, les socialistes Blum et Zyromski rencontrent les communistes Frachon, Gitton et Thorez lui-mテ?ツェme. Lors de la confテ?ツゥrence nationale de juin 1934 テ?ツ Ivry, Thorez propose l'unitテ?ツゥ d'action et l'unitテ?ツゥ syndicale テ?ツ tout prix. Le tournant de l'antifascisme テ?ツゥtait pris, et la route pour le Front populaire ouverte. Thorez avait freinテ?ツゥ ce tournant vers une politique de Front unique, mais テ?ツ partir de juin 1934, encouragテ?ツゥ par Fried, il s'enhardit et devance de plusieurs mois les mots d'ordre du Komintern. Le 9 dテ?ツゥcembre, il dテ?ツゥfend sa politique devant le prテ?ツゥsidium de l'IC par un remarquable plaidoyer qui impressionne Manouilsky et fait oublier sa piteuse prestation du mois de mai.

Le Front populaire et l'avant-guerre (1935-1939) | modifier le code

Article dテ?ツゥtaillテ?ツゥ : Histoire du Parti communiste franテ?ツァais.

En France, aprテ?ツィs des annテ?ツゥes de dテ?ツゥclin, les organisations communistes recrutent et retrouvent leur dynamisme. Thorez est l'incarnation des nouvelles valeurs du parti : l'antimilitarisme des annテ?ツゥes 1920 est oubliテ?ツゥ, et dans une certaine mesure l'anticolonialisme, au profit de valeurs plus traditionnelles et l'adoption de mythes et de symboles nationaux comme le drapeau tricolore ou Jeanne d'Arc. Les camarades du parti sont invitテ?ツゥs テ?ツ cesser d'テ?ツェtre des rテ?ツゥvolutionnaires professionnels le dimanche pour s'intテ?ツゥresser テ?ツ leurs compagnes et テ?ツ leur famille. Cette politique est sanctionnテ?ツゥe en avril et mai 1936 par d'excellents rテ?ツゥsultats テ?ツゥlectoraux.

Le 17 avril 1936, dans une allocution radiodiffusテ?ツゥe, Thorez tend la main aux catholiques et aux Croix-de-feu. En juin 1936, selon Claude Pennetier, son rテ?ツエle fut important dans les grテ?ツィves de juin 1936 et son intervention le 11 juin, quatre jours aprテ?ツィs les Accords de Matignon (テ?ツォ Il faut savoir terminer une grテ?ツィve dテ?ツィs que satisfaction a テ?ツゥtテ?ツゥ obtenue テ?ツサ), dテ?ツゥterminante dans leur achテ?ツィvement. Sans participer au gouvernement, il s'entretient avec Lテ?ツゥon Blum chaque semaine. En aoテ?ツサt 1936, il propose d'テ?ツゥlargir vers la droite le Front populaire en faisant, sur la base de l'antifascisme, un テ?ツォ Front des Franテ?ツァais テ?ツサ. Ceci n'empテ?ツェche pas le parti communiste de dテ?ツゥnoncer la non-intervention en Espagne et de s'investir massivement dans le soutien テ?ツ l'Espagne rテ?ツゥpublicaine.

C'est テ?ツ cette テ?ツゥpoque que Thorez, suivant le modテ?ツィle de Staline en URSS, instaure, au sein du parti, un certain culte vis-テ?ツ-vis de sa personne. En effet, Thorez a une grande admiration pour Staline. Pour renforcer son image personnelle, il publie, en 1937, une autobiographie, Fils du peuple, テ?ツゥcrite en fait par Jean Frテ?ツゥville qui sous-traitait lui-mテ?ツェme la biographie テ?ツ un autre nテ?ツィgre et devait, selon la suggestion de Paul Vaillant-Couturier, incarner l'histoire du communisme franテ?ツァais2. Thorez dテ?ツゥdicace テ?ツ Staline un exemplaire publiテ?ツゥ en 1937 aux テ?ツ?ditions sociales internationales (E.S.I.) : テ?ツォ Au camarade Staline, le constructeur gテ?ツゥnial du socialisme, le chef aimテ?ツゥ des travailleurs du monde entier, le guide des peuples, le Maテ?ツョtre et l'ami, qui me fit, un jour heureux entre tous, le grand honneur de me recevoir, en tテ?ツゥmoignage de ma fidテ?ツゥlitテ?ツゥ absolue et de mon amour filial3. テ?ツサ

La popularitテ?ツゥ de Thorez atteint alors son plus haut niveau. Le 24 juin 1937, on entendit des manifestants scander, place de la Nation, テ?ツォ Thorez au pouvoir テ?ツサ.

Aprテ?ツィs Munich, l'annテ?ツゥe 1939 est placテ?ツゥe sous le signe de la menace de guerre. En janvier, テ?ツ la confテ?ツゥrence nationale de Gennevilliers, Thorez consacre une grande partie de son rapport テ?ツ la question paysanne. Il participe テ?ツゥgalement テ?ツ Ivry テ?ツ la cテ?ツゥlテ?ツゥbration de la Rテ?ツゥvolution franテ?ツァaise テ?ツ l'occasion de son 150e anniversaire. En fテ?ツゥvrier, lors d'une tournテ?ツゥe en Algテ?ツゥrie, il テ?ツゥvoque テ?ツォ le peuple algテ?ツゥrien uni autour de la France テ?ツサ en ajoutant テ?ツォ Il y a une nation algテ?ツゥrienne qui se constitue, elle aussi, dans le mテ?ツゥlange de vingt races テ?ツサ.

La Seconde Guerre mondiale (1939-1944) | modifier le code

L'annonce du Pacte germano-soviテ?ツゥtique, le 23 aoテ?ツサt 1939, et la dテ?ツゥclaration de guerre, le 3 septembre, bouleversent complテ?ツィtement la situation du parti communiste. Il semble que Thorez, en vacances dans les Alpes, n'ait pas テ?ツゥtテ?ツゥ mis au courant de la signature du pacte. Fried lui-mテ?ツェme n'apprend la nouvelle qu'テ?ツ Bruxelles, centre de regroupement de l'IC, en cas de crise. テ?ツ? Paris, lテ「ツ?ツ?Humanitテ?ツゥ est saisie dテ?ツィs le 25 aoテ?ツサt 1939. Le 1er septembre, le groupe parlementaire communiste rテ?ツゥuni sous la prテ?ツゥsidence de Thorez dテ?ツゥcide de voter les crテ?ツゥdits de guerre pour rテ?ツゥagir テ?ツ l'agression allemande contre la Pologne. Le 3 septembre 1939, Thorez rテ?ツゥpond テ?ツ l'ordre de mobilisation et rejoint son rテ?ツゥgiment, le 3e rテ?ツゥgiment du gテ?ツゥnie4, テ?ツ Arras. Les hommes テ?ツゥtaient en effet mobilisables jusqu'テ?ツ quarante ans.

テ?ツ? partir de la mi-septembre, l'IC fait parvenir des consignes demandant clairement de dテ?ツゥnoncer la guerre comme テ?ツゥtant le fait de l'impテ?ツゥrialisme britannique. Le parti communiste est interdit le 26 septembre. Le secrテ?ツゥtaire de l'IC, Dimitrov envoie un tテ?ツゥlテ?ツゥgramme enjoignant au secrテ?ツゥtaire gテ?ツゥnテ?ツゥral du parti franテ?ツァais de dテ?ツゥserter. Mounette Dutilleul, en compagnie de Jeannette Vermeersch, enceinte, porte le message テ?ツ Chauny, oテ?ツケ Maurice Thorez est en garnison. テ?ツォ Qu'en pensent Benoテ?ツョt et Jacques ? テ?ツサ (Frachon et Duclos) aurait demandテ?ツゥ Thorez qui se soumet テ?ツ la dテ?ツゥcision de l'IC comme il l'a fait tout au long de sa carriテ?ツィre. Le couple Thorez-Vermeersch est embarquテ?ツゥ dans la 11 CV du militant Pelayo, passe en Belgique avant de rejoindre Moscou via Stockholm, quelques semaines plus tard. Thorez est donc considテ?ツゥrテ?ツゥ comme dテ?ツゥserteur5.

Thorez arrive テ?ツ Moscou le 8 novembre 1939. Il s'installe dans une proche banlieue de Moscou, parmi d'autres テ?ツォ clandestins テ?ツサ, se laisse pousser la barbe et se fait appeler Ivanov. Officiellement, Thorez est restテ?ツゥ en France jusqu'en 1943, date テ?ツ laquelle il se serait rendu テ?ツ Moscou pour la dissolution de l'Internationale. Cette version de l'histoire a テ?ツゥtテ?ツゥ maintenue par le PCF jusqu'テ?ツ la fin des annテ?ツゥes 1960. Il retrouve l'autre dirigeant franテ?ツァais Andrテ?ツゥ Marty, bien en vue auprテ?ツィs des Soviテ?ツゥtiques et des responsables du Komintern, toujours prテ?ツェt テ?ツ critiquer le parti franテ?ツァais. Jusqu'en juin 1941, au moins, Thorez, reste en contact avec la direction clandestine du parti restテ?ツゥe en France. A-t-il eu un rテ?ツエle important dans les diffテ?ツゥrentes orientations prises par le parti, pourparlers pour la reparution de lテ「ツ?ツ?Humanitテ?ツゥ en juin-juillet 1940, politique de semi-lテ?ツゥgalisation en aoテ?ツサt-septembre, politique de Front national au printemps 1941 ? Les archives du Komintern テ?ツ Moscou ne sont pas trテ?ツィs claires sur ce point.

En automne 1941, l'offensive allemande provoque l'テ?ツゥvacuation des Thorez テ?ツ Oufa, dans l'Oural. Il n'a pratiquement rien テ?ツ faire, doit rester clandestin et vit une des pテ?ツゥriodes les plus sombres de son existence. Il supporte difficilement que De Gaulle autorise Marty テ?ツ se rendre テ?ツ Alger pour prendre la tテ?ツェte de la dテ?ツゥlテ?ツゥgation communiste alors que lui, Thorez, reste personna non grata pour cause de dテ?ツゥsertion.

Le 20 janvier 1944, il est reテ?ツァu par la dテ?ツゥlテ?ツゥgation de la France libre テ?ツ Moscou. Il raconte qu'il est restテ?ツゥ テ?ツォ テ?ツ son poste de combat テ?ツサ, en France, jusqu'en mai 1943 et demande テ?ツ rejoindre Alger. De Gaulle rテ?ツゥpond quelques semaines plus tard que la condamnation de Thorez pour dテ?ツゥsertion garde force de loi.

Aprテ?ツィs l'installation テ?ツ Paris le 31 aoテ?ツサt 1944, du gouvernement provisoire de la Rテ?ツゥpublique franテ?ツァaise (GPRF) qui comprend deux ministres communistes, le PCF mテ?ツィne une campagne pour exiger le retour de Maurice Thorez qui envoie lui-mテ?ツェme un tテ?ツゥlテ?ツゥgramme テ?ツ De Gaulle, le 17 octobre. Le 28 octobre, le conseil des ministres donne un avis favorable au retour de Thorez en mテ?ツェme temps qu'il donne l'ordre de dissoudre les milices patriotiques. Le 6 novembre, quelques jours avant le voyage de De Gaulle テ?ツ Moscou, Thorez bテ?ツゥnテ?ツゥficie d'une grテ?ツ「ce individuelle et rentre en France le 27 novembre.

Maurice Thorez avait une grande admiration pour Charles Pテ?ツゥguy6.

Le retour en France et les dテ?ツゥbuts de la guerre froide (1944-1950) | modifier le code

De retour en France, Maurice Thorez retrouve sans problテ?ツィme sa place au premier rang du PCF, qui est, depuis la dissolution de l'IC, le nom officiel de l'ex-Section Franテ?ツァaise de l'Internationale Communiste. La popularitテ?ツゥ qu'il avait acquise avant-guerre reste intacte. Il bテ?ツゥnテ?ツゥficie テ?ツゥgalement du prestige de Rテ?ツゥsistant, car d'aprテ?ツィs la logique de propagande du parti, le secrテ?ツゥtaire gテ?ツゥnテ?ツゥral du テ?ツォ parti des fusillテ?ツゥs テ?ツサ ne peut qu'avoir テ?ツゥtテ?ツゥ un rテ?ツゥsistant. Ainsi, Marcel Prenant, biologiste et authentique membre de la direction des FTPF sous l'occupation, prend-il la parole au congrテ?ツィs de Paris, en juin 1945, en ces termes :

テ?ツォ テ「ツ?ツヲSalut テ?ツ Maurice Thorez, le premier en date des combattants sans uniforme, contre le fascisme hitlテ?ツゥrien et les traテ?ツョtres ! Salut テ?ツ Maurice Thorez, le premier des francs-tireurs et des partisans franテ?ツァais !テ「ツ?ツヲ テ?ツサ

Plus tard, dans l'テ?ツゥdition de Fils du peuple de 1947, on peut lire :

テ?ツォ La direction du Parti prit la dテ?ツゥcision juste de me faire passer テ?ツ l'activitテ?ツゥ clandestineテ「ツ?ツヲ Le 4 octobre (1939), je repris ma place テ?ツ la tテ?ツェte des militants communistes traquテ?ツゥs et persテ?ツゥcutテ?ツゥsテ「ツ?ツヲEn 1943, en ma qualitテ?ツゥ de membre du Bureau de l'Internationale, je participais テ?ツ Moscou aux dテ?ツゥlibテ?ツゥrations d'oテ?ツケ sortit la dissolutionテ「ツ?ツヲ テ?ツサ

Fin 1944, avec le retour de Thorez en France, le PCF tourne le dos aux tentations d'insurrection rテ?ツゥvolutionnaire en acceptant la dissolution des milices patriotiques. En septembre 1944, au nom de la CGT, Benoテ?ツョt Frachon avait lancテ?ツゥ la テ?ツォ bataille pour la production テ?ツサ. Le 21 juillet 1945, Maurice Thorez surenchテ?ツゥrit en dテ?ツゥclarant テ?ツ Waziers, dans le bassin houiller, devant des ouvriers impatients de voir leurs conditions s'amテ?ツゥliorer :

テ?ツォ Produire, c'est aujourd'hui la forme la plus テ?ツゥlevテ?ツゥe du devoir de classe, du devoir des Franテ?ツァais. Hier, notre arme テ?ツゥtait le sabotage, l'action armテ?ツゥe contre l'ennemi, aujourd'hui, l'arme, c'est la production pour faire テ?ツゥchec aux plans de la rテ?ツゥaction. テ?ツサ

En automne 1944, peu de temps aprテ?ツィs le retour de Thorez en France, De Gaulle avait rencontrテ?ツゥ Staline テ?ツ Moscou, et ce dernier, avait dテ?ツゥclarテ?ツゥ テ?ツ propos de Thorez : テ?ツォ Ne vous fテ?ツ「chez pas de mon indiscrテ?ツゥtionテ「ツ?ツヲ je me permets de vous dire que je connais Thorez, et qu'テ?ツ mon avis, il est un bon Franテ?ツァais ; si j'テ?ツゥtais テ?ツ votre place, je ne le mettrais pas en prisonテ「ツ?ツヲ du moins pas tout de suiteテ「ツ?ツヲ テ?ツサ Charles de Gaulle avait alors rテ?ツゥpondu : テ?ツォ Le gouvernement franテ?ツァais traite les Franテ?ツァais d'aprテ?ツィs les services qu'il attend d'eux. テ?ツサ

En automne 1945, le temps テ?ツゥtait donc venu pour Thorez, de prendre des responsabilitテ?ツゥs dans un gouvernement. Aprテ?ツィs les テ?ツゥlections pour l'assemblテ?ツゥe constituante d'octobre 1945, qui donnent 26,1 % des suffrages aux communistes, c'est comme ministre de la fonction publique, en compagnie de quatre autres ministres communistes qu'il fait son entrテ?ツゥe au gouvernement de de Gaulle. Il a rang de ministre d'テ?ツ?tat. Dans le gouvernement Fテ?ツゥlix Gouin, en janvier 1946, il est テ?ツォ vice-prテ?ツゥsident du conseil テ?ツサ. En novembre 1946, aprテ?ツィs des rテ?ツゥsultats テ?ツゥlectoraux meilleurs qu'ils n'avaient jamais テ?ツゥtテ?ツゥ, 28,6 %, et qui font du PCF テ?ツォ le premier parti de France テ?ツサ, Thorez revendique la prテ?ツゥsidence du conseil. Il affirme alors, dans une interview pour le Times du 18 novembre qu'il existe pour aller vers le socialisme テ?ツォ d'autres chemins que celui suivi par les communistes russes テ?ツサ. Finalement, seulement 261 sur 579 votants se portent sur son nom. Toujours vice-prテ?ツゥsident du conseil, Thorez ne quitte le gouvernement Ramadier, qu'en mai 1947, avec les 4 autres ministres communistes.

Pendant son passage au gouvernement, Thorez qui avait toujours su se montrer bon テ?ツゥlテ?ツィve aux yeux de Manouテ?ツッlski et de Staline, sait テ?ツゥgalement se montrer bon ministre. Ceux qui l'on cテ?ツエtoyテ?ツゥ, de Charles de Gaulle テ?ツ Jules Moch dテ?ツゥcrivent un ministre efficace, non dテ?ツゥnuテ?ツゥ du sens de l'テ?ツ?tat. Il mテ?ツィne テ?ツ bien la rテ?ツゥforme de la fonction publique et le statut de la fonction publique lui survit jusqu'au XXIe siテ?ツィcle. Trテ?ツィs proche de Marcel Paul depuis l'avant-guerre, il soutient activement sa lutte victorieuse pour la nationalisation de l'テ?ツゥlectricitテ?ツゥ et du gaz (loi du 8 avril 1946), puis des houillテ?ツィres.

Les historiens situent le dテ?ツゥbut de la guerre froide en 1947. Ce n'テ?ツゥtait pas si clair que テ?ツァa テ?ツ l'テ?ツゥpoque, puisque Thorez place le congrテ?ツィs de Strasbourg, en juin 1947 dans la perspective de la reconquテ?ツェte par le PCF de son rテ?ツエle de テ?ツォ parti de gouvernement テ?ツサ. Les choses ne deviennent claires que le 22 septembre 1947, テ?ツ la confテ?ツゥrence de Szklarska-Poreba, en Pologne, oテ?ツケ partis franテ?ツァais et italien sont mis en accusation devant le Kominform qui remplace plus ou moins le Komintern dテ?ツゥfunt. Avec la guerre froide, Thorez dirige le parti dans le contexte du stalinisme. Avec Jeannette Vermeersch, Le 17 septembre 1947, ils officialisent leur union テ?ツ la mairie de Choisy-le-Roi (actuel Val-de-Marne) aprテ?ツィs qu'il a divorcテ?ツゥ d'Aurore Memboeuf.

Ses prises de positions patriotiques de la pテ?ツゥriode 1944-47 font place テ?ツ des positions plus conformes テ?ツ la nouvelle ligne :

テ?ツォ テ「ツ?ツヲsi l'armテ?ツゥe soviテ?ツゥtique dテ?ツゥfendant la cause des peuples, la cause du socialisme, テ?ツゥtait amenテ?ツゥe テ?ツ pourchasser les agresseurs jusque sur notre sol, les travailleurs, le peuple de France pourrait-il se comporter envers l'armテ?ツゥe soviテ?ツゥtique autrement que les travailleurs, que les peuples de Pologne, de Roumanie, de Yougoslavie, etc. ? テ?ツサ

テ「ツ?ツ? 23 fテ?ツゥvrier 1949.

Lors de l'affaire Lyssenko, il approuve la thテ?ツゥorie des deux sciences, la bourgeoise et la prolテ?ツゥtarienne, au grand dam de Marcel Prenant, qui l'avait sacrテ?ツゥ rテ?ツゥsistant quelques annテ?ツゥes plus tテ?ツエt.

La maladie (1950-1956) | modifier le code

L'annテ?ツゥe 1950 voit culminer le culte de Staline7 et de Thorez テ?ツ l'occasion de leurs 70e et 50e anniversaire. C'est alors qu'テ?ツ l'apogテ?ツゥe de l'autoritテ?ツゥ qu'il exerce sur le PCF, il est victime d'une maladie qui l'テ?ツゥcarte pendant plusieurs annテ?ツゥes de la scテ?ツィne politique franテ?ツァaise, en mテ?ツェme temps qu'elle rend possible des luttes pour le pouvoir au sein du PCF. Victime d'une attaque d'hテ?ツゥmiplテ?ツゥgie le 10 octobre 1950, il part dans l'avion personnel d'Andreテ?ツッ Vychinski le 12 novembre se faire soigner en URSS, dテ?ツゥlテ?ツゥguant テ?ツ Jacques Duclos, comme en 1940, la conduite des affaires du PCF. Duclos n'a jamais essayテ?ツゥ de profiter de la situation pour テ?ツゥvincer son camarade. C'est Duclos qui rテ?ツィgle les テ?ツゥvictions de Marty et de Tillon, et Thorez ne rentre en France8 le 10 avril 1953 qu'aprテ?ツィs la mort de Staline, mais il repart bientテ?ツエt, laissant テ?ツ nouveau Duclos rテ?ツゥgler l'exclusion d'Auguste Lecテ?ツ?ur, l'テ?ツゥtoile montante du PCF depuis la pテ?ツゥriode de la Rテ?ツゥsistance. Il est encore difficile de dire si l'affaire Lecテ?ツ?ur est uniquement une affaire interne au PCF, Lecテ?ツ?ur ayant テ?ツゥtテ?ツゥ trop pressテ?ツゥ de remplacer Thorez, oテ?ツケ si, comme le pense l'historien Marc Lazar, Lecテ?ツ?ur avait テ?ツゥtテ?ツゥ chargテ?ツゥ par Souslov de transmettre au PCF des critiques contre Staline, et que dテ?ツゥjテ?ツ Thorez, aux cテ?ツエtテ?ツゥs de Molotov, se situe dans une attitude de rテ?ツゥsistance テ?ツ la dテ?ツゥstalinisation.

La fin du rテ?ツィgne Thorez (1956-1964) | modifier le code

En fテ?ツゥvrier 1956, Maurice Thorez conduit la dテ?ツゥlテ?ツゥgation franテ?ツァaise au XXe congrテ?ツィs du PC de l'Union soviテ?ツゥtique. Il est le seul, avec Mao, テ?ツ citer le nom de Staline dans son discours d'introduction. Dans la nuit du 25 au 26 fテ?ツゥvrier, il reテ?ツァoit une copie en russe d'un rapport secret rテ?ツゥdigテ?ツゥ par Nikita Khrouchtchev et destinテ?ツゥ aux partis frテ?ツィres. Ce rapport est traduit immテ?ツゥdiatement par Georges Cogniot en prテ?ツゥsence de Jacques Duclos et Pierre Doize.

テ?ツ? la fin du mois de mars, Thorez rend visite テ?ツ Togliatti, secrテ?ツゥtaire du parti italien, pour chercher un appui contre Khrouchtchev, mais, selon l'historien Philippe Robrieux, テ?ツォ Togliatti, tout en dテ?ツゥplorant la mテ?ツゥthode utilisテ?ツゥe par le leader russe, avait clairement manifestテ?ツゥ son choix en sens contraire. テ?ツサ C'est la rupture entre les dirigeants des deux partis les plus puissants d'Europe occidentale.

Le public franテ?ツァais apprend l'existence de ce rapport par la presse テ?ツォ bourgeoise テ?ツサ. Thorez avait d'abord choisi de dissimuler l'existence de ce rapport. Robrieux a テ?ツゥcrit que cette dissimulation est le fruit d'une discussion au sein du couple Thorez-Vermeersch, qui pensaient que le rapport allait rester enfoui dans les archives du PCUS テ?ツ Moscou et qu'il テ?ツゥtait de nature テ?ツ dテ?ツゥstabiliser les militants franテ?ツァais. テ?ツ? la table familiale, le jeune Jean Thorez, 20 ans, se serait exclamテ?ツゥ : テ?ツォ Nous sommes tous des assassins !9 テ?ツサ

La tombe de Maurice Thorez au cimetiテ?ツィre du Pテ?ツィre-Lachaise (division 97).

Au sein du PCF, des tiraillements se font sentir, de nombreux dirigeants se sentant plus proches de la position de Togliatti que de celle de Thorez. テ?ツ? la fin de 1956, l'affaire hongroise permet テ?ツ Thorez de reprendre la situation en main : de violentes manifestations anticommunistes qui ont lieu devant les locaux du parti rテ?ツゥveillent le テ?ツォ patriotisme de parti テ?ツサ : Thorez soutient Khrouchtchev et la rテ?ツゥpression de l'insurrection hongroise, et au sein du PCF, les rangs se resserrent autour de Thorez qui continue par ailleurs テ?ツ freiner la dテ?ツゥstalinisation au sein du mouvement communiste.

En 1959, Thorez doit faire face aux analyses krouchtchテ?ツゥviennes de Laurent Casanova et Marcel Servin, proches des positions italiennes : ils sont mis sur la touche. Mais テ?ツ partir de 1961, Thorez appuie Khrouchtchev contre Mao et les Albanais.

En mai 1964, affaibli par la maladie, il fait nommer Waldeck Rochet, plutテ?ツエt krouchtchテ?ツゥvien, au secrテ?ツゥtariat gテ?ツゥnテ?ツゥral du PCF lors du XVIIe congrテ?ツィs, alors que lui-mテ?ツェme prend le titre de prテ?ツゥsident.

Autour de 1960, Thorez soutient son テ?ツゥpouse, Jeannette Vermeersch, lorsqu'elle s'exprime en tant que vice-prテ?ツゥsidente de l'Union des femmes franテ?ツァaises, contre le テ?ツォ contrテ?ツエle des naissances テ?ツサ : テ?ツォ Le テ?ツォ birth control テ?ツサ, la maternitテ?ツゥ volontaire, est un leurre pour les masses populaires, mais c'est une arme entre les mains de la bourgeoisie contre les lois sociales. テ?ツサ Cette position va テ?ツ l'encontre de celles de nombreux militants, notamment dans les milieux mテ?ツゥdicaux. Thorez prend parti pour Jeannette en condamnant les thテ?ツィses nテ?ツゥo-malthusiennes.

Le 12 juillet 1964, il meurt brutalement lors d'une escale テ?ツ Istanbul en mer Noire, sur un bateau qui l'emmenait passer ses vacances (sa maladie lui interdisant l'avion), comme chaque テ?ツゥtテ?ツゥ, en URSS. Le PCF le fait ramener en France テ?ツ bord d'un Tupolev et lui organise des funテ?ツゥrailles grandioses, le 16 juillet 1964 テ?ツ Paris.

Synthテ?ツィse | modifier le code

Comme l'a テ?ツゥcrit Claude Pennetier, Maurice Thorez reste avec Palmiro Togliatti une des grandes figures du communisme en Europe occidentale, celle d'un ouvrier devenu dirigeant d'un des plus grands partis de France. L'influence controversテ?ツゥe de cet homme sur la vie politique franテ?ツァaise n'a pas fini d'alimenter la rテ?ツゥflexion.

Pour expliquer le destin de Thorez, Claude Pennetier met en avant テ?ツォ d'incontestables qualitテ?ツゥs de base : clartテ?ツゥ dans l'expression, sens de la synthテ?ツィse, comportement populaire (le goテ?ツサt de la chanson en fin de banquet) mais aussi un art de s'adapter aux diffテ?ツゥrents milieux qui devait faire l'admiration de la classe politique. Thorez avait surtout une grande intelligence des situations politiques qui lui permettait de tirer le meilleur parti des situations, quitte テ?ツ soutenir des positions qu'il avait d'abord combattues. テ?ツサ

Jean Bruhat, historien communiste a テ?ツゥcrit (le Monde, 13 juillet 1974) que テ?ツォ de toute conversation avec Thorez, un universitaire sortait abasourdi par la richesse de sa culture et sa fringale de connaissance. テ?ツサ Philippe Robrieux, biographe de rテ?ツゥfテ?ツゥrence de Thorez parle du professeur d'universitテ?ツゥ qu'il aurait pu テ?ツェtre et テ?ツゥvoque sa passion pour la gテ?ツゥologie et le latin. Il insiste aussi sur sa dテ?ツゥtermination テ?ツ se laisser une plage de temps pour la lecture et l'テ?ツゥtude.

Dans son テ?ツォ message de condolテ?ツゥances テ?ツサ, De Gaulle lui rend hommage テ?ツ sa maniテ?ツィre :

テ?ツォ テ?ツ? une テ?ツゥpoque dテ?ツゥcisive pour la France, le Prテ?ツゥsident Maurice Thorez a, テ?ツ mon appel, et comme membre de mon gouvernement, contribuテ?ツゥ テ?ツ maintenir l'unitテ?ツゥ nationale. テ?ツサ

Que s'est-il passテ?ツゥ entre sa volontテ?ツゥ d'テ?ツゥtudier sans a priori la テ?ツォ question russe テ?ツサ qu'il manifeste dans sa lettre テ?ツ Souvarine du 11 avril 1924 et son attitude lorsqu'il refuse d'admettre le contenu du rapport テ?ツォ secret テ?ツサ de Khrouchtchev lors du comitテ?ツゥ central du 9 mai 1956 ? Probablement la complaisance dont il a fait preuve vis-テ?ツ-vis du culte de la personnalitテ?ツゥ autour de sa personne et sa rテ?ツゥpugnance vis-テ?ツ-vis du travail collectif.

Philippe Robrieux conclut que ce militant sincテ?ツィre, totalement intテ?ツゥgrテ?ツゥ au mouvement communiste international, テ?ツゥtait devenu aprテ?ツィs sa maladie, le type le plus achevテ?ツゥ du secrテ?ツゥtaire gテ?ツゥnテ?ツゥral stalinien, corrompu par l'exercice d'un des pouvoirs les plus absolus de tous les temps. Le PCF lui doit sans doute ses heures de gloire, mais aussi certainement le retard dans la dテ?ツゥstalinisation pris dans les derniテ?ツィres annテ?ツゥes du rテ?ツィgne de Thorez.

Famille | modifier le code

Mariテ?ツゥ le 8 septembre 1923 avec Aurore Membテ?ツ?uf, sテ?ツゥparテ?ツゥ en 1930, divorcテ?ツゥ le 29 janvier 1947, remariテ?ツゥ le 17 septembre 1947 avec sa compagne Jeannette Vermeersch. Pテ?ツィre de quatre enfants : Maurice nテ?ツゥ en 1926 de son premier mariage, puis, de son union avec Jeannette Vermeersch, Jean en 1936, Paul en 1940, Pierre en 1946.

Chronologie | modifier le code

  • 1912 Embauchテ?ツゥ aux mines de Dourges
  • 1919 Militant テ?ツ la Section franテ?ツァaise de l'Internationale ouvriテ?ツィre (SFIO)
  • 1920 Il se rallie au mouvement communiste lors du congrテ?ツィs de Tours et y occupe rapidement des postes importants ; dテ?ツゥbut de son service militaire.
  • 1923 Secrテ?ツゥtaire de la fテ?ツゥdテ?ツゥration communiste du Pas-de-Calais. Mariage avec Aurore Memboeuf
  • 1924 secrテ?ツゥtaire de la rテ?ツゥgion Nord, permanent du parti communiste, membre supplテ?ツゥant du Comitテ?ツゥ directeur.
  • 1925 membre du bureau politique du PCF, aprテ?ツィs un flirt rapide avec l'opposition de gauche.
  • 1926 responsable テ?ツ l'organisation au sein du bureau
  • 1925-1926 Milite activement contre la guerre du Maroc
  • Etテ?ツゥ 1927-juin 1929 principal dirigeant du parti.
  • 1929-1930 Incarcテ?ツゥrテ?ツゥ pour provocation de militaires テ?ツ la dテ?ツゥsobテ?ツゥissance
  • Avril 1930- mai 1931 Dirige le parti avec Henri Barbテ?ツゥ.
  • テ?ツ partir de mai 1931 Dirigeant principal du parti (mais ne devient secrテ?ツゥtaire gテ?ツゥnテ?ツゥral en titre qu'en janvier 1936).
  • 1932 Dテ?ツゥputテ?ツゥ d'Ivry テ?ツ la Chambre des Dテ?ツゥputテ?ツゥs, dテ?ツゥlテ?ツゥguテ?ツゥ テ?ツ l'Assemblテ?ツゥe consultative provisoire, dテ?ツゥputテ?ツゥ de la Seine aux deux Assemblテ?ツゥes nationales constituantes (1945-1946), dテ?ツゥputテ?ツゥ テ?ツ l'Assemblテ?ツゥe Nationale, du 10 novembre 1946 テ?ツ sa mort.
  • 1934 Signe, au nom du PCF un pacte d'union nationale avec la SFIO et les radicaux crテ?ツゥant le Front populaire.
  • 1939 Dテ?ツゥserte (4 octobre) pour rejoindre la Belgique, puis Moscou (8 novembre), sur l'ordre de l'Internationale communiste. Condamnテ?ツゥ pour dテ?ツゥsertion, graciテ?ツゥ le 6 novembre 1944.
  • 1944 Revient en France (26 novembre) oテ?ツケ il reprend la direction du PCF
  • du 21 novembre 1945 au 26 janvier 1946 : Ministre d'テ?ツ?tat du gouvernement Charles de Gaulle (2)
  • du 26 janvier au 24 juin 1946 : Vice-prテ?ツゥsident du Conseil du gouvernement Fテ?ツゥlix Gouin
  • du 24 juin au 16 dテ?ツゥcembre 1946 : Vice-prテ?ツゥsident du Conseil du gouvernement Georges Bidault (1)
  • du 22 janvier au 4 mai 1947 : Ministre d'テ?ツ?tat, vice-prテ?ツゥsident du Conseil du gouvernement Paul Ramadier (1)
  • 1950 Frappテ?ツゥ brutalement d'hテ?ツゥmiplテ?ツゥgie, il part se faire soigner en URSS.
  • 1953 Retour en France. Il reprend ses fonctions テ?ツ la tテ?ツェte du PCF et les conservera jusqu'テ?ツ sa mort malgrテ?ツゥ ses problテ?ツィmes de santテ?ツゥ.
  • 1964 Dテ?ツゥcテ?ツィs

Hommage de l'URSS | modifier le code

L'universitテ?ツゥ linguistique de Moscou a pris le nom de Maurice Thorez de 1964 テ?ツ 199010.

Voir テ?ツゥgalement le timbre-poste placテ?ツゥ en tテ?ツェte de l'article.

Une ville aujourdテ「ツ?ツ?hui en Ukraine a テ?ツゥtテ?ツゥ nommテ?ツゥe, le 16 juillet 1964, Thorez (on テ?ツゥcrit aussi Torez en franテ?ツァais), pour lui rendre hommage. Cette ville porte toujours ce nom.

Notes et rテ?ツゥfテ?ツゥrences | modifier le code

  1. テ「ツ?ツ? Maurice Thorez, Fils du peuple, テ?ツ?ditions sociales,テ「ツ?ツ? 1949
  2. テ「ツ?ツ? テ?ツ?uvre remaniテ?ツゥe en 1949, 1954 et 1960 lors de ses diffテ?ツゥrentes rテ?ツゥテ?ツゥditions
  3. テ「ツ?ツ? Citテ?ツゥ dans Philippe Buton, テ?ツォ Le Parti communiste franテ?ツァais et le stalinisme au lendemain de la Seconde Guerre mondiale テ?ツサ, dans Journal of Modern European History.
  4. テ「ツ?ツ? Maurice Thorez, Fils du peuple, テ?ツ?ditions sociales,テ「ツ?ツ? 1949
  5. テ「ツ?ツ? Francis Crテ?ツゥmieux, Jacques Estager, Sur le Parti, 1939-1940, Messidor, 1983, pp.148-153,(ISBN 2201016461)
  6. テ「ツ?ツ? De Maurice Thorez テ?ツ Aragon : テ?ツォ Pourquoi ne t'occupes-tu pas de Charles Pテ?ツゥguy ? Pourquoi laisses-tu テ?ツ d'autres le soin d'en parler ? Pourquoi ne nous montres-tu pas comment Pテ?ツゥguy est aussi bien テ?ツ nous, aux ouvriers, au peuple, qu'aux autres, peut-テ?ツェtre mテ?ツェme davantage ? テ?ツサ ; voir publiテ?ツゥ par Louis Aragon avec une prテ?ツゥface de Vercors : "Deux voies franテ?ツァaises Pテ?ツゥguy - Pテ?ツゥri" ed.de minuit, 1944. Voir l'article de Jean Bastaire : "Thorez et Aragon admirateurs de Pテ?ツゥguy" dans Amitiテ?ツゥ Charles Pテ?ツゥguy, nテ?ツー 16 oct., dテ?ツゥcembre 1981.
  7. テ「ツ?ツ? Culte auquel Thorez participe au premier chef : テ?ツォ Stalinien : nous redisons bien haut, comme il y a vingt ans dテ?ツゥjテ?ツ, notre fiertテ?ツゥ de ce titre d'honneur et de gloire que nous nous efforテ?ツァons de mテ?ツゥriter ! Oui de tout notre cテ?ツ?ur, nous proclamons notre amour ardent pour Staline, et nous l'assurons de notre confiance inテ?ツゥbranlable ! テ?ツサ (dテ?ツゥclaration de 1949, extrait filmテ?ツゥ prテ?ツゥsent dans Banlieue rouge, Daniel Kupferstein, 2005).
  8. テ「ツ?ツ? Aragon テ?ツゥcrit テ?ツ ce propos son poテ?ツィme テ?ツォ Il revient. テ?ツサ
  9. テ「ツ?ツ? Philippe Robrieux, Histoire intテ?ツゥrieure du parti communiste franテ?ツァais, tome II, Fayard, 1981, pp. 436-437.
  10. テ「ツ?ツ? テ?ツォテ青?テ青セテ?ツテ?ツュテ青コテ青セテ青イテ?ツテ青コテ青クテ青ケ テ青クテ青ステ?ツ湘青キ テ青クテ青シテ青オテ青ステ青ク テ青?.テ青「テ青セテ?ツ?テ青オテ青キテ青ーテ?ツサ

Sources | modifier le code

  • Le rテ?ツゥcit autobiographique, Fils du peuple 1937-1960, est d'un grand intテ?ツゥrテ?ツェt sur l'enfance, la Premiテ?ツィre Guerre mondiale, et l'entrテ?ツゥe dans la vie militante de Maurice Thorez.

Bibliographie, autre que les sources de l'article | modifier le code

  • Georges Cogniot, Victor Joannテ?ツィs, Maurice Thorez, l'homme, le militant, Paris, テ?ツ?ditions sociales, 1970, 186 p.
  • Annie Kriegel, テ?ツォ Bureaucratie, culte de la personnalitテ?ツゥ et charisma. Le cas franテ?ツァais : Maurice Thorez, secrテ?ツゥtaire gテ?ツゥnテ?ツゥral du PCF (1900-1964) テ?ツサ, in Communismes au miroir franテ?ツァais, Paris, Gallimard, 1974
  • Jacqueline Mer, Le Parti de Maurice Thorez ou le Bonheur communiste franテ?ツァais, Paris, Payot, 1977, 237 p.
  • Guillaume Bourgeois, Annie Kriegel, Les communistes franテ?ツァais 1920-1970, Paris, Seuil, 1985, 400 p.
  • Serge Wolikow, Le Parti communiste franテ?ツァais et l'Internationale communiste (1925-1933), Th. d'テ?ツ?tat, Paris VIII, 1990, 2100 p.
  • Stテ?ツゥphane Sirot, Maurice Thorez, Paris, Presses de Sciences Po, 2000, 302 p.
  • Pierre Durand, Maurice Thorez, le fondateur, Pantin, Le temps des cerises, 2000, 258 p.
  • Damon Mayaffre, Le poids des mots. Le discours de gauche et de droite dans l'entre-deux guerres. Maurice Thorez, Lテ?ツゥon Blum, Pierre-Andrテ?ツゥ Flandin et Andrテ?ツゥ Tardieu (1928-1939), Paris, Honorテ?ツゥ Champion, 2000, pp.166-219 et pp.483-544.
  • Annette Wieviorka, Maurice et Jeannette. Biographie du couple Thorez , テ?ツゥd. Fayard, 2010

Voir aussi | modifier le code

Articles connexes | modifier le code

Liens externes | modifier le code