Marie-Thérèse Ire de Hongrie
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Tableau par Raphaël Mengs.
Marie-Thérèse de Habsbourg, née à Vienne, le 13 mai 1717, décédée à Vienne, le 29 novembre 1780, fut impératrice, épouse de François Ier, empereur du Saint-Empire romain germanique.
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[] Une héritière bien entourée
Fille de l'empereur Charles VI et de l'impératrice, née Élisabeth-Christine de Brunswick-Wolfenbüttel, Marie-Thérèse était donc archiduchesse d'Autriche par sa naissance. De ses frères et s?urs, une seule survit à l'enfance : Marie-Anne (1718-1744).
Par la Pragmatique Sanction qu'édicte son père en 1713, et en l'absence d'héritiers mâles, Marie-Thérèse devait recevoir la totalité des États des Habsbourg, qui sinon auraient été morcelés entre les différents héritiers de l'empereur Léopold Ier. Cette règle de succession posa problème aux cours européennes, qui auraient préféré voir la Maison de Habsbourg affaiblie.
[] Une succession très disputée
À la mort de l'empereur son père en 1740, Marie-Thérèse est trahie de tous côtés et par ceux-là même qui s'étaient engagés à la soutenir. Elle fut attaquée par ses voisins et parents, et dut mener sans soutien ni argent la guerre de Succession d'Autriche (1740-1748) contre la Prusse, la Bavière, la Saxe, la France de Louis XV, le Piémont-Sardaigne et l'Espagne. Son cousin par alliance Charles Albert, Électeur de Bavière, est élu empereur (Charles VII) contrairement à la volonté de Charles VI.
Elle réussit cependant à s'allier à l'Angleterre des Hanovre et à rallier à elle la noblesse hongroise. Cette guerre occasionna pourtant la perte de la Silésie, riche région minière qu'elle dut céder à la Prusse, et d'une petite partie du Milanais qu'elle céda au roi de Sardaigne son beau-frère, Charles-Emmanuel III de Sardaigne.
Le reste des possessions héréditaires des Habsbourg était cependant sauvegardé : Marie-Thérèse, conformément au v?u de son père, est alors à la tête de l'archiduché d'Autriche, "roi" de Hongrie[1] (20 octobre 1740 - 29 novembre 1780) et reine de Bohême (1743 - 1780).
Entretemps, elle avait enfin pu épouser son fiancé, François-Étienne de Lorraine, duc de Lorraine puis Grand-Duc de Toscane ; elle avait aussi marié sa s?ur Marie-Anne au frère de François, Charles-Alexandre de Lorraine (1712-1780), gouverneur général des Pays-Bas autrichiens (1744).
[] Le trône des Habsbourg
En 1745, à la mort de Charles VII, Marie-Thérèse fit élire son époux François-Étienne de Lorraine sur le trône impérial ; elle-même devint alors impératrice consort des Romains. Aucune femme n'avait en effet été élue à la dignité impériale ; nonobstant, la personnalité de Marie-Thérèse s'imposait dans la politique de l'Empire, bien plus que la sage mesure qu'observait François. Elle fut pour toutes les cours, les chancelleries et pour le public, simplement "l'Impératrice", qui exerçait la réalité du pouvoir. Ses contemporains la nommèrent assez rapidement, dès la seconde partie de son règne, "Marie-Thérèse la Grande"[2].
Avec l'accession de François et Marie-Thérèse au trône, la dignité impériale revenait dans la Maison de Habsbourg (devenue celle de Lorraine-Habsbourg mais connue depuis comme celle de Habsbourg-Lorraine) : la dynastie d'Autriche préservait ainsi sa puissance et son importance dans le concert des grandes nations européennes.
[] La politique impériale de Marie-Thérèse
Alliée à la France, Marie-Thérèse reprit la guerre contre Frédéric II de Prusse afin de récupérer la Silésie ; mais à l'issue de cette guerre de Sept Ans (1756-1763), elle avait échoué. Elle favorisera désormais des solutions plus pacifistes.
À la mort de son époux en 1765, Marie-Thérèse songea à abdiquer, mais effrayée par le tempérament autoritaire de son fils et successeur Joseph II, elle préféra conserver le pouvoir et seulement l'associer au gouvernement des "États héréditaires" des Habsbourg. Durant son règne, elle entreprit diverses réformes centralisatrices, notamment grâce à l'aide de son chancelier, Wenzel Anton von Kaunitz-Rietberg. Elle fut aussi une adepte du mercantilisme.
L'impératrice se laissa entraîner dans la première des partitions de la Pologne. En 1772, lui fut attribuée la Petite-Pologne et la partie de l'Ukraine appelée la Galicie. Notons cependant que les populations de ces régions, notamment les juifs, eurent moins à souffrir de l'occupation autrichienne qui dura jusqu'en 1918, que ceux de leurs compatriotes qui furent soumis à l'autorité prussienne ou russe.
[] La postérité de Marie-Thérèse et François
Marie-Thérèse fut une épouse très amoureuse (on l'a dite parfois envahissante!). Elle donna à l'empereur 16 enfants (11 filles, 5 fils), parmi lesquels 10 parvinrent à l'âge adulte.
- Marie Elisabeth (° 5 février 1737, ? 7 janvier 1740);
- Marie Anne (° 6 octobre 1738, ? 19 novembre 1789), abbesse de Klagenfurt;
- Marie Caroline (° 12 janvier 1740, ? 25 janvier 1741);
- Joseph (1741-1790), empereur (Joseph II, 1765-1790);
- Marie Christine (1742-1798), qui épouse en 1766 Albert de Saxe (1738-1822), créé duc de Teschen (Silésie);
- Marie Elisabeth (° 13 août 1743, ? 25 septembre 1808), abbesse du Chapitre des Dames-Nobles de Prague;
- Charles Joseph (° 1er février 1745, ? 18 janvier 1761) fiancé à Marie-Béatrice d'Este, princesse de Modène;
- Marie Amélie (1746-1804), qui épouse en 1769 Ferdinand Ier (1751-1802), duc de Parme;
- Pierre Léopold (1747-1792), Grand-Duc de Toscane (1765-1790) puis empereur (Léopold II, 1790-1792);
- Marie Caroline (? 17 septembre 1748);
- Jeanne Gabrielle (° 4 novembre 1749, ? 23 décembre 1762); fiancée à Ferdinand Ier, roi des Deux-Siciles
- Marie Josèphe (° 19 mars 1751, ? 15 octobre 1767, fiancée à Ferdinand Ier, roi des Deux Siciles
- Marie Caroline (° 1752 ? 1814), épouse en 1768 Ferdinand Ier (1751-1825), roi des Deux Siciles (1759-1825);
- Ferdinand (° 1er juin 1754, ? 24 décembre 1806), duc de Modène, épouse en 1771 Marie-Béatrice d'Este (1750-1829), princesse de Modène, qui lui apporte le duché;
- Marie Antoinette (1755-1793), épouse en 1770 Louis XVI (1754-1793), roi de France (1775-1793);
- Maximilien François (° 1756 ? 1801), évêque de Münster, archevêque de Cologne, grand-maître de l'Ordre Teutonique.
Les membres de l'actuelle Maison de Habsbourg-Lorraine, dite Maison d'Autriche, descendent tous de Marie-Thérèse et de François par ceux-ci de leurs enfants : Léopold II, Ferdinand duc de Modène, Marie-Amélie duchesse de Parme, et Marie-Caroline reine de Naples (ou des Deux-Siciles).
Par leurs mariages, les descendants des maisons souveraines d'Espagne, des Deux-Siciles, de Parme, de Savoie, du Luxembourg, du Liechtenstein, de Saxe et de Bragance, ont tous Marie-Thérèse dans leurs ancêtres directs. Il en est de même pour la maison ducale de Hohenberg et les comtes de Méran[3], branches morganatiques des Habsbourg-Lorraine. Les descendants de Marie-Thérèse se retrouvent également parmi les descendants des aristocraties européennes.
[] Notes et références
- ? Les lois du royaume ne pouvant reconnaître une reine.
- ? Cf le discours d'accueil du cardinal de Rohan à Marie-Antoinette à Strasbourg en 1770, la lettre du comte de Mercy apprenant l'exécution de la reine en 1793,...
- ? Voir Jean-Baptiste d'Autriche.
| Précédé par | Marie-Thérèse Ire de Hongrie | Suivi par |
| Charles VI | "roi" de Hongrie reine de Bohême archiduchesse d'Autriche |
Joseph II |
| Charles VI | duc de Parme et de Plaisance | Philippe Ier de Parme |
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La source est wikipedia http://fr.wikipedia.org/wiki/ Marie-Thérèse Ire de Hongrie
Revue de presse Marie-Thérèse_Ire_de_Hongrie
