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Manhwa

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Manhwa
Hangeul en coréen ??
Hanja en coréen ??
Romanisation révisée Manhwa
McCune-Reischauer Manhwa

Manhwa (??/??, prononcer man-houa) est le nom donné à la bande dessinée en Corée. On l'utilise à l'étranger pour désigner la bande dessinée coréenne. Part importante de la culture coréenne, le manhwa est très dynamique et se décline sous de nombreuses formes : papier, internet et téléphone mobile. La Corée est aujourd'hui l'un des premiers pays producteurs de bandes dessinées. Un auteur de manhwa est appelé un manhwaga.

Sommaire

[] Histoire du manhwa

[] Les origines

Comme le manga????japonais et le manhua????chinois, le manhwa est fortement influencé par l'art classique asiatique et plus particulièrement chinois. Les gravures anciennes (xylographie) du Xe siècle, très perfectionnées, servaient à diffuser les canons bouddhiques dans la population. Dans la gravure coréenne Bomyeongshibudo (?????/?????), une vache raconte une fable bouddhique. La page y est découpée en cases et l'image, au dessus du texte, illustre celui-ci. On est déjà dans l'art séquentiel propre à la bande dessinée.

Durant la période Joseon, l'art coréen s'affirme :

  • Les portraits peints sont paisibles et non dépourvus d'humour. Cette tradition se retrouve dans les illustrations des couvertures des romans populaires, les affiches, et plus tard dans les premières bandes dessinées.
  • La littérature s'épanouit. Les poèmes narratifs chantés (Kasa??), les romans populaires (Japga ??), le pansori (???) mais aussi les spectacles de clown, donnent tous une place importante à la narration et n'hésitent pas à critiquer la société. On retrouve ces caractéristiques (l'importance de la narration, la critique de la société) dans le manhwa.

Le manhwa s'est donc développé sous une double influence : la tradition épique et l'art pictural oriental fondé sur la ligne.

[] Des débuts sous occupation japonaise (1909-1945)

Le 30 octobre 1883 paraît le premier journal coréen : Hanseongsunbo ????/????. D'autres suivent, tous contrôlés par le gouvernement. Dans ces premiers journaux, on ne trouve pas de bandes dessinées mais de nombreuses illustrations aidant à la compréhension de l'actualité. Le 2 juin 1909, avec la première parution du Daehanminbo ????/????, apparaît le premier manhwa. En première page, sous le titre Saphwa (??), les Coréens peuvent découvrir l'?uvre du caricaturiste Lee Do-yeong (???). Gravés sur bois, les manhwa de Lee Do-yeong cherchent à réveiller l'esprit du peuple coréen à travers une ?uvre à la fois satirique (les fonctionnaires pro-japonais y sont représentés sous des traits de singes) et didactique.

La publication des manhwa de Lee Do-yeong n'a duré qu'un an : en août 1910 l'occupation japonaise commence et le Daehanminbo est supprimé. La presse comme le pays est contrôlée d'une main de fer. Mais suite au soulèvement du 1er mars 1919, le Japon relâche un peu son emprise sur la presse et en 1920 de nouveaux titres sont publiés dont des manhwa. Les caricatures y tiennent toujours une place de choix et connaissent une production très riche grâce aux concours de bandes dessinées organisés par les journaux.

À partir de 1924, avec le manhwa Les vains efforts d'un idiot (Meongteongguri heonmulkyeogi ???? ????) de Noh Su-hyeong (???), publié dans le Chosun Ilbo (????/????), le manhwa commence à adopter les conventions de la bande dessinée occidentale (cases et surtout bulles). Les premiers recueils et journaux spécialisés sont publiés. Le manhwa s'affirme comme le média privilégié pour critiquer le joug de l'oppression japonaise. Parallèlement, le gouvernement japonais publie de nombreuses bandes dessinées de propagande, pour soutenir la production de riz ou en direction de la jeunesse afin de l'inciter à s'engager dans l'armée.

[] Accompagner des temps difficiles (1945-1980)

Avec la Libération, le pays est sous administration américaine et soviétique. Les organes de presse retrouvent en partie leurs libertés et les manhwa satiriques y font une timide réaparition. Le premier personnage populaire, Le Professeur Kojubu de Kim Yong-hwan (???), fait son apparition dans le Seoul Times. De nouvelles revues sont créées et des revues de manhwas pour adultes voient le jour. Le 15 septembre 1948, Kim Yong-hwan fonde le Manhwa Haengjin (????/????) (le manhwa en marche), qui est la première revue entièrement consacrée à la BD. Celle-ci doit cependant cesser sa parution dès le deuxième numéro, victime d'une censure toujours forte. Cependant l'année suivante, le 13 mars 1949, Manhwas news commence sa parution hebdomadaire qui durera un an avec beaucoup de succès. Cette revue publie les meilleurs dessinateurs de l'époque : Kim Seong-hwan (???), Kim Yong-hwan (???), Shing Dong-heon (???), Kim Eu-hwan (???) ou encore Lee Yong-chun (???). Comme au Japon à la même époque, la bande-dessinée s'émancipe des quotidiens d'information et devient un genre populaire autonome.

Avec la guerre de Corée, le manhwa retrouve une place centrale dans la propagande des deux côtés du conflit. Les dessinateurs sont mobilisés et produisent de nombreux tracts, particulièrement au sud. Le soldat Todori de Kim Yong-hwan, qui exalte le courage des soldats, rencontre un énorme succès. La censure se durcit à nouveau et les caricaturistes trop critiques sont sévèrement condamnés. Cependant, pour accompagner une société durement touchée par la guerre et la misère, et notamment les enfants, les revues de manhwa multiplient les récits d'aventure et fantaisistes comme Le docteur Hendel de Choi Sang-gwon (???). Ces récits sont publiés dans des revues à petit prix, sur un papier de très mauvaise qualité et dont aujourd'hui il ne reste que très peu d'exemplaires. Ces revues, appelées les Ttakji manhwa (????) et publiées à Busan, permettent à de jeunes auteurs de se lancer. Avec les Takji manhwa la BD commence à se diversifier pour s'adapter aux goûts de lecteurs de plus en plus nombreux et divers. Mais c'est avec ceux-ci que le manhwa prend sa forme contemporaine, avec des cases et des bulles.

La fin de la guerre de Corée marque le début d'une période très prolifique pour le manhwa. Celle-ci se prolonge jusqu'au milieu de années 1960 et est accompagnée par l'ouverture et le succès très rapide des premières librairies de prêt qui permettent de louer et lire des bandes-dessinées : les manhwabangs ???/???. Le marché commence à se structurer, des maisons d'éditions spécialisées sont créés comme Manhwa Segyesa ????? et de nombreux éditeurs indépendants se lancent dans l'aventure et de nouvelles revues arrivent sur le marché comme la très populaire Arirang ???. On commence à publier des albums de 200 pages avec des récits complets, favorisant l'éclosion de longs récits dramatiques dans les quels excellent par exemple Park Ki-jeong (???) ou Kim Jong-rae (???). Mais cette expérience d'une bande dessinée en album sera de courte durée, le succès des manhwabangs qui favorisent la rencontre entre manhwas et public y met rapidement un terme au profit de nombreuses revues. Cet engouement pour le manhwa permet aux auteurs de vivre plus confortablement et aux maisons d'éditions de lancer et de révéler de nouveaux dessinateurs et de nouvelles formes de manhwa.

Le manhwa de la fin des années 1950 et du début des années 1960 est très diversifié. Si le genre dominant est le myeongrang manhwa (?? ??/?? ??) (manhwa humoristique pour adulte de 3 ou 4 pages), la BD coréenne de narration se développe et s'épanouit et avec elle une nouvelle génération de manhwaga (???/???). Shin Dong-u (???), Kim San-ho (???) et Park Ki-dang (???) créent le manhwa de science fiction et le manhwa fantastique tandis que Park Ki-jeong (???) développpe le manhwa historique et revient sur l'époque de l'occupation japonaise dans Poktana (???/???) (La Bombe) qui raconte les aventures d'un jeune coréen qui se bat contre les japonais en Mandchourie. Les sunjeong manhwa (????/????) deviennent un genre à part entière avec Kwon Yeong-seop (???), Choi Sang-rok (???), Jo Won-ki (???) ou Jang Eun-ju (???). Mais cette période d'euphorie est de courte durée. Après le coup d'État du 16 mai 1961, le manhwa va décliner sous les assauts de la censure qui mine la créativité des auteurs. Le distributeur et maison d'édition Habdong Munwhasa (?????) prend le contrôle de la distribution des manhwas et rachète les éditeurs de manhwa. En 1966 il instaure le monopole sur l'édition et la distribution des manhwas. Bien que la BD coréenne se retrouve prisonnière à la fois de la censure de l'État et du monopole de Habdong Munwhasa, elle continue cependant à travers des aventures comiques pour les enfants et des récits dramatiques pour adultes à réconforter les coréens. Les sujets contemporains sont délaissés au profit des longs romans graphiques historiques, emblématiques du manhwa des années 1970 et qui permettent de critiquer discrètement le pouvoir en place. Les coréens se reconnaissent dans les luttes contre le féodalisme à la fin de la Période Joseon ou les mésaventures de leurs ancètres. Ces manhawas permettent aux coréens, tout en leur apportant un peu de dicertissemnt et de réconfort dans une période difficile, de se réaproprier leur histoire après les censures de l'occupation japonaises et les longues années de guerre.

La première longue série historique, est publiée par le quotidien Ilgan Sports en 1972 : Im Keog-jeong (???) de Go U-yeong (???) qui est l'un des auteurs phares de cette période avec les autres séries Suhoji (???/???), Samgukji (???/???) adaptation de l' Histoire des Trois royaumes qui fut son plus grand succès, Chohanji (???/???), Seoyuki (???/???) ou Garujikijeon (?????). Ces longs récits historiques n'étaient pas dépourvus d'humour et de situations dramatiques. C'est également dans l'Ilgan Sports qu'est publié à partir de 1974, la série Goindol (???) de Park Su-dong (???). Cette série paraît pendant 18 ans. Avec un trait très original soutenu par un ton direct et humoristique, Park Su-dong, traite des rapports hommes/femmes tout en y introduisant discrètement un érotisme alors interdit. L'hebdomadaire Sunday Seoul domine le marché du manhwa dans les années 1970, grâce aux drames historiques de Bang Hak-ki (???) qui se distinguent du reste de la production par la qualité de leur scénarios et le naturalisme des dialogues. Mais ces premiers succès importants des manhwas pour adultes n'éclipsent pas pour autant le manhwa pour la jeunesse dont les revues sont florissantes. Ces bandes-dessinées sont optimistes et joyeuses. Parmi les auteurs les plus sollicités et plébicités on compte Kil Chang-deok (???), Yun Seung-hun (???), Park Su-dong (???) et Shin Mun-su (???).

[] Renaissance et dynamiques du manhwa dans les années 80

En 1981, Kim Su-jeong (???) s'inspire du manhwa pour enfants des années années 1970 pour réaliser Dooly le petit dinosaure (???? ??) qui sera le premier manhwa à être adapté en dessin-animé et à être l'objet de nombreux produits dérivés. C'est aussi le premier héros de manhwa antipathique. Cette réussite spectaculaire marque les débuts du renouveau du manhwa.

Lee Hyeon-se (???) change radicalement en 1982 le mode de diffusion des manhwas en publiant en plusieurs gros volumes Gongpoui Oeingudan (??? ????) (Une redoutable équipe de base-ball), histoire d'une équipe de losers qui à force d'entrainements battent les équipes japonaises. Ce récit remporte immédiatemnt un important succès et relance la lecture dans les manhwabangs un peu délaissés dans les années 1970. De nombreux auteurs vont à leur tour publier sous cette forme à l'image de Heo Yeong-man (???) ou Park Ki-jeong (???). Ce genre est favorisé par les manhwabangs qui veulent offrir à leurs lecteurs ce type de manhwas. Certains d'entre eux se regroupent et publient et louent ces récits en exclusivité. Des auteurs travaillent exclusivement pour les manhwabang et s'y font connaître avant de travailler pour des revues. Des réseaux de manhwabangs commencent à se mettre en place, portés par ces nouveaux récits qui veulent reproduire le succès de Gongpoeu Oeingudan qui devient le modèle du genre : un héros pauvre, énergique est amoureux d'une jeune fille belle et riche. Également soutenues par les manhwabangs, les revues de manhwas prospèrent. Les récits y sont publiés par épisodes avant de sortir en volume. Ce sont des revues hebdomadaires ou bi-hebdomadaires. La première à avoir rencontré un grand succès est Bomulseom ??? (L'Île au trésor) crée en 1982 qui publie Lee Hyeon-se (???) et Hwang Mi-na (???). Suivent de nombreuses revues qui se livrent une compétition acharnée qui a pour effet de sectoriser le marché en fonction de critères générationels, sexuels ou de goûts. Les manhwas féminins que la censure avait interdits dans les années 1970, reviennent en force au milieu des années 1980 avec des auteures comme Kim Hye-rin (???), Kang Gyeong-ok (???) ou Hwang Mi-na (???). En 1990, le magazine Renaissance qui traite exclusivement de sunjeong manhwa est créé. On trouve aussi des magazines spécialisées dans la science-fiction et l'heroic fantasy.

À partir de la manifestation du 10 juin 1987, la censure s'appaise et les premiers récits contemporains et réalistes de Lee Hee-jae (???) font leur apparition. Les dessins de presse comme ceux de Park Jae-dong (???) qui avaient initiés les débuts du manhwa retrouvent leur ton satirique. De nombreux jeunes artistes, principalement des femmes, choississent le manhwa comme moyen d'expression, soutenus financièrement par la dynamique du marché et des salles de prêt.

[] Le manhwa aujourd'hui

Depuis la fin des années 1980, les mangas sont autorisés sur le marché coréen et remportent un grand succès. Face à un déclin qualitatif des manhwas, le manga s'est peu à peu imposé. Mais, très vite le marché et les auteurs ont su réagir. Des revues comme IQ Jump ou Young Champ ont été créés sur le modèle des revues japonaises et les auteurs ont laissé libre cours à leurs désirs créatifs. Ainsi Yang Young-soon (???) a traité des fantasmes sexuels masculins dans Nudl Nude (1995) qui sera adapté en film d'animation. La violence quotidienne est abordée par Lee Yoo-jeong (???). Les femmes se sont davantage interessées au rendu du quotidien, aux sentiments et à la conscience humaine. Cette recherche dans tous les genres de styles personnels et innovateurs a favorisés l'éclosion de nombreuses maisons d'éditions, revues et collectifs indépendants relayés par les manhwabangs. À partir de la crise des années 97-98, ceux-ci ont encore renforcés leur emprise sur le marché et la part des mangas est en diminution.

La société coréenne très dynamique suit les modes avec une extrême rapidité, aussi, le manhwa produit de nombreux genres, parfois influencés par les mangas, et s'adapte à des modes de lecture nouveaux. Les jeunes auteurs recherchent des innovations radicales tant dans le sytle des dessins que dans les supports choisis. Le taux de pénétration de l'internet haut débit qui est l'un des plus important du monde favorise la diffision des manhwas par internet. Les sites des manhwabangs proposent d'acheter des pages de manhwas par internet. Un nouveau marché est en plein développement : les manhwas de quatre case, sonorisés, que l'on télécharge et lit sur son écran de téléphone mobile. Toutes les sociétés de téléphone mobile proposent des manhwas à leurs abonnés, faisant travailler des dizaines de studios.

L'État cherche aujourd'hui à diffuser et faire connaître les manhwas, encore méconnus et trop souvent assimilés aux mangas, au reste de monde. Ceux-ci commencent à être publiés en Europe, aux États-Unis et au Japon.

[] Situation économique du manhwa en Corée

Année Titres Part (%) Albums Part (%)
Nombre de titres et d'albums publiés annuellement
Source : Annuaires de l'édition 2002 : Centre des éditions culturelles de Corée.
1990 4 130 9 6 833 681 2,7
1991 4 142 15,4 5 820 160 4,1
1992 4 694 15,9 5 413 195 3,8
1993 4 644 15 7 206 497 4,9
1994 4 930 14,2 10 827 510 6,6
1995 4 699 14,6 13 359 340 8,4
1996 5 592 17,3 18 021 725 10,2
1997 6 297 18,7 23 605 460 11,1
1998 8 122 22 33 025 623 17,3
1999 9 134 26 36 665 233 32,5
2000 9 329 26,6 44 537 041 39,4
2001 9 177 26,5 42 151 591 35,9

En 2001, la production a rapporté 156 millions de wons dont la moitié grâce aux vente en librairies ou grandes surfaces, l'autre moitié grâce aux ventes aux manhwabangs. Le marché des manhwabangs représente en 2001 un marché de 514 millions de wons. Le marché semble stabilisé après la crise des années 97-98. Il se consolide.

Sur ce marché on compte un peu plus de 500 maisons d'édition dont 400 publient moins de 20 titres par an et une dizaine plus de 100 titres. Parmi les maisons d'édition les plus importantes on peut citer :


[] Principaux auteurs

[] Types de manhwa

  • Manmun manhwa (????/????), manhwa en une seule case
  • Myeongrang manhwa (????/????), manhwa humoristiques pour adultes
  • Sunjeong manhwa (????/????), destinés au lectorat féminin.
  • Ttakji manhwa (????), manhwa d'aventure qui se passent en Occident. Leur âge d'or se situe dans les années 50.

[] Le manhwa en France

Grâce au succès récent du manga japonais en France, le manhwa commence, timidement, à être publié en France. La Corée fut l'invitée d'honneur du 30e Festival international de la bande dessinée d'Angoulême en 2003.

[] Éditeurs de manhwa en français

[] Manhwa publiés en France (par éditeur et titre français)

[] Magazine sur le manhwa

Tokebi Magazine

[] Bibliographie

  • La dynamique de la BD coréenne, catalogue d'exposition, Korean Culture & Contents Agency (KOCCA) et Festival international de la bande dessinée d'Angoulème.

[] Voir aussi

[] Liens internes

[] Liens externes

[] A propos du manhwa

[] Festivals en Corée

[] Manhwas sur téléphones mobiles

[] Associations de manhwa

[] Centres d'études et d'information

 

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La source est wikipedia http://fr.wikipedia.org/wiki/ Manhwa
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