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Un article de Wikipedia.y-project.com.La méthode de Cardan, imaginée et mise au point par Jérôme Cardan dans son ouvrage Ars Magna publié en 1545, est une méthode permettant de résoudre toutes les équations du troisième degré. Cette méthode permet de mettre en place des formules appelées formules de Cardan donnant en fonction de p et q les solutions de l'équation :
Elle permet de prouver que les équations de degré 3 sont résolubles par radicaux. On rappelle que seules les équations de degré 1, 2, 3, 4 sont résolubles par radicaux, c'est à dire que seules ces équations possèdent des méthodes générales de résolutions donnant les solutions en fonction des coefficients du polynôme.
[] Formules de CardanPour l'équation
On calcule <math>\Delta = 4p^3+27q^2\,</math>, et on étudie son signe. [] Si ? est positifOn pose
La seule solution réelle est alors <math> x_1 = \frac(u + v)</math> Il existe aussi deux solutions complexes conjuguées l'une de l'autre
où <math> j = -\frac + i \frac} = e^{i \frac{2 \pi}}</math> [] Si ? est négatifIl existe un complexe u qui soit une racine cubique de <math>\frac{-27q + 3i\sqrt\sqrt}</math>. L'équation possède alors trois solutions réelles
On remarque alors le fait surprenant que, lorsque l'équation possède trois racines réelles, il est néanmoins nécessaire de faire une incursion dans les complexes pour les trouver toutes les trois (voir remarque historique). La transformation d'une équation générale du troisième degré en une forme réduite
est expliquée dans la paragraphe principe de la méthode [] Principe de la méthodeConsidérons l'équation générale du troisième degré suivante :
En posant :
[] Exemples[] Exemple 1Considérons par exemple l'équation x3 = 18x + 35 ou encore x3 - 18x - 35 = 0. On a p = - 18 et q = -35, donc : <math>u^3v^3 = {18^3 \over 27} = 216</math> et u3 + v3 = 35 donc u3 et v3 sont racines de l'équation X2 - 35X + 216 = 0, dont les racines sont 27 et 8. Donc u et v valent 3 et 2 et la solution cherchée est x = u + v = 5. Si on se place dans <math>\mathbb C</math>, alors les autres racines sont u=3j et v = 2j2, où <math>j = exp(2i\pi /3)</math>, ou bien u=3j2 et v = 2j. On obtient donc comme autres racines :
[] Exemple 2Soit à résoudre l'équation : <math> \qquad 6x^3-6x^2+12x+7=0 </math> Posons : <math> \qquad x = z + \frac </math> On obtient en remplaçant et en développant : <math> \qquad 54z^3+90z+95 = 0 </math> Posons alors : <math> \qquad z = u + v </math> On obtient : <math> \qquad 54(u+v)^3+90(u+v)+ 95 = 0 </math> Qui s'écrit : <math> \qquad 54(u^3+v^3)+(162uv+90)(u+v)+95=0</math> La condition de simplification sera donc : <math> \qquad 162uv+90 = 0 </math> C?est-à -dire : <math> \qquad uv = -\frac </math> On a donc : <math> \qquad u^3+v^3 = -\frac</math> <math> \qquad u^3v^3 = -\frac </math> u3 et v3 sont donc les racines de l'équation : <math> \qquad X^2 + \fracX -\frac = 0</math> Les deux racines de cette équation sont : <math> \qquad u^3 = \frac </math> <math> \qquad v^3 = -\frac </math> Les trois couples (u,v) vérifiant : <math> \qquad uv = -\frac </math> sont donc : <math> \qquad u_1 = \frac\sqrt[3]} </math> et <math> \qquad v_1 = -\frac\sqrt[3] </math> <math> \qquad u_2 = \frac\sqrt[3]} </math> et <math> \qquad v_2 = -\frac\sqrt[3] </math> <math> \qquad u_3 = \frac\sqrt[3]} </math> et <math> \qquad v_3 = -\frac\sqrt[3] </math> En reportant dans : <math> \qquad z = u + v </math> On obtient : <math> \qquad z_1 = \frac\sqrt[3]} - \frac\sqrt[3] </math> <math> \qquad z_2 = \frac\sqrt[3]} - \frac\sqrt[3] </math> <math> \qquad z_3 = \frac\sqrt[3]} - \frac\sqrt[3] </math> Et en reportant dans : <math> \qquad x = z + \frac </math> On obtient finalement les trois solutions de l'équation que l'on s'était donné de résoudre : <math> \qquad x_1 = \frac(\sqrt[3]} - \sqrt[3] + 1) </math> <math> \qquad x_2 = \frac(j\sqrt[3]} - j^2\sqrt[3] + 1) </math> <math> \qquad x_3 = \frac(j^2\sqrt[3]} - j\sqrt[3] + 1) </math> [] Exemple 3Considérons l'équation : <math> \qquad x^3-6x^2+9x-1 = 0</math> Posons : <math> \qquad x = z + 2 </math> On obtient en remplaçant et en développant : <math> \qquad z^3-3z+1 = 0 </math> Posons alors : <math> \qquad z = u + v </math> On obtient : <math> \qquad (u+v)^3-3(u+v)+ 1 = 0 </math> Qui s'écrit : <math> \qquad u^3+v^3+(3uv-3)(u+v)+1=0</math> La condition de simplification sera donc : <math> \qquad 3uv-3 = 0 </math> C?est-à -dire : <math> \qquad uv = 1 </math> On a donc : <math> \qquad u^3+v^3 = -1</math> <math> \qquad u^3v^3 = 1 </math> u3 et v3 sont donc les racines de l'équation : <math> \qquad X^2 + X + 1 = 0</math> Les deux racines de cette équation sont : <math> \qquad u^3 = \frac} = e^} </math> <math> \qquad v^3 = \frac} = e^} </math> Les trois couples (u,v) vérifiant : <math> \qquad uv = 1 </math> sont donc : <math> \qquad u_1 = e^} </math> et <math> \qquad v_1 = e^} </math> <math> \qquad u_2 = je^} </math> et <math> \qquad v_2 = j^2e^} </math> <math> \qquad u_3 = j^2e^} </math> et <math> \qquad v_3 = je^} </math> En reportant dans : <math> \qquad z = u + v </math> On obtient : <math> \qquad z_1 = e^} + e^} = 2cos( \frac) </math> <math> \qquad z_2 = je^} + j^2e^}= 2cos( \frac) </math> <math> \qquad z_3 = j^2e^} + je^}= 2cos( \frac) </math> Et en reportant dans : <math> \qquad x = z + 2 </math> On obtient finalement les trois solutions de l'équation que l'on s'était donné de résoudre : <math> \qquad x_1 = 2cos( \frac) + 2 </math> <math> \qquad x_2 = 2cos( \frac) + 2 </math> <math> \qquad x_3 = 2cos( \frac) + 2 </math> [] Remarque historiqueUne polémique concernant la paternité de cette méthode existe. On raconte que la méthode fut précédemment découverte par le mathématicien italien Tartaglia. À cette époque, les mathématiciens se lançaient des défis pour résoudre des équations du troisième degré et Tartaglia les résolvait toutes. Intrigué, Cardan lui a demandé s'il n'aurait pas trouvé des méthodes. Après s'être fait prier et avoir reçu l'assurance que Cardan ne les dévoilerait à personne, Tartaglia les lui confia. Quelle ne fut pas sa surprise de voir Cardan les publier en 1545. On appelle désormais souvent ces formules les formules de Tartaglia-Cardan. L'utilisation des formules de Cardan nécessite parfois l'utilisation de nombres complexes, même pour trouver des solutions réelles. En fait, les nombres imaginaires sont précisément nés à cette occasion. Dans l'exemple x3 = 15x + 4 ou bien x3 - 15x - 4 = 0, on a p = - 15 et q = -4, donc : <math>u^3v^3 = {15^3 \over 27} = 125</math> et u3 + v3 = 4 donc u3 et v3 sont racines de l'équation X2 - 4X + 125 = 0, dont les racines n'existent pas. Pourtant, il y a bien une solution x à l'équation initiale ; c'est x = 4. C'est Bombelli qui surmontera cette difficulté en proposant pour la première fois un calcul sur les nombres imaginaires. La résolution formelle de l'équation X2 - 4X + 125 = 0 donne pour racines <math>u^3 = 2 + \sqrt = 2 + 11\sqrt</math> et <math>v^3 = 2 - \sqrt = 2 - 11\sqrt</math>, or Bombelli s'aperçoit que le cube de <math>2 + \sqrt</math> vaut <math>2 + \sqrt</math> et que le cube de <math>2 - \sqrt</math> vaut <math>2 - \sqrt</math>. Il en déduit que <math>u = 2 + \sqrt</math> et que <math>v = 2 - \sqrt</math> et il trouve bien comme solution finale x = u + v = 4. Les nombres imaginaires sont nés. [] Autres méthodes de résolution d'équations
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