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Littérature informatique 
extracted from Wikipedia, the Free Encyclopedia


 

Les relations entre « Ă©criture littĂ©raire Â» et « informatique Â» s’organisent selon trois dimensions. La première s’intĂ©resse Ă  l’informatique comme source d’inspiration, la deuxième concerne l’utilisation de l’informatique pour donner accès au texte, la troisième travaille sur son utilisation pour Ă©crire.

Sommaire

La thématique de l’informatique comme inspiration littéraire

Les dĂ©veloppements de l’informatique inspirent en particulier deux thĂ©matiques Ă  la littĂ©rature : la satire des sociĂ©tĂ©s totalitaires et les drames affectifs entre homme et machine.

D’une part, le traitement systĂ©matique de l’information pour le maintien de l'ordre alimente des satires des sociĂ©tĂ©s, verrouillĂ©es par des logiques panoptiques (pour reprendre le terme inventĂ© par Bentham en 1780) de contrĂ´le permanent comme 1984 de Georges Orwell, Brazil de Terry Gilliam, ou Bienvenue Ă  Gattaca de Andrew Niccol : l'idĂ©e est toujours la mĂŞme, celle d’un rĂ©gime totalitaire abusant de la traçabilitĂ© apportĂ©e par l'informatique.

D’autre part, sachant que l'intelligence n’est pas sĂ©parable de l’affect, la relation bilatĂ©rale entre intellect de l’homme et celui de la machine nourrit quasi systĂ©matiquement la question des relations sentimentales humain-ordinateur, comme dans 2001, l'odyssĂ©e de l'espace de Arthur C. Clarke, Lulu de Clifford Simak ou Les AndroĂŻdes rĂŞvent-ils de moutons Ă©lectriques ? de Philip K. Dick. Cette question rejoint une troisième thĂ©matique frĂ©quente : celle de la machine transgressant son devoir d’obĂ©issance Ă  son crĂ©ateur, comme dans la trilogie des Robots d’Isaac Asimov.

L’informatique comme nouveau moyen d’accès aux ouvrages littéraires

En dématérialisant le livre, en autorisant des recherches en son cœur et en offrant la facilité de produire des hypertextes au sein desquels on navigue à son gré, l’informatique transforme l’accès aux ouvrages de deux façons complémentaires.

Du point de vue du bibliothĂ©caire et du libraire, elle ouvre de nouvelles formes de conservation et de catalogage ; elle autorise le tirage Ă  la demande (comme le proposent aujourd’hui des Ă©diteurs Ă  façon1, ), la diffusion par des kiosques en ligne au format pdf et permet l’émergence des terminaux livre Ă©lectronique, Du point de vue du lecteur, elle rend possible la navigation dans l’arborescence du rĂ©cit. Ainsi, elle donne le pouvoir de lire l’ouvrage Ă  son grĂ©, (ou plutĂ´t en fonction de ce que l’auteur du logiciel de consultation interactive a prĂ©vu que l’on veuille). Cela gĂ©nĂ©ralise le cas des livres interactifs comme la collection Livre dont vous ĂŞtes le hĂ©ros chez Folio Junior.

Les automates littéraires, des outils d'écriture à base d'algorithmes

La littĂ©rature Ă©lectronique appelĂ© aussi cyber littĂ©rature se situe comme un dĂ©veloppement de la littĂ©rature expĂ©rimentale de l’ouvroir de littĂ©rature potentielle oulipo. Elle reprend les fondements de la littĂ©rature Ă  contraintes : règles syntaxiques ou sĂ©mantiques, formulation de multiples variantes Ă  partir d’une mĂŞme structure ou histoire comme dans les Cent Mille Milliards de Poèmes de Raymond Queneau ou dans Un petit peu plus de 4000 poèmes en prose pour Fabrizio Clerici de Georges Perec. Mais les systèmes experts actuels dĂ©multiplient ce travail car ils peuvent Ă  fois, gĂ©rer et amĂ©liorer des règles, stocker de multiples donnĂ©es, voire des avis des lecteurs.

Pour la production de phrases et de paragraphes, une première sĂ©rie de logiciels travaille en s’inspirant des logiques du cadavre exquis. Pour ce qui est du travail sur l’intrigue et la structure des rĂ©cits, une seconde famille de logiciels cherche Ă  inventer des rĂ©cits, en gĂ©rant les Ă©motions comme les gĂ©nĂ©rateurs de Jean-Pierre Balpe ou Brutus, Minstrel ou Mexica sur lesquels travaille PĂ©rez y Perez de l'UniversitĂ© de Mexico2 . Ce logiciel Mexica gère la production du rĂ©cit avec des algorithmes qui harmonisent les rythmes des Ă©motions et des ambiances. C’est dans cette famille que se situe le logiciel « Romanesque 2.0 Â» hĂ©ros du roman3 Ă©ponyme d'Olivier Las Vergnas paru cette annĂ©e 2007 aux Ă©ditions du Passager clandestin4 et qui est le premier texte de fiction Ă  mettre en scène la richesse, mais aussi les difficultĂ©s d’utilisation d’un tel outil.

Avec cette nouvelle gĂ©nĂ©ration d’outils, des automates littĂ©raires commencent Ă  apparaĂ®tre qui transcendent leurs ancĂŞtres de l’Oulipo, en dĂ©passant leurs limites qui Ă©taient la simple expression de règles accompagnĂ©e de la formulation de quelques solutions figĂ©es, et ce d’autant que les machines d’aujourd’hui ont la puissance de travailler Ă  de multiples niveau Ă  la fois : niveau du vocabulaire, de la structure de la phrase, construction des personnages, de l’intrigue.

Les outils bureautiques d'aide Ă  la mise en forme

Il s'agit d'outils qui ne sont pas des « automates Ă©crivains Â», mais qui utilisent la puissance informatique pour aider Ă  la mise en forme cosmĂ©tique des ouvrages. On peut les classer en trois groupes :

- Des outils d’assistance bureautique à l’écriture

Il s'agit des logiciels "industriels" d'aide à l'écriture de scenarii, comme FinalDraft ScriptoCinéTV, Hollywood Screenplay ou encore Best ScriptWriting Software. Ils peuvent intégrer du traitement de texte intégrant des automates pour mettre en forme les dialogues dans un scénario, des bases de données sur les personnages, et même des assistants cartographique s'appuyant sur des cartes ou des mappemondes satellites comme Google Earth.

- Des didacticiels pour apprentis écrivains

Il s'agit de didacticiels commerciaux comme les 3 logiciels d'écriture de Vidatech5 ou des ateliers didactiques d'écriture, comme the literary machine par exemple6,

- De quoi produire une adaptation personnalisée de textes déjà écrits

La dernière famille est celle des outils de personnalisation comme ceux que proposent ceux qui commercialisent des livres pré-écrits7 qui sont juste "personnalisés".

Deux champs de recherche : Ă©crivains automates ou gĂ©nĂ©rateurs d'hypertextes

La cyberlittĂ©rature recouvre aujourd'hui deux champs complĂ©mentaires de recherche :

Le premier concerne le processus d'écriture en lui même. On étudie la possibilité de générer des livres linéaires, des récits de forme classique par ordinateur. L'intérêt est de mieux analyser le processus du romancier. On produit des livres au sens classique du mot qui désigne est un objet fini, un récit que son auteur a terminé avant de le remettre à son éditeur puis par son biais à ses futurs lecteurs.

Le second champ, a contrario, s'intĂ©resse Ă  produire un hypertexte, c'est-Ă -dire une Ĺ“uvre Ă©lastique, perpĂ©tuellement personnalisable et inachevĂ©e qui pourra gonfler et dĂ©gonfler en fonction des simples dĂ©sirs d'un lecteur, devenu aussi un peu auteur : ces hypertextes font Ă©clater l’univers clos de l’ouvrage linĂ©aire.

Evolution actuelle et tendances de la cyberlitterature

Avec la gĂ©nĂ©ralisation de l'informatique et de l'internet, des Ĺ“uvres de cyber littĂ©rature apparaissent et transcendent leurs prĂ©curseurs de l’Oulipo, en dĂ©passant leurs limites qui Ă©taient la simple expression de règles accompagnĂ©e de la formulation de quelques solutions figĂ©es, et ce d’autant que les machines d’aujourd’hui ont la puissance de travailler Ă  de multiples niveaux Ă  la fois : niveau du vocabulaire, de la structure de la phrase, construction des personnages, de l’intrigue. La toute fin du XXe siècle a Ă©tĂ© marquĂ©e en France par une grande activitĂ© de crĂ©ation dans ces domaines au sein de l’A.L.A.M.O. et du Labart.

Aujourd’hui (2007), la majorité des tenants de la cyberlittérature, comme les Brésiliens du NUPILL qui éditent Revista Text Digitala ou bien les Espagnols du Portal Literatura Electrónica Cervantes Virtual[1] et les Français du centre Hubert de Phalèse travaillent plus sur l'informatique comme un outil de navigation, d'enrichissement par des variantes ou de production d'hypertextes en ligne, tandis que ceux qui -comme R. Pérez y Pérez à l'université de Mexico- approfondissent la recherche sur la création romanesque et la gestion du récit linéaire classique par les émotions qu'il peut susciter sont minoritaires.

En 2007, la cyber littĂ©rature est plus prĂ©sente sur le front des hypertextes que sur la gĂ©nĂ©ration d'un effet de rĂ©el par un automate romancier linĂ©aire. Cette seconde question, pourtant centrale pour la littĂ©rature, semble devoir attendre une nouvelle gĂ©nĂ©ration de progrès pour redevenir d'actualitĂ© : il faudra que les chercheurs ne s’intĂ©ressent plus seulement Ă  transgresser le monde clos de l’ouvrage livrĂ© en travaillant Ă  des hypertextes, reliant auteurs et lecteurs Ă  des hyper-feuilletons multiples sur le web [2], mais en reviennent Ă  travailler sur l'effet de rĂ©el, base intemporelle de la fiction rĂ©ussie.

Repères bibliographiques en français

La bibliographie du labart (Universite de Paris VIII) : [3] avec en particulier :

  • BALPE J.-P., LELU A., SALEH I. [coord] Hypertextes et hypermĂ©dias: RĂ©alisations, Outils, MĂ©thodes, Hermès, Paris, 1995. Voir en particulier : Jean ClĂ©ment, Du texte Ă  l'hypertexte: vers une Ă©pistĂ©mologie de la discursivitĂ© hypertextuelle, ([4])
  • CLEMENT J. La littĂ©rature au risque du numĂ©rique Jean ClĂ©ment, Document numĂ©rque n°X/2001 [5]
  • Charabia.net, gĂ©nĂ©ration automatique de textes alĂ©atoires, [6]
  • Le site de Romanesque 2.0 [7]

Notes et références

 
Le Texte ci-dessus est disponible sous GNU Free Documentation License.
La source est wikipedia http://fr.wikipedia.org/wiki/{title}
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