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Lille

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Lille


De gueules à la fleur de lis florencée d'argent.
Pays
drapeau de la France
     France
Région Nord-Pas-de-Calais Nord-Pas-de-Calais
Département Nord Nord
Arrondissement Lille
Canton 9 (19 communes)
365 253 habitants
Code Insee 59350
Code postal 59000, 59033, 59800
Maire
Mandat en cours
Martine Aubry (PS)
2001-2014
Intercommunalité Lille Métropole Communauté urbaine
1 091 438 habitants (2005)
Coordonnées
géographiques
50° 38? 14? Nord
         3° 03? 48? Est
/ 50.637222, 3.063333
Altitudes moyenne : 25 m
minimale : 18 m
maximale : 46 m
Superficie 3 483 ha = 34 83 km2
Population sans
doubles comptes
224 900 hab.
(est.2005)
Densité 6 457 hab./km²
Unité urbaine 1 230 000 habitants (2007) hab.
Aire urbaine 1 902 966 habitants (2008) hab.
Gentilé Lillois, Lilloises
Site www.mairie-lille.fr
Carte de localisation de Lille
Pour les articles homonymes, voir Lille (homonymie).

Lille (Ryssel en flamand occidental, Rijsel en néerlandais) est la plus grande ville de la région Nord-Pas-de-Calais, préfecture du Nord et chef-lieu du Nord-Pas-de-Calais.

Lille est, avec ses 224 900 habitants, la principale ville de Lille Métropole Communauté urbaine qui compte 1,2 million d'habitants avec les villes de Roubaix, Tourcoing et Villeneuve-d'Ascq. Lille est aussi le centre d'une agglomération internationale regroupant environ 1,37 million d'habitants et s'étendant sur la Belgique. Elle appartient donc également à une vaste conurbation avec les villes de Mouscron, Courtrai, Tournai et Menin, totalisant au moins 1,9 million d?habitants[1].

Son nom en ancien français (L?Isle), comme en flamand occidental (Ryssel, Rijsel en néerlandais moderne), provient d?une île sur la Deûle. Lille et ses environs appartiennent à la région historique de la Flandre romane, anciens territoires du Comté de Flandre mais ne faisant pas partie de l'aire linguistique du néerlandais : Lille a toujours été une ville de langue romane[2].


Sommaire

[] Géographie

Vue de la grand place de Lille la nuit
Vue de la grand place de Lille la nuit

[] Situation

Topologie de la ville de Lille.
Topologie de la ville de Lille.

Au déclin de l'empire romain d'Occident, les peuples Germains se sont établis dès le milieu du IVe siècle au nord de la route Boulogne-Cologne : la frontière linguistique passait au Sud de Lille comme le montre la toponymie en hem de Wazemmes, Esquermes, Hellemmes?[3]

Lille et ses environs appartiennent à la région historique de la Flandre romane, c'est-à-dire d'anciens territoires du Comté de Flandre mais ne faisant pas partie de l'aire linguistique du néerlandais, contrairement à Dunkerque et Bailleul. Ainsi, à l'opposé d'une idée légendaire parfois répandue, Lille n'a donc jamais été une ville de langue néerlandaise, mais de dialectes romans : au XIe siècle, lors de la naissance de Lille, la frontière linguistique passait déjà à l'ouest de la ville[4].

[] Relief et géologie

La ville de Lille est située aux environs de 20 mètres d?altitude[5] dans un élargissement de la vallée de Deûle. À cet endroit, les derniers affleurements crayeux (Sénonien et Turonien) de la région naturelle du Mélantois plongent à l?ouest sous les Weppes, et, au nord, sous le Bar?ul, deux régions de reliefs modérés développés dans le sable landénien et l?argile yprésienne. La couverture sédimentaire récente (pléistocène) est omniprésente, sous forme de l?ss sur les versants ou d?alluvions en fond de vallées.

[] Hydrographie

La Deûle est une petite rivière au débit faible perdue dans une large vallée, très fortement anthropisée dès le Moyen Âge. Les multiples états de ses canalisations et aménagement, dans un contexte de relief très peu marqué, rendent difficile la perception de son tracé originel.

[] Ressources en matériaux de construction

Le l?ss a alimenté de nombreuses briqueteries qui ont fourni la ville, jusque dans la seconde partie du XXe siècle. La craie, appelée localement pierre de Lezennes a été largement exploitée pour la construction, en carrières souterraines (à la périphérie de Lille, principalement à Loos et à Emmerin, au sud, et à Lezennes, au sud-est). Ces anciennes carrières sont matérialisées dans les champs par des ouvertures clôturées (les catiches). La craie, matériau bon marché, était traditionnellement utilisée en mélange avec la brique (créant les rouges-barres).

[] Climat

On rencontre à Lille les principaux traits des climats tempérés océaniques : les amplitudes thermiques saisonnières sont faibles, les précipitations ne sont négligeables en aucune saison. Les hivers y sont doux et les étés frais.

Tableau comparatif des données climatiques de Lille
Ville Ensoleillement Pluie Neige Orage Brouillard
Paris 1 797 h/an 642 mm/an 15 j/an 19 j/an 13 j/an
Nice 2 694 h/an 767 mm/an 1 j/an 31 j/an 1 j/an
Strasbourg 1 637 h/an 610 mm/an 30 j/an 29 j/an 65 j/an
Lille[6] 1 600 h/an 687 mm/an 19 j/an 19 j/an 69 j/an
Moyenne nationale 1 973 h/an 770 mm/an 14 j/an 22 j/an 40 j/an

Le tableau ci-dessous indique les températures et les précipitations pour l'année 2006  :

Mois J F M A M J J A S O N D
Températures maximales (°C) 6 6 9 12 17 19 22 23 19 14 9 7
Températures minimales (°C) 1 1 3 4 8 11 13 13 11 7 4 2
Températures moyennes (°C) 3 3 6 8 13 16 18 18 15 11 7 4
Précipitations (hauteur moyenne en mm) 48 41 43 43 51 56 61 58 56 64 61 58
Source: Météo France et Météo123[7]

Le tableau ci-dessous indique les records de températures minimales et maximales :

Mois J F M A M J J A S O N D
Températures maximales records (°C) 14,2 18,9 22,7 27,6 31,7 34,8 36,1 36,6 33,8 27,5 20,1 15,9
\_ années des t°max.     1993 1960 1968 1955 2005 1947 1959 2003 1949 1985 1995 2000
Températures minimales records (°C) -19,5 -17,8 -8,8 -4,7 -2,3 0 3,4 3,9 1,2 -4,4 -7,8 -17,3
\_ années des t° min.     1982 1956 1970 1968 1967 1962 1964 1956 1979 1950 1998 1964
Source: Météo France[6]

Quelques données climatologiques complémentaires sur la commune de Lille.

Valeurs moyennes
Températures l'hiver 1° à 6° C
Températures l'été 10°C à 22°C avec moins de 4 journées chaudes à plus de 30°C
Novembre à mai 60 jours avec gelées matinales
Précipitations annuelles 680 mm
Ensoleillement annuel 1600 heures
Vent 60 jours à plus de 16m/s (vent sensible)
Données du deniers tiers du XXe siècle de la station Lille-Lesquin
Records climatologiques de Lille
Jour le plus chaud 6 août 2003 : 36,4°
Jour le plus froid 14 janvier 1982 : -19,5°
Mois le plus pluvieux avril 2001 : 112,6 mm de précipitations
  • Station de référence : Lille Lesquin Weppes Mélantois (47 m d'altitude)
  • Station d?observation : Lille (52 m)
  • Août à Lille est le meilleur mois, avec moins de 9 jours moyens de pluie.

[] Voies de communication et transports

Lille dispose d?une situation géographique privilégiée au niveau européen. Un important réseau de transports s?est développé et en fait aujourd?hui un important carrefour européen, particulièrement au niveau routier et ferroviaire et, dans une moindre mesure, portuaire et aéroportuaire.

Au niveau urbain, Lille dispose d?un périphérique et d?un réseau relativement dense de voies rapides reliant la majorité des communes de l?agglomération. Les transports en communs (métro, bus et tramway) sont bien développés mais, comme dans la plupart des métropoles, ont l?inconvénient d?être principalement en « étoile », polarisé autour de Lille.

[] Transports en commun
Icône de détail Article détaillé : Transports en commun lillois.
Le VAL lillois
Le VAL lillois

L?agglomération lilloise bénéficie d?un réseau de transport dense dirigé par Transpole. Deux lignes du VAL (la première inaugurée en 1983), constituant le premier et le plus long réseau de métro automatique au monde (45 km en 60 stations dont deux correspondances entre les lignes)[8],[9], desservent les principales villes jusqu?à la frontière belge. Deux lignes de tramway (22 km) permettent également de rejoindre Roubaix et Tourcoing depuis les gares de Lille. Enfin, un vaste réseau de bus complète l'offre notamment dans les quartiers comme le Vieux-Lille où il demeure difficile de construire une ligne de métro pour des raisons géologiques. La Communauté Urbaine de Lille a décidé en 2005 de créer des lignes de bus à haut niveau de service (la première « LIANE », reliant Ronchin à Comines a été inaugurée en janvier 2008 et une nouvelle ligne doit voir le jour en Septembre). Ces bus, aux couloirs réservés dits « en site propre », permettront d?assurer un haut débit de transport à l?instar du système Teor de Rouen, en complétant l?offre du métro. Ces lignes assurent également un maillage plus fin des transports lillois et bénéficient du programme « Clair de Lune », qui assure un service de nuit jusqu?à 0h30.

Lille Métropole Communauté urbaine réfléchit à un projet de tram-train qui utiliserait les lignes ferroviaires de l'agglomération pour intensifier les liaisons inter-villes et permettre à la métropole de se doter d?un réseau de transport à la hauteur de ses ambitions[10]. Le tram-train permettrait par exemple d'améliorer les liaisons entre Lille et des villes comme Arras, Lens, Béthune, Douai, Valenciennes, mais aussi de densifier le réseau urbain dans la métropole.

[] Réseau ferroviaire
L'Eurostar en gare de Lille-Europe
L'Eurostar en gare de Lille-Europe

Lille dispose de deux gares : Gare de Lille - Flandres, dédié au trafic régional et vers Paris et la Belgique et la Gare de Lille - Europe, dédié aux liaisons nationales et internationales..


  • Lille est à 35 minutes de Bruxelles par TGV/Eurostar
  • Lille est à 1 heure 20 de Londres par Eurostar depuis le 14 novembre 2007.
  • Lille est à 2 heures 30 de Liège en Intercity via la dorsale wallonne dont Lille est un des terminus
  • Lille est à 1 heures 45 d'Anvers en Intercity via la dorsale flamande dont Lille est un des terminus
  • Lille est à 1 heure de Paris via le TGV Nord, en 2004 le trafic TGV représentait plus de six millions de passagers.

La façade de la gare Lille Flandres est la façade de la première Gare du Nord qui fut démontée et remontée à Lille.

Une troisième gare TGV est depuis peu à l'étude. Elle pourrait être implantée au sud de la métropole, au niveau de Seclin le long de la ligne à grande vitesse, ce avant la bifurcation vers Bruxelles afin de capter le flux de voyageurs circulant entre Paris et le Benelux. Intégrée aux futurs réseaux de TER et de tram-train, elle pourrait également jouer un rôle dans la desserte de l'aéroport.

[] Réseau autoroutier
Infrastructures autoroutières.
Infrastructures autoroutières.

Lille est située au croisement de cinq axes autoroutiers :

Les autoroutes autour de Lille sont gratuites. Plus précisément, l'A25, l'A22, l'A23 et l'A27 sont entièrement gratuites. L'A1 est gratuite jusqu'à Arras.

Le projet d'autoroute A24, devant relier Lille à Amiens est l'objet de controverses entre partisans et opposants d'un tel axe. Les premiers arguant de son utilité en tant qu'axe de déchargement de l'A1, les seconds mettant en cause son impact écologique.

[] Réseau aérien

L?aéroport de Lille - Lesquin est accessible depuis le centre ville en un quart d?heure. Il s'agit du 12e aéroport français en nombre de passagers :

  • environ 970 000 passagers en 2001
  • près de 873 000 passagers en 2003
  • près de 848 000 passagers en 2004
  • plus de 1 000 000 de passagers en 2007

Il s?agit du 3e aéroport de fret français avec près de 55 000 tonnes de fret qui y transitent chaque année.

Le réseau ferroviaire et autoroutier permet de rejoindre les grands aéroports internationaux situé dans les capitales voisines Londres, Bruxelles, Paris et Amsterdam.

[] Réseau fluvial

Lille est le 3e port fluvial français après ceux de Paris et Strasbourg. Le réseau de la Deûle est connecté sur le réseau fluvial régional de plus de 680 km de voies navigables dont 241 km à grand gabarit (par exemple l'axe fluvial Dunkerque-Lille-Valenciennes). La Deûle est ouverte sur l?Europe du nord via la Scarpe et l?Escaut (vers la Belgique et les Pays-Bas), et ouverte sur l?international, via la Lys (vers Dunkerque et Calais). Le port de Lille est une plateforme multimodale : fluviale, ferroviaire et routière. Il dispose d?un terminal de conteneur qui assure un trafic de plus de 80 000 EVP par an.

Années 1997 2000 2003 2004
Millions de tonnes 5,56 6,68 7,30 7,70
Fluvial/Maritime 8,00% 8,25% 13,33% 14,07%
Ferroviaire 6,28% 4,13% 2,89% 2,42%
Routier 85,72% 87,62% 83,78% 83,51%

[] Urbanisme

[] Morphologie urbaine

Icône de détail Article détaillé : Développement urbain de Lille.

[] Les quartiers de Lille

Contrairement à la plupart des villes médiévales, Lille ne s?est pas développée de manière circulaire autour d?un hyper-centre. Elle se présente plutôt comme une mosaïque de quartiers, avec chacun une physionomie et un dynamisme propre. Le Vieux-Lille n?est que l?un d?eux, largement excentré vers le nord. La compréhension et la lecture de la trame urbaine nécessitent quelques repères topographiques et historiques.

Les 10 quartiers de Lille
Bois Blancs Quartier défavorisé de l'Ouest de la ville Faubourg de Béthune Quartier défavorisé du Sud de la ville
Fives Quartier populaire de l'Est de la ville Lille-Centre Centre administratif et économique de la ville
Lille-Moulins Quartier populaire du Sud-Est de la ville. Lille-Sud Quartier en plein essor du Sud de Lille
Saint-Maurice Pellevoisin Quartier à dominante résidentielle au Nord-Est de la ville Vauban Esquermes Quartier à la fois cossu et estudiantin de l'Ouest de la ville
Vieux-Lille Quartier aisé du Nord de la ville Wazemmes Quartier populaire ayant une forte identité

Les quartiers défavorisés correspondent particulièrement à un croissant s?étendant au Sud et à l'Ouest de la ville. Les quartiers de Moulins, Faubourg de Béthune et Lille-Sud sont classés zones franches urbaines et hébergeant environ 15% de la population de la ville. Ces quartiers ont tendance à stagner malgré les efforts de la municipalité.

Les quartiers du Vieux-Lille, de Wazemmes et de Saint-Maurice Pellevoisin connaissent une évolution particulièrement positive. Les raisons de ces évolutions sont bien différentes. On peut citer principalement la beauté et la richesse historique pour le Vieux-Lille, la vivacité de la vie associative et artistique pour Wazemmes et la proximité de nouvelles infrastructures commerciales et de transports (Euralille, gare Lille-Europe) pour Saint-Maurice Pellevoisin.

[] La conurbation

Lille est située au sud d?une vaste conurbation transfrontalière. Selon l'atlas Transfrontalier de l'INSEE[11], l'ensemble formé par l'agglomération transfrontalière lilloise comprend environ 1 million d'habitants côté français et 1,2 million d'habitants si l'on intègre le semis de villes côté belge telles que Mouscron, Comines etc ... L'agglomération multipolaire dont fait partie Lille est la quatrième agglomération française (par sa population) derrière celles de Paris, Lyon et Marseille. Elle appartient également à une vaste conurbation qui s?étend en Belgique avec les villes de Mouscron, Courtrai, Tournai et Menin, totalisant plus de 1,8 million d?habitants [12]

[] Logement

En 1999, on dénombre un total, pour Lille, de 104 868 logements dont la répartition est la suivante. Il y a 88 953 résidences principales soit 84,8 % de l'ensemble des logements. Les résidences secondaires sont au nombre de 248 soit un pourcentage de 0,2 %. Les logements occasionnels se chiffrent à 1 147 soit 1,1 %, le nombre de logements vacants s'élève à 14 520 soit 13,8 %. Sur l'ensemble de ces logements, on dénombre 22 509 logements individuels soit 21,5 % et 82 359 logements dans un immeuble collectif soit 78,5 %[13].

Pour ce qui est des résidences principales, qui représentent 84,8 % de l'ensemble des logements lillois, leur époque d'achèvement s'établit de la manière qui suit pour l'année 1999. Sur les 88 953 résidences, 39 248 datent d'avant 1949 soit une part de 44,1 % ; 25 024 datent d'une période comprise entre 1949 à 1974 soit 28,1 % ; 13 669 résidences principales datent de 1975 à 1989 soit 15,4 % et 11 012 datent de 1990 à nos jours soit 12,4 %. S'agissant du nombre de pièces de ces résidences, 19 313 en ont une soit 21,7 %, 21 089 en comptent deux soit 23,7 %, 18 358 en possèdent trois soit 20,6 % et 30 193 en possèdent quatre et plus soit une part de 33,9 %[13]. Le confort de ces résidences principales n'est pas identique. En effet, 3 596 résidences n'ont pas de baignoire, ni douche soit 4 %, 81 941 ont un chauffage central soit près de 92,1 % des résidences, alors que 7 012 n'en ont pas soit 7,9 %, 26 158 bénéficient d'un garage ou d'un parking soit 29,4 %. Enfin, il est intéressant de signaler que 3 780 disposent de deux salles d'eau soit 4,2 % du total des résidences principales[13].

[] Projets d'aménagements

[] Toponymie

[] Histoire

Icône de détail Article détaillé : Histoire de Lille.

Lille possède une longue histoire et une riche tradition de résistance armée. C'est notamment la ville la plus assiégée de France[14] et ses canonniers constituaient une confrérie très respectée. Voici ci-dessous les périodes et les faits historiques les plus marquants de la commune.

[] Héraldique

Armes de Lille

Les armes de Lille se blasonnent ainsi : De gueules à la fleur de lis florencée d'argent.

Armes impériales de Lille

Lille a connu d'autres blasons: Napoléon a donné à la ville de Lille des armes impériales: coupé d'azur et de gueules, l'azur au drapeau en lance d'argent orlé d'or; la gueule à la ville fortifiée et bombardée, le tout d'argent au chef cousu des bonnes villes. Elles resteront inchangées jusqu'à la fin du XIXe siècle où les abeilles (symbole impérial) seront remplacées par des étoiles. De tels écus sont d'ailleurs visibles au niveau du dôme de la Poste située place de la République et sur la façade de la Préfecture (fronton de l'aile nord). Le maire de Lille, Gustave Delory, rétablira finalement le blason actuel[15].

[] Les origines

Porte de Paris, construite en l'honneur de Louis XIV
Porte de Paris, construite en l'honneur de Louis XIV

Capitale des Flandres françaises, Lille aurait été fondée en 640 par Lydéric. Elle n?apparaît dans les chartes qu?à partir de 1054. Le site actuel de la ville recèle des traces d?occupation antérieure (préhistoire, époque gallo-romaine). Elle porta peut être le nom de Tréola (treille en latin) à l'époque carolingienne.

[] Le moyen-âge

La ville se développe grâce à son emplacement privilégié de traversée de la Deûle et à ses relations avec les autres villes du prospère comté de Flandre. Une foire au drap est fondée au XIIe siècle.

Lille est réunie une première fois au domaine royal de 1304 à 1369, après la bataille de Mons-en-Pévèle. À cette date, elle devient une des trois capitales des possessions du duc de Bourgogne, Philippe II le Hardi. Elle passe en 1477 aux Habsbourg.

[] L'époque moderne

Au XVIe siècle, la ville est touchée par les guerres de religion. Elle connait une première répression en 1555, puis la guerre des Hurlus (rebelles protestants) à partir de 1560 ; ils tentent de prendre Lille en 1580 et 1582.

En 1667, en huit jours (20-27 juillet), la ville est prise par les armées françaises menées par Vauban simultanément avec Douai[16]. Son rattachement au royaume est officialisé en 1668, au traité d?Aix-la-Chapelle. La même année, Vauban commence à fortifier la ville et en est nommé gouverneur[17]. En 1672, D?Artagnan est nommé gouverneur de la ville.

En 1708, la citadelle capitule lors de la guerre de Succession d'Espagne, après la bataille d'Audenarde et la défaite française de Wattignies. La ville reste jusqu?en 1713 aux mains de la coalition européenne.

En 1792, la Révolution française pousse les Autrichiens, alors présents dans les Provinces-Unies, à assiéger Lille le 20 avril. La résistance des Lillois et la pression des armées révolutionnaires conduisent Albert de Saxe-Teschen à lever le siège le 8 octobre.

[] L'époque contemporaine

Au début du XIXe siècle, la ville s?industrialise : le blocus continental stimule son industrie textile et la ville passe de 53 000 habitants en 1800 à 200 000 en 1891. En 1896, Gustave Delory est le premier maire socialiste de France.

Pendant la Première Guerre mondiale, la ville est occupée par les Allemands d?octobre 1914 à octobre 1918. Durant cette période, elle est endeuillée et pour partie détruite par la violente explosion du dépôt de munition dit « des dix-huit ponts », dont le bruit sera entendu jusqu'au milieu des Pays-Bas. C'est à Lille que fut mis en place le principal réseau de renseignement à l'arrière les lignes allemandes. Créé en fin 1914, il fut dirigé par Louise de Bettignies. Un monument Lillois rend hommage aux fusillés de ce réseau de résistance.

En 1929, la ville est durement touchée par la crise économique : un tiers des Lillois est dans la misère en 1935[réf. nécessaire].

Après la Seconde Guerre mondiale, la ville se reconstruit sur ses industries traditionnelles (dont le textile) et devra affronter les crises industrielles à partir des années 1970. Dans ces années de crise, le patrimoine architectural est malmené. Il faudra attendre les années 1990 pour que les Lillois prennent conscience de sa valeur et se remettent à le promouvoir.

Dans les années 1990, la ville se modernise (Euralille, LGV Nord, etc.) et joue de sa position géographique pour tenter de s'imposer comme plaque tournante du commerce entre le Royaume-Uni, le Bénélux et la France.

[] Politique et administration

[] Tendances politiques

Politiquement, Lille est une ville de gauche, les électeurs ayant majoritairement voté socialistes et communistes pour les élections municipales depuis le XIXe siècle avec notamment l'élection en 1896 de Gustave Delory. Il fut membre du Parti ouvrier français. Depuis ce dernier, d'autres maires lui ont succédé qui, pour la plupart, se réclament d'une sensibilité gauchiste. On peut citer comme maires membres de la Section française de l'Internationale ouvrière, Roger Salengro, Alexandre Bracke-Desrousseaux, suivi de Charles Saint-Venant et Denis Cordonnier. La transition entre la SFIO et le PS se fit lors du mandat du maire Augustin Laurent qui connu depuis comme successeurs Pierre Mauroy, l'ancien premier ministre, et Martine Aubry qui fit partie du Gouvernement Jospin et instaura les 35 heures.

Au référendum sur le traité constitutionnel pour l?Europe du 29 mai 2005, les lillois ont majoritairement voté contre la Constitution européenne, avec 49,62 % de Oui contre 50,38 % de Non avec un taux d?abstention de 36,62 % (France entière : Non à 54,67 % - Oui à 45,33 %). Ces chiffres ne sont pas conformes à la tendance nationale, celle-ci se trouvant en opposition. Ce vote démontre le caractère non privilégié des habitants d'une ville située au sein de bassins ouvriers importants, l'électorat ayant choisi le vote positif étant, selon les analystes politiques, le fait d'une population plus privilégiée économiquement et d'un plus haut niveau d'éducation[18].

À l?élection présidentielle française de 2007, le premier tour[19] a vu arriver en tête Ségolène Royal avec 32,98 % soit 31 574 voix, suivi de Nicolas Sarkozy avec 26,40 % soit 25 275 voix, suivi de François Bayrou avec 18,53 % soit 17 742 voix, et enfin de Jean-Marie Le Pen avec 9,13 % soit 8 742 voix, aucun autre candidat ne dépassant le seuil des 5 %. Au second tour[20], les électeurs ont voté à 55,92 % soit 52 874 voix pour Ségolène Royal contre 44,08 % soit 41 680 voix pour Nicolas Sarkozy, résultat contraire par rapport à la moyenne nationale[21] qui fut, au second tour, de 53,06 % pour Nicolas Sarkozy et 46,94 % pour Ségolène Royal. Pour cette élection présidentielle, le taux de participation a été très élevé. On compte 122 606 inscrits sur les listes électorales lilloises, 80,04 % soit 98 132 voix ont participé aux votes, le taux d?abstention fut de 19,96 % soit 24 474 voix, 3,65 % soit 3 578 voix ont effectué un vote blanc ou nul et enfin 96,35 % soit 94 554 voix se sont exprimées.

[] Administration municipale

Voici ci-dessous le partage des sièges au sein du Conseil municipal de Lille :

Groupe Président Effectif Statut
PS Martine Aubry 51 majorité
UMP Sébastien Huyghe 10 opposition

[] Les maires de Lille

Icône de détail Article détaillé : Maires de Lille.

À l?avènement de la commune en 1235, grâce à une charte octroyée par la comtesse Jeanne de Flandre, les mayeurs et les échevins étaient choisis à chaque Toussaint par quatre commissaires désignés par le souverain.

Maires récents de la ville de Lille

Période Identité Parti Qualité
2001 à ce jour Martine Aubry PS présidente de Lille Métropole Communauté urbaine depuis 2008
1973 2001 Pierre Mauroy PS ex-premier ministre, sénateur du Nord, ex-président de la communauté urbaine de Lille

[] Instances judiciaires et administratives

[] Extension lilloise

Plan de Lille en 1708
Plan de Lille en 1708

Lille s?est étendue en fusionnant avec des communes voisines, à plusieurs reprises:

Depuis 1970, les différents maires de Lille ont cherché la fusion volontaire et concertée des communes limitrophes. Il s?agit en fait du projet du Grand-Lille, projet qui se base sur un constat simple, et qui sera constamment repris par Augustin Laurent, Pierre Mauroy puis Martine Aubry : Lille, capitale du Nord, ne pèse que 200.000 habitants pour 2.500 hectares.

Pour affirmer son rôle de leader, être en capacité de se développer et entraîner dans son sillage l?ensemble de la métropole, Lille doit s?agrandir. En 1966-1967, la proposition d?Augustin Laurent comprend Ronchin, Lezennes, Hellemmes et Lomme, les maires rejetèrent tous la proposition. En 1976, Pierre Mauroy propose une association-fusion à cinq communes voisines : Ronchin, Hellemmes, Lezennes, Mons-en-Baroeul et Villeneuve-d'Ascq. Seule Hellemmes accepte et en avril 1977, le rapprochement est officialisé. Martine Aubry propose une association en 2000 à la ville de Lomme, et le 22 février 2000, le Conseil d'État donne le feu vert à l'association. Lille dépasse enfin les 200 000 habitants. Depuis l'agrandissement semble arrêté, l'absorption de nouvelles communes nécessite désormais une ratification par référendum des populations concernées.

Lors du processus de fusion association par accord des deux maires en 2000, les maires des 12 communes alentours pour dénoncer l'absence de démocratie participative ont effectué des référendums au sein de leurs communes sur une éventuelle fusion avec Lille. Le taux le plus élevé pour une fusion a été à La Madeleine avec 16% de votes favorables[22].

Autre sujet de controverse : les deux dernières fusions sont dénoncées comme étant en fait un acte de gerry mandering, à savoir un redécoupage habile de la carte électorale destiné à maintenir la ville à gauche et éviter les risques de virement à droite dus au relatif embourgeoisement de Lille au cours des dernières années.

[] Extension de l'influence de la ville

Sous l'action de Pierre Mauroy dans ses différentes fonctions (maire, sénateur du Nord, président de la communauté urbaine), l?influence de Lille s'est considérablement accrue au sein de l'agglomération puis du département, de la région et au-delà. Accusée de lillo-centrisme par ses détracteurs, Lille est aujourd'hui le siège de nombreuses institutions :

  • La Chambre de commerce Lille - Métropole, née en 1967 de la fusion des chambres de commerces de Lille, avec celles de Roubaix et de Tourcoing, bien que la chambre de commerce de Tourcoing fût plus importante.
  • Le nouvel hôtel de région
  • Le conseil régional
  • Le siège de Lille Métropole Communauté urbaine
  • Le siège de la Conférence permanente intercommunale transfrontalière, base du futur eurodistrict, dont Lille se veut être le centre décisionnel.

Cependant une confusion existe entre l'influence de Lille et celle de Lille Métropole, celle-ci est renforcée par la volonté de la communauté urbaine de communiquer uniquement sous l'appellation de Lille Métropole (ou même de Lille tout court) les projets auxquels elle apporte son soutien. On peut citer ainsi :

  • En 1997, la candidature du Nord aux jeux Olympiques d'été de 2004 sous le nom « Les jeux à Lille »
  • L'opération culturelle intitulée "Lille, capitale européenne de la culture" qui s?étend dans toute la région Nord-Pas-de-Calais, et jusqu?en Belgique connue sous le nom de « Lille 2004 ». Cette opération est depuis devenue une biennale, dont le nom en 2006 est « Lille 3000 »[23].
  • Le musée d'art moderne de Villeneuve-d'Ascq a été rebaptisé en « musée d'Art moderne Lille Métropole ».
  • Les clubs sportifs professionnels de l'agglomération ont dû accoler Lille Métropole à leur nom.

Il est important de dissocier Lille et Lille Métropole, parce que contrairement aux autres communautés urbaines, la communauté urbaine de Lille a une spécificité : la ville-phare représente moins de 20% de la population globale de la communauté urbaine.

[] Liste des cantons

Les cantons de Lille(hormis celui de Lomme)
Les cantons de Lille(hormis celui de Lomme)

Lille est divisée en 9 cantons :

[] Politique environnementale

[] Jumelage