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{revue}
Le lac Tanganyika, ou Tanganika est l'un des Grands Lacs d'Afrique, deuxième lac africain par la surface après le lac Victoria, le deuxième au monde par le volume et la profondeur après le lac Baïkal. Il est le plus poissonneux du monde1. Ses eaux rejoignent le bassin du Congo puis l'océan Atlantique. On estime que sa formation remonte à environ 20 millions d'années (Miocène). Son nom, Etanga'ya'nia en bembé (ou kibembe), signifie « lieu de mélange ». Richard Francis Burton et John Hanning Speke furent les premiers Européens à l'apercevoir en 1858 et décidèrent de conserver son nom d'origine, contrairement à l'usage en vigueur à l'époque. Burton s'attribua seul la paternité de la découverte, ce qui brouilla les deux hommes à vie.
GéographieLe lac Tanganyika couvre une superficie de 32 900 km² 2 (approximativement la même superficie que la Belgique) et s'étire sur 673 km2 le long de la frontière de la Tanzanie (à l’est) et de la République démocratique du Congo (à l'ouest) ; son extrémité nord sépare ces deux pays du Burundi, son extrémité sud les sépare de la Zambie. On retrouve à l'ouest (du côté congolais), les monts Mitumba. Il est situé sur la branche occidentale de la vallée du Grand Rift. Sa température de surface est de 25 °C en moyenne pour un pH avoisinant 8,4. La profondeur ainsi que la localisation tropicale du lac empêchent le renouvellement total des masses d'eau et la plus grande partie des eaux profondes sont des eaux fossiles et anoxiques. Le lac Tanganyika fait maintenant partie du bassin hydraulique du fleuve Congo. Il s'y déverse par son émissaire, la Lukuga. Jusqu'en 1878, cette rivière se jetait dans le lac, mais des mouvements tectoniques, et surtout la montée du niveau de l'eau, en ont inversé le sens vers la Lualaba et le fleuve Congo. Le bassin drainant du lac Tanganyika couvre une superficie de 250 000 km². Les principales rivières qui l'alimentent sont la Malagarazi, la Rusizi, la Ifume, la Lufubu et la Lunangwa qui y déversent 24 km³ d’eau par an ; les pluies, quant à elles, en apportent 41 km³ par année. La Malagarazi est plus ancienne que le lac lui-même et se trouvait auparavant dans le prolongement du Congo. GéologieLe lac Tanganyika est situé dans le rift Est-Africain. 6 000 m de sédiments lacustres sont accumulés au fond du lac. La composition du rivage se répartit ainsi : Tectonique - géothermieLa situation du lac en fait un lieu d'activité tectonique remarquable, de par la profondeur totale de la faille à cet endroit, qui s'élève à environ 7 000 m du niveau de l'eau au fond sédimentaire. La sédimentation sur des millions d'années a comblé un volume énorme, des recherches pétrolières ont permis d'y découvrir un gisement exploité par le Congo. La géothermie est visible dans la partie nord sur la rive congolaise, sur la péninsule de l'Ubwari (cap Banza) ainsi que dans la région de Kalundu/Pemba. Des évents libérant de l'eau chargée de minéraux et atteignant une température de 180 °C y ont été découverts, à des profondeurs variant de 5 à 40 m. L'activité laisse aussi filtrer des gaz dans certaines portions de côtes rocheuses à Pemba, sous forme de chapelets de bulles plus ou moins fines et régulières. Le 5 décembre 2005 un violent séisme, d'une magnitude de 7,5 sur l'échelle ouverte de Richter, a provoqué des dégâts et fait quelques victimes au Congo. Son épicentre se situait sous le lac à une profondeur de 10 km. Faune et flore
Un spécimen de Neolamprologus cylindricus, l'une des nombreuses espèces de cichlidés du lac.
Le lac Tanganyika est très réputé pour le nombre important d'espèces endémiques. On n'y dénombre pas moins de 250 espèces de poissons cichlidés (Neolamprologus, Paleolamprologus, Altolamprologus, Xenotilapia, Julidochromis, Telmatochromis, Tropheus, Petrochromis et plus de vingt autres genres) et 150 espèces de non-cichlidés (Stolothrissa, Limnothrissa, Lamprichthys), dont la plupart vivent le long de la côte jusqu'à environ 180 mètres de profondeur. La plus grande part de la biomasse se situe dans la zone pélagique et est dominée par six espèces: deux espèces de sardines du Tanganyika et quatre espèces de Lates. La quasi-totalité des espèces de cichlidés est endémique et plusieurs sont appréciées comme poissons d'aquarium. Le cobra d'eau (Boulengerina annulata stormsi, espèce endémique) est un reptile adapté à la vie sub-aquatique, comme les serpents marins des récifs coralliens. La partie terminale du corps est comprimée latéralement afin de faciliter la nage. Jeune, il se nourrit volontiers de Neolamprologus vivant dans les coquilles de Neothauma tanganicense (escargots endémiques du lac Tanganyika) ; adulte, il n'hésite pas à s'attaquer à des proies beaucoup plus imposantes. Espèces vivant autour du lac :
HydrologieLe lac est connu pour la limpidité exceptionnelle de ses eaux, celle-ci permettant une visibilité atteignant les 25 mètres. L'eau du lac Tanganyika est d'une extrême richesse minérale, et ses paramètres sont très particuliers. Sa conductivité est d'environ 609–620 µS, son pH est de 9,5 à la surface et de 8,6 à –1300 m ; le TAC est de 12–19, valeur faible au regard des proportions de sels : Principaux sels d'après le Dr Kufferath, membre de la mission hydrobiologique Belge de 1946-47: valeurs en milligrammes par litre :
Au-delà des deux cents mètres de profondeur, la vie d'êtres supérieurs est impossible ; l'absence d'oxygène, remplacé par du sulfure d'hydrogène, ne permet le maintien que de bactéries anaérobies (sulfato-réductrices). Les vents dominant durant l'été austral (venant du sud-est) provoquent des remontées de cette zone anoxique. Les poissons vivant dans ces secteurs n'ont d'autre choix que de fuir ou mourir. Exploration hydrobiologiqueDurant les années 1946 et 1947, le Dr Max Poll organise une expédition sur le lac. Son but est de collecter un maximum de données diverses. Un bateau (le Baron Dhanis) est spécialement affrété à cette fin. Des sondages et relevés bathymétriques des fonds sont effectués. Des pêches au chalut, à la senne, au filet maillant, à la ligne sont organisées de jour comme de nuit pour collecter les poissons. Les fluctuations du niveau de l'eau, les variations de température, la chimie du lac (variation de minéralité, de pH, de conductivité), le plancton (phyto et zoo), les macrophytes, les invertébrés, les insectes aquatiques, les batraciens et reptiles: une somme énorme de données est répertoriée. Des spécimens sont classés et décrits s'il y a lieu. Une grande partie des connaissances actuelles sur le lac Tanganyika nous vient de ce travail titanesque. Après triage sur place, la collection des cichlidae, conservés en vue d'une étude systématique en Belgique (Musée royal de l’Afrique centrale à Tervuren), comprenait environ 27 000 spécimens. Quatre volumes et neuf fascicules sont parus à la suite de cette expédition, dont les auteurs sont:
AnecdoteLa rencontre entre le journaliste américain Stanley et le géographe Livingstone, qui eut lieu à Ujiji sur les bords du lac, laissa la phrase fameuse de Stanley : « Dr. Livingstone, I presume ». Notes et références
Bibliographie
(ORSTOM Paris - MRAC Tervuren 1984) vol.I— (ISNB Bruxelles - MRAC Tervuren - ORSTOM Paris 1986) vol.II — (ISNB Bruxelles - MRAC Tervuren - ORSTOM Paris 1986) vol. III— (ISNB Bruxelles - MRAC Tervuren - ORSTOM Paris 1991) vol.IV.
Voir aussiLiens externes
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