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Le Kol Nidré : Etude psychanalytique d'une prière juive
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Kol Nidre

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.

Liturgie de Yom Kippour
Juifs en prière à Yom Kippour
Kol Nidre

Introduction
(commune à tous les rites)
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Byshiva shel ma'ala ou byshiva shel mata
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Al da'at hamaqom baroukh hou
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Veal da'at haqahal haqaddosh hazè
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Anou matirin lèhitpalèl èt(/im) ha'avarianin
Kol Nidre
(Rite séfarade)
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Kal nidrei vèassarei oushvouei vènidouyei
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vè'haramei vèqounamei vèqouna'hei vèqounassei
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di nidrana vèdi nindar
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vèdi 'haramana vèdi na'harim
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vèdi assarana al nafshatana vèdi nèèssar
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miyom hakippourim shè'avar 'ad yom hakippourim hazè
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shèba 'alènou lèshalom
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oumiyom hakippourim hazè 'ad hayom hakippourim
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shèba 'alènou lèshalom
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Nidrana la nidrei, oushvou'ana la shvou'è
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vènidouyyana la nidouyyè, vèharamana la 'haramè
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vèassarana la assarei
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koulhon èt'hartana bèhon
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yèhè ra'va di yèhon shvitin oushviqin
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la shririn vèla qayyamin
Kol Nidre
(Rite ashkénaze)
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Kol nidrei vèassarei oushvouei vènidouyei
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vè'haramei vèqounamei vèqouna'hei vèqounassei
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dinèdarna vèdieshbatana
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vèdia'haramana vèdiassarana 'al nafshatana
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miyom hakippourim shè'avar 'ad yom hakippourim hazè
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oumiyom hakippourim hazè 'ad hayom hakippourim
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haba 'alènou lètova
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Bèkoulhon i'hartana bèhon
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koulhon yèhon sharin
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shvikin, shvitin, batlin oumèvoutalin
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la shririn vèla qayamin
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Nidrana la nidrei
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vèassarana la assarei
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oushvou'atana la shevouot
Kol Nidre
(Rite yéménite)
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Kol nidrei vèassarei oushvouei vènidouyei
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vè'haramei vèqounamei vèqouna'hei vèqounassei
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di nèdarna vèdieshbatana vèdi nadina
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vèdi 'haramna vèdi assarana 'al nafshatana
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miyom hakippourim shè'avar 'ad yom hakippourim hazè
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shèba 'alènou lèshalom
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Nidrana la nidrei, oushvou'ana la shvou'è
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vènidouyyana la nidouyyè, vèharamana la 'haramè
?????? ?? ????.
vèassarana la assarei
????? ??????? ????
koulhon èt'hartana bèhon
??? ???? ?? ???? ?????? ???????
yèhè ra'va di yèhon shvitin oushviqin
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la shririn vèla qayyamin
Kol Nidre
(Rite italien et romaniote)
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Kol nedarim, vèassarim, vèhaqdashot
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vè'haramim oush'vou'ot vèqioumim
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shènadarnou, oushèassarnou oushèhiqdashnou
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oushèhè'haramnou, oushènishba'nou, oushèqiamnou
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oushèqibalnou al nafshoènou bishvou'a
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miyom tzom hakippourim shèavar
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'ad yom tzom hakippourim hazè
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haba alènou lèshalom
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bèkhoulam 'hazarnou oubanou lifnei Avinou shèbashamaïm
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im neder nadarnou - ein kan neder
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im isser assarnou - ein kan isser
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im heqdesh hiqdashnou - ein kan heqdesh
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im 'herem hè'hèramnou - ein kan 'hèrem
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im svou'a nishb'anou - ein kan shevou'a
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im qioum qiyamnou - ein kan qioum
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Batel haneder mè'iqaro. Batel haïssour mè'iqaro
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Batel hahèqdesh mè'iqaro. Batel ha'herem mè'iqaro
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Batèl hashvou'a mè'iqara. Batel haqiyoum mè'iqaro
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Ein kan lo neder, vèlo isser, vèlo heqdesh
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vèlo 'hèrem, vèlo shvou'a, vèlo qioum
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yesh kan sli'ha oumè'hila
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vèqapara 'al kol 'avonotènou
Conclusion (Nombres 15:26)
(commune à tous les rites)
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vènisla'h lèkol 'adat bnei Israël
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oulaguèr hagar bètokham
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ki lekol ha'am bishgaga
Voir aussi
Avinou Malkenou
Lekha Eli Tshoukati
Ounetanè Toqef
El nora alila


Kol Nidre (judéo-araméen: ?? ???? Tous les v?ux) est une prière juive récitée à la synagogue avant le coucher du soleil précédant l'office du soir de Yom Kippour, le Jour de l'Expiation. Son nom est tiré de ses premiers mots.

Kol Nidre possède une histoire riche, tant la prière elle-même que son influence sur le statut légal des Juifs. Introduite dans la liturgie en dépit de l'opposition de certaines autorités rabbiniques, attaquée au cours du temps par des rabbins, expurgée des livres de prière de nombreuses communautés d'Europe occidentale au XIXe siècle, cette prière fut de surcroît souvent employée hors de contexte par des antisémites afin d'appuyer leurs assertions sur la fourberie des Juifs qui ne peuvent être crus, et conduit à la formulation du serment more judaïco[1].

Certains emploient Kol Nidre dans un sens plus étendu, désignant par là tout l'entièreté de l'office du soir de Yom Kippour.

Sommaire

[] Présentation de la prière

Avant que le soleil ne se couche lors de la veille du Jour de l'Expiation, la congrégation se réunit dans la synagogue. L'Arche est ouverte; deux personnes (des hommes dans le rituel orthodoxe) en retirent chacune un rouleau de la Torah. Ils se positionnent ensuite autour du chantre, et entonnent avec lui:

« Au nom du conseil d'en haut et au nom du conseil d'en bas, avec le consentement de l'Omniprésent ? loué soit-Il ? et avec le consentement de cette sainte congrégation, nous déclarons qu'il est permis de prier avec les transgresseurs »

Le chantre entonne alors la prière débutant par les mots Kol Nidre, qu'il répète trois fois avec sa mélodie, en haussant progressivement le volume, de pianissimo (très doux) à fortissimo (très fort) :

Tous les v?ux que nous pourrions faire depuis ce jour de Kippour jusqu'à celui de l'année prochaine (qu'il nous soit propice), toute interdiction ou sentence d'anathème que nous prononcerions contre nous-mêmes, toute privation ou renonciation que, par simple parole, par v?u ou par serment nous pourrions nous imposer, nous les rétractons d'avance; qu'ils soient tous déclarés non valides, annulés, dissouts, nuls et non avenus ; qu'ils n'aient ni force ni valeur; que nos v?ux ne soient pas regardés comme v?ux, ni nos serments comme serments[2].

L'officiant et la congrégation disent alors trois fois de suite « Et il sera pardonné à toute la communauté des enfants d'Israël et à l'étranger qui séjourne parmi eux; car l'erreur a été commune à tout le peuple[3]. » On replace les livres de la Torah, et on commence l'office du soir.

Philip Birnbaum, dans son édition classique du Mahzor explique à propos de ce passage qu'il fait référence à des v?ux assumés par un individu pour lui seul, et où aucun tiers parti n'est impliqué. Bien que le contexte rende parfaitement clair qu'aucun v?u ou obligation envers d'autres ne sont impliqués, de nombreuses personnes ont été portées à croire erronément que par cette formule, tous leurs v?ux et serments seraient dissouts. Au XIe siècle, le rabbin Meir ben Shmouel (le beau-fils de Rachi) changea le phrasé original de Kol Nidre, de façon à rendre la version ashkénaze applicable pour le futur plutôt que le passé; c?est-à-dire aux v?ux que l'on pourrait être incapable de remplir dans l'année à venir[4].
La version séfarade fait toujours référence à l'année écoulée.

Certains commentateurs affirment que le Kol Nidre n'est pas tant une prière qu'une déclaration avant que la prière de Yom Kippour ne commence. Cette opinion se base largement sur le fait que le texte de Kol Nidre appuie sur la demande que le déclarant ne soit pas tenu pour responsable de réaliser les promesses que les fidèles feront au cours des 25 prochaines heures.

[] Origine

La tendance de faire des v?ux à Dieu était fortement prévalente dans l'ancien Israël, et ce depuis l'époque biblique, puisque la Torah trouve nécessaire de mettre en garde contre la pratique : « Si tu fais un v?u à l?Éternel, ton Dieu, tu ne tarderas point à l?accomplir : car l?Éternel, ton Dieu, t?en demanderait compte, et tu te chargerais d?un péché. Si tu t?abstiens de faire un v?u, tu ne commettras pas un péché. Mais tu observeras et tu accompliras ce qui sortira de tes lèvres, par conséquent les v?ux que tu feras volontairement à l?Éternel, ton Dieu, et que ta bouche aura prononcés. » (Deutéronome 23:21-23)

Des v?ux spontanés qui n'avaient pas été remplis, quelle qu'en soit la raison, créait des difficultés religieuses et éthiques pour ceux qui les avait proférés; ceci fut la cause d'un désir de dispensation, qui engendra le rite d'absolution d'un v?u (hatarat nedarim). Celle-ci ne pouvait être réalisée que par un érudit, un expert ou un tribunal de trois Juifs profanes.
Les pétitionnaires déclaraient vouloir se réconcilier avec Dieu, rétractaient solennellement leurs v?ux et serments qu'ils avaient faits à Dieu durant la période intervenant entre le jour de l'Expiation précédent au jour de l'Expiation présent; ce rite les rendait nuls et non avenus depuis le début, permettant à leur place le pardon divin. Ceci est en accord avec la plus ancienne formule connue du texte, préservée dans le Siddour d'Amram Gaon.

[] Adoption dans les offices de prière

La rapidité avec laquelle les v?ux étaient prononcés et la facilité avec laquelle ils étaient défaits par les scribes fut raillée par les karaïtes, adversaires du judaïsme rabbinique, qui y voyaient tant une preuve d'un laxisme du Talmud que de l'inconséquence de ceux qui le suivaient. En réaction, les gueonim, dirigeant du judaïsme babylonien au début du Moyen Âge, minimisèrent le pouvoir de l'annulation. Le rabbin Yehoudaï Gaon de Soura (760 de l'ère commune), auteur des Halakhot Pesouqot, déclara interdite l'étude de Nedarim, le traité talmudique sur les v?ux. Le siddour d'Amram Gaon ne mentionne le Kol Nidre que pour décrier la coutume de le réciter, la qualifiant d'« idiote » (minhag shetout). Le Kol Nidre était donc discrédité dans les deux académies babyloniennes, et n'était pas accepté par eux.

Selon d'autres, cependant, il était coutumier de réciter la formule dans les divers pays de la diaspora juive, et il est également évident d'après le Dissour d'Amram que cet usage était répandu de son temps en Espagne. Cependant, la pratique guéonique de ne pas réciter le Kol Nidre fut longtemps prévalente, et il n'a jamais été adopté dans le rite catalan ou algérien.

Outre le Kol Nidre, une coutume, que l'on peut retracer à Rabbi Meïr de Rothenburg, se développa de faire précéder le Kol Nidre par la formule commençant par « Au nom du conseil d'en haut. » Elle donne la permission aux transgresseurs de la Loi ou aux personnes bannies « de prier avec la congrégation, » ou selon une autre version, à la congrégation de prier avec les transgresseurs. Cette coutume se répandit depuis l'Allemagne en France, en Espagne, en Grèce, avant d'être généralement adoptée.

Il fut avancé à une époque que le Kol Nidre avait été composé par des marranes, des Juifs de la péninsule ibérique contraints à la conversion au christianisme, mais secrètement demeurés dans leur foi juive. Cette hypothèse est sans fondement historique, la prière ayant été composée des siècles avant cette époque. Cependant, la prière fut bien récitée par les marranes.

[] Modification du temps du passé au futur

Une importante modification du phrasé du Kol Nidre fut réalisée par le beau-fils de Rachi de Troyes, le rabbin Meïr ben Samuel, qui changea la phrase « du dernier jour de l'Expiation à celui-ci » en « de ce jour de l'Expiation au suivant. » L'annulation ne concernait donc plus l?a posteriori, des obligations non-remplies au cours de l'année écoulée, mais l?a priori, faisant référence à des v?ux qu'on ne peut remplir ou qu'on pourrait oublier d'observer durant l'année à venir. Meïr ben Samuel ajouta de même « nous nous repentons de tous ceux-là, » le véritable repentir étant une condition d'annulation. Les raisons données à ces modifications étaient qu'une annulation des v?ux ex post facto était vide de sens, et que de plus, personne ne pourrait s'accorder une annulation, qui ne peut être délivrée que par un conseil de trois profanes ou par un juge compétent.

Il semble que ce soit cependant son fils Rabbenou Tam, qui consigna les altérations faites par son père, et tenta en outre de les formes verbales des phrases, « que nous avons contracté » devenant « que nous contractions. » Cependant, qu'il s'agisse d'une persistance d'un texte dont l'ancienne version était bien ancrée, ou que Rabbenou Tam n'ait pas corrigé ces formes verbales de façon consistante, les anciennes formes verbales sont encore en usage, au début de la formule, bien qu'une connotation de futur leur soit donné suite aux modifications de Meïr ben Samuel.

Ces modifications, qui s'accordaient aux opinions d'Isaac ibn Ghayyat, furent intégrées dans le rite allemand, polonais et du nord de la France, ainsi que dans les rites influencés par ceux-ci, mais ils ne le furent pas dans les rites espagnol, romain et provençal. L'« ancienne version » est donc habituellement appelée la version séfarade. Dans certains livres de prière, ancienne et nouvelle versions figurent parfois côte à côté.

[] Autres modifications

Dans le Siddour d'Amram Gaon et le Mahzor de Rome, la formule est rédigée en hébreu, commençant par Kol Nedarim. Cependant, la formulation actuelle est araméenne, et les mots « ainsi qu'il est écrit dans la doctrine de Moïse Ton serviteur, » qui figuraient dans ces formes anciennes avant Nombres 15:26, ont été annulées par Meïr de Rothenburg.

[] Modus operandi de la récitation

Quant à la manière selon laquelle le hazzan doit réciter le Kol Nidre, le Mahzor Vitry donne les instructions suivantes: « La première fois, il doit l'entonner très doucement, comme une personne qui hésite à entrer dans le palais du roi afin d'obtenir un présent de lui, qu'il craint d'approcher; la deuxième fois, il peut parler un peu plus fort; et la troisième fois, encore plus fort, comme une personne qui a ses habitudes à la cour et approche son souverain comme un ami. »

S'il y a consensus sur le fait qu'au moins un livre de la Torah doit être sorti pour le Kol Nidre, le nombre exact variait avec les coutumes : certains n'en prenaient qu'un, d'autres deux, trois, sept ou même tous les rouleaux disponibles[5]. Le Kol Nidre doit être récité avant le coucher du soleil, étant donné que l'annulation d'un v?u ne peut être obtenue lors d'un chabbat ou un jour de fête (à moins que le v?u ne se rapporte à l'un de ces jours).

[] Accusations de perfidie par les antisémites

Le Kol Nidre a été utilisé par les antisémites pour jeter le doute sur la valeur que l'on pouvait attendre d'un v?u contracté par un Juif[6]. Cette attaque eut des répercussions telles que de nombreux législateurs non-Juifs considérèrent nécessaire de posséder une forme de serment spécial réservé aux Juifs, et que de nombreux juges refusèrent de leur accorder le droit de contracter un autre serment, basant leurs objections sur cette prière principalement. Dès 1240, Yehiel de Paris était obligé de défendre le Kol Nidre de ces charges lors de la disputation de Paris.

[] Réponses à ces accusations

Les rabbins ont de tout temps insisté sur le fait que l'annulation des v?ux dans le Kol Nidre ne se réfère qu'à ceux qu'un individu contracte volontairement pour lui-même sans implication d'un tiers parti ou intérêt. La formule est restreinte aux v?ux passés ente l'homme et Dieu seuls; elle est sans effet sur les v?ux contractés entre hommes, et par conséquent sur les serments prononcés devant un tribunal, ou devant une communauté. Selon la doctrine juive, le seul but de cette prière est d'accorder la protection envers le châtiment divin en cas de violation d'un v?u.

[] Réticences et oppositions juives au Kol Nidre

La prière ne fut pas appréciée parmi les dirigeants et sages juifs. Outre Amram Gaon, quatre gueonim s'étaient prononcés en défaveur de la récitation de la formule. Seul Saadia Gaon y fut favorable, en limitant cependant l'usage à des v?ux obtenus de la congrégation par extorsion en temps de persécution; il déclara par ailleurs que le Kol Nidre ne donnait aucune absolution aux serments pris par un individu au cours de l'année.

Juda ben Barzilaï, un auteur espagnol du XIIe siècle déclare dans son ouvrage halakhique Sefer ha'Ittim, que la coutume de réciter le Kol Nidre était injustifiable et trompeuse, puisque de nombreux ignorants étaient amenés à croire que la formule annulait purement et simplement tous les v?ux et serments, et juraient donc avec inconséquence.

Pour la même raison Yerouham ben Meshoullam, qui vécut en Provence environ deux siècles plus tard, invectiva ceux qui, se fiant au Kol Nidre, juraient à tout vent, et les déclara incapables de prêter serment[7]

D'autres voix s'élevèrent, dont celles de Yom Tov ben Abraham Ashvili (mort 1350), Isaac ben Chechet, rabbin de Saragosse (mort en 1406)[8], l'auteur du "Col Bo" (XVe siècle) et Léon de Modena[9] (mort en 1648).


Les mahzorim imprimés contiennent donc souvent des commentaires et explications du Kol Nidre visant à clarifier les restrictions d'application du Kol Nidre.

De façon plus anecdotique, car son opinion jugée hérétique n'aurait pas été prise en compte, le karaïte Juda Hadassi fustigea également cet usage rabbanite[10].

[] Au XIXe siècle

Du fait des nombreuses plaintes et accusations formulées à l'encontre du Kol Nidre au cours des siècles, une conférence rabbinique tenue à Brunswick en 1844 décida à l'unanimité que la formule n'était pas essentielle, et que les membres de la convention devraient exercer leur influence à abolir rapidement l'usage[11].

D'autres assemblées furent tenues au XIXe siècle en d'autres lieux, et mirent l'accent sur le fait que "dans le Kol Nidre, sont seulement impliqués les v?ux et obligations assumés volontairement et contractés, pour ainsi dire, devant Dieu, donc de nature exclusivement religieuse; mais ne sont en aucun cas inclus les obligations qui se rapportent à d'autres personnes ou des matières non-religieuses"[12].

La décision de la conférence fut acceptée par de nombreuses congrégations en Europe de l'Ouest et dans toutes les communautés réformées américaines, qui tout en conservant la mélodie (dont de nombreux auteurs juifs écrivent qu'elle a joué le rôle principal dans la préservation de l'autorité religieuse au Kol Nidre[13]) substituaient à la formule un hymne allemand ou un psaume hébreu, ou modifiaient le texte qui devenait « Puissent tous les v?ux s'élever à Toi devant Qui les enfants d'Israël adressent leurs v?ux, Seigneur, [?] qu'ils reviennent à Toi avec tous leurs c?urs, depuis ce jour de l'Expiation au jour suivant, etc. ».
Ces changements furent mal accueillis et refusés par les juifs orthodoxes, dont M. Lehmann, éditeur de l'« Israelit[14]. »

[] La mélodie

Plus célèbre encore que la formulation est la mélodie classiquement utilisée pour sa récitation, au point qu'elle fut conservée même dans les communautés qui avaient supprimé le texte.

Les variantes sont aussi nombreuses que les synagogues où on la chante, qui n'ont généralement que le premier accord en commun. Ces divergences ne sont cependant pas radicales, et sont dues au fait d'avoir été composées non par un mais par plusieurs chantres, qui ont transmis chacun une version distincte, lesquelles suivaient toutes la méthode rhapsodique de la hazzanout.

La structure musicale du Kol Nidre est construite sur une base simple, la mélodie résultant du mélange d'une cantillation simple avec une figuration riche. L'ouverture du Kol Nidre est ce qu'on appelle dans le plain-chant catholique un « pneuma, » où l'on annonce les mots d'ouverture par un long ton soupirant descendant dans les graves avant de remonter, ressemblant à un soupir entrecoupé de sanglots, seule façon jugée acceptable pour un officiant d'inaugurer le Jour de l'Expiation, plutôt qu'en l'entamant par des phrases déclamatoires familières ou monotones. L'usage semble avoir commencé dans le Sud de l'Allemagne.

[] Similitudes avec le plain-chant grégorien

Breslaur attire l'attention sur la similarité de ces accords avec les cinq premières mesures du sixième mouvement du quartet en C mineur, op. 131 de Beethoven, « adagio quasi un poco andante. »

Cette ressemblance montre l'élément original autour duquel toute la mélodie du Kol Nidre s'est construite. Le pneuma donné dans les antiphonaires de la Sarre et de Ratisbonne (ou dans des livrets de musique rituelle catholique) comme passage typique du premier mode grégorien (ou les notes dans l'échelle naturelle allant de "d" à "d" ["ré" à "ré"]), ressemble quasi-exactement à la figure qui prévaut tout au long de l'air hébreu, dans toutes ses variantes, et reproduit encore plus précisément l'un des accords favorites.

Le motif original de ces phrases semble être l'accord de mélodie si fréquemment répété dans les versions modernes du Kol Nidre lors de l'introduction de chaque répétition. Un tel motif est en effet répété cinq fois consécutivement dans la première phrase du texte dans sa forme simple, dans la tradition italienne moins élaborée, et de façon un peu plus élaborée quatre fois de suite à partir des mots nidrana lo nidre.

Les traditions septentrionales préfèrent utiliser dans ces moments son complément, dans le second mode ecclésiastique de l'Église, qui s'étend aussi bien en dessous qu'au-dessus du "ré" fondamental. L'accord, quelle que soit la forme, remonte probablement au haut Moyen Âge, avant le XIe siècle, lorsque la pratique et la théorie de l'école de chant de St. Gall, à partir de laquelle de tels passages évoluèrent, influença toutes les musiques dans les pays français et allemands où la mélodie du Kol Nidre prit forme.

Donc, une phrase typique dans le mode grégorien le plus familier, entendu quotidiennement par les Juifs de Rhénanie en musique aussi bien ecclésiastique que profane, fut jugée convenable pour la récitation de l'Absolution des V?ux, et il y fut ensuite ajouté, en même temps que la « préface » de Meïr de Rothenburg, une intonation introductrice qui dépendait du goût et de la capacité de l'officiant. Répétée de nombreuses fois, la figure de cette phrase centrale était parfois chantée sur un ton supérieur, parfois sur un ton plus bas. Ceux-ci furent ensuite associés; et ainsi, la section médiane de la mélodie fut graduellement développée dans sa forme moderne.

[] Inspiration d?autres compositions musicales

La prière et sa mélodie ont formé la base d'un certain nombre de compositions de musique classique, y compris un arrangement de la prière par Arnold Schoenberg, un concert pour solo cello et orchestre par Max Bruch, un accord pour quartet par John Zorn, et d'autres.

L'album des Electric Prunes, Release of An Oath, sous-titré et communément The Kol Nidre d'après son premier titre, est basé sur une combinaison des liturgies juive et chrétienne.

[] Notes et références

  1. ? Jewish History Sourcebook: An Oath Taken by Jews Frankfort on the Main, about 1392 CE
  2. ? Traduction d'Elie Munk, le Monde des Prières, pp. 347-8, éditions Keren HaSefer ve HaLimoud, France, 2001, ISBN 2-904068-76-7
  3. ? Nombres 15:26
  4. ? Philip Birnbaum, High Holyday Prayer Book, Hebrew Publishing Company, NY, 1951
  5. ? 'Hayye Abraham, p. 47a, Leghorn, 1861
  6. ? La Jewish Encyclopedia cite les références suivantes:
    • Wagenseil, "Tela Ignea, Disputatio R. Jechielis," p. 23
    • Eisenmenger, "Entdecktes Judenthum," vol. ii., ch. ix., pp. 489 et seq. Königsberg, 1711
    • Bodenschatz, "Kirchliche Verfassung der Heutigen Juden," part ii., ch. v., § 10, Francfort & Leipzig, 1748
    • Rohling, "Der Talmudjude," pp. 80 et seq., Münster, 1877
  7. ? La Jewish Encyclopedia cite les références suivantes :
    • "Toledot Adam we-'Hava," ed. 1808, section 14, part iii., p. 88
    • Zunz, "G. V." p. 390
  8. ? Responsa, No. 394 (où il se réfère également aux Hiddoushim du Ritva
  9. ? N. S. Libowitz, "Leon Modena," p. 33, New York, 1901
  10. ? La Jewish Encyclopedia cite la référence suivante : Eshkol ha-Kofer, nos. 139,140
  11. ? "Protocolle der Ersten Rabbiner Versammlung," p. 41, Brunswick, 1844
  12. ? "Allg. Zeit. des Jud." 1885, p. 396
  13. ? JewishEncyclopedia.com - KOL NIDRE
  14. ? Voir ib. 1863, Nos. 25, 38

Cet article comprend du texte provenant de la Jewish Encyclopedia de 1901?1906, une publication tombée dans le domaine public.

[] Voir aussi

[] Liens externes

 

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La source est wikipedia http://fr.wikipedia.org/wiki/ Kol Nidre
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