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Jules est amoureux
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Auteur: C. Lamblin
Editeur: Nathan Jeunesse
Prix Editeur: EUR 6,00
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1887 premier janvier : V. cherbuliez gouvernement du aréchal clauzel par c. rousset histoire du mexique par l. biart le système de gluck par r. de récy la légende gaspar hauser jules sandeau sur
Auteur: E. Antier
Editeur: Bousquet, 1753.
Prix Editeur: EUR 30,50
Notre prix: EUR 28,98
1923 n°18 octobre : elizabeth dryden renée humbert p. baquié sur h. bataille f. laugier r. groc hubert-fillay jules lafaurie georges pgès comédie de j. azaïs et c. phalippou 5
Auteur: R. Faller
Editeur: Presses Universitaires de Grenoble (PUG)
Temps modernes les , sartre
Auteur: C. Roederer

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Revue de presse Jules_C%E9sar
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| image =Hw-caesar.jpg | légende =Caius Iulius Caesar IV | tailleimage(en px) =150 | datedenaissance =12 juillet ou 13 juillet 100 av. J.-C. ou 102 av. J.-C. | lieudenaissance =Rome | datededécès =15 mars 44 av. J.-C. | lieudedécès =Rome | paysdorigine =République romaine | titre1 =Imperator Caius Julius Caesar Divus | débutderègne = | finderègne = | titre2 = | dynastie = Julio-Claudiens | grademilitaire = | arme = | débutdecarrière = | findecarrière = | couronnement = | investiture = | prédécesseur = | successeur = Auguste (empereur) | conflit = | commandement = | faitsdarmes = | distinctions =Pater Patriae | hommage = | autresfonctions = Questeur
Édile Curule
Pontifex maximus
Préteur
Consul
Dictateur | père =Caius Iulius Caesar III | mère =Aurelia Cotta | conjoint =Cossutia (-85 à -84)<ref name="Su1">Suétone, Vie des douze Césars - César, 1</ref>Template:,<ref name="Pl5special">Plutarque, Vie de César, 5 Template:Citation bloc Le passage comporte une contradiction que Napoléon III, dans son ouvrage Histoire de Jules César, 1865, avait déjà relevée en son temps : Template:Citation bloc</ref>
Cornelie Cinna (-84 à -68)
Pompeia Sulla (-68 à -63)
Calpurnia Pisonis (-59 à -44) | enfants =Julia
Ptolémée XV (Césarion)<ref name="césarion">Yann Le Bohec, dans son ouvrage César, Que sais-je ?, remarque que la paternité de César envers Ptolémée XV est discutée par les historiens. En effet, pour H. Heinen, Césarion, fils de Cléopâtre, est né en 47 av. J.-C. des ?uvres de César. Pour Jérôme Carcopino, Césarion est né en 44 av. J.-C. d?un autre père.</ref>
Auguste (par adoption) }}

Jules César (Latin : CAIVS?IVLIVS?CAESAR?IV à sa naissance, IMPERATOR?CAIVS?IULIUS?CAESAR?DIVVS? à sa mort) est un général, homme politique et écrivain romain, né à Rome vers 100 av. J.-C. et mort le 15 mars 44 av. J.-C. (aux Ides de Mars)<ref>Plutarque, Vie de César, 69, 70</ref>.

Son destin exceptionnel marqua le monde romain : ambitieux et brillant, il s?appuya sur le courant réformateur et démagogue pour son ascension politique ; stratège et tacticien habile, il repoussa les frontières romaines jusqu?au Rhin et à l?Océan atlantique en conquérant la Gaule puis utilisa ses légions pour s?emparer du pouvoir. Il se fit nommer dictateur à vie, et fut assassiné peu après par une conspiration de sénateurs. Il fut divinisé et son fils adoptif Octave, vainqueur de Marc-Antoine acheva la réforme de la République romaine, qui laissa place au principat et à l?Empire romain.

Contents

Biographie

Origine

César affirmait avoir pour ancêtre Iule (ou Ascagne), fils d?Énée et de Créüse, amené en Italie par son père après la chute de Troie. Ce fondateur d?Albe-la-Longue était considéré comme le créateur de la vieille famille des Julii, qui selon l?empereur Claude se joignit ensuite aux patriciens de Rome<ref>Tacite, Annales, XI, 25</ref>. Par ce lignage, César revendiqua lorsqu?il prononça l?éloge funèbre de sa tante Julia une ascendance remontant à Vénus<ref>Suétone, Vie des douze Césars - César, 6</ref>.

Les Julii connurent des revers de fortune, et Jules César grandit dans une maison assez modeste du bas quartier de Subure, de mauvaise réputation<ref>Suétone, Vie des douze Césars - César, 46</ref>.

Caius Julius César, le futur Jules César, naît vers 100 av. J.-C., fils de Caius et de Aurelia Cotta, également d?origine patricienne. Malgré les sources historiques, la date précise de cette naissance reste incertaine : le 12 juillet<ref>Macrobe, Saturnales, I, 12 : Template:Citation bloc Pour Macrobe César naquit le 12. Cette date est confirmée par les Fasti Amiterni (le 12 juillet était considéré comme férié parce César était né ce jour-là) et les Fasti Antiates.</ref> ou le 13 juillet<ref>Dion Cassius (XLVII, 18, 6) raconte que les jeux en l?honneur d?Apollon tombant le jour de l?anniversaire de César, les triumvirs ordonnèrent en 42 de le célébrer la veille car les Livres Sibyllins interdisaient que l?on fêtât ce jour-là un autre dieu qu?Apollon. La veille, c?est-à-dire le 12. Pour Cassius Dion, César était donc né le 13. </ref> 100 av. J.-C.<ref>Velleius Paterculus, Histoire romaine Livre II, 41,2 : Template:Citation bloc En effet, l?avènement de Sylla avait eu lieu en -82, ce qui donne bien -100 comme date de naissance possible pour César.</ref>Template:,<ref>Plutarque, Vie de César, LXXV :Template:Citation bloc</ref>Template:,<ref>Suétone, Vie des douze César - César, 88 :Template:Citation bloc</ref>Template:,<ref>Appien, Guerres Civiles, livre II, 149 : Template:Citation bloc</ref> ou 102 av. J.-C.<ref>Eutrope, Abrégé d?Histoire Romaine, livre VI, 24 : Template:Citation bloc</ref>Template:,<ref>Les conditions d?âge pour accéder aux différentes magistratures du cursus honorum semblent démontrer que César serait né en 102 av. J.-C.

Titre Année Âge mini requis Si né en 100 Si né en 102
édile 65 37Template:E année 35Template:E année 37Template:E année
prêteur 62 40Template:E année 38Template:E année 40Template:E année
consul 59 43Template:E année 41Template:E année 43Template:E année

</ref>.

Selon Tacite, en mêlant dévouement maternel et ferme discipline, sa mère Aurelia donne à Caius et ses deux s?urs Julia une éducation exemplaire<ref>Tacite, Dialogue des orateurs, 28, 6</ref>. Cicéron attribuera à cette éducation familiale et à des études assidues l?élégance du latin de César et la qualité de son éloquence<ref>Cicéron, Brutus</ref>. Plutarque et Suétone souligneront aussi son art des relations en société tout au long de sa vie : amabilité et politesse envers ses hôtes, prodigalité sans retenue, savoir-vivre et bonne tenue dans les banquets (Caton qui pourtant le déteste lui accorde qu?il est le seul ambitieux qui ne s?enivre pas), conversation brillante et cultivée<ref>Cicéron, Lettres à Atticus</ref>. Ces qualités de séduction seront ses premiers atouts dans la vie publique romaine.

Son père Caius ne dépasse pas dans sa carrière politique le rang de préteur en 92 av. J.C., et décède subitement un matin en mettant ses chaussures<ref name="pline1">Pline l?Ancien, Histoires naturelles, Livre VII, 53</ref>, César est alors agé de quinze ans<ref>Suétone, Vie des douze César - César, 1</ref>. Son oncle Sextus Julius Caesar III obtient le consulat en 91 av. J.C. mais meurt au siège d?Asculum lors de la Guerre sociale.

La jeunesse de César

La jeunesse de Jules César s?inscrit dans un contexte de violentes luttes politiques qui opposent les optimates aux populares. Les premiers maintiennent une ligne conservatrice et aristocratique qui place le sénat romain au c?ur de la République. Les seconds veulent satisfaire les revendications sociales et accorder plus de place politique aux Italiens et aux provinciaux.

Jules César grandit ainsi au milieu de troubles sanglants (Première guerre civile) : combats de rue à Rome en 88 av. J.C. entre les partisans de Marius, chef des populares, et ceux de Sylla, puis victoire des légions de Sylla sur les marianistes aux portes de Rome en 82 av. J.C., suivie d?impitoyables chasses à l?homme contre les proscrits du camp adverse.

Ses relations familiales placent Jules César parmi les populares dans le jeu politique romain. Sa tante Julia fut l?épouse du consul Marius et lui-même épouse en 84 av. J.-C Cornelie Cinna la fille de Cinna, successeur de Marius. Malgré ces alliances familiales, Jules César ne semble pas s?être joint aux marianistes les plus extrémistes lors de la guerre civile qu?ils menèrent contre Sylla. Il est possible que César ait suivi les modérés lorsqu?ils se rallient à Sylla<ref>Hypothèse émise par François Hinard, Sylla, Fayard, 1985, Template:ISBNp 130 </ref>.

Sylla exige que César divorce de Cornelie Cinna et rompe ainsi ses derniers liens avec les marianistes. César refuse, et doit se cacher, jusqu?à ce que de puissants protecteurs, dont son oncle Aurelius Cotta, fassent fléchir Sylla et cesser la traque. Prudent, César quitte Rome <ref>Plutarque rapporte sans autres précisions que César encore traqué s?évade et se retire en Bithynie (Plutarque, Vie de César, 1), tandis que Suétone donne des détails qui permettent de comprendre pourquoi César se rend en Bithynie (Suétone, Vies des douze Césars - César, 2) </ref>. Il s?enrôle vers 80 av. J.-C. dans l?armée et rejoint avec le préteur Marcus Minucius Thermus le théâtre d?opérations militaires en Asie, où Lucullus assiège Mytilène, capitale de Lesbos qui s?était ralliée à Mithridate VI. César reçoit mission de demander au roi de Bithynie Nicomède IV le renfort de sa flotte. Suétone se fait l?écho d?une rumeur sur la réputation de César, rapportant qu?il aurait eu des relations sexuelles passives avec Nicomède, vice le plus méprisable aux yeux des Romains. Cette suspicion, qui peut être une lourde et classique plaisanterie entre soldats, plutôt qu?une réalité indémontrable, suivra César, depuis les commentaires insultants de ses adversaires jusqu?à son triomphe final<ref>Suétone, Vies des douze Césars - César, 2 et 49</ref>.

Lors de la prise de Mytilène, César accomplit un exploit que les historiens ne précisent pas, mais qui lui vaut en récompense une couronne civique, la plus glorieuse décoration militaire, habituellement décernée pour avoir sauvé au combat la vie d?un concitoyen. César sert encore en Cilicie sous les ordres de Servilius Isauricus, puis est démobilisé.

A la mort de Sylla en 79 av.J.-C., César demeure quelque temps en Asie. Lors de son trajet sur la mer Égée, il est enlevé par des pirates de Cilicie qui réclament une rançon de vingt talents d'or. César déclare en valoir cinquante, et promet de revenir exécuter les pirates après sa libération, ce qu'il fait effectivement. Puis il perfectionne son éloquence auprès du célèbre rhéteur grec Molon de Rhodes<ref>Plutarque, Vie de César, 2 et 3 ; Suétone, Vies des douze Césars - César, 4</ref>.

De retour à Rome, il débute sa vie publique par un coup d?audace : il attaque en justice le proconsul Gnaeus Cornelius Dolabella qui vient d?achever son mandat, et l?accuse de concussion. Malgré l?éloquence de César et les nombreux témoins à charge qu?il cite, la cible a trop de poids politique : Dolabella est acquitté, probablement par solidarité de classe avec ses juges tous issus du Sénat<ref>Plutarque et Suétone sont en désaccord complet sur la chronologie : Plutarque place l?enlèvement par les pirates et les cours de Molon avant le retour de César à Rome et l?affaire Dolabella, tandis que Suétone situe un bref séjour à Rome et le procès Dolabella en premier, puis l?épisode des pirates et les études de rhétorique auprès de Molon.</ref>.

L?ascension de César

César développe activement ses relations, dépensant beaucoup en réceptions, et entame le parcours politique classique (cursus honorum) : tribun militaire, questeur en 69 av. J.-C. en Espagne, puis édile en 65 av. J.-C., il capte la faveur du peuple en rétablissant le pouvoir des tribuns de la plèbe et en relevant les statues de Marius. Chargé de l?organisation des jeux, il emprunte massivement pour en donner de spectaculaires, alignant selon Plutarque le nombre record de 320 paires de gladiateurs<ref>Plutarque, Vie de César, 5</ref>.

Parallèlement, César poursuit son activité judiciaire, pour des causes qui flattent le courant des populares. En 64 av. J.-C., il intente des procès contre d?anciens partisans de Sylla, fait condamner Lucius Liscius et Lucius Bellienus, payés pour avoir ramené la tête de proscrits. Mais il échoue contre Catilina, les jurés se refusant à condamner un membre de la vieille famille des Cornelii. L?année suivante en 63 av. J.C., avec l?aide du tribun de la plèbe Titus Labiénus, César tente un coup juridique extravagant en accusant de haute trahison le vieux sénateur syllanien Gaius Rabirius pour des faits anciens de trente-sept ans : le meurtre du tribun de la plèbe Saturninus. L?affaire est sans précédent depuis le légendaire procès d?Horace. Cicéron assure la défense de Rabirius (Pro Rabirio), mais les deux juges désignés par le préteur ne sont autres que César lui-même et son cousin Sextus. Rabirius est condamné, mais fait appel au peuple romain, son jugement devant les comices est reporté puis l?affaire est finalement abandonnée<ref>François Hinard, Sylla, ouvrage précité, p 249-250</ref>.

César se fait élire en 63 av. J.-C. au titre de pontifex maximus grâce à une campagne financée par Crassus. Il dépense d?importantes sommes d?argent et contracte de nombreuses dettes, afin de remporter les suffrages des comices tributes, contre deux rivaux redoutables (Servilius Isauricus et Q. Catulus), plus âgés et plus dignes que lui<ref>Suétone, Vie des douze Césars - César, 13</ref>Template:,<ref>Plutarque, Vie de César, 7 </ref>. Selon l?usage, César s?installe dans la demeure du pontife à la Regia, et exercera la fonction de grand Pontife jusqu?à sa mort.</br>

Désigné préteur urbain pour l?année suivante au moment de la conjuration de Catilina (63 av. J.-C.)<ref>Suétone, Vie des douze Césars - César, 14</ref>, il ne fait rien pour la prévenir et est soupçonné de connivence<ref>Suétone, Vie des douze Césars - César, 17</ref>. Salluste attribue ces soupçons à des man?uvres calomnieuses de Q. Catulus et C.Pison, adversaires politiques de César. Lors du vote au Sénat sur le sort des complices de Catilina, César s?oppose à leur exécution immédiate en plaidant l?illégalité d?une exécution sans jugement, mais son avis est mis en minorité<ref>Salluste, Conjuration de Catilina, XLIX et LI</ref>.</br> Template:Article détaillé Envoyé comme propréteur en Bétique (Espagne) en 60 av. J.-C., il ne peut partir qu?après avoir donné des cautions à ses créanciers<ref>Plutarque, Vie de César, 12 </ref>. Son départ précipité de Rome est motivé par sa volonté d?échapper à une action judiciaire éventuellement engagée à la fin de sa charge. César veut également porter secours aux alliés de Rome, en Bétique, qui font face à de nombreuses attaques. Après avoir pacifié la province, il revient à Rome afin de briguer la fonction de consul<ref>Suétone, Vie des douze Césars - César, 18</ref>.

Triumvirat et Consulat

L?homme le plus en vue à cette date est Pompée, après sa victoire en Orient contre le roi Mithridate VI Eupator. Cette campagne a permis à Rome de s?étendre en Bithynie, au Pont et en Syrie. Pompée revient couvert de gloire avec ses légions mais conformément à la règle, il les licencie après avoir reçu le triomphe, en 61 av. J.-C.. Crassus s?était associé à Pompée pour obtenir le consulat en 70 av. J.-C.. Au retour de César de Bétique, il s?associa avec Pompée, et forme avec eux le premier triumvirat. Cet accord secret scelle une alliance entre les trois hommes, chacun s?abstenant de réaliser des actions nuisibles à l?un des trois<ref name="Su19">Suétone, Vie des douze Césars - César, 19</ref>. César renforce peu après cette alliance en mariant sa fille Julia à Pompée. Template:Article détaillé Grâce au financement de sa campagne électorale par Crassus, César est élu consul en 59 av. J.-C., en ralliant notamment à sa cause Lucius Lucceius un de ses éventuels compétiteurs<ref name="Su19"/>. Durant son mandat, il ne laisse à son collègue le conservateur Marcus Calpurnius Bibulus qu?une ombre d?autorité. Bibulus multiplie les actions d?obstruction contre César, mais est chassé du forum lors de la promulgation d?une loi agraire. Suite à cet incident, il se retire chez lui jusqu?à la fin de son mandat, laissant le pouvoir à César qui l?exerce seul<ref>Plutarque, Vie de César, 14</ref>Template:,<ref name="Su20">Suétone, Vie des douze Césars - César, 20</ref>. L?historien romain Suétone rapporte quelques vers décrivant la situation politique :</br> Template:Citation

César peut désormais légiférer comme un tribun, selon l?expression de Plutarque, satisfaire les revendications des populares, rendre des gages à Pompée et gagner de nouveaux soutiens auprès des chevaliers et des provinciaux : passant outre les protestations des sénateurs Lucullus et Caton, il fait ratifier les initiatives de Pompée qui avait réorganisé les principautés du Moyen-Orient sans demander l?avis du Sénat ; il promulgue plusieurs lois agraires : distribution aux vétérans de Pompée de parcelles des terres publiques (l?ager publicus), faisant de Capoue une colonie romaine, achat de terres à des particuliers qui sont ensuite distribuées à Template:Formatnum:20000 citoyens pauvres. La diminution d?un tiers du fermage dû par les publicains à l?État est une aubaine pour les chevaliers, affairistes et banquiers (lex de publicanis) <ref>Pour cette série de mesures, cf. Appien, Guerres civiles, II, 13, Dion Cassius, XXXVIII, 7, et Velleius Paterculus, Histoire romaine, livre II, 44</ref>. Sa loi contre la concussion (lex Iulia de repetundis) permet enfin de sanctionner d?amendes les gouverneurs de province qui monnayent leurs interventions ou se livrent à des exactions financières<ref>Digeste, XLVIII, 11</ref>. Enfin, il place le Sénat sous le contrôle de l?opinion publique, en faisant publier les comptes-rendus de séance (Actus senatus)<ref name=Su20/>.

Cette activité politique va de pair avec une activité mondaine soutenue : Suétone<ref>Suétone, Vie des douze Césars, César, 50</ref> prête à César entre autres maîtresses les épouses de Crassus et Pompée, et, ce qui paraît mieux attesté, Servilia la demi-s?ur de Caton<ref>Selon Appien, Servilia mit au monde Marcus Junius Brutus lorsque César était son amant, d?où l?hypothèse d?une paternité (Appien, Guerres civiles, II, 112</ref>. Plus officiellement, César épouse Calpurnia, fille de Calpurnius Pison, consul désigné pour l?année suivante, ce qui lui assure une future protection politique. César se fait un autre allié dans la personne de Clodius Pulcher, qui avait pourtant courtisé sa précédente épouse, en satisfaisant une requête qui lui tenait à c?ur : troquer son rang de patricien pour celui de plébéien et postuler ainsi à l?élection de tribun de la plèbe.

César profite de sa popularité pour préparer l?étape suivante de sa carrière : normalement, le Sénat prolonge le mandat d?un consul par le proconsulat d?une province pour un an. César contourne cette règle avec l?aide du tribun de la plèbe Vatinius : celui-ci fait voter par le peuple un plébiscite qui confie à César et pour cinq ans deux provinces, la Gaule cisalpine et l?Illyrie, avec le commandement de trois légions (lex Vatinia). Pour sauver une apparence d?autorité, le Sénat lui accorde en plus la Gaule transalpine et une quatrième légion<ref name="Su22">Suétone, Vie des douze Césars - César, 22 </ref>.

Suétone rapporte que César, se vantant devant le Sénat d?être enfin parvenu à ses objectifs, et promettant une victoire éclatante en Gaule, reçut un outrage d?un de ses nombreux adversaires qui s?écria « Cela ne sera pas facile à une femme ». César répliqua que cela n?avait pas empêché Sémiramis de régner sur l?Assyrie, et les Amazones de posséder jadis une grande partie de l?Asie<ref name="Su22"/>.</br>

Proconsul en Gaule

Image:Caesar campaigns gaul-fr.svg

Dès la fin de son consulat, César gagne rapidement la Gaule, tandis que le tribun de la plèbe Antistius le cite en justice pour répondre à l?accusation d?illégalités commises pendant son mandat. En fin juriste, César fit objecter par les autres tribuns qu?il ne pouvait être cité en application de la loi Memmia<ref>loi citée par Valère Maxime, Actions et Paroles mémorables, livre III, VII, 9</ref>, qui interdisait toute poursuite contre un citoyen absent de Rome pour le service de la République. Pour éviter toute autre mise en cause devant la justice, César s?appliquera durant son proconsulat à demeurer dans ses provinces. Il passe ainsi chaque hiver en Gaule cisalpine, où il reçoit partisans et solliciteurs et s?assure chaque année d?avoir parmi les élus à Rome des magistrats qui lui soient favorables<ref>Suétone, Vie des douze Césars, César, 23</ref>. La gestion de ses affaires à Rome même est confiée à son secrétaire Lucius Cornelius Balbus, un chevalier d?origine espagnole, avec qui il échangera par précaution des courriers chiffrés<ref>Aulu-Gelle, Nuits attiques, livre XVII, 9</ref>.

Dès le début de son proconsulat, César engage la conquête de la Gaule en profitant de la migration des Helvètes en mars 58 av. J.-C.. Cette expédition militaire est motivée par ses ambitions politiques, mais aussi par des intérêts économiques qui associent les Romains à certaines nations gauloises clientes de Rome (Eduens, Arvernes, etc.). Template:Article détaillé Tout en menant ses campagnes, César maintient ses relations avec la classe politique romaine : Quintus, frère de Cicéron commande une légion en Belgique <ref>Jules César, Commentaires sur la Guerre des Gaules, livres V, VI, VII</ref>, Publius et Marcus, les fils de Crassus interviennent en Belgique puis en Aquitaine<ref>Jules César, Commentaires sur la Guerre des Gaules, livres I, III, V, VI, VIII</ref> ; Lucius Munatius Plancus <ref>Jules César, Commentaires sur la Guerre des Gaules, livre V, 24-25</ref>, et Marc Antoine seront à Alésia<ref>Jules César, Commentaires sur la Guerre des Gaules, livre VII, 81, VIII</ref>.

En 56 av. J.-C., César renouvelle à Lucques son accord avec Crassus et Pompée, et obtient la prorogation de son gouvernement pour cinq nouvelles années grâce au discours de Cicéron, qui est devenu l?obligé de Pompée. En retour, Pompée et Crassus profitent de l?appui de César pour être élus pour un second consulat en 55 av. J.-C.. À l?issue de leur consulat en 54 av. J.-C., chacun reçoit le gouvernement d?une province : Crassus part en Asie chercher une gloire militaire qui égale celles de Pompée et de César, l?Espagne et l?Afrique sont attribuées à Pompée, qui préfère rester à Rome, centre du pouvoir, et envoie ses légats gouverner. Sur les quatre légions qui lui sont attribuées, Pompée en prête deux à César, qui a besoin de renforts<ref>Plutarque, Vie de Pompée, 54</ref>.

Pendant son second mandat, en 55 av. J.-C., César traverse la Manche et réalise une première incursion en Bretagne (l?actuelle Grande-Bretagne)<ref>Jules César, La Guerre des Gaules - Livre IV </ref>, terre inconnue et quasi mythique pour les Romains de l?époque<ref>Plutarque, Vie de César, 26</ref>. Ultérieurement, il réalise un autre exploit par une démonstration militaire au-delà du Rhin. Mais à partir de l?hiver 54/53, la situation en Gaule se détériore, et des révoltes se multiplient.

En 53 av. J.-C., la défaite et la mort de Crassus et de son fils Publius à la bataille de Carrhes contre les Parthes, et la mort de Julia, fille de César et épouse de Pompée, et de l?enfant qu?elle avait eu de Pompée défont les liens du triumvirat<ref>Plutarque, Vie de Pompée, 55</ref>Template:,<ref name="PaterculusII47">Velleius Paterculus, Histoire romaine, livre II, 47</ref>. César propose à Pompée la main de sa petite-nièce Octavie, et demande en mariage la fille de Pompée, mais ces offres d?alliances matrimoniales n?aboutissent pas<ref>Suétone, Vie des douze Césars, César, 27</ref>.

Le début de l?année 52 av. J.-C. est difficile pour César : la révolte en Gaule se généralise sous l?impulsion de l?Arverne Vercingétorix. À Rome, les désordres sont tels que Pompée est nommé consul unique, avec l?assentiment de Caton et des conservateurs. Pompée épouse Cornélie, la jeune veuve de Publius Crassus et la fille du conservateur Metellus Scipion, qu?il prend au milieu de l?année comme collègue au consulat<ref>Plutarque, Vie de Pompée, 56-59</ref>. Pompée est désormais le défenseur du clan des conservateurs.

Image:Vercingetorix caesar.jpg En 52 av. J.-C., Jules César remporte une victoire décisive au siège d?Alésia, où il reçoit la reddition de Vercingétorix<ref>Plutarque, Vie de César, 30</ref>. En 51 av. J.-C., après avoir étouffé les derniers foyers de révolte, César affirme la souveraineté de Rome sur les territoires de la Gaule situés à l?ouest du Rhin.</br> Selon Velleius Paterculus, en neuf campagnes, on n?en trouverait à peine une où César n?aurait pas mérité le triomphe, et il massacra plus de quatre cent mille ennemis et en fit prisonniers un plus grand nombre encore<ref name="PaterculusII47"/>. Pour Plutarque, la conquête de la Gaule fut l?une des plus grandes victoires de Rome et place son commandant César au rang des plus illustres généraux romains, tels les Fabius, les Métellus, les Scipions<ref name="Pl16">Plutarque, Vie de César, 16</ref>.</br> Template:Citation<ref name="Pl16"/>

Tandis qu?il termine son mandat de proconsul, César prépare son retour à Rome par la conquête de l?opinion romaine : il répond aux critiques sur sa conduite de la guerre par la publication de ses Commentaires sur la Guerre des Gaules, très élogieux pour lui, puis en 51 av. J.C., il annonce la construction d?un magnifique et nouveau forum, financé par le butin des Gaules. L?objectif du César est maintenant de se présenter aux élections de 50 av. J.C. pour un second consulat en 49 av. J.C., conformément à la loi qui impose un intervalle de dix ans entre chaque consulat. Pour éviter l?attaque en justice que lui a juré Caton et qui l?empêcherait de faire campagne, il lui faut conserver son mandat de proconsul en Gaule, et être candidat malgré son absence de Rome.

Le bras de fer politique

Image:Pompée.jpg À Rome, les conservateurs vont tout faire pour empêcher le projet de candidature de César. En 50 av. J.C., César mène sa politique à distance depuis la Gaule cisalpine : il fait élire Marc Antoine tribun de la plèbe pour l?année suivante. Soldant les dettes du tribun de la plèbe Curion, il le fait lâcher Pompée et passer de son côté<ref>Plutarque, Vie de César, 32</ref>. Enfin, il neutralise un des consuls, Lucius Aemilius Paullus, en lui versant des fonds nécessaires à la réfection de la basilique Aemilia sur le forum. En revanche son lieutenant Servius Sulpicius Galba, candidat au consulat pour 49 est battu, et les consuls élus L. Cornelius Lentulus Crus et Caius Claudius Marcellus lui sont farouchement hostiles. Les conservateurs s?activent eux aussi, et prennent des contacts avec Labiénus, le meilleur lieutenant de César<ref>Hirtius, Commentaires sur la guerre des Gaules, livre VIII, 50</ref>.

À la fin de l?année 50 av. J.C., les premières passes d?armes restent dans la voie légale et se déroulent au Sénat. Le tribun Curion propose que Pompée et César licencient simultanément leurs troupes, les consuls s?y opposent<ref>Hirtius, Commentaires sur la guerre des Gaules, VIII, 52</ref>. Le Sénat décide que Pompée et César envoient chacun une légion pour préparer la guerre contre les Parthes. Pompée choisit la ITemplate:Ère légion, qu?il avait prêtée à César, César renvoie la XVTemplate:E, et doit se dessaisir ainsi de deux légions (il en conserve néanmoins neuf, dont une l?accompagne en Gaule cisalpine tandis que les autres hivernent en Gaule)<ref>Hirtius, Commentaires sur la guerre des Gaules, VIII, 54, 55</ref>. Pompée envoie ces deux légions prendre leurs quartiers d?hiver en Italie du sud. En chemin, leurs officiers se livrent à un intense travail de désinformation, affirmant que César était devenu odieux et détesté par ses soldats, et induisent Pompée à le sous-estimer<ref>Plutarque, Vie de César, 33</ref>.

Toujours par l?intermédiaire de Curion et de Marc Antoine, César tente une nouvelle proposition : il accepte de ne conserver que deux légions et le gouvernement de la Gaule cisalpine et de l?Illyrie, pourvu qu?on accepte sa candidature au consulat. Malgré la recherche d?un compromis par Cicéron, Caton refuse qu?un simple citoyen impose ses conditions à l?État, le nouveau consul Lentulus s?emporte et fait expulser du Sénat Curion et Marc Antoine. Selon Plutarque, Template:Citation : s?en prendre aux tribuns de la plèbe, les représentants sacro-saints du peuple ! Le Sénat décrète que César doit abandonner son poste de gouverneur et revenir à Rome en simple particulier<ref>Velleius Paterculus, Histoire romaine, livre II, 49</ref>.

La guerre civile

César peut se présenter comme la victime de l?acharnement des conservateurs et comme le défenseur des tribuns de la plèbe<ref>Jules César, Commentaire sur la guerre civile, I</ref>. Prenant l?initiative de l?illégalité, il décide en janvier 49 av. J.-C. de pénétrer en armes en Italie, et franchit le Rubicon, rivière marquant la frontière entre l?Italie et la Gaule cisalpine. Plutarque et Suétone mettent en scène ce tournant historique et attribuent à César la citation « Alea jacta est » (« Le sort en est jeté. »), signifiant qu?il tentait la destinée<ref>Plutarque, Vie de César, 37 Suétone, Vie des douze Césars - César, 32, repris par Appien, Guerres civiles, livre 2, 38</ref>. Pour César, il n?y a plus que deux issues : la mort et le déshonneur ou la victoire et le pouvoir. Il mise sur l?audace et la rapidité de ses déplacements militaires et sur l?expérience et la fidélité de ses légions, et se démarque des atrocités de la précédente guerre civile par sa politique de clémence, n?exerçant ni proscriptions ni représailles. Template:Loupe Image:Caesar campaigns from Rome to Zela-fr.svg César progresse rapidement vers Rome sans rencontrer de résistance, et ajoute à ses forces les trois légions que Pompée avait commencé à lever. Pompée récupère des troupes à Capoue, et se replie sur Brindisi d?où il écrit à tous les gouverneurs de provinces de mobiliser contre César. Les consuls, Caton, Bibulus et même les sénateurs modérés comme Cicéron fuient en hâte, rejoignent Pompée à Brindisi et s?embarquent pour Dyrrachium en Epire<ref>Appien, Guerre civiles, livre II, 37-38</ref>. Sans flotte, César ne peut les poursuivre. </br> Pendant les quelques jours qu?il passe à Rome, il rassure les sénateurs restés sur place, offre au peuple une distribution de blé, promet un don de 75 deniers à chaque citoyen et accorde le citoyenneté romaine aux habitants de la Gaule cisalpine. Reconnaissant, le peuple le fera désigner dictateur pendant son absence. Assuré du soutien de l?Italie, il confie la gestion de Rome à Lépide, envoie Curion s?emparer de la Sicile et de la Sardaigne, garantissant le ravitaillement de Rome en blé, libère l?ex-roi juif Aristobule II afin de l?envoyer en Syrie avec deux légions et empêcher Pompée de mobiliser des troupes. Mais les partisans de Pompée empoisonnent Aristobule<ref>Flavius Joseph, Antiquités juives, livre VIII, VII, 4</ref>. César va lui-même en Hispanie soumettre les légats de Pompée. Quand l?année 49 av.J.C. se termine, César est maître de l?Italie, des Gaules et des Espagnes, mais ses lieutenants ont subit des revers : Curion s?est fait tuer en Afrique, Gaius Antonius a été fait prisonnier en Illyrie, et son meilleur lieutenant Titus Labiénus a rejoint le camp de Pompée, qui a levé une armée sur les provinces d?Orient et les royaumes alliés de Rome. Sa flotte contrôle l?Adriatique, prête à débarquer en Italie.

L?année suivante en janvier 48 av. J.-C., César est officiellement élu consul ; poursuivant sa stratégie fondée sur l?initiative et la rapidité de mouvement, il prend un risque considérable en traversant l?Adriatique pendant l?hiver et surprend Pompée en Épire. Mis en difficulté lors du siège de Dyrrachium où il a enfermé Pompée pendant quatre mois, César doit se replier, attirant Pompée en Thessalie. En août 48 av. J.-C., poussé par son entourage, Pompée accepte la bataille rangée. Malgré l?avantage du nombre, il est battu à Pharsale. Cicéron et Brutus se rendent à César, qui les accueille chaleureusement. Caton et Labienus fuient en Afrique, Pompée se réfugie en Asie, puis à Chypre d?où il gagne l?Égypte, pensant trouver de l?aide chez le jeune pharaon dont il avait autrefois protégé le père<ref>Velleius Paterculus, Histoire romaine, livre II, 51-53</ref>. Template:Article détaillé César parvient à Alexandrie début octobre 48 où il trouve le corps de Pompée, assassiné sur l?ordre du jeune Ptolémée XIII<ref name="Su35">Suétone, Vie des douze Césars - César, 35</ref>. César passe l?hiver 48/47 à Alexandrie, et la guerre s?engage alors entre Ptolémée et César. Celui-ci n?a qu?un faible effectif et doit mener un combat difficile ; lors d?un engagement dans l?île de Pharos, il est même obligé de fuir à la nage. Il sort vainqueur de l?affrontement en mars 47, et détrône le jeune souverain au profit de Cléopâtre VII et du plus jeune de ses frères<ref name="Su35"/>, <ref>Plutarque, Vie de César, 54-55</ref>. Image:Caesar campaigns from Rome to Thapsus-fr.svg D?Égypte, César se rend en Asie (juillet ? août 47 av. J.-C.), afin de réprimer Pharnace, fils de l?ancien roi du Pont Mithridate, qui a profité de la guerre civile pour reconquérir des territoires et réaffirmer son autorité. Le cinquième jour de son arrivée, en quatre heures de combat et en une seule bataille (Bataille de Zéla), César écrase et détrône Pharnace<ref name="Su35"/>. À cette occasion il écrivit au Sénat ces mots célèbres : Veni vidi vici pour exprimer la facilité avec laquelle il était venu à bout de son adversaire<ref>Plutarque, Vie de César, 56</ref>.

Puis, César passe en Afrique fin 47 av. J.-C., où il passe l?hiver. Il détruit à la bataille de Thapsus l?armée républicaine que commandent Metellus Scipion et Caton d?Utique et leur allié le roi numide [[Juba Ier|Juba ITemplate:Er]] (février 46 av. J.-C.)<ref>Plutarque, Vie de César, 58</ref> ; Metellus Scipion et Juba meurent dans la bataille, Caton se suicide à Utique pour éviter d?être capturé, Labiénus se réfugie en Espagne. L?annexion de la Numidie s?ajoute aux conquêtes de César. Template:Article détaillé

Le triomphe

Lorsque César revient à Rome, la paix est revenue, l?Italie n?a pas connu les atrocités des précédentes guerres civiles. Tous les écrivains loueront la clémence de César, qui a accueilli sans restriction les pompéiens qui se rendaient et n?a exercé aucune proscription contre la classe politique. L?annexion des Gaules et de la Numidie et le protectorat sur l?Égypte vont accroître les revenus et le ravitaillement du peuple romain.

César célèbre par un quadruple triomphe ses victoires sur les Gaules, le Pont, l?Égypte et la Numidie. La durée et le faste des cérémonies, l?énormité du butin éclipsent tous les triomphes précédents. À chaque cérémonie, César vêtu de pourpre parcourt en char la Voie Sacrée, suivi du butin, des captifs<ref>Captifs dont Vercingetorix, pour la Gaule, Arsinoé II pour l?Égypte et le jeune fils de Juba pour la Numidie</ref>, des soldats qui ont toute liberté pour scander les plaisanteries les plus osées sur son compte. Pour monter au Capitole offrir un sacrifice au temple de Jupiter Capitolin, le char de César passe entre deux rangées d?éléphants qui tiennent des flambeaux.

César offre au peuple des représentations théâtrales, des courses, des joutes d?athlètes, des spectacles de chasse et de gladiateurs, des reconstitutions de combat terrestre et nautique, cette dernière est la première naumachie montrée à Rome. Des banquets publics réunissent près de Template:Formatnum:200000 convives<ref>Template:Formatnum:22000 tables de trois lits selon Plutarque, Vie de César, 60</ref>. La vente du butin rapporte plus de 600 millions de sesterces<ref>Velleius Paterculus, Histoire romaine, livre II, 56</ref>, et l?argent est distribué à flot : les 75 deniers que César avait promis sont donnés à chaque citoyen, avec 25 deniers de plus pour compenser le retard, les légionnaires reçoivent Template:Formatnum:24000 sesterces chacun, et des lots de terre. Les loyers de moins de 1000 sesterces à Rome et moins de 500 sesterces en Italie sont annulés<ref>Suétone, Vie des douze Césars, César, 38</ref>.

César séjourne enfin à Rome ; La plupart des revendications des populares sont maintenant satisfaites, et César entreprend les réformes nécessaires à l?administration du monde romain. Il fait procéder à un recensement, et ajuste le nombre d?allocataires des distributions de blé.

Le pouvoir absolu

Image:Caesar campaigns from Rome to Munda-fr.svg La paix ne dure que quelques mois. En 46 av. J.C., les derniers forces du parti pompéien s?insurgent en Espagne, menées par Pompée le Jeune, fils de Pompée, et Titus Labiénus. Consul pour la quatrième fois, César arrive à marches forcées en Espagne en décembre 46 av. J.C.. Cette guerre est longue et sans merci, avec des exécutions de part et d?autre. César achève en avril 45 av. J.C. ses dernières adversaires à Munda, dans la bataille la plus acharnée des guerres civiles<ref>Velleius Paterculus, Histoire romaine, livre II, 55</ref>. Retardé par une maladie, son jeune neveu Octave le rejoint en Espagne malgré les dangers du trajet, geste que César apprécie hautement. Dans le dernier testament qu?il rédige, il déclare adopter Octave et le désigne comme héritier principal <ref>Suétone, Vie des douze Césars, Auguste, 8 et </ref>. Template:Article détaillé

Revenu à Rome en octobre 45 av. J.-C., César y célèbre son cinquième triomphe. César commet là une erreur politique que Plutarque soulignera<ref>Plutarque, Vie de César, 62</ref> : la règle veut qu?un triomphe honore une victoire sur un peuple ennemi de Rome, ce qui n?est pas le cas dans cette guerre civile. Ni Pompée vainqueur de Sertorius, ni Sylla vainqueur des marianistes n?avaient célébré de triomphe.

César, nommé dictateur pour dix ans, est désormais le centre du pouvoir ; il reconstitue les effectifs du Sénat, en radie quelques sénateurs responsables de concussion dans leur province. Il nomme lui-même les magistrats, sauf les tribuns et les édiles plébéiens, encore élus. Obtenir un titre, un avantage ou une faveur dépend de son approbation. Ainsi, Cicéron par des discours emplis d?adulation fait gracier plusieurs de ses amis<ref>Cicéron, Discours Pro Marcello, Pro Q. Ligario, Pro Rege Deiotarus</ref>.

Cicéron propose de décerner à César des honneurs, les autres sénateurs suivent en une surenchère de plus en plus excessive. Ainsi César reçoit le nom de Liberator et le titre d?Imperator transmissible à ses descendants, quoique qu?il n?ait plus d?enfant<ref>Dion Cassius, XLIII, 43</ref>. Il réforme le calendrier, on renomme le mois de Quintilis de son nom de famille<ref name="Su40">Suétone, Vie des douze Césars - César, 40</ref>. Pompée avait eut l?honneur de porter les emblèmes du triomphe, robe pourpre et couronne de lauriers, lors des jeux célébrés à Rome. César reçoit le même honneur, mais à titre permanent ; il peut siéger sur un siège plaqué d?or. Certains privilèges accordés par les sénateurs vont jusqu?à l?extravagance, comme l?autorisation d?avoir commerce avec toutes les femmes qu?il voudra<ref>Dion Cassius, XLIV, 7, 2-3</ref>. Pour l?historien Dion Cassius, les sénateurs agissent par excès de flatterie, ou par raillerie. Plus préoccupant, selon Plutarque, c?est pour certains une man?uvre destinée à déconsidérer César et le rendre odieux, et se préparer plus de prétextes de l?attaquer un jour <ref>Plutarque, Vie de César, 62</ref>.

Le complot

En nommant lui-même les magistrats supérieurs, César arrête le cycle corrupteur des campagnes électorales ruineuses financées par l?extorsion financière sur les provinces, et soulage enfin la charge de celles-ci ; mais ceci réduit les profits des brasseurs d?argent que sont les publicains et remplace la compétition politique par un arbitraire qui suscite des oppositions : pour l?année 44 av. J.C., César désigne Marc Antoine comme consul et Marcus Junius Brutus et Cassius comme préteurs. Selon Plutarque, la déception de Cassius qui espérait le consulat est une des raisons qui l?amènent à comploter. Tous les historiens romains le présentent comme l?instigateur principal du complot contre César. Cassius regroupe peu à peu une coterie d?opposants, d?anciens pompéiens graciés par César, mais également, notent les historiens modernes, des césariens qui ont servis lors de la guerre des Gaules<ref> Decimus Junius Brutus, Lucius Minucius Basilus, Servius Sulpicius Galba, Caius Trebonius, cités dans l?index de l?édition de Maurice Rat de la Guerre des Gaules, Garnier Flammarion, Paris, 1964</ref>. Ces derniers redoutent vraisemblablement l?expédition militaire que prépare César contre les Parthes qui serait suivie d?un retour par la Scythie et la Germanie<ref name="LeGlay">Marcel le Glay, Rome, Grandeur et Déclin de la République, Ed Perrin, 1990, réédité en 2005, Template:ISBN, p 49-51</ref>.

Les comploteurs cherchent en Marcus Junius Brutus le chef symbolique idéal : il porte le nom mythique de Brutus qui chassa Tarquin le Superbe, le dernier roi régnait sur Rome en tyran. De surcroit, Brutus est stoïcien, neveu et admirateur de Caton. Il a épousé sa fille Porcia, veuve de Bibulus, et par conséquent il est l?héritier moral des derniers républicains. Toutefois, César l?a comblé de faveurs et l?a nommé préteur urbain. Les comploteurs mènent donc une approche psychologique : ils parsèment chaque jour le tribunal que préside Brutus de messages anonymes qui invoquent le Brutus chasseur de roi : « Brutus, tu dors, tu n?es pas le vrai Brutus ! ». Ensuite, Cassius convainc Brutus d?agir contre César. Présenter Brutus comme l?inspirateur du complot contre César permet de fédérer d?autres opposants<ref>Plutarque, Vie de Brutus, 10-13</ref>.

Les rumeurs de complot parviennent à César, qui ne s?en soucie pas, répondant qu?il est au courant, ou même en plaisante.

Le 14 février 44 av. J.C., le Sénat confère à César la dictature perpétuelle. Son pouvoir est désormais sans limite, même l?intercessio des tribuns ne peut s?exercer sur son imperium. Tout espoir d?une abdication comme celle de Sylla et d?un retour à la République d?avant la guerre disparaît. César prend alors des décisions surprenantes : il fait décrète une amnistie générale, et licencie sa garde personnelle.

Autre inconséquence aux yeux des historiens romains, César néglige les présages : avertissements des devins, mise en garde pour la période allant jusqu?aux ides de mars, cauchemar de son épouse Calpurnia la veille des ides<ref>Velleius Paterculus, Histoire romaine, livre II, 57</ref>. Tout au plus, apprenant les signes néfastes observés sur les victimes offertes en préliminaire de la réunion au sénat, César se résout à ne prendre aucune décision importante ce jour là<ref>Plutarque, Vie de César', 16'</ref>.

La mort de César

Image:Carl Theodor von Piloty Caesars Death.jpg Image:Cesar-sa mort.jpg

Les conjurés ont prévu leur attentat aux Ides de Mars (15 mars de l?an 44 av. J.-C.), au début de la réunion du Sénat. Seul César est visé, Marc Antoine qui accompagne César est attiré à l?écart par des faux solliciteurs, tandis que César est entouré par le groupe des conjurés. Métellus s?assure que César ne porte aucune protection, et tous l?assaillent : il tombe percé de 23 coups de poignard<ref name="Su82"/>. Le coup ultime vient de Brutus. Les derniers mots de César auraient été pour ce dernier « Toi aussi, mon fils » <ref name="Su82">Suétone, Vie des douze Césars - César, 82</ref>. Template:Article détaillé

Pas moins de onze auteurs antiques ont rapporté l?attentat, avec plus ou moins de détails<ref name="Su82"/>Template:, <ref>Plutarque, Vie de César, 65 et Vie de Brutus, 17 ; Velleius Paterculus, II, 56 ; Nicolas de Damas, César, 24 ; Dion Cassius, XLIV, 19 ; Appien, Guerres civiles, II, 117-118 ; Flavius Josèphe, Bellum Iudeorum, I, 218 ; Valère-Maxime, IV, 5, 6 et VIII, 11, 2 ; Florus, II, 13 ; Eutrope, VI, 17, 5 ; Orose, Histoire, VI, 20</ref>. Si le fait est bien connu, l?analyse de ses causes est délicate. Officiellement, les conjurés ont éliminé César pour l?empêcher de devenir roi et pour sauver le République. L?accusation d?aspirer à la royauté était le procès d?intention quasi rituel des conservateurs romains pour éliminer tout homme politique trop favorable aux revendications populaires<ref>Valerius Publicola faillit y laisser la vie, Spurius Cassius, Manlius Capitolinus, les Gracques en furent les victimes</ref>. Les écrivains romains ont relevé comme autant d?indices ce qui peut étayer cette suspicion :

  • Des rumeurs circulent disant que César recevrait le titre de roi pour son expédition en Orient, car selon la prophétie des Livres Sybillins, seul un roi pouvait vaincre les Parthes<ref>Suétone, César, 79 ; Plutarque, César, 66</ref>.
  • De retour d?Albe, César est salué du nom de roi par ses partisans, ce qui agite la foule. Il rétorque qu?il ne s?appelle pas Roi mais César, et il poursuit son chemin mécontent<ref>Suétone, « César », 79 ; Plutarque, César, 66</ref>.
  • Lorsque les sénateurs viennent à la tribune du forum lui annoncer les nouveaux honneurs qu?ils lui ont votés, il ne se lève pas, manquant au respect dû au Sénat<ref >Suétone, « César », 78 ; Plutarque, César, 66</ref>.
  • Le 15 février de la fête des Lupercales, Marc Antoine propose à César le diadème royal, que celui-ci repouse sous les acclamations de la foule. Marc Antoine insiste, et le refus de César est de nouveau applaudi. César fit porter ce diadème au temple de Jupiter Capitolin<ref>Velleius Paterculus, Histoire romaine, livre II, 56 ; Suétone, César, 79 ; Plutarque, 67</ref>.
  • Un matin on trouve des statues de César couronnées du bandeau royal. Deux tribuns de la plèbe interviennent, les enlèvent et arrêtent des césariens qui avaient salué César du nom de roi. César réagit en destituant ces tribuns<ref>Plutarque, César, 67</ref>.

Plutarque affirme que César voulait détruire la République et devenir roi<ref>Plutarque, Vie de César, 66</ref>. Parmi les historiens modernes, Jérôme Carcopino suit cet avis<ref name="LeGlay"/>, et Joël Schmidt<ref>Joël Schmidt, Jules César, Folio Biographie, Gallimard, 2005, Template:ISBN</ref> voit dans cette liste autant de gestes voulus par César pour sonder l?opinion romaine sur l?idée de le couronner roi. D?autres historiens modernes sont plus circonspects dans l?interprétation des éléments cités par Plutarque et Suétone : pour Marcel Le Glay, il est difficile de séparer la réalité et la rumeur, et si César n?a pas voulu lui-même la royauté, certains dans son entourage l?ont voulu, et les Romains l?ont cru ou ont feint de le croire<ref name="LeGlay"/>. Christol et Nony rappellent que César « sut toujours donner le change sur ses intentions réelles » et considèrent que ce problème n?est pas soluble<ref> M. Christol, D. Nony, Rome et son empire, des origines aux invasions barbares, Hachette, collection HU, 2003, Template:ISBN</ref>. Plus encore, R . Syme estime que ce problème « n?a pas à être posé. César fut tué pour ce qu?il était, non pour ce qu?il aurait pu devenir. En revêtant la dictature à vie, il semblait écarter tout espoir de retour à un gouvernement normal et constitutionnel. Le présent était insupportable, l?avenir bouché. »<ref>R. Syme, La révolution romaine, Paris, Gallimard, 1967, p 63</ref>.

Mais Suétone complique les analyses sur la fin de César en ouvrant une autre piste<ref>Suétone, Vie des douze Césars - César, 86-87</ref> : César aurait eu la mort qu?il souhaitait. Là encore, Suétone produit ses indices :

  • selon certains de ses parents, il n?aurait pas tenu à vivre d?avantage, et aurait préféré succomber aux complots plutôt que d?être toujours sur ses gardes
  • lors d?un banquet chez Lépide, à la question philosophique sur le genre de fin que l?on préférait, César avait répondu « soudaine et inattendue »<ref>Plutarque, Vie de César, 63 et Appien, Guerres civiles, II, 115</ref>
  • le licenciement de sa garde personnelle, un mois avant, qui l?exposait sans protection
  • l?indifférence aux avertissements sur les complots, et aux prédictions défavorables

Des historiens modernes ont développé cette thèse<ref>Accoce et Rentchnick, Ces malades qui nous gouvernent, Stock, 1976</ref>, justifiant l?attitude de César par sa perception d?une maladie qui le diminuait. Néanmoins, les préférences pour une mort brève et imprévue sont après tout banales, et selon Régis Martin<ref>Régis Martin, Les douze Césars, Les Belles Lettres 1991</ref>, la croyance de César en sa chance protectrice (Fortuna) et sa certitude que sa perte provoquerait la guerre civile peuvent aussi expliquer sa conduite.

Funérailles et testament

César désigna dans son testament trois héritiers, les petits-fils de ses s?urs, à savoir Gaius Octavius, Lucius Pinarius Scarpus et Quintus Pedius. Il légua les trois quarts de son héritage au premier et le quart restant aux deux autres. Dans la dernière clause de son testament, César adopta Gaius Octavius, le futur empereur Auguste, et lui donna son nom. Enfin, il légua au peuple romain ses jardins près du Tibre et trois cents sesterces par tête<ref>Suétone, Vie des douze Césars - César, 83</ref>.</br> Le 20 mars, un bûcher fut dressé sur le champ de Mars, près de la tombe de sa fille Julia, et l?on imagine évidemment l?effet dramatique de cette proximité. Le corps du César, couché sur un lit d?ivoire tendu de pourpre et d?or, fut d?abord déposé dans une chapelle dorée, édifiée sur le forum, devant la tribune aux harangues. À sa tête, sa toge ensanglantée était exposée sur un trophée. Comme le corps reposait, face vers le ciel, et ne pouvait être vu, on éleva au-dessus de lui une effigie de cire grandeur nature, afin que la foule pût contempler les vingt-trois blessures (trente-cinq selon d?autres auteurs) qui lui avaient été sauvagement infligées au corps et au visage. Pour souligner l?ignominie de ce crime, Marc Antoine fit lire, en guise d?oraison funèbre, la liste des honneurs qui avaient été dévolus à César, ainsi que le serment qu?avaient prêté les sénateurs de défendre sa vie. On chanta des vers parmi lesquels revenaient, pour susciter la compassion, une citation empruntée au Jugement des Armes de Pacuvius : « Fallait-il les sauver pour qu?ils devinssent mes meurtriers ? » (compte tenu de la mansuétude dont César avait obstinément fait preuve à l?égard de Brutus, c?était particulièrement bien choisi).
Chavirée par l?habile et pathétique mise en scène, la foule en colère entassa autour du lit funèbre le bois arraché aux boutiques avoisinantes et tout ce qui lui tombait sous la main pour construire un bûcher d?apothéose, comme elle l?avait fait quelques années plus tôt pour les funérailles de Clodius. Les vétérans de ses légions y jetèrent leurs armes et certaines femmes les bijoux qu?elles portaient. Les Juifs, qui n?oubliaient pas que César leur avait permis de relever les murs de Jérusalem abattus par Pompée, se réunirent plusieurs nuits de suite autour de son tombeau pour le pleurer.
On raconte que lorsque Caïus Matius organisa des jeux funéraires en juillet -44 à l?occasion de l?anniversaire de sa naissance, une comète se mit à briller dans le ciel (apparition également attestée par les astronomes chinois) et l?Etna entra en éruption, faisant de sa mort un bouleversement cosmique. À l?emplacement où il fut incinéré, son petit-neveu et fils adoptif, le futur Auguste, fit ériger un temple. De nos jours, on vient parfois de fort loin pour y déposer quelques fleurs, un poème, une bougie et perpétuer le souvenir de celui qui voulut être « le premier dans Rome »? La plaque commémorative apposée par la ville à l?intention des visiteurs, emprunte à Appien<ref>Appien, Guerres civiles, II, 148</ref> son récit de l?événement : Template:Citation bloc

Template:Voir aussi

Après César

Image:Map of the Ancient Rome at Caesar time (with conquests)-fr.svg Le complot n?atteignit cependant pas ses objectifs. Le consul Marc Antoine avait été épargné, à la demande de Brutus<ref>Velleius Paterculus, Histoire romaine, livre II, 58</ref>. Lépide, qui stationnait avec des troupes à proximité de Rome et Octave qui se trouvait en Epire étaient hors d?atteinte. En revanche, l?attentat contre César guida les prétendants à sa succession sur la conduite à tenir : ils firent symboliquement rayer la dictature des magistratures romaines, et la remplacèrent par un triumvirat quinquenal. La politique de clémence avait prouvé son danger suicidaire, les triumvirs commencèrent une vague de proscriptions sanglantes suivie par 14 ans de guerre civile, contre les assassins de César, contre Sextus Pompée, puis entre triumvirs. Octave finit par l?emporter en 31 av. J.-C., et devint Auguste, maître unique et absolu de l?Empire. Il confirma et continua les réformes entamées par César, organisant un Empire pacifié, stabilisé et géré avec plus d?équité. Comme Auguste et tous les empereurs à sa suite, Jules César fut divinisé après sa mort.

Jules César écrivain

Template:Wikisourceauteur Image:Commentarii de Bello Gallico.jpg César n?était pas seulement un grand général et un grand homme d?État, il excellait également dans l?art oratoire et dans l?écriture. Des divers écrits qu?il avait composés, il ne nous reste que ses Commentaires (Commentarii rerum gestarum) :

Ces ?uvres constituent le modèle du genre des mémoires historiques, même si leur objectivité est discutée par les historiens. En effet, ces ouvrages servent la propagande politique de César, et par conséquent leur exactitude peut être mise en doute<ref>Voir la section concernant la fiabilité des Commentaires sur la Guerre des Gaules</ref> , <ref>Voir la section concernant la fiabilité des Commentaires sur la Guerre civile</ref>. </br> On y joint généralement, les ouvrages suivants même s'ils ont probablement été rédigés par Aulus Hirtius :

César écrivit aussi en -45 l?Anticato, réplique au panégyrique que Cicéron prononça en faveur de Caton d?Utique, « le dernier républicain ». Cet ouvrage, aujourd?hui perdu, est connu par les citations de Cicéron (ad Atticum, 13, 50, 1), Tacite (Annales, 4, 34), Suétone (Caesar, 56, 3), Plutarque (Caesar, 54), Appien, Juvénal et Dion Cassius.</br> Enfin et plus curieusement, il rédigea un traité de grammaire De analogia, en deux livres, dans lequel il expose des théories grammaticales argumentées sur l?analogie (d?où le titre de l?ouvrage), ainsi qu'un poème intitulé le Voyage.</br> César semble également avoir écrit plusieurs essais dans sa jeunesse (Éloge d'Hercule, une tragédie d'Oedipe, un Recueil de mots remarquables), mais Auguste interdit leurs publications , après la mort du dictateur<ref>Suétone, Vie des douze Césars - César, 56 Template:Citation bloc</ref>. Selon l'historien Pierre Grimal, ces trois ?uvres perdues ont probablement été écrites en grec<ref>Pierre Grimal, La littérature latine, p.183.</ref>.

L?héritage de César

Les réformes politiques

Jules César devenu dictateur reprend certaines réformes administratives entreprises une génération plus tôt par le précédent dictateur Sylla. De nouveau, il faut adapter les institutions à l?extension de la puissance romaine qui résulte des conquêtes en Orient et en Gaule, et offrir des charges à ses partisans :

  • nouvelle augmentation du nombre de magistrats : les questeurs passent de 20 à 40, les préteurs de 8 à 16, les édiles sont désormais 6. Les consuls sont toujours deux, mais la nomination de consuls suffects en complément des deux consuls éponymes permet de disposer de plus de candidats pour les fonctions proconsulaires.
  • César procède à la nomination directe de la moitié des magistrats, et recommande les candidats aux élections pour l?autre moitié<ref>Suétone, Vie des Douze Césars, César, 61 </ref> .
  • reconstitution des effectifs du Sénat ; les pertes de la guerre civile sont compensées par l?incorporation massive de nouveaux membres, faisant passer à 800 ou 900 l?effectif fixé par Sylla à 600 sénateurs<ref> Le nombre précis est indéterminé. Suétone parle de plus de mille sénateurs, mais selon les ouvrages modernes, l?effectif du sénat passe à 800 sénateurs (M. Christol, D. Nony, Rome et son empire, des origines aux invasions barbares, Hachette, collection HU, 2003, Template:ISBN) ou à 900 (George Hacquard, Jean Dautry, O Maisani, Guide romain antique, Hachette, 1952, 50Template:E édition en 2005 Template:ISBN)</ref>.

Pour l?administration des provinces, César veut éviter les mandats de cinq ans qu?il a pratiqué, ainsi que Pompée ; il limite la durée des charges de gouverneur : un an pour un propréteur, deux ans pour un proconsul<ref>Dion Cassius, XLIII, 25</ref>. L?organisation des municipes italiens est précisée par une loi-cadre, dont une copie nous est parvenue, les Tables d?Héraclée.

Ces réformes seront conservées par Auguste, elles lui permettront de disposer d?une nombreuse élite, nécessaire à l?administration d?un Empire.

Les réalisations architecturales

Image:RomaForoCesareDaNord.JPG L?activité de bâtisseur de César se manifeste plusieurs fois dans sa carrière politique. À chaque fois, ses réalisations, toujours spectaculaires, sont destinées à renforcer son prestige et sa popularité.

À la fin de la guerre des Gaules en 51 av. J.-C., César entame sa campagne électorale pour une future candidature au consulat. Pompée avait construit le premier théâtre romain