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Jean-Jacques Rousseau est un réalisateur belge de cinéma, né à Souvret après la seconde guerre mondiale. Il défend un cinéma populaire au sens premier du terme, fait de budgets limités (2 000 à 2 500 ? par film), avec des acteurs non professionnels. Il s'est autoproclamé "Cinéaste de l'Absurde". Ses films voyagent entre réalisme et surréalisme, et font les beaux jours des festivals de cinéma de genre. Sa vie devrait être le sujet du prochain film de Yann Moix (réalisateur de Podium), intitulé Palme d'or, avec Benoît Poelvoorde dans le rôle du cinéaste.
[] BiographieJJR est un réalisateur belge underground. Très underground. Porté sur l'étrange, il réalisa à ses débuts quelques films fantastiques somme toute assez classiques. Quelques-uns de ceux-ci remportèrent, malgré l'inexistence récurrente de moyens financiers et techniques, quelques prix régionaux dans les années 70 (prix du public, meilleur scénario). Récompenses assez modestes mais qui laissaient présager les talents du cinéaste de 20 ans. Le manque de moyens l'a souvent empêché de réaliser des films valables techniquement. Jamais soutenu, il a financé, monté, joué, sonorisé la majorité de ses films avec la seule force de sa débrouillardise et de la volonté aléatoire des gens qui y participaient. Toujours de la débrouille, bienvenue au royaume du système D. Se rendant compte qu'il ne pourrait jamais concurrencer les films traditionnels, JJR s'est dit que, plutôt que d'essayer d'égaler les films du box-office US, il va plutôt faire du cinéma comme il l'entend. Un autre cinéma, une autre vision. Son cinéma. Un cinéma ambitieux mais sans moyens. Doté d'une imagination fertile nourrie de lectures ésotériques, d'étrange et de surréalisme, il a porté toutes ses inspirations à l'écran, y incrustant une symbolique et se marginalisant au fil du temps. De ce fait, il n'a jamais eu droit à aucun subside. Si on me demandait d'allouer une part des finances de la Communauté française au Comité de Sélection des Films, cet argent n'irait sans doute pas dans les poches de Rousseau, homme sympathique au demeurant, mais dont le cinéma underground franchement déjanté risque de faire peur. Ainsi a parlé Patrick Moriau, homme politique belge. Enchaînant les films, tantôt réussis, tantôt ratés, Rousseau n'a plus eu d'autre but que de s'exprimer via ses films, y mettant une bonne dose de symbolique et d'absurde, sans aucune volonté de les diffuser à grande échelle à l?époque. Au bout du compte, Rousseau a développé une liberté créative unique au monde que n'a pas manqué de remarquer Noël Godin, désormais son ami. Malgré les imperfections évidentes de la majorité de ses films, il se dégage une poésie, un surréalisme, une vision totalement originale. Depuis cette rencontre qui remonte à dix ans, le niveau technique s'est énormément élevé, s'aidant maintenant de professionnels de l'image amenés par Godin (en est sorti Furor Teutonicus en 1999). Il est dès lors plus facile de rentrer dans les films du cinéaste, le rempart d'imperfections désormais quasiment effacé. [] Celui qui osera critiquer ce film mourra dans la semaine qui suivraLes films de Rousseau ne se critiquent pas à l'aune de la cinéphilie classique. La première fois que l'on visionne l'un de ses films, on en sort étonné. Mais rassurez-vous : JJR aime se jouer de son public. Il emplit ses films de mystère et termine ses films en points de suspension. Donc vos réactions sont attendues voire souhaitées. Il aime la critique, et il s'en joue avec une facilité déconcertante. Incompris par la grande majorité des spectateurs, le cinéma de Jean-Jacques Rousseau est toutefois doté d'une symbolique pertinente et d'une audace créative unique au monde. A cela se rajoute un sens de l'absurde, un goût pour la dérision et un humour ravageur. Comprendre les films de Rousseau n'est pas une sinécure mais dès que l'on détient les clés de compréhension, ce cinéma en devient fascinant. Le cinéma de JJR ne se visionne pas, il se vit. Pour comprendre son cinéma, il faut comprendre qui il est. Son ami, guide et acteur Noël Godin ne se trompe peut-être pas en qualifiant le « Ed Wood belge » de génie surréaliste méconnu : Peu importent les maladresses, il se dégage une liberté totale dans les films de Jean-Jacques Rousseau.
Car oui, Jean-Jacques Rousseau est un poète. Un poète incompris, certes, mais un jour, peut-être, son cinéma sera vu sous un nouveau jour. En attendant, il continue de s'exprimer au travers de ses films, toujours avec des moyens limités.
[] Si j'avais eu les moyens de Spielberg, j'aurais fait mieux. S'il avait eu mes moyens, jamais il n'aurait fait de cinéma.Au travers de la difficile démarche artistique de Jean-Jacques Rousseau se profile autre chose : proposer autre chose que le cinéma actuel, tant français qu?américain. Un cinéma de plus en plus pollué par l?argent, les concessions aux acteurs et la pensée unique. Rousseau ne rejette pas ce cinéma, que du contraire. Mais il s?indigne devant les aberrations du système actuel et devant l?emprisonnement mental que le grand public subit . Comment parvient-on à accepter qu?un film puisse coûter 200 millions ? Comment en est-on arrivé au fait que la moitié du budget d?un film puisse être consacré à un seul acteur ? Pourquoi est-ce que le public ne se dirige que vers ces films ? Jean-Jacques Rousseau est anti-star-system. Voilà certaines interrogations de Rousseau qui, égal à lui-même, joue de la provocation en lançant des bombes verbales. Quant au fait de s?attaquer à Spielberg, rien d?étonnant à cela. Rousseau est l?antithèse de Spielberg. Le réalisateur le plus fauché de toute l?histoire du cinéma s?attaque au réalisateur le plus célèbre d?Hollywood afin d?en dénoncer les travers. Rousseau n?a évidemment aucune ranc?ur contre Spielberg, il serait totalement erroné de le penser. Il admire énormément son travail mais Spielberg a le malheur d?être l?icône, le symbole - sans en être le responsable - de la déchéance du système actuel. Au lieu de mitrailler l?armée, Rousseau vise le commandant. Le message de Rousseau ne fait pas dans la dentelle mais est salutaire. Il essaie de faire changer les choses en jouant de la provocation à merveille. [] Filmographie(non exhaustive)
[] DocumentaireLe film Cinéastes à tout prix (2004, 66') de Frédéric Sojcher est consacré au travail de Jean-Jacques Rousseau, Max Naveaux et Jacques Hardy. Interventions de Bouli et Benoit Poelvoorde. Le film figurait en sélection officielle du Festival de Cannes en 2004. [] Liens externes
DernierMirror La source est wikipedia http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Jacques Rousseau (cinéaste) |