Jacques Roubaud
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Jacques Roubaud, né en 1932 à Caluire-et-Cuire (Rhône), est un poète, écrivain (romans, essais) et mathématicien français.
Membre de l'Oulipo[1], il est souvent qualifié d'inclassable. Son ?uvre dense révèle ses nombreux centres d'intérêts par le croisement entre poésie et prose, réalité et fiction, littérature et mathématiques. Jacques Roubaud se définit lui-même comme un « compositeur de mathématiques et de poésie ».[réf. souhaitée]
Sommaire |
[] Biographie
La vie de Jacques Roubaud est l'objet de plusieurs de ses ouvrages, notamment Autobiographie chapitre X, les cinq tomes du Projet, ou encore Impératif catégorique.
Ayant passé son enfance à Carcassonne puis Paris après la seconde Guerre mondiale, il se dit un élève moyen[2], qui publie toutefois dès douze ans son premier recueil poétique, d'inspiration surréaliste et aragonienne, publié en 1945 sous le titre de Poésies juvéniles.
Véritablement fasciné par les formes fixes des poèmes comme le sonnet (il dit en avoir lu plus de cent-cinquante mille), le renga et la sextine (qu'il baptise d'ailleurs lorsqu'elle est de longueur variable "quenine", en l'honneur de Queneau qui l'avait retravaillée pour l'assouplir), il apprend depuis tout jeune des milliers de vers et des centaines de poèmes par c?ur [3]. En 1961, il se consacre exclusivement à la composition de sonnets, entamant dès lors une démarche expérimentale dans tous ses travaux littéraires.
Étudiant en hypokhâgne, l'expérience ne lui plaît pas, il la stoppe suite notamment à un commentaire d'un poème des Chimères de Nerval. Il dit détester les concours et les examens. Aux études de lettres il préfère les mathématiques (vouant notamment une grande admiration pour Bourbaki), et obtient dans cette discipline un doctorat d'État, avant de devenir professeur à l'université Paris X. Il obtiendra toutefois également un doctorat en littérature française. Les mathématiques ont une grande influence sur son activité littéraire, poétique (comme dans Quelque chose noir) ou de fiction (voir la trilogie d'Hortense).
Son ?uvre est marquée par le suicide de son frère alors que Jacques Roubaud approche de la trentaine, puis par la mort de sa femme Alix Cléo Roubaud, d'une embolie pulmonaire, trois ans seulement après leur mariage. Ayant fait publier le journal d'Alix, il entreprend plusieurs ouvrages qui en ressentent l'impact, notamment le recueil poétique Quelque chose noir, puis le Projet, titré Le Grand Incendie de Londres. Cette ?uvre maîtresse, pour le moment en cinq volumes, tout en constituant une sorte de tombeau pour Alix, représente une tentative d'autobiographie selon une structure hypertextuelle et ramifiée à la fois complexe et touchante.
Il revendique d'autres influences à travers divers centres d'intérêts : poésie médiévale et japonaise, jeu de go (qu'il a introduit en France en en publiant un traité en collaboration avec Pierre Lusson et Georges Perec), ou encore littérature en anglais. Il est ainsi réputé pour ses nombreuses traductions, en particulier de poètes américains contemporains. Réfutant le primat de l'auteur sur le traducteur, il a d'ailleurs rassemblé ces traductions dans un volume intitulé Traduire, journal, où ne figure aucun des textes en version originale.
Membre de l'Oulipo (coopté par Raymond Queneau en 1966), Jacques Roubaud est l'inventeur de nombreuses contraintes telles que le « baobab » et le « haïku oulipien généralisé ». Il obtient le prix France Culture en 1986. Il a travaillé avec de nombreux artistes en collaboration, notamment Nathalie Heinich, Christian Boltanski, et le compositeur français François Sarhan pour lequel il écrit notamment kyrielle du Sentiment des choses en 2002. Il vit actuellement à Paris, ville qu'il dit d'ailleurs détester.
[] ?uvres
- Poésies juvéniles, C.G.C., Montpellier, 1945.
- ?, Gallimard, Paris, 1967.
- Petit traité invitant à la découverte de l'art subtil du go (avec Pierre Lusson et Georges Perec), Bourgois, Paris, 1969.
- Trente et un au cube, Gallimard, Paris, 1973.
- Autobiographie, chapitre dix, poèmes avec des moments de repos en prose, Gallimard, Paris, 1977.
- Graal théâtre, avec Florence Delay, Gallimard, Paris, 1977.
- Graal fiction, Gallimard, Paris, 1978.
- La Vieillesse d'Alexandre, essai sur quelques états récents du vers français, F. Maspero, Paris, 1978.
- Io et le loup, dix-sept plus un plus plus un haïku en ouliporime, Oulipo, Paris, 1981.
- Dors, Gallimard, Paris, 1981.
- Les animaux de tout le monde, Ramsay, Paris, 1983; Seghers, Paris,1990; Seghers Jeunesse, Paris 2004.
- Le train traverse la nuit, vers l'alexandrin de longueur variable, Oulipo, Paris, 1984.
- La Belle Hortense, Ramsay, Paris, 1985 (rééd. Seuil, coll. Points) (Tome 1 de la trilogie d'Hortense)
- Jacques Roubaud, par Robert Davreu, Seghers, Paris, 1985.
- La Fleur inverse, essai sur l'art formel des troubadours, Ramsay, Paris, 1986.
- Quelque chose noir, poèmes, Gallimard, Paris, 1986.
- L'Enlèvement d'Hortense, Ramsay, Paris, 1987 (rééd. Seuil, coll. Points) (Tome 2 de la trilogie d'Hortense)
- Le Grand Incendie de Londres, récit avec incises et bifurcations, Seuil, Paris, 1989. (Tome 1 du Projet)
- L'Exil d'Hortense, Seghers (coll. Mots), Paris, 1990 (rééd. Seuil, coll. Points) (Tome 3 de la trilogie d'Hortense)
- La pluralité des mondes de Lewis[4], Gallimard, Paris, 1991.
- Les animaux de personne, Seghers, Paris, 1991; Seghers Jeunesse, 2004.
- L'invention du fils de Leoprepes, poésie et mémoire, Ed. Circé, Saulxures, 1993.
- N-ines, autrement dit quenines, encore, Oulipo (coll. La bibliothèque oulipienne), Paris, 1993.
- La boucle, Seuil, Paris, 1993. (Tome 2 du Projet)
- Mathématique:, Seuil, Paris,1997. (Tome 3 du Projet)
- Poésie, etcetera, ménage, Stock, Paris, 1995.
- La fenêtre veuve, prose orale, Théâtre Typographique, Courbevoie, 1996.
- Trois ruminations, Oulipo, Paris, 1996.
- Quel avenir pour la mémoire ?, Gallimard (coll. Découvertes), Paris, 1997.
- L'abominable tisonnier de John McTaggart Ellis McTaggart, et autres vies plus ou moins brèves, Seuil, Paris, 1997.
- Poésie:, Seuil, Paris, 2000. (Tome 4 du Projet)
- Le Chevalier silence, une aventure des temps aventureux, Gallimard, Paris, 1997.
- La Dernière balle perdue, Fayard, Paris, 1997.
- La ballade et le chant royal (1997), éd. Les Belles Lettres, coll. Architecture du Verbe, (ISBN 2-251-49007-8)
- La forme d'une ville change plus vite, hélas, que le c?ur des humains. Cent cinquante poèmes. 1991-1998, Gallimard, Paris, 1999.
- Menu, menu, Gallimard jeunesse, Paris, 2000.
- Traduire, journal, Nous, 2000.
- Le crocodile, Rue du Monde, Paris, 2001.
- La Bibliothèque de Warburg. Version mixte, Seuil (coll. Fiction & Cie), Paris, 2002. (Tome 5 du Projet)
- Grande kyrielle du Sentiment des choses, Ed. Nous, Paris, 2003.
- Churchill 40 et autres sonnets de voyage", Gallimard, Paris, 2004.
- Tokyo infra-ordinaire, Inventaire-Invention, Paris, 2005.
- C?urs, La Bibliothèque Oulipienne n°155, 2006.
- Nous, les moins-que-rien, fils ainés de personne, multiroman, Fayard, Paris, 2006.
- 128 poèmes ... composés en langue française, de Guillaume Apollinaire à 1968, La Bibliothèque Gallimard, Paris, Août 2006.
- Parc Sauvage, récit, Seuil (coll. Fiction & Cie), Paris, 2008
- Impératif catégorique, récit, Seuil (coll. Fiction & Cie), Paris, 2008
[] Traduction de l'anglais
[] Voir aussi
[] Notes et références
- ? Voir Jacques Roubaud sur oulipo.net.
- ? Autobiographie chapitre X, p. ?
- ? Le grand incendie de Londres, p. ?
- ? Se réfère à l'ouvrage du philosophe David Kellogg Lewis, De la pluralité des mondes.
[] Bibliographie
- Véronique Montémont, Jacques Roubaud : l'amour du nombre, Presses Universitaires du Septentrion, coll. Perspectives, 2004
- Christophe Reig, "Mimer, Miner, Rimer : le cycle romanesque de Jacques Roubaud" - préface de Bernard Magné, New-York/Amsterdam, Rodopi, coll. « Faux-Titre » n°275, 2006.
[] Lien externe
- (fr) « Jacques Roubaud » sur Inventaire/Invention
- (fr) Documentation critique sur J. Roubaud
- (fr) Présentation de Parc sauvage et de Impératif catégorique sur le site de la revue Culture a confine.
La source est wikipedia http://fr.wikipedia.org/wiki/ Jacques Roubaud
Revue de presse Jacques_Roubaud
