Jacques Ier d'Angleterre
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| Jacques Ier | ||
| Roi d'Angleterre | ||
| Jacques Ier | ||
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| Règne | ||
| 24 mars 1603 ? 27 mars 1625 | ||
| Couronnement | 1603 | |
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| Dynastie | Maison de Stuart | |
| Prédécesseur | Élisabeth Ire | |
| Successeur | Charles Ier | |
| Héritier | Henri-Frédéric (1594-1612) Charles |
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| Biographie | ||
| Naissance | 18 juin 1566 | |
| Décès | 27 mars 1625 | |
| Père | Henry Stuart | |
| Mère | Marie Stuart | |
| Consort(s) | Anne de Danemark | |
| Descendance | Henri-Frédéric Élisabeth d'Angleterre Margarette Stuart Charles Ier Robert fils non baptisé Mary Stuart Sophia Stuart |
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| Autres fonctions | ||
| Roi d'Écosse | ||
| Mandat 24 juillet 1567 - 27 mars 1625 |
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| Président | }} | |
| Monarque | Jacques VI | |
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| Prédécesseur | Marie Stuart | |
| Successeur | Charles Ier | |
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| Monarques de Grande-Bretagne | ||
Jacques Stuart (James Stuart ou Stewart ou Seumas Stiubhart en Écossais) (18 juin 1566 - 27 mars 1625 il meurt à l'âge de 58 ans), d'abord roi d'Écosse sous le nom de Jacques VI à partir de 1567, il fut également roi d'Angleterre et d'Irlande sous le nom de Jacques Ier à partir de 1603 (il fut roi d'Angleterre pendant 22 ans), succédant ainsi à Élisabeth Ire.
Il est le fils de Marie Stuart, reine des Écossais et de son second mari Henry Stuart, lord Darnley (1545-1567) (ou de David Rizzio, secrétaire particulier de la Reine). Celle-ci abdiqua en sa faveur le 24 juillet 1567. Jacques VI ayant à peine plus d'un an lors de son couronnement le 29 juillet 1567, la régence sera assumée de 1567 à 1570 par James Stuart Comte de Moray, demi-frère illégitime de sa mère, puis, après l'assassinat de ce dernier, le 11 janvier 1570, par Matthew Stewart (4e comte de Lennox) jusqu'à sa mort le 4 septembre 1571, par John Erskine, comte de Mar jusqu'à son décès le 29 octobre 1572 et enfin par James Douglas, comte de Morton jusqu'à son exécution le 2 juin 1581.
Partisan convaincu de l'absolutisme de droit divin, il en a lui-même établi la justification dans des ouvrages publiés avant son accession au trône d'Angleterre comme The true Law of free monarchies (1599). À Londres, Jacques Ier veut renforcer son pouvoir en prenant appui sur la religion anglicane, qui fait du roi le chef de l'Église nationale. Il en vient à persécuter les catholiques et les puritains. Ces derniers commencent à émigrer en masse vers le Nouveau Monde. Par la conspiration des poudres, les catholiques, quant à eux, tentent de se débarrasser du roi, en vain. Dans les dernières années de son règne, Jacques Ier accroît les haines contre sa personne en accordant sa confiance à un favori méprisable, le beau George Villiers, futur duc de Buckingham. Jacques Ier meurt le 27 Mars 1625.
[] Enfance du roi Jacques VI d'Écosse
[] Naissance
Jacques Charles Stuart fut le seul enfant de Marie Ire d'Écosse et de son second mari, Henri Stuart, duc d'Albany. Il descendait du roi Henri VII grâce à son arrière-grand-mère Marguerite Tudor, la soeur aînée d'Henri VIII[1]. Le règne de Marie sur l'Écosse fut peu sûr, tant pour elle que pour son mari, car ils étaient catholiques et durent faire face à une rébellion de nobles protestants. Leur mariage fut particulièrement difficile[2]. Lorsque Marie était enceinte de Jacques, son mari s'allia secrètement avec les rebelles et assassina le secrétaire privé de la reine, David Rizzio.[3]
Jacques naquit le 19 juin 1566 au Château d'Édimbourg et, en tant que fils aîné de la reine et héritier direct, il devint directement duc de Rothesay et prince et grand steward Écosse. Élisabeth Ire d'Angleterre, en tant que marraine, lui envoya de magnifiques fonts baptismaux en or.[4]
Le père de Jacques, Henri Stuart, fut assassiné le 10 février 1567 dans la maison des Hamilton, Kirk o'Field, à Édimbourg, peut-être pour venger la mort de David Rizzio. Marie était déjà une reine impopulaire et son mariage le 15 mai 1567 avec James Hepburn, quatrième comte de Bothwell, qui était largement suspecté du meurtre d'Henri, augmenta encore le ressentiment contre elle.[5] En juin 1567, les rebelles protestants arrêtèrent Marie et l'emprisonnèrent dans le château de Loch Leven; elle ne revit jamais son fils. Elle fut forcée d'abdiquer le 24 juillet en faveur de l'infant Jacques et de nommer régent son demi-frère illégitime, Jacques Stewart, Comte de Moray.[6]
[] Régences
La prise en charge de Jacques fut confiée à John Erskine, comte de Mar, "afin qu'il soit préservé, nourri et élevé"[7]en sécurité au Château de Stirling.[8] Le garçon fut formellement couronné à l'âge de treize mois en tant que Jacques VI d'Écosse dans l'Église de Stirling le 29 juillet 1567.[9] Le sermon fut prononcé par le calviniste John Knox. Et, en accord avec les croyances religieuses de la plus grande partie des classes dirigeantes écossaises, Jacques fut élevé en tant que membre de l'Église d'Écosse. Son éducation a été supervisée par l'historien et poète George Buchanan) qui le frappa souvent, mais lui insuffla également une passion pour la littérature et l'apprentissage qui le suivit toute sa vie.[10]
En 1568, Marie s'échappa de prison, conduisant à une brève période de violence. Le Comte de Moray défit les troupes de Marie à la Bataille de Langside, la forçant à fuir vers l'Angleterre, où elle fut emprisonnée par Élisabeth. Le 22 janvier 1570, Moray fut assassiné par James Hamilton of Bothwellhaugh et fut remplacé comme régent par le grand-père paternel de Jacques, Matthew Stewart, comte de Lennox qui fut fatalement blessé une année plus tard lors d'un raid des partisans de Marie.[11] Le régent suivant, John Erskine, comte de Mar, mourut rapidement après avoir mangé chez James Douglas, comte de Morton, où il fut pris d'une violente maladie. Il mourut le 28 octobre 1572 à Stirling. Morton, qui devint régent à son tour, prouva de nombreuses manières qu'il fut le meilleur des régents de Jacques[12], mais se fit des ennemis à cause de sa rapacité.[13] Il perdu les faveurs de Jacques lorsque le Français Esmé Stewart, Seigneur d'Aubigny, premier cousin du père de Jacques et futur comte de Lennox, arriva en Écosse et s'imposa rapidement comme le premier des puissants favoris de Jacques.[14] Morton fut exécuté le 2 juin 1581, accusé tardivement de complicité dans le meurtre de Lord Darnley.[15] Le 8 août, Jacques fit de Lennox le seul duc d'Écosse[16] Alors âgé de quinze ans, le roi devait rester sous l'influence de Lennox pendant encore une année.[17]
[] Règne personnel en Écosse
Bien que protestant converti, Lennox n'avait pas la confiance des calvinistes écossais, qui notèrent l'étalage de l'affection entre le roi et son favori et suspectèrent que Lennox "travaillait à mener le roi dans la luxure".[18] En août 1582, lors de ce qui est désormais connu sous le nom de raid de Ruthven, les comtes protestants de Gowrie et d'Angus éloignèrent le roi dans le château de Ruthven, l'emprisonnèrent[19] et forcèrent Lennox à quitter l'Angleterre. Après que Jacques fut libéré en juin 1583, il assuma un contrôle accru de son royaume. Il promulgua les Black Acts pour imposer l'autorité royale sur l'Église. Entre 1584 et 1603, il établit un gouvernement royal efficace et une paix relative entre les Lords, assisté efficacement par John Maitland, qui dirigea le gouvernement jusqu'en 1592.[20] Une dernière tentative écossaise contre le roi intervint en août 1600 lorsque Jacques fut attaqué par Alexander Ruthven, le jeune frère du comte de Gowrie, dans le manoir de Gowrie[21]. Comme Alexander Ruthven fut tué par le page de Jacques, John Ramsay, et que le comte de Gowrie fut lui aussi tué dans le désordre qui suivi, le récit des circonstances fait par Jacques ne fut pas cru universellement, étant donné le manque de témoins.[22]
En 1586, Jacques signa le Traité de Berwick avec l'Angleterre. L'exécution de sa mère en 1587, qu'il dénonça, l'aida à libérer la voie pour sa succession au sud de la frontière.[23] Durant la crise de l'Invincible Armada de 1588, il assura Élisabeth de son soutien "en tant que fils naturel et compatriote de son pays"[24]. Comme le temps passait et qu'Elisabeth demeurait non mariée, la succession au trône d'Angleterre devint l'une des priorités de la politique de Jacques.
[] Mariage
Durant sa jeunesse, Jacques fut loué pour sa chasteté car il montrait peu d'intérêt pour les femmes; et après la mort de Lennox, il continua à préférer la compagnie des hommes.[25] Un mariage approprié était toutefois nécessaire pour renforcer sa monarchie et le choix se porta sur Anne de Danemark, la fille cadette du roi Frédéric II de Danemark, alors âgée de quatorze ans. Peu après un mariage par procuration en août 1589, Anne s'embarqua pour l'Écosse mais fut forcée de débarquer en Norvège à cause des tempêtes. Apprenant que la traversée avait été abandonnée, Jacques, dans ce que Willson appelle "l'un des épisodes romantiques de sa vie"[26] s'embarqua pour aller chercher Anne personnellement.[27] Le couple se maria formellement au vieux palais de l'évêque d'Oslo le 23 novembre et, après avoir séjourné à Elseneur et à Copenhague, il retourna en Écosse en mai 1590. Selon tous les témoignages, Jacques fut tout d'abord sous le charme d'Anne et dans les premières années de leur mariage, il semble lui avoir toujours montré de la patience et de l'affection.[28] Mais entre 1593 et 1595, Jacques fut lié amoureusement avec Anne Murray, la future Lady Glamis, qu'il appelait "ma maîtresse et mon amour". Le couple royal eut trois enfants qui survécurent: Henri Frédéric, prince de Galles, qui mourut, probablement de typhoïde en 1612 à l'âge de 18 ans; Élisabeth d'Angleterre, qui devint plus tard reine de Bohême; et Charles, le futur roi Charles Ier d'Angleterre. Anne précéda son mari dans la mort en mars 1619.
[] Théorie de la monarchie
En 1597 et 1598, Jacques écrivit deux oeuvres, The Trew Law of Free Monarchies et Basilikon Doron, dans lesquels il établit une base idéologique pour la monarchie. Dans la Trew Law, il exposa le concept de droit divin, exposant que pour des raisons bibliques, les rois sont placés plus haut que les autres hommes, bien que "la marche la plus élevée soit la plus élevée"[29]. Le document propose une théorie absolutiste de la monarchie dans laquelle le roi peut imposer de nouvelles lois par prérogative royale, mais doit également tenir compte des traditions et de Dieu.
Basilikon Doron, écrit comme un livre d'instruction pour le prince Henri alors âgé de quatre ans, est plus un guide pratique pour devenir roi.[30] Malgré les banalités et les conseils moralisateurs, le livre est bien écrit, constituant la meilleure prose de Jacques.[31] Les conseils de Jacques à propos des parlements, qui les voit principalement comme la cour du roi, laissent présager des difficultés avec le Parlement anglais.
[] Le trône anglais
[] La proclamation comme roi d'Angleterre
Dès 1601, lors des dernières années de la vie d'Élisabeth Ire, certains politiciens anglais, dont son premier-ministre Sir Robert Cecil[32] entretinrent une correspondance secrète avec Jacques pour préparer à l'avance une succession douce. En mars 1603, lorsque la vieille reine était clairement mourante, Cecil envoya à Jacques un brouillon de la proclamation de son accession au trône anglais. Élisabeth mourut dans les premières heures du 24 mars et Jacques fut proclamé roi à Londres plus tard le même jour.[33] Lorsque Jacques se dirigea vers le sud, ses nouveaux sujets se rassemblèrent pour le voir, soulagés avant tout que la succession n'ait provoqué ni révolte, ni invasion.[34] Lorsqu'il entra à Londres, il fut assailli par la population.[35] Le couronnement de Jacques comme roi d'Angleterre eut lieu le 25 juillet avec des allégories élaborées par des poètes dramatiques Thomas Dekker et Ben Jonson. Toutefois, une épidémie de peste restreignit les festivités.[36]
[] Les débuts du règne anglais
Malgré la douceur de la succession et la chaleur de son accueil, Jacques survécut à deux conspirations la première année de son règne, le Bye Plot et le Main Plot, qui conduisirent à l'arrestation, entre autres, de Lord Cobham et Sir Walter Raleigh.[37] Ceux qui espéraient un changement gouvernemental de la part de Jacques furent tout d'abord déçus lorsqu'il maintint en place les conseillers d'Elisabeth dans le Conseil Privé, comme cela avait été secrètement décidé avec Robert Cecil,[38] mais Jacques s'acquit rapidement le soutien à long terme, au conseil privé, de Henry Howard et de son neveu, Thomas Howard, ainsi que de cinq nobles écossais.[39] Dans les premières années du règne de Jacques, la gestion quotidienne du gouvernement fut dirigée étroitement par le perspicace Robert Cecil, qui deviendra Comte de Salisbury, assisté efficacement par Thomas Egerton, que Jacques fit bientôt Baron Ellesemere et Lord Chancellor, ainsi que par Thomas Sackville, bientôt Comte de Dorset qui continua en tant que Lord Treasurer.[40] Jacques fut ainsi libre de se concentrer sur les problèmes les plus gros, tels qu'un schéma pour une union plus resserrée entre l'Angleterre et l'Écosse et les questions de politique étrangère, ainsi que de profiter de ses loisirs, notamment la chasse.[41]
Jacques avait l'ambition de construire une union personnelle des couronnes d'Écosse et d'Angleterre pour établir une Union des Couronnes permanentes sous un roi, un parlement et une loi. Ce plan rencontra l'opposition des deux pays.[42] En avril 1604, le parlement anglais refusa sa requête d'être appelé "Roi de Grande-Bretagne" pour des raisons légales.[43] Six mois plus tard, il prit quand même ce titre par proclamation.[44]
Jacques obtint davantage de succès en matière de politique étrangère. Il voua ses efforts à mettre fin à la longue guerre anglo-espagnole qui avait commencé en 1585. En août 1604, grâce à l'habileté diplomatique de Robert Cecil et Henry Howard, un traité de paix fut signé entre les deux pays. Jacques fit un grand banquet pour le célébrer.[45] La liberté de croyance pour les Catholiques d'Angleterre restait, toutefois, un objectif majeur de la politique espagnole, causant un dilemme constant pour Jacques. On se méfiait de ce dernier à l'étranger pour ses répressions des catholiques, mais il était encouragé par le Conseil privé à être encore moins tolérant.[46]
[] La vision de Jacques à propos d'Élisabeth Ire et de Marie
[] La conspiration des poudres
A la veille de l'ouverture de la deuxième session du premier parlement de Jacques, le 5 novembre 1605, un soldat nommé Guy Fawkes fut découvert dans les caves du bâtiment du parlement, gardant une pile de fagots de bois, non loin de trente-six barils avec lesquels il avait l'intention de faire exploser la Maison du Parlement et de causer la destruction, comme Jacques le nota, "non seulement de ma personne, ni de celle de ma femme et de mes enfants, mais l'ensemble du corps de l'État en général".[47] La découverte sensationnelle de la Conspiration des poudres catholique, comme elle fut rapidement nommée, causa un soulagement national que Salisbury exploita pour obtenir des subsides du Parlement plus élevés que tous ceux qui avaient été obtenus jusque ici, à l'exception d'un seul pour Élisabeth Ire.[48]
[] Le conflit avec le Parlement
Le moment de coopération entre le monarque et le parlement après la Conspiration des poudres représenta une entorse à la norme. En fait, c'est la session précédente de 1604 qui forma les attitudes des deux parts pour le reste du règne, bien que les difficultés initiales relevaient davantage de l'incompréhension mutuelle que de l'inimitié consciente.[49] Le 7 juillet 1604, Jacques reporta la session parlementaire après avoir failli à gagner son soutien sur une union complète des couronnes ou sur les subsides financiers.[50]
Comme le règne de Jacques progressait, son gouvernement fit face à des difficultés financières croissantes, notamment à cause de l'inflation grimpante,[51] mais également en raison de la prodigalité et de l'incompétence financière de sa cour. En février 1610, Salibury, un supporter de la participation du parlement au gouvernement[52] proposa un schéma, connu sous le nom de Grand Contrat, par lequel le Parlement, en échange de dix concessions de la part du roi, concèderait un montant forfaitaire de 600'000 £ pour payer les dettes du roi ainsi qu'un versement annuel de 200'000£.[53] Les négociations qui suivirent se prolongèrent tellement que Jacques perdit patience et renvoya le Parlement.[54] Le même schéma se répéta lors du Parlement stérile de 1614 que Jacques dissout après huit semaines pendant lesquelles le Parlement hésita à lui accorder l'argent demandé.[55] Jacques régna ensuite sans parlement jusqu'en 1621, employant des administrateurs tels que Lionel Cranfield, un homme d'affaire qui fut astucieux pour récolter et économiser de l'argent pour la couronne et vendit des comtés et d'autres dignités, dont beaucoup furent créées pour l'occasion, comme source de revenus alternative.[56]
[] L'alliance espagnole
Une autre source potentielle de revenus fut la recherche d'une dot espagnole grâce au mariage du prince de Galles, Charles et de l'Infante d'Espagne Marie.[57] Cette politique conduisit Jacques à maintenir la paix avec l'Espagne et à éviter les coûts supplémentaires dus à une guerre[58] Les bénéfices de la paix pouvaient être maintenus tant que duraient les négociations, ce qui expliquerait pourquoi Jacques les fit traîner durant presque une décennie.[59] Soutenue par Howards et d'autres ministres et diplomates crypto-catholiques, connus sous le nom de parti espagnol, cette politique causa une profonde méfiance dans l'Angleterre protestante.
Toutefois, le déclenchement de la Guerre de Trente Ans mit en péril la politique de paix de Jacques, notamment après que son beau-fils, l'Électeur palatin Frédéric V fut chassé de Bohême par l'Empereur Ferdinand II en 1620 et que les troupes espagnoles eurent envahi simultanément ses territoires du Rhin. La situation devint critique lorsque Jacques convoqua finalement le parlement en 1621 pour demander des fonds pour une expédition militaire pour soutenir son beau-fils.[60] Le Parlement n'apporta d'un côté que des subsides inadéquats pour financer des opérations militaires sérieuses et, d'autre part, se souvenant des attaques navales profitables contre la Flotte de l'Or sous Élisabeth Ire, appela à une guerre directe contre l'Espagne.[61] En novembre 1621, emmenés par Sir Edward Coke, ils firent une pétition demandant non seulement la guerre avec l'Espagne, mais également le mariage du prince Charles avec une portestante, ainsi que le renforcement des lois anti-catholiques.[62] Jacques leur demanda catégoriquement de ne pas interférer dans les prérogatives royales, faute de quoi ils risquaient une punitions[63], ce qui les amena à revendiquer leurs droits, dont la liberté de parole. Jacques fit supprimer ces protestations du registre et dissout le Parlement encore une fois.[64]
En 1623, le Prince Charles, alors âgé de 23 ans, et Buckingham décidèrent de prendre l'initiative et de partir incognito pour l'Espagne[65] afin de gagner l'Infante directement, mais leur mission s'avéra être une erreur extrême.[66] L'Infante détesta Charles et les Espagnols leurs opposèrent des conditions qui incluaient la conversion de Charles au catholicisme, un séjour d'un an en Espagne en tant qu'otage diplomatique. Le prince et le duc retournèrent en Angleterre en octobre sans l'Infante et renoncèrent immédiatement au traité, pour le plus grand plaisir du peuple britannique.[67] Leurs yeux ayant été ouverts par leur visite en Espagne, Charles et Buckingham retournèrent alors la politique espagnole de Jacques et appelèrent à une alliance française et à une guerre contre les Habsbourg.[68] Afin de rassembler l'argent nécessaire, ils persuadèrent Jacques de convoquer un autre Parlement, qui se tint en février 1623. Pour une fois, le déversement de sentiments anti-catholiques du parlement trouvait un écho à la Cour, où le contrôle politique glissait de Jacques à Charles et Buckingham.[69] qui firent pression sur le roi pour qu'il déclare la guerre et renvoye le Lord Treasurer, Lionel Cranfield, après que celui-ci se fut opposé à leur plan en raison des coûts qu'il engendrait[70]. Le résultat du Parlement fut ambigu: Jacques refusait toujours de déclarer la guerre, mais Charles crut que le Parlement s'engageait à financer la guerre contre l'Espagne, une position qui contribua à ses problèmes avec le Parlement durant son propre reigne.[71]
[] Les défis religieux
La conspiration des poudres a renforcé l'oppression des catholiques et Jacques prit de dures mesures pour les contrôler. En mai 1606, le parlement adopta une loi qui demandait à tout citoyen de faire serment d'allégeance qui comprenait notamment de renier l'autorité du pape sur le roi.[72] Jacques était conciliant avec les catholiques qui firent ce serment[73] et il toléra les crypto-catholiques même à la cour.[74] Cependant, il prit dans la pratique des mesures encore plus dures vis-à-vis des catholiques que celles qui avaient été prises durant le règne d'Élisabeth. Vis-à-vis du clergé puritain avec qui il débattit durant la Conférence d'Hampton de 1604[75], Jacques fut d'abord strict en renforçant la confirmité, introduisant un sentiment de persécution parmi les puritains[76], mais les expulsions devinrent moins nombreuses à la fin de son règne. L'un des succès notables de la Conférence d'Hampton fut l'adoption d'une nouvelle traduction de la bible, complétée en 1611, et qui fut connue sous le nom de Bible du roi Jacques, considérée comme l'un des chefs d'oeuvre de l'anglais moderne naissant[77]. En Écosse, Jacques essaya d'amener l'Église écossaise aussi près que possible de l'Église anglaise et rétablit l'épiscopat, générant une forte opposition.[78] En 1618, les évêques de Jacques imposèrent ses Cinq articles de Perth lors de l'Assemblée générale, mais ces règles rencontrèrent une grande résistance.[79] Jacques devait laisser une Église d'Écosse divisée à sa mort, ce qui sera une source de problèmes futurs pour son fils.[80]
[] Les favoris
Salisbury mourut en 1612, peu regretté par ceux qui se réjouissaient de remplir le vide du pouvoir.[81] Jusqu'à la mort de Salisbury, le système administratif élisabéthain qu'il avait présidé continua à fonctionner avec une efficacité relative. Depuis ce moment, toutefois, le gouvernement de Jacques entra dans une période de déclin et de discrédit.[82] La disparition de Salisbury donna à Jacques l'idée de gouverner seul et d'être son propre premier-ministre avec son jeune favori écossais, Robert Carr, vicomte de Rochester, effectuant nombre des anciennes fonctions de Salisbury. Mais l'incapacité de Jacques à s'occuper de près des affaires officielles exposa le gouvernement aux luttes de clan.[83]
Le parti d'Howard, composé de Northampton, Suffolk, du beau-fils de Suffolk William Knollys, de Charles Howard et de Sir Thomas Lake, prit bientôt le contrôle d'une grande partie du gouvernement. Même le puissant Carr, incapable de porter les responsabilités qui pesaient sur lui et souvent dépendant de son ami intime Thomas Overbury pour s'occuper des papiers du gouvernement[84], passa dans le camp d'Howard après avoir entamé une relation avec la comtesse d'Essex, Frances Howard, fille du comte de Suffolk. Jacques aida Frances Howard à obtenir l'annulation de son mariage afin qu'elle puisse se remarier avec Robert Carr. En été 1615, il apparut que Sir Thomas Overbury, qui était mort en septembre 1613 à la Tour de Londres, où il avait été enfermé sur ordre du roi avait été empoisonné.[85] Parmi les suspects du meurtre figuraient Frances Howard et Robert Carr, ce dernier ayant été remplacé par un jeune homme nommé Georges Villiers en tant que favori du roi. L'implication du roi dans un tel scandale provoqua beaucoup de rumeurs dans le public et ternit irréparablement la cour de Jacques avec une image de corruption et de dépravation.[86] La chute des Howard qui suivit laissa George Villiers, désormais premier duc de Buckingham, sans concurrence à la tête du gouvernement dès 1618.[87]
[] Relations personnelles
Jacques eut, durant toute sa vie, d'étroites relations avec des courtisans masculins, plus particulièrement avec Esmé Stewart, Robert Carr, le premier comte de Somerset, et George Villiers, le premier duc de Buckingham. Il y a eu des débats entre les historiens pour discuter de la nature de ces relations: "Le témoignage de sa correspondance et les récits contemporains ont conduit quelques historiens à conclure que le roi était homosexuel ou bisexuel. En fait, la question est obscure".[88] Dans le Basilikon Doron, Jacques plaçait la sodomie parmi les crimes à ne jamais pardonner. A l'âge de vingt-trois ans, Jacques et 300 de ses hommes portèrent secours à Anne de Danemark qui était échouée sur la côte norvégienne. Ils se marièrent et eurent sept enfants, certaines sources disent neuf. Jacques eut également une relation de deux ans avec Anne Murray.
[] Dernière année
La dernière année du règne de Jacques vit Buckingham consolider son contrôle sur Charles pour assurer son propre futur. Le roi était souvent malade et devint progressivement une figure périphérique, rarement capable de venir à Londres. Au début de 1625, Jacques est frappé par de graves attaques d'arthrite, de goute et, en mars, il tomba sérieusement malade, eut de fortes fièvres et une attaque cardiaque. Il mourut finalement au Manoir de Theobald le 27 mars durant une violente attaque de dysenterie, avec Buckingham à son chevet.[89] Les funérailles eurent lieu le 7 mai. L'archevêque de York John Williams fit le sermon en comparant Jacques au roi Salomon.[90]
[] Héritage
Le roi fut largement pleuré. Malgré tous ses défauts, Jacques n'avait jamais complètement perdu l'affection de son peuple qui avait profité d'une paix ininterrompue et de taxes relativement basses durant son règne. Une fois au pouvoir, Charles et Buckingham entreprirent une série d'expéditions militaires imprudentes qui se soldèrent par un échec humiliant.[91] Jacques laissa à Charles une croyance fatale dans le droit divin des rois, combiné à un dédain du Parlement qui culminera avec la Guerre civile anglaise et l'exécution de Charles. Jacques avait souvent négligé les affaires du gouvernement pour se consacrer à ses loisirs, tels que la chasse; de plus, sa dépendance vis-à-vis de ses favoris et une cour déchirée par les scandales mina l'image de respect de la monarchie construite prudemment par Élisabeth Ire.[92]
Toutefois, la stabilité du gouvernement de Jacques en tant que roi d'Écosse, ainsi que lors de la première partie de son règne anglais, ainsi que ses vues relativement éclairées en matière de religion et de guerre, lui valurent une réévaluation de plusieurs historiens récents, qui ont sauvé sa réputation d'une tradition de critiques issues des historiens anti Stuart du milieu du XVIIe siècle.[93]
[] Descendance
Vers 1589, Jacques Ier épouse Anne de Danemark (1574-1619), (fille de Frédéric II de Danemark), avec laquelle il a 8 enfants:
- Henri-Frédéric (19 février 1594 - 6 novembre 1612) 1er prince de Galles, meurt à l'âge de dix-sept ans.
- Élisabeth d'Angleterre (19 août 1596 - 13 février 1662), épouse en 1613 Frédéric V roi de Bohême (dynastie des Hanovre).
- Margarette Stuart (24 décembre 1598 - mars 1600)
- Charles, prince de Galles (19 novembre 1600 - 30 janvier 1649) qui succède à son père sous le nom de Charles Ier et qui épouse en 1625 Henriette de France (1609-1669)
- Robert, duc de Kintyre and Lorne (18 février 1602 - 27 mai 1602)
- (fils non baptisé) (mai 1603 - mai 1603)
- Mary Stuart (8 avril 1605 - 16 décembre 1607)
- Sophia Stuart (2 juin 1606 - 28 juin 1606)
Jacques Ier se remarie avec Lady Frances Howard.
[] Anecdotes
- La première colonie britannique permanente sur le continent américain fut nommée Jamestown en son honneur (littéralement ville de Jacques).
- C'est sous le règne de ce roi qu'eut lieu le drame de la famille Sawney Bean.
[] Notes et références
- ? Guy, p. 54
- ? Guy, pp. 236?7, pp. 241?2, p. 270
- ? Guy, pp 248?50.
- ? Croft, p. 11.
- ? Willson, p. 18.
- ? Guy, pp. 364-365.
- ? Lettre de Marie au Comte de Mar du 29 mars 1567, citée par Stewart, p. 27.
- ? Willson, p. 18; Stewart p. 33.
- ? Croft, p. 11.
- ? Croft, pp. 12-13.
- ? Croft, p. 13.
- ? Stewart, p 45; Willson, pp 28?29.
- ? Croft, p 15.
- ? Stewart, pp 51?63.
- ? Stewart, p. 63.
- ? Stewart, p. 63.
- ? Wilson, p. 35.
- ? Croft, p. 15.
- ? Stewart, p. 66
- ? Croft, p. 17, p. 20.
- ? Stewart, pp. 150-157.
- ? Stewart, p. 154; Croft, p. 45.
- ? Croft, p. 22.
- ? Croft, p. 23.
- ? Croft, pp. 23-24.
- ? Willson, p. 85
- ? Stewart, pp. 107-110.
- ? Willson, pp. 85-95.
- ? Cité par Willson, p. 131.
- ? Willson, p. 133.
- ? Willson, p. 132; Croft, pp. 134-135.
- ? Croft, p. 48.
- ? Croft, p. 49; Willson, p. 158.
- ? Croft, p. 50.
- ? Stewart, p. 169.
- ? Stewart, p. 172.
- ? Croft, p. 51.
- ? Croft, p. 51.
- ? Croft, p. 51.
- ? Croft, p. 51.
- ? Croft, p. 51.
- ? Croft, pp. 52-54.
- ? Willson, p. 250.
- ? Willson, pp. 249-252.
- ? Croft, pp. 52-53.
- ? Croft, p. 118.
- ? Stewart, p. 219.
- ? Croft, p. 64.
- ? Croft, p. 63.
- ? Croft, p. 62.
- ? Croft, p. 69.
- ? Croft, p. 76.
- ? Croft, pp. 75-81.
- ? Croft, p. 80.
- ? Willson, p. 348.
- ? Willson, p. 409.
- ? Willson, p. 357.
- ? Schama, Vol. II, p. 59.
- ? Kenyon, pp. 88-89.
- ? Willson, pp. 408-416.
- ? Willson, p. 421.
- ? Willson, p. 421.
- ? Willson, p. 442.
- ? Willson, p. 243.
- ? Croft, p. 118.
- ? Croft, pp. 118-119.
- ? Shama, p. 64; Croft, p. 120.
- ? Croft, pp. 120-121.
- ? Krugler, pp. 63-64.
- ? Croft, p. 125.
- ? Croft, p. 126.
- ? Stewart, p. 225.
- ? Willson, p. 228.
- ? Croft, p. 162.
- ? Croft, p. 156.
- ? Willson, pp. 201 et 209; Croft, p. 156; Stewart, p. 205.
- ? Willson, pp. 213-215; Crof, p. 157.
- ? Croft, p. 164.
- ? Croft, p. 166; Willson, p. 320.
- ? Croft, p. 167.
- ? Willson, p. 269.
- ? Willson, p. 333.
- ? Willson, pp. 334-335.
- ? Willson, p. 349.
- ? Lindley, p. 146.
- ? Davies, p. 20.
- ? Willson, p. 397.
- ? Bucholz, p. 208
- ? Selon certaines rumeurs, le roi aurait été empoisonné par Buckingham. Croft, pp. 127-128.
- ? Croft, pp. 129-130.
- ? Stewart, p. 348.
- ? Croft, p. 129.
- ? Croft, pp. 6-8.
[] Sources
- (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu d?une traduction de l?article de Wikipédia en anglais intitulé « James I of England ».
[] Bibliographie
- Bucholz, Robert and Newton Key (2004). Early Modern England, 1485?1714: A Narrative History. Oxford: Blackwell. ISBN 0631213937.
- Croft, Pauline (2003). King James. Basingstoke and New York: Palgrave Macmillan. ISBN 0-333-61395-3.
- Guy, John (2004). My Heart is My Own: The Life of Mary Queen of Scots. London and New York: Fourth Estate. ISBN 1-84115-752-X.
- Kenyon, J.P. Stuart England. Harmondsworth, England, Penguin Books, 1978.
- Schama, Simon. A History of Britain. New York, Hyperion, 2001.
- Stewart, Alan (2003). The Cradle King: A Life of James VI & I. London: Chatto and Windus. ISBN 0-7011-6984-2.
- Willson, David Harris ([1956] 1963 ed). King James VI & I. London: Jonathan Cape Ltd. ISBN 0-224-60572-0.
[] Liens internes
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