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Le terme Amérindiens, ou Indiens d'Amérique, désigne les premiers occupants du continent américain (autrefois appelé « Indes occidentales »), et leurs descendants. En l?absence d?appellation qui fasse consensus, on utilise parfois les expressions de « premières nations » ou « premiers peuples ». L'expression « Peaux rouges » est ancienne et n'est plus utilisée en Amérique. On parle aussi de peuples précolombiens pour la Méso-Amérique. En anglais, au Canada comme aux États-Unis, on utilise les expressions Native Americans (américains d'origine), Native peoples (peuples d'origine), American Indians, First Nations ou Aboriginal Peoples (peuples aborigènes). Toutefois, ces termes sont souvent rejetés par les intéressés qui préfèrent être appelés en fonction des noms de leurs peuples. Image:Mesaverde2.jpg Mesa Verde, Colorado, à l'ouest des États-Unis
[] Peuplement originel[] Théories anciennesImage:TaosPuebloTiny.jpg Taos, Nouveau-Mexique. Un exemple de construction adobe des pueblos L?arrivée de ces peuples en Amérique remonte à 12 000 ans environ mais des récentes découvertes archéologiques feraient remonter les premières migrations à 40 000 ans. Venant de Sibérie, ils auraient traversé le détroit de Béring, alors gelé, puis peuplé le continent américain. D?autres théories parlent de peuples océaniens ayant traversé l'océan Pacifique, ou encore de peuples européens : cette dernière hypothèse est celle de l'archéologue Dennis Stanford. Les Mormons croient qu?ils sont descendants du peuple juif. Les Amérindiens eux-mêmes croient qu?ils ont toujours habité là. Quoi qu'il en soit, la diversité des milieux naturels du continent a engendré des cultures très différentes. [] Découvertes les plus récentesOn notera cependant des découvertes qui remettent en cause le schéma général de la colonisation des Amériques par les Amérindiens. Certains spécialistes pensent que le peuplement du continent américain n'a pas une seule origine :
Image:Petroglyphs Red Rock Canyon.jpg Pétroglyphes amérindiens dans le Nevada L'autre question problématique est celle de la date du peuplement. Là encore le travail des archéologues semble repousser l'origine du peuplement à des époques plus anciennes qu'on ne l'a longtemps cru :
Sur les cas atypiques, voir aussi [5] [] Amérique du NordVoir l'article principal Nord amérindiens [] Hiérarchie socialeElle dépend du peuple concerné : elle est très structurée dans le Nord-Ouest et les civilisations d'Amérique latine, mais quasi inexistante chez les Navajos pour lesquels la famille est la base de la société. Voir les articles Sachem, chaman [] LanguesImage:Langs N.Amer fr.png Familles de langues amérindiennes et isolats en Amérique du Nord
Les ethnolinguistes estiment le nombre de langues amérindiennes, mortes et toujours existantes confondues, à 1000 ou 2000, dont 200 rien qu'en Amérique du Nord. Bien que certaines comportent des différences majeures par rapport à d'autres les spécialistes ont pu cependant les regrouper en « familles » n'ayant parfois connu aucun contact. Les langues eskimo-aléoutes comprennent l'inuktun ou l'inupiaq. La famille des langues athapascanes comprend des dialectes pratiqués par les Apaches et les Navajos. Pendant la Seconde Guerre mondiale, les services secrets américains employaient des auxiliaires navajos qui traduisaient dans leur langue les messages les plus confidentiels avant qu'ils soient cryptés. Enfin, les langues européennes ont nommé en utilisant leurs propres vocabulaires des éléments de la culture amérindienne, ce qui introduit des confusions : les espagnols ont ainsi baptisé les Indiens pueblos qui signifie village, mais les pueblos appartiennent à quatre groupes linguistiques différents : Hopi, Zuñi, Keres et Tanoar. Les colons anglais ont utilisé l'appellation"Indian Corn" pour désigner le "maïs". [] CroyancesOn regroupe le plus souvent les cultures amérindiennes en grands ensembles géographiques : nord-est, nord-ouest (région arctique), région sub-arctique, nord-ouest (État de Washington), Californie, Grand Bassin, Plateaux, Grandes Plaines, Sud-Est, Sud-Ouest, forêts de l'Est. Les conditions de vie étaient donc très différentes selon le milieu de vie des Amérindiens. La diversité des peuples amérindiens s'exprime également dans le domaine des croyances. On peut néanmoins dégager quelques points communs aux nombreuses tribus amérindiennes :
Image:Paleoindian storyteller.jpg La veillée Les Amérindiens partageaient également des rites communs :
[] Vie quotidienneReconstitutions d'un camp amérindien, d'après les données archéologiques de la Savannah River (Géorgie et Caroline du Sud) Image:Ceramic Hopi jar - by-Nampeyo - date-ca. 1880 - from-DC1.jpg Céramique Hopi, vers 1880, conservée à Washington Vivant en symbiose avec leur milieu naturel, les Amérindiens dépendent en effet des conditions climatiques et des ressources, même s'ils ont su s'adapter aux contraintes. Chaque grand ensemble a ainsi développé une activité de prédilection, avec son savoir-faire propre. Dans les régions arctique et sub-arctique il s'agissait de la pêche. Dans le Nord-Ouest (État de Washington) celle-ci visait en particulier les cétacés, les phoques, et la morue. Le travail du bois thuya (totems, masques), la vannerie et le tissage étaient aussi très développés. Comme dans le Grand Bassin qui se caractérise aussi par la chasse et l'organisation de véritables villages, voire villes, d'huttes. Dans les Grandes Plaines c'est le bison qui est chassé, et le cheval dressé suite à son introduction par les Européens. En Californie on retrouve un art décoratif à base de décorations en plumes et coquillages. Au Sud-Est des cultures tropicales de maïs et de pomme de terre sont faites à grande échelle. Ce sont les grandes civilisations précolombiennes qui mettaient en place de tels organisations radicalement différentes du modèle de vie nomade et en harmonie avec la nature développées par les peuplades d'Amérique du Nord étudiées plus haut. Enfin au Sud-Ouest, confluent de ces deux civilisations, on trouve des peuples sédentaires influencés tant par leurs voisins de la partie supérieure du continent que par ceux de la partie supérieure. Ainsi ils pratiquent l'irrigation, tissent le coton, font des poteries, tressent des paniers, poterie, exploite les cactus Peyotl, portent des bijoux et vivent dans des constructions en adobe. Toutefois les Apaches sont nomades et vivent donc bien plus de la chasse. [] La guerre
Les tribus amérindiennes se faisaient la guerre : au début du XVIIe siècle, les colonisateurs français prennent par aux attaques des Algonquins et des Hurons contre leurs ennemis iroquois. Ces derniers répliquent au milieu du XVIIe siècle et finissent par affaiblir la confédérations des Hurons. Certains prisonniers étaient adoptés (ils devenaient Iroquois) d'autres étaient torturés (on leur arrachait les ongles) ou frappés à coups de baton. Les guerriers mangeaient les organes des vaincus<ref>Gilles Havard, Cécile Vidal, histoire de l'Amérique française, Flammarion, 2003, pages 95-96.</ref>.
[] Cultures disparuesImage:Arrow and spear heads - from-DC1.jpg Flèches préhistoriques amérindiennes, conservées à Washington Les sites les plus anciens des États-Unis se répartissent en deux régions principales : la première est celle de l'est, où l'on trouve des témoignages très anciens de la culture des Mound Builders qui construisaient des tertres zoomorphes et des pyramides de terre pour enterrer leurs morts. Les archéologues ont baptisé ces peuples aujourd'hui éteints : les Adenas sont les plus anciens (- 1000 / + ), puis viennent les Hopewells ou Hopewelliens. Les cultures du Mississippi sont également rattachées au Mound Builders. Le Sud-Ouest est la deuxième région qui abritait des civilisations disparues au moment où Christophe Colomb "découvre" l'Amérique : les sites archéologiques les plus connus sont le site de Clovis, Danger Cave (Utah) ou encore Folsom (Nouveau-Mexique). Mais de nombreux sites de pétroglyphes se situent aussi dans l'Ouest américain : Red Rock Canyon (Nevada), Bryce Canyon ... Dans cette région marquée par l'aridité et les contacts avec la Méso-Amérique vivent les Indiens pueblos qui sont les héritiers de cultures disparues :
[] Les guerres aux États-UnisImage:Canyon de Chelly, Navajo.jpg Navajo dans le Canyon de Chelly Pour la chronologie complète des « guerres indiennes », consultez l'article détaillé Guerres indiennes. La cause principale de ces conflits est la volonté expansionniste des 13 premières colonies américaines qui se traduit aussi par les guerres hispano-américaines et mexico-américaines, la conquête de l'Ouest par des colons avides d'or renforça l'animosité entre les deux peuples, multipliant donc le nombre de débordements. Ces conflits feront l'objet de représailles de la part des deux camps, tels des massacres et des pillages. Ainsi en 1862, les Sioux santees massacrent 1500 hommes, femmes et enfants américains dans le Minnesota. [] Listes des tribus d'Amérique du NordImage:800px-Americanindiansmapcensusbureau.gif Carte des réserves amérindiennes aux États-Unis Les peuples les plus connus sont :
[] Amérique centraleVoir : Les méso amérindiens
On peut dans leur cas parler de véritables civilisations, tant dans la construction des villes que par l'écriture ou la connaissance astronomique. [] Grandes et petites AntillesVoir : Les Amérindiens des Antilles Peuples de type néolithiques, tous issus de migrations depuis l'actuel Venezuela.
[] Amérique du SudVoir : sud amérindiens et Peuple indigène du Brésil Les nations Quechuas, la nation Aymara, les Mapuches, Peuples d'Amazonie, Peuples Patagons. [] La conquête espagnoleAu Mexique, Hernan Cortés débarque à proximité de Veracruz en 1519 ; il est tout d'abord bien accueilli par Moctezuma empereur aztèque. Les espagnols entrent dans Tenochtitlan le 8 novembre 1519. Mais le 30 juin 1520, ils sont chassés par une révolte de la population. Cortez, soutenu par les autres peuples amérindiens, remporte la victoire de Otumba le 7 juillet 1520 et vient assiéger la capitale qui finit par tomber le 13 août 1521. Le dernier empereur, Cuauhtémoc, fait prisonnier pour éviter une nouvelle révolte, est exécuté vers 1524-1526, tandis que Tenochtitlan est rasée pour laisser la place à Mexico. Lorsque Pizarro arrive au Pérou en 1532, il est perçu comme un dieu. Il enlève l'empereur Atahualpa et encourage la révolte des peuples soumis aux Incas. L'empire se morcelle et l'empereur est finalement exécuté par les Espagnols en 1533. Les conquistadors contrôlent le territoire inca au milieu du XVIe siècle, même si des résistances ont encore lieu. La conquête espagnole s'accompagne de pillages, de maladies nouvelles qui font des ravages, de la famine, de l'asservissement des Amérindiens dans les encomiendas et de l'évangélisation de la population. Le 16 avril 1550, Charles Quint ordonne d'interrompre les conquêtes du Nouveau Monde pour des raisons morales. Le débat qui s'en suit, confié aux théologiens verra les fameuses joutes de Bartolomé de Las Casas et Sepulveda lors de la Controverse de Valladolid. À son issue, l'Église catholique reconnaît que les Amérindiens « possèdent une âme » et disposent donc à ce titre des mêmes droits que les autres hommes. En 1556, la terminologie change, Conquista est officiellement remplacé par descubrimiento (découverte), et conquistador par poblador (colon). [] Arrivée des Européens : Le choc viral et bactérienL'arrivée des Européens au XVe siècle a bouleversé la vie des peuples d'Amérique. Parmi les centaines de nations qui peuplaient les deux continents, beaucoup ont totalement disparu : elles ont été décimées (voir l'article Massacre des Indiens d'Amérique), déportées, acculturées et pour certaines, réduites en esclavage. À l'heure actuelle, aucune des nations survivantes au génocide n'a recouvré sa souveraineté. Toutefois la démographie historique a établi qu'une majorité d'Amérindiens sont morts à la suite des virus et maladies (comme la coqueluche, la rougeole ou la variole) introduites par les Européens, contre lesquels les Amérindiens n'étaient pas immunisés. Le processus a commencé dès les années 1500 et a emporté des centaines de milliers de vies. En 1617-1619, une épidémie de peste bubonique ravage la Nouvelle-Angleterre. Le bilan de ces épidémies est difficile à donner avec exactitude. Les sources sont inexistantes et les historiens ne sont pas d'accord sur les estimations. Certains avancent 10 millions d'Amérindiens pour tout le continent ; d'autres pensent plutôt à 90 millions, dont 10 pour l'Amérique du Nord. Si l'on prend les données d'Anne Garrait-Bourrier et Monique Venuat (voir la bibliographie), le continent américain entier (de l'Alaska au Cap Horn) abritait environ 50 millions d'habitants en 1492 ; pour comparaison, il y avait 20 millions de Français au XVIIe siècle. Les chiffres avancés pour le territoire des États-Unis d'aujourd'hui sont compris entre 7 et 12 millions d'habitants. Environ 500 000 Amérindiens peuplaient la côte est de cet espace. Ils ne sont plus que 100 000 au début du XVIIIe siècle. Dans l'empire espagnol, la mortalité des Amérindiens provoquait de tels ravages qu'ils durent chercher des esclaves en Floride pour pallier le manque de main d'?uvre en Amérique du Sud. Exemples parmi d'autres des ravages qu'ont causés ces pandémies : Les Timicuas, en Floride, qui en 1650 étaient 13 000 répartis sur 40 villages ne furent après une épidémie de petite vérole que 35 en 1728 regroupés dans un seul hameau. Les Wampanoag qui occupaient le territoire de l'actuel Massachusetts furent emportés jusqu'au dernier en 1617, 3 ans avant l'arrivée des premiers colons débarqués du Mayflower qui fonderont Plymouth. [] Notes<references/> [] Voir aussi[] Bibliographie
[] Articles connexes
[] Liens externes
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