Flickr Badge Immaculée-Conception
Un article de Wikipedia.y-project.com.(Redirigé depuis Immaculée-Conception)
L'immaculée conception de Marie est un dogme de l'Église catholique, décrété le 8 décembre 1854 par Pie IX dans sa bulle Ineffabilis Deus.
[] DéfinitionLe dogme signifie que Marie, mère de Jésus-Christ, fut conçue exempte du péché originel. La bulle déclare :
La constitution dogmatique Lumen gentium (1964) précise qu'elle a été « rachetée de façon éminente en considération des mérites de son Fils » (LG 53) et que « indemne de toute tache de péché, ayant été pétrie par l'Esprit saint, [elle a été] formée comme une nouvelle créature. » Il n'est en rien lié à la conception virginale de Jésus, c'est-à -dire la croyance en le fait qu'il soit né d'une mère vierge. L'immaculée conception se fête le 8 décembre, date supposée de la conception de Marie, depuis 1477, par décision de Sixte IV. La fête a été confirmée par Clément XI en 1708. Elle est à l'origine de la Fête des lumières, célébrée chaque année à Lyon le 8 décembre. [] HistoriqueImage:Francisco de Zurbarán 066.jpg L'Immaculée conception par Francisco de Zurbarán, 1661, Magyar Szépmüvészeti Múzeum de Budapest L'Immaculée conception n'est mentionnée dans aucun texte jugé canonique par les Églises chrétiennes. La source de cette croyance se trouve dans le Protévangile de Jacques, texte apocryphe datable du milieu du IIe siècle : Anne et Joachim, les parents de la Vierge, ne peuvent avoir d'enfant. Mais un ange leur apparaît à tous deux, leur annonçant une naissance miraculeuse. Sept mois plus tard, Marie vient au monde. Bien que non canoniques, les apocryphes exercent une très grande influence sur la foi populaire. C'est la fête byzantine de la Conception de la Très Sainte Mère de Dieu par Joachim et Anne (9 décembre) qui est à l'origine du développement d'une dévotion et d'une croyance nouvelle en Occident. Cette fête en effet est introduite en Occident, à l'occasion des croisades, et on la voit apparaître à l'abbaye du Bec puis en Angleterre et à Lyon dès le XIIe siècle. Mais cette introduction se fait sans les textes ni les commentaires de la tradition byzantine. Et la dévotion prend rapidement en Occident une couleur et une signification bien différentes qui sont à l'origine de la dévotion puis du culte de l'Immaculée conception dans l'Église d'Occident et d'une divergence supplémentaire entre les deux Églises. Cette nouvelle fête ne fait toutefois pas l'unanimité en Occident : Bernard de Clairvaux, pourtant célèbre pour sa dévotion mariale, s'oppose en 1146 à cette pratique. La croyance ne trouve grâce aux yeux des théologiens qu'à partir du XIVe siècle et de Jean Duns Scot : en tant que Mère de Dieu, Marie ne peut selon lui être entachée comme les autres par le péché originel. Pendant sept siècles, l'Occident débat âprement de cette question. Les franciscains sont pour la dévotion nouvelle, les dominicains contre. La Sorbonne est même paralysée un an par cette querelle. Reconnue ni par les protestants, ni par les orthodoxes, la croyance en l'Immaculée conception est réaffirmée par le concile de Trente, et les représentations artistiques se multiplient au XVIIe siècle, notamment en Espagne. La Vierge y apparaît sur un croissant de lune, drapée dans un manteau flottant dans le ciel, entourée d'une multitude d'angelots. Parfois elle foule aux pieds un serpent qui, plus que le démon, semble symboliser en l'occurrence les doctrines de Luther et de Calvin. Bernadette Soubirous affirme que Marie s'est elle-même présentée ainsi, en gascon, dans la grotte de Massabielle (à Lourdes) : Que soy era immaculada councepciou (« Je suis l'immaculée conception ») ? le 25 mars 1858, soit quatre ans après la promulgation du dogme. [] Lecture politiqueLe dogme est proclamé par Pie IX sans que celui-ci ait réuni de concile et cela, avant l'encyclique Pastor Æternus 1870 (Concile Vatican I) qui reconnaît l'infaillibilité pontificale. Cette décision est à mettre au compte de la restauration catholique du XIXe siècle. Si l'on suit l'analyse de Claude Langlois dans « Lire le Syllabus » (Problèmes d'histoire des religions sept-1998, ULB, Bruxelles), on est amené à replacer la promulgation de ce dogme dans le contexte des textes publiés par le Vatican à la même époque :
À première vue, la proclamation d'un dogme marial au milieu d'une série concernant « les erreurs modernes » et les malheurs du temps affectant l'Église catholique romaine, en particulier la montée en puissance du rationalisme (et son cortège en -isme : matérialisme, positivisme, athéisme) ne présente pas une évidente cohérence dans la série, comme dans le contexte de la crise moderniste et de la lutte du Vatican contre le catholicisme libéral. Toutefois, analyse Claude Langlois, le dogme proclame que Marie échappe au péché originel qui est le lot commun de l'humanité et rend infirme la raison. Dans ce cadre-là , cette promulgation retrouve sa cohérence : le dogme ne dit rien de Marie, mais dogmatise le péché originel afin de saper à la base tout ce qui relève du siècle des Lumières. [] Voir aussi[] Articles connexes[] Bibliographie
DernierMirror La source est wikipedia http://fr.wikipedia.org/wiki/Immaculée-Conception |