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Homme de néandertal
Image:Homo sapiens neanderthalensis.jpg
Crâne de néandertalien :
l'Homme de la Chapelle-aux-Saints.
Classification classique
Règne Animalia
Sous-règne Metazoa
Super-embr. Deuterostomia
Embranchement Chordata
Sous-embr. Vertebrata
Classe Mammalia
Sous-classe Theria
Infra-classe Eutheria
Ordre Primates
Sous-ordre Haplorrhini
Infra-ordre Simiiformes
? non-classé ? Catarrhini
Super-famille Hominoidea
Famille Hominidae
Sous-famille Homininae
Tribu Hominini
Genre Homo
Nom binomial
Homo neanderthalensis
William King, 1864
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Les expressions homme de Néandertal ou néandertalien désignent les représentants de l'espèce préhistorique Homo neanderthalensis, aujourd'hui disparue.

Le mot Néandertal signifie « vallée de l'homme nouveau » en allemand. Il désigne un lieu proche de Düsseldorf où des fragments de squelettes furent découverts en 1856 avant d'être utilisés pour définir cette espèce. Ce nom était autrefois écrit « Néanderthal », mais il a été francisé en « Néandertal », seul considéré comme correct aujourd'hui. En revanche, le nom latin de l'espèce conserve le « H » : neanderthalensis.

Sommaire

[] Origines

L'homme de Néandertal est un représentant du genre Homo dont l'apparition et l'évolution sont liées au continent européen, même si des Néandertaliens ont émigré par la suite au Proche-Orient, sur le territoire actuel de l'Iraq, de la Syrie et d'Israël.

Ce type humain semble être issu de populations d'Homo erectus isolées en Europe lors de la glaciation quaternaire de Mindel. La lente évolution qui va conduire des Homo erectus aux hommes de Néandertal peut être suivie grâce à différents fossiles, parfois qualifiés de ce fait d'anténéandertaliens, ou, mieux, de prénéandertaliens : c'est la cas par exemple de la mâchoire de Mauer (- 600 000 ans), trouvée près de Heidelberg en Allemagne, ou du crâne de l'Homme de Tautavel (- 400 000 ans), trouvé dans les Corbières en France.

Si la néandertalisation est un processus lent et progressif, les plus anciens fossiles indéniablement néandertaliens ont des âges compris entre - 250 et - 110 000 ans. Parmi eux, on peut citer le crâne de Biache-Saint-Vaast, les restes de la Chaise (Charente), la mandibule de Montmaurin (Haute-Garonne) ou les crânes de Saccopastore en Italie.

Les Néandertaliens les plus typiques, dont les caractères dérivés sont les plus marqués, ont des âges compris entre - 100 000 ans et - 34 000 ans, date de leur disparition dans la péninsule ibérique. Parmi les fossiles de Néandertaliens classiques, outre les vestiges de Néandertal même, il faut mentionner les squelettes de La Chapelle-aux-Saints, du Moustier, de La Ferrassie, de La Quina, de Saint-Césaire dans le Sud-Ouest de la France ou de Spy en Belgique pour ne citer que les plus complets.

[] Caractéristiques physiques

Le processus évolutif qui conduit aux Néandertaliens coïncide avec un accroissement des amplitudes thermiques, il y a - 450 000 ans et les traits spécifiques aux néandertaliens ont souvent été présentés comme des adaptations au froid. Même si cela est vrai en partie, le climat ne suffit pas à expliquer cette évolution et des facteurs écologiques tels que l'isolation de la population et le faible brassage génétique ont également dû intervenir.

Les néandertaliens sont de corpulence souvent très massive : 90 kg et 1,65 m en moyenne pour les mâles et 70 kg et 1,55 pour les femelles (des individus auraient atteint 1,90 m). L'ensemble de leur structure et leurs attaches musculaires laissent entrevoir une très importante force physique.

Leur crâne est bombé dans la région occipitale, le front fuyant, la face puissante, les arcades sourcilières saillantes. Leur capacité crânienne moyenne est comparable, et même légèrement supérieure (1 500 cm ³), à celle de l'humain moderne. Les néandertaliens étaient capables d'ouvrir leur bouche beaucoup plus grand et leur larynx de monter davantage pour d'émettre des sons plus forts et plus hauts que les Homo sapiens. La découverte d'un os hyoïde néandertalien très semblable à celui de l'homme moderne à Kébara (Israël) est un argument de poids en faveur d'une aptitude physique au langage articulé.

[] Culture et technologies

Après avoir longtemps été considéré comme une brute, y compris par une partie de la communauté scientifique, l'homme de Néandertal commence à apparaître comme une forme d'humanité différente de la nôtre mais non dénuée de capacités intellectuelles et de traditions culturelles.

  • Même s'il n'est pas certain que les néandertaliens possédaient un langage évolué, leurs capacités physiques étaient compatibles avec un langage articulé. Leur outillage, notamment les industries du Moustérien, et leurs méthodes de débitage apportent en outre les preuves de leurs capacités d'abstraction et d'anticipation.
  • S'il est possible qu'Homo antecessor, l'un des ancêtres potentiels de l'homme de néandertal, ait adopté un comportement particulier vis à vis de ses morts, les premières véritables sépultures connues sont néandertaliennes. Elles datent d'environ - 100 000 ans et ont été mises au jours en France et au Proche-Orient.
  • Au Paléolithique moyen, époque de l'Homme de Néandertal, apparaisse les premières manifestations esthétiques : collecte de fossiles ou de minéraux rares, traits, lignes ou signes géométriques simples gravés sur des os ou des pierres.

Cette reconnaissance de la culture néandertalienne remet en cause la primauté culturelle de l'homme moderne : alors que l'on pensait il y a peu que la culture technique et symbolique de l'homme de Néandertal était très nettement inférieure quantitativement et qualitativement à celle de l' Homo sapiens, les découvertes récentes font apparaître que l'homme de Néandertal avait lui aussi développé certaines techniques évoluées (débitage de lames) ou adopté des traits culturels modernes (sépultures, signes gravés). La thèse du rôle capital de l'arrivée de l' Homo sapiens en Europe et celle d'une corrélation entre l'évolution biologique et l'évolution culturelle expliquant le plus grand développement de l' Homo sapiens par son évolution biologique s'en trouvent donc remises en question.

[] Homo sapiens neanderthalensis ou Homo neanderthalensis ?

À l'heure actuelle, un débat au sujet de l'Homme de Néandertal concerne son appartenance à notre espèce (Homo sapiens neanderthalensis) ou à son cousinage (Homo neanderthalensis).

Dans les années 1960, tous les hominidés (hormis les australopithèques) ont été regroupé dans le genre Homo puis les néandertaliens ont été inclus comme nouvelle variété d'homo sapiens. Il est intéressant de remarquer que l'initiative de cette révision taxinomique vient de chercheurs qui n'ont jamais travaillé sur des fossiles humains. Par exemple, Ernst Mayr, qui déclara que « jamais plus d'une seule espèce d'homme n'a existé au même moment » était ainsi un ornithologue. On peut également citer le généticien Theodosius Dobzhansky.

Les multiples études anthropologiques et morphométriques ne permettent pas de faire clairement la différence, bien que la tendance serait au cousinage. En effet, la majorité des paléontologues estime qu'il s'agit de la dernière bifurcation de l'espèce humaine.

Il est aujourd'hui généralement admis que ces bouleversements étaient principalement motivés par des considérations politiques et morales, cette polémique est en effet née à la suite de la Seconde Guerre mondiale, quand les biologistes ont massivement pris position contre la validité scientifique du racisme. Sous l'influence de la théorie synthétique de l'évolution, certains scientifiques ont alors voulu étendre la notion d'unité de l'humanité à l'ensemble de nos ancêtres.

D'un point de vue purement scientifique, de récents travaux sur de l'ADN extrait d'ossements néandertaliens indiquent un cheminement séparé des lignées humaine et néandertalienne pendant 500 000 ans. Ces analyses ont montré que l'homme de néandertal a moins de gènes en commun avec l'Homo sapiens que le chimpanzé actuel.
De plus, la théorie selon laquelle les néandertaliens n'étaient pas capables de vocaliser du fait de la forme de leur larynx est de plus en plus décriée, les modèles crâniens composites utilisés jusqu'alors étant mal construits.

Image:Neandertal.jpg
reconstitution d'un néandertalien

[] Extinction des Néandertaliens

Les Néandertaliens ont disparu il y a environ 34 000 ans, après avoir cohabité durant leurs derniers millénaires avec l'Homo sapiens. La raison de leur disparition est un débat actuellement très animé. Les données paléontologiques montrent qu'il n'y a pas eu une extinction massive mais au contraire une disparition progressive. La taille des différents groupes s'est réduite progressivement jusqu'à disparaître complètement. Il existe de nombreuses hypothèses pour expliquer cette disparition.

Vers - 50 000 ans, débute l'immigration des peuplades Cro-Magnon vers l'Europe, au fur et à mesure du recul des glaciers. Ces peuplades proviennent sans doute du Proche-Orient. Vers - 40 000 ans, les Homo sapiens sont dominants sur les hommes de Néandertal. Ce sont des hommes grands ? 1,74 m en moyenne parfois 1,90 m. Ils possèdent des outils plus fins, de belles pointes de sagaies en os, et aiment dessiner sur les murs des grottes.

On distingue trois tendances mettant en avant des :

[] Causes endogènes

  • Hypothèse génétique : la promiscuité prolongée, le faible nombre d'individus dans chaque groupe, corrélé au faible nombre de groupes, et à la réduction des aires de peuplement auraient entraîné par le jeu de mutations spontanées et/ou d'une consanguinité sévère responsable par exemple, d'hémophilie ou d'autres tares génétiques aussi graves (diabète insulino dépendant,...). Tares mortelles à la longue pour cette espèce qui avait de toute évidence du mal à se reproduire.

On pourrait également penser à une stérilité acquise d'ordre génétique frappant les hommes et/ou les femmes néandertaliens.

  • Hypothèse alimentaire :
    • en trop : du fait de leur mode de vie, les néandertaliens, auraient absorbé des produits toxiques : champignons ou levures vénéneux, sels métalliques de plomb, de cuivre, d'arsenic... qui sans être mortels dans l'immédiat, les auraient à la longue complètement intoxiqués (tels les Romains avec le saturnisme).
    • en moins : toujours du fait de leur mode de vie, assurément très carencé, les néandertaliens, auraient fini par manquer d'une vitamine essentielle (A, B6 ou B12, E, F, etc.), ou d'un sel minéral essentiel (iodure, iodate, ferrique...) ce qui aurait entraîné progressivement un taux de mortalité très élevé non compensable par la reproduction.
  • Hypothèse épidémique : une infection virale (telle qu'une fièvre hémorragique) ou bactérienne (équivalent de lèpre, de peste...), ou parasitaire (paludisme) à laquelle ils auraient été particulièrement sensibles aurait décimé leurs populations.

[] Causes exogènes

  • disparition « autonome » du fait de la disparition du gibier, de modifications climatiques, ou de limitation de l'évolution sociale nécessaire par le potentiel de sociabilité génétiquement déterminé, ou de divers facteurs combinés, les néandertaliens ayant un mode de vie très spécialisé ;
  • élimination des néandertaliens par les sapiens modernes, par guerres sur les zones de contact et réduction des territoires néandertaliens ;

[] Causes mixtes ou multiples

Statistiquement, les plus vraisemblables.

  • réduction progressive des populations néandertaliennes selon l'une ou l'autre des possibilités ci-dessus, mais dissolution de la population néandertalienne dans la population sapiens par la possibilité d'accouplement fécond. Comme indiqué au paragraphe précédent, si les possibilités de reproduction entre sapiens sapiens et néandertaliens ne sont pas exactement connues à l'heure actuelle, des chercheurs de plus en plus nombreux doutent de la réalité de cette possiblité. Dans ce cas, les néandertaliennes affaiblies, malades, infécondes, supportant très mal la concurrence de l'homme moderne auraient reculé, reculé, jusqu'au « bout du monde », le détroit de Gibraltar (où ont été retrouvé les tous derniers peuplements néandertaliens). N'étant absolument pas navigateur contrairement à sapiens, il lui aurait tout simplement cédé la place avant de disparaître définitivement. De telles extinctions de peuplades malades, isolées, carencées ont d'ailleurs été rencontrées par l'homme moderne à plusieurs reprises (mayas, islandais, groenlandais, patagons...).

Une hypothèse fait également intervenir des facteurs démographiques, même si ceux-ci sont très difficles à appréhender pour des populations fossiles. Selon cette hypothèse, l'espérance de vie moyenne de l'époque aurait été inférieure 25 ans (soit à peine moins que celle du Moyen-âge européen). La femme H. sapiens aurait pu avoir 12 à 13 enfants (en moyenne), dont seulement 2 ou 3 parvenant à l'âge adulte. Pour la néandertalienne, ces chiffres seraient beaucoup plus bas et selon toute vraisemblance pour mille femmes, moins de 2 000 enfants (environ) parvenaient à l'âge adulte alors qu'il en aurait fallu un minimum de 2 200 pour assurer seulement le renouvellement des générations. Un déficit démographique se serait donc reporté de génération en génération.

[] Argumentaire

Tout se ramène à un calcul probabiliste :

  • Une cause unique unifactorielle, ou même plurifactorielle, aurait été, selon toute vraisemblance découverte par les multiples chercheurs qui étudient ce problème depuis des décennies.
  • De plus, alors même si les causes réelles ne peuvent encore être précisément connues à l'heure actuelle et au-delà de ces conjonctures, un simple calcul de probabilités, (dé)montre que leur extinction fut, elle aussi, comme celles des peuples cités ci-dessus, le plus certainement multi-causale et multi-factorielle. Ce qui signifie des causes variées ; chacune de ces causes dépendant elle-même de plusieurs facteurs différents. Toutes ces causes n'ayant de dénominateur commun que leur tendance : l'extinction.



Hominidés
Chronologie des espèces d'hominidés
genres espèces
 

Sahelanthropus tchadensis (Toumaï) ? Orrorin tugenensis (Millenium Ancestor)

Ardipithecus

Ardipithecus kadabba ? Ardipithecus ramidus

Australopithecus,
 Paranthropus   
Kenyanthropus   

A. anamensis ? A. afarensis (Lucy) ? A. bahrelghazali (Abel) ? Kenyanthropus platyops ? A. aethiopicus (P. aethiopicus) ? A. africanus ? A. boisei (P. boisei) ? A. robustus (P. robustus) ? A. garhi

Homo

H. rudolfensis ? H. habilis ? H. georgicus ? H. ergaster ? H. erectus ? H. floresiensis ? H. antecessor ? H. rhodesiensis ? H. heidelbergensis (Homme de Tautavel) ? H. neanderthalensis ? H. sapiens (Homme de Cro-Magnon)

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La source est wikipedia http://fr.wikipedia.org/wiki/Homme de Néandertal
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