{feed}

{revue}

{rsscontent}
{librairie} {mediayou}

Guerre israélo-arabe de 1948-1949 
extracted from Wikipedia, the Free Encyclopedia


 

Guerre israélo-arabe de 1948-1949
Ink flag.jpg
Levée du drapeau israélien à Eilat lors de la fin de la guerre.
Informations générales
Date Mai 1948 - mars 1949
Lieu Israël
Issue Victoire israélienne,
Accords d'armistice israélo-arabes de 1949
Belligérants
IsraĂ«l IsraĂ«l
Tsahal et Troupes paramilitaires :
Haganah, Irgoun, Lehi
Flag of Egypt 1922.svg  Égypte
Irak Irak
Jordanie Jordanie
Syria-flag 1932-58 1961-63.svg Syrie
Liban Liban
Arabie saoudite Arabie saoudite
Flag of the Mutawakkilite Kingdom of Yemen.svg Yémen
Armée de la Guerre Sainte
Armée de libération arabe
Commandants
Flag of Israel.svg Yaakov Dori
Flag of Israel.svg Yigaël Yadin
Flag of Jordan.svg John Bagot Glubb
Flag of Iraq 1924.svg Abd al-Kader al-Husseini †
Flag of Iraq 1924.svg Hassan Salameh †
Flag of Iraq 1924.svg Fawzi al-Qawuqji
Flag of Egypt 1922.svg Ahmed Ali al-Mwawi
Forces en présence
Flag of Israel.svg
29 677 soldats (dĂ©but de la guerre)
115 000 soldats (fin de la guerre)
Flag of Egypt 1922.svg
10 000 soldats (dĂ©but de la guerre)
20 000 soldats (fin de la guerre)
Flag of Iraq 1924.svg
5 000 soldats (dĂ©but de la guerre)
18 000 soldats (fin de la guerre)
Flag of Jordan.svg
6 000 Ă  12 000 soldats
Syria-flag 1932-58 1961-63.svg
2 500 Ă  5 000 soldats
Flag of Lebanon.svg
1 000 Ă  2 000 soldats
Flag of Saudi Arabia.svg
800 Ă  1 200 soldats
Flag of the Mutawakkilite Kingdom of Yemen.svg
inconnu
Armée de libération arabe
3 500 Ă  6 000 soldats
Pertes
4 000 soldats tuĂ©s
2 400 civils tuĂ©s
20 000 palestiniens tuĂ©s (civils et militaires)1
Quelques milliers de soldats arabes2
Guerre israélo-arabe de 1948-1949
Batailles
Opération Namal · Bataille de Latroun · Bataille de Ramat Rachel · Campagne des 10 jours · Opération Dani · Opération Dekel · Opération Kedem · Opération Avak · Opération Yoav · Opération Hiram · Opération Horev · Accrochage israélo-britannique du 7 janvier 1949

La guerre israĂ©lo-arabe de 1948-1949 commence le 15 mai 1948 et se termine avec les diffĂ©rents cessez-le-feu israĂ©lo-arabes, conclus entre fĂ©vrier et juillet 1949.

Depuis le 30 novembre 1947 et le vote du Plan de partage de la Palestine, les forces paramilitaires juives affrontent les irrĂ©guliers arabes palestiniens et les volontaires de l'ArmĂ©e de libĂ©ration arabe tandis que les Britanniques qui sont responsables de l'administration du pays l'Ă©vacuent. Les forces palestiniennes ont Ă©tĂ© dĂ©faites, plusieurs villes mixtes, Ă  l'exception notable de JĂ©rusalem, sont sous le contrĂ´le des forces juives et de 350 Ă  400 000 Palestiniens ont dĂ©jĂ  pris les routes de l'exode.

Le 14 mai 1948 Ă  minuit, le mandat britannique sur la Palestine s'achève officiellement. L'État d'IsraĂ«l a Ă©tĂ© proclamĂ© dans la journĂ©e sur une partie du territoire. Au vu de la situation, les États arabes voisins, qui contestent la crĂ©ation d'IsraĂ«l, dĂ©cident d'intervenir, et plusieurs armĂ©es arabes entrent dans l'ancienne Palestine mandataire. Les forces arabes palestiniennes sont quant Ă  elles dissoutes ou intĂ©grĂ©es dans les armĂ©es arabes. La « première guerre israĂ©lo-arabe Â», appelĂ©e Ă©galement « guerre d'indĂ©pendance d'IsraĂ«l Â», commence officiellement.

Du 15 mai au 11 juin, les forces arabes sont à l'offensive, mais n'obtiennent pas de succès décisif contre les défenses israéliennes. Les deux camps subissent de lourdes pertes, en particulier autour de Jérusalem, et à bout de force acceptent la trêve d'un mois demandée par le médiateur de l'ONU. Les forces arabes sont alors positionnées autour des zones contrôlées par les Juifs mais n'ont pas réussi à y pénétrer ni à réaliser le blocus de Jérusalem.

La trĂŞve est mise Ă  profit par les deux camps pour renforcer leur dispositif. Les IsraĂ©liens, qui six mois plus tĂ´t ne disposaient que d'une force sous-Ă©quipĂ©e de 5 000 hommes, y parviennent avec plus d'efficacitĂ©, mobilisant largement la population civile, et faisant entrer des armes en grand nombre dans le pays. Ă€ l'issue de la trĂŞve, le 10 juillet, ils se retrouvent supĂ©rieurs Ă  la fois en nombre de combattants et en matĂ©riel, pour affronter des adversaires politiquement et gĂ©ographiquement divisĂ©s, et dont la prĂ©paration militaire s'avère insuffisante.

Tandis que l'ONU propose d'autres plans de partage, les IsraĂ©liens lancent de juillet 1948 Ă  mars 1949 une sĂ©rie d'opĂ©rations militaires entrecoupĂ©es de cessez-le-feu, prenant le contrĂ´le de toute la GalilĂ©e, du sud-ouest de la Samarie3, de la majeure partie de la zone cĂ´tière, de l'ouest de la JudĂ©e jusqu'au secteur de JĂ©rusalem, et enfin du NĂ©guev.

Durant la pĂ©riode du 15 mai 1948 Ă  la mi-avril 1949, plus de 350 000 Palestiniens (sur les 750 000 de l'ensemble de l'exode palestinien) prennent la route de l'exode, fuyant les combats ou expulsĂ©s des zones contrĂ´lĂ©es ou conquises par IsraĂ«l4.

Conflit israélo-arabe

Flag of the Arab League.svg Flag of Israel.svg

GUERRES ET CONFLITS
Conflit arabo-sioniste en Palestine mandataire :
Guerre de Palestine de 1948 :
Guerre des frontières d'Israël (1949-1956)
Guerre de Suez (1956)
Guerre des Six Jours (1967)
Guerre d'usure (1968-1970)
Guerre du Kippour (1973)
Conflit israélo-libanais de 1982
Première Intifada (1987-1993)
Seconde Intifada (en cours depuis 2000)
Conflit israélo-libanais de 2006
Guerre de Gaza 2008-2009
PROCESSUS DE PAIX
ACCORDS ET TRAITÉS :
CONFÉRENCES ET SOMMETS :
RÉSOLUTIONS DE L’ONU
CONSEIL DE SECURITÉ :
ASSEMBLÉE GÉNÉRALE :

Sommaire

Contexte

Conflit arabo-sioniste en Palestine mandataire

Manifestation anti-sioniste à la porte de Damas (Jérusalem), le 8 mars 1920.
Le plan de partage de la Palestine de 1947. En orange les territoires attribués à Israël, en jaunes ceux attribués à l'État palestinien, et en blanc la zone de Jérusalem, sous contrôle international.

Depuis 1920, sous le nom de Palestine mandataire, le pays est sous contrĂ´le et administration britanniques. Mais il est aussi l'objet d'un combat entre les nationalismes juif sioniste et arabe palestinien qui s'opposent l'un Ă  l'autre ainsi qu'Ă  l'« occupant Â» britannique5.

La lutte palestinienne culmine avec la Grande Révolte de 1936-1939, finalement écrasée par les Britanniques, aidés par la Haganah, le bras armé de l'Agence juive pour la Palestine.

Après 1939 et le troisième livre blanc sur la Palestine de la Grande-Bretagne, qui renonce officiellement à toute perspective d’État juif en Palestine et bloque l'immigration juive, le conflit principal oppose mouvements sionistes et Grande-Bretagne. À compter de février 1944, les groupes armés sionistes (Irgoun et Lehi, rejoints en octobre 1945 par la Haganah) déclenchent une vague de violence antibritannique, qui amènent ceux-ci à renoncer le 18 février 1947 à leur mandat sur la Palestine6.

En 1947, l'ONU se prononce en faveur d'un plan de partage de la Palestine entre deux états, un juif et un arabe. Les grandes puissances ont soutenu le projet, mais sans les Britanniques, qui s'abstiennent, et contre le vote hostile de l'ensemble des pays arabes7.

Particularités transjordaniennes

Officiellement, la Ligue arabe soutient l'idĂ©e d'un État palestinien sur toute la Palestine. La Transjordanie, qui a l'armĂ©e arabe la plus puissante de la rĂ©gion (la LĂ©gion arabe), a cependant un projet diffĂ©rent : annexer la plus grande partie possible de la Palestine, en empĂŞchant la crĂ©ation d'un État palestinien8, quitte Ă  accepter un État juif sur une partie du pays.

En fĂ©vrier 1948, lors d'une rencontre Ă  Londres (oĂą il est reprĂ©sentĂ© par son premier ministre), le roi de Transjordanie Abdallah Ier obtient le soutien des Britanniques pour son plan d'annexion de la partie arabe de la Palestine. « Les Anglais […] en firent la pierre angulaire de leur propre politique en Palestine9 Â». Les officiers britanniques qui commandent la LĂ©gion resteront Ă  son service Ă  condition qu'il n'attaque pas l'État juif. Londres ne veut ni d'une invasion des zones juives, ni de la crĂ©ation d’un État palestinien dirigĂ© par le Grand Mufti10.

La position de la Transjordanie, face Ă  une forte pression populaire contre la crĂ©ation d'IsraĂ«l, est d'ailleurs difficile, et reste Ă  ce titre secrète, Abdallah Ier rejetant officiellement la crĂ©ation d'un État juif11. L'accord partiel et secret trouvĂ© avec l'Agence juive (l’acceptation de fait d’un État juif) peut mĂŞme devenir hĂ©sitant. Golda Meyerson, qui rencontre le roi Ă  la veille de la guerre, le 10 mai 1948, rapporte Ă  Ben Gourion que « notre entrevue fut amicale. Il paraissait soucieux et son visage Ă©tait bouleversĂ©. Il n'a pas niĂ© nos rencontres et nos accords prĂ©cĂ©dents, qu'il prendrait le contrĂ´le de la partie arabe ; mais aujourd'hui il est un parmi cinq12 Â» pays arabes. Le roi propose donc un nouvel accord, cohĂ©rent avec ses dĂ©clarations publiques, impliquant « un pays uni avec une autonomie pour les Juifs12 Â», proposition refusĂ©e par l'Agence juive.

Au final, « Ă  aucun moment les forces jordaniennes n'attaque[ront] ou n'occupe[ront] une zone de l'État juif (...) et si IsraĂ«l et la Jordanie entrèrent dans la guerre de 1948 avec une comprĂ©hension tacite13, non-Ă©crite [et] secrète, de non-agression mutuelle, c'est d'abord IsraĂ«l qui le viole[ra] en mai, en juin et Ă  nouveau en juillet et en octobre 1948, pas la Jordanie14. Â»

Londres a demandé à Abdallah de ne pas entrer dans la zone internationale de Jérusalem et de ne pas combattre les Juifs. Mais la pression des Palestiniens de Jérusalem qui appellent à l'aide, la crainte de voir Jérusalem-est (et ses lieux saints) tomber, et au vu de l'importance politique, religieuse et stratégique de la Ville sainte, Abdallah finira par y faire intervenir la Légion15.

Au niveau militaire, la particularitĂ© de la Transjordanie est qu'elle dispose d'une des meilleures armĂ©es au moment des hostilitĂ©s, bien que de petite taille. Au moment de la campagne, elle compte entre 8 00016 et 10 00017 hommes. Elle est Ă©quipĂ©e, entraĂ®nĂ©e et encadrĂ©e par 37 Ă  75 officiers britanniques, avec Ă  leur tĂŞte le cĂ©lèbre Glubb Pacha18. Des Ă©lĂ©ments de la LĂ©gion arabe ont servi en Palestine mandataire en tant que force de police auxiliaire pour les Britanniques. Ces derniers ont toutefois promis Ă  l'Agence juive et Ă  l'ONU que tous les lĂ©gionnaires se seraient retirĂ©s en Transjordanie pour la fin avril. Toutefois, ils reconnaissent que « pour des raisons techniques Â», le 15 mai, plusieurs compagnies sont toujours prĂ©sentes dans plusieurs villes de Cisjordanie ainsi qu'Ă  Latroun. Cette prĂ©sence va faciliter l'entrĂ©e « en douceur Â» des forces jordaniennes en Palestine19. Dès le 13 mai, avant mĂŞme le dĂ©but officiel du conflit, la LĂ©gion arabe attaque avec des irrĂ©guliers palestiniens les implantations de Kfar Etzion, au sud de JĂ©rusalem, lesquelles sont prises et dĂ©truites.

Malgré ses positions ambiguës, dont se méfient d'autres États arabes, en particulier l'Égypte, le roi participe à toutes les réunions de la Ligue arabe, et malgré la méfiance que ses ambitions suscitent, il est nommé commandant en chef (théorique) des forces arabes20.

La fin du mandat britannique et la défaite palestinienne

En bleu foncĂ© : zones d'implantation juive le 1er dĂ©cembre 1947. En bleu clair : conquĂŞtes des milices sionistes pendant la guerre civile.

Dès le lendemain du vote du Plan de Partage, la guerre civile Ă©clate en Palestine entre nationalistes juifs et palestiniens. Les forces britanniques, qui doivent rester dans le pays jusqu'Ă  l'indĂ©pendance des deux États créés par l'ONU, soit le 15 mai 1948, restent globalement passives. Jusqu'Ă  fin mars, les opĂ©rations semblent tourner Ă  l'avantage des Palestiniens et des volontaires arabes qui combattent en Palestine. La circulation entre les diffĂ©rentes zones juives est de plus en plus difficile et celles-ci sont isolĂ©es les unes des autres. En particulier, les 100 000 Juifs de JĂ©rusalem sont assiĂ©gĂ©s21.

Toutefois, cette situation n'est pas révélatrice de la réalité du rapport de force, qui est assez favorable aux forces juives, mieux organisées22. Au début avril, la Haganah, poussée par la nécessité de reprendre l'avantage avant l'entrée en guerre de plus en plus probable des États arabes, passe à l'offensive. Entre le début avril et la mi-mai 1948, les milices palestiniennes et les volontaires arabes sont écrasés. Sur les six dernières semaines du mandat britannique, les milices sionistes23 prennent le contrôle de toutes les localités mixtes, à l'exception de Jérusalem qu'ils réussissent toutefois à ravitailler, rétablissent la communication entre les zones juives et assurent la continuité du territoire sous leur contrôle24.

Entre 250 000 et 300 000 arabes palestiniens, fuyant devant l'approche des combats, chassés par ceux-ci parfois expulsés par les troupes juives, se jettent sur les routes de l'exode pour se réfugier en Galilée, en Samarie ou dans les pays voisins. Les Palestiniens et leurs dirigeants sont vaincus et ne joueront plus aucun rôle dans la suite de la guerre.

Entrée des armées arabes en Palestine (15 mai 1948 - 11 juin 1948)

Un Hotchkiss H-39 fourni par la France en juin 1948, sur une décision du 16 mars 194825.

Bien que les forces totales des armées arabes soient nominalement très importantes26, les forces qui pénètrent effectivement en Palestine à compter du 15 mai 1948 sont sensiblement au niveau des forces juives, tout en étant handicapées par un commandement très divisé et de longues lignes de ravitaillement.

Forces en présence

Le 15 mai, jour officiel de fin du mandat britannique, et dans les jours qui suivent, les armées arabes entrent en Palestine.

Suivant les sources, elles comptent de 5 500 Ă  10 000 Égyptiens, entre 4 500 et 9 000 lĂ©gionnaires transjordaniens, entre 6 000 et 7 000 Syriens, entre 4 500 et 8 000 Irakiens et entre « une poignĂ©e Â» et 3 000 Libanais27,28. Ils se joignent aux 12 000 irrĂ©guliers arabes palestiniens29 et aux 5 Ă  6 000 hommes30,31 de l'ArmĂ©e de libĂ©ration arabe32.

Ils font face à la Haganah et ses 30 00028 à 35 00033,34 hommes, répartis pour moitié en une force fixe et pour moitié en une force mobile35, auxquels il faut rajouter les 3 000 hommes de l'Irgoun et du Lehi36.

MĂŞme si les historiens divergent quant Ă  la composition exacte des forces, ils considèrent gĂ©nĂ©ralement que les forces en prĂ©sence sont numĂ©riquement Ă©quivalentes en soulignant toutefois que les IsraĂ©liens ne disposent pas d'armement lourd et d'aviation37. Celui-ci a bien Ă©tĂ© achetĂ© en Europe, mais n'est encore que faiblement parvenu aux forces israĂ©liennes. Toutefois, « Ă  partir du 14 mai, [...] un matĂ©riel plus important se dĂ©verse : des premiers canons de campagne le 15 mai, d'autres canons et des mortiers de 120 mm une semaine plus tard, des canons de 75 mm et des mitrailleuses de tous calibres le 28 mai, et peu après les fameux Messerschmitt vendus par Prague38 Â». Ces armes ont Ă©tĂ© achetĂ©es antĂ©rieurement, et pour certaines se trouvent dĂ©jĂ  en mer au moment de la crĂ©ation de l'État.

Jon et David KimchĂ© 39 donnent le tableau suivant des forces en prĂ©sence au 15 mai 1948 et qui illustre le rapport des forces en prĂ©sence :

FRONTS ISRAELIENS ARABES
Sud 5 000 5 000 Égyptiens
Sud profond et Hébron 1 500 4 000 Égyptiens
Jérusalem et corridor 4 500 4 000 Légion arabe transjordanienne et 1 000 Égyptiens
Front central, Tel-Aviv, Natanaya 3 000 3 000 Irakiens
Nord 5 000 3 000 Syriens, 1 000 Libanais et 2 000 Armée du salut arabe40
TOTAL 19 000 23 000

Participation libanaise Ă  la guerre

L'historiographie traditionnelle prend en compte les 3 000 hommes des forces libanaises dans les armĂ©es arabes. Benny Morris parle quant Ă  lui d'une « poignĂ©e Â» d'hommes rĂ©ellement engagĂ©s.

Dans les faits, quelques jours avant l'entrée des forces arabes en Palestine, les Libanais annoncent qu'ils ne participeront pas aux opérations ce qui oblige les Syriens et les Irakiens à revoir leurs plans41. Ben Gourion aurait obtenu en juin 1947 du gouvernement maronite libanais de ne pas intervenir dans les combats pour quelques milliers de livres42 et certains chiites libanais auraient émis des réserves quant à une intervention41. L'armée libanaise se déploie le long de la route côtière, côté libanais et les commandants chrétiens autorisent 300 volontaires à rejoindre l'Armée de libération arabe ou les Syriens41.

David contre Goliath ?

La conscience populaire israĂ©lienne s'est bâtie autour de l'idĂ©e d'« un petit David juif confrontant un Goliath arabe gĂ©ant Â»43. On retrouve cette vision dans l'ouvrage de Lapierre et Collins, Ă” JĂ©rusalem, oĂą les auteurs soulignent que le monde arabe est une entitĂ© 30 fois plus peuplĂ©e et 200 fois plus Ă©tendue que la Palestine44. En 1977, un diplomate israĂ©lien Ă©crivait : « Cinq armĂ©es arabes et des contingents de deux autres armĂ©es arabes, Ă©quipĂ©es de tanks, d'artillerie et d'avions de combats modernes (...) ont envahi IsraĂ«l par le nord, l'est et le sud. Une guerre totale a Ă©tĂ© imposĂ©e au Yishouv dans les conditions les plus difficiles Â»45 et on rencontre frĂ©quemment l'expression consacrĂ©e selon laquelle « sept armĂ©es arabes envahirent l'État juif nouvellement créé46. Â»

De son côté, l'historiographie israélienne traditionnelle a toujours été plus prudente, présentant plutôt un rapport de force égal le 15 mai, comme l'indique le tableau de Jon et David Kimché, daté de 196039.

Depuis la fin des annĂ©es 1980, les « nouveaux historiens Â» israĂ©liens, et en particulier Ilan PappĂ©47 et Avi Shlaim48 soulignent qu'il s'agit lĂ  d'un des mythes fondateurs d'IsraĂ«l et que le Yichouv n'a jamais Ă©tĂ© confrontĂ© au vu de sa supĂ©rioritĂ© militaire Ă  un vĂ©ritable risque d'extermination, sauf pendant les premières semaines suivant le 15 mai, oĂą selon Avi Shlaim « la communautĂ© juive dut se battre pour sa survie Â»43. Benny Morris49 et Yoav Gelber50 insistent quant Ă  eux sur le fait que les Juifs de Palestine Ă©taient « sincèrement Â» persuadĂ©s qu'ils encouraient ce risque. Il n'y a d'ailleurs pas de vĂ©ritables polĂ©miques entre eux sur les faits : les premiers s'opposent plutĂ´t Ă  l'argumentation qui veut que cette victoire ait Ă©tĂ© un « miracle Â» ; les seconds soulignent l'Ă©tat d'esprit avec lequel les Juifs ont abordĂ© la guerre.

Plans d’invasion

Le plan d'invasion n'est discuté qu'entre les 11 et 13 mai. Les Syriens défendent l'idée d'une attaque conjointe des troupes libanaises et syriennes le long de la côté vers Acre suivi d'un mouvement vers Afula où ils seraient rejoints par la Légion arabe et le contingent irakien. Ce faisant, ils encercleraient la Galilée. Ensuite, ils feraient ensemble mouvement vers Nazareth puis convergeraient dans l'autre direction vers Netanya, au cœur de la plaine côtière, coupant ainsi l'État juif en deux. Simultanément, les forces égyptiennes feraient mouvement le long de la côté, via Gaza puis Ashdod51.

Le roi Abdallah s'oppose nĂ©anmoins Ă  ce plan qui ne satisfait pas ses propres aspirations Ă  contrĂ´ler seul l'est de l'ancienne Palestine mandataire. Il impose sa position, qui consiste en une attaque suivant 5 axes de pĂ©nĂ©trations : les Libanais le long de la cĂ´te vers Acre, les Syriens secondĂ©s par un contingent de la LĂ©gion depuis les hauteurs du Golan vers Safed, les Irakiens vers Afula Ă  partir du Sud, la LĂ©gion vers Ramallah et les Égyptiens le long de la cĂ´te sud vers Ashdod. Les forces libanaises, syriennes et irakiennes feraient alors jonction au sud de la GalilĂ©e tandis que la LĂ©gion ferait mouvement vers Ashdod et HĂ©bron oĂą elle serait rejointe par les forces Ă©gyptiennes51.

Situation des forces en présence au 1er juin 1948

De leur côté, les Juifs anticipent deux plans possibles pour l'invasion. Suivant le premier, une force commune rassemblant Libanais, Syriens et une partie de la Légion arabe pénétreraient en Galilée suivant trois axes parallèles et ferait mouvement vers Acre, Safed et Nazareth puis obliquerait à l'ouest pour assiéger Haïfa et pénétrer dans la plaine côtière tandis que la Légion et les Égyptiens envahiraient la Judée et le Nord du Néguev. Suivant le second plan, émanant du SHAY et qui s'attache surtout aux forces irakiennes et transjordaniennes, il faut s'attendre à deux axes de pénétration où la Légion ferait mouvement vers Ramallah, Lydda, Ramleh pour ensuite se diriger vers Tel-Aviv tandis que les Irakiens se dirigeraient vers Jénine, Tulkarem pour ensuite entrer dans la plaine côtière et se diriger vers Haïfa par le sud51.

Ces visions contrastées indiquent les dissensions arabes et les incertitudes juives quant aux réelles intentions d'Abdallah. Tous prévoient néanmoins une attaque du futur État juif.

Opérations militaires

Front central (Jérusalem)

Entrée de forces arabes en Palestine

Dès l'entrĂ©e des armĂ©es arabes, le front de JĂ©rusalem, oĂą IsraĂ©liens et Transjordaniens s'opposent, devient le front le plus actif. Le 15 mai, La LĂ©gion arabe, dont l'encadrement est assez largement constituĂ© d'officiers britanniques52, entre en Palestine. Ce corps expĂ©ditionnaire se compose de53 :

  • la 1re brigade54 sous les ordres du colonel Goldie qui comprend le 1re rĂ©giment sous les ordres du lieutenant-colonel Blackden et le 3e rĂ©giment sous les ordres du lieutenant-colonel Newman.
  • la 3e brigade sous les ordre du colonel Ashton qui comprend le 2e rĂ©giment sous les ordres du Major Slade et du 4e rĂ©giment sous les ordres du lieutenant colonel Habes Majelli
  • des 5e et 6e rĂ©giments qui agissent de manière indĂ©pendante.

La 1e brigade se dirige vers Naplouse tandis que la 3e brigade prend position à Ramallah. John Bagot Glubb, l'officier britannique qui commande la Légion envoie ensuite le 4e régiment prendre position à Latroun, Lydda et Ramle qu'il atteint le 17 mai, tandis qu'une compagnie d'infanterie du 2e régiment est envoyée vers Jérusalem55.

Il faut plusieurs jours à l'état-major israélien pour se rendre compte du déploiement exact des forces jordaniennes autour de Latroun et Jérusalem car celles-ci, particulièrement redoutées, ont été annoncées présentes à plusieurs endroits du pays56.

Bataille de Jérusalem

Entre le 19 mai et le 28 mai, la LĂ©gion arabe mène des opĂ©rations Ă  JĂ©rusalem. Le 19, le quartier juif de la Vieille Ville est encerclĂ©. Le 28, il tombe. Les Transjordaniens expulsent 1 700 Juifs qui y Ă©taient restĂ©s. La perte est symboliquement importante, car c'est le quartier oĂą se situe le Mur des Lamentations ainsi que de nombreuses synagogues, dont la Hourba, la plus grande synagogue de JĂ©rusalem, qui seront pour la plupart dĂ©truites. Les autres quartiers juifs de JĂ©rusalem rĂ©sistent par contre. Les groupes armĂ©s de l’Irgoun et du Lehi y combattent de façon autonome mais coordonnĂ©e au cĂ´tĂ© de la Haganah et ne seront intĂ©grĂ©s que plus tard Ă  Tsahal, l'armĂ©e israĂ©lienne.

Bataille de Latroun
Route de Birmanie sous la garde de la 7e brigade.
Article dĂ©taillĂ© : Bataille de Latroun (1948).

Le 17 mai, la Légion arabe prend le contrôle de la position de Latroun, située en territoire arabe. Ce faisant, elle contrôle la seule voie d'accès entre la plaine côtière et Jérusalem et assure ainsi le siège de la ville tout en protégeant l'accès vers Ramallah56. Entre le 25 mai et le 9 juin, les Israéliens tentent à trois reprises et au prix de lourdes pertes de conquérir la zone mais sans succès56. Latroun ne tombera d'ailleurs pas de toute la guerre.

Les IsraĂ©liens trouvent une solution dans la construction Ă  travers les collines d'une route contournant Latroun qui est dĂ©nommĂ©e « route de Birmanie Â». Il est essentiel pour les IsraĂ©liens de rĂ©tablir une voie de communication pour ravitailler JĂ©rusalem-ouest en troupes, en matĂ©riel et en nourriture, faute de quoi la ville deviendra une enclave juive assiĂ©gĂ©e en zone arabe56.

Bataille de Ramat Rachel

Ă€ compter du 21 mai, une colonne Ă©gyptienne atteint BethlĂ©em après avoir traversĂ© le NĂ©guev et ĂŞtre passĂ©e par Beersheba. Le 22 mai, elle mitraille les faubourgs sud de JĂ©rusalem57. « Des combats sanglants se dĂ©roulent (...) au sud, contre les forces combinĂ©s de la LĂ©gion Â»58 et de la 4e brigade Ă©gyptienne, pour le contrĂ´le du kibboutz Ramat Rachel qui commande l'accès de la nouvelle ville59. « Cinq fois pris et repris, le kibboutz finira par rester aux mains des hommes de l'Irgoun Â»60. MalgrĂ© cette prĂ©sence, les Égyptiens jouent un rĂ´le bien moins actif que les Transjordaniens dans la bataille de JĂ©rusalem.

Front du nord-est (lac de Tibériade)

Forces arabes déployées sur le front du lac de Tibériade. Fin mai début juin 1948.

Le front du nord-est s'étend autour du lac de Tibériade, autant sur le versant syrien de la frontière que dans l'extrême nord de la Transjordanie.

Du côté arabe, les troupes engagées n'impliquent pas les Transjordaniens, concentrés plus au sud, entre Tulkarem et Jérusalem. Ce sont les troupes syriennes qui se battent à partir du Golan syrien, tandis que du côté transjordanien, ce sont les volontaires de l'Armée de libération arabe et les troupes irakiennes qui tiennent le front au sud du lac de Tibériade. L'importance des troupes irakiennes en Transjordanie s'explique par le fait que l'Irak est alors dirigé par le roi Fayçal II d'Irak (sous la régence de Abdul Illah), un membre de la famille Hachémite, comme le roi de Transjordanie, et par le fait que les Irakiens soutiennent les ambitions du roi Abdallah en Palestine8.

Les troupes syriennes attaquent dès le 15 mai. « Autour du lac de TibĂ©riade, l’armĂ©e juive l’a (...) Ă©chappĂ© belle. Trois jours après leur irruption, les Syriens enlèvent Samakh et trois colonies juives sont Ă©vacuĂ©es. Mais leur chance tourne, le 20 mai, devant le premier des kibboutzim, Degania, dont ils forcent l’entrĂ©e mais sans le rĂ©duire. (...) RepliĂ©es de leur cĂ´tĂ© du Jourdain, les troupes de Damas le retraversent pour Ă©craser, le 10 juin, la colonie de Mishmar Hayarden : une tĂŞte de pont durable en territoire israĂ©lien. Plus au sud, les Irakiens, moins fortunĂ©s, essuient un Ă©chec devant le Kibboutz Gesher, avant de partir, les uns pour le front de JĂ©rusalem, d’autres, le 24 mai, pour le triangle [JĂ©nine - Naplouse - Tulkarem] Â»61.

À partir de la fin mai, le front syrien, tenu par les Syriens eux-mêmes et les renforts de l’Armée de libération arabe, sera relativement peu actif. Le reste du front du lac de Tibériade, côté transjordanien, est également plus calme dès la fin mai, suite au redéploiement des forces irakiennes vers le sud.

Front nord (Galilée)

Forces déployées en Galilée. Fin mai-début juin 1948.

Le conflit a lieu en fait sur deux fronts : le « doigt de GalilĂ©e Â» (extrĂŞme Nord-Est de la Palestine mandataire), et la GalilĂ©e elle-mĂŞme.

En GalilĂ©e mĂŞme, les forces libanaises se montrent plus passives. Elles ne pĂ©nĂ©treront que d'une centaine de mètres en territoire palestinien. La GalilĂ©e est surtout tenue par des Ă©lĂ©ments de l’ArmĂ©e de libĂ©ration arabe. Les IsraĂ©liens ont donc un certain avantage dans cette zone, eu Ă©gard Ă  la faiblesse des forces qu'ils rencontrent. La ville d'Acre (Nord de la bande cĂ´tière) a ainsi Ă©tĂ© prise par la brigade Carmeli le 21 mai, ainsi que d'autres villages le long de la cĂ´te : al-Zib, Samaria et Zaba62. Mais les besoins de troupes sur d'autres fronts (en particulier JĂ©rusalem) les empĂŞchent d'exploiter pleinement la faiblesse de leurs opposants, et leur progression reste limitĂ©e.

Consciente de cette faiblesse, et parallèlement à son déploiement au sud du lac de Tibériade, l'Armée de libération arabe s'est réorganisée en vue de renforcer le front de la Galilée via le Liban, en rejoignant ce qui reste de ses forces en Galilée. Elle pénètre assez facilement en Galilée suite au déplacement de la brigade Yiftah vers le front central63. Ce sont ces troupes que les Israéliens affronteront lors de l'opération Hiram du 29 au 31 octobre 1948.

Le départ de la brigade Yiftah pour le front central crée dans le dispositif israélien des vides que l'Armée de libération arabe tire à profit pour renforcer son enclave en Galilée centrale et se déployer jusqu'à Nazareth tout en restant en contact avec le Liban63.

Front central (Samarie)

Les troupes transjordaniennes se sont surtout concentrées autour de Jérusalem, où ont lieu de durs combats, et en Samarie centrale (à l’écart de la ligne de front), pour prendre le contrôle politique de la zone, prélude à son annexion. En parallèle à ce déploiement, l'ALA, dont les Transjordaniens se méfient, quitte la Palestine sur ordre de la Ligue arabe pour se réorganiser puis être transféré en Galilée63.

Devant la situation Ă  JĂ©rusalem, les troupes irakiennes relèvent la LĂ©gion arabe dans les villes arabes de JĂ©nine, Naplouse et Tulkarem ; ce qui permet Ă  Glubb Pacha de concentrer toutes ses forces Ă  Latroun et JĂ©rusalem-Est. Les Irakiens sont eux-mĂŞmes remplacĂ©s devant Gesher par un contingent de l'ALA63.

Les Irakiens vont rester globalement sur la défensive. Par exception, ils lancent le 25 mai un assaut sur Geulim, près de Netanya, à la demande de Glubb Pacha. Il s'agit de faire pression sur les Israéliens qui lancent à ce moment leur attaque sur Latroun. L'assaut irakien est repoussé par les hommes de la brigade Alexandroni, et les Israéliens perçoivent cette attaque comme une tentative de couper leur territoire en deux64.

Le 3 juin, les Irakiens repoussent à leur tour une attaque israélienne d'envergure lancée sur Jénine par les brigades Carmeli et Golani, à l'issue de laquelle 34 Israéliens sont tués et une centaine blessés, tandis qu'on décompte près de 200 morts chez les Irakiens et les irréguliers qui combattent à leur côté65.

Après cette date, et jusqu’au 11 juin, les forces en présence de part et d'autre resteront en position défensive.

Front sud (Néguev)

Axes de progression égyptiens fin mai - début juin 1948.

Au Sud, l'armée égyptienne rencontre une faible opposition. Elle se déploie dans trois directions.

Le plus menaçant pour Israël est l'attaque menée par la deuxième brigade du général Muhammad Naguib sur la bande côtière, le principal centre de peuplement juif. Les troupes égyptiennes remontent facilement le long de la côte à travers l’actuelle bande de Gaza, jusqu’au-dessus d’Ashdod, avant d’être arrêtées fin mai par le barrage commun de la brigade Givati, de la brigade HaNeguev (ou Néguev) et de l’aviation. Les égyptiens sont stoppés, et ne parviendront plus à reprendre l'offensive66.

Le second axe d'attaque des Égyptiens porte sur le Nord-Néguev, où se trouvent un certain nombre de colonies juives. Malgré les attaques, celles-ci résistent. Les Égyptiens se déplacent entre elles, les isolent partiellement, mais ne les submergent pas. Le Nord-Néguev est égyptien, mais de façon partielle, avec des poches israéliennes notables66.

Le troisième axe d'attaque des égyptiens porte sur la Judée, où les forces égyptiennes prennent position entre Beersheba et le sud de Jérusalem, en particulier à Hébron. L’absence de communautés juives dans cette zone rend le déploiement aisé. Les Égyptiens atteignent Jérusalem en venant d'Hébron, et le 23 mai attaquent Ramat Rachel avec des irréguliers arabes palestiniens et des Frères musulmans66,60. La zone est cependant dominée par les Transjordaniens qui y ont leur propre projet politique d'annexion (auxquels s'opposent les Égyptiens) et une certaine tension existe entre les deux alliés66.

Plaine côtière

Après avoir mis la communauté juive de Palestine sur la défensive entre le début décembre 1947 et la fin mars 1948, les irréguliers palestiniens ont été vaincus par la contre-offensive que la Haganah a lancée le 1er avril, et ils ne jouent plus de rôle militaire notable à compter du courant du mois de mai.

Deux affrontements d'importance contre ceux-ci et leurs alliĂ©s de l'ALA vont cependant encore avoir lieu après le 14 mai. Tous deux sont des offensives de la Haganah pour le contrĂ´le de la bande cĂ´tière : l'opĂ©ration Ben-'Ami, et l'opĂ©ration Namal.

Opération Ben-'Ami
Théâtre des opérations

Dans le cadre du Plan Daleth, Yigal Yadin a prévu de réaliser une percée dans l'ouest de la Galilée où se trouvent plusieurs implantations juives isolées. Au-delà d'Acre et jusqu'à la frontière libanaise, cette zone se situe toutefois dans la partie attribuée aux Arabes par le Plan de Partition et sur la route prévue pour l'entrée des forces libanaises en Palestine67. Les Libanais n'entrant finalement pas en Palestine, ils ne participeront en fait pas aux combats.

Le commandement est confié à Moshe Carmel à la tête de la brigade Carmeli. Il divise l'opération en deux phases. La première phase débute le 13 mai au soir avec l'avancée de long de la côte d'une colonne de véhicules blindés et de camions de la Haganah qui ne rencontre aucune résistance. Les forces de l'Armée de libération arabe présentes dans la zone se replient sans combattre et l'opération se termine par la prise d'Acre le 18 mai. Dans une seconde phase, du 19 au 22 mai, les forces du 21e bataillon effectuent une percée jusqu'au kibboutz Yehi'am. Plusieurs villages arabes sont conquis et détruits dans la foulée68.

Opération Namal
Position de Al-Tantoura, principale localité de la dernière poche de résistance palestinienne de la bande côtière, sur la route Tel-Aviv - Haïfa.
Article dĂ©taillĂ© : OpĂ©ration Namal.

L'enjeu de l'offensive est la zone de Tantoura (aujourd'hui Hof-Dor, en Israël), située sur le bord de mer, près de Césarée, au sud de Haïfa.

Avec la prise de Haïfa par Israël et le départ des Arabes de Césarée, Tantoura devient l'unique point de retrait des Arabes fuyant par la route venant de Zihron Yaakov (dans l'intérieur des terres). À ce titre, Tantoura sert de port d'embarquement aux réfugiés palestiniens fuyant vers le Liban. En tant que zone côtière, Tantoura est aussi la place forte d'approvisionnement en armes des villages de la région. Elle est donc le pivot de la dernière zone encore tenue par les palestiniens sur la route reliant Tel-Aviv à Haïfa.

Les IsraĂ©liens Ă©valuent le camp adverse Ă  300 combattants munis de 100 fusils, de quelques dizaines de pistolets et d'un canon de 40 mm avec quelques obus.

L'attaque débute à minuit le 23 mai 1948. Les affrontements font 70 victimes chez les Arabes, et 14 chez les Israéliens, dont un soldat de la marine. La population civile s'enfuit, les civils restant sur place étant expulsés vers la Cisjordanie69. Un massacre aurait également eu lieu. Cette thèse a suscité un vif débat entre historiens israéliens70.

La création de Tsahal

Le « 28 mai 1948, David Ben Gourion publie sa Quatrième Ordonnance, qui officialise la crĂ©ation de Tsahal Â», laquelle absorbe immĂ©diatement la Haganah71.

Respectant un accord signĂ© le 9 avril entre l'Irgoun et l’Agence juive, Menahem Begin s'engage « le 1er juin 1948 Ă  mettre ses hommes et ses Ă©quipements Ă  la disposition de l'armĂ©e israĂ©lienne au sein de laquelle les membres de l'IZL (Irgoun) vont constituer leurs propres bataillons72 Â». Le Lehi rejoint Tsahal dès le 29 mai.

L'Irgoun et le Lehi n’alignent respectivement que 4 000 et 1 000 combattants73, qui plus est tenus en suspicion par le nouveau gouvernement de David Ben Gourion pour leurs activitĂ©s « terroristes Â» passĂ©es et leurs sympathies politiques.
La nouvelle armée israélienne est donc constituée essentiellement autour de l'ancienne Haganah.

MalgrĂ© ces intĂ©grations, l’Irgoun et le Lehi continuent Ă  exister jusqu’en septembre Ă  JĂ©rusalem, que l’ONU prĂ©voit de transformer en « zone internationale Â» mais oĂą s’affrontent la LĂ©gion arabe et les forces juives. Les accords nationaux d’intĂ©gration de ces organisations Ă  Tsahal ne s’y appliquent donc pas, puisqu'IsraĂ«l ne dĂ©cidera d'annexer formellement la zone que plus tardivement. Sur le terrain, les groupes de combat de l’Irgoun et du Lehi se coordonnent avec l’armĂ©e.

Bilan

Durant ce premier mois de combat, 1 600 IsraĂ©liens ont Ă©tĂ© tuĂ©s parmi lesquels 1 200 soldats. Un tiers des soldats l'a Ă©tĂ© dans des affrontements contre la LĂ©gion arabe. Ă€ JĂ©rusalem, les IsraĂ©liens dĂ©plorent 383 morts et 1 433 blessĂ©s. Du cĂ´tĂ© arabe, entre 250 et 300 lĂ©gionnaires ont Ă©tĂ© tuĂ©s et entre 500 et 600 blessĂ©s. Les Syriens dĂ©plorent 315 morts et entre 400 et 500 blessĂ©s ; les Irakiens 200 tuĂ©s et 500 blessĂ©s ; les Égyptiens 600 morts et 1 400 blessĂ©s ; les Libanais un seul mort. Les pertes de l'ALA sont estimĂ©es Ă  une centaine d'hommes. Les pertes palestiniennes ne sont pas connues. Les Arabes ont Ă©galement fait 800 IsraĂ©liens prisonniers tandis que les IsraĂ©liens en ont fait 1 300, principalement des Palestiniens74.

Les IsraĂ©liens ont pris plusieurs villes (TibĂ©riade, Safed, HaĂŻfa, Beit Shean, Jaffa, Acre) ainsi que 50 villages situĂ©s au-delĂ  des lignes du plan de partage. Les armĂ©es arabes occupent 14 implantations juives, dont une seule situĂ©e sur le territoire prĂ©vu par l'ONU pour appartenir Ă  l'Ă©tat juif. Le quartier juif de la vieille ville de JĂ©rusalem est tombĂ©. Il ne reste que 12 villages arabes situĂ©s sur le territoire israĂ©lien du plan de partage qui Ă©chappent Ă  l'autoritĂ© de l'État juif. Dans les frontières du plan de partage, les Arabes ont capturĂ© 350 km2 de territoire israĂ©lien et les IsraĂ©liens 700 km2 de territoire arabe (le NĂ©guev n'Ă©tant pas repris dans ce dĂ©compte)74.

Entre le 15 mai et le 11 juin, les troupes israĂ©liennes ont rĂ©ussi Ă  maintenir le contrĂ´le sur les territoires entre leurs mains avant le 15 mai, mais pas vraiment Ă  les Ă©tendre. La liaison entre la bande cĂ´tière israĂ©lienne et la JĂ©rusalem juive est maintenue au prix de dures batailles. De leur cĂ´tĂ©, les forces arabes ont essentiellement occupĂ© les secteurs Ă  peuplement arabe de l'ancienne Palestine mandataire, sans parvenir Ă  les Ă©tendre. La LĂ©gion arabe, considĂ©rĂ©e comme la force arabe la plus aguerrie, s'est dĂ©ployĂ©e sur la rive ouest du Jourdain, dont elle entend annexer les secteurs arabes. ConformĂ©ment aux « accords tacites Â» passĂ©s avant guerre entre Abdallah et les dirigeants sionistes, elle n'a pas attaquĂ© directement les forces israĂ©liennes. Cette attitude gĂ©nĂ©rale n'a cependant pas empĂŞchĂ© de durs combats dans la zone de JĂ©rusalem-Latroun, que les deux parties convoitent.

Les Israéliens ont maintenant une véritable armée et l'armement lourd arrive désormais en masse. Contrairement aux forces arabes, ils ont un commandement centralisé et peuvent faire passer des troupes d’un bout du front à l’autre. Au 11 juin, lors du cessez-le feu, les armées arabes et israélienne sont épuisées mais apparaissent en situation d'équilibre, sans qu'aucun des protagonistes ne l'emporte de façon claire.

Première trêve (11 juin 1948 - 8 juillet 1948)

Le 22 mai, le Conseil de sécurité des Nations unies propose une trêve aux belligérants75.

Celle-ci est acceptée par les Israéliens le 24 mai, qui ont besoin de temps pour faire entrer dans le pays l'armement lourd acheté en Europe. Les Transjordaniens, qui ont atteint l'essentiel de leurs objectifs (occupation de la Palestine arabe) acceptent rapidement le principe76. Les autres États arabes refusent dans un premier temps, espérant prendre l'avantage sur le terrain. Cependant, leur avancée étant bloquée, ils acceptent la trêve le 8 juin et la trêve est finalement proclamée le 11 juin.

La trêve durera 28 jours. Le cessez-le-feu est supervisé par le médiateur de l'ONU Folke Bernadotte, nommé le 20 mai. Un embargo sur l'armement est décidé par l'ONU afin qu'aucune des parties ne profite de la trêve. Le roi de Transjordanie visite la partie de Jérusalem contrôlée par ses troupes.

Embargo

Les IsraĂ©liens arrivent Ă  contourner l'embargo : ils ont des sources d'approvisionnement clandestines depuis 1947 auprès du bloc de l'Est, et vont grâce Ă  elles pouvoir se procurer illĂ©galement (du point de vue de l'ONU) des armes auprès de la TchĂ©coslovaquie, mais aussi en faire venir de France60. Parmi elles, des armes lourdes : « des avions, des pièces d'artilleries et des vĂ©hicules blindĂ©s. La mobilisation intensive porte les effectifs de l'armĂ©e Ă  60 000 hommes Â»60.

Les forces arabes, elles, sont dépendantes de leurs fournisseurs officiels (Britanniques, surtout) et ne peuvent donc contourner l'embargo77. Celui-ci se révèle donc essentiellement favorable aux israéliens, qui renforcent leur potentiel militaire, tandis que celui des armées arabes stagne.

Si la trêve permet à Tsahal de s'armer, elle permet aussi à Ben Gourion de la réorganiser.

L'Altalena incendié par Tsahal, le 22 juin 1948.

Entre le 11 juin et le 8 juillet 1948, le Premier ministre dĂ©cide de dissoudre les trois brigades du Palmach (forces d'Ă©lite de la Haganah), qu'il considère ĂŞtre trop Ă  gauche et proches du Mapam. De son cĂ´tĂ©, l'Irgoun a prĂ©cĂ©demment obtenu après le 1er juin78 de conserver des unitĂ©s spĂ©cifiques au sein de l'armĂ©e israĂ©lienne. Mais le gouvernement, et surtout David Ben Gourion, ne souhaitent pas plus permettre Ă  des unitĂ©s « de droite Â» que « de gauche Â» de continuer Ă  exister au sein de l'armĂ©e. Ces unitĂ©s sont Ă©galement dissoutes pendant la trĂŞve, après l'incident de l'Altalena79, les 21 et 22 juin, oĂą l'Irgoun a tentĂ© de se procurer des armes de façon autonome, sans en rĂ©fĂ©rer Ă  la direction de Tsahal. « Au lendemain du 22 juin, l'Irgoun a virtuellement cessĂ© d'exister comme force militaire autonome sauf Ă  JĂ©rusalem. Ses bataillons ont Ă©tĂ© dissous dans l'armĂ©e et des mandats d'arrĂŞts ont Ă©tĂ© lancĂ©s contre plusieurs de ses chefs80 Â» . Les membres des unitĂ©s dissoutes sont rĂ©partis dans les autres unitĂ©s de Tsahal.

Avec la dissolution des unitĂ©s proches de l'extrĂŞme gauche et de celles favorables Ă  la droite, Ben Gourion assure la pleine autoritĂ© du gouvernement civil sur la nouvelle armĂ©e. « UnifiĂ©, disciplinĂ©, convenablement armĂ© et entraĂ®nĂ©, Tsahal devient une force de frappe redoutable Â»60 de 60 000 combattants.

Progression numérique des Forces Israéliennes


(Source: Ahron Bregman (2002), p. 24, citant le journal de David Ben Gourion
Tableau importé de Wikipedia anglophone)

4 juin 40 825
17 juillet 63 586
7 octobre 88 033
28 octobre 92 275
2 décembre 106 900
23 décembre 107 652
30 décembre 108 300

Reprise des hostilités

À la fin de la trêve, Folke Bernadotte présente un nouveau plan de partage accordant la Galilée aux juifs, et le Néguev aux Arabes. Le plan est rejeté par les deux parties. Le 8 juillet, les forces égyptiennes reprennent le combat dans le Sud et relancent la guerre.

Campagne des 10 jours (8 juillet 1948-18 juillet 1948)

Après les premières attaques égyptiennes, les dix jours entre les deux trêves sont dominés par une vague d'attaques des Israéliens et une attitude défensive des Arabes. Les trois offensives israéliennes qui ont lieu ont été préparées durant la première trêve. L'opération Dani, la plus importante, vise à sécuriser et élargir le couloir israélien entre Jérusalem et Tel-Aviv en capturant les villes étapes Ramle et Lydda (renommée plus tard Lod).

La seconde offensive, l'opération Dekel, a pour objectif la capture de la Galilée, incluant la ville arabe de Nazareth.

Enfin l'opération Kedem, qui se voit attribuer le moins de ressources, vise à sécuriser les vieux quartiers de Jérusalem81.

Opération Dani

Un tank Cromwell au Yad la-Shiryon Museum, Israël.

Dans le but de dĂ©senclaver JĂ©rusalem, l'État-major lance l'opĂ©ration Larlar visant Ă  pĂ©nĂ©trer dans le secteur Jordanien suivant l'axe : Lydda - Ramle - Latroun - Ramallah. Seule la première phase, l'opĂ©ration Dani, rĂ©ussit, avec la conquĂŞte de Lydda et Ramle. Latroun et Ramallah ne tombent pas.

Lydda est protégée principalement par l'armée transjordanienne secondée par des milices palestiniennes. La ville est attaquée simultanément par le nord et par l'est. Pour la première fois dans le conflit, des bombardiers israéliens sont utilisés dans l'attaque de la ville.

Le 11 juillet 1948, la ville tombe aux mains des Israéliens et Ramle est capturée le jour suivant.

Les 15 et 16 juillet, une première attaque contre Latroun échoue. Le 18 juillet, la brigade Yiftach mène une seconde attaque avec des véhicules armés (dont deux chars Cromwell) mais l'offensive débouche à nouveau sur un échec israélien82.

La prise de Lydda et Ramle s'accompagne de l'un des plus grands massacres de la guerre. Plus de 250 habitants y sont exécutés après les combats83. De plus, à partir du 14 juillet, les forces armées israéliennes expulsent de nombreux habitants de Lydda (Lod), Ramle et des zones avoisinantes, et les poussent sur la route de Ramallah. Ces expulsions concernent près de 50 000 à 60 000 habitants sur les 80 00084.

Ces Ă©vĂ©nements ne sont pas encore reconnus aujourd'hui officiellement par IsraĂ«l. En 2000, The conquest of Lydda, july 194885, publiĂ© par le ministère de la dĂ©fense, n'admet qu'une « expulsion partielle Â», et conteste tout massacre86.

Opération Dekel

Pendant que l'opération Dani prend place dans le centre du pays, l'opération Dekel est menée au nord. L'opération est dirigée par Haïm Laskov qui dispose de la 7e brigade Sheva, sous les ordres du volontaire juif canadien Ben Dunkelman, du 21e bataillon de la brigade Carmeli et du 13e bataillon de la brigade Golani87.

L'opération se déroule en deux phases. Dans un premier temps, à partir du 8 juillet, les troupes israéliennes font mouvement vers l'est depuis Acre vers Nazareth qui est capturée le 16 juillet. Dans une seconde étape, du 15 au 18 juillet, elles s'emparent d'une vingtaine de villages entourant Nazareth87.

Le 18 juillet à 19h, alors que la seconde trêve est déclarée, Israël occupe le sud de la Galilée, de la baie d'Haïfa au lac de Galilée.

Il existe une polĂ©mique autour de la conquĂŞte de Nazareth. Ben Dunkelman, nommĂ© entretemps gouverneur militaire de la ville, affirme avoir reçu par HaĂŻm Laskov l'ordre de procĂ©der Ă  l'expulsion des habitants de la ville. « ChoquĂ© et horrifiĂ© Â», il refuse et exige des ordres venant d'instances supĂ©rieures. L'incident remonte jusqu'Ă  Ben Gourion qui interdit l'expulsion, faisant porter la responsabilitĂ© initiale de l'ordre Ă  Moshe Carmel, commandant en chef du front nord. Les habitants de Nazareth ne sont pas expulsĂ©s mais HaĂŻm Laskov nomme un autre officier gouverneur pour Nazareth87.

Opération Kedem

L'opération Kedem vise à prendre toute la ville de Jérusalem, et surtout la vieille ville, tombée aux mains des Transjordaniens, qui en ont expulsé la population juive.

Prévue dans un premier temps pour être menée par l'Irgoun et le Lehi le 9 juillet, juste après la première trêve, l'opération Kedem est reportée par David Shaltiel. En effet celui-ci met en doute leurs chances de succès suite à l'échec de la capture de Deir Yassin sans l'aide de la Haganah.

Le plan d'attaque prévoit que les forces de l'Irgoun, commandée par Yehouda Lapidot (Nimrod), doivent entrer par la porte Bab al Jedid, le Lehi passant par le mur partant de Bab al Jedid et par la porte de Jaffa, enfin le bataillon Beit Hiron passant par le mont Sion88.

La bataille est prévue pour débuter avec le Chabbat, le vendredi 16 juillet à 20h, un jour avant le second cessez-le-feu. Cependant l'organisation tourne mal et l'opération est reportée à 23h puis à minuit, pour en fin de compte commencer à 2h30 du matin. L'Irgoun réussit à se frayer un chemin par la porte Bab al-Jedid mais les autres escouades échouent dans leurs objectifs. À 5h45, David Shaltiel est contraint d'ordonner la cessation des hostilités et de replier ses troupes88. La vielle ville restera aux mains des Transjordaniens puis des Jordaniens jusqu'en 1967.

Seconde trĂŞve (18 juillet 1948-15 octobre 1948)

Le « 15 juillet, le Conseil de SĂ©curitĂ© condamne en des termes d'une grande sĂ©vĂ©ritĂ© l'agression arabe, ordonne un cessez-le-feu immĂ©diat et menace d'appliquer Ă  la partie rĂ©calcitrante les sanctions prĂ©vues par l'article VII de la charte des Nations unies60 Â». Sur le terrain, les dĂ©faites militaires s'accumulent pour la partie arabe : « cette fois, les Arabes prennent l'exacte mesure de leur Ă©chec, de mĂŞme que les Britanniques qui, affolĂ©s, pressent Ă  la trĂŞve. Effectif le 17 juillet Ă  JĂ©rusalem, le cessez-le-feu est Ă©tendu dès le lendemain Ă  l'ensemble du pays. Vu du cĂ´tĂ© juif de la barricade, la « guerre des Dix Jours Â», comme on a appelĂ© la campagne de juillet, est un franc succès Â»60.

Folke Bernadotte, émissaire des Nations unies
Ralph Bunche, remplaçant de Bernadotte (1951).

Pendant la nouvelle trêve, les diplomates tentent de trouver une issue au conflit. Le 16 septembre, Folke Bernadotte propose un nouveau plan de partage de la Palestine, dans lequel la Transjordanie annexerait les zones arabes comprenant le Néguev, Ramle et Lydda. C'est la fin de l'hypothèse d'un État palestinien. Ce plan prévoit également un État juif occupant l'entière Galilée, le passage entre la bande côtière et Jérusalem sous contrôle international et le rapatriement (ou dédommagement) des réfugiés. À nouveau, le plan est refusé par toutes les parties.

Les États arabes refusent toujours l'existence d'Israël, mais également l'annexion par la Transjordanie des parties arabes de la Palestine.

CĂ´tĂ© israĂ©lien, le plan est considĂ©rĂ© comme trop dĂ©favorable territorialement Ă  IsraĂ«l, dont les armĂ©es semblent en position de l'emporter. La droite sioniste, en particulier, multiplie les menaces contre Bernadotte, et ce depuis son premier plan du 27 juin 1948, qui ne laissait que 20% du territoire palestinien Ă  IsraĂ«l. Le 1er aoĂ»t, IsraĂ«l Eldad, un des trois dirigeants du Lehi avait dĂ©jĂ  dĂ©clarĂ©, lors d’une assemblĂ©e publique Ă  JĂ©rusalem : « les combattants pour la libertĂ© d’IsraĂ«l adressent une mise en garde aux observateurs de Nations Unies [et] aux gĂ©nĂ©raux de Bernadotte […]. Nous emploierons contre les reprĂ©sentants d’un pouvoir Ă©tranger les mĂŞmes mĂ©thodes que nous avons employĂ© contre les Britanniques89 Â». D’après IsraĂ«l Eldad, la dĂ©cision de tuer Bernadotte est prise en aoĂ»t par les trois dirigeants du « centre Â» (la direction du Lehi)90.

Le nouveau plan de Bernadotte entraĂ®ne le passage Ă  l'acte, dès le lendemain de son annonce. Le 17 septembre, Bernadotte est assassinĂ© par le Lehi. On sait aujourd'hui que « Le meurtre a Ă©tĂ© planifiĂ© par Zettler, le commandant de la section de JĂ©rusalem (la dernière en activitĂ© et la plus dure), qu'il a Ă©tĂ© dĂ©cidĂ© au plus haut niveau par les trois responsables du centre Â»91 : Nathan Yalin Mor, Yitzhak Shamir et IsraĂ«l Eldad, et que l'exĂ©cution en a Ă©tĂ© confiĂ©e Ă  un vĂ©tĂ©ran du Lehi, YĂ©hochua Cohen. […] En 24 heures, plus de 250 membres du Lehi sont interpellĂ©s dans tout le pays. Le gouvernement en profite pour dissoudre les unitĂ©s de l'Irgoun Ă  JĂ©rusalem, bien qu'il sache qu'elles n'ont pas Ă©tĂ© mĂŞlĂ©es au crime. Le surlendemain « le Lehi est officiellement dissout au titre d'une loi "pour la prĂ©vention du terrorisme"92 Â». L'entreprise d'intĂ©gration du Lehi et de l'Irgoun Ă  Tsahal, largement entamĂ©e pendant la première trĂŞve, est donc achevĂ©e avec la seconde. « Zettler affirmera avoir reçu une promesse explicite du ministre de l'intĂ©rieur Yitzhak GĂĽnbaum : "Vous serez condamnĂ©s pour satisfaire l'opinion mondiale. Après quoi vous serez amnistiĂ©s" Â». De fait, Yalin Mor et son adjoint, condamnĂ©s le 2 fĂ©vrier 1949 Ă  plusieurs annĂ©es de prison, non pour meurtre mais pour appartenance Ă  une organisation terroriste, seront relâchĂ©s deux semaines après […] tous les autres dĂ©tenus du Lehi bĂ©nĂ©ficieront d'une amnistie gĂ©nĂ©rale92.

Bernadotte est rapidement remplacé par l'Américain Ralph Bunche. Celui-ci ne proposera plus de plan général de paix, se contentant de favoriser des accords de cessez-le-feu.

Durant cette seconde trêve (18 juillet - 15 octobre), l'armée israélienne a continué à se renforcer. Elle passe de 63 586 combattants au 17 juillet à 88 033, le 7 octobre 194893.

Les dernières traces des organisations armées autonomes (Irgoun et Lehi) ont été dissoutes après l'assassinat de Bernadotte.

Pendant ces trois mois de trĂŞve, les IsraĂ©liens « nettoient Â» les villages pris encore peuplĂ©s et de nombreuses habitations sont dynamitĂ©es pour raisons militaires. Ils mettent Ă©galement en place les prĂ©paratifs de l'opĂ©ration Avak.

Pendant la seconde trĂŞve, Ă  l'inverse, les pays arabes n'ont pas su rĂ©soudre leurs faiblesses initiales : manque de commandement commun, et manque de combattants, lesquels sont dĂ©sormais moins nombreux que les combattants israĂ©liens.

Faits accomplis : (15 octobre 1948-juin 1949)

Carte des positions militaires au début octobre 1948

Cette période voit se clore le conflit, et se consolider l'emprise territoriale d'Israël et de la Transjordanie.

L’opération Yoav sur le Nord Néguev (15-22 octobre 1948)

La situation dans le nord Néguev est considérée comme insatisfaisante par la direction israélienne. En effet, les implantations juives qui s’y trouvent sont encerclées par les forces égyptiennes, empêchant l’inclusion de la région dans le nouvel État, et créant une situation militaire toujours très tendue du fait de l’enchevêtrement des positions. Les Israéliens estimant avoir les moyens militaires de prendre l’avantage dans la zone vont donc y lancer une opération.

Le prĂ©texte en est trouvĂ© par une rupture Ă©gyptienne du cessez-le-feu, elle-mĂŞme provoquĂ©e par l’envoi d’un convoi de ravitaillement israĂ©lien vers les colonies encerclĂ©es du Nord-NĂ©guev94. « L’état-major [israĂ©lien, qui a] mandĂ© la caravane pour qu’elle serve de cible94 Â», est bien prĂ©parĂ©. Dès la constatation officielle de la rupture de la trĂŞve par les observateurs de l’ONU94, il lance une offensive contre les Égyptiens.

Ygal Allon commande l’opĂ©ration, originellement appelĂ©e « Dix plaies Â», puis rebaptisĂ©e Yoav qui se dĂ©roule du 15 au 22 octobre 1948 dans le NĂ©guev. Il dispose initialement des trois brigades d’infanterie HaNeguev, Yiftach et Givati et de la 8e brigade blindĂ©e ainsi que d’un soutien consĂ©quent d’artillerie, de la totalitĂ© de la petite marine israĂ©lienne et d’une solide couverture aĂ©rienne offerte par la totalitĂ© de la nouvelle armĂ©e de l’air. Les brigades Harel et Oded renforceront de plus le front en cours d’opĂ©ration95,96.

L’aviation israĂ©lienne commence par « endommage[r] gravement les appareils Ă©gyptiens posĂ©s sur l’aĂ©rodrome d’El Arish Â»97. La rĂ©sistance, environ 11 000 hommes98 est vigoureuse, et plusieurs compagnies de Tsahal sont mĂŞme « Ă©trillĂ©es Â»97 mais une partie du Nord-NĂ©guev tombe quand mĂŞme entre les mains de Tsahal, et sa capitale, Beersheba elle-mĂŞme, est capturĂ©e dans une opĂ©ration surprise le 21 octobre97. « Le vaisseau amiral de la flotte Ă©gyptienne, l’Emir Farouk, est coulĂ© avec 700 hommes, et la 4e brigade du gĂ©nĂ©ral Taha Bey -3 000 combattants d’élite- est encerclĂ©e dans la poche de Falouja99. La rĂ©action des alliĂ©s de l’Égypte est caractĂ©ristique : au lieu d’ouvrir un second front, la LĂ©gion arabe du roi Abdallah fait mouvement vers BethlĂ©em et HĂ©bron pour combler le vide laissĂ© par les Égyptiens Â»100. Si IsraĂ«l Ă©largit son territoire, la Transjordanie en fait autant. Jusqu’alors, elle tenait la Samarie (Nord de la Cisjordanie). Grâce Ă  l’offensive israĂ©lienne, elle tient maintenant aussi la JudĂ©e (Sud de la Cisjordanie), oĂą elle remplace les Égyptiens qui se replient vers le sud pour Ă©viter d’être coupĂ©s de leur territoire par l’attaque israĂ©lienne.

Le 22 octobre, un nouveau cessez-le-feu est imposĂ© aux belligĂ©rants, et surtout aux IsraĂ©liens, qui souhaitent pousser leur avantage. Yitzhak Rabin Ă©crira : « Nous menions de front la lutte contre les Égyptiens et une course contre la montre face Ă  une trĂŞve proposĂ©e par les Nations unies Â»101. Cette rĂ©ticence Ă  stopper une offensive victorieuse explique « pendant la trĂŞve, les attaques successives des soldats hĂ©breux, qui refoulent progressivement les Égyptiens. Ă€ la mi-novembre, seuls s’obstinent encore, prisonniers dans la nasse de Falouja, 2 000 Ă  3 000 officiers et soldats du Caire102 Â».

Voir les actualités cinéma sur le site de l’INA (nécessite un lecteur Quicktime) [1].

L’opération Hiram en Galilée (28-31 octobre 1948)

Article dĂ©taillĂ© : OpĂ©ration Hiram.
Carte de l’opération Hiram.
Moshe Carmel, responsable de l’opération Hiram.

Profitant du cessez-le feu qui est maintenu avec les Transjordaniens sur le front central, et du cessez-le-feu qui vient d’être rétabli le 22 octobre avec les Égyptiens, les Israéliens s’emploient maintenant à concentrer leurs forces dans le Nord, contre la poche arabe de la Galilée, qui continue à leur échapper. Cette poche est relativement vulnérable, dans la mesure où elle n’est défendue que par les volontaires de l’Armée de libération arabe, mais qu’aucune armée d’un État n’y est déployée.

L’opĂ©ration Hiram dĂ©bute le 28 octobre. Elle est prĂ©cĂ©dĂ©e de nombreux bombardements avant l’entrĂ©e en action de quatre brigades israĂ©liennes : Golani, Carmeli, Sheva et Oded sous les ordres de Moshe Carmel103. En 60 heures, elles chassent les 1 500 Ă  3 000 hommes104 de l’ArmĂ©e de libĂ©ration arabe vers le Liban, et achèvent ainsi la conquĂŞte de tout le Nord de l’ancienne Palestine mandataire. L’armĂ©e israĂ©lienne passe Ă©galement de l’autre cĂ´tĂ© de la frontière avec le Liban, pour poursuivre les fuyards, et progresse ainsi jusqu’au fleuve Litani105.

Les pertes militaires côté arabe sont élevées, avec 400 morts et presque autant de prisonniers106.

Durant et après l’opération plusieurs massacres (la moitié du total de ceux commis durant la guerre d’après Benny Morris), vont se produire et les habitants de nombreux villages palestiniens vont être expulsés107,108,109,110.

L’opération Horev et la conquête du Nord Néguev (22 décembre - 7 janvier 1949)

L’opération Horev

« Dans le NĂ©guev, l’opĂ©ration Horev se dĂ©clenche le 22 dĂ©cembre, suite Ă  diverses violations Ă©gyptiennes du cessez-le-feu. (…) L’aviation se donne pleinement, effectuant 243 sorties et rĂ©pandant 226 tonnes de bombes. Non seulement les soldats juifs assomment les ultimes dĂ©fenses Ă©gyptiennes et rĂ©duisent la poche de Falouja, mais ils pĂ©nètrent Ă©galement dans l’actuelle bande de Gaza. Diversion, dans le but de cacher, plus au Sud, l’entrĂ©e des troupes israĂ©liennes dans le SinaĂŻ Ă©gyptien Ă  travers Al Auja, tombĂ© le 27. Violant la frontière, elles fouleront les pistes de l’aĂ©roport d’El Arish, quand les pressions diplomatiques, incessantes depuis le dĂ©but de la manĹ“uvre, se feront insoutenables Â»111.

Londres menace en particulier d’intervenir militairement, au titre de son traitĂ© de dĂ©fense avec l’Égypte. L’armĂ©e israĂ©lienne Ă©vacue le SinaĂŻ. Au cours de l’opĂ©ration, les forces aĂ©riennes israĂ©liennes abattent cinq avions de reconnaissance britanniques Â»112.

Tout le nord du Néguev est maintenant israélien, sauf la poche égyptienne de Falouja, qui a résisté vigoureusement, infligeant des pertes sévères à Tsahal. Les Égyptiens l’évacueront le 24 février 1949, après l’armistice israélo-égyptien.

Sur l’ensemble de l’opération Horev, les forces terrestres égyptiennes ont perdu 170 officiers et 3 800 hommes (dont 18 aviateurs et 58 marins) qui ont été tués, blessés ou capturés. Une brigade est encerclée dans la poche de Falouja. Dans ces conditions, l’Égypte ne peut poursuivre les combats et est contrainte d’accepter un accord politique112.

L’opération Ouvda et la prise du Néguev central et méridional (mars 1949)

Article dĂ©taillĂ© : OpĂ©ration Ouvda.
Carte de l’opération Ouvda.
L’armée israélienne monte les couleurs israéliennes le 10 mars à 16h00 à Um Rashrash (future Eilat), au bord de la mer Rouge, signant la fin de la conquête du Néguev.

Le Nord-Néguev occidental est passé sous contrôle israélien complet en janvier 1949. Le désert lui-même (Nord-Ouest, Centre et Sud du Néguev), quasiment sans population, est resté un no man’s land, malgré quelques rares patrouilles transjordaniennes.

La zone est majoritairement attribuée à Israël par le plan de partage de 1947. Mais pendant plusieurs mois, Israël s’est abstenu d’y pénétrer, même après la victoire sur les Égyptiens, début janvier 1949. La zone n’est pas prioritaire, et l’engagement de Tsahal dans une région toute en longueur, coincée entre les armées égyptiennes et transjordaniennes, n’est pas sans risque.

Le 24 février, Israël signe un cessez-le-feu avec l’Égypte qui neutralise l’armée égyptienne.

Après avoir tentĂ© d’obtenir sans succès des Transjordaniens qu’ils se retirent d’eux-mĂŞmes, IsraĂ«l dĂ©cide d’occuper la zone, et lance le 5 mars l’opĂ©ration Ouvda, ou Uvda (« fait accompli Â»), avec les brigades Golani et HaNeguev.

Les deux points culminants de Ouvda sont la prise d’Ein Gedi, sur les rives ouest de la Mer Morte, le 7 mars 1949, en face de la Transjordanie (Nord-Ouest du Néguev), et la prise du petit village de pêcheurs arabes113 Um Rashrash le 10 mars, sur la mer Rouge, où sera construit à partir de 1950 le port d’Eilat à l’extrême-Sud du Néguev.

Du 5 au 10 mars, Tsahal se déploie dans tout le Néguev. L’objectif des Transjordaniens est à l’époque de confirmer leur conquête de la Cisjordanie, pas de relancer la guerre contre les Israéliens, lesquels menacent par ailleurs de conquérir toute la Samarie. La Transjordanie préfère donc continuer ses négociations de cessez-le-feu avec Israël commencées en janvier114), et se retire du Néguev sans combattre.

Les unités des brigades HaNeguev et Golani entrent en concurrence pour déterminer qui atteindra la mer Rouge en premier lieu. Ce sera le 10 mars à 15h00 pour la brigade HaNeguev et deux heures plus tard pour la Golani.

Parce que l’opĂ©ration Ouvda fut la dernière opĂ©ration militaire de la guerre, la levĂ©e du drapeau israĂ©lien sur la station de police de Umm Rashrash le 10 mars Ă  16h00 est souvent considĂ©rĂ©e comme marquant symboliquement la fin de la guerre. Les frontières d’IsraĂ«l ne deviennent cependant dĂ©finitives que le 1er juin 1949, après l’abandon par la Transjordanie de la rĂ©gion dite du « Triangle Â».

L’annexion du triangle (juin 1949)

Dans le Nord-Ouest de la Samarie, le front israĂ©lo-arabe est tenu par les troupes des HachĂ©mites d’Irak, alliĂ©s des HachĂ©mites de Transjordanie. Depuis la seconde trĂŞve du 18 juillet 1948, les affrontements ont cessĂ© entre IsraĂ©liens, Transjordaniens et Irakiens. Plusieurs raisons expliquent cela : les IsraĂ©liens ont donnĂ© prioritĂ© Ă  la conquĂŞte du Nord-NĂ©guev et de la GalilĂ©e ; les Transjordaniens et IsraĂ©liens respectent leur accord partiel de partage territorial datant de la fin 1947 ; les Transjordaniens ont un accord de dĂ©fense avec Londres qui inquiète les israĂ©liens (on sait aujourd’hui que les Britanniques n’entendaient pas intervenir sauf invasion de la Transjordanie proprement dite, mais cette information Ă©tait ignorĂ©e des IsraĂ©liens115) ; les armĂ©es transjordaniennes et israĂ©liennes sont les plus fortes du conflit, et un affrontement est donc potentiellement très coĂ»teux, comme l’ont montrĂ© les affrontements autour de JĂ©rusalem de mai, juin et juillet 1948.

Ă€ compter de janvier 1949, des nĂ©gociations politiques officieuses s’engagent entre Transjordaniens et IsraĂ©liens116. Elles se transforment en nĂ©gociations officielles Ă  Rhodes Ă  partir de la fin fĂ©vrier 1949. Les Irakiens ayant refusĂ© de participer aux nĂ©gociations de cessez-le-feu, Abdallah Ier de Transjordanie nĂ©gocie donc pour l’ensemble de la zone. De fait « le roi, qui se mĂ©fi[e] encore [...] des intentions israĂ©liennes en Cisjordanie, n’a[] pas rapatriĂ© les troupes irakiennes de Samarie. [...] En mars 1949 [...] les IsraĂ©liens dĂ©clar[]ent [...] qu’ils ne se contenter[o]nt pas du retrait des Irakiens de Samarie, mais qu’ils v[eul]ent reconsidĂ©rer l’avenir de cette rĂ©gion116 Â». Les IsraĂ©liens souhaitent Ă©changer de petites zones situĂ©es dans la vallĂ©e de BeĂŻt ShĂ©an et près d’HĂ©bron contre deux larges zones (plus tard dĂ©nommĂ©es « Triangle Â») afin de diminuer la vulnĂ©rabilitĂ© de la plaine cĂ´tière. Ils menacent les Jordaniens de reprendre les hostilitĂ©s si ceux-ci n’obtempèrent pas117. « [La zone] compren[d] Wadi ar'ara (Ara aujourd’hui), ses environs immĂ©diats, et la route qui les traverse et relie les deux villes [dĂ©jĂ ] israĂ©liennes d’Afula dans la vallĂ©e [de JezrĂ©el] et de Hadera sur la cĂ´te. Sur ce trajet se trouv[ent] quinze villages arabes [...] de 12 000 habitants116 Â». Jordaniens, Britanniques et AmĂ©ricains craignent que les habitants ne soient expulsĂ©s par les IsraĂ©liens mais ces derniers leur garantissent qu’ils ne procèderont Ă  aucune expulsion117. Fin mars, le roi cède Ă  la pression israĂ©lienne118, « sans doute parce que le gouvernement irakien a [...] alors retirĂ© son contingent de Palestine, laissant le roi seul face aux IsraĂ©liens116 Â» et le 30 mars 1949, un armistice est signĂ©116.

Les troupes israéliennes prennent petit-à-petit le contrôle de la zone à partir du 6 mai et sont généralement bien accueillies par la population. Les hommes ont reçu des ordres stricts de ne pas s’en prendre à elle. Le transfert d’autorité se déroule calmement, presque sans expulsion, transfert ou pression sur les habitants117. Les Israéliens expulsent néanmoins les réfugiés présents dans le Triangle, arguant que les accords d’armistice ne protègent que les habitants locaux et que les réfugiés causent des problèmes à ceux-ci117. Le 1er juin, les Israéliens achèvent la prise de contrôle effective de la zone.

Avec cette dernière opération, Israël finit de tracer les frontières qui seront les siennes jusqu’en 1967.

Conséquences

Le Syrien Husni al-Zaim, auteur du premier coup d’État militaire de l’après-guerre dans un pays arabe.
Carte des Ă©volutions territoriales entre 1947 et 1949 : l’État palestinien prĂ©vu par le plan de partage de 1947 n’est pas créé. IsraĂ«l, l’Égypte et la Jordanie se partagent son territoire

En 1949, Israël signe des accords de cessez-le-feu avec l’Égypte (le 24 février), le Liban (le 23 mars), la Transjordanie (le 3 avril) et la Syrie (le 20 juillet). L’Irak refuse par contre d’entrer dans des négociations d’armistice119.

Les conséquences de la victoire israélienne sont multiples, tout à la fois politiques, militaires, territoriales et démographiques.

Conséquences politiques

Au plan politique, les États arabes ont Ă©tĂ© Ă©branlĂ©s par la dĂ©faite (al Naqba, la catastrophe). La plupart des responsables politiques de la pĂ©riode seront assassinĂ©s ou renversĂ©s dans les annĂ©es qui suivront, sur fond de poussĂ©e du nationalisme arabe : assassinat du Premier ministre Ă©gyptien Nokrachy Pacha fin dĂ©cembre 1948 par un Frère musulman ; renversement en mars 1949 du prĂ©sident syrien Shukri al-Kuwatli par le coup d’État militaire de Husni al-Zaim ; assassinat d’Abdallah Ier de Jordanie par un Palestinien le 20 juillet 1951 ; coup d’État en Égypte le 23 juillet 1952120.

En Israël, le Mapaï (parti travailliste) était déjà le parti dominant au sein du Yichouv depuis 1931. La victoire militaire conforte encore son prestige. Il restera au pouvoir pendant encore presque 30 ans, jusqu’à la victoire électorale du Likoud en 1977.

Conséquences militaires

Au plan militaire, la Grande-Bretagne quitte la Palestine, ce qui était une des raisons du soutien soviétique à Israël.

Mise en cause pour son soutien jugĂ© insuffisant aux armĂ©es arabes, la Grande-Bretagne devra dans les annĂ©es suivantes quitter les pays de la rĂ©gion oĂą elle avait encore une prĂ©sence militaire : Égypte, l’Irak et la Jordanie. C’est ce qui dĂ©clenchera notamment la crise de Suez121.

L’armée israélienne s’affirme de son côté comme une puissance militaire majeure de la région.

Conséquences territoriales

Civils palestiniens et militaires israéliens, après l’entrée de ces derniers dans Falouja, suite à l’accord d’armistice israélo-égyptien de février 1949, accord ayant entraîné l’évacuation des forces égyptiennes de la zone.

Au plan territorial, le projet d’un État palestinien est abandonnĂ©. La bande de Gaza est administrĂ©e par l’Égypte. IsraĂ«l annexe JĂ©rusalem-ouest (en fĂ©vrier 1949) et 77% de l’ancienne Palestine mandataire, soit 50% de plus que ce qui Ă©tait prĂ©vu par le plan de partage de l’ONU. La Transjordanie annexe quant Ă  elle en 1950 JĂ©rusalem-est et la Cisjordanie, et se rebaptise dans la foulĂ©e « Jordanie Â».

Les frontières issues des accords de cessez-le-feu seront par la suite connues sous le nom de « Ligne Verte Â».

Tant la partie arabe que la partie israĂ©lienne ont refusĂ© de considĂ©rer les frontières issues du cessez-le-feu comme Ă©tant des frontières dĂ©finitives : « Aucune disposition du prĂ©sent accord ne prĂ©jugera en aucune manière des droits, revendications et positions des parties quant aux règlements territoriaux ultĂ©rieurs, du tracĂ© des frontières ou des revendications de chacune des parties Ă  ce sujet Â»122.

Certains membres du gouvernement israélien proposeront de déclarer unilatéralement que les frontières de 1949 étaient les frontières définitives d’Israël, mais d’autres, dont David Ben Gourion, s’y opposeront.

Les termes de l’accord de cessez-le-feu avec la Transjordanie sont une des bases sur lesquelles Israël fondera ses revendications territoriales sur la Cisjordanie après la guerre des Six Jours de 1967.

L’ONU de son côté validera implicitement les nouvelles frontières, cessant toute référence à son plan de partage de 1947.

Conséquences démographiques

Si on rajoute la pĂ©riode de guerre civile qui a prĂ©cĂ©dĂ©, la première guerre israĂ©lo-arabe a causĂ© 5 700-5 800 morts cĂ´tĂ© israĂ©lien dont un quart de civils et 500 femmes, ce qui reprĂ©sente 1% de sa population. La guerre a Ă©galement provoquĂ© 12 000 blessĂ©s graves. Il s’agit de la guerre la plus sanglante du conflit israĂ©lo-arabe pour les IsraĂ©liens après la guerre du Kippour de 19732.

CĂ´tĂ© palestinien, le nombre de victimes n’a jamais Ă©tĂ© dĂ©comptĂ© avec prĂ©cision. En 1950, Amin al-Husseini le chiffra Ă  12 000 morts2. Benny Morris l’estime entre « lĂ©gèrement et nettement Â» supĂ©rieur Ă  celui des pertes israĂ©liennes2. Rosemarie Esber l'Ă©value Ă  20 000123.

En ce qui concerne les armĂ©es arabes, l’Égypte annonça en 1950 les chiffres de 1 400 morts et 3 700 invalides. Les Jordaniens, les Irakiens et les Syriens subirent plusieurs centaines de morts et les Libanais quelques douzaines2.

Réfugiés palestiniens en 1948, à la fin du mandat britannique

Au plan démographique, le peuplement de la région est modifié en profondeur.

Le conflit a provoquĂ© l’exode de près de 750 000 arabes palestiniens sur les 900 000 qui vivaient dans ce qui est devenu IsraĂ«l (carte de l’exode palestinien) tandis que plus de 600 000 juifs des pays arabes Ă©migrent vers IsraĂ«l (carte de l’exode juif). Quelques 150 000 palestiniens restent en IsraĂ«l, et reçoivent la nationalitĂ© israĂ©lienne. Les rĂ©fugiĂ©s, quant Ă  eux, s’établissent surtout dans l'actuelle Cisjordanie, Ă  Gaza, en Jordanie, au Liban et en Syrie. Suite Ă  l’annexion de la Cisjordanie, les rĂ©fugiĂ©s palestiniens acquièrent la nationalitĂ© jordanienne tandis que dans les autres pays les autres rĂ©fugiĂ©s forment ce qui devient la diaspora palestinienne124.

Les circonstances et les causes de l’exode palestinien sont sujets à débats et controverses entre historiens bien que tous semblent d’accord, suite à l’ouverture des archives israéliennes dans les années 1980, pour constater que les soldats israéliens procédèrent à de nombreuses expulsions, en particulier après juin 1948125.

Groupe d’articles sur la
Guerre de Palestine de 1948
Protagonistes de la guerre de Palestine de 1948
Contexte du conflit
Guerre civile de 1947-1948 en Palestine mandataire
30 novembre 1947 - 14 mai 1948
Guerre israélo-arabe de 1948-1949
15 mai 1948 - 20 juillet 1949


Annexes

Documentation

Ouvrages traitant de la guerre de 1948 :

Articles :

Ouvrages gĂ©nĂ©raux sur le conflit israĂ©lo-arabe :

TĂ©moignages :

Articles connexes

Notes et références

  1. ↑ Rosemarie Esber, Under the Cover of War, Arabicus Books & Medica, 2009, p.28.
  2. ↑ a, b, c, d et e Benny Morris, 1948, 2008, pp.392-420.
  3. ↑ Partie de la Cisjordanie actuelle au nord de Jérusalem.
  4. ↑ La tendance aux expulsions augmente au fur et à mesure de l'avancement de la période.
    Voir Benny Morris, The Birth Of The Palestinian Refugee Problem Revisited, 2003, pages 233-240, 248-252, 423-438, 492, 538 ; Yoav Gelber, (en) « Why Did The Palestinians Run Away in 1948 ? Â», article publiĂ© le 17 juin 2002 dans History News Network ; Voir l'article exode palestinien.
  5. ↑ Benny Morris, Victimes : histoire revisitĂ©e du conflit arabo-sioniste, 2003, Chapitre 2 et 3, pp.51-138.
  6. ↑ Benny Morris, Victimes : histoire revisitĂ©e du conflit arabo-sioniste, 2003, Chapitre 5, pp.181-205.
  7. ↑ Benny Morris, Victimes : histoire revisitĂ©e du conflit arabo-sioniste, 2003, chapitre 5, pp.205-211.
  8. ↑ a et b Ilan Pappé, La Guerre de 1948 en Palestine, 2000, p.151.
  9. ↑ Ilan Pappé, La Guerre de 1948 en Palestine, 2000, p.167.
  10. ↑ Henry Laurens, Paix et Guerre au Moyen-Orient, 2005, p.83.
  11. ↑ Alain Gresh et Dominique Vidal, Palestine 47, un partage avorté, 1994, p. 163.
  12. ↑ a et b Yoav Gelber, « The negociations between the Jewish Agency and Transjordan 1946-1948 Â», Studies Zionism, volume 6, N°1, 1985, repris par Alain Gresh et Dominique Vidal, Palestine 47, un partage avortĂ©, 1994, P.163.
  13. ↑ Benny Morris Ă©crit : understanding, traduit ici par comprĂ©hension tacite
  14. ↑ Benny Morris, The road to Jerusalem, 2002, p.241.
  15. ↑ Benny Morris, 1948, 2008, p.212.
  16. ↑ Benny Morris, Victimes. Histoire revisitée du conflit arabo-sioniste, 2003, p.247.
  17. ↑ Efraïm Karsh, The Palestine War 1948, 2002, p.27
  18. ↑ (en) Site force9.net citant James Lunz, The Arab Legion 1922-1957 cite le chiffre de 37 ; Benny Morris, Victimes, 2003, p.247 annonce un chiffre compris entre 50 et 75.
  19. ↑ Benny Morris, 1948, 2008, p.208.
  20. ↑ Yoav Gelber, Palestine 1948, 2006, p.127
  21. ↑ Voir l'article sur la guerre des routes.
  22. ↑ Voir les articles sur le problème du matériel et sur la réorganisation de la Haganah instiguée par David Ben Gourion. Voir aussi Problématique du matériel lors de la guerre de Palestine de 1948.
  23. ↑ La Haganah, ses troupes d'élite du Palmach, l'Irgoun et le Lehi combattent de concert sur tous les fronts.
  24. ↑ Voir l'article sur l'offensive des forces juives à partir d'avril 1948.
  25. ↑ Pierre Razoux, Tsahal, nouvelle histoire de l'armée israélienne, 2006., p.79 et p.523
  26. ↑ Selon les services de renseignements juifs de l’époque, la totalitĂ© des forces militaires des membres de la Ligue arabe se monte Ă  165 000 soldats avec un budget militaire de 28 000 000 de livres sterling. Ilan PappĂ©, La Guerre de 1948 en Palestine, 2000, p.153.
  27. ↑ Benny Morris, Victimes : histoire revisitĂ©e du conflit arabo-sioniste, 2003, p.239.
  28. ↑ a et b Howard Sachar, A History of Israel. From the Rise of Zionism to our Time, 2007, p.317.
  29. ↑ Alain Gresh et Dominique Vidal, Palestine 47, un partage avorté, 1994, p.145.
  30. ↑ Benny Morris, Victimes : histoire revisitĂ©e du conflit arabo-sioniste, 2003, p.216
  31. ↑ Yoav Gelber, La guerre de 1948 en Palestine, 2006, p.51, se basant sur un rapport du Haut Commissaire britannique indique le nombre de 10 000 hommes ; Alain Gresh et Dominique Vidal, Palestine 47, un partage avortĂ©, 1994, p.145, le fixe Ă  3 800 hommes ; Ilan PappĂ© (2007), p.44 Ă  3 000.
  32. ↑ Benny Morris, Victimes : histoire revisitĂ©e du conflit arabo-sioniste, 2003, p.216
  33. ↑ Benny Morris, Victimes : histoire revisitĂ©e du conflit arabo-sioniste, 2003, p.215 ; p.238
  34. ↑ Yoav Gelber, Palestine 1948, 2006, p.73.
  35. ↑ Yoav Gelber, La Guerre de 1948 en Palestine, 2006, p.73.
  36. ↑ Benny Morris, Victimes : histoire revisitĂ©e du conflit arabo-sioniste, 2003, p.215 et p.238.
  37. ↑ Howard Sachar, A History of Israel. From the Rise of Zionism to our Time, 2007, P.137.
  38. ↑ Alain Gresh et Dominique Vidal, Palestine 47, un partage avorté, 1994, p. 177.
  39. ↑ a et b Jon et David Kimché, A clash of destinies, The Arab-Jewish War and the founding of the state of Israel, 1960.
  40. ↑ Les effectifs de l'Armée de libération arabe (ou armée du salut) sont par contre estimés à près du double (3 800 hommes dont 1 500 palestiniens) au 15 mai 1948 par Gresh et Vidal dans Palestine 47, un partage avorté, p.145. Quel que soit leur nombre réel, ils sont au 15 mai un peu présents en Galilée, mais sont surtout concentrés en Samarie (Nord de la Cisjordanie). Ils se retirent de Samarie dès l'arrivée des troupes irakiennes et transjordaniennes, après le 15 mai 1948. Ils se redéploient vers Gesher (sud du lac de Tibériade. Après la première trêve (11 juin-8 juillet), ils seront surtout présents en Galilée.
  41. ↑ a, b et c Yoav Gelber, Palestine 1948, 2006, p.132 ; pp.139-140.
  42. ↑ Yoav Gelber, (en) Sharon's inheritance, présentation à la ISA Annual Conference Banff, mai 2006.
  43. ↑ a et b Avi Shlaim, « The Debate about 1948 Â», International Journal of Middle East Studies, Vol.27, No.3, 1995, pages 294-295.
  44. ↑ Dominique Lapierre et Larry Collins, O Jérusalem, 1971, p.131
  45. ↑ Rogan, Eugène et Avi Shlaim, 1948 : la guerre de Palestine. Derrière le mythe..., 2002, p.69.
  46. ↑ Voir par exemple cette recherche sur google
  47. ↑ Voir par exemple sa présentation des forces en présence et des perceptions de celles-ci par les politiciens des deux camps, dans Ilan Pappé, La Guerre de 1948 en Palestine, 2000, p.156-157.
  48. ↑ Rogan, Eugène et Avi Shlaim, 1948 : la guerre de Palestine. Derrière le mythe..., 2002, pp.68-71.
  49. ↑ Benny Morris, The Birth Of The Palestinian Refugee Problem Revisited, 2003, p.7 ; p.589.
  50. ↑ Yoav Gelber, Palestine 1948, 2006, p.137.
  51. ↑ a, b et c Yoav Gelber, Palestine 1948, 2006, p.131 ; carte p.134 et p.135
  52. ↑ Benny Morris, Victimes : histoire revisitĂ©e du conflit arabo-sioniste, 2003, p.247.
  53. ↑ Steven Thoman, sur le site www.balagan.org.uk
  54. ↑ Dans le corps expéditionnaire jordanien, chaque brigade est composée de 2 régiments vraisemblablement lui-même composé de 3 ou 4 compagnies. Cette information est néanmoins sujette à caution. Les sources sont contradictoires à ce niveau. Les divergences sont probablement dues au fait que le bataillon, qui est généralement l'unité qui subdivise la brigade, porte le nom de régiment dans la Légion arabe.
  55. ↑ Benny Morris, Victimes : histoire revisitĂ©e du conflit arabo-sioniste, 2003, carte p.241 et pp.247-255.
  56. ↑ a, b, c et d Yoav Gelber, La Guerre de 1948 en Palestine, 2006, pages 138-145
  57. ↑ Alain Gresh et Dominique Vidal, Palestine 47, un partage avorté, 1994, P.177.
  58. ↑ La Légion Arabe de Transjordanie.
  59. ↑ On appelle « nouvelle ville Â» les quartiers juifs de l'ouest de JĂ©rusalem dĂ©veloppĂ©s Ă  partir de la fin du XIXe siècle.
  60. ↑ a, b, c, d, e, f et g Elie Barnavi, Une histoire moderne d’Israël, 1988, Pages 197-198.
  61. ↑ Alain Gresh et Dominique Vidal, Palestine 47, un partage avorté, 1994, p.177.
  62. ↑ Yoav Gelber, Palestine 1948, 2006, p.152.
  63. ↑ a, b, c et d Yoav Gelber, Palestine 1948, 2006, pp.140-145
  64. ↑ Benny Morris, 1948, 2008, pp.224-225; p.248.
  65. ↑ Benny Morris, 1948, 2008, pp.248-251.
  66. ↑ a, b, c et d Benny Morris, 1948, 2008, pp.232-244.
  67. ↑ Yoav Gelber, La Guerre de 1948 en Palestine, 2006, pp.134-135.
  68. ↑ Benny Morris, The Birth of the Palestinian Refugee Problem Revisited, 2003, pp.252-254.
  69. ↑ Benny Morris, (en) The Tantura "Massacre" Â», publiĂ© le 9 fĂ©vrier 2004 dans The Jerusalem Report, consultable sur le rĂ©pertoire de l'universitĂ© de Beer-Sheva
  70. ↑ - Le point de vue de l'historien Yoav Gelber : (en) « Folklore versus History: The Tantura Blood Libel Â», 2 dĂ©cembre 2005, publiĂ© sur le rĂ©pertoire de l'universitĂ© de Beer-Sheva consacrĂ© Ă  l'affaire. Gelber y critique vigoureusement la thèse de Katz, parlant de « conjectures, mensonges et dĂ©sinformation pure et simple Â».
    - Le point de vue de l'historien Benny Morris : (en) « The Tantura "Massacre" Â», publiĂ© le 9 fĂ©vrier 2004 dans The Jerusalem Report, consultable sur le rĂ©pertoire de l'universitĂ© de Beer-Sheva consacrĂ© Ă  l'affaire. Morris analyse l'ensemble des documents, et en conclue qu'aucune preuve formelle d'un massacre n'existe. Il cite cependant divers documents laissant entendre que des actes de violences ont eu lieux, quoique sans les dĂ©finir. Morris critique le caractère tranchĂ© des affirmation de Katz sur le massacre, mais considère qu'on ne peut cependant Ă©carter l'hypothèse.
    - Le point de vue de l'historien Ilan PappĂ©, (fr) « Une dissidence israĂ©lienne Â», Interview de Ilan PappĂ© du mardi 7 janvier 2003, par Radio Orient. PappĂ© soutien totalement la thèse de Katz sur le massacre, et indique que « les soldats se sont retrouvĂ©s avec tous ces palestiniens Ă  leur merci. C’est alors qu’ils ont dĂ©cidĂ© de les massacrer pour s’en dĂ©barrasser. Ils ne voulaient pas se retrouver avec des prisonniers de guerre Â».
  71. ↑ Pierre Razoux, Tsahal, nouvelle histoire de l'armée israélienne, 2006, p.76.
  72. ↑ Marius Schattner, Histoire de la droite israéliennes, 1991, P.246.
  73. ↑ Alain Gresh et Dominique Vidal, Palestine 47, un partage avorté, 1994, P.146 (d’autres auteurs, comme Karsh, donnent pour l’Irgoun des chiffres inférieurs, entre 2 000 et 4 000.)
  74. ↑ a et b Yoav Gelber, Palestine 1948, 2006, pp.148-149.
  75. ↑ Ilan Pappé, La Guerre de 1948 en Palestine, 2000, p.191.
  76. ↑ Ilan Pappé, La Guerre de 1948 en Palestine, 2000, pages 191-192.
  77. ↑ Ilan Pappé, La Guerre de 1948 en Palestine, 2000, p.195.
  78. ↑ Date de l'accord de Menahem Begin sur l'intégration de l'Irgoun à Tsahal.
  79. ↑ Marius Schattner, Histoire de la droite israélienne, 1991, p.248.
  80. ↑ Marius Schattner, Histoire de la droite israélienne, 1991, p.249.
  81. ↑ Principales zones d'attaques israéliennes.
  82. ↑ Benny Morris, 1948, 2008, p.193.
  83. ↑ Yoav Gelber, Palestine 1948, p.318
  84. ↑ Benny Morris, The Birht of the Palestinian Refugee Problem revisited, 2003, pages 423-438.
  85. ↑ The conquest of Lydda, july 1948, 2000, par Avraham Sela, Arnon Golan et Alon Kadish, Israel Defense Ministry Press.
  86. ↑ Le livre est qualifiĂ© d'« apologĂ©tique Â» par Morris dans (en) The Tantura "Massacre" Â», publiĂ© le 9 fĂ©vrier 2004 dans The Jerusalem Report, consultable sur le rĂ©pertoire de l'universitĂ© de Beer-Sheva. L'admission d'expulsions par des historiens soutenus par l'administration militaire est cependant assez rare pour ĂŞtre soulignĂ©e.
  87. ↑ a, b et c Benny Morris, The Birth of the Palestinian Refugee Problem Revisited, 2003, pp.416-423.
  88. ↑ a et b D'après les (en) mémoires de Yehouda Lapidot sur l'opération Kedem, sur son site internet consacré à l'Irgoun. Consulté le 13 mai 2008. Également rapporté par (en) Terror Out of Zion: The Fight for Israeli Independence, de J. Bowyer Bell, 1996, transaction Publishers, pages 332-334, ISBN 1560008709. Nécessite un compte google books.
  89. ↑ Susan O'Person, Mediation & assasinations : count Bernadotte's Mission to Palestine, 1948, Londres, Ithaca Press, 1979.
  90. ↑ Interview de Eldad à la radio israélienne le 9 septembre 1988, rapportée par Yediot Aharonot du 11 septembre 1988.
  91. ↑ Le « Centre Â» est le nom donnĂ© Ă  la direction du Lehi
  92. ↑ a et b Marius Schattner, Histoire de la droite israélienne, 1991, pp.253-254.
  93. ↑ Ahron Bregman, Israel's Wars: A History Since 1947, 2002, page 24, citant le journal de David Ben Gourion.
  94. ↑ a, b et c Alain Gresh et Dominique Vidal, Palestine 47, un partage avorté, 1994, Pages 190-191.
  95. ↑ Alain Gresh et Dominique Vidal, Palestine 47, un partage avorté, 1994, p.191
  96. ↑ Yoav Gelber, La Guerre de 1948 en Palestine, 2006, p.203
  97. ↑ a, b et c Alain Gresh et Dominique Vidal, Palestine 47, un partage avorté, 1994, p.191.
  98. ↑ D’après le « Department of History at the United States Military Academy Â»
  99. ↑ Dont un jeune commandant de 30 ans, Gamal Abdel Nasser, futur chef de l’État.
  100. ↑ Elie Barnavi, Une histoire moderne d’Israël, 1988, p.199.
  101. ↑ Yitzhak Rabin, Mémoires, 1980, p.36.
  102. ↑ Alain Gresh et Dominique Vidal, Palestine 47, un partage avorté, 1994, P.192.
  103. ↑ Yoav Gelber, Palestine 1948, 2006, p.220.
  104. ↑ Benny Morris, Victimes : histoire revisitĂ©e du conflit arabo-sioniste, 2003, p.270, cite le chiffre de 3 000 hommes ; Palestine 1948, 2006, p.220, parle de 1 500 Ă  2 000 hommes. Peut-ĂŞtre Morris englobe-t-il les forces de l’ArmĂ©e de libĂ©ration arabe prĂ©sentes au Liban ?
  105. ↑ Benny Morris, Victimes : histoire revisitĂ©e du conflit arabo-sioniste, 2003, p. 270.
  106. ↑ Efraim Karsh, The Arab-Israeli Conflit - The Palestine War 1948, 2002, p.68.
  107. ↑ Interview de Benny Morris, (en) « Survival of the fittest Â», Ha'aretz, 2003.
  108. ↑ Yoav Gelber Ă©crit en 2002 « ces rĂ©fugiĂ©s [d’après le 15 mai 1948] ont parfois Ă©tĂ© littĂ©ralement dĂ©portĂ©s au-delĂ  des frontières. Dans certain cas, les unitĂ©s de l’armĂ©e les ont terrorisĂ©s pour hâter leur fuite, et des massacres isolĂ©s - particulièrement durant la libĂ©ration de la GalilĂ©e et du Neguev en octobre 1948 - ont achevĂ© celle-ci Â» - Yoav Gelber, (en) « Why Did The Palestinians Run Away in 1948 ? Â», article publiĂ© le 17 juin 2002 dans History News Network.
  109. ↑ Yoav Gelber, Palestine 1948, 2000, pages 220-236.
  110. ↑ Voir aussi sur la question les articles sur l’opération Hiram et l’Exode palestinien de 1948.
  111. ↑ Alain Gresh et Dominique Vidal, Palestine 47, un partage avorté, 1994, p.192.
  112. ↑ a et b Yoav Gelber, Palestine 1948, 2006, pp.216-217.
  113. ↑ Ilan Pappé, La guerre de 1948 en Palestine, 2000, p.252.
  114. ↑ Ilan Pappé, La Guerre de 1948 en Palestine, 2000, p.251.
  115. ↑ Ilan Pappé, La guerre de 1948 en Palestine, 2000, p.249
  116. ↑ a, b, c, d et e Ilan Pappé, La Guerre de 1948 en Palestine, 2000, pages 252-256.
  117. ↑ a, b, c et d Benny Morris, The Birth of the Palestinian Refugee Problem Revisited, 2003, pp.530-532.
  118. ↑ Alain Gresh et Dominique Vidal, Palestine 47, un partage avorté, 1994, Pages 196-197.
  119. ↑ Benny Morris, 1948, 2008, p.375.
  120. ↑ Benny Morris, 1948, 2008, pp.418-419.
  121. ↑ Henry Laurens, Paix et Guerre au Moyen-Orient, 2005, pp.171-172
  122. ↑ Article II de l’accord d’armistice signĂ© par IsraĂ«l et la Transjordanie le 3 avril 1949.
  123. ↑ Rosemarie Esber, Under the Cover of War, Arabicus Books & Medica, 2009, p.28.
  124. ↑ Benny Morris, 1948, 2008, pp.407-415.
  125. ↑ Voir l’article sur l’exode palestinien de 1948
Goldenwiki 2.png
La version du 14 juin 2008 de cet article a Ă©tĂ© reconnue comme « article de qualitĂ© Â» (comparer avec la version actuelle).
Pour toute information complémentaire, consulter sa page de discussion et le vote l’ayant promu.

 
Le Texte ci-dessus est disponible sous GNU Free Documentation License.
La source est wikipedia http://fr.wikipedia.org/wiki/{title}
Base de liens  |  Ajouter lien  |  Contact Rss
On est 38 visiteur(s) en ligne
Server 2.0