|
{revue}
Une ethnie ou un groupe ethnique est un groupe humain possédant un héritage socioculturel commun, comme une langue, une religion ou des traditions communes. Elle diffère en ceci du concept de race qui partage des caractéristiques biologiques et morphologiques liées à des ancêtres communs. Il est un concept important de l'ethnologie et de la sociologie. Le mot dérive du grec ancien εθνος qui signifie « peuple, nation ».
HistoireSelon Jean-Loup Amselle, si au XVIe et XVIIe siècles, le terme "nation" équivalait en français à celui de "tribu", dans son usage moderne, les termes d'"ethnie" et de "tribu" font plus spécifiquement référence aux différentes communautés linguistiques et culturelles d'Afrique, d'Océanie ou encore aux peuples que les Occidentaux ont regroupés sous le terme générique d'"Indiens d'Amérique". Si le mot "ethnie" (de même que celui de "tribu") a acquis un usage massif en langue française depuis le XIXe siècle, au détriment d'autres termes comme "nation" c'est sans doute qu'il agissait de classer à part, ces sociétés en leur déniant une qualité spécifique. Durant la période coloniale, il convenait ainsi de définir les sociétés amérindiennes, africaines, océaniennes et certaines sociétés asiatiques comme autres et différentes des nôtres en les présentant comme des sociétés sans histoire, autrement dit comme des sociétés dont les membres ne participaient pas à une humanité commune1.Cet usage colonial du terme ethnie continuerait aujourd'hui à être la norme quand on parle des communautés linguistiques et culturelles africaines, océaniennes ou amérindiennes et est souvent récupéré par les principaux concernés lorsqu'ils parlent de leur propre communauté. La notion d'ethnie a longtemps été le pendant sociologique de la notion de race (il en est parfois encore l'euphémisme). Comme pour la race, son utilisation pose problème, à savoir que toute classification de la population selon des clivages ethniques possède un côté arbitraire. [réf. nécessaire] Les détracteurs de Jean-Loup Amselle nient l'utilisation par les anthropologues modernes de la définition coloniale du terme « ethnie »2. L’ethnicité est, d'après Max Weber, le sentiment de partager une ascendance commune, que ce soit à cause de la langue, des coutumes, de ressemblances physiques ou de l'histoire vécue (objective ou mythologique). Cette notion est très importante sur le plan social et politique car elle est le fondement de la notion d'identité3 ». Vocabulaire associéCertains mots ou néologismes sont directement hérités ou inspirés de la signification que revêt « ethnie » dans le vocabulaire des sciences sociales. En voici quelques-uns parmi les plus fréquemment rencontrés : L’ethnogenèse est l’ensemble des faits et des idées qui concourent à la formation d'un peuple, en tant qu'ensemble d'individus partageant le sentiment d'une identité commune. L’ethnohistoire est l’histoire d'une ethnie, en tant qu'elle construit sa propre identité dans la longue durée. L'adjectif « ethnique » est parfois employé dans le sens de « relatif à des peuples ou cultures exotiques », il est considéré comme un mot porteur en marketing (marketing ethnique). Les campagnes y font donc volontiers référence de façon directe ou indirecte. L’ethnisme est l’ensemble de liens qui réunissent des groupes d'individus ayant un patrimoine socioculturel commun, particulièrement la langue. Il a servi pour établir une catégorisation, sur la base de particularités sociales et au prétexte de différences d'origines raciales ou géographiques. Ce terme a été utilisé dans cette acception à propos de la Côte d'Ivoire, l'ethnisme de "l'ivoirité", et à propos du Rwanda et du Burundi (lire à ce sujet Le Défi de l'ethnisme de l'historien Jean-Pierre Chrétien qui rassemble des conférences qu'il a faites à partir de 1990). L'ethnolinguistique est une discipline des sciences humaines qui se penche sur la variabilité linguistique à travers les différentes sociétés humaines et qui voisine dès lors avec la sociolinguistique et la dialectologie. Les processus d'intégration inter-ethnique ont des dénominations différentes selon les pays, melting pot aux États-Unis, salad bowl au Canada, mizzoug galouyot (intégration des seuls immigrés juifs) en Israël. Il n'y a pas d'unanimité quant au qualificatif désignant la pluralité ethnique: pluriethnique, multiethnique, polyethnique, voire multiculturel. Catégorisation d'une population d'après l'appartenance ethniqueCertains pays recensent leur population suivant des critères ethniques ou nationaux. Il peut s'agir de discrimination positive et de mise en place de mesures d'affirmative action comme le font les États-Unis pour ses minorités raciales, l'Inde pour la caste des intouchables, la République populaire de Chine envers ses diverses nationalités. Les intentions du législateur ne sont pas toujours innocentes, comme on l'a vu au Burundi et au Rwanda. Ce dernier a pratiqué également une catégorisation de sa population, mise en place par l'administration coloniale belge, et maintenue jusqu'au génocide de 1994. La nouvelle constitution en 2003 abandonne toute référence aux ethnies Hutu, Tutsi et Twa, réprime toute discrimination basée sur l'ethnie (art. 11) et interdit aux formations politiques de se réclamer d'une ethnie ou d'un clan particulier (art. 54). La catégorisation ethnique n'est pas nécessairement une action politique à fin discriminative. En Indonésie, la majorité des gens continuent à se définir d'abord par leur appartenance ethnique ou suku (Balinais, Javanais, Minangkabau), qui correspond à une identité et une langue régionale (bahasa daerah) dont l'existence est officiellement reconnue. CanadaAu Canada, le terme groupes ethniques désigne les groupes sociaux issus de l'immigration qui ne font partie ni des deux peuples fondateurs, Anglais et Français, ni des peuples autochtones (Amérindiens, Inuit, Métis). Un autre terme a été introduit en 1995 dans la législation canadienne, celui de minorité visible. FranceÀ ce jour, les statistiques ethniques n'y sont pas autorisées4. HongrieEn Hongrie, la nationalité ethnique, distincte de la nationalité étatique, est dénommée nemzetiség. IndeIl existe un débat entre sociologues et orientalistes spécialistes de l'Inde quant à l'applicabilité du concept de groupe ethnique aux castes. Certains ont développé la thèse d'une origine ethnique des diverses castes, qui auraient initialement été des groupes ethniques stratifiés par la domination politique de certains, qui se seraient érigés en castes supérieures, mais cette thèse est très controversée6,7,8,9. IsraëlEn Israël, deux termes existent pour désigner un groupe ethnique,
Union SoviétiqueL'Union soviétique, à l'instar d'autres puissances coloniales, a manipulé les concepts d'ethnie/ethnos et de groupe ethnique dans l'application du droit des nations à disposer d'elles-mêmes en créant des groupes ethniques (nacija) parfois fictifs pour diviser des groupes plus importants, comme les Adyghés, en attribuant à chaque sous-groupe une entité territoriale autonome pour éviter de leur attribuer une république fédérée en tant que telle (le cas des Tatars et des Bachkirs est assez similaire). Une autre manipulation a consisté à ériger des républiques distinctes par nationalités ethniques en lieu et place des anciens États (khanats de Khiva et de Boukhara en Asie centrale) pré-russes ou pré-soviétiques qui étaient pluriethniques. Notes
Voir aussi
Bibliographie
Filmographie
Liens externes
Le Texte ci-dessus est disponible sous GNU Free Documentation License. La source est wikipedia http://fr.wikipedia.org/wiki/{title} |