Gaston (bande dessinée)
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| Gaston | |
| Série | |
| Genre(s) | Franco-Belge Humour |
|---|---|
| Scénario | André Franquin |
| Dessin | André Franquin Jidéhem |
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| Personnages principaux | Gaston Lagaffe Fantasio Prunelle |
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| Éditeur | Dupuis Marsu Productions |
| Nombre d'albums | 16 dans la série originale, 19 en réédition |
Gaston est une série de bande dessinée franco-belge humoristique créée en février 1957 par André Franquin, également créateur du Marsupilami et de Modeste et Pompon ainsi que dessinateur de Spirou et Fantasio. Le héros de la série est Gaston Lagaffe, employé de bureau gaffeur.
[] Synopsis
La série met en scène un employé de bureau nommé Gaston Lagaffe, chargé de trier le courrier, travaillant au journal de Spirou, et commettant chaque semaine de nombreuses gaffes.
[] Édition
La série est d'abord publiée chaque semaine dans le journal de Spirou, puis éditée en albums chez Dupuis jusqu'en 1992. Depuis lors, elle est publiée par Marsu Productions, maison monégasque d'édition de bandes dessinées. L'ordre de publication, chronologiquement illogique, de la série originale des albums (0, 2, 3, 4, 1, 5, 6, 7, 8, R1, 9, R2, 10, R3, 11, R4, 12, 13, 14, R0, R5, 15) est une gaffe en soi, due à la non-réédition des premiers albums de la série sortis au format à l'italienne. Cette décision amènera la série à ne pas avoir de n°5 (au format standard) pendant 20 ans ; ce sera là l'origine de la légende de l'album fantôme. En 1997, les planches ont été triées chronologiquement et publiées dans 18 albums (plus un 19e sorti plus tard et inédit dans l'édition originale), constituant ainsi l'édition définitive.
[] Historique
[] Chronologie
- 28 février 1957, Spirou n°985 : première apparition de Gaston Lagaffe dans le journal de Spirou.
- 13 juin 1957, Spirou n°1000 : premier gag de Gaston dans le journal de Spirou.
- 5 décembre 1957, Spirou n°1025 : annonce de Fantasio sur la publication hebdomadaire de Gaston Lagaffe sous forme de gag en bas de page. Première planche dès la semaine suivante.
- 27 février 1958, Spirou n°1037 : Gaston présente la série phare sur la couverture et, pour la première fois, dit sa célèbre phrase : « C'est la dernière fois que je présente une première page ! »
- 17 mars 1960, Spirou n°1144 : première apparition de M. De Mesmaeker.
- 20 octobre 1960, Spirou n°1175 : début du feuilleton de la vache.
- 4 janvier 1962, Spirou n°1238 : les gags de Gaston font la couverture du journal et passent en demi-planche.
- 22 mars 1962, Spirou n°1249 : première apparition de Longtarin.
- 19 juillet 1962, Spirou n°1266 : première apparition de Prunelle et Lebrac.
- 16 août 1962, Spirou n°1270 : première apparition de Jules-de-chez-Smith-en-face.
- 15 novembre 1962, Spirou n°1283 : première apparition de Mademoiselle Jeanne.
- 5 septembre 1963, Spirou n°1325 : premier gag de la série Le bal à Gaston.
- 21 octobre 1965, Spirou n°1436 : premier rédactionnel de la série En direct de la rédaction.
- 14 juillet 1966, Spirou n°1474 : premier gag pleine page.
- 21 septembre 1967, Spirou n°1536 : début de la guerre des boîtes.
- 29 janvier 1970, Spirou n°1659 : 600e planches de Gaston.
- 8 avril 1971, Spirou n°1721 : dernière apparition de Fantasio dans « Gaston ».
- 27 septembre 1973, Spirou n°1850 : premier ancien gag repris dans la série Coin des classiques.
- 1er novembre 1979, Spirou n°2168 : début de la guerre des parcmètres.
- 25 juin 1991, Spirou n°2776 : dernière planche inédite.
[] La création de Gaston
André Franquin donna naissance à Gaston Lagaffe au cours de l'année 1957[1]. Il était alors le dessinateur de la série Spirou et Fantasio dans le Journal de Spirou, et aussi le dessinateur du rédactionnel automobile Starter ainsi que de la plupart des couvertures du magazine[2]. De plus, il dessinait aussi chaque semaine une planche de la série Modeste et Pompon dans le Journal de Tintin[3].
Il eut l'idée de créer un personnage de bande dessinée qui n'en serait pas un, un personnage qui n'aurait aucune qualité, qui serait bête, pas fort et moche. Ce serait un « héros sans emploi »[4]. Il soumit l'idée à Yvan Delporte, alors rédacteur en chef du Journal de Spirou, qui la trouva excellente[5]. À cette époque, Delporte encourageait les membres de son équipe à collaborer. Dès qu'un auteur comme Franquin, Peyo, Will ou Roba était bloqué dans une histoire, il faisait appel aux autres membres de l'équipe. Delporte se retrouvait au centre de cette collaboration et ses avis étaient toujours très importants[6]. Ce personnage qui émergea de la tête de Franquin était au départ uniquement là pour faire de l'animation « à la petite semaine »[7] dans le Journal de Spirou.
La forme graphique de Gaston fut trouvée par Franquin, alors que sa personnalité fut trouvée avec l'aide d'Yvan Delporte. Le nom de Gaston fut, lui aussi, trouvé par Delporte, d'après un de ses amis, un certain Gaston Mostraet qui était gaffeur lui aussi[8]. Ce que Franquin oublia, c'est que son beau-père portait le même prénom : ce choix lui posera plus tard quelques problèmes familiaux.[9]
[] Les débuts dans le journal de Spirou
Gaston apparut le 28 février 1957 dans le n°985 de Spirou. Cette première apparition n'est accompagnée d'aucun mot d'explication ou de titre, ce n'est qu'un dessin en noir et blanc dans un quart supérieur de la page, entouré de traces de pas, où il se tient timidement devant une porte ouverte sur laquelle est écrit « Spirou rédaction ». Il porte des cheveux courts et lisses, un pantalon noir à revers, une veste, une chemise blanche et un n?ud papillon qu'il réajuste nerveusement. Il a la bouche légèrement ouverte, ce qui sera effacé par erreur dans les publications en albums, les correcteurs pensant qu'il s'agit d'une tache d'encre[10],[11].
La semaine suivante, toujours un seul dessin, un titre Gaston et les traces de pas l'accompagnant. Plus détendu, il se tient les mains dans les poches devant la porte fermée de la rédaction. S'il garde le même costume que la semaine précédente, sa veste par contre est déboutonnée. Il regarde autour de lui, un petit sourire aux lèvres[12].
Sept jours plus tard, dans le Spirou n°987, il laisse tomber le costume pour ses légendaires vêtements. Seules les espadrilles manquent, il a pour l'instant gardé les chaussures des semaines précédentes. Assis sur une chaise, l'air nonchalant, il allume sa première cigarette[13].
Les semaines suivantes, le mystère s'épaissit. Dans le Spirou n°989, un communiqué de Fantasio (écrit par Yvan Delporte[14]) met en garde contre ce personnage « Attention ! Depuis quelques semaines, un personnage bizarre erre dans les pages du journal. Nous ignorons tout de lui. Nous savons simplement qu'il s'appelle Gaston. Tenez-le à l'?il ! Il m'a l'air d'un drôle de type[15]. » Puis, la semaine suivante, c'est le célèbre dialogue entre Gaston et Spirou[16]:
« - Qui êtes-vous ?
- Gaston.
- Qu'est-ce que vous faites ici ?
- J'attends.
- Vous attendez quoi ?
- J'sais pas? J'attends?
- Qui vous a envoyé ?
- On m'a dit de venir?
- Qui ?
- Sais plus?
- De venir pour faire quoi ?
- Pour travailler?
- Travailler comment ?
- Sais pas? On m'a engagé?
- Mais vous êtes bien sûr que c'est ici que vous devez venir ?
- Beuh? »
Gaston est néanmoins embauché chez Spirou et les gaffes commencent dès le numéro suivant (n°991) : sur un dessin en deux pages, Gaston renverse de l'encre sur le courrier de la semaine[17].
Les semaines suivantes verront Gaston exercer plusieurs travaux au sein de la rédaction. Dans le Spirou n°992, il est coursier à vélo mais, victime de trois accidents, il rentrera à pied et couvert de bleus[18]. Dans le n°994, il travaille aux rotatives où il arrivera à fourrer son doigt entre deux cylindres[19]. La semaine d'après, il perturbe pour la première fois le journal, où il sape la rubrique rédactionnelle le Fureteur en glissant sa tête au moment de la photographie de la page[20]. Et ce n'est que le début : il remplacera ensuite le nom du journal par le sien[21], il tachera plusieurs chroniques ou les fera même exploser, grâce à la boite de chimie amusante[22]. Dans le n°1003, il laisse échapper les souris blanches de son élevage, qui se retrouveront alors sur presque toutes les pages du journal[23].
La première planche de gag de Gaston fut publiée dans le n°1000 de Spirou[24] : sur la couverture de ce numéro, Franquin avait dessiné 999 têtes de Spirou et une seule de Gaston[25]. À l'époque, Franquin dessinait le personnage et trouvait les idées de gag avec Yvan Delporte, mais quand ils arrivèrent au bout des fantaisies qu'ils pouvaient mettre dans le journal, ils se décidèrent à mettre Gaston dans une bande dessinée[26].
[] Des bas de page aux demi-planches
L'annonce de l'apparition en bande dessinée de Gaston intervint dans le n°1025 du Journal de Spirou, et ce fut Fantasio qui s'en chargea[27]. Dès le commencement de la série, Jidéhem, qui venait d'arriver à l'atelier de Franquin, aida beaucoup ce dernier avec le dessin. Alors âgé de vingt-deux ans seulement, Jidéhem était arrivé à l'atelier envoyé par Charles Dupuis. Il avait auparavant travaillé avec Greg et Tillieux dans la collection Heroic Album, jusqu'à ce que cette dernière fasse faillite[28].
Pour les dessins, Franquin faisait un crayonné assez poussé, voire très poussé pour le personnage, et Jidéhem encrait presque toute la page[29]. Dans l'esprit de Franquin, Gaston était une série destinée à être reprise par Jidéhem[30], mais celui-ci avoua un jour à Franquin que « Gaston, finalement, je ne le sens pas : il est trop souple pour moi ! »[31]. Franquin a alors gardé Gaston pour lui-même, Jidéhem se contentant de dessiner les décors[32]. Les idées étaient entièrement trouvées par Franquin, sauf pour un unique gag trouvé par Jidéhem[33].
Jidéhem inspira quelques traits de caractères de Gaston : les « Bof » et « M'enfin » venaient de la façon de parler de Jidéhem à l'époque, et, quand Franquin racontait les gags de Gaston, il prenait la voix de son assistant[34].
Après deux années passées dans les bas de pages du journal de Spirou, Gaston passera en demi-planche dans le n°1119 du 24 septembre 1959[35]. Mais dans le n°1183 du 15 décembre 1960, coup de théâtre, Gaston est licencié et disparaît du journal de Spirou[36].
[] La vache et le Gaston
Tout commence sur la couverture du n°1175 du journal de Spirou daté du 20 octobre 1960. Gaston fait rentrer une vache dans la rédaction, en disant : « Avec ça, je serai vite le champion des brigadiers M ». Il s'agit-là en fait d'une campagne pour le lait en Belgique[37], à laquelle participent beaucoup de personnalités belges comme Hergé, Jacques Brel ou le père Dominique Pire (prix nobel de la paix en 1958) et, bien sûr, Franquin[38]. Les lecteurs français, non concernés par la campagne, trouveront eux la phrase : « Elle est bien, hein ! Et comme laitière, il paraît qu'elle est championne [39]. »
« Inouï ! il y a une vache dans les bureaux de la rédaction ! », commente le journal. Pas si incroyable que ça, l'histoire est tout à fait authentique. Sur une proposition de Franquin, Dupuis acheta une vache qu'il garda un an et demi, l'artiste ne se décidant pas à la dessiner. La vache eut même un veau, et Dupuis finit par les vendre tout deux. Il dut pourtant en racheter une seconde quand, quelques mois plus tard, Franquin se décida enfin à la dessiner. La vache fut gagnée par après lors d'un concours[40].
Après plusieurs semaines dans la rédaction (et de nombreux gags), le pire arriva. M. Dupuis tomba nez à nez avec la vache dans ses locaux. Il mit Gaston à la porte sur-le-champ. L'éditorial est signé Yvan Delporte, sous la plume de Fantasio : « Après avoir hâtivement rassemblé ses objets personnels, Gaston Lagaffe s'en est allé, l'oreille basse, son Gaston géant en latex sous le bras avec le sentiment profond d'être la victime d'une monstrueuse incompréhension[41]. » Gaston disparut un court temps du journal. Quelques nouvelles furent données par Fantasio dans le n°1185, où il dit « l'avoir croisé dans la rue tout triste[42]. » Dans le numéro suivant, Fantasio prend les choses en main et demande aux lecteurs du journal de Spirou d'écrire à l'éditeur pour « sauver Gaston[43]. » La semaine suivante, on apprend que « des milliers de lettres en faveur de Gaston » sont déjà arrivées à la rédaction du journal[44].
Finalement, dans le numéro suivant, le n°1188, l'éditeur cède et réembauche Gaston. La nouvelle est publiée sous forme d'un faire-part de décès[45]. Le retour de Gaston se fait dès le numéro suivant, annonce faite sur la couverture, avec un Gaston qui promet à Fantasio de ne plus jamais être en retard pour le courrier[46]. Le premier boulot de Gaston est justement de répondre aux sept mille[47] lettres de soutien envoyées à la rédaction[48]. Dans le n°1190, Gaston lui-même déclare qu'il répondra personnellement aux milliers de lecteurs qui ont écrit pour réclamer son retour[49].
[] Une série qui s'étoffe
La série se développe de plus en plus, et de nouveaux personnages font leur apparition. M. De Mesmaeker apparaît dans le gag 109 : c'est Greg qui a soufflé à Franquin l'idée de créer un homme d'affaires. Mais c'est au cours de l'année 1962 que seront créés les personnages qui deviendront plus tard des piliers de la série.
Longtarin (Lontarin au début) est créé dans le gag 191, il ne porte à ce moment-là pas encore de nom, et il faudra attendre plusieurs années avant qu'il ne devienne un personnage récurrent de la série. Viennent ensuite Yves Lebrac et Léon Prunelle, créés en même temps dans le gag 207 : ce ne sont au départ que de simples membres de la rédaction, et il faudra attendre le départ de Fantasio, quelques années plus tard, pour qu'ils jouent un véritable rôle dans la série. Après eux, c'est Jules-de-chez-Smith-en-face qui est créé, bien qu'il ne soit pas visible pour sa première apparition : c'est en effet à ses débuts un personnage qu'on ne voit jamais, aidant à commettre des gaffes par téléphone ou en communiquant d'une fenêtre à l'autre. Sa première apparition visible se fera dans le gag 458, lors de sa cinquième intervention. Enfin, c'est au tour de Mademoiselle Jeanne d'apparaître dans la série, presque par hasard, juste pour les besoins d'un gag : Gaston avait besoin de sa queue de cheval pour son costume de bal costumé.
Dans le Spirou n°1312, Franquin et Delporte inventent une rédaction fictive dans un rédactionnel intitulé « Spirou, comment c'est fait ? », où sont présentés tous les personnages de la série travaillant pour le journal, avec leur nom complet et leur fonction dans la rédaction. Ce rédactionnel est, pour certains personnages de la série, le seul endroit où l'on découvrira leur véritable nom, prénom ou fonction. On y apprend d'ailleurs que la fonction de Gaston est, elle, « ... ? » .
En 1963, Franquin tombe malade. En repeignant la cabane de son jardin, il utilise un produit qu'il ne fallait pas respirer sans aérer la pièce. L'hépatite virale va se doubler d'une remise en question professionnelle. Alors que QRN sur Bretzelburg (QRM sur Bretzelburg à l'époque de la publication dans Spirou) disparaît du sommaire du journal, Gaston est, lui, toujours au rendez-vous chaque semaine, malgré les conseils des médecins qui conseillent à Franquin un repos complet. Mais celui-ci aime trop son métier pour l'arrêter définitivement[50].
[] Un album n°1 en fait n°5 et début de la pagaille
En 1966, les services commerciaux de Dupuis sortent un album n°1 de Gaston, Gare aux gaffes, censé être une réédition de l'album Gaston sorti 6 ans auparavant. Il contient en fait des gags plus récents, publiés les semaines précédentes dans Spirou. Cette décision anodine, prise pour donner une cohérence commerciale à la série, sera à la base d'une belle anarchie dans la numérotation des futurs albums[51].
Cet album constitue pourtant une étape importante de la série. Pour la première fois dans une bande dessinée destinée à la jeunesse, un sentiment amoureux est sous-entendu entre deux personnages. C'est aussi l'arrivée de la Fiat 509, rapidement redécorée par Gaston avec des grilles de mots croisés pour lui donner un air plus sport, voiture qui permettra aussi une exploitation plus poussée du personnage de Longtarin apparu peu avant. Gaston adopte un nouvel animal, un homard sauvé de l'ébouillantement[52].
Le véritable album n°5, Les gaffes d'un gars gonflé, sort l'année suivante. Gaston sort de plus en plus de la rédaction pour découvrir le monde extérieur. C'est aussi la période de la contre-culture de la jeunesse dont Gaston, apparu dix ans plus tôt, semble être un précurseur[53].
[] Gaston au format standard
Le passage de Gaston au format standard pleine page est aussi celui de l'abandon de Spirou et Fantasio par Franquin. Ce dernier éprouve en effet de plus en plus de lassitude à animer un personnage dont il n'est pas le créateur et auquel il ne peut pas faire faire ce qu'il souhaite (le personnage de Spirou appartient légalement aux éditions Dupuis), au contraire de celui de Gaston pour lequel il s'enthousiasme de plus en plus.
La dernière histoire de Spirou et Fantasio par Franquin s'intitule Panade à Champignac. Le début de l'aventure se situe dans l'univers de Gaston, ce dernier sera même la cause du départ de Fantasio pour Champignac. La seconde aventure de l'album, intitulée Bravo les brothers, se déroule entièrement dans l'univers de Gaston.
Jidéhem, l'assistant de Franquin depuis les début de Gaston, prend son envol pour animer sa propre série, Sophie, dont il est le créateur. Franquin se retrouve seul face aux décors de Gaston, alors que cela faisait longtemps qu'il ne les dessinait plus lui-même dans ses planches. Que ce soit pour Gaston ou Spirou et Fantasio, ses assistants, Roba, Will ou Jidéhem, le secondaient. Franquin avait été obligé de mettre ce système en place à cause des contraintes et des délais de production. Ce retour au source va lui permettre de s'exprimer totalement dans le dessin, le décors n'est désormais plus fonctionnel, il participe au gag.
[] L'arrivée du Gaffophone
Franquin, débarrassé de Spirou, peut donner libre cours à son imagination. La plus célèbre invention de Gaston, le Gaffophone, fait son apparition. Franquin en a eu l'idée en se promenant dans le musée royal de l?Afrique centrale à Tervuren, là-même où Hergé avait trouvé sa documentation pour Tintin au Congo. « L'idée m'est venue en voyant une harpe africaine. » dira plus tard Franquin. Le voyant pour la première fois, Fantasio le baptisera « brontosaurophone. » Pour Gaston, le principe de cet instrument est simple : « une vibration du tonnerre avec une résonance maximum. » Il lui suffit d'un seul gag pour prouver sa puissance destructrice, proche d'une secousse sismique, en faisant s'effondrer le plafond du 5e étages sur la tête de ses occupants.[54]
[] Disparition de Fantasio
Quand Franquin décide d'abandonner les aventures de Spirou et Fantasio au profit de Fournier, il cesse aussi de dessiner Fantasio dans Gaston, pour éviter que deux versions du même personnage par deux dessinateurs coexistent dans le journal de Spirou. Pour le remplacer, Franquin va mettre au premier plan un personnage apparu depuis longtemps dans la série mais jusqu'ici confiné à un second rôle, un certain Léon Prunelle. Désormais le rôle de Fantasio va être réduit à celui de touriste jusqu'à disparaitre définitivement de la série. La couverture de l'album n°6 Des gaffes et des dégâts illustre parfaitement ce changement, Gaston tenant une réplique miniature du Gaffophone fait, en touchant une des cordes de l'instrument, tomber du mur un portrait de Fantasio dont le sous-verre se brise en touchant le sol, comme s'il n'était déjà plus qu'une image du passé.
[] En route pour le mythe
Franquin, désormais libre de tout autre engagement, peut se consacrer entièrement à Gaston. Les inventions de Gaston se succèdent. Le cosmo-coucou (« L'horloge en avance sur son temps »), inventé en pleine guerre de l'espace entre états-uniens et soviétiques, est une horloge murale sous forme de réplique exacte de la capsule Apollo dont le cosmonaute sort toutes les heures comme un coucou-suisse; il permettra à Gaston et M. De Mesmaeker de signer un contrat pour une fabrication en série. Le Mastigaston permet de mâcher sans se mordre les joues, la piste de ski pour escalier, la machine à jouer du bilboquet et qui finira par se suicider et l'insecticide qui fait fondre les vêtements. « Je suis un bricoleur refoulé. Je bricole donc par Gaston interposé. » dira Franquin, Gaston lui permet de toucher à toutes les disciplines scientifiques ou technologiques. Franquin est un perfectionniste, il invente par l'intermédiaire de Gaston des machines complètement loufoques, mais des machines qui pourraient quand même fonctionner « J'aime bien la crédibilité, le gag porte mieux. Si Gaston invente une machine, je dois l'étudier pour que le lecteur n'y puisse rien détecter qui devrait l'empécher de marcher, sinon je ne serais pas content ». Une des inventions les plus loufoques : la main fauteuil. Est née des lectures de Franquin quand il était jeune, la bande dessinée étasunienne Smokey Stover, où des personnes s'asseyaient dans de grandes mains.
Une autre créativité de Franquin est le renouvèlement de l'onomatopée. Traditionnellement pour contourner la censure, les auteurs de bande dessinée utilisait des injures purement graphiques, un nuage noir traversé d'un éclair, une tête de mort, un singe ou un cochon. Franquin lui invente le juron-onomatopée, le premier est poussée par Prunelle dans la planche 564 « Grrdidjiiii ! ». Cette première tentative est suivi à la planche 569 par le désormais légendaire « Rogntudju ! » qui restera comme le juron préféré de Prunelle. Devenant ainsi le premier personnage de bande dessinée à jurer ouvertement et la censure ne pourra rien dire.
La ménagerie de Gaston s'agrandit de deux nouveaux pensionnaires qui deviendront récurrents dans la série, le chat dingue et la mouette rieuse. Apparus ensemble lors de la planche 613 ils ne veulent plus quitter Gaston, le chat depuis qu'il a goûté la cuisine de Gaston, la mouette, elle, après avoir passé l'hiver ici a préféré rester dans la rédaction plutôt que de retourner avec les autres au bord de la mer. Franquin n'est pas aller chercher l'idée du chat dingue bien loin, c'est le portrait craché du chat de la maison César avec quelques influences de chats de dessin animés comme le chat de la Métro Goldwyn ou Grosminet. Le chat César a même inspiré plusieurs gags, comme le gag de la ficelle déroulée dans toute la pièce. C'est l'épouse de Franquin qui en rentrant un jour découvrira que César, en jouant avec un rouleau cylindrique de ficelle, l'avait déroulé et noué dans tous les pieds de tables, chaises et fauteuils. Le choix du second animal de Gaston est plus surprenant, c'est en se promenant aux étangs d'Ixelles que Franquin opta pour une mouette; cet animal capable de déprimer les gens uniquement avec son air de mauvaise humeur et piquant des crises de colère en piquant tout le monde sur la tête sera une bonne source de gag selon Franquin. Graphiquement Franquin aura toujours du mal à la dessiner bien qu'il y prenait un certain plaisir. Contrairement aux animaux précédent (hérisson, perroquet, vache, lionceau, homard) qui disparurent au bout de quelques gags, la mouette et le chat restèrent jusqu'à la fin, Franquin pensa que leur aspect trop banal serait remarqué en cas de disparition soudaine de la série et la personnalité de Gaston pourrait s'en trouver changée.
Nouvelle révolution dans la bande dessinée à la planche 658, la signature de l'auteur participe désormais pleinement au gag. Gaston teste une nouvelle invention, la cigarette-alcootest qui finit par lui exploser à la figure. Sous la dernière case, à la place de la signature, se trouve une espadrille de Gaston brûlée. Un premier essai avait déjà eu lieu lors de la planche 644 où Franquin avait signé « Franqrrrheuh ». Cette signature spéciale, Franquin en a l'idée depuis l'époque de Jidéhem, où Franquin avait imaginé donner vie à leurs deux signatures qui se battent jusqu'à s'esquinter mutuellement. Cette idée de signature-gag vient du fait que Franquin craignait toujours de ne pas faire rire, alors il rajoutait des gags pour être sûr. Il fera pareil dans le décor en rajoutant parfois un nom rigolo en arrière plan (une moto qui s'appelle « Sapetoku » ou un petit chien). Franquin pensant toutefois cette trouvaille trop facile avait peur que le lecteur se lasse rapidement et avait cherché en vain une idée pour la remplacer, mais il ne la trouva jamais.
[] La vie en dehors de la rédaction
Franquin balade Gaston de plus en plus en dehors de la rédaction. L'album Gaffes, bévues et boulettes compte vingt-et-une planches qui se déroulent à l'extérieur sur les quarante-trois que compte l'album. Franquin qui était un perfectionniste veut un monde qui ce rapproche le plus possible de la réalité. Ainsi quand la planche 726 se déroule dans une poissonnerie, Franquin décide d'aller prendre comme modèle une poissonnerie au sud de Bruxelles. Armé de son crayon et de son carnet il dessine assis dans le fond de la boutique l'étalage sous les yeux du poissonnier flamand qui ne parlait pas bien le français et qui n'avait pas compris le but de l'opération.
Les amis prennent de plus en plus d'importance dans la série, Jules-de-chez-Smith-en-face apparut depuis longtemps dans la série devient un personnage principal. Bertrand Labévue est lui apparu un jour le temps d'une demi-planche pour remplacer Gaston qui ne peut pas venir au bureau, il ne lui faudras pas longtemps pour renverser sur Fantasio une bouteille d'encre de Chine. Il aura par la suite un rôle mineur celui de profiter des talents de bricoleur de Gaston, comme le jour où il lui construit une boite au lettre aspirante. Mais c'est dans l'album n°11 qu'il aura un véritable rôle en formant avec Jules et Gaston le gang des gaffeurs. Contrairement à Jules, Franquin a fait une véritable personnalité à Bertrand : celui d'un éternel déprimé au point que Franquin dira qu'il est une des facettes de sa personnalité.
Gaston s'évade aussi de la rédaction en rêvant, un paquebot en pleine mer fait naufrage parmi les passages Gaston et Mademoiselle Jeanne qui après avoir affrontés un banc de requins avec lime à ongles pour sauver sa belle, dompte un requin pour échouer sur une ile déserte, se voyant déjà comme les « Robinsons de l'amour. ». Malheureusement Prunelle cherchant les contrats ou amenant un sac de courrier en retard le ferra revenir à la réalité. Jamais la relation Jeanne Gaston ne sera aussi explicite, Gaston ne cachant plus son amour pour sa collège. Franquin la dessine maintenant beaucoup moins moche voire carrément sexy, quant elle sort de l'eau elle est même « appétissante » dira Franquin.
[] Gaston sur le déclin
L'album le gang des gaffeurs sera le dernier publié régulièrement. Depuis 1965 un album de Gaston sort chaque année. Ce silence s'explique par les différents projets de Franquin en cette période. Le Trombone illustré supplément pirate du journal Spirou fabriqué dans la cave de la rédaction que Franquin anime, lui permet de montrer sa désapprobation avec le contenu du journal de l'époque. Ainsi le gag 827 montre la violence de la critique, un avion miniature allemand de la seconde guerre mondiale monté par Gaston n'hésite pas à bombarder le bureau du rédacteur en chef incarné par Prunelle. Ce gag vient du fait que Franquin n'aimait pas la rubrique « Mister Kit », qui était consacrée aux maquettes et qui sous pression des lecteurs présentait le plus souvent des engins militaires allemands.
En cette période Franquin prenait des libertés sur le rythme de parution. Le rédacteur en chef de l'époque avait trouvé une solution pour qu'il livre chaque semaine un gag, le coin des classiques ainsi chaque semaine où Franquin ne livrait pas de planche, était programmé dans le journal un gag ancien. Comme Franquin détestait voir d'anciens trucs « parce que le dessin avait vieilli » il était obligé de faire des efforts pour en fournir un nouveau. Des libertés, Franquin en prend aussi sur le format des gags, ainsi le gag en demi-planche ou en strips fit son retour, mais aussi le gag en un seul dessin apparut.
Franquin reprit du poil de la bête suite à un festival de bande dessinée d'Angoulême, il rencontre des élèves d'une école de 11 à 14 ans, ils dessinent ensemble et très vite ils racontent des gags vieux de dix ou quinze ans qui les amusaient toujours. Franquin revint d'Angoulême avec la nouvelle motivation de faire plaisir aux gens et de sortir au moins un quatorzième albums.
[] La guerre des parcmètres
Franquin avait une haine pour les parcmètres, il ne supportait pas qu'en ville où les trottoirs sont très étroits soient placés ces appareils qui en plus de prendre une grande place sont là pour soutirer de l'argent. Franquin exprime sont mépris de ces appareils à travers Gaston, plus d'une quinzaine de gags de l'album 14 sont consacrés à cette guerre. Le journal Spirou suis le mouvement, le numéro 2169 du 8 novembre 1979 annonce la mobilisation générale, des autocollants « T'as payé pour rouler, Il faut aussi payer pour t'arrêter... » sont offerts, les lecteurs sont invités à photographier des parcmètres déguisés en oeufs de Pâques et un parcmètre est promis en cadeau à l'auteur de la photo la plus marrante, un gag de Boule et Bill et Germain et nous... sont aussi sur le sujet. Les semaines suivantes la lutte continue avec des gag de Gaston en couverture du journal avant de retomber jusqu'au numéro 2177 où une trêve de Noël est annoncé, ça sera la dernière annonce de la guerre des parcmètres dans Spirou. Cette lutte combat montre une nouvelle dimension de Gaston, celui de l'engagement sur un certain point de vue du monde. Dans quelques gags auparavant Gaston avait montré ses idées écologistes et pacifistes en s'en prenant à des chasseurs et des militaires, mais désormais il passe à l'activisme. Ainsi dans le gag 866, il participe à une manifestation contre les armements et dans le gag 870 à une manifestation écologiste. Dans le gag 890 sur deux pages, il part dans un rêve en guerre contre les chasseurs de baleine, qu'il bombarde à l'aide d'une bombe de super-colle. Cette activisme en faveur des baleines vient du fait que Franquin trouvait les baleines magnifiques et ne supportait pas qu'on les massacre. L'organisation Greenpeace va utiliser Gaston pour mettre en lumières ses propres actions de sauvegardes. Plus tard, ce sera pour les organisation UNICEF et Amnesty International que Franquin dessinera une planche de Gaston.
[] La fin de carrière
Les lecteurs devront attendre quinze ans avant de voir un nouvel album de Gaston, le numéro 15 Gaffe à Lagaffe ! sort en décembre 1996 sous le label Marsu-production qui a racheté les droits de Gaston auprès de Franquin. Ce sera le dernier triomphe de Franquin, l'auteur s'éteint le 5 janvier 1997 à l'âge de 73 ans. L'auteur avait déjà abandonné la production régulière de Gaston, la dernière planche inédite dans Spirou parait le 25 juin 1991 dans le numéro 2776. Franquin se contente de tenter de dessiner une planche de temps en temps. Pourtant pendant longtemps Franquin a eu un désir, celui d'atteindre le millième gag de Gaston ; à la sortie de l'album, Franquin doit estimer qu'il n'atteindra jamais ce chiffre.
Peu après le décès de l'auteur, les éditions Dupuis rééditent pour les 40 ans de Gaston une édition dite définitive de 18 albums pour remplacer l'édition originale et ainsi mettre de l'ordre dans les planches de la série. Deux ans plus tard, une surprise s'affiche aux devantures des librairies : un nouvel album de Gaston. Cet album est constitué d'inédits, de bal à Gaston et de planches publicitaires publiés avec l'accord de Liliane Franquin, l'épouse du maître.
[] La fabrication d'une planche
- La première étape est le crayonné, il permet de mettre en place les personnages et les principaux éléments du décor dans la case. En cas d'hésitation sur l'attitude ou l'expression d'un personnage, Franquin peut faire des dessins préparatoires sur une feuille blanche.
- Les textes sont placés, et des portées sont dessinées afin d'empêcher que les textes soient écrits de travers.
- Seconde étape du crayonné : après la mise en place des personnages et des décors, il est poussé plus loin. Les décors sont redessinés généralement avec l'aide de documentation. Franquin en profite pour placer une expression qu'il trouve rigolote aux personnages afin de ne pas l'oublier plus tard.
- La mise à l'encre. Franquin en profite pour dessiner une nouvelle fois sa planche.
- La mise au propre avec une gomme : effaçage tous les défauts. Franquin peut parfois gouacher une petite tache ou un trait en trop. Il peut parfois enlever un personnage à l'aide d'une lame de rasoir et le redessiner, seulement évidemment si le papier le permet.
- La mise en couleur : Franquin pose sur sa planche un film lisse d'un côté et mat de l'autre. Avec des crayons de couleurs il colorie sur le coté mat du film. Il envoie ensuite le tout à Vittorio Leonardo, créateur des Studio Leonardo et coloriste des Éditions Dupuis, qui reproduit les couleurs au format de parution.[55]
Le matériel de Franquin :
- papier Shoellers fin grain ;
- porte mine + mine graphite HB ;
- gomme caoutchouc ;
- plume à dessin ou pinceau ;
- encre de chine ;
- lame de rasoir neuve.
[] Les personnages
[] Gaston Lagaffe
Gaston Lagaffe est engagé comme garçon de bureau à la rédaction de Spirou. Il est à la fois inventeur, chimiste, bricoleur, musicien et cuisinier. Sa principale occupation est pourtant la sieste, due à sa très grande paresse.
Gaston est aussi un grand ami de la nature : il possède plusieurs animaux et plantes en tout genre (chat, mouette rieuse, souris, poisson rouge, hérisson, grand cactus). C'est enfin un anti-parcmètre qui le conduira à mener la guerre des parcmètres.
[] La rédaction de Spirou
La rédaction du Journal de Spirou, qui présente la série, est entièrement née de l'esprit de Franquin. Elle ne repose sur rien de réel[56]. Franquin passait d'ailleurs rarement à la rédaction du journal[57] et il regrettera plus tard de ne pas avoir fait une satire de la véritable rédaction du journal[58].
La rédaction du journal se situe entre la Belgique et la France. Les éditions Dupuis qui souhaitaient toucher un public français avaient demandé à Franquin de dessiner une ville comme française, Franquin quant à lui préférait une ville belge ce qui explique que la ville de la rédaction à un peu des deux pays[59].
L'immeuble de la rédaction est organisé en 6 étages plus le rez-de-chaussée et les caves[60] ainsi qu'un grenier de belle taille.
[] Les collègues de bureau
- Fantasio (celui de Spirou et Fantasio) est secrétaire de rédaction. On le voit généralement lorsqu'il tente de signer les contrats avec M. De Mesmaeker, sans y parvenir, en raison des interventions de Gaston? Étonnante inversion : symbole lui-même dans les aventures de Spirou de la fantaisie et de l'invention face au sérieux de Spirou, il adopte l'attitude inverse face à Gaston qui devient à Fantasio ce que Fantasio était à Spirou[61]. Au moment de la reprise de la série Spirou et Fantasio par Jean-Claude Fournier (1969), Fantasio disparaît de la série Gaston Lagaffe, Franquin ne voulait pas de deux Fantasio différents dans deux séries différentes et prises en charge par deux dessinateurs différents[62].
- Léon Prunelle est le successeur de Fantasio au poste de chef de Gaston. Colérique, grand consommateur d'adrénaline, fumant la pipe, il s'est juré d'être « l'homme qui a fait travailler Gaston »[63] et à ce titre il le pourchasse continuellement pour l'empêcher de faire toute sieste ou toute pause et pour lui rappeler qu'il doit s'occuper du courrier en retard. Il tente également de l'empêcher de cuisiner, de bricoler, d'inventer et, bien évidemment, de gaffer[64]. Prunelle est le premier personnage de bande dessinée à jurer ouvertement, usant notamment du rognnntudju[65], qui est en réalité une déformation d'un authentique juron : « Nom de Dieu ! »[66].
- Yves Lebrac est l'un des dessinateurs du journal[67]. Il est beaucoup plus décontracté que Prunelle et a tendance à perdre ses outils de travail : gomme, crayon, encre de Chine? Souvent Gaston ou son chat y sont pour quelque chose. Il fait la cour (perpétuelle) à la secrétaire qui est dans son bureau[68]. Il est également un habitué des jeux de mots cocasses qui bien souvent déplaisent à Prunelle[69].
- Bertje Van Schrijfboek est un traducteur franco-néerlandais du journal[70] (son nom dérive du néerlandais schrijven, écrire, et boek, livre). Il rigole bien souvent des trouvailles de Gaston. Il est aussi le frère de Jef Van Schrijfboek[71].
- Spirou (également celui de Spirou et Fantasio) apparaît dans quelques gags, pour donner la réplique à Fantasio.
- Joseph Boulier, chef de la comptabilité des Éditions Dupuis, n'a de cesse de traquer les dépenses inutiles de la rédaction et particulièrement les coûteuses gaffes de Gaston. Il est inspiré physiquement par M.Ducrin de la série Modeste et Pompon[72].
- Mélanie Molaire et Jules Soutier, respectivement femme de ménage[73] et concierge des éditions Dupuis[74], ils sont généralement furieux contre les gaffes de Gaston qui saccage le matériel quand ce n'est pas la chaudière ou l'ascenseur.
- Charles Dupuis, directeur des Éditions Dupuis. On parle de lui, on entrevoit sa personne parfois, mais on ne verra jamais son visage dans la BD[75].
- Yvan Delporte, rédacteur en chef à la barbe célèbre, est souvent montré, mais jamais nommé[76].
- Jef Van Schrijfboek, frère de Bertje, apparaît dans quelques gags de Gaston.
- Raoul Cauvin, scénariste de Les Tuniques bleues, il s'occupait à l'époque de la photocopieuse[77].
- Franquin, l'auteur apparait quelques fois dans la série. Toujours à la recherche d'un bon gag[78].
[] Les secrétaires
- Mademoiselle Jeanne (« M'oiselle Jeanne » pour Gaston) est une collègue de Gaston, cependant, elle occupe une place toute particulière. En effet, elle est amoureuse de Gaston, qui est également amoureux d'elle[79]. Jeanne voue une admiration sans borne à Gaston. Elle admire son talent, son courage, sa capacité à oser les choses les plus folles, etc. Gaston, quant à lui, va jusqu'à emprunter la grande échelle des pompiers grâce à l'un de ses amis pour lui rendre visite alors que celle-ci a eu des mots avec sa mère[80]. Cependant, il lui arrive parfois de la décevoir : alors qu'elle croit qu'il grave un c?ur avec leurs initiales sur l'écorce d'un tronc d'arbre, Gaston est en fait en train de dessiner un visage[81]. D'abord présentée sous les traits d'une personne timide au style très classique, elle évolue progressivement vers un personnage beaucoup plus « à la page »[82].
- La secrétaire de Lebrac, est une femme brune un peu hippie, elle s'occupe du bureau de Yves Lebrac et ils ont une idylle ensemble. Elle ne porte pas de nom car Franquin avait un jour trouvé un nom lui convenant admirablement bien avant de l'oublier sans l'avoir noté[83].
- Mademoiselle Yvonne, châtain, elle occupe l'emploi de réceptionniste-standardiste[84].
- Mademoiselle Suzanne, blonde, elle est dactylo au journal de Spirou[86].
[] Le gang des gaffeurs
Gaston à une bande de copains qui se nomme Le gang des gaffeurs. Ensembles il commettent les quatre cents coups (« Non, pas quatre cents, SIX CENTS ! »). Ensemble ils formèrent plusieurs groupes de musique :
- Les Moon Module Mecs, groupe où joue le premier gaffophone électrique[87].
- Les Rois des Sons qui tente de se spécialiser dans les sonorités nouvelles[88].
- Un orchestre qui joue des bulles de savon où se trouvent enfermés les notes de musique[89].
Ils se réunissent souvent pour inventer des tas de jeux loufoques comme du tennis avec une poubelle[90] ou inventer de nouvelles formes de jokari comme le jokari avec élastique et super-balle, mais aussi le JSV (Jokari sans visibilité)[91]. Ensemble ils mèneront aussi la guerre des parcmètres contre l'agent de police Longtarin.
- Jules-de-chez-Smith-en-face est un bon ami de Gaston. Il « travaille » dans le bureau juste en face de celui de Gaston, de l'autre côté de la rue[92]. Aussi tentent-ils de communiquer grâce à une ficelle reliée à des pots de yaourt tendue entre leurs fenêtres[93], ou bien ils s'envoient des avions téléguidés[94], ou alors ils tentent de tendre une corde au-dessus de la rue en plein hiver pour qu'il s'y forme des stalactites de glace[95]. Ils ont également tenté ensemble de communiquer en attachant des messages à la patte de la mouette rieuse de Gaston. Jules est un gaffeur comme Gaston.
- Bertrand Labévue est un autre ami de Gaston. Comme son nom l'indique, il est également un grand gaffeur. Il aide souvent Gaston quand celui-ci passe des moments difficiles au bureau, par exemple en tentant de lui fournir des ouvre-boîtes lorsque Prunelle se met en guerre contre les boîtes de fruits au sirop et les ouvre-boîtes indispensables[96]. Dépressif, Bertrand est également très gourmand, mais les « exploits » culinaires de Gaston ne font que renforcer sa dépression[97].
- Manu, exerce des métiers très divers : tantôt il est ramoneur, tantôt égoutier ou responsable de l'installation des panneaux signalétiques dans la rue[98]. Il est toujours prêt à aider Gaston pour embêter Longtarin[99].
- William Lapoire est un ami de Gaston qui lui demande souvent conseil et aide en matière de bricolage, parfois à ses dépens. Il participe également aux joutes sportives (football, basket-ball) de la rédaction.
- Le dessinateur anonyme, que Franquin n'a jamais baptisé. Généralement, Gaston le rencontre dans la rue ou après qu'on lui ait refusé ses dessins chez Spirou.
[] Les victimes involontaires
- Joseph Longtarin est un policier gradé (il est brigadier-chef)[102] travaillant dans le quartier de la rédaction de Spirou. Il est l'une des « victimes » préférées de Gaston et ses amis : ils abîment ses chers parcmètres, les remplacent par des distributeurs de bonbons[103], y ajoutent un système de télécommande pour ne plus avoir à descendre « nourrir l'affreux mange-pièces »[104], ou bien au contraire les équipent de fusées de détresse permettant de repérer facilement les contraventions[105]. En contrepartie, Longtarin s'acharne sur Gaston : il examine ses nouveaux véhicules sous toutes les coutures pour vérifier s'ils sont bien aux normes, surveille particulièrement les parcmètres autour desquels se gare Gaston et met son énergie à lui dresser le plus grand nombre de contraventions possibles[106]. Cependant il ne manque pas de c?ur : lorsque Gaston et ses amis se débrouillent pour faire pousser un arbre autour d'un parcmètre, arbre sur lequel des oiseaux font leur nid, Longtarin décide (sous la pression de Gaston et ses amis) que les personnes voulant se garer devront payer en nourrissant les oisillons[107].
- Monsieur de Mesmaeker, Aimé de son prénom, est un riche homme d'affaires : il possède un avion privé (détruit par Gaston)[108], il est marié[109] et a au moins deux filles, dont l'aînée ne roule qu'en Alfa Romeo[110]. On le voit toujours alors qu'il essaye de signer « les contrats » avec Fantasio puis Prunelle, et, de rares fois, Boulier ou M. Dupuis[111]. Gaston fait à chaque fois rater la signature de ces contrats (dont Franquin lui-même déclara ne pas connaître le contenu)[112] : il s'en sert pour faire une démonstration de sa machine à recycler le papier[113], déclenche les systèmes anti-incendies sur le cigare de M. De Mesmaeker, etc. Il lui arrive même de faire signer une chronique auto alors que les autres employés ont la grippe ! Cela lui attire les foudres de ses collègues et provoque une fureur récurrente de M. De Mesmaeker. Ce dernier lui propose toutefois dans une bande de signer un contrat pour la vente de sa soupe aux légumes[114], et dans une autre pour son horloge Apollo (le Cosmo-coucou, l'horloge en avance sur son temps)[115]. Le nom de M. De Mesmaeker est tiré de celui du dessinateur Jidéhem (« JDM » = Jean De Maesmaker), ami de Franquin et co-auteur de la série lors des premières années de la série.
- Ducran & Lapoigne sont associés d'une entreprise de Travaux Publics spécialisée dans la construction de ponts. Pour leur plus grand malheur, leurs bureaux sont mitoyens des éditions Dupuis. Ils subissent fréquemment les retombées des gaffes gastoniennes[116].
- Père Gustave, est un brave agriculteur-éleveur qui vit avec sa femme Marie. Il tentera à plusieurs reprises de faire travailler les citadins que sont Gaston ou Jules
Revue de presse Gaston_Lagaffe
