|
{revue}
Carte de la Terre
La gĂ©ographie (du grec ancien γΔÏÎłÏαÏία - geographia, composĂ© de "η γη" (hĂȘ gĂȘ) la Terre et "ÎłÏαÏΔÎčΜ" (graphein) graver) est l'Ă©tude de la planĂšte, ses terres, ses caractĂ©ristiques, ses habitants, et ses phĂ©nomĂšnes. Une traduction littĂ©rale serait «dĂ©crire ou Ă Ă©crire sur la Terre". La premiĂšre personne Ă utiliser le mot « gĂ©ographie » Ă©tait EratosthĂšne (276-194 avant J.-C.) pour un ouvrage aujourd'hui perdu. Pour les Grecs, c'est la description rationnelle de la Terre. Il s'agit d'une science qui rĂ©pond Ă une curiositĂ© nouvelle, et qui va dĂ©terminer la gĂ©opolitique en dĂ©finissant les territoires Ă conquĂ©rir et Ă tenir. Pour Strabon, c'est la base de la formation de celui qui voulait dĂ©cider. Quatre traditions historiques dans la recherche gĂ©ographique sont l'analyse spatiale des phĂ©nomĂšnes naturels et humains (la gĂ©ographie comme une Ă©tude de la distribution), des Ă©tudes territoriales (lieux et rĂ©gions), l'Ă©tude des relations homme-terre, et la recherche en sciences de la terre. NĂ©anmoins, la gĂ©ographie moderne est une discipline englobante qui cherche avant tout Ă mieux comprendre notre planĂšte et toutes ses complexitĂ©s humaines et naturelles, non seulement oĂč les objets sont, mais comment ils ont changĂ© et venir Ă l'ĂȘtre. En tant que "pont entre les sciences humaines et physiques", la gĂ©ographie est divisĂ© en deux branches principales, la gĂ©ographie humaine et gĂ©ographie physique.
IntroductionLongtemps les géographes se sont posé quatre questions majeures lorsqu'ils regardaient la Terre, s'inscrivant en cela dans une démarche descriptive et analytique :
La gĂ©ographie du dĂ©but du XXe siĂšcle a beaucoup changĂ©, Ă prĂ©sent, c'est la science qui Ă©tudie en plus les dimensions spatiales du social. Pour dĂ©passer cette approche analytique et essayer de saisir la maniĂšre dont les sociĂ©tĂ©s jouent de l'espace pour s'organiser et se structurer. La question fondamentale de la gĂ©ographie contemporaine est la suivante : "Y a-t-il de la distance ?" Si, pour une problĂ©matique donnĂ©e (emploi, logement, accĂšs aux ressources naturelles, tourismeâŠ), la rĂ©ponse est positive, alors cela signifie que l'approche gĂ©ographique est Ă ce sujet pertinente. DĂšs lors, il convient de s'interroger dans cette perspective que la place faite aux grandes forces qui travaillent la sociĂ©tĂ© : l'individu, les communautĂ©s, les pouvoirs, la technique, la Nature. Des questions complexes se font alors jour, combinant les dimensions de la sociĂ©tĂ© sous l'angle gĂ©ographique (pourquoi ? - Les objectifs des individus/des sociĂ©tĂ©s ; comment ? - Les relations du pouvoir dans l'espace ; Jusqu'oĂč ? - Les limites, les discontinuitĂ©s, les seuils...) L'approche gĂ©ographique d'un phĂ©nomĂšne ne se limite pas uniquement Ă l'utilisation de la cartographie - l'Ă©tude des cartes. La grille de questionnement, associĂ©e Ă la cartographie, permet d'ajuster l'analyse de l'objet - l'espace - et d'expliquer pourquoi on trouve tel ou tel phĂ©nomĂšne ici et pas ailleurs. La gĂ©ographie s'applique donc Ă dĂ©terminer les causes, aussi bien naturelles qu'humaines ; et lorsqu'ils observent des diffĂ©rences, leurs consĂ©quences. Branches de la gĂ©ographieIl est difficile de dresser une arborescence des branches de la gĂ©ographie tant celle-ci change selon les pays et selon les Ă©poques contemporaines (et donne mĂȘme lieu Ă de nombreux dĂ©bats Ă©pistĂ©mologiques). Actuellement, on distingue plusieurs paradigmes : GĂ©ographie physiqueArticle dĂ©taillĂ© : GĂ©ographie physique.
Ces disciplines de la "gĂ©ographie physique" ne peuvent ĂȘtre qualifiĂ©es de "gĂ©ographiques" que si elles intĂšgrent dans les problĂ©matiques Ă©tudiĂ©es une dimension humaine (la gĂ©ographie est aujourd'hui une science composite) et spatiale. Aujourd'hui, plus que de « gĂ©ographie physique », on parlera davantage de « gĂ©ographie environnementale ». En effet, d'une part les diffĂ©rentes composantes (gĂ©omorphologique, climatologique, hydrologique, biogĂ©ographique, etc.) sont de plus en plus considĂ©rĂ©es comme formant un mĂȘme systĂšme (ou gĂ©osystĂšme), d'autre part l'Ă©tude d'un milieu donnĂ© ne se comprend qu'en interaction avec la sociĂ©tĂ© qui l'occupe et le produit.
Géographie humaineArticle détaillé : Géographie humaine.
RelancĂ©e Ă la fin des annĂ©es 1970 par Yves Lacoste, crĂ©ateur et fondateur de la revue HĂ©rodote en 1976 (intitulĂ©e d'abord StratĂ©gies gĂ©ographies idĂ©ologies, puis en 1983 Revue de gĂ©ographie et de gĂ©opolitique) et auteur de l'essai La GĂ©ographie, cela sert d'abord Ă faire la guerre. Voir aussi les revues Limes, Espace gĂ©ographique fondĂ©e en 1973 par Roger Brunet, Espace-Temps fondĂ©e en 1975 par Jacques LĂ©vy et Christian Grataloup... Aujourd'hui, la gĂ©opolitique tend Ă analyser les consĂ©quences de la mondialisation (gĂ©oĂ©conomie) et la gestion des ressources naturelles (l'or ; l'or bleu - l'eau ; l'or noir - le pĂ©trole ; l'or vert - la forĂȘt)... HĂ©ritiĂšre du postmodernisme, la GĂ©ographie du Genre se dĂ©veloppe en France depuis la fin des annĂ©es 1990. Elle souhaite nuancer la gĂ©ographie « masculine » en intĂ©grant la vision d'autres groupes appartenant Ă la sociĂ©tĂ©, comme les minoritĂ©s sexuelles, mais aussi sociales et raciales. GĂ©ographie mathĂ©matiqueArticle dĂ©taillĂ© : GĂ©ographie mathĂ©matique.
Développée récemment, cette branche de la géographie se distingue des précédentes par le recours à l'outil l'informatique, pour analyser le territoire. Elle complÚte les systÚmes d'information développés par ailleurs dans d'autres disciplines par une référence spatiale : la localisation géographique, couramment définie par un systÚme de coordonnées géographiques (X, Y, Z). On distingue ainsi les systÚmes d'information géographiques (SIG) et la télédétection satellite. Recouvre un ensemble d'outils mais aussi de concepts permettant de modéliser les structures spatiales et d'analyser les dimensions spatiales de la vie en société. Géographie régionaleArticle détaillé : Géographie régionale.
La gĂ©ographie rĂ©gionale est une vĂ©ritable sous-discipline idiographique, axĂ©e sur la recherche de l'unique. Un territoire de prĂ©dilection : la rĂ©gion. Depuis les annĂ©es 1970 et 1980, la gĂ©ographie a vu se dĂ©velopper de nouvelles branches de sa discipline en accord avec une approche pluridisciplinaire (notamment l'utilisation des outils en provenance des disciplines Ă©conomiques, mathĂ©matiques, sciences politiques, sociologiques, et informatiques), inspirĂ©e par les gĂ©ographies scandinave, nord-amĂ©ricaine et anglaise, notamment Ă travers les approches variĂ©es de : Champs relatifsUn domaine aux confins de la gĂ©ographie Ă©conomique et de la microĂ©conomie qui Ă©tudie les questions de localisation Ă©conomique, et les relations Ă©conomiques entre le mondial (mondialisation) et le local (amĂ©nagement du territoire, pĂŽle de compĂ©tence, dĂ©localisation...) Enfin, la notion d'Ă©chelle - ou approche multiscalaire - est essentielle en gĂ©ographie : suivant que le gĂ©ographe Ă©tudie toute la planĂšte (petite Ă©chelle) ou seulement une partie de celle-ci (grande Ă©chelle), on parle de gĂ©ographie gĂ©nĂ©rale ou de gĂ©ographie rĂ©gionale. De nos jours, on prĂ©fĂšre toutefois parler de gĂ©ographie thĂ©matique Ă la place de gĂ©ographie gĂ©nĂ©rale et de gĂ©ographie des territoires Ă la place de gĂ©ographie rĂ©gionale. Techniques gĂ©ographiquesLa gĂ©ographie nĂ©cessite d'ĂȘtre capable de situer les diffĂ©rentes parties de la Terre les unes par rapport aux autres. Pour ce faire, de nombreuses techniques ont Ă©tĂ© dĂ©veloppĂ©es Ă travers l'histoire. CartographieArticle dĂ©taillĂ© : Cartographie.
SystĂšmes d'information gĂ©ographiqueL'introduction de l'informatique en gĂ©ographie a permis aux gĂ©ographes de dĂ©velopper une discipline Ă part entiĂšre : la gĂ©omatique. La gĂ©omatique est un ensemble de mĂ©thodes et d'outils permettant l'acquisition, le stockage, la gestion ainsi que la diffusion de donnĂ©es Ă rĂ©fĂ©rence spatiale. Ce sont des outils comme les systĂšmes d'information gĂ©ographique (SIG), qui sont utilisĂ©s pour croiser des informations gĂ©olocalisĂ©es et rĂ©aliser des analyses spatiales multicritĂšres. Les SIG les plus connus et les plus utilisĂ©s sont : Plusieurs autres systĂšmes d'information gĂ©ographique sont conçus par des informaticiens et gĂ©ographes indĂ©pendants. Ceux-ci rĂ©ussissent souvent Ă combler les failles ou les oublis surgissant des imposants logiciels citĂ©s ci-haut. Cependant, le rayonnement de ces logiciels tierces est faible et ne permet pas Ă une large population de les utiliser. Par ailleurs, certains considĂšrent, erronĂ©ment, le logiciel Google Earth comme un SIG. Ce logiciel nâest quâun outil de visualisation dynamique de la Terre en 3D. Un autre logiciel, World Wind, similaire Ă Google Earth, est Ă©galement distribuĂ© par la NASA. Dans les deux cas, l'objectif annoncĂ© par Google et la NASA est d'intĂ©grer le plus grand nombre de composantes des SIG dans leur logiciel. Mais les outils rĂ©alisĂ©s jusqu'Ă maintenant ne peuvent ĂȘtre utilisĂ©s que par des gĂ©ographes connaissant suffisamment la programmation pour y rĂ©aliser de bien maigres rĂ©sultats (d'un point de vue gĂ©omatique). TĂ©lĂ©dĂ©tectionArticle dĂ©taillĂ© : TĂ©lĂ©dĂ©tection.
Méthodes de géographie quantitativeArticle détaillé : Géostatistique.
Méthodes de géographie qualitativeArticle détaillé : Ethnographie.
Histoire de la géographieArticle détaillé : Histoire de la géographie.
Diego Velåzquez, Le Géographe (1627-1630)
L'AntiquitĂ©Les Grecs sont la premiĂšre civilisation connue pour avoir Ă©tudiĂ© la gĂ©ographie, Ă la fois comme science et comme philosophie. ThalĂšs de Milet, HĂ©rodote (auteur de la premiĂšre chorographie), ĂratosthĂšne (premiĂšre carte du monde connu â l'Ă©coumĂšne â, calcul de la circonfĂ©rence terrestre), Hipparque, Aristote, PtolĂ©mĂ©e ont apportĂ© des contributions majeures Ă la discipline. Les Romains ont apportĂ© de nouvelles techniques alors qu'ils cartographiaient de nouvelles rĂ©gions. Ces premiers « gĂ©ographes » dĂ©veloppent quatre branches de la gĂ©ographie qui vont perdurer jusqu'Ă la Renaissance :
Le Moyen ĂgeAu cours du Moyen Ăge, juste aprĂšs les invasions barbares au VIe siĂšcle, l'intĂ©rĂȘt pour la gĂ©ographie diminua en Occident. Dans le haut Moyen Ăge, cette discipline fut le parent pauvre de l'Ă©ducation, qui se dĂ©clinait Ă travers les arts libĂ©raux. Le quadrivium incluait bien l'astronomie, mais pas la gĂ©ographie. Isidore de SĂ©ville contribua Ă conserver un certain patrimoine de connaissances. NĂ©anmoins, la reprĂ©sentation du monde Ă©tait trĂšs sommaire : on imaginait la terre plate, et les continents Ă©taient placĂ©s Ă l'intĂ©rieur d'un rond et autour un T renversĂ© vers la droite, l'Europe Ă©tant au-dessus de la barre horizontale, l'Afrique en dessous, et l'Asie Ă droite (l'AmĂ©rique et l'OcĂ©anie Ă©tant bien entendu inconnues). La barre horizontale reprĂ©sentait la MĂ©diterranĂ©e, la barre verticale sĂ©parant l'Asie (Ă l'est), de l'Europe et de l'Afrique (Ă l'ouest) Ă©tait constituĂ©e par le Danube et le Nil, que l'on supposait reliĂ©s (reprĂ©sentation O/T). Au centre, point d'intersection des deux barres, JĂ©rusalem, la ville religieuse, considĂ©rĂ©e comme le centre du monde. NĂ©anmoins, le capital d'informations gĂ©ographiques et scientifiques de l'AntiquitĂ© (Euclide, Aristote, PtolĂ©mĂ©e, ...) fut recueilli dans les centres intellectuels de la civilisation arabo-musulmane. Le monde musulman Ă©tait en effet mieux placĂ© gĂ©ographiquement, au carrefour des civilisations grecque, mĂ©sopotamienne, indienne, Ă©gyptienne, pour recueillir le savoir de l'AntiquitĂ©. Bagdad fut créée sur un emplacement proche du lieu oĂč mourut Alexandre le Grand (Babylone). D'autre part, les exigences de la priĂšre musulmane (cinq priĂšres par jour, le fidĂšle Ă©tant orientĂ© vers la Mecque), nĂ©cessitaient des connaissances gĂ©ographiques dont l'Occident n'avait pas besoin. Les gĂ©ographes arabes, tels qu'Idrisi (auquel on doit la premiĂšre grande gĂ©ographie de l'Occident, vers 1150), Ibn Battuta (1304-1370), et Ibn Khaldun ont donc conservĂ© et enrichi l'hĂ©ritage grĂ©co-romain. En Occident, l'encyclopĂ©die de Vincent de Beauvais (speculum naturale, somme des connaissances de l'Occident au XIIIe siĂšcle) contenait des informations gĂ©ographiques connues en 1250. Il y eut au XIIIe siĂšcle plusieurs voyages de missionnaires franciscains en Asie :
Ces informations furent trĂšs utiles pour la prĂ©paration du voyage de Marco Polo entre 1271 et 1295. Ce voyage permit lui-mĂȘme de prĂ©ciser les informations gĂ©ographiques sur l'Asie (Devisement du monde). D'autres missionnaires franciscains partirent vers l'Asie :
L'ensemble de ces voyages avait dĂ©jĂ beaucoup enrichi les informations sur l'Asie avant les voyages de Marco Polo. L'intĂ©rĂȘt pour la gĂ©ographie s'est considĂ©rablement accru en Occident Ă partir de cette Ă©poque, et la reprĂ©sentation du monde a fortement Ă©voluĂ©, engendrant un renouvellement de la cartographie. En 1410, le cardinal Pierre d'Ailly Ă©crivit l'Imago mundi, qui sera imprimĂ© en 1478. Christophe Colomb en avait un exemplaire. La RenaissanceAux XVe siĂšcle et XVIe siĂšcle, de grandes expĂ©ditions maritimes ont immensĂ©ment accru la connaissance de la planĂšte. Ces expĂ©ditions ont Ă©tĂ© accompagnĂ© d'une activitĂ© scrupuleuse d'observation astronomique et gĂ©ographique. Le portulan est la carte type de cette Ă©poque. On peut citer, parmi beaucoup d'autres, les expĂ©ditions de Vasco de Gama (Afrique et Inde), Christophe Colomb (AmĂ©rique centrale et espace caraĂŻbe), Magellan (AmĂ©rique du sud et ocĂ©an pacifique), Jacques Cartier (Canada, 1534). Au milieu du XVIe siĂšcle, François Xavier entame le dĂ©but de l'Ă©vangĂ©lisation du Japon. La cartographie progresse, Ă la fois par la quantitĂ© de nouvelles connaissances apportĂ©es par les explorations, la diffusion des documents par l'imprimerie, et par de nouvelles mĂ©thodes et des fondations thĂ©oriques solides (projection de Mercator au XVIe siĂšcle). Les cartes du monde de la Geographica Generalis de Bernard Varenius et celles de Gerardus Mercator en tĂ©moignent. En Italie, Giovanni Botero publie Ă Rome, de 1591 Ă 1592, les trois volumes des Relazioni Universali qui marquent la naissance de la statistique ou science descriptive de l'Ătat. Il s'agit d'une gĂ©ographie appliquĂ©e aux besoins des nouvelles administrations. XVIIIe et XIXe siĂšclesAu XVIIIe siĂšcle, James Cook et La PĂ©rouse explorent la zone du Pacifique. Au XVIIIe siĂšcle, la gĂ©ographie commence Ă Ă©merger en tant que discipline scientifique. Mais il faut attendre le XIXe siĂšcle pour qu'elle prenne une place rĂ©elle dans l'enseignement en France. Suite Ă la dĂ©faite de la France en 1870 contre la Prusse, elle est enseignĂ©e dans le primaire, en particulier Ă travers un livre de lecture, Le Tour de France par deux enfants. Son enseignement dans le supĂ©rieur est initiĂ© Ă l'Ăcole normale supĂ©rieure de la rue d'Ulm, par Vidal de la Blache, le gĂ©ographe français marquant de la fin du XIXe siĂšcle. PĂ©riode contemporaineEntre le XIXe et le XXe siĂšcle, la gĂ©ographie s'est imposĂ©e difficilement comme une discipline Ă part entiĂšre dans le domaine scientifique. Plusieurs courants se sont dĂ©veloppĂ©s tentant de dĂ©montrer l'interaction entre l'homme et la nature, avec plus ou moins de succĂšs et de rigueur d'approche :
La Nouvelle GĂ©ographieLa nouvelle gĂ©ographie se dĂ©veloppe Ă partir des annĂ©es 1960 aux Ătats-Unis et gagne la France, la Suisse et surtout l'Allemagne dans les annĂ©es 1970. Elle est directement influencĂ©e par les gĂ©ographies anglo-saxonnes, plus prĂ©cisĂ©ment scandinaves et amĂ©ricaines. InspirĂ©e par les mathĂ©matiques (statistiques) et les rĂšgles de l'Ă©conomie, cette gĂ©ographie tente d'Ă©tablir des « lois » universelles (science nomothĂ©tique). La gĂ©ographie devient la discipline visant Ă mettre en lumiĂšre les rĂ©gularitĂ©s, les ressemblances entre les espaces, afin dâĂ©noncer les lois gĂ©nĂ©rales explicatives. On passe donc du particulier au gĂ©nĂ©ral, du descriptif Ă lâexplicatif et de lâinductif Ă lâhypothĂ©tico-dĂ©ductif. La dĂ©marche classique (description de chaque industrie rĂ©gionale, typologie, cartographie, explications de la prĂ©sence spĂ©cifique de certaines industries dans certains lieux privilĂ©giant les facteurs naturels, les particularitĂ©s locales et la dimension historique) est remplacĂ©e par une dĂ©marche « nouvelle ». Celle-ci simplifie la rĂ©alitĂ© en partant dâhypothĂšses de base, pose des hypothĂšses de recherche et un mĂ©canisme Ă tester. Une collecte de donnĂ©es, une analyse statistique et la production dâune carte « thĂ©orique » permet ensuite dâaccepter ou de rejeter lâhypothĂšse, qui peut par la suite Ă©ventuellement ĂȘtre modifiĂ©e. A la fin du processus, on dispose dâune sĂ©rie de propositions, dont on peut rendre compte par un modĂšle (reprĂ©sentation simplifiĂ©e et symbolique). Le modĂšle peut ĂȘtre une relation mathĂ©matique, une sĂ©rie de propositions ou une reprĂ©sentation cartographique. On change ainsi de mĂ©thodes et dâĂ©chelle de travail, on sâallie Ă dâautres sciences, et on pose dâautres hypothĂšses sous-jacentes. La Nouvelle GĂ©ographie Ă©merge dans un contexte spĂ©cifique : le prestige de la science, les besoins de la croissance, la situation de la gĂ©ographie traditionnelle, les problĂšmes sociaux et ceux des minoritĂ©s ainsi que le nouveau rĂŽle de lâĂtat modifie les attentes quant Ă la gĂ©ographie, tout comme les besoins de la reconstruction en Europe. Câest Ă cette Ă©poque que se dĂ©veloppe la production de masse (fordisme, etc.). Les problĂšmes sociaux de lâĂ©poque concernent surtout la transformation de lâĂ©conomie (de la guerre Ă la paix) et les emplois et logements. Les petits agriculteurs vivent mal, on affronte des problĂšmes syndicaux et des difficultĂ©s avec les minoritĂ©s. Pour les jeunes gĂ©ographes, ce renouveau de la gĂ©ographie est un dĂ©fi et une question de survie. On assiste donc Ă une modification du rĂŽle de la gĂ©ographie, qui doit permettre aux gouvernements de comprendre, prĂ©dire e diriger les phĂ©nomĂšnes sociaux dans lâespace. Ses consĂ©quences sont la double alliance de la gĂ©ographie avec les sciences et la planification, son renouveau orientĂ© vers lâĂ©conomie (localisations, croissance rĂ©gionale, urbanisation, flux et interactions), lâobtention de fonds, la reconnaissance symbolique et lâessor de la gĂ©ographie appliquĂ©e. Les modĂšles de localisation sont typiques de ce paradigme. Ils se basent sur deux grands principes dâexplications : lâhĂ©tĂ©rogĂ©nĂ©itĂ© de lâespace, qui renvoie au fait que lâespace est diffĂ©renciĂ© et que certains lieux sont plus favorables Ă certaines activitĂ©s, et son opacitĂ©, qui renvoie au fait quâil est difficile Ă franchir en raison de la friction de la distance (lâĂ©loignement ayant donc un coĂ»t). Voir les thĂ©ories de localisation agricole (Von ThĂŒnen), industrielles (Launhardt et Weber) et tertiaire (places centrales) de G. Fisher. Les points forts de lâanalyse spatiale sont son cadre thĂ©orique cohĂ©rent et sa dĂ©marche rigoureuse, le processus cumulatif de connaissances quâelle met en place, mais aussi les succĂšs tangibles quâelle remporte et le fait quâelle sâaccommode de phĂ©nomĂšnes complexes. Cependant, on peut lui adresser plusieurs critiques : lâoubli du contenu, la disparition de lâhomme, la simplification de la rĂ©alitĂ©, le manque dâesprit critique, lâoubli des rapports de pouvoir, et le cĂŽtĂ© faussement objectif de sa dĂ©marche. Le paradigme sâessouffle : les troubles sociaux persistent, la Guerre du Vietnam et la contestation sociale bouleversent la sociĂ©tĂ©, le prestige de la science diminue.â La gĂ©ographie comportementaleLa gĂ©ographie comportementale sâattache Ă analyser les individus, leurs comportements individuels et collectifs Ă travers le rapport quâils entretiennent avec leur territoire. Les comportementalistes se penchent donc aussi sur la psychologie de lâĂȘtre humain, son rapport au groupe et Ă lâespace, son fonctionnement mental. Il s'agit avant tout de se poser la question « qui fait quoi ? » et « pourquoi ? » (ou : « qui dit quoi ? » et « pourquoi ? ») La gĂ©ographie radicaleAppelĂ©e aussi gĂ©ographie marxiste ou critique, cette gĂ©ographie est fortement influencĂ©e par les autres sciences sociales. Antoine Bailly dĂ©finit ainsi la problĂ©matique radicale : « Une vision de la gĂ©ographie qui privilĂ©gie la problĂ©matique du matĂ©rialisme historique et la dĂ©marche dialectique dans l'analyse socio-Ă©conomique des pratiques sociales » (2001) Elle s'inscrit dans un contexte de troubles sociaux et de contestation sociale durant la guerre du Vietnam au moment oĂč le prestige de la science est en baisse. On retrouve des gĂ©ographes comme Yves Lacoste et l'Ă©quipe de la revue HĂ©rodote, Guy Di MĂ©o (L'Homme, la sociĂ©tĂ©, l'espace, 1991) ou l'anglais David Harvey (Directions in Geography, 1973 et Social justice and The City, 1977) GĂ©ographes cĂ©lĂšbres
Vermeer, Le Géographe, 1669, conservé au StÀdelsches Kunstinstitut, à Francfort-sur-le-Main
Article détaillé : Géographes célÚbres.
Institutions et sociétés géographiques
BĂątiment d'administration de la National Geographic Society Ă Washington, D.C
Article détaillé : Liste des sociétés de géographie.
Publications
Une du Journal de géographie, décembre 1896.
PresseSi les revues géographiques ont parfois des origines anciennes, bon nombre d'entre elles publient maintenant des versions électroniques.
Bases de donnéesNotes et référencesVoir aussiArticles connexes
BibliographieDictionnaires
Histoire
Epistémologie
Liens externesSites et revues scientifiques consacrés à la géographie de façon globale :
D'autres liens sur la CatĂ©gorie gĂ©ographie de lâannuaire dmoz
Le Texte ci-dessus est disponible sous GNU Free Documentation License. La source est wikipedia http://fr.wikipedia.org/wiki/{title} |