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Franklin Delano Roosevelt

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Pour les articles homonymes, voir Roosevelt.
Franklin Delano Roosevelt
32e président des États-Unis
Franklin D. Roosevelt en 1933

Actuellement en fonction
Mandats
4 mars 1933 - 20 janvier 1937
Depuis le 4 mars 1933
20 janvier 1937 - 20 janvier 1941
20 janvier 1941 - 20 janvier 1945
20 janvier 1945 - 12 avril 1945
Élu(e) le 8 novembre 1932
Réélu(e) le 3 novembre 1936
5 novembre 1940
7 novembre 1944
Parti politique Parti démocrate
Vice-président John Garner (1933?1941)
Henry Wallace (1941?1945)
Harry Truman (1945)
Prédécesseur Herbert C. Hoover
Successeur Harry S. Truman
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Autres fonctions
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Biographie
Nom de naissance {{{nom naissance}}}
Naissance 30 janvier 1882
Hyde Park, New York
Décès 12 avril 1945
Warm Springs, Géorgie
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Nationalité }}
Conjoint(s) Eleanor Roosevelt
Enfant(s) }}
Diplômé Université Harvard
Profession Juriste
Occupations }}
Résidence(s) }}
Religion Église épiscopale
Signature

Présidents des États-Unis d'Amérique

Franklin Delano Roosevelt (?r??z?velt) (30 janvier 1882 ? 12 avril 1945) est le trente-deuxième président des États-Unis. Il est élu pour quatre mandats commençant en 1933, 1937, 1941 et 1945. Il meurt avant la fin de ce dernier mandat.

Seul président à avoir été élu quatre fois (le nombre de mandats n'étant limité à deux que depuis 1951)[1], Roosevelt est amené à conduire la lutte contre la Grande Dépression, en mettant en ?uvre le New Deal qui refonde pour une quarantaine d'années le pacte social américain, puis la politique des États-Unis pendant la Seconde Guerre mondiale. Critiqué et admiré, il laisse une très forte empreinte dans l'histoire du pays et du monde. Il réussit notamment à élaborer un nouveau mode de présidence, plus interventionniste et plus active[2].

Sommaire

[] Biographie

[] Origines familiales et jeunesse

Franklin Roosevelt et ses parents en 1899
Franklin Roosevelt et ses parents en 1899
Franklin Roosevelt à 31 ans (1913).
Franklin Roosevelt à 31 ans (1913).

Franklin Delano Roosevelt est né le 30 janvier 1882 à Hyde Park, une localité de la vallée de l?Hudson située à environ 160 km au nord de New York. Ses parents, James Roosevelt Sr. et Sara Ann Delano appartenaient à deux vieilles familles patriciennes de New York[3]. Son père, un riche entrepreneur, avait des ancêtres hollandais et sa mère des ancêtres franco-luxembourgeois[4],[5]. Son grand-père maternel, Warren Delano Jr., qui avait fait fortune dans le commerce de l?opium avec la Chine, était un descendant de Philippe de La Noye, l?un des passagers du Mayflower qui accosta dans l'actuel Massachusetts en 1620[6],[7].

Franklin Roosevelt était fils unique ; il grandit sous l?influence d?une mère possessive[8] et eut une enfance heureuse et solitaire[9]. Il passait souvent ses vacances dans la maison familiale de l'île de Campobello située au Canada. Grâce à de nombreux voyages en Europe, Roosevelt se familiarisa avec les langues allemande et française. Il reçut une éducation aristocratique[10], apprit à monter à cheval, pratiqua de nombreux sports comme le polo, l?aviron, le tennis et le tir.

À l'âge de quatorze ans, il entra dans un établissement privé et élitiste, la Groton School dans le Massachusetts. Pendant ses études, il fut influencé par son maître, le révérend Endicott Peabody, qui lui enseigna le devoir chrétien de charité et la notion de service pour le bien commun[11]. En 1899, Franklin Roosevelt continua ses études à Harvard où il résida dans la luxueuse Adams House. Il entra dans la fraternité Alpha Delta Phi et participa au journal étudiant The Harvard Crimson. Il perdit son père qui mourut en 1900. À cette époque, son cousin lointain et oncle par alliance Theodore Roosevelt[12] accéda à la présidence des États-Unis et devint son modèle politique. Il s'inscrivit au Parti démocrate. Il appartenait aussi à la franc-maçonnerie[13].

En 1902, au cours d?une réception à la Maison Blanche, Franklin Roosevelt fit la connaissance de sa future épouse Anna Eleanor Roosevelt, qui était aussi la nièce du Président Theodore Roosevelt. Eleanor et Franklin Roosevelt avaient tous les deux pour ancêtre commun le Hollandais Claes Martenzen van Roosevelt[14] qui débarqua à la Nouvelle-Amsterdam (future New York) dans les années 1640. Ses deux petits-fils, Johannes et Jacobus ont fondé les deux branches de la famille, celle de l?Oyster Bay et celle d?Hyde Park. Eleanor et Theodore Roosevelt descendaient de la branche aînée, alors que Franklin Roosevelt était issu de la branche cadette, celle de Jacobus[15]. En 1902, Franklin Roosevelt entra à l?école de droit de l?université Columbia mais abandonna son cursus en 1907 sans diplôme. Il passa avec succès l?examen du barreau de l?État de New York et fut engagé dès 1908 dans un cabinet d?affaires prestigieux de Wall Street, la Carter Ledyard & Milburn.

[] Vie de famille

Franklin et Eleanor Roosevelt en 1920
Franklin et Eleanor Roosevelt en 1920

Franklin Roosevelt épousa Eleanor le 17 mars 1905 à New York, malgré l?opposition de sa mère. Lors de la cérémonie, Theodore Roosevelt remplaçait le père défunt de la mariée, Elliott Roosevelt. Le jeune couple s?installa ensuite sur le domaine familial de Springwood à Hyde Park. Alors que Franklin était un homme charismatique et sociable et sa femme était à cette époque timide, se tenait à l?écart des mondanités pour élever ses enfants :

  • Anna Eleanor (1906?1975),
  • James (1907?1991),
  • Franklin Delano Jr. (3 mars 1909-7 novembre 1909),
  • Elliott (1910?1990),
  • Franklin Delano, Jr. (1914?1988),
  • John Aspinwall (1916?1981).

Franklin Roosevelt eut plusieurs aventures amoureuses pendant son mariage : il entretint dès 1914 une liaison avec la secrétaire de son épouse, Lucy Page Mercer Rutherfurd. En septembre 1918, Eleanor trouva la correspondance écrite des amants dans les affaires de son mari. Elle menaça ce dernier de demander le divorce. Sous la pression de sa mère et de sa femme, Roosevelt s?engagea à ne plus voir Lucy Meyer et le couple sauva les apparences. Eleanore s?établit dans une maison séparée à Valkill, tout en continuant à voir son époux[16].

Les enfants du couple ont mené quant à eux des existences tumultueuses : 19 mariages, 15 divorces et 22 enfants pour l?ensemble des cinq enfants. Les quatre fils ont participé à la Seconde Guerre mondiale comme officiers et ont été décorés pour leur bravoure au combat. Après le conflit, ils ont mené des carrières dans les affaires et la politique. Franklin Delano Roosevelt Jr. a représenté l?Upper West Side au Congrès pendant trois mandats et James Roosevelt pour le 26e district de Californie pendant six mandats.

[] Débuts politiques (1910-1920)

Roosevelt n'aimait pas particulièrement sa carrière juridique et se tourna vers la politique à la première occasion. En 1910, il se présenta au poste de sénateur démocrate pour le 26e district de l?État de New York[17]. Il fut élu et entra en fonction le 1er janvier 1911 au Sénat d?Albany. Il prit rapidement la tête d?un groupe parlementaire de réformistes qui s?opposait au clientélisme du Tammany Hall, la « machine » politique du Parti démocrate à New York. Roosevelt devint un personnage populaire parmi les démocrates de l'État et fut réélu le 5 novembre 1912 grâce au soutien du journaliste Louis Howe[18], avant de démissionner le 17 mars suivant. En 1914, il se présenta aux élections primaires pour le poste de sénateur mais fut battu par le candidat soutenu par le Tammany Hall, James W. Gerard.

14 juin 1914 : Roosevelt se trouve à droite de la photographie
14 juin 1914 : Roosevelt se trouve à droite de la photographie

En 1913, Roosevelt fut nommé Secrétaire-adjoint à la Marine par le président Woodrow Wilson[19],[20] et travailla pour Josephus Daniels, le Secrétaire à la Marine des États-Unis. Entre 1913 et 1917, il s?employa à développer la marine américaine et fonda la United States Navy Reserve. Pendant la Première Guerre mondiale, Roosevelt fit preuve d?une attention particulière pour la marine et milita pour le développement des sous-marins. Afin de parer aux attaques sous-marines allemandes contre les navires alliés, il proposa d?installer un barrage de mines en mer du Nord, entre la Norvège et l?Écosse. En 1918, il inspecta les équipements navals américains en Grande-Bretagne et se rendit sur le front en France[21]. Pendant sa visite, il rencontra Winston Churchill pour la première fois. Après l?armistice du 11 novembre 1918, il fut chargé de superviser la démobilisation et quitta son poste de Secrétaire-adjoint à la Marine en juillet 1920.

En 1920, la convention nationale du Parti démocrate choisit Franklin Roosevelt comme candidat à la vice-présidence des États-Unis, aux côtés du gouverneur de l?Ohio James M. Cox. Dans un discours prononcé à Butte (Montana) le 18 août 1920, il mit en avant son rôle dans la rédaction de la constitution imposée à Haïti en 1915 : « J?ai écrit moi-même la constitution de Haïti, et je pense que cette constitution est plutôt bonne[22]. » Le ticket Cox-Roosevelt fut battu par le Républicain Warren Harding qui devint président. Après cet échec, il se retira de la politique et travailla à New York : il fut vice-président d?une société de vente par actions et directeur d?un cabinet d?avocats d?affaires[23].

[] « Traversée du désert » et maladie (1921-1928)

L'une des rares photographies de Roosevelt en fauteuil roulant, dans sa propriété de Hyde Park
L'une des rares photographies de Roosevelt en fauteuil roulant, dans sa propriété de Hyde Park

En août 1921, pendant ses vacances à l'île Campobello, Roosevelt contracta une maladie que l?on pensait être à l?époque la poliomyélite. Il en résulta une paralysie de ses membres inférieurs : il avait alors 39 ans. Il ne se résigna jamais à accepter la maladie, fit preuve de courage et d?optimisme[24]. Il essaya de nombreux traitements : en 1926, il acheta une propriété à Warm Springs en Géorgie, où il fonda un centre d?hydrothérapie pour les patients atteints de la polio, le Roosevelt Warm Springs Institute for Rehabilitation, qui est toujours en activité. Le jour de sa première investiture présidentielle, il reçut personnellement des enfants paralytiques[25]. Pendant sa présidence, il participa à la création de la National Foundation for Infantile Paralysis. Roosevelt cacha la dégradation de son état de santé pour pouvoir être réélu. En public, il marchait avec des attelles orthopédiques ou une canne ; en privé, il se déplaçait en fauteuil roulant[26]. Lors de ses apparitions publiques, il était soutenu par l?un de ses fils ou par un auxiliaire. Une étude de 2003 a démontré que Roosevelt n?était pas atteint par la polio mais par le syndrome de Guillain-Barré[27].

[] Roosevelt gouverneur de New York (1928-1932)

Le gouverneur Franklin Roosevelt posant aux côtés d'Al Smith (Albany, New York, 1930).
Le gouverneur Franklin Roosevelt posant aux côtés d'Al Smith (Albany, New York, 1930).

Roosevelt prit bien soin de rester en relation avec le Parti démocrate et s?allia avec le gouverneur Alfred E. Smith, ancien gouverneur du New Jersey. Il se rapprocha du Tammany Hall et fut finalement élu gouverneur de l'État de New York à une courte majorité[28] et dut cohabiter avec un Congrès à majorité républicaine[29].

Il prit sa charge de gouverneur en 1929 et entama aussitôt une politique novatrice et audacieuse pour l'époque : il agit en faveur des campagnes (reboisement, conservation du sol), établit des programmes sociaux comme l'office temporaire des secours d'urgance (Temporary Emergency Relief Administration)[30],[31] qui accordait des aides financières directes aux chômeurs. Deux concepts forts, outre un remarquable pragmatisme, dominent son action publique. Tout d'abord l'idée qu'il est souvent nécessaire de substituer la liberté collective à la liberté individuelle, mais aussi sa grande méfiance envers l'idée de concurrence sans contrainte (« la coopération doit intervenir là où cesse la concurrence » et celle-ci « peut être utile jusqu'à une certaine limite mais pas au-delà »). C'est ainsi qu'il réduisit la durée du temps de travail pour les femmes et les enfants, lança un programme d'amélioration des hôpitaux, des prisons et renforça l'autorité publique. Cette politique, surtout après le Krach de 1929 de 1929, révéla toute son acuité devant l'absence de réaction du gouvernement d'Herbert Hoover à Washington face à la crise économique.

Ses détracteurs l'accusèrent d'être « socialiste », dans un sens péjoratif. Roosevelt fit en effet preuve d'une grande tolérance sur les thèmes de l'immigration et de la religion, tolérance qui se manifesta par ses réserves sur la politique des quotas, sur la prohibition et sur les querelles internes au Parti démocrate entre juifs, catholiques et protestants.

C'est à cette époque que Roosevelt commença à réunir une équipe de conseillers parmi lesquels Frances Perkins et Harry Hopkins, en prévision de son élection au poste de président. Le principal point faible de son mandat fut la corruption de Tammany Hall à New York. Roosevelt fut réélu en 1930 contre le Républicain Charles Egbert Tuttle pour un deuxième mandat de gouverneur de l'État de New York.

La même année les Boy Scouts of America (BSA) lui décernèrent la plus haute distinction pour un adulte, la Silver Buffalo Award, en l?honneur de son engagement pour la jeunesse. Roosevelt soutint le premier Jamboree scout et devint président honoraire des BSA[32].

[] L'élection présidentielle de 1932

Roosevelt remplaça le catholique Alfred E. Smith à la tête du Parti démocrate de New York dès 1928. La popularité de Roosevelt dans l?État le plus peuplé de l?Union fit de lui un candidat potentiel à l'élection présidentielle de 1932. Ses adversaires à l'investiture, Albert Ritchie, le gouverneur du Maryland et W. H. Murray, celui de l'Oklahoma, étaient des personnalités locales et moins crédibles. John Nance Garner, candidat de l?aile conservatrice du Parti, renonça à la nomination en échange du poste de vice-président, charge qu?il assuma jusqu?en 1941. Roosevelt resta confronté à l'hostilité affichée du président du parti, John Raskob, mais reçut le soutien financier de William Randolph Hearst, de Joseph P. Kennedy, de William G. McAdoo et d?Henry Morgenthau.

L?élection présidentielle se déroula dans le contexte de la Grande Dépression et des nouvelles alliances politiques qui en découlaient. En 1932 Roosevelt avait récupéré physiquement de sa maladie, si ce n'est l'usage de ses jambes, et il n'hésita pas à se lancer dans une épuisante campagne électorale. Dans ses nombreux discours électoraux, Roosevelt s?attaqua aux échecs du président sortant Herbert Hoover et dénonça son incapacité à sortir le pays de la crise. Il s?adressa en particulier aux pauvres, aux travailleurs, aux minorités ethniques, aux citadins et aux Blancs du Sud en élaborant un programme qualifié de New Deal (« nouvelle donne ») : il avait prononcé cette expression lors de la Convention démocrate de Chicago le 2 juillet 1932[33],[34],[35]. Il développa surtout les questions économiques[36] et proposa une réduction de la bureaucratie et une abolition partielle de la Prohibition. Le programme de Roosevelt n'obéissait à aucune idéologie, bien qu'il fut d'inspiration social-démocrate et keynésienne, et n'était pas précis quant aux moyens qui devraient être mis en ?uvre pour aider les Américains les plus pauvres[37],[38].

Résultats électoraux de 1932
Résultats électoraux de 1932
Le couple présidentiel, le jour de l'investiture de Roosevelt
Le couple présidentiel, le jour de l'investiture de Roosevelt

La campagne de Roosevelt fut un succès pour plusieurs raisons. Tout d'abord le candidat fit preuve de pédagogie et sut convaincre les Américains par ses talents d?orateur[39]. Il parcourut près de 50 000 kilomètres à travers tout le pays pour convaincre ses électeurs[40]. De plus, Roosevelt avait mûri politiquement sous l'influence de personnalités comme Louis Howe, l'un de ses associés, ou Josephus Daniels, son ministre de tutelle à la Marine. Il ne faut pas négliger non plus le rôle des conseillers du gouverneur qu'il fut, tels Raymond Moley, Rexford Tugwell, Adolf Berle, tous les trois chercheurs et universitaires, généralement de Columbia, pressentis par Samuel Rosenman le rédacteur des discours de Roosevelt. Ces hommes, avec Bernard Baruch, un financier ancien chef du War Industries Board durant la Première Guerre mondiale, ou encore Harry Hopkins, son confident, vont constituer le fameux « Brain Trust » du président. Mais le succès de Roosevelt fut surtout du à l'extrême impopularité du président Hoover et de sa politique de « laisser-faire » ayant largement aggravé la crise de 1929.

Le 8 novembre 1932, Roosevelt recueillit 57 % des voix[41] et le Collège électoral lui est favorable dans 42 États sur 48[42]. Le Congrès était acquis au Parti démocrate[43]. Les États de l?Ouest, du Sud et les zones rurales l?ont plébiscité. Les historiens et les politologues considèrent que les élections de 1932-1936 ont fondé une nouvelle coalition autour des Démocrates et le 5e système de partis[44].

Le 15 février 1933, Roosevelt échappa à un attentat alors qu?il était en voiture à Miami en Floride[45]. L?auteur des coups de feu était Joseph Zangara[46], un anarchiste d?origine italienne dont les motivations étaient d?ordre personnel. Il fut condamné à 80 ans de réclusion, puis à la peine de mort, car le maire de Chicago Anton Cermak mourut des blessures reçues pendant l?attentat.

[] Présidence (1933-1945)

Icône de détail Article détaillé : Grande Dépression.

Lorsque Franklin Roosevelt prit ses fonctions de Président de États-Unis le 4 mars 1933, le pays était plongé dans une grave crise économique : 24,9 % de la population active, plus de 12 millions de personnes étaient alors au chômage[47],[48] et deux millions d?Américains étaient sans-abri. Entre 1930 et 1932, 773 établissements bancaires firent faillite[49]. Lors de son discours inaugural, Roosevelt dénonça la responsabilité des banquiers et des financiers dans la crise ; il présenta son programme directement aux Américains par une série de discussions radiophoniques connues sous le nom de fireside chats (« causeries au coin du feu »)[50]. Le premier cabinet de l'administration Roosevelt comprenait une femme pour la première fois de l'histoire politique américaine : il s'agissait de Frances Perkins, qui occupa le poste de Secrétaire au travail jusqu'en juin 1945.


[] Premier mandat (1932-1936)

[] Le premier New Deal (1933-1934)
Icône de détail Article détaillé : New Deal.
CCC
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Blue Eagle, le symbole de la NIRA
Blue Eagle, le symbole de la NIRA
Une ?uvre subventionnée par la WPA, 1939
Une ?uvre subventionnée par la WPA, 1939

Au début de son mandat, Roosevelt prit de nombreuses mesures pour rassurer la population et redresser l?économie. Entre le 4 mars et le 16 juin, il proposa 15 nouvelles lois qui furent toutes votées par le Congrès[51]. Le premier New Deal ne fut pas une politique socialiste et Roosevelt gouverna plutôt au centre[52]. Entre le 9 mars et le 16 juin 1933, période de Cent Jours qui correspond à la durée de la cession du Congrès américain, il fit passer un nombre record de projets de loi qui furent facilement adoptés grâce à la majorité démocrate, au soutien de sénateurs comme George Norris, Robert F. Wagner ou Hugo Black, mais aussi grâce à l?action de son Brain Trust, ses conseillers issus pour la plupart de l'Université Columbia. Pour expliquer ces succès politiques, les historiens invoquent également la capacité de séduction de Roosevelt[53] et son habileté à utiliser les médias.

Comme son prédécesseur Herbert Hoover, Roosevelt considérait que la crise économique résultait d?un manque de confiance qui se traduisait par une baisse de la consommation et de l?investissement. Il s?efforça d?afficher son optimisme. Au moment des faillites bancaires du 4 mars 1933, son discours d'investiture, entendu à la radio par deux millions d'Américains, comportait cette déclaration restée célèbre : « The only thing we have to fear is fear itself » (« la seule chose que nous ayons à craindre, c?est la crainte elle-même »)[54],[55],[56]. Le jour suivant, il décréta un congé pour les banques afin d?enrayer la panique causée par les faillites, et annonça un plan pour leur prochaine réouverture.

Roosevelt poursuivit le programme de Hoover contre le chômage placé sous la responsabilité de la toute nouvelle Federal Emergency Relief Administration (FERA). Il reprit également la Reconstruction Finance Corporation pour en faire une source majeure de financement des chemins de fer et de l?industrie. Parmi les nouvelles agences les plus appréciées de Roosevelt figure le corps de préservation civile (Civilian Conservation Corps - CCC -), qui embaucha 250 000 jeunes chômeurs dans différents projets locaux. Le Congrès confia de nouveaux pouvoirs de régulation à la Federal Trade Commission et des prêts hypothécaires à des millions de fermiers et de propriétaires. Le 19 avril, les États-Unis abandonnaient l?étalon-or, ce qui eut pour effet de relancer l?économie.

Les réformes économiques furent entreprises grâce au National Industrial Recovery Act (NIRA) de 1933. Cependant la cour suprême le déclara anticonstitutionnel par une décision du 27 mai 1935. Le NIRA établissait une planification économique, un salaire minimum et une baisse du temps de travail ramené à 36 heures hebdomadaires[57]. Le NIRA instaurait plus de liberté pour les syndicats.

Roosevelt injecta d'énormes fonds publics dans l?économie : le NIRA dépensa ainsi 3,3 milliards de dollars par l?intermédiaire de la Public Works Administration sous la direction de Harold Ickes. Le Président travailla avec le sénateur républicain George Norris pour créer la plus grande enterprise industrielle gouvernementale de l?histoire américaine, la Tennessee Valley Authority (TVA) : celle-ci permit de construire des barrages et des stations hydroélectriques, de moderniser l?agriculture et d?améliorer les conditions de vie dans la vallée du Tennessee. En avril 1933, l'abrogation du Volstead Act qui définissait la prohibition, permit à l?État de lever de nouvelles taxes. La ratification du 21e amendement par l?Utah le 5 décembre mit officiellement fin à la Prohibition.

Roosevelt essaya de tenir ses engagements de campagne sur la réduction des dépenses publiques : mais il souleva l?opposition des vétérans de la Première Guerre mondiale en diminuant leurs pensions. Il fit des coupes sévères dans le budget des armées ; il baissa le salaire et le nombre des fonctionnaires par l'Economy Bill le 20 mars 1933[58]. Il réduisit également les dépenses dans l?éducation et la recherche.

Le relèvement de l?agriculture fut l?une de ses priorités comme en témoigne le premier Agricultural Adjustment Administration (AAA) qui s?efforça de faire remonter les prix agricoles. Son action fut critiquée car elle imposait de détruire les récoltes alors que une partie de la population était mal nourrie[59]. Le Farm Credit Act fut voté pour réduire l'endettement des agriculteurs.

À la suite des rigueurs de l?hiver 1933-1934, la Civil Works Administration fut fondée et employa jusqu?à 4,5 millions de personnes[60] ; l'agence engagea des travailleurs pour des activités très diverses telles que des fouilles archéologiques ou la réalisation de peintures murales. Malgré ses réussites, elle fut dissoute après l?hiver.

[] Le deuxième New Deal et le Welfare State
Le Président Franklin Roosevelt signant le Social Security Act, le 14 août 1935
Le Président Franklin Roosevelt signant le Social Security Act, le 14 août 1935
Tempête de poussière (Dust Bowl) au Texas en 1935
Tempête de poussière (Dust Bowl) au Texas en 1935

À partir de 1934, la politique de Franklin Roosevelt s?orienta à gauche avec la création de l?État-providence (Welfare State)[61].

Les élections législatives de 1934 donnèrent à Roosevelt une large majorité aux deux chambres du Congrès. Le président put continuer ses réformes afin de relancer la consommation et de faire baisser le chômage. Cependant, le taux de chômage restait à un niveau très élevé (12,5 % en 1938[62]). Le 6 mai 1934, le Président crée l'Administration chargée de l'avancement des travaux (Works Progress Administration)[63], dirigée par Harry Hopkins. Elle employa jusqu'à 3,3 millions de personnes en 1938[64] sur des chantiers divers : réalisation de routes, de ponts, de bâtiments publics? Les professeurs enseignaient la langue anglaise aux immigrants, les acteurs jouaient des pièces de théâtre jusque dans les petites villes, les peintres comme Jackson Pollock recevaient des commandes. L'Administration nationale de la jeunesse (National Youth Administration) est fondée en juin 1935 pour faire baisser le chômage des jeunes et les encourager à faire des études. L'Administration pour la réinstallation (Resettlement Administration), créée en avril 1935, est placée sous la direction de Rexford Tugwell pour réduire la pauvreté des agriculteurs. Elle est remplacée par l'Administration pour la sécurité agricole (Farm Security Administration) en 1937.

Le 28 mai 1934, Roosevelt rencontra l?économiste anglais Keynes[65].

Le 6 juin 1934 le Securities Exchange Act permit la création de la Securities and Exchange Commission (Commission des titres financiers et des bourses) qui règlemente et contrôle les marchés financiers. Roosevelt nomma Jospeh P. Kennedy, le père de John F. Kennedy, comme premier président de la SEC.

Le Social Security Act prévoyait pour la première fois à l?échelon fédéral la mise en place d?une sécurité sociale pour les retraités, les pauvres et les malades. La loi sur les retraites fut signée le 14 août 1935[66]. Le financement devait reposer sur les cotisations des employeurs et des salariés pour ne pas accroître les dépenses de l'État fédéral[67].

Le sénateur Robert Wagner rédigea le Wagner Act, qui fut ensuite adopté sous le nom de National Labor Relations Act. Cette loi signée le 5 juillet 1935 établissait le droit au niveau fédéral pour les travailleurs d?organiser des syndicats, d?engager des négociations collectives. Elle fondait le Bureau national des relations au sein du travail (National Labor Relations Board) qui devait protéger les salariés contre les abus des employeurs. Le nombre de syndiqués augmenta fortement à partir de ce moment.

Le deuxième New Deal fut attaqué par des démagogues tels que le père Coughlin, Huey Long ou encore Francis Townsend. Mais il suscita également l?opposition des démocrates les plus conservateurs emmenés par Al Smith. Avec l?American Liberty League, ce dernier attaqua Roosevelt et le compara à Karl Marx et Lénine[68]. Le 27 mai 1935, la Cour suprême des États-Unis s'opposa à l?une des lois du New Deal, donnant au gouvernement fédéral des pouvoirs sur les industriels. Elle décréta unanimement que le National Recovery Act (NRA) était inconstitutionnel car il donnait un pouvoir législatif au président. Ce fut un premier échec pour Roosevelt mais aussi pour le gouvernement fédéral face aux États et aux intérêts individuels. Le monde des affaires se montra également hostile au « type de la Maison-Blanche[69]. » Enfin, Roosevelt était critiqué pour avoir creusé le déficit du budget fédéral, qui passe de 2,6 milliards de dollars en 1933 à 4,4 milliards de dollars en 1936[70].

Favorable à la retraite par répartition, Roosevelt déclara à un journaliste qui lui suggérait de financer les retraites par l?impôt : « Je suppose que vous avez raison sur un plan économique, mais le financement n?est pas un problème économique. C?est une question purement politique. Nous avons instauré les prélèvements sur les salaires pour donner aux cotisants un droit légal, moral et politique de toucher leurs pensions [?]. Avec ces cotisations, aucun fichu politicien ne pourra jamais démanteler ma sécurité sociale. »

[] Deuxième mandat (1936-1940)

[] Réélection

Après quatre ans de présidence, l'économie a progressé mais reste encore fragile. En 1937, 7,7 millions d'Américains sont au chômage soit 14 % de la population active[71],[72]. Aux élections présidentielles de novembre 1936, Roosevelt est confronté à un candidat républicain sans réelle envergure, Alfred Landon, dont le parti est désuni. Il réussit à réunir sous sa bannière l'ensemble des forces opposées « aux financiers, aux banquiers et aux spéculateurs imprudents ». Cet ensemble électoral multi-ethnique, multi-religieux essentiellement urbain deviendra et est toujours le réservoir de voix du Parti démocrate. Roosevelt est réélu pour un deuxième mandat. Sa victoire écrasante dans 46 États sur 48[73], obtenue avec un écart de 11 millions de voix[74], contredit tous les