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Féminisme 
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Le symbole astrologique de la planète VĂ©nus, aussi appelĂ© le « miroir de VĂ©nus Â», devenu symbole du genre associĂ©, fut repris comme emblème des mouvements fĂ©ministes.
 FĂ©minisme Female.svg
Concepts centraux et thèmes de lutte

Sexisme · Patriarcat · Parité · Libération sexuelle · Amour libre · Contrôle des naissances · Travail domestique · Inégalités de revenus · Trafic de femmes · Droit de cuissage · Programmes de stérilisations contraintes · Violences · Violence conjugale · Mutilations génitales · Pornographie · Langage sexiste · Féminisation · Publisexisme · Queer · LGBT · Transexualisme · Intersexualité


Droits et législation

Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes · Suffrage féminin · Droit à l'avortement · Allocation de maternité · Droit à naître des filles · Droit à l'éducation · Congé de maternité en France · Loi Neuwirth · Loi Veil · XIXe amendement de la Constitution des États-Unis · Roe v. Wade · Loi sur la capacité juridique de la femme mariée · Décret 770 régulant l'avortement en Roumanie


Histoire du féminisme

Société des Républicaines Révolutionnaires · Société fraternelle de l'un et l'autre sexe · Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne · Club des citoyennes républicaines révolutionnaires · Place des femmes en France en 1848 · Histoire de l'éducation des filles en France · Corset · Convention de Seneca Falls · National Union of Women's Suffrage Societies · Mouvement de libération des femmes · Procès de Bobigny · Women's Lib Troisième vague féministe · Suffragettes · Chronologie de la contraception et de l'avortement en France

Mouvements féministes spécifiques

Féminisme socialiste · Black feminism · Troisième vague · Féminisme radical · Théologie féministe · Féminisme musulman · Féminisme chrétien

Organisations féministes dans le monde

Association des femmes tibétaines en exil · Conseil international des femmes · Organisation pour la liberté des femmes en Irak · Sociologists for Women in Society ·

Organisations féministes en France

Centre d'information sur les droits des femmes · Chiennes de garde · Choisir · Collectif national pour les droits des femmes · Groupe de femmes pour l'abolition des mutilations sexuelles · Mouvement de libération des femmes · Mouvement français pour le planning familial · Ni putes ni soumises · Union des femmes pour la défense de Paris et les soins aux blessés · Union des femmes de La Réunion


Presse féministe

La Femme Libre · La Tribune des femmes · Le Conseiller des femmes ·

Philosophie, Sociologie et Gender studies

Simone de Beauvoir · Judith Butler · Donna Haraway ·


Ouvrages féministes célèbres

Une chambre à soi · Le Deuxième Sexe · Manifeste des 343 · SCUM Manifesto · La Pensée straight · Les Guerillères · Gender Trouble ·

Catégorie:Organisation féministe


Personnalité féministe du XVIIIe et XIXe siècle

Olympe de Gouges · Mary Wollstonecraft · Flora Tristan · John Stuart Mill · Claire Démar · Clara Zetkin


Personnalité féministe du XXe siècle

Simone de Beauvoir · Huda Sharawi · Luce Irigaray · Hélène Cixous · Monique Wittig · Judith Butler · Donna Haraway · Valerie Solanas


Lauréate du Prix Nobel

Marie Curie · Maria Goeppert-Mayer · Irène Joliot-Curie · Dorothy Crowfoot Hodgkin · Ada Yonath · Gerty Theresa Cori · Rosalyn Yalow · Barbara McClintock · Rita Levi-Montalcini · Gertrude Elion

Scientifique femme

Liliane Ackermann · Agnodice · Hannah Arendt · Ruth Benedict · Émilie du Châtelet · Dian Fossey · Rosalind Franklin ·


Voir aussi

Catégorie:Féminisme · Portail:Femmes

v Â· d Â· m

Le féminisme est un ensemble d'idées politiques, philosophiques et sociales cherchant à promouvoir ce qu'il considère être les droits des femmes et leurs intérêts dans la société civile. La pensée féministe vise en particulier l'amélioration du statut des femmes dans les sociétés où le féminisme considère que la tradition établit des inégalités fondées sur le sexe. Le féminisme travaille à construire de nouveaux rapports sociaux et développe des outils propres à la défense des droits des femmes et de leurs acquis. Ce mouvement est soutenu par diverses théories sociologiques et philosophiques.

NĂ© après l'âge industriel1, le fĂ©minisme se rĂ©clame de mouvements plus anciens ou de combats menĂ©s dans d'autres contextes historiques. Il est parfois prĂ©sentĂ© comme une lutte menĂ©e afin d'abolir l'oppression dont les femmes seraient victimes au quotidien. Le fĂ©minisme est soutenu principalement par des femmes, bien qu'il soit Ă©galement activement dĂ©fendu par des hommes. Les fĂ©ministes cherchent Ă  faire progresser les femmes dans leurs contextes sociaux, politiques et Ă©conomiques, mais Ă©galement dans la perception qu'elles ont d'elles-mĂŞmes. Ils dĂ©fendent l'idĂ©e que « le personnel est politique Â» et font avancer la cause des femmes en les aidant Ă  se structurer en tant que personnes autonomes, capables de gĂ©rer leur propre corps et, de façon plus gĂ©nĂ©rale, toutes les dimensions de leur vie.

Sommaire

Historique

Le terme « fĂ©minisme Â», longtemps attribuĂ© Ă  tort Ă  Fourier, ne prend son sens actuel qu’à la fin du XIXe siècle. Mais c'est au cours de la rĂ©volution française, avec l’affirmation des droits naturels, que naĂ®t le mouvement de revendication sociale et politique qu'il dĂ©signe. Dans la première moitiĂ© du XIXe siècle, le mouvement fĂ©ministe apparaĂ®t en pointillĂ©, sans parvenir Ă  fĂ©dĂ©rer d’organisations durables. Il Ă©pouse les grandes secousses politiques du siècle, Ă  l’occasion desquelles ressurgissent ses revendications. L’objectif large de cette « première vague du fĂ©minisme Â» est de rĂ©former les institutions, de sorte que les hommes et les femmes deviennent Ă©gaux devant la loi : droit Ă  l’éducation, droit au travail, droit Ă  la maĂ®trise de leurs biens et droit de vote des femmes constituent les revendications principales de cette pĂ©riode. Avec l’émergence des dĂ©mocraties occidentales, le mouvement fĂ©ministe s’incarne progressivement dans des groupes organisĂ©s, sans jamais prĂ©senter un visage monolithique, au point que les Ă©tudes contemporaines mettent l’accent sur la diversitĂ© des fĂ©minismes2.

Les configurations nationales imposent souvent leurs cadres et leurs calendriers ; les objectifs et les mĂ©thodes varient selon les groupes constituĂ©s et les dĂ©bats sont constants pour dĂ©finir les orientations stratĂ©giques et les Ă©tapes intermĂ©diaires Ă  atteindre en prioritĂ©. Les fĂ©minismes se trouvent en particulier confrontĂ©s Ă  un dilemme : doivent-il pour mener leur combat mettre en avant les qualitĂ©s spĂ©cifiques qui sont attribuĂ©es aux femmes ou au contraire affirmer l’universalitĂ© des propriĂ©tĂ©s humaines ? La première position au risque de figer la nature des femmes ; la seconde au risque de choquer l’évidence de la diffĂ©rence des sexes sur laquelle s’appuient les reprĂ©sentations et la structure sociale.

La révolution française et le droit des femmes

Olympe de Gouges, féministe du 18e siècle

MalgrĂ© les contributions fĂ©minines Ă  la rĂ©daction des cahiers de dolĂ©ances et le rĂ´le que jouent les femmes du peuple parisien - notamment lors des manifestations d’octobre 1789 pour demander du pain et des armes -, les femmes ne se voient pas attribuer de droit particulier dans la DĂ©claration des droits de l'homme et du citoyen ; et si le nouveau rĂ©gime leur reconnaĂ®t une personnalitĂ© civile, elles n'auront pas le droit de vote Ă  cette Ă©poque.

Elles n'en continuent pas moins à investir l'espace public, organisées en clubs mixtes ou féminins et en sociétés d’entraide et de bienfaisance, et participent avec passion -à l'instar des hommes- à toutes les luttes politiques de l'époque. Parmi les personnalités féminines notoires des débuts de la Révolution, il faut retenir Olympe de Gouges qui publie en 1791 la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne et Théroigne de Méricourt qui appela le peuple à prendre les armes et participant à la prise de la Bastille, ce dont elle sera récompensée par le don d'une épée par l'Assemblée nationale. C’est par des femmes comme Claire Lacombe, Louison Chabry ou Renée Audou que fut organisée la marche sur Versailles qui finit par ramener Louis XVI dans la capitale.

Toutes deux proches des Girondins, elles connurent une fin tragique : ThĂ©roigne de MĂ©ricourt devenant folle après avoir Ă©tĂ© fouettĂ©e nue par des partisanes de leurs adversaires et Olympe de Gouges, guillotinĂ©e. Si les femmes ont Ă©tĂ© privĂ©es du droit de vote, cela ne les a pas prĂ©servĂ© des châtiments rĂ©servĂ©s aux hommes et nombreuses connurent la prison ou l'Ă©chafaud suite Ă  leurs actions publiques ou politiques.

Ă€ partir de 1792, l'entrĂ©e en guerre de la France conduit certaines Ă  se battre aux frontières tandis qu'en 1793 se dĂ©veloppe Ă  Paris un militantisme fĂ©minin, portĂ© par des femmes du peuple parisien proches des sans-culottes. Les deux cents femmes du Club des citoyennes rĂ©publicaines rĂ©volutionnaires créé le 10 mai 1793 par Claire Lacombe et Pauline LĂ©on, les « tricoteuses Â», occupent les tribunes publiques de la Constituante et apostrophent les dĂ©putĂ©s, entendant reprĂ©senter le peuple souverain. Leurs appels vĂ©hĂ©ments Ă  la Terreur et Ă  l'Ă©galitĂ©, leur participation Ă  la chute des Girondins et les autres manifestations spectaculaires des « enragĂ©es Â» allaient leur valoir une image de furies sanguinaires qui nourrirait longtemps les rĂ©pulsions du pouvoir masculin. Claire Lacombe propose d’armer les femmes.

Cependant, plus que les excès d'une violence largement partagée à l'époque, ce sont d'abord les réticences des hommes au pouvoir qui excluent ces femmes de la sphère politique. La plupart des députés partagent les conceptions exposées dans l’Émile de Rousseau d'un idéal féminin restreint au rôle de mères et d'épouses, rares étant ceux qui, comme Condorcet, revendiquent le droit de vote des femmes en vertu des droits naturels inhérents au genre humain qui à la même époque inspirent la lutte contre le despotisme et l’esclavage.

En novembre 1793, toute association politique fĂ©minine est interdite, mais les femmes vont cependant continuer Ă  jouer un rĂ´le jusqu'Ă  l’insurrection du printemps 95, dont le mot d’ordre est « du pain et la Constitution de 93 Â», avant que la rĂ©pression gĂ©nĂ©ralisĂ©e qui marque la fin de la RĂ©volution ne mette un terme provisoire Ă  cette première prise de parole politique, pour les femmes comme pour les hommes.

Échos en Grande-Bretagne

En 1792, une femme de lettre britannique, Mary Wollstonecraft fait paraĂ®tre « Vindication of the Rights of Woman Â», un ouvrage traduit en français la mĂŞme annĂ©e sous le titre de « DĂ©fense du droit des femmes Â». L'auteur, qui participe aux dĂ©bats passionnĂ©s suscitĂ©s outre-Manche par la RĂ©volution en France, n'hĂ©site pas Ă  y rapprocher le mariage de la prostitution. Elle oppose et rapproche l'exploitation dont sont victimes les femmes les plus pauvres, contraintes au travail salariĂ© ou Ă  la rĂ©munĂ©ration de leurs services sexuels, au sort des jeunes femmes de la petite et moyenne bourgeoisie privĂ©es de toutes perspectives professionnelles par les prĂ©jugĂ©s et le dĂ©faut d'Ă©ducation, et rĂ©duites Ă  faire un beau parti.

Mary Wollstonecraft sera vite oubliée en France, avant d'être redécouverte par Flora Tristan en 1840.

Le XIXe siècle

Monarchie de Juillet

Éteintes sous l’Empire et la Restauration, les revendications fĂ©ministes renaissent en France avec la RĂ©volution de 1830. Un fĂ©minisme militant se dĂ©veloppe Ă  nouveau dans les milieux socialistes de la gĂ©nĂ©ration romantique, en particulier chez les saint-simoniens et les fouriĂ©ristes de la capitale. Les fĂ©ministes participent Ă  l'abondante littĂ©rature de l'Ă©poque, favorisĂ©e par la levĂ©e de la censure sur la presse. La Femme Libre et La Tribune des femmes paraissent en 1832 ; Le Conseiller des femmes, Ă©ditĂ© Ă  Lyon par EugĂ©nie Niboyet, est le premier journal fĂ©ministe de province.

Sur le plan politique, la constitution de la Monarchie de Juillet privant de ses droits la majoritĂ© de la population, leur combat rejoint celui des premiers dĂ©fenseurs des ouvriers et des prolĂ©taires, mais elles se mobilisent aussi contre le statut civil de la femme, soumise en matière juridique et financière Ă  son mari — « La femme doit obĂ©issance Ă  son mari Â» affirme le Code civil — et pour le rĂ©tablissement du divorce interdit sous la Restauration en 1816.

Certaines femmes revendiquent le droit à l’amour libre, au scandale de l'opinion publique. Claire Démar se livre ainsi dans son Appel au peuple sur l'affranchissement de la femme (1833) à une critique radicale du mariage dans lequel elle dénonce une forme de prostitution légale. Elle n’est toutefois pas suivie par l’ensemble des saint-simoniennes qui tiennent à se démarquer des accusations d’immoralisme qui frappent le mouvement3.

Les dĂ©buts du rĂ©gime laissent entrevoir quelques espoirs d’évolution. Les pĂ©titions en faveur du rĂ©tablissement du divorce le place sur l’agenda politique : en 1831 et 1833, les dĂ©putĂ©s votent par deux fois en faveur de la loi qui est toutefois repoussĂ©e par la Chambre des pairs4. Les revendications fĂ©ministes deviennent inaudibles. Quand Louise Dauriat adresse en 1837 aux dĂ©putĂ©s une demande en rĂ©vision des articles du Code civil qui lui paraissent contraires aux droits des femmes, elle ne rĂ©colte en retour que les rires de l’assemblĂ©e5.

Les « femmes de 1848 Â»

Révolution française de 1848

Comme en 1789, les femmes participent activement aux journĂ©es rĂ©volutionnaires de fĂ©vrier 1848. Elles s'expriment publiquement par le biais d’associations et de journaux. Les lois proclamant la libertĂ© de la presse profitent ainsi Ă  nouveau Ă  la presse fĂ©ministe : EugĂ©nie Niboyet crĂ©e, le 20 mars, La Voix des femmes qui est dans un premier temps le principal relais des revendications fĂ©minines, Ă©cartĂ©es de la presse traditionnelle. Puis viendront en juin La Politique des Femmes de DĂ©sirĂ©e Gay ou encore L’Opinion des femmes publiĂ©e en janvier 1849 par Jeanne Deroin.

Suite Ă  leurs protestations, les femmes se voient accorder le droit au travail au mĂŞme titre que les hommes ; les ateliers nationaux leur sont ouverts, avec retard, le 10 avril. Elles goĂ»tent aux prĂ©mices d’une participation citoyenne en Ă©lisant des dĂ©lĂ©guĂ©es Ă  la Commission du Luxembourg6, en proposant des rĂ©formes de leurs conditions de travail, la crĂ©ation de crèches ou de restaurants collectifs7.

Le droit de vote pour l’élection de la future AssemblĂ© nationale constituante est au centre de leurs prĂ©occupations : Jenny d'HĂ©ricourt, la fondatrice de la SociĂ©tĂ© pour l’émancipation des femmes, imagine qu’une fois conquis, il permettra d’agir par la voix lĂ©gislative sur l’ensemble de leurs revendications au nombre desquelles figurent toujours l’abrogation du Code civil et le droit au divorce. Elles lancent des pĂ©titions, sont reçues par les instances politiques. Le ComitĂ© des droits des femmes, prĂ©sidĂ© par Allix Bourgeois, se voit rĂ©pondre par la voix d’Armand Marrast, le maire de Paris, que la dĂ©cision ne pourra ĂŞtre prise que par la future instance lĂ©gislative8.

Les pĂ©titions en faveur rĂ©tablissement du divorce ne rencontrent pas plus de succès que leurs devancières des annĂ©es 1830 : la proposition du Ministre de la Justice Adolphe CrĂ©mieux Ă  la Chambre en mai 1848 est accueillie sous les quolibets9. On s’inquiète notamment de la menace que la parole libĂ©rĂ©e des femmes ferait peser sur la famille. Le Club des femmes, ouvert en avril 1848, est un lieu de dĂ©bat qui provoque de virulentes rĂ©actions ; certaines de ses sĂ©ances tournent Ă  l’émeute et sa prĂ©sidente- EugĂ©nie Niboyet- est âprement caricaturĂ©e dans la presse10. Il sera finalement fermĂ© pour ne pas troubler l’ordre public.

En Allemagne

En Allemagne, un premier courant fĂ©ministe trouve son origine dans les idĂ©es libĂ©rales du Vormärz et Ă©merge vĂ©ritablement Ă  la faveur de la RĂ©volution de Mars 1848. Louise Aston ou Louise Dittmar tentent de lancer les premiers journaux dĂ©diĂ©s Ă  la cause des femmes. Mais Louise Otto, Ă©levĂ©e dans ce milieu bourgeois qui aspire Ă  des rĂ©formes libĂ©rales, est la première Ă  rĂ©ussir Ă  pĂ©renniser son entreprise ; le Frauen-Zeitung (1849-1852) qui s’adresse prioritairement Ă  la classe moyenne relaie des revendications essentiellement Ă©conomiques, insistant sur l’éducation des femmes, leur indĂ©pendance Ă©conomique et le refus des mariages arrangĂ©s. Le retour Ă  l’ordre freinera pour quinze ans ce premier Ă©lan11.

Aux États-Unis

Si la première manifestation collective du fĂ©minisme amĂ©ricain coĂŻncide chronologiquement avec le Printemps des peuples europĂ©ens, ses origines intellectuelles diffèrent sensiblement. Les sectes protestantes dissidentes, en particulier celle des Quakers, sont le principal vecteur des idĂ©es favorables Ă  l’émancipation des femmes. Mouvement abolitionniste et mouvement du droit des femmes (Women’s right movement) sont Ă©troitement imbriquĂ©s ; les sĹ“urs Angelina et Sarah GrimkĂ©, Lucretia C. Mott ou Elisabeth Cady Stanton figurent en première ligne sur ces deux fronts. Mott et Stanton organisent de concert en 1848 la Convention de Seneca Falls dont le texte final - la « dĂ©claration de sentiments Â»-, calquĂ© sur le modèle de la dĂ©claration d’indĂ©pendance amĂ©ricaine, est traditionnellement considĂ©rĂ©e comme l’acte fondateur du fĂ©minisme amĂ©ricain12.

Éducation

Royaume-Uni

Au Royaume-Uni, l’enseignement Ă©tait dispensĂ© aux jeunes filles de la bourgeoisie par des prĂ©ceptrices, un des seuls mĂ©tiers socialement acceptables pour les veuves et les jeunes filles issues de la bonne sociĂ©tĂ©. Outre les connaissances de base en matière de lecture, d’écriture et de calcul, il est focalisĂ© sur les activitĂ©s d’agrĂ©ments qui fondent « l’art de plaire Â» et exclut les disciplines scientifiques ainsi que le grec et le latin, alors indispensables pour poursuivre un cursus dans l’enseignement supĂ©rieur13.

Éduquées et indépendantes, les femmes qui s’improvisent institutrices fournissent historiquement une part importante des effectifs militants féministes. Elles souffrent néanmoins d’un déficit de formation, provenant de leur exclusion de l’université. Le Queen’s College for women puis le Bedford College d’Elizabeth Jesser Reid sont créés à la fin des années 1840 pour permettre aux éducatrices de bénéficier d’une formation de niveau supérieur14. Les nouvelles diplômées sont à la pointe du mouvement pour l’éducation des femmes. Le North London Collegiate School (1850) puis le Cheltenham Ladies College (1853), dirigés par deux anciennes élèves de Bedford, Frances Buss et Dorothy Beale, proposent une pédagogie révisée, alignée sur les standards masculins.

Les fĂ©ministes se tournent alors progressivement vers l’universitĂ©. Conduit par Emily Davies, le ComitĂ© pour l’accès des femmes aux examens universitaires revendique l’ouverture aux filles des examens de fin d’études secondaires (The Cambridge and Oxford Local Examination) ; après une première expĂ©rimentation en 1863, il obtient l’autorisation officielle du SĂ©nat de l'UniversitĂ© de Cambridge en 186515.

L’étape suivante est l’ouverture de l’accès aux examens d’entrée à l’université (Matriculation Examinations). Face au refus des instances universitaires, Davies inaugure, malgré de nombreuses difficultés matérielles, un établissement féminin conçu sur le modèle des colleges masculins à Hitchin dans le Hertfordshire (1869) 16, avant de se rapprocher de Cambridge en s’installant à Girton l’année suivante. Un autre projet du même type voit le jour peu après, toujours à Cambridge, avec la création du Newnham College sous le patronage d’Henry Sidgwick et d’Anne Clough17.

France

Le Second empire est le théâtre plusieurs avancées dans le domaine de l'éducation des femmes. Sous la IIe République, la loi Falloux avait fixé en mars 1850 l'objectif d'une école primaire pour filles dans chaque commune de plus de 800 habitants18. La loi Duruy de 1867 aligne ce seuil sur les standards masculins en le fixant à 50019.

Les programmes restent dĂ©finis en fonction des rĂ´les sociaux assignĂ©s aux femmes (y figurent les travaux mĂ©nagers et la puĂ©riculture) ; les couvents et congrĂ©gations prennent majoritairement en charge l’éducation des jeunes filles. La mobilisation pour l’éducation des femmes trouve appui dans l’opposition libĂ©rale au rĂ©gime, notamment dans les milieux saint-simoniens. Elisa Lemonnier crĂ©e en 1862 les premières Ă©coles professionnelles pour jeunes filles. Julie-Victoire DaubiĂ© sollicite avec le soutien de François BarthĂ©lemy Arlès-Dufour, un influent capitaine d’industrie saint-simonien, l’autorisation de se prĂ©senter Ă  l’épreuve du baccalaurĂ©at qu’elle obtient Ă  Lyon en 1861 Ă  l’âge de 37 ans. Madeleine Brès doit quant Ă  elle son inscription en facultĂ© de mĂ©decine Ă  sa pugnacitĂ© et Ă  l’intervention de l’impĂ©ratrice EugĂ©nie et du ministre de l'instruction publique Victor Duruy. Ces pionnières restent toutefois encore isolĂ©es : la deuxième bachelière française, Emma Chenu, obtient son diplĂ´me en 1863, deux ans après DaubiĂ©20. L’amĂ©lioration de l’enseignement des femmes reste un leitmotiv des fĂ©ministes françaises : en 1866, AndrĂ© LĂ©o crĂ©e ainsi une association dĂ©diĂ©e spĂ©cifiquement Ă  cette question21.

Les rĂ©formes de structure dans l’enseignement secondaire et supĂ©rieur interviennent sous la IIIe RĂ©publique. Les collèges pour filles, dont les programmes restent spĂ©cifiques, sont instituĂ©s par la loi SĂ©e (1880). Les femmes se voient Ă©galement garantir une formation Ă  l’enseignement : les Ă©coles normales fĂ©minines, rendues obligatoires dans chaque dĂ©partement en 1879,22 et l’école normale supĂ©rieure de Sèvres (1881) forment institutrices et professeurs.

Premières organisations

Troisième République

La Troisième RĂ©publique se caractĂ©rise en France par la constitution d’organisations fĂ©ministes rĂ©formistes, plus durables et structurĂ©es. La SociĂ©tĂ© pour l’amĂ©lioration du sort des femmes, prĂ©sidĂ©e par Maria Deraismes voit le jour en 1878 ; la Ligue française pour le droit des femmes, d’orientation modĂ©rĂ©e, est créée en 1882 par LĂ©on Richer23. En 1891, la FĂ©dĂ©ration française des sociĂ©tĂ©s fĂ©ministes symbolise l’entrĂ©e du terme « fĂ©minisme Â» dans le vocabulaire militant.

Le Conseil national des femmes françaises, fondé dans le sillage de la loi sur les associations de 1901, se veut apolitique et laïque. Ses militantes, issues principalement de la bourgeoisie, sont des républicaines, des socialistes ou des protestantes, initiées à l’action publique à travers les activités sociales et philanthropiques. L’Union française pour le suffrage des femmes fédèrent en 1909 les féministes favorables au droit de vote des femmes24.

Refusant l’activisme des suffragettes britanniques, ces grandes fédérations réformistes entendent prouver la responsabilité des femmes et s’intègrent dans le modèle républicain en tissant des liens avec le monde politique masculin (le Parti radical notamment), avec l’objectif d’influer sur l’activité législative25.

Mouvement pour le droit de vote des femmes

Royaume-Uni

Au Royaume-Uni, un mouvement pour le droit de vote des femmes se dĂ©veloppe Ă  partir de 1866, date du dĂ©pĂ´t de la première pĂ©tition adressĂ©e au Parlement pour en faire la requĂŞte26 ; le philosophe John Stuart Mill en est le principal relais dans l’enceinte parlementaire. Ă€ l’initiative de Barbara Bodichon et Emily Davies, un Women’s suffrage committee (ComitĂ© pour le droit de vote des femmes) est constituĂ© ; il est rapidement dĂ©clinĂ© en de multiples comitĂ©s locaux coordonnĂ©s au niveau national par la National society for women’s suffrage (1867)27. Un mouvement de masse s’organise rapidement ; 1 500 lors de la pĂ©tition initiale de 1866, les fĂ©ministes sont capables de rĂ©unir 250 000 signataires en 189428.

Proche d’aboutir Ă  plusieurs reprises mais bloquĂ© par la frange conservatrice du Parlement, le mouvement se radicalise en 1903 avec la crĂ©ation de la Women's Social and Political Union par Emmeline et Christabel Pankhurst. Ses militantes, dĂ©signĂ©es sous le nom de « suffragettes Â», optent pour de nouvelles formes d’action, parfois violentes et illĂ©gales (incendies volontaires, bris de vitres, grèves de la faim...)29. La popularitĂ© du mouvement s'accroĂ®t encore et en 1908 les organisations suffragistes rĂ©unissent 500 000 personnes lors d’une manifestation Ă  Hyde Park30. Le bras de fer engagĂ© avec les autoritĂ©s dure jusqu’au dĂ©but de la Première Guerre mondiale. Pendant la guerre des nĂ©gociations sont ouvertes par le gouvernement Asquith avec les reprĂ©sentantes de la National Union of Women's Suffrage Societies de Millicent Fawcett, qui prĂ©sente une orientation plus modĂ©rĂ©e. Elles aboutissent au Representation of the people act qui autorise le vote des femmes de plus de trente ans31.

Suffrage parade, New York City, 6 mai 1912
États-Unis

Aux États-Unis, le front commun entre féministes et antiesclavagistes s’effrite progressivement après la guerre de Sécession. Alors qu’on s’oriente vers un XVe amendement pour le droit de vote des Noirs, une partie des féministes souhaiterait y voir également associées les femmes qu’elles estiment laissées pour compte par les leaders masculins du mouvement32. Deux organisations rivales naissent en 1869 des désaccords survenus au sein de l’American Equal Rights Association. Susan B. Anthony et Elizabeth Cady Stanton constituent la National Woman's Suffrage Association qui milite pour un amendement à la Constitution qui garantirait le vote des femmes. Ses revendications qui dépassent le cadre des droits politiques s’inspirent du texte élaboré lors de la Convention de Senecca Falls. L’organisation rivale- l’American Woman Suffrage Association créée par Lucy Stone – est plus modérée et préfère concentrer son action sur le seul droit de vote, délaissant le niveau fédéral pour agir au niveau des Etats33. En 1890, les deux associations finissent par se regrouper dans la National American Woman Suffrage Association. Dans l’intervalle, les territoires du Wyoming et de l’Utah ont autorisé en 1869 et 1870 le vote des femmes blanches.

En 1920, le 19e amendement est ratifiĂ© au niveau fĂ©dĂ©ral : toutes les AmĂ©ricaines blanches obtiennent le droit de vote.

ContrĂ´le des naissances

La question de l’amour libre et du contrĂ´le des naissances divise profondĂ©ment les fĂ©ministes de la seconde partie du XIXe siècle.

Au Royaume-Uni, une partie du mouvement fĂ©ministe est engagĂ© durant la pĂ©riode victorienne dans un combat pour la rĂ©gĂ©nĂ©ration morale de la nation. Ă€ partir de 1869, elle se mobilise contre une sĂ©rie de lois visant Ă  lutter contre les maladies vĂ©nĂ©riennes- les Contagious Diseases Acts- qui imposent un examen gynĂ©cologique aux prostituĂ©es. Bien que d’orientation conservatrice, ce mouvement, menĂ© notamment par Josephine Butler, prend parti pour les prostituĂ©es et rĂ©clame la criminalisation des clients et la fermeture des maisons de prostitution. Il entend plus largement rĂ©tablir la puretĂ© des mĹ“urs, la moralitĂ© publique et dĂ©fendre la famille. Le point d’orgue de cette mobilisation constitue un meeting rĂ©unissant 250 000 personnes dans Hyde Park en 188534.

Face à ce mouvement, les militantes favorables à l’amour libre et au contrôle des naissances sont isolées. Quelques-unes adhèrent au mouvement néomalthusien, très actif en Grande-Bretagne mais aussi en France. Annie Besant est ainsi condamnée en 1877 pour avoir publié The Fruits of Philosophy un pamphlet de Charles Knowlton, sans avoir reçu le soutien qu’elle réclamait des féministes conservatrices35. À la fin du siècle, les écrits d’Edward Carpenter ou d’Havelock Ellis contribuent cependant à répandre plus largement ces idées. Elles trouvent parmi les féministes un relais dans la revue The Freewoman (1911) qui réunit les signatures de Rose Witcop, Stella Browne ou Marie Stopes36.

Travail des femmes

Si le mot d’ordre « Ă€ travail Ă©gal, salaire Ă©gal Â» remporte l’adhĂ©sion de l’ensemble des composantes du mouvement fĂ©ministe37, l’idĂ©e d’une protection spĂ©cifique des femmes sur le marchĂ© du travail divise. En 1906, la Convention de Berne, ratifiĂ©e par quatorze pays, prononce l’interdiction du travail industriel nocturne des femmes38. DĂ©jĂ  en vigueur dans certains pays, comme la France oĂą elle s'applique depuis 1892, cette lĂ©gislation rencontre l’opposition des fĂ©ministes Ă©galitaristes. MenĂ©es par la Hollandaise Marie Rutgers-Hoitsem, elles se regroupent dans le rĂ©seau Correspondance internationale qui recrutent principalement parmi les laĂŻques et les libre-penseuses39. Après-guerre, le Bureau International du Travail reprend le mot d’ordre de protection des travailleuses. Toujours minoritaires dans les fĂ©dĂ©rations fĂ©ministes internationales, les partisanes de l’égalitĂ© constituent l’Open Door Council autour de la personnalitĂ© de Chrystal MacMillan. Mouvement d’avant-garde qui rĂ©unit des intellectuelles de l’ensemble de l’Europe, il Ă©labore un argumentaire qui s’oppose au « fĂ©minisme maternaliste Â» alors dominant40 : il marque notamment son refus de voir la maternitĂ© devenir « une sorte de domaine clos oĂą les femmes se trouveraient parquĂ©es d'office, en marge de l'ensemble de la vie sociale et culturelle... Â»41.

Le XXe siècle

La première manifestation internationale des femmes a lieu le 8 mars 1911, suite Ă  une proposition de Clara Zetkin. La revendication principale est le droit de vote. Le premier livre historique fĂ©ministe est Ă©crit par Mathilde Laigle : Le livre des trois vertus de Christine de Pisan et son milieu historique et littĂ©raire, 1912. Auparavant, la première grande manifestation des femmes avait Ă©tĂ© celle pour la paix organisĂ©e en marge de la Première confĂ©rence de La Haye de 1899 par Margarete Lenore Selenka.

Première guerre mondiale

Durant la Première Guerre mondiale, la grande majoritĂ© des organisations fĂ©ministes des pays belligĂ©rants soutient l’effort de guerre. Certaines espèrent tirer parti de ce loyalisme : Ă  l’issue du conflit, les fĂ©ministes britanniques se verront ainsi rĂ©compensĂ©es par l’obtention partielle du droit de vote. L’opposition Ă  la guerre est surtout le fait de militantes des pays neutres et de quelques groupes isolĂ©s des pays engagĂ©s dans le conflit. Aux États-Unis, le Women Peace Party de Jane Addams revendique 25 000 adhĂ©rentes mais ne rĂ©siste pas Ă  l’entrĂ©e en guerre du pays en 191742. Le Congrès international pour la paix future est organisĂ©e par Addams et la physicienne Aletta Jacobs Ă  la Haye. Parmi les 1 200 femmes, principalement hollandaises, qui se rĂ©unissent Ă  cette occasion, 9 nationalitĂ©s sont reprĂ©sentĂ©es dont une dĂ©lĂ©gation allemande menĂ©e par Anita Augspurg. Les françaises en sont absentes43.

Les milieux socialistes, et leurs organisations fĂ©minines, se sont Ă©galement rangĂ©s derrière leurs nations respectives. Des voix discordantes se font nĂ©anmoins entendre : en France, HĂ©lène Brion, Madeleine Vernet ou Louise Saumoneau. Cette dernière est prĂ©sente en mars 1915 Ă  la confĂ©rence internationale des femmes socialistes, qui rĂ©unit Ă  Berne, Ă  l’initiative de Clara Zetkin, les militantes restĂ©es fidèles Ă  l’internationalisme44.

Deuxième vague

Mouvement de libération des femmes

À partir des années 1960, aux États-Unis, l'égalité des droits progresse. En 1963, la loi sur l'égalité des salaires (Equal Pay Act) est votée. Le 2 juillet 1964, la loi sur les droits civiques (Civil Rights Act) abolit théoriquement toute forme de discrimination aux États-Unis.

À la fin des années 1960, une nouvelle vague militante féministe émerge aux États-Unis et en Europe de l’Ouest au sein de l’espace politique ouvert par le mouvement étudiant. Le Mouvement de libération des femmes en France et le Women's Lib dans les pays anglo-saxons désignent ce mouvement au périmètre fluctuant.

Aux États-Unis, la recomposition qui fait suite au « creux de la vague Â» des annĂ©es 1950 dĂ©bute avec la fondation en 1966 d’une organisation rĂ©formiste, la National Organization for Women (NOW) par Betty Friedan45. Mais c’est principalement en rĂ©action Ă  la division sexuelle du travail militant qui, au sein mĂŞme des organisations de la Nouvelle Gauche, relègue les femmes aux positions subalternes que se constitue une multitude de groupes fĂ©ministes radicaux de petites tailles (New York radical feminists, Redstockings, WITCH, Radicalesbians...)46.

Refusant l’organisation verticale et l’orientation réformiste de la NOW, elles ont recours à des formes de mobilisation volontairement provocatrices qui visent à attirer l’attention des médias. Elles développent également des formes d’organisations originales, comme les groupes d’éveil de la conscience (consciousness-raising groups). Par le partage de l’expérience individuelle, ces groupes de discussion entendent faire prendre conscience de la communauté de condition des femmes, de la spécificité de leur oppression et de la dimension politique inscrite dans les éléments les plus banals de la vie quotidienne47.

La pĂ©riode est marquĂ©e par une intense activitĂ© de thĂ©orisation de la condition fĂ©minine. Si un courant, menĂ© en France par Antoinette Fouque avec son groupe Psychanalyse et politique, dĂ©fend des positions diffĂ©rentialistes et essentialistes, le mouvement est majoritairement constructionniste. Il approfondit la voie esquissĂ©e en 1949 par Simone de Beauvoir avec Le Deuxième Sexe et Ă©tudie les modalitĂ©s de la construction sociale de la diffĂ©rence des sexes, c'est-Ă -dire la manière par laquelle la socialisation impose des rĂ´les sociaux diffĂ©rents aux personnes des deux sexes. Le terme de sexisme se rĂ©pand48 et les fĂ©ministes radicales et matĂ©ralistes Ă©laborent le concept de patriarcat pour dĂ©finir le système social d’oppression des femmes. Se refusant Ă  subordonner leur combat Ă  la lutte des classes, elles affirment que le domaine de la reproduction (maternitĂ©, corps, famille, travail domestique...) est un espace d'exploitation privilĂ©giĂ© des femmes. Elles rejettent l’objectif rĂ©formiste d'Ă©galitĂ© dans le système qui a prĂ©dominĂ© jusqu’alors. Pour elles, aucune Ă©galitĂ© entre les sexes ne peut ĂŞtre obtenue Ă  l'intĂ©rieur du système « patriarcal Â», sinon quelques compromis temporaires qui seraient perpĂ©tuellement menacĂ©s. Elles prĂ©conisent de renverser ce système et d'instaurer de nouveaux rapports entre les sexes.

Une tendance séparatiste s’affirme également, notamment parmi les groupes militants lesbiens des grandes métropoles que sont Londres ou New York.

Maîtrise du corps

La maĂ®trise de leur corps est placĂ©e au centre des prĂ©occupations des fĂ©ministes de la deuxième vague. Longtemps sujet de division, le contrĂ´le des naissances devient l’une de ses revendications les plus visibles. Le libre accès Ă  la contraception mais surtout le droit Ă  l’avortement concentrent leurs efforts. En France, le Mouvement pour la libertĂ© de l’avortement et de la contraception (MLAC) est fondĂ© en 1973. Il s’appuie notamment sur l’aile la plus radicale du Mouvement français pour le planning familial qui se prononce peu après « en faveur de l’avortement et de la contraception libres et remboursĂ©s par la SĂ©curitĂ© sociale Â» et ouvre des cliniques d'interruption volontaire de grossesse (IVG)49.

La dissociation de la sexualitĂ© et de la reproduction s’inscrit dans le cadre plus large de la rĂ©volution sexuelle qui traduit une demande sociale pour plus de libertĂ© dans le domaine de la sexualitĂ©. Les fĂ©ministes en font cependant leur propre lecture qui passe par la critique de la normativitĂ© de la psychanalyse ou de la sexologie qui auraient dĂ©fini sexuellement les femmes « en fonction de ce qui fait jouir les hommes Â»50, minorant par exemple le plaisir clitoridien. La sexualitĂ© est ainsi analysĂ©e comme un domaine oĂą s’exerce la domination masculine. Le viol fait l’objet de nombreuses mobilisations : des manifestations citadines nocturnes (Reclaim the night) entendent regagner un espace dont la peur de l’agression maintient les femmes exclues51. Sur le plan juridique, les fĂ©ministes françaises luttent pour que la loi de 1832 soit appliquĂ©e Ă  des faits qui sont jusqu'alors dĂ©qualifiĂ©s en « coups et blessures Â»52.

Études féministes

Dans le sillage de l’effort de thĂ©orisation de la condition fĂ©minine inhĂ©rent Ă  la deuxième vague, les Ă©tudes fĂ©ministes pĂ©nètrent dans le monde acadĂ©mique Ă  partir des annĂ©es 1970. L’ensemble des champs du savoir sont ainsi progressivement envisagĂ©s sous l’angle de la critique fĂ©ministe : philosophie fĂ©ministe, anthropologie fĂ©ministe, histoire des femmes, critique de la psychanalyse se dĂ©veloppent en lien Ă©troit avec les luttes militantes. Ă€ la fin des annĂ©es 1970 et au dĂ©but des annĂ©es 1980, la critique fĂ©ministe des sciences prend Ă©galement son essor (Ruth Bleier, Ruth Hubbard, Evelyn Fox Keller, Helen Longino).

L’ancrage institutionnel le plus fort a lieu aux États-Unis où sont créés des départements de Women’s Studies ou de Feminists Studies dont l’approche est souvent interdisciplinaire. Avec le développement de l’usage du concept de genre se développent par la suite des départements de Gender Studies. En 2003, on dénombrait ainsi 600 départements de ce type aux Etats-Unis53.

Les dernières décennies

Désormais les femmes votent dans le monde occidental dont la plupart des parlements ont voté des lois sur le divorce. La légalisation de la contraception et de l'avortement n'est pas effective pour l'ensemble de l'Occident, les situations sont très variables d'un pays, voire d'une région à une autre. L'Eglise catholique, notamment le courant des catholiques intégristes, et le courant fondamentaliste des protestants évangélistes remettent constamment en cause ces droits, lorsqu'ils ne les rendent pas impossible (Italie, Irlande, Pologne..).

Au regard des Ă©tudes qui ont Ă©tĂ© faites et publiĂ©es lors de la ConfĂ©rence de PĂ©kin54, promue par l'ONU en 1995 dans le but de faire le bilan de la condition fĂ©minine dans le monde, on a dĂ©clarĂ© que ce n'Ă©tait pas le cas dans de nombreux pays ; en Occident, la question reste controversĂ©e.

On se souviendra en France de la grève des mères, durant laquelle les hommes en soutien des féministes ont gardé les enfants quand les femmes sont parties manifester. Depuis la fin des années 90, divers groupements, se réclamant ou non du féminisme, se sont créés de nouveau. Parmi les plus médiatisés, on peut citer par exemple les chiennes de garde qui se réclament avant tout féministes dans l'héritage du MLF, tandis que depuis 2003, le mouvement français Ni putes ni soumises se veut avant tout interpeller sur la situation des femmes notamment dans les Cités, sans pour autant vouloir être perçues comme féministes ou se réclamer, du moins au départ, de cette appellation. Ses membres, surtout originaires de banlieues, ont ainsi fait plus largement connaître des problèmes comme les mariages forcés, les viols, l'excision. L'association, présidée par Fadela Amara s'est considérablement développée, comptant une soixantaine de comités et plus de 10 000 bénévoles, mais a subi de nombreux départs suite à l'entrée de Fadela Amara dans le gouvernement Sarkozy55.

Les courants de la pensée féministe

Banderole « Les filles affranchies Â»
Article connexe : Philosophie fĂ©ministe.

Féminisme libéral

Le féminisme libéral épouse les principes du libéralisme politique dont il réclame l’application aux femmes, au même titre qu’à tous les hommes. À ce titre, il se fixe comme horizon l’indifférence aux différences de sexe dans le cadre de l’espace public56.

Sur le plan politique, sa mĂ©thode est rĂ©formiste ; il cherche Ă  obtenir une modification des dispositions lĂ©gales par la voix lĂ©gislative, le lobbying ou l’action militante Ă  destination de l’opinion publique (presse, pĂ©titions...). Confiant dans les valeurs du progrès et les vertus de l’éducation, il entend Ă©galement agir sur les mentalitĂ©s, sans dĂ©velopper, Ă  la manière du fĂ©minisme marxiste ou radical, une analyse systĂ©mique du capitalisme ou du patriarcat.

Historiquement, il se structure dans la seconde moitiĂ© du XIXe siècle oĂą il s’incarne dans des groupes organisĂ©s, militants pour l’égalitĂ© civile et politique ainsi que pour l’égalitĂ© des droits dans les domaines de l’éducation ou du travail. L’ensemble de ces droits doivent ĂŞtre Ă  mĂŞme de garantir l’autonomie des femmes en tant que sujet.

Féminisme socialiste

Article dĂ©taillĂ© : FĂ©minisme socialiste.

Sur le plan thĂ©orique, la tradition marxiste puise principalement ses sources concernant la question des femmes dans L’origine de la famille, de la propriĂ©tĂ© privĂ©e et de l’État (1884) de Friedrich Engels et dans La femme dans le passĂ©, le prĂ©sent et l’avenir (1879) d’August Bebel. Clara Zetkin ou Alexandra KollontaĂŻ constituent les reprĂ©sentantes les plus marquantes de cette tradition marxiste de dĂ©fense des droits des femmes qui a nĂ©anmoins refusĂ© le qualificatif de « fĂ©ministe Â», jugĂ© « individualiste Â» et « bourgeois Â».

Contre une reprĂ©sentation fixiste de la famille et du rĂ´le qu’y tiennent les femmes, le marxisme affirme l’historicitĂ© des structures familiales dont les formes Ă©voluent avec la structure Ă©conomique. S’inspirant de l’anthropologue Ă©volutionniste Lewis Henry Morgan, Engels dĂ©finit ainsi une origine historique Ă  l’oppression des femmes : il fait coĂŻncider l’apparition de la propriĂ©tĂ© privĂ©e avec la fin d’une pĂ©riode historique oĂą le droit maternel et la filiation en ligne fĂ©minine auraient rĂ©glĂ© les modalitĂ©s de l’hĂ©ritage.

Avec l’instauration du système patriarcal et du mariage monogamique qui marquent « la grande dĂ©faite historique du sexe fĂ©minin Â»57, les femmes sont victimes d’une double oppression : assignĂ©es aux seules fonctions reproductives, elles sont maintenues par leurs maris hors du champ productif et de la vie publique ; quand elles accèdent au marchĂ© du travail, elles subissent, comme les autres travailleurs, les effets nĂ©fastes du mode de production capitaliste.

Les fĂ©minismes marxistes de la fin du XIXe siècle militent pour l’accès des femmes au marchĂ© du travail : leur entrĂ©e dans la sphère productive doit permettre l’éveil d’une conscience de classe et la participation des femmes Ă  la lutte des classes. La doctrine reste attachĂ©e au respect de ce qui est dĂ©fini comme la « double tâche sociale de la femme Â» : production et reproduction. Stigmatisant les revendications Ă©galitaristes de certaines fĂ©ministes, il affirme ainsi respecter la spĂ©cificitĂ© biologique des femmes. Alexandra KollontaĂŻ met ainsi l’accent sur la nĂ©cessaire adaptation du droit du travail pour les femmes et aux mesures de protections lĂ©gales des mères58.

Sur le plan stratĂ©gique, les mobilisations des femmes doivent rester subordonnĂ©es Ă  la lutte des classes. Seul le renversement du capitalisme peut en effet mettre un terme dĂ©finitif Ă  l’oppression des femmes59. La question de l’alliance avec des groupes fĂ©ministes est posĂ©e Ă  la fin du XIXe siècle. Des organisations fĂ©minines, rattachĂ©es aux structures socialistes nationales, s’organisent en effet dans la majoritĂ© des pays d’Europe ; elles sont regroupĂ©es en 1907 dans l’Internationale socialiste des femmes, Ă  l’occasion de la première ConfĂ©rence internationale des femmes socialistes qui se tient Ă  Stuttgart. Clara Zetkin en prend la tĂŞte et parvient notamment Ă  imposer le principe du refus de toute alliance avec le « fĂ©minisme bourgeois Â» et rĂ©formiste60.

À la fin des années 1960, la réflexion marxiste sur l’oppression des femmes s’est considérablement renouvelée en questionnant notamment l’articulation entre patriarcat et capitalisme61.

Féminisme radical

Article dĂ©taillĂ© : FĂ©minisme radical.


Critiques du féminisme

Le féminisme radical est critiqué, avec divers arguments, par Élisabeth Badinter dans Fausse Route, par Paul-Edmond Lalancette dans La Nécessaire Compréhension entre les sexes, par Alain Soral dans Vers la féminisation ou Abécédaire de la bêtise ambiante62, par Jean-Philippe Trottier dans Le Grand Mensonge du féminisme, par Hélène Vecchiali dans Ainsi soit-il, Sans de vrais hommes, point de vraies femmes, par Jean Gabard dans Le Féminisme et ses dérives, Du mâle dominant au père contesté...

Des fĂ©ministes « pro-sexe Â» (Elsa Dorlin) ont souvent critiquĂ© l'intolĂ©rance prĂ©sumĂ©e de certaines fĂ©ministes radicales (Isabelle Alonso, Suzanne KĂ©pès, Marie-Victoire Louis) en ce qui concernerait la sexualitĂ© (« pornographie fĂ©ministe Â» [citation nĂ©cessaire], fĂ©minitĂ© masculine des lesbiennes butches, BDSM…).

Liste de féministes reconnues

Quelques slogans féministes

  • Un Homme sur deux est une femme : une moitiĂ© de la population a tendance Ă  ĂŞtre oubliĂ©e, le masculin est considĂ©rĂ© comme l'universel.
  • Notre corps nous appartient : rĂ©-appropriation de son corps et notamment de sa fertilitĂ© Ă  travers les diffĂ©rents moyens de contraception et le droit Ă  l'IVG. Selon Paola Tabet dans La grande arnaque, Ă©change Ă©conomico-sexuel et sexualitĂ© des femmes, cette rĂ©-appropriation est le chemin inverse nĂ©cessaire de l'appropriation patriarcale des femmes par les hommes, appropriation qui passait aussi par une exploitation de la sexualitĂ© et de la reproduction.
    • Un enfant si je veux, quand je veux ! : mĂŞme but
  • N’attends pas le prince charmant, apprends Ă  lire et deviens qui tu es : importance de l'Ă©ducation et de l'indĂ©pendance des femmes.
  • Une femme sans homme, c'est comme un poisson sans bicyclette: remise en cause des thĂ©ories essentialistes sur la complĂ©mentaritĂ© des sexes
  • Ne me libère pas, je m'en charge ! : importance de l'indĂ©pendance des femmes et dĂ©nonciation des intĂ©rĂŞts antagonistes de classe qui motivent le paternalisme des militants hommes (cf. Christine Delphy Nos amis et nous).
  • Travailleurs de tous les pays, qui lave vos chaussettes ? : les femmes continuent Ă  exercer la plus grande partie des tâches mĂ©nagères au sein du foyer, bien que leur taux d'activitĂ© ait augmentĂ© significativement depuis ces dernières dĂ©cennies : la « double journĂ©e de travail Â» ne date pas des annĂ©es 60 comme on le pense mais est l'Ă©conomie mĂŞme du patriarcat puisque les femmes ont toujours travaillĂ© comme main-d'Ĺ“uvre et serves dans les propriĂ©tĂ©s des hommes (dans l'artisanat, l'agriculture, les professions libĂ©rales et indĂ©pendantes) et en plus travaillaient comme domestique au foyer.[rĂ©f. nĂ©cessaire]
  • Le privĂ© est politique : ce que l'on pense relever du domaine privĂ© est en rĂ©alitĂ© influencĂ© par notre culture et notre système politique (au sens large) : sexualitĂ©, travail domestique... tout est organisĂ© par la hiĂ©rarchie politique entre les sexes.
  • Il y a plus inconnu que le soldat inconnu : sa femme !63 : rĂ©fĂ©rence Ă  l'histoire, qui est avant tout une histoire confisquĂ©e par les hommes faite par et pour la reproduction du patriarcat, c'est-Ă -dire la nĂ©gation de la productivitĂ© sociale et Ă©conomique des femmes (elles semblent commencer Ă  travailler au milieu du XXe siècle après 5000 ans d'oisivetĂ© et de parasitisme ?!) et la promotion de la productivitĂ© masculine (confiscation de l'ouvrage du monde et des civilisations par les hommes).[rĂ©f. nĂ©cessaire]
  • Je suis une femme, pourquoi pas vous ? : souligne l'impossibilitĂ© d'identification propre au mode de pensĂ©e sexiste, qui amène encore aujourd'hui les gens Ă  ne pas voir un gĂ©nocide dans la « disparition Â» des femmes asiatiques mais un dĂ©sĂ©quilibre du sex ratio, et Ă  ne pas voir un acte d'humiliation et d'agression pure dans un viol mais de la sexualitĂ© forcĂ©e.[rĂ©f. nĂ©cessaire]

Notes

  1. ↑ Les idĂ©es de libĂ©ration de la femme prennent leurs racines dans le siècle des Lumières (voir notamment Olympe de Gouges, Mary Wollstonecraft), mais le terme de fĂ©minisme n'apparait qu'au XIXe siècle
  2. ↑ Voir par exemple sur ce point, Eliane Gubin, Catherine Jacques, Florence Rocherfort, Brigitte Studer, Françoise Thébaud, Michelle Zancarini-Fournel (dir.), Le siècle des féminismes, Éditions de l’Atelier, 2004.
  3. ↑ Michèle Riot-Sarcey, Histoire du féminisme, La Découverte, Paris, 2008, p. 26.
  4. ↑ Michèle Riot-Sarcey (2008), p. 26.
  5. ↑ Paulette Bascou-Bance, La mĂ©moire des femmes : anthologie, Elytis Editions, Cestas, 2004, p. 205.
  6. ↑ Riot-Sarcey (2008), p. 38.
  7. ↑ Michèle Riot-Sarcey, « Ă‰mancipation des femmes, 1848 Â», Genèses, 1992, N°7, p. 196.
  8. ↑ Riot-Sarcey (2008), p. 41.
  9. ↑ Riot-Sarcey (2008), p. 43.
  10. ↑ Riot-Sarcey (2008), p. 44.
  11. ↑ Marianne Walle, « La Frauen-Zeitung de Louise Otto ou la prise de conscience politique des Allemandes Â», in Marita Gilli (dir.), L'idĂ©e d'Europe, vecteur des aspirations dĂ©mocratiques : les idĂ©aux rĂ©publicains depuis 1848 : actes du colloque international organisĂ© Ă  l'UniversitĂ© de Franche-ComtĂ© les 14, 15 et 16 mai 1992, Presses universitaire de Franche-ComtĂ©, 1994, p. 251-261.
  12. ↑ Claudette Fillard, Colette Collomb-Boureau, Les mouvements féministes américains, Ellipses, Paris, 2003, p. 30.
  13. ↑ Barret-Ducrocq (2000), p. 34.
  14. ↑ Barret-Ducrocq (2000), p. 37.
  15. ↑ Barret-Ducrocq (2000), p. 38.
  16. ↑ Barret-Ducrocq (2000), p. 45.
  17. ↑ Barret-Ducrocq (2000), p. 47.
  18. ↑ Riot-Sarcey (2008), p.50.
  19. ↑ Yvette Delsaut, La place du maĂ®tre : une chronique des Ă©coles normales d'instituteurs, L'Harmattan, 1992, p. 38.
  20. ↑ Carole LĂ©cuyer, « Une nouvelle figure de la jeune fille sous la IIIe RĂ©publique : l'Ă©tudiante Â», Clio, numĂ©ro 4-1996.
  21. ↑ Riot-Sarcey (2008), p. 52.
  22. ↑ Yvette Delsaut, La place du maître: une chronique des écoles normales d'instituteurs, L'Harmattan, 1992, p. 40.
  23. ↑ Riot-Sarcey, (2008), p. 57.
  24. ↑ Riot-Sarcey (2008), p. 62 et s.
  25. ↑ Karen Offen, « Des modèles nationaux ? Â», dans Éliane Gubin (et al.), Le Siècle des fĂ©minismes, Les Éditions de l’Atelier, Paris, 2004, p. 70.
  26. ↑ Françoise Barret-Ducrocq, Le mouvement féministe anglais d’hier à aujourd’hui, Ellipses, Paris, 2000, p. 83.
  27. ↑ Barret-Ducrocq (2000), p. 84.
  28. ↑ Barret-Ducrocq (2000), p. 85.
  29. ↑ Barret-Ducrocq (2000), p. 90.
  30. ↑ Barret-Ducrocq (2000), p. 88.
  31. ↑ Barret-Ducrocq (2000), p. 91.
  32. ↑ Fillard, Collomb-Boureau (2003), p. 37.
  33. ↑ Fillard, Collomb-Boureau (2003), p. 38.
  34. ↑ Barret-Ducrocq (2000), p. 104.
  35. ↑ Barret-Ducrocq (2000), p. 107.
  36. ↑ Barret-Ducrocq (2000), p. 109.
  37. ↑ Eliane Gubin, p. 167
  38. ↑ Eliane Gubin, « Pour le droit au travail : entre protection et Ă©galitĂ© Â», in Eliane Gubin (et al.), Le Siècle des fĂ©minismes, Les Éditions de l’Atelier, 2004, p. 165.
  39. ↑ Eliane Gubin (2004), p. 166.
  40. ↑ Éliane Gubin (2004), p. 171.
  41. ↑ Cité in Éliane Gubin (2004), p. 173.
  42. ↑ Françoise ThĂ©baud. « La Grande Guerre. Le triomphe de la division sexuelle Â», in Françoise ThĂ©baud (dir.), Histoire des femmes, Tome 5, « Le XXème siècle Â», Plon, 1992, p. 61.
  43. ↑ Thébaud (1992), p. 62.
  44. ↑ Thébaud (1992), p. 64.
  45. ↑ Fillard et Colomb-Bourreau, p. 71.
  46. ↑ Fillard, Colomb-Bourreau (2003), p. 75 et s.
  47. ↑ Fillard, Colomb Bourreau (2003), p. 79.
  48. ↑ Fillard, Collomb-Bourreau (2003), p. 78.
  49. ↑ Pascale Le Brouster, « Contribution Ă  l’histoire du Planning familial : le partenariat CFDT-MFPF au cours des annĂ©es soixante-dix Â», Genre & Histoire, n°2 | Printemps 2008, mis en ligne le 13 juillet 2008.
  50. ↑ Anne Koedt, « Le mythe de l’orgasme vaginal Â», Partisans, n°54-55, Maspero, 1970, p. 55. CitĂ© in Sylvie Chaperon, « Contester normes et savoirs sur la sexualitĂ© Â» in Eliane Gubin (et al.), Le Siècle des fĂ©minismes, Les Éditions de l’Atelier, 2004, p. 343.
  51. ↑ Sylvie Chaperon (2004), p. 342.
  52. ↑ Chaperon (2004), p. 343.
  53. ↑ Éliane Elmaleh, « Les Women’s Studies aux États-Unis. Le fĂ©minisme et l’universitĂ© Â», Transatlica, 1 | 2003.
  54. ↑ Cette ConfĂ©rence internationale fut une sorte de rĂ©union des « Ă©tats gĂ©nĂ©raux fĂ©minins Â».
  55. ↑ Rue89
  56. ↑ Chris Beasley, What is feminism ? An introduction to feminist theory, SAGE, 1999, p. 52.
  57. ↑ CitĂ© dans Geneviève Fraisse, « De la destination au destin. Histoire philosophique de la diffĂ©rence des sexes Â», dans Geneviève Fraisse et Michelle Perrot (dir.), Histoire des femmes. Le XIXe siècle, Plon, 1991, p. 79.
  58. ↑ Alexandra KollontaĂŻ, « Le mouvement fĂ©ministe et le rĂ´le de la femme travailleuse dans la lutte de classe Â», ConfĂ©rences Ă  l'universitĂ© Sverdlov sur la libĂ©ration des femmes, 1921.
  59. ↑ Françoise Navailh, « Le modèle soviĂ©tique Â», in Françoise ThĂ©baud (dir.), Histoire des femmes, Tome 5, « Le XXe siècle Â», Plon, 1992, p. 213 et s.
  60. ↑ Liliane Kandel et Françoise Picq, « Le mythe des origines, Ă  propos de la journĂ©e internationale des femmes Â», La Revue d’En face, n° 12, automne 1982
  61. ↑ Lorena Parini, Le système de genre. Introduction aux concepts et théories, Éditions Seismo, Zürich, 2006, p. 77.
  62. ↑ article dĂ©taillĂ© : http://fr.wikipedia.org/wiki/Alain_Soral#Critique_du_f.C3.A9minisme
  63. ↑ Slogan utilisé par le Mouvement de Libération des Femmes (MLF), notamment lors de la manifestation qui eut lieu le 26 août 1970, à Paris

Annexe

Types de féminisme

Organisations et actions féministes

Voir aussi

Place et image des hommes

  • Des mouvements de dĂ©fense des intĂ©rĂŞts spĂ©cifiques des hommes se sont créés en rĂ©action au fĂ©minisme : le masculinisme et l'hominisme.[rĂ©f. nĂ©cessaire] DiffĂ©rents de l'antisexisme, ils font pendant aux mouvements fĂ©ministes "radicaux" et se focalisent sur l'existence d'inĂ©galitĂ©s favorables aux femmes ou perçues comme telles (par exemple la garde des enfants accordĂ©es presque systĂ©matiquement Ă  la mère).[rĂ©f. nĂ©cessaire]
  • Parmi les fĂ©ministes, certains courants (comme le fĂ©minisme radical), thĂ©orisant le système patriarcal en termes de "classes sociales de sexe", en s'inspirant des thĂ©orisations marxistes du système capitaliste en termes de "classes sociales" (bourgeoise et prolĂ©taire), considèrent les hommes comme corrompus par leur appartenance Ă  la "classe sociale de sexe" des hommes, dominante dans le patriarcat comme l'est la classe bourgeoise dans le capitalisme.[rĂ©f. nĂ©cessaire] Certaines personnes[Lesquelles ?] estiment que ce type de thĂ©orisation du système patriarcal relève de la misandrie[rĂ©f. souhaitĂ©e]. La première personne Ă  avoir posĂ© les prĂ©misses d'une telle thĂ©orisation pourrait ĂŞtre Engels, lorsqu'il affirmait dans ses Ă©crits que "la femme est la prolĂ©taire du prolĂ©taire"[rĂ©f. nĂ©cessaire].

Bibliographie

Dictionnaires

  • Dictionnaire critique du fĂ©minisme (coordonnĂ© par Helena Hirata, Françoise Laborie, HĂ©lène Le DoarĂ© et Danièle Senotier). Presses Universitaires de France, collection « Politique d'aujourd'hui Â», Paris, 2000. XXX + 299 p. (ISBN 2-13-050009-9). Édition revue, corrigĂ©e et augmentĂ©e (2004), chez le mĂŞme Ă©diteur, mĂŞme collection : XXX + 315 p. (ISBN 2-13-052417-6)

Histoire du féminisme

En Europe

  • (en) Karen Offen, European Feminisms, 1700-1950 : A Political History, Stanford, Stanford University Press, 2000 (ISBN 0-8047-3420-8)
  • Éliane Gubin, Catherine Jacques, Florence Rochefort, Brigitte Studer, Françoise ThĂ©baud, Michèle Zancarini-Fournel (dir.), Le Siècle des fĂ©minismes, Éditions de l'atelier, Paris, 2004, (ISBN 2-7082-3729-2)

En France

  • MaĂŻtĂ© Albistur et Daniel Armogathe, Histoire du fĂ©minisme français. Éditions des Femmes, collection « Pour chacune Â», Paris, 2 volumes :
  • Christine Bard, Les Filles de Marianne, Histoire des fĂ©minismes, 1914-1940, Paris, Fayard, 1995 (ISBN 2-213-59390-6)
  • Sylvie Chaperon, Les AnnĂ©es Beauvoir, 1945-1970, Paris, Fayard, 2000 (ISBN 2-213-60542-4)
  • Laurence Klejman et Florence Rochefort, L’ÉgalitĂ© en marche. Le FĂ©minisme sous la Troisième RĂ©publique, Presses de la Fondation nationale des sciences politiques, 1989 (ISBN 2-7210-0382-8)
  • Françoise Picq, LibĂ©ration des femmes, les annĂ©es-Mouvement, Paris, Seuil, 1993 (ISBN 2-02-012239-1)
  • Geneviève Poujol, Un fĂ©minisme sous tutelle : les protestantes françaises, 1810-1960, 2003, (ISBN 9782846210317)
  • Michèle Riot-Sarcey, Histoire du fĂ©minisme, La DĂ©couverte, collection Repères, Paris, 2002 (ISBN 978-2-7071-5472-9)
  • Christelle Taraud, Les FĂ©minismes en questions - Élements pour une cartographie, entretiens avec Christine Bard, Marie-HĂ©lène Bourcier, Christine Delphy, Eric Fassin, Françoise Gaspard, Nacira GuĂ©nif-Souilamas et Marcela Iacub, Paris, Éditions Amsterdam, 2005 (ISBN 2-915547-07-6)

En Grande-Bretagne

  • Françoise Barret-Ducrocq, Le Mouvement fĂ©ministe anglais d’hier Ă  aujourd’hui, Paris, Ellipses, 2000 (ISBN 2-7298-5950-0)

Aux États-Unis

  • Ginette Castro, Radioscopie du fĂ©minisme amĂ©ricain, Les Presses de Sciences Po, Paris, 1984 (ISBN 2-7246-0506-3)
  • Colette Colomb-Bourreau et Claudette Fillard, Les Mouvements fĂ©ministes amĂ©ricains, Ellipses, Paris, 2003 (ISBN 2-7298-1307-1)

Écrits féministes

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